Les choix, les choix, les choix

Quand est-ce que j’ai entendu parler de choix pour la première fois dans un contexte d’éducation, je ne me souviens plus… Il y a sûrement des années. Des années que j’ai découvert que donner une option à un enfant peut permettre de se sortir des blocages de façon quasiment magique. On peut en user et en abuser !

Il ne veut pas mettre ses chaussures ?
“Tu veux celles-ci ou celles-la ?
Tu veux les mettre seul, ou tu veux que je t’aide ?
Tu veux mettre d’abord la droite ou la gauche ?”

Pourquoi est-ce un outil si puissant ?
Parce que ça met l’enfant en position de décideur. Il n’est plus simplement en train de nous obéir, il peut prendre sa décision. Et c’est fondamental.

Ce choix correspond donc à une des méthodes listées pour communiquer sans imposer dans Poser des limites à son enfant,  ce qui est logique, car il répond au besoin qu’a l’enfant d’exercer son pouvoir personnel, comme on l’a vu dans les nécessités de base des enfants.

 

Récemment, j’ai découvert qu’on pouvait porter ce concept de choix un cran plus loin, en l’ouvrant sur des possibilités en dehors de ce qu’on demande réellement :
“Tu veux prendre le bain tout de suite, ou tu veux d’abord finir ton dessin ?”

Rien qu’avec ça, il n’y a plus besoin (le plus souvent) de se battre pour aller au bain.. Parce que l’enfant a lui même pris la décision d’y aller après son dessin !!

Une maman de mon atelier avait régulièrement ce problème avec sa fille de 8 ans. Il fallait quotidiennement “se battre” pour qu’elle aille se laver. Après un atelier, elle décide de changer d’approche. Elle propose le choix ci-dessus à sa fille, qui choisit de finir d’abord ce qu’elle fait, et précise avoir besoin de 10 minutes. Alors, la maman se met d’accord avec la fille : “Je te mets la minuterie sur 10 minutes, quand elle sonnera, ce sera l’heure d’aller ce laver.”, et elle s’en va.
Quand elle revient dans le salon, un quart d’heure plus tard, sa fille est déjà partie, elle est sous la douche !

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Qui l’a fait ?

Une remarque qui découle d’une réponse à une des questions posées en commentaires du chapitre 3 de Parler pour que les enfants…, sur les punitions.
Quand on constate quelque chose qui ne nous plait pas, on peut (et on doit) le commenter, mais est-il bien utile de chercher le coupable ? Cela n’aurait-il pas plutôt pour résultat d’encourager les enfants à se rejeter la faute ?
Il vaut mieux parfois passer directement à l’action corrective.
L’exemple du livre : “J’ai horreur qu’on laisse des épluchures sur le canapé !” (plutôt que “Qui a laissé des épluchures sur le canapé ?”)
En général, le coupable réagira seul.
Et si on entend “Ce n’est pas moi !”, c’est l’occasion de faire passer le message suivant :
“Ca ne m’interesse pas vraiment de savoir qui l’a fait : je ne cherche pas à changer le passé, je cherche à voir une amélioration dans le futur.”

On y revient…

Maintenant que j’ai lu plusieurs livres, je commence à voir le lien entre tous ces chapitres, toutes ces attitudes…
A la première lecture, on a l’impression qu’il faut changer tant de choses dans notre façon de parler et de réagir !
Mais en fait…

La description : “Je vois une veste par terre” est à la fois
une facon d’obtenir de la cooperation (Chapitre 2 de Parler pour que les enfants écoutent…)
un exemple d’alternative à “Pourquoi tu ne ranges pas tes vêtements comme ton frere ?” (Chapitre sur les comparaisons de Frères et soeurs sans rivalité)
Si c’est une description de nos sentiments :
“Je n’aime pas voir cette veste par terre”
Alors là, en plus des 2 cas précédents, on rejoint aussi le chapitre 9 de Parents épanouis, enfants épanouis !

“Ca ne m’interesse pas de parler de ce qu’a ton frere, je veux parler de toi” dans le chapitre 4 (Donner pareil, c’est donner moins) de Frères et soeurs sans rivalité
Est similaire à : “Je ne suis pas interessée par un rapport sur ce qu’a dit ton frere, mais si tu veux parler de toi, je suis là !” dans le chapitre 6 du même livre, sur les disputes.
Finalement, tout ça, ce sont les mêmes compétences, mises en pratiques dans des cas différents.
Alors, est-il utile de lire tant de livres ?
Ma réponse est très clairement oui. Parce que c’est justement en revenant sur ces mises en pratique qu’on peut enfin commencer à les faire siennes !

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Mais pourquoi ce titre – Les 6 doigts de la main ?

main à 6 doigtsLes 6 doigts de la main… Un nom étrange pour un blog de parentalité…
Laissez-moi vous l’expliquer !

En janvier 2015, au moment des bonnes résolutions, j’ai décidé d’en prendre une : arrêter de crier.
C’est que dans les mois précédents, la situation n’avait pas été facile, et il suffisait de voir la façon dont nos grands parlaient à nos petits pour comprendre que le modèle qu’on leur avait donné avait dérapé…
J’ai donc commencé à naviguer, et je suis d’abord tombée sur le blog “dirt and boogers”, dont la rédactrice, maman comme moi, s’était lancé un défi :arrêter de crier, ou “stop yelling“.
J’ai lu des conseils, je me suis inspirée, j’ai aimé, j’ai commencé à progresser.

Une des idées exposées était celle du coeur jaune. Un symbole omniprésent, pour ne pas oubier ses priorités. Oui… Et puis, mes lectures m’ont amenée à un autre blog, avec une autre utilisation de ce coeur jaune. Là, l’idée me plaisait : un symbole qui me permettrait de me recentrer, et de lancer le signal que je suis en train de monter dans les tours.
Mais, je n’aimais pas le symbole lui même. Le coeur me semblait trop gnan-gnan. J’ai donc demandé conseil à Nicolas, toujours fort pour les bonnes idées. Il m’a immédiatement suggéré une main à 6 doigts ! Une main qui représenterait notre famille, qui montrerait l’union vers laquelle on voudrait tendre…main-dans-salon
Aussitôt dit, aussitôt fait, une main à six doigts a été installée dans notre salon !
Aujourd’hui, elle ne sert quasiment plus. Mais dans les premiers temps, elle a été très utile.
Quand je sentais la pression monter, j’allais poser ma main sur celle à six doigts, et je respirais très fort. Ca faisait descendre ma pression, ça montrait à Léon que j’étais sur le point de craquer.
Lui-même s’est mis à l’utiliser, et parfois, quand on était à l’extérieur, je lui montrais ma main pour poser la sienne quand il avait besoin de se calmer !
Et puis… c’est passé. Je l’utilise encore, de temps en temps, mais lui, même énervé, ne désire plus y poser la main.

Cependant, le symbole reste, c’est à présent celui du commencement de cette histoire !

Edit : le symbole reste tellement, qu’il n’a pas été oublié par Léon lorsque, deux ans plus tard, nous avons conçu la roue des options !