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Au coeur… : Quel est son vécu ?

“Gardons-nous de minimiser les émotions de l’enfant” dit Isabelle Filliozat dans Au cœur des émotions de l’enfant.
Bien sûr, j’avais déjà lu ça dans les livres de Faber et Mazlish. Il s’agit d’accueillir les émotions de l’enfant (ou de quiconque d’ailleurs), pas de les nier, ni de les négliger. Il ne sert à rien d’expliquer que “ce n’est pas grave”, pour lui, ça l’est.
Ça semble simple, ce n’est pas si évident, parce que ce n’est pas toujours le modèle qu’on observe (c’est marrant, ça m’a récemment choquée dans une des petites histoires du père castor, moi qui aime tant ces livres…).

Dans Au coeur des émotions de l’enfant, l’auteur raconte l’histoire d’un petit garçon qui éclate en sanglots quand son ballon éclate. Au lieu de lui dire que ce n’est pas grave, l’adulte lui demande :
“Qu’est-ce que c’est ce ballon pour toi ?
– Tout meurt ! répond l’enfant, mon papi, il est mort la semaine dernière.”
Bien sûr, ce n’est pas toujours aussi extrême ! mais …. Certains sanglots peuvent en cacher d’autres…
Il faut donc s’interroger sur le vécu de l’enfant, comme dans le cas de la fille de nos amis récemment arrivés dans le pays, qui a du mal à s’endormir seule.

En suivant cette logique, l’auteur écrit, je cite :
“Toujours le laisser exprimer son émotion, accompagner la décharge de pleurs, de cris, de tremblements, sans tenter de le calmer. Pleurer, crier, trembler, sont ses façons de dire sa souffrance, de libérer ses tensions, de se récupérer.”
Ok, je comprends. Seulement, moi j’ai un problème : en libérant ses tensions, il m’en donne à moi ! J’ai du mal à rester détendue quand j’entends crier comme ça…
Il me semble que mon grand petit de 4 ans et demi devrait être capable de mieux faire face à sa frustration et ne pas éclater en sanglots si souvent. C’est aussi ce que dit son extraordinaire maîtresse.
Alors quoi ? Comment laisse-t-on s’exprimer les sentiments en restant sain d’esprit ??

 

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Au coeur… : Ça me fait oui, ou ça me fait non ?

“Chaque enfant est unique, il ne s’agit pas d’appliquer des règles théoriques” explique Isabelle Filliozat en parlant du maternage (premier chapitre de Au cœur des émotions de l’enfant ), en en particulier du fait de laisser le bébé dormir dans le lit des parents.

Ca me fait réfléchir.
On entend souvent qu’il ne faut surtout pas, que c’est une très mauvaise habitude ! Et effectivement, c’est ce que nous avons pensé quand nos petits étaient bébés.
C’est très peu arrivé. Il est arrivé évidemment qu’un de nos enfants finisse la nuit dans notre lit le premier mois, simplement parce que je me rendormais pendant qu’il têtait, mais nous n’avons jamais installé l’enfant dans notre lit. Pourquoi ? Peut être parce qu’on savait qu’on ne devait pas le faire, mais surtout parce que j’avais besoin de bien dormir. J’étais épuisée, et les bruits du bébé dans la chambre me réveillaient, même quand lui ne faisait que bouger un peu. Un sommeil réparateur était nécessaire pour moi, et si je devais avoir un autre enfant aujourd’hui, je le mettrais encore à dormir dans une autre pièce.
Cependant, je trouve la réflexion intéressante : c’était la meilleure solution pour nous, mais pas forcément pour d’autres parents, d’autres enfants…


Ça me fait oui ou ça me fait non ?” (La manière canadienne de poser la question, selon l’auteur)
Moi ça me faisait non, mais ce ne sera pas le cas de tous.

Le week-end dernier, je discutais avec un couple d’amis qui a du mal à faire en sorte que leur petite de 2 ans s’endorme le soir. Elle veut une présence à ses côtés. Je plaisantais : “Laissez-la moi une semaine, plus de problème, elle s’endormira à 20h !”
Oui, pour moi c’est important que les petits comprennent que l’heure après le coucher est celle de leurs parents, mais c’est parce que j’en ai besoin, tout simplement.
Maintenant je m’interroge : ces parents-là en ont peut être moins besoin que moi ? Cette petite a peut être des raisons d’avoir besoin d’être rassurée ? (On rejoint une des questions à se poser : “Quel est son vécu ?” En l’occurrence un changement de pays récent, donc un univers chamboulé !).
Ces parents arrivent peut être à trouver un meilleur équilibre que ce que je pouvais faire entre ce dont leur fille a besoin et ce qu’ils sont capables de lui donner…
Il faudra que je le leur demande : “Ca leur fait oui, ou ça leur fait non ?”

 

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La culpabilité ou “je ne suis pas parfait”

En surfant un peu sur le web, je tombe sur un article intitulé :
“L’Education «positive» n’est pas aussi positive qu’on croit”. (Article qui a eu plus de succès que mérité, du fait de son titre… mais enfin : lien ici)

Encore dans l’enthousiasme de la découverte que j’avais faite que le chemin que je suis en matière d’éducation avait un nom, parentalité positive, ou éducation positive, je décide de lire cette critique, car on s’enrichit toujours des opinions différentes.
… A première lecture, je trouve cette critique ridicule !
L’article est super bien fait en terme de présentation des références de la parentalité positive, mais la critique elle-même réside dans le fait que les parents qui en apprennent les principes développent une culpabilité de mal faire. L’auteure commente, je cite : “Si on n’est pas 100% parent positif, on est juste 100% nul.”

Donc, si je comprends bien, il ne faudrait pas se lancer sur cette voie, parce que découvrir qu’on aurait pu mieux gérer la situation avec notre enfant met en valeur le fait qu’on l’a mal fait, et on se sent coupable, alors il vaut mieux ne rien savoir, comme ça on ne se sent pas mal de mal faire…

Bon…
Quelques jours plus tard, j’en parle avec une amie française, lui expliquant ma lecture, et pourquoi je trouve cette critique ridicule, et voilà qu’elle me répond :
“Oui mais en même temps, je comprends l’idée, parce que, sur facebook, y’a une fille qui propose régulièrement la minute de parentalité positive, et a chaque fois, j’ai envie de lui mettre des baffes !”
Allons bon… J’essaye de mieux comprendre…
“Ben oui, ce qu’elle explique est très bien dans la théorie, mais dans la vraie vie, on se retrouve toujours à réagir différemment, et ça ne marche pas, alors c’est énervant !”
J’expose mon point de vue :
“Bien sûr qu’on n’arrive pas toujours à réagir de la manière idéale, mais ça ne veut pas dire que les principes sont à jeter !
Moi je me dis que si, en lisant ces livres de parentalité positive, j’arrive a changer ma réaction une fois sur 5, ce sera déjà une fois sur 5 de gagné ! Et puis, en me rendant compte de ce que j’aurais pu mieux faire les 4 autres fois, je serai préparée pour quand la même situation surgira, et je passerai peut-être à 2 fois sur 5 ! On est de toute façon sur le bon chemin, c’est ça qui compte !
– mais ça, répond ma copine, c’est parce que tu as déjà fait la démarche d’acceptation de ne pas être un parent parfait.”
Voilà, tout est dit : pour embrasser les principes d’éducation positive, il faut savoir accepter le fait qu’on n’est pas parfait. C’est clair comme de l’eau de roche. Sinon, on le vit mal, on est encore plus stressé, et le résultat aura bien du mal à se faire sentir !!
C’était évident pour moi (peut-être parce que souvent répété par les spécialistes de l’éducation positive), mais ça ne l’est visiblement pas pour tout le monde. C’est donc un paramètre à prendre en compte quand on partage ces idées-là avec quelqu’un…

 

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La parentalité positive !

Ça y est, je me suis identifiée !
Un jour que je cherchais des articles sur la différence entre la punition et la conséquence, je suis tombée sur un blog de parents (famille épanouie) en ligne avec mes propres principes éducatifs.
Je me suis penchée, dans la partie forum, sur leurs lectures, et ai découvert de nouveaux auteurs. (Étant loin de la France, je n’avais été exposée qu’à des auteurs américains, je voulais savoir ce qui se disait dans mon pays natal…)
J’ai donc fait quelques commandes, et était en train de lire “J’ai tout essayé !”, d’Isabelle Fillozat, quand mon frère m’envoie cet article du Monde sur la parentalité positive.

L’article explique que les principes éducatifs de la parentalité positive viennent du Dr Ginott et ont été largement diffusés aux États-Unis par Faber et Mazlish, avant d’être repris plus récemment en France, et que le succès d’un livre comme “On a tout essayé” prouvait le développement de l’intérêt des parents pour ces nouvelles techniques.
Faber et Mazlish, mes bibles !
Seulement, je ne savais pas que j’apprenais la “parentalité positive”, parce qu’à l’époque, il n’y avait pas encore de nom à ce courant éducatif !
Maintenant, je sais comment chercher plus spécifiquement mes prochaines lectures (bien que j’en aie déjà pas mal en réserve…) !
J’ai l’impression qu’un monde s’ouvre à moi, pour lequel j’ai bien heureusement construit les bonnes fondations en commençant dans le bon sens !

La fratrie de l’enfant à problèmes

Dans une famille, parfois, on considère qu’on a un enfant à problèmes.
On sait maintenant que plus on le verra ainsi, plus ce sera vrai. (cf Frères et soeurs sans rivalité – ch 5)

Une chose est de s’attacher à aider cet enfant, l’autre c’est de ne pas en demander plus aux autres sous prétexte que celui-ci a du mal. C’est un peu comme la place dans la fratrie. Męme si c’est naturel, il n’y a pas vraiment de raison pour qu’un “grand” n’agisse plus comme un petit, sous prétexte qu’il y a un plus petit.

Lors de notre dernier changement de pays, on a eu du mal. Vraiment. Emotionellement, et logistiquement.
Les 2 petits compliquaient grandement les choses.
Le bébé (7 mois), s’était remis à se réveiller plusieurs fois par nuit, notre garçon de presque 3 ans ne comprenait pas que son monde ait changé, il refusait tout, ne voulait plus se coucher sans nous, s’était mis à taper sur son petit frère.
Alors nous, pour qui ce n’était pas si facile non plus, on gérait comme on pouvait…
Et je me souviens que dans cette période, on exigeait des grands (12 et 7 ans) qu’ils n’aient pas de problème. Je me souviens même d’un moment où, suite à une dispute entre eux, on leur a clairement expliqué que c’était déjà assez dur comme ça de faire face aux petits, et qu’on attendait d’eux qu’ils fassent un effort pour ne pas en rajouter.

Après coup, je me suis rendue compte à quel point on avait été injuste : ils ont peut-être des petits frères pour lesquels c’était difficile, mais ça n’empêchait pas que ce soit difficile pour eux aussi !

Est-il acceptable de réprimer l’enfant, de lui imposer un rôle de responsabilité et de bon comportement, quand ça reste un enfant qui voudrait s’exprimer aussi, sous prétexte qu’il a des frères qui nous rendent indisponibles ?

Adolescence

J’ai beaucoup discuté avec ma cousine pendant les vacances, et une des choses qu’elle m’a dites, qui m’a marquée, c’est :

“Il est très difficile de quitter ceux qu’on aime. Or, après l’adolescence, vient le moment de partir. Il est donc normal que l’adolescent entre dans une phase dans laquelle il se détache, il apprend à moins “aimer” ses parents. Ce n’est pas personnel, c’est de l’auto-préservation. C’est cette démarche qui lui permettra de prendre son envol.”

Dur à entendre ? Peut-être… Mais peut-être pas faux…

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Points d’attention…

Oscar (13 ans) a laissé un pot de peanut butter et un couteau sortis.
Je l’appelle, et commente : “je suis fatiguée de te dire toujours les mêmes choses !”

Lui croit que je parle d’autre chose, il demande :
“Quoi ? J’ai bu à la bouteille ? J’ai laissé traîner mon sac ? Je n’ai pas bien fermé le tiroir des rollers ?”

Et là, je me rends compte qu’il n’a pas bu à la bouteille, qu’il n’a pas laissé traîner son sac, et qu’il a bien fermé le tiroir…

Pourquoi est-ce qu’on ne remarque que ce qui ne va pas ?

Et si…

L’autre jour, j’étais dans la salle d’attente du pédiatre, quand arrive un couple avec 2 enfants : une petite fille de 2/3 ans, et un bébé de quelques mois.
La fille ne cessait de pleurer. J’observe ces parents essayant de réagir à la situation, et ne peux m’empêcher, avec l’éclairage de mes lectures, de tout juger maladroit…
“Regarde ton petit frère, il ne pleure pas, lui ! ”
“Si tu n’arrêtes pas de pleurer, je ne te remets pas dans la poussette !”
“Allez… Si tu te comportes bien, après je t’offre une glace…”
Commentaire à mon intention : “Elle reconnait l’endroit, elle sait qu’on est chez le pediatre et elle n’aime pas.”

Armée de mes nouvelles compétences, je sais que tout est à l’encontre de ce qu’il faudrait faire.

J’ai envie d’intervenir… Envie de leur dire de ne pas faire de comparaison entre les enfants (Ca n’a aucun sens d’ailleurs ! Il ne pleure pas, bon, parce qu’il n’a pas de raison de pleurer ! Est-ce qu’elle pleure chaque fois que lui réclame à manger ? Ca m’étonnerait !), de ne pas entrer dans les menaces, ni dans les négociations, mais plutôt d’écouter cette petite, de lui faire comprendre qu’on entend ce qu’elle veut dire : “J’ai l’impression que tu as un peu peur d’aller chez le pédiatre… Tu te souviens de ton vaccin de la dernière fois, c’est ça ? Oui, ça t’avait fait mal… C’est difficile pour toi de revenir ici. J’aimerais bien pouvoir t’éviter cette visite…”
Ca ne marcherait peut-être pas, mais au moins, ils ne seraient pas en train de fomenter un agacement par rapport à son frère qui ne pleure pas justement ! (Et ne pas en vouloir à son frère qui vient d’arriver et lui voler l’attention de ses parents, ça semble plutôt important…)
Bien sûr, je ne dis rien.
Mais ça me fait réfléchir…
Finalement, les entreprises ne nous embauchent que lorsqu’on a la formation nécessaire pour faire le travail qu’on va nous demander, mais quelle formation a-t-on reçue avant d’endosser le rôle de parents ? Il y en a tellement qui font mal ce job…  Et si tout le monde avait reçu des conseils sur la façon d’encourager de bonnes relations entre la fratrie, plutôt que d’involontairement encourager les rivalités, est-ce que la société dans sa globalité ne serait pas plus agréable ? Aurions-nous encore besoin de parler de “climat scolaire” et de “bienveillance à l’école” ? Et si le respect et la tolérance appris petits pouvaient éviter des conflits au niveau international ?

Les choix, les choix, les choix

Quand est-ce que j’ai entendu parler de choix pour la première fois dans un contexte d’éducation, je ne me souviens plus… Il y a sûrement des années. Des années que j’ai découvert que donner une option à un enfant peut permettre de se sortir des blocages de façon quasiment magique. On peut en user et en abuser !

Il ne veut pas mettre ses chaussures ?
“Tu veux celles-ci ou celles-la ?
Tu veux les mettre seul, ou tu veux que je t’aide ?
Tu veux mettre d’abord la droite ou la gauche ?”

Pourquoi est-ce un outil si puissant ?
Parce que ça met l’enfant en position de décideur. Il n’est plus simplement en train de nous obéir, il peut prendre sa décision. Et c’est fondamental.

Ce choix correspond donc à une des méthodes listées pour communiquer sans imposer dans Poser des limites à son enfant,  ce qui est logique, car il répond au besoin qu’a l’enfant d’exercer son pouvoir personnel, comme on l’a vu dans les nécessités de base des enfants.

 

Récemment, j’ai découvert qu’on pouvait porter ce concept de choix un cran plus loin, en l’ouvrant sur des possibilités en dehors de ce qu’on demande réellement :
“Tu veux prendre le bain tout de suite, ou tu veux d’abord finir ton dessin ?”

Rien qu’avec ça, il n’y a plus besoin (le plus souvent) de se battre pour aller au bain.. Parce que l’enfant a lui même pris la décision d’y aller après son dessin !!

Une maman de mon atelier avait régulièrement ce problème avec sa fille de 8 ans. Il fallait quotidiennement “se battre” pour qu’elle aille se laver. Après un atelier, elle décide de changer d’approche. Elle propose le choix ci-dessus à sa fille, qui choisit de finir d’abord ce qu’elle fait, et précise avoir besoin de 10 minutes. Alors, la maman se met d’accord avec la fille : “Je te mets la minuterie sur 10 minutes, quand elle sonnera, ce sera l’heure d’aller ce laver.”, et elle s’en va.
Quand elle revient dans le salon, un quart d’heure plus tard, sa fille est déjà partie, elle est sous la douche !

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Qui l’a fait ?

Une remarque qui découle d’une réponse à une des questions posées en commentaires du chapitre 3 de Parler pour que les enfants…, sur les punitions.
Quand on constate quelque chose qui ne nous plait pas, on peut (et on doit) le commenter, mais est-il bien utile de chercher le coupable ? Cela n’aurait-il pas plutôt pour résultat d’encourager les enfants à se rejeter la faute ?
Il vaut mieux parfois passer directement à l’action corrective.
L’exemple du livre : “J’ai horreur qu’on laisse des épluchures sur le canapé !” (plutôt que “Qui a laissé des épluchures sur le canapé ?”)
En général, le coupable réagira seul.
Et si on entend “Ce n’est pas moi !”, c’est l’occasion de faire passer le message suivant :
“Ca ne m’interesse pas vraiment de savoir qui l’a fait : je ne cherche pas à changer le passé, je cherche à voir une amélioration dans le futur.”