La positivité à l’aéroport

Eh oui, le monde évolue déjà !img_1933

Quel bonheur de le constater, même si on est loin d’être au bout…
A l’aéroport, on trouve des petites cages en métal qui permettent de vérifier si la taille de nos bagages cabines correspond bien aux limites imposées. J’ai récemment remarqué que, plutôt que la traditionnelle interdiction de prendre à bord des bagages qui ne tiendraient pas,  bien des compagnies aériennes ont à présent accompagné ce gabarit d’une phrase du type : “Si votre bagage tient dans cet espace, nous serons ravis de le prendre à bord.”

Vive la psychologie positive !

La relation à ses propres parents

Ça fait plusieurs livres que je lis dans lesquels la question de nos propres problèmes non résolus avec nos  parents est soulevée : par exemple, parfois, on interdit à notre enfant un comportement qu’on ne se permet pas nous-mêmes d’exprimer face à nos parents. Ou qu’on ne s’est pas permis.
Il n’est pas nouveau que les schémas se répètent, les enfants battus battent…

Et pourtant, c’est un paramètre qui m’échappe complètement.
Même avant, quand j’entendais : “Je comprends mieux mes parents depuis que je suis devenue maman moi même”, bon, je le comprenais mais ne le ressentais pas.

Aujourd’hui j’ai encore l’impression que, hormis bien sûr quelques principes éducatifs qui font partie de ce que j’ai appris, mon comportement avec mes enfants est indépendant de ma relation avec mes parents. Je n’ai pas l’impression d’avoir une frustration non résolue, ou autre chose de ce genre.
Et pourtant, le thème revient et je me pose la question… Comment juger aujourd’hui la relation avec mes parents ? On s’entend bien, il n’y a pas de problème, on est content de se voir, mais je suis aussi régulièrement agacée par des remarques, ou des attitudes, auxquelles je ne réagis pas toujours.

Cependant, récemment, j’ai eu un échange assez incroyable avec ma mère.
On parlait de l’organisation des vacances d’été, et elle est passée à des idées pour les vacances de noël. Je lui ai de suite répondu que je n’étais pas encore prête pour discuter de noël, que c’était trop loin, un problème à la fois, les questions de l’été n’étaient encore pas réglées.
Du fait que nous vivons a l’étranger, et rentrons l’été en France, l’occasion de voir famille et amis, notre planning d’été est chaque fois un casse-tête incroyable, beaucoup de mouvements, beaucoup d’organisation, je rêve de juste poser les valises avec les 4 enfants, et de ne plus bouger.  Ca n’arrive jamais.
Bref, tandis que ma mère, malgré ma réponse, continuait à dérouler des idées pour les vacances de Noël, je m’agaçais sans rien dire. Et pour une fois, au lieu de serrer les dents jusqu’à la fin, et de terminer la conversation énervée, je lui ai dit : “Maman, en fait je ne me sens vraiment pas emotionnellement disponible pour parler de Noël. A chaque idée que tu lances, je n’arrive pas a m’empêcher de commencer à y réfléchir, et je ne veux pas, parce que je me sens déjà sous l’eau avec les options de l’été, et je ne fais pas face à tout. Je voudrais qu’on attende d’avoir réglé ça pour parler de la suite.”
… Elle a très bien réagi : “Excuse-moi, je ne pensais pas, je lançais ça comme ça, je ne pensais pas que tu pouvais te sentir débordée, comme je ne fonctionne pas comme ça, je ne l’ai pas envisagé, ok, j’arrête, on en reparlera une autre fois.”
J’ai été stupéfaite par son écoute… C’était si simple, pourquoi ne l’avais-je pas essayé avant ?

Est-ce un hasard, ou est-ce que mes lectures m’aident indirectement dans ma relation à ma mère ?

Le cercle vicieux de l’énervement

Combien de fois avons-nous crié à nos enfants : “On arrête de crier maintenant !!!”
Alors, évidemment, ça ne colle pas dans le rôle de modèle qu’on est censé donner…
Mais on pose ici une autre question : d’où ça vient ?
Ça vient du fait qu’il y a des jours où on est irrité, irritable, parce qu’on est fatigué, parce que quelque chose nous contrarie. Alors, on a encore moins envie que d’habitude que les enfants en rajoutent. Seulement voilà, eux aussi ressentent notre tension… Et ça les rend nerveux ! Alors, ils sont plus difficiles, plus irritables que d’habitude… Mais on n’a pas de patience, alors on réagit vite, et mal… Du coup, ils sont énervés à leur tour… Vous voyez où je veux en venir ?
Pas facile de sortir de là.

 

Deux idées cependant me viennent :

La première, c’est de leur expliquer dès le départ qu’on ne se sent pas bien, et qu’on risque de manquer de patience. Leur livrer ce qu’on ressent, c’est leur faire confiance, c’est leur expliquer que notre mauvaise humeur n’est pas due à leur comportement, c’est leur donner l’opportunité de comprendre.

La deuxième, c’est d’essayer de mettre les soucis de côté. De vivre le moment en pleine conscience, si c’est possible, les problèmes nous reviendront bien assez tôt. (Plus facile à dire qu’à faire…)

“Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple”! (Jacques Prévert)

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Au coeur… : Quel est son vécu ?

“Gardons-nous de minimiser les émotions de l’enfant” dit Isabelle Filliozat dans Au cœur des émotions de l’enfant.
Bien sûr, j’avais déjà lu ça dans les livres de Faber et Mazlish. Il s’agit d’accueillir les émotions de l’enfant (ou de quiconque d’ailleurs), pas de les nier, ni de les négliger. Il ne sert à rien d’expliquer que “ce n’est pas grave”, pour lui, ça l’est.
Ça semble simple, ce n’est pas si évident, parce que ce n’est pas toujours le modèle qu’on observe (c’est marrant, ça m’a récemment choquée dans une des petites histoires du père castor, moi qui aime tant ces livres…).

Dans Au coeur des émotions de l’enfant, l’auteur raconte l’histoire d’un petit garçon qui éclate en sanglots quand son ballon éclate. Au lieu de lui dire que ce n’est pas grave, l’adulte lui demande :
“Qu’est-ce que c’est ce ballon pour toi ?
– Tout meurt ! répond l’enfant, mon papi, il est mort la semaine dernière.”
Bien sûr, ce n’est pas toujours aussi extrême ! mais …. Certains sanglots peuvent en cacher d’autres…
Il faut donc s’interroger sur le vécu de l’enfant, comme dans le cas de la fille de nos amis récemment arrivés dans le pays, qui a du mal à s’endormir seule.

En suivant cette logique, l’auteur écrit, je cite :
“Toujours le laisser exprimer son émotion, accompagner la décharge de pleurs, de cris, de tremblements, sans tenter de le calmer. Pleurer, crier, trembler, sont ses façons de dire sa souffrance, de libérer ses tensions, de se récupérer.”
Ok, je comprends. Seulement, moi j’ai un problème : en libérant ses tensions, il m’en donne à moi ! J’ai du mal à rester détendue quand j’entends crier comme ça…
Il me semble que mon grand petit de 4 ans et demi devrait être capable de mieux faire face à sa frustration et ne pas éclater en sanglots si souvent. C’est aussi ce que dit son extraordinaire maîtresse.
Alors quoi ? Comment laisse-t-on s’exprimer les sentiments en restant sain d’esprit ??

 

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Au coeur… : Ça me fait oui, ou ça me fait non ?

“Chaque enfant est unique, il ne s’agit pas d’appliquer des règles théoriques” explique Isabelle Filliozat en parlant du maternage (premier chapitre de Au cœur des émotions de l’enfant ), en en particulier du fait de laisser le bébé dormir dans le lit des parents.

Ca me fait réfléchir.
On entend souvent qu’il ne faut surtout pas, que c’est une très mauvaise habitude ! Et effectivement, c’est ce que nous avons pensé quand nos petits étaient bébés.
C’est très peu arrivé. Il est arrivé évidemment qu’un de nos enfants finisse la nuit dans notre lit le premier mois, simplement parce que je me rendormais pendant qu’il têtait, mais nous n’avons jamais installé l’enfant dans notre lit. Pourquoi ? Peut être parce qu’on savait qu’on ne devait pas le faire, mais surtout parce que j’avais besoin de bien dormir. J’étais épuisée, et les bruits du bébé dans la chambre me réveillaient, même quand lui ne faisait que bouger un peu. Un sommeil réparateur était nécessaire pour moi, et si je devais avoir un autre enfant aujourd’hui, je le mettrais encore à dormir dans une autre pièce.
Cependant, je trouve la réflexion intéressante : c’était la meilleure solution pour nous, mais pas forcément pour d’autres parents, d’autres enfants…


Ça me fait oui ou ça me fait non ?” (La manière canadienne de poser la question, selon l’auteur)
Moi ça me faisait non, mais ce ne sera pas le cas de tous.

Le week-end dernier, je discutais avec un couple d’amis qui a du mal à faire en sorte que leur petite de 2 ans s’endorme le soir. Elle veut une présence à ses côtés. Je plaisantais : “Laissez-la moi une semaine, plus de problème, elle s’endormira à 20h !”
Oui, pour moi c’est important que les petits comprennent que l’heure après le coucher est celle de leurs parents, mais c’est parce que j’en ai besoin, tout simplement.
Maintenant je m’interroge : ces parents-là en ont peut être moins besoin que moi ? Cette petite a peut être des raisons d’avoir besoin d’être rassurée ? (On rejoint une des questions à se poser : “Quel est son vécu ?” En l’occurrence un changement de pays récent, donc un univers chamboulé !).
Ces parents arrivent peut être à trouver un meilleur équilibre que ce que je pouvais faire entre ce dont leur fille a besoin et ce qu’ils sont capables de lui donner…
Il faudra que je le leur demande : “Ca leur fait oui, ou ça leur fait non ?”

 

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La culpabilité ou “je ne suis pas parfait”

En surfant un peu sur le web, je tombe sur un article intitulé :
“L’Education «positive» n’est pas aussi positive qu’on croit”. (Article qui a eu plus de succès que mérité, du fait de son titre… mais enfin : lien ici)

Encore dans l’enthousiasme de la découverte que j’avais faite que le chemin que je suis en matière d’éducation avait un nom, parentalité positive, ou éducation positive, je décide de lire cette critique, car on s’enrichit toujours des opinions différentes.
… A première lecture, je trouve cette critique ridicule !
L’article est super bien fait en terme de présentation des références de la parentalité positive, mais la critique elle-même réside dans le fait que les parents qui en apprennent les principes développent une culpabilité de mal faire. L’auteure commente, je cite : “Si on n’est pas 100% parent positif, on est juste 100% nul.”

Donc, si je comprends bien, il ne faudrait pas se lancer sur cette voie, parce que découvrir qu’on aurait pu mieux gérer la situation avec notre enfant met en valeur le fait qu’on l’a mal fait, et on se sent coupable, alors il vaut mieux ne rien savoir, comme ça on ne se sent pas mal de mal faire…

Bon…
Quelques jours plus tard, j’en parle avec une amie française, lui expliquant ma lecture, et pourquoi je trouve cette critique ridicule, et voilà qu’elle me répond :
“Oui mais en même temps, je comprends l’idée, parce que, sur facebook, y’a une fille qui propose régulièrement la minute de parentalité positive, et a chaque fois, j’ai envie de lui mettre des baffes !”
Allons bon… J’essaye de mieux comprendre…
“Ben oui, ce qu’elle explique est très bien dans la théorie, mais dans la vraie vie, on se retrouve toujours à réagir différemment, et ça ne marche pas, alors c’est énervant !”
J’expose mon point de vue :
“Bien sûr qu’on n’arrive pas toujours à réagir de la manière idéale, mais ça ne veut pas dire que les principes sont à jeter !
Moi je me dis que si, en lisant ces livres de parentalité positive, j’arrive a changer ma réaction une fois sur 5, ce sera déjà une fois sur 5 de gagné ! Et puis, en me rendant compte de ce que j’aurais pu mieux faire les 4 autres fois, je serai préparée pour quand la même situation surgira, et je passerai peut-être à 2 fois sur 5 ! On est de toute façon sur le bon chemin, c’est ça qui compte !
– mais ça, répond ma copine, c’est parce que tu as déjà fait la démarche d’acceptation de ne pas être un parent parfait.”
Voilà, tout est dit : pour embrasser les principes d’éducation positive, il faut savoir accepter le fait qu’on n’est pas parfait. C’est clair comme de l’eau de roche. Sinon, on le vit mal, on est encore plus stressé, et le résultat aura bien du mal à se faire sentir !!
C’était évident pour moi (peut-être parce que souvent répété par les spécialistes de l’éducation positive), mais ça ne l’est visiblement pas pour tout le monde. C’est donc un paramètre à prendre en compte quand on partage ces idées-là avec quelqu’un…

 

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La parentalité positive !

Ça y est, je me suis identifiée !
Un jour que je cherchais des articles sur la différence entre la punition et la conséquence, je suis tombée sur un blog de parents (famille épanouie) en ligne avec mes propres principes éducatifs.
Je me suis penchée, dans la partie forum, sur leurs lectures, et ai découvert de nouveaux auteurs. (Étant loin de la France, je n’avais été exposée qu’à des auteurs américains, je voulais savoir ce qui se disait dans mon pays natal…)
J’ai donc fait quelques commandes, et était en train de lire “J’ai tout essayé !”, d’Isabelle Fillozat, quand mon frère m’envoie cet article du Monde sur la parentalité positive.

L’article explique que les principes éducatifs de la parentalité positive viennent du Dr Ginott et ont été largement diffusés aux États-Unis par Faber et Mazlish, avant d’être repris plus récemment en France, et que le succès d’un livre comme “On a tout essayé” prouvait le développement de l’intérêt des parents pour ces nouvelles techniques.
Faber et Mazlish, mes bibles !
Seulement, je ne savais pas que j’apprenais la “parentalité positive”, parce qu’à l’époque, il n’y avait pas encore de nom à ce courant éducatif !
Maintenant, je sais comment chercher plus spécifiquement mes prochaines lectures (bien que j’en aie déjà pas mal en réserve…) !
J’ai l’impression qu’un monde s’ouvre à moi, pour lequel j’ai bien heureusement construit les bonnes fondations en commençant dans le bon sens !

La fratrie de l’enfant à problèmes

Dans une famille, parfois, on considère qu’on a un enfant à problèmes.
On sait maintenant que plus on le verra ainsi, plus ce sera vrai. (cf Frères et soeurs sans rivalité – ch 5)

Une chose est de s’attacher à aider cet enfant, l’autre c’est de ne pas en demander plus aux autres sous prétexte que celui-ci a du mal. C’est un peu comme la place dans la fratrie. Męme si c’est naturel, il n’y a pas vraiment de raison pour qu’un “grand” n’agisse plus comme un petit, sous prétexte qu’il y a un plus petit.

Lors de notre dernier changement de pays, on a eu du mal. Vraiment. Emotionellement, et logistiquement.
Les 2 petits compliquaient grandement les choses.
Le bébé (7 mois), s’était remis à se réveiller plusieurs fois par nuit, notre garçon de presque 3 ans ne comprenait pas que son monde ait changé, il refusait tout, ne voulait plus se coucher sans nous, s’était mis à taper sur son petit frère.
Alors nous, pour qui ce n’était pas si facile non plus, on gérait comme on pouvait…
Et je me souviens que dans cette période, on exigeait des grands (12 et 7 ans) qu’ils n’aient pas de problème. Je me souviens même d’un moment où, suite à une dispute entre eux, on leur a clairement expliqué que c’était déjà assez dur comme ça de faire face aux petits, et qu’on attendait d’eux qu’ils fassent un effort pour ne pas en rajouter.

Après coup, je me suis rendue compte à quel point on avait été injuste : ils ont peut-être des petits frères pour lesquels c’était difficile, mais ça n’empêchait pas que ce soit difficile pour eux aussi !

Est-il acceptable de réprimer l’enfant, de lui imposer un rôle de responsabilité et de bon comportement, quand ça reste un enfant qui voudrait s’exprimer aussi, sous prétexte qu’il a des frères qui nous rendent indisponibles ?

Adolescence

J’ai beaucoup discuté avec ma cousine pendant les vacances, et une des choses qu’elle m’a dites, qui m’a marquée, c’est :

“Il est très difficile de quitter ceux qu’on aime. Or, après l’adolescence, vient le moment de partir. Il est donc normal que l’adolescent entre dans une phase dans laquelle il se détache, il apprend à moins “aimer” ses parents. Ce n’est pas personnel, c’est de l’auto-préservation. C’est cette démarche qui lui permettra de prendre son envol.”

Dur à entendre ? Peut-être… Mais peut-être pas faux…

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Points d’attention…

Oscar (13 ans) a laissé un pot de peanut butter et un couteau sortis.
Je l’appelle, et commente : “je suis fatiguée de te dire toujours les mêmes choses !”

Lui croit que je parle d’autre chose, il demande :
“Quoi ? J’ai bu à la bouteille ? J’ai laissé traîner mon sac ? Je n’ai pas bien fermé le tiroir des rollers ?”

Et là, je me rends compte qu’il n’a pas bu à la bouteille, qu’il n’a pas laissé traîner son sac, et qu’il a bien fermé le tiroir…

Pourquoi est-ce qu’on ne remarque que ce qui ne va pas ?