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Remplir le réservoir d’amour, une priorité !

Remplir le “réservoir d’amour“… Connaissez-vous ce concept de réservoir d’amour ? Parfois qualifié de réservoir affectif, il désigne en quelque sorte le niveau de notre bien-être affectif. De l’interêt de l’avoir au plus haut !

Mais… “réservoir d’amour”… en voilà une expression naïve !
Dois-je vraiment utiliser ces mots ridicules ? Se demandent certains, à qui l’idée que tout ce qui est fleur bleue est ridicule a été inculquée depuis le plus jeune âge…

Ma foi, c’est comme vous voulez. Cependant, lisez avant de décider.

J’ai quand même deux arguments :

  1. Je n’ai pas vraiment trouvé d’expression plus claire (et surtout c’est celle qui est communément admise dans la littérature, alors c’est quand même plus simple pour se comprendre quand on parle tous le même langage ! )
  2. Quitte à ne pas utiliser les mots, il n’est pas interdit de se familiariser avec le concept !

Chez nous, même mon mari – un des plus anti-fleur-bleue que je connaisse – s’y est mis. Parce que finalement, ça reflète bien une réalité !

Qu’est-ce que ce réservoir d’amour ??

Le réservoir d’amour, c’est une métaphore, bien sûr.

Cela permet de mettre des mots sur le fait que nous avons tous besoin d’amour pour avancer.

Ainsi, l’idée est la suivante : imaginons que nous ayons tous un réservoir. Pour nous sentir bien, le réservoir doit être plein. Ou en tout cas pas vide.

Or, beaucoup des interactions que nous aurons au long de la journée peuvent avoir une influence sur le niveau de ce réservoir.

Lorsque nous passons du temps avec un ami, le niveau augmente.
Lorsque notre amoureux nous prend la main, le niveau augmente.
Lorsque le voisin nous agresse, le niveau baisse.
Lorsque nous avons honte, le niveau baisse.
Lorsque notre enfant nous sourit, il monte.

Je pense que vous avez compris le principe, n’est-ce pas ?

Pourquoi avons-nous besoin que ce réservoir d’amour soit plein ?

Cela rejoint une phrase du Dr Ginott, que je vous ai déjà citée plusieurs fois, et à laquelle il est bon de revenir régulièrement :

Pour se comporter bien, il faut se sentir bien.

Et oui, quand on le voit ainsi, ça semble évident. Nous sommes tous familiers avec cette idée. Nous avons tous expérimenté le fait que les jours où nous sommes stressés, fatigués, les jours où nous sommes contrariés, où les choses ne se passent pas comme prévu, nous sommes moins agréables avec notre entourage !

Lorsque nous nous sommes disputés avec le voisin (visiblement, j’ai quelque chose contre ce voisin… ne le lui dites pas ! Ou plutôt si, ça lui ferait peut-être du bien de l’entendre ! Bref.) Lorsque nous nous sommes disputés avec le voisin, donc, disais-je, nous sommes moins patients avec les enfants, pas vrai ?
Et bien, figurez-vous que c’est pareil pour tout le monde, y compris les enfants !!

Alors, face à un comportement désagréable de notre enfant, la manière la plus efficace de réagir, c’est de… remplir son réservoir d’amour !!

Vous pensez que cette idée n’est que théorique ?

Je vais vous raconter ce qui m’a inspiré cet article, et vous laisser juge…

Cette semaine, je n’étais pas chez moi, mais en déplacement. C’est donc mon mari qui s’est occupé seul d’eux le soir. Et, même en essayant de rentrer plus tôt que d’habitude, il ne rentre pas souvent plus tôt que ce que je fais quand je suis présente.

Un soir, je reçois le message suivant :
“Soirée difficile, mais tout bien terminé. Léon, après plusieurs épisodes en partant fâché et pleurant dans sa chambre m’a dit, avec des larmes : “mon réservoir d’amour est vraiment vide, et ça me fait mal !”. Alors, après, on a rempli les réservoirs des deux petits, puis lu des histoires et ça allait beaucoup mieux !”

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A quelle fréquence doit-on remplir ce réservoir ?

Il est impossible de donner une règle générale. Impossible. Parce que cela dépend de beaucoup de facteurs !

  • La confiance en soi, par exemple, influe beaucoup : plus on se sent bien dans ses propres baskets, moins les contrariétés auront un impact sur notre réservoir.
  • La fatigue influe aussi : comme elle joue sur notre humeur, elle nous rendra plus sensibles aux difficultés.
  • L’entourage, évidemment !! Plus nous évoluons dans un environnement bienveillant, plus il nous est facile de maintenir le niveau de notre réservoir ! En un sens, il est re-rempli en permanence…

Dans tous les cas, le point important à retenir, c’est que les enfants ont un réservoir plus petit que les adultes. Donc, il faudra le re-remplir plus régulièrement. Car les enfants ont une plus grande sensibilité que les adultes. Ils se font plus facilement envahir par les émotions (positives autant que négatives, même si nous nous focalisons souvent plus sur les négatives). Cela est lié au fait que leur cerveau n’a pas fini sa maturité…

Note : Vous pouvez voir cette petite bande dessinée pour garder en tête cette image du réservoir des petits qui est plus petit.

Un pré-requis fondamental

Et je reviens cette fois sur une idée importante. Pour pouvoir prendre soin des autres, il faut d’abord prendre soin de soi-même.

J’ai vu en effet trop de mères conscientes de ce qu’il manquait à leur enfant, mais incapables de le leur offrir. Et, comme elles, je me retrouve également dans cette situation parfois. (Vous vous rappelez que j’avais expliqué à mon fils que je n’étais pas un super-héros ?)

Alors, cela vaut la peine de le répéter : prendre soin de soi n’est pas égoïste ! C’est plutôt la meilleure chance d’offrir à notre famille une mère (ou un père !) capable de faire face aux difficultés qui se présenteront inévitablement.

Effet secondaire : le développement de l’empathie !

Une fois que la notion du réservoir est passée chez nos enfants, ils sont prompts à la comprendre. Et à comprendre qu’elle s’applique également aux autres.

Et c’est une bonne manière d’être sensible à l’autre, de l’écouter, de le comprendre. En somme, de développer cette empathie qui change tout à notre manière d’avancer dans la vie !

Encore une illustration ? Pas de problème, je l’ai dans ma besace.

Un soir, Léon (6 ans) estime que je suis trop difficile avec lui. (A tort ou à raison ? On est rarement bon juge de soi-même… J’essayais de bien faire, mais il est vrai que j’étais fatiguée) Il pleure, et pleure encore.
Au bout d’un moment, je lui dis, alors qu’il pleure sur le canapé : “Je n’ai plus l’energie de ca. Moi aussi, j’ai besoin qu’on remplisse mon réservoir d’amour…
– Ah, ben il fallait le dire !” me répond-il, en s’arrêtant de pleurer ! Et il vient immédiatement me faire un gros câlin…

Ca a eu l’effet désiré : nous nous sommes tous les deux sentis mieux !

Et dans la pratique, comment fait-on pour remplir ce réservoir ?

Bonne nouvelle : j’ai des idées à vous proposer !

Remplir le réservoir est un travail permanent. Car la meilleure méthode pour le remplir, c’est de ne pas le laisser se vider !

Voici donc les idées que l’on qualifiera de préventives

  • Passer des “moments particuliers” avec notre enfant ! Sans doute le plus efficace de tout ce que je pourrais vous lister ici…
  • Ecouter notre enfant. Ce qui signifie écouter ce qu’il a à dire, sans essayer de le convaincre que le problème qu’il a n’est pas, sans le juger, sans chercher à lui offrir des solutions toutes faites, juste l’écouter.
  • Le laisser exprimer ses sentiments. Parce que c’est ainsi qu’il se sentira compris, et respecté.
  • Les jeux de société. Cela dépend probablement des goûts de chaque famille. Chez nous, les jeux de société sont très présents, et je sais qu’ils nous aident au quotidien. Parce qu’à travers eux, nous passons des moments agréables. Des moments de partage qui ne sont pas teintés d’obligations (type prendre le bain…)
  • Faire attention aux messages qui nous lui transmettons : insister, lorsqu’il fait une erreur, sur le fait que l’on a confiance en lui pour apprendre. Et éliminer les punitions !!

Sans oublier les idées réactives

Au moment où l’on sent que l’enfant a du mal à faire face, on peut encore infléchir les choses.

  • Le moment particulier est encore un bon outil ! Lorsque nos deux plus jeunes se disputent à répétition, nous en prenons un chacun, et nous isolons pour un moment particulier impromptu ! En général, ça fonctionne bien.
  • Dans tous les cas, il faut (encore une fois) recevoir l’émotion. Mettre les mots dessus aidera l’enfant à se connecter à nous, à se sentir entendu, et le soulagera immanquablement.
  • (En fait, tout ce qui est listé ci-dessus peut également servir dans le feu de l’action !)
  • La tendresse bien sûr ! Les câlins sont chez nous la meilleure manière de remplir le réservoir lorsqu’il est vide. Passer le message d’amour dans les moments difficiles est le meilleur moyen d’atteindre l’autre. C’est pourquoi d’ailleurs le câlin est le choix favori d’Anatole sur notre roue des options. Et parfois, un simple geste suffit à se reconnecter, et ouvrir la communication.
  • Le rire… Ce n’est pas toujours évident de trouver en nous l’énergie de réagir différemment. (et je re-soulèverais bien le fait de prendre soin de nous-mêmes… mais vous l’avez compris, je crois !). Pourtant, si l’on décide de changer l’humeur, de surprendre, la dynamique peut changer du tout au tout !
  • Dans la continuité du point précédent, la parentalité ludique apporte bien des options autres. (Je n’ai malheureusement pas encore pris le temps d’écrire à ce sujet, mais vous trouverez des inspiration chez mon amie Gwen via ses petits bouts du livre de Lawrence Cohen…). Chez nous, ce ne sont pas les chatouilles qui l’emportent, mais je n’hésite pas à entrer dans l’univers de mon fils et de ses voitures, les emmenant se laver les dents, par exemple !
  • Lire une histoire. Pour les plus jeunes, comme les moins jeunes, se poser pour une histoire est une bonne idée : cela mélange le temps partagé, le temps calme, et la proximité physique. Si l’enfant est un peu âgé pour un câlin, lire un chapitre l’un à côté de l’autre est une bonne alternative !! C’est l’une des activités favorites de ma fille de 11 ans, et partie intégrante de nos moments particuliers

 

Voilà, je suis persuadée que ces listes non exhaustives vous auront donné des pistes intéressantes…

J’ai hâte de savoir ce que cet article va changer chez vous, et quelles sont les idées que vous pouvez me proposer pour enrichir cette liste !

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Comment la roue des options aide à apaiser la colère de mes enfants

Faire face à la colère d’un enfant n’est jamais chose facile. En tant que parents, nous devons les accompagner, et leur enseigner à contrôler leurs émotions fait partie de cet accompagnement. Il existe pour cela plusieurs méthodes, que nous pouvons varier, et l’une d’entre elles est : la roue des options.

Apprendre à gérer des émotions

Un jeune enfant qui se met en colère, cela se voit, et s’entend ! Principalement, parce que l’enfant ne sait pas contrôler ses émotions. Comme l’explique Catherine Gueguen, son cerveau n’est pas encore mature. Il est donc parfois physiquement impossible pour lui de dépasser l’émotion de manière immédiate. Il n’arrive pas à revenir dans un état émotionnel plus calme.

C’est la raison pour laquelle, avant de se lancer dans des explications, nous devons encourager l’enfant à sortir de la vague de l’émotion. Plusieurs méthodes pour cela : l’aider à se concentrer sur quelque chose de son environnement, parler de son émotion.. Dans tous les cas, commencer par cette étape avant d’expliquer.

— NOTE : Si vous voulez apprendre à accompagner les émotions sans difficulté, faites donc un détour par cette page  “Apprendre à accompagner les émotions en 15 jours” —

Cependant, apprendre à gérer ses émotions, pour un enfant, comme pour nous, c’est également savoir quoi faire pour cela ! Et ce n’est pas inné. Nous gagnerions tous à avoir à notre disposition une liste d’actions qui pourraient nous aider à nous calmer. Alors, petit à petit, prenant l’habitude de la consulter régulièrement, nous pourrions apprendre à mieux répondre à nos besoins, à faire preuve d’auto-empathie, et à traverser enfin nos émotions difficiles.

Qu’est-ce que la roue des options ?

La roue des options, c’est exactement ça : une liste de ce qui peut aider !
Le format de la roue permet de mettre en valeur le fait que l’idée est de faire un choix entre les différentes options (bien qu’il ne soit jamais interdit d’en choisir plusieurs !)

Ainsi, l’idée est que, lorsqu’il se sent dépassé, l’enfant puisse consulter sa roue, et ses options, et choisir ce qui va l’aider à ce moment-là. La roue répond ainsi aux deux objectifs parallèles de :

  • calmer son état émotionnel en le faisant se concentrer physiquement sur quelque chose
  • s’entrainer à prendre soin de lui-meme dans les moments où il en a besoin

Sa conception

La roue des options sera d’autant plus efficace que l’enfant aura pris part à sa conception. Impliquer l’enfant dans la démarche lui permet de s’en sentir acteur. Ensuite, lorsqu’il l’utilise, cela ne lui est pas imposé : c’est son propre travail, ses propres idées.

Bien sûr, le niveau d’implication dépendra de l’âge de l’enfant. Plus il sera jeune, il plus il sera difficile pour lui de trouver les idées lui-même.

Cela faisait déjà un bon moment que j’avais entendu parler de la roue des options ! Elle fait partie des outils proposés par la Discipline Positive, en particulier dans un cadre scolaire.

Et pourtant, tout en y pensant régulièrement, j’ai laissé passer des mois avant de la mettre en place. Parce que ce n’était pas le bon moment, parce que j’y pensais alors même que mon fils était sous le coup de la colère, donc incapable de mener cette démarche, parce que, parce que…

Et puis, un jour, grâce à un nouveau partage de mon amie Gwen de Petit bout par petit bout, qui avait construit sa propre roue des options de la colère avec son fils (vous pouvez voir son récit ici), j’ai décidé de faire comme elle : arrêter de tergiverser !

Le samedi, donc, j’ai pris un papier de brouillon, et j’ai dit à mon Léon, 6 ans, que nous allions faire une activité ensemble. Anatole, 3 ans et demi, s’est immédiatement approché.
Je leur ai expliqué que nous allions réfléchir ensemble à ce qui pouvait nous aider quand nous nous sentions très en colère ou très tristes, et noter nos idées.  Tout en parlant, je partageais ma roue en secteurs angulaires, et Léon a immédiatement commencé à lancer des idées. J’ai tout noté, même si ça signifiait avoir un secteur qui disait “compter jusqu’à 10”, et l’autre “compter jusqu’à 100″… Anatole a aussi lancé quelques idées, pas toujours très claires (“faire vite”… j’ai cru comprendre qu’il voulait dire que si on n’aimait pas ce qu’on devait faire, il valait mieux le faire vite), mais peu importe, au moins, il participait !

Et voici notre première roue des options terminée !

Cependant, ne pensez pas que nous nous soyons arrêtés en si bon chemin, non !

Une fois cette roue terminée, avec les illustrations de leurs mains, Léon m’a dit qu’il avait encore plein d’idées et qu’il voudrait en faire une autre !

Rebelote donc ! Et voici notre deuxième roue d’options :

Les idées n’ont effectivement pas manqué ! Et Léon m’a même fait ajouter – en dehors de la roue tant pis – le fait de mettre sa main sur notre main à 6 doigts !!

L’activité, déjà, avait été un succès, restait à voir à l’usage…

L’utilisation de la roue des options

Dès ce week-end là, j’ai mis la roue en pratique. Au premier moment difficile, j’ai été cherché la roue, et j’ai dit calmement : “Je vais te lire les idées qu’on a écrites pour aider à se sentir mieux.”

Rien que le fait de lire les options était déjà tellement puissant pour aider l’enfant à calmer son état émotionnel, tant pour Anatole que pour Léon, que rien que pour ça, ça valait la peine de l’avoir faite !

Ensuite, vient la phase du choix. Si celui-ci est difficile, pour les plus jeunes en particulier, pour lesquels trop de choix les perd, nous pouvons aider à le limiter, en répétant ceux que nous savons leur plaire.
“Alors, tu penses que tu préfèrerais un câlin, ou jouer avec le Mack ?”

Et, croyez-le ou non, ça a marché de manière magique ! Certes, certaines options ne sont jamais utilisées. Anatole revient généralement sur le câlin, mais peu importe. Ils savent qu’ils auront d’autres options lorsqu’ils en auront besoin, c’est également le but de la démarche. Comme le matin où, après avoir vu la roue des options, ils m’ont demandé de lire un livre. (Je ne sais plus lequel en avait eu besoin et l’avait choisi, mais l’autre s’est joint à nous, et nous avons pu tous nous reconnecter, et c’est bien cela qui nous aide ensuite à avancer, non ?)

Développement de l’empathie

Un autre bénéfice de cette roue que je n’avais pas anticipé, c’est qu’elle aide à développer l’empathie.

Il y a quelques semaines, je me suis moi-même agacée. Je ne sais plus pourquoi, ni comment je l’exprimais, mais j’étais clairement tendue. Je n’avais en fait pas assez dormi. Et voilà mon Léon qui vient dans la cuisine, et qui, sans un mot, me tend les roues, me laisse les prendre, et s’en va…. Oui, moi aussi, je pouvais chercher ce qui pourrait bien m’aider ! (Devrais-je d’ailleurs faire une roue des options pour moi ? C’est une idée !)

Quelques jours plus tard, alors que je dépose Léon devant sa classe, il voit l’un de ses camarades en train de pleurer. Il regrette de ne pas avoir sa roue avec lui… Je lui suggère qu’il pourrait peut-être lui en parler… Le soir, Léon me raconte qu’il a effectivement été voir son copain, et qu’il lui a dessiné une autre roue !

Enfin (et c’est ce qui m’a finalement poussée à écrire cet article), hier, alors que je sortais de chez moi, je vois les roues par terre devant la porte.
Je demande à Leon :
« Pourquoi la roue est là ?
– parce qu’Anatole pleurait quand tu es partie hier, alors je lui ai donné les roues pour qu’il trouve une solution.
– Et ça a marché ?
– Oui
– Qu’a-t-il choisi ?
– Le câlin. Je le lui ai fait. »

Voir nos enfants résoudre leurs problèmes et faire preuve d’empathie, se soutenir l’un l’autre…

Encore un rappel que nous ne nous trompons pas de chemin !!

 

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6 bonnes raisons de ne pas taper son enfant

L’éducation traditionnelle a encore du mal à s’éloigner des VEO (ou Violences Educatives Ordinaires) – taper les enfants, les humilier…  Le débat soulevé lorsqu’il a été question de mettre en place en France une loi “anti-fessée” (qui recouvrait en fait bien plus que la question des fessées) montre bien l’intensité de la polémique sur le sujet.

Réponse classique : “J’ai pris des fessées quand j’étais petit, je n’en suis pas mort…”
Mon ambition pour mon enfant va au-delà de sa survie, mais je comprends que ce que veut dire celui qui dit cela, c’est : “Je ne m’en porte pas plus mal.”
Or, je ne pense pas que l’on puisse affirmer cela. Peut-on vraiment mesurer l’impact sur sa confiance en lui, sur sa faculté à prendre des risques, à essayer ? Sur sa manière de percevoir le rôle de l’autorité, de l’obéissance ? D’ailleurs… cette personne est devenu quelqu’un qui considère qu’il est normal de taper un enfant…
Je me perds, je m’enflamme, et vais donc de suite m’interrompre pour me recentrer sur l’objet de cet article !

6 bonnes raisons de ne pas taper son enfant :

 1. Taper son enfant lui fait mal

Rien que ceci devrait être une raison suffisante ! Il est rare qu’un parent ait vraiment envie de faire mal à son enfant. Nous aurions même plutôt l’élan de nier leurs moments douloureux, d’où notre tendance à nier leurs sentiments difficiles.

Ecoutons-nous, et épargnons-leur une douleur venue directement du parent.

A cette idée, certains répondent au contraire que c’est le but : s’il a mal, il n’aura pas envie de recommencer ! Oui, mais cela crée une vraie détresse pour l’enfant. Sa famille est théoriquement l’endroit où il se sent en sécurité. Il a une grande confiance en ses parents, en particulier pour ce qui est de le protéger. Si ses parents le frappent (en précisant même parfois que c’est “pour son bien”), comment l’enfant peut-il vraiment ressentir de la sécurité, fondamentale pourtant pour qu’il donne le meilleur de lui-même.

 2. Cela lui montre que frapper est un acte autorisé

L’éducation passe majoritairement par l’exemple. Nos enfants reçoivent bien moins ce que nous leur disons que ce que nous faisons.

Ainsi, taper sur la main d’un bébé est malheureusement la meilleure manière de lui enseigner que taper fait partie des options possibles…

Si nous frappons l’enfant qui se comporte “mal”, il n’y a pas lieu d’être surpris du fait qu’il se mette lui-même à frapper son camarade qui ne se comporte pas comme il le voudrait. C’est ce que nous lui avons enseigné.

Note : il existe des alternatives dans nos réactions face à l’enfant qui tape.

 3. Taper un enfant rompt notre relation avec lui

Lorsque nous tapons l’enfant, nous rompons le lien affectif. Il se met automatiquement en position de repli, de rancoeur, de colère. Il aura évidemment encore moins envie de coopérer.

On se comporte mieux quand on se sent bien. Si nous ne cultivons pas le lien avec notre enfant, on voit nos chances de coopération s’amenuiser fortement…

4. Cela ne lui enseigne rien

Taper l’enfant pour corriger un comportement, c’est axer l’enseignement sur un réflexe pavlovien : “quand je fais ça, ça me fait mal, donc je ne vais plus le faire.” Ca marche peut-être sur les chiens (encore que, d’après ce que j’ai entendu dire, cette méthode de dressage de animaux soit également en train d’évoluer…), mais dans la démarche, notre enfant ne comprend pas pourquoi le comportement en question est inapproprié. Il pourra d’autant moins le comprendre que nous éliminons par nos gestes toute possibilité d’y réfléchir : notre tape lui aura donné une distraction mentale. Il ne pensera plus qu’à cela.

J’en veux pour preuve cet épisode qui nous a permis de constater à quel point une “simple” tape de son grand-père est encore présente, même émotionnellement, dans l’esprit de notre fils de 3 ans, un an après les faits… La raison de la tape a, elle, disparu !

 5. Taper encourage au mensonge

Si l’enfant n’a pas compris pourquoi son comportement nécessitait correction (!), il comprend au moins que ce n’est pas à notre goût. Donc, s’il n’est pas prêt à y renoncer, il s’attachera en revanche à faire en sorte que nous ne soyons pas au courant, afin d’éviter nos gestes brutaux.

C’est alors un vrai choix : faire passer l’aspect “éducatif” d’abord, ou la confiance entre l’adulte et l’enfant.

 6. Cela peut détruire son estime de lui-même

Comme nous le soulignions au point 1, un jeune enfant a une grande confiance en ses parents. Il cherchera souvent à justifier leur comportement. Donc, une partie de lui-même est en colère, et vengeur, et, en même temps, une autre internalise que si le parent frappe, c’est qu’il le méritait. Il a donc vraiment mal agi, il est mauvais… Et c’est alors l’image qu’il aura de lui-même… à long terme !

 

Mon frère, qui faisait partie du groupe “J’ai pris des fessées, je n’en suis pas mort !”, me dit qu’il ne lui a pas fallu plus d’un quart d’heure pour changer d’avis, en ayant pris le temps d’y réfléchir ainsi.

Et vous ? Cela vous parle-t-il ?