POINT DE RENCONTRE + est une formation avec accompagnement qui vous aidera à transformer votre vie de famille.

Entretien avec Isabelle, qui hésitait à s’inscrire il y a un an, après avoir déjà suivi des formations de parentalité positive qui n’avaient « pas tenu leurs promesses ».

Note : la nouvelle cohorte de PDR+ est en cours de recrutement. Les portes sont ouvertes jusqu’au 14 décembre.
Pour en savoir plus : https://les6doigtsdelamain.com/point-de-rencontre/

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Il arrive qu’une situation anodine se transforme en lutte de pouvoir, et donc en dispute, alors qu’elle pourrait être gérée complètement différemment si on avait la possibilité de prendre un peu de recul…

C’est une compétence qui se développe, et cette anecdote vécue vous montre comment on peut faire ça, relativement facilement.

Ça ne marchera peut-être pas à tous les coups, mais ça vaut la peine d’avoir cette méthode dans sa besace !

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Si vous préférez lire, en voici également la retranscription.

Bonjour les parents qui cheminent.

Aujourd’hui, je voudrais vous raconter une petite anecdote qui illustre bien comment on peut facilement passer d’une circonstance assez simple du quotidien à une lutte de pouvoir, et comment on peut s’en sortir.

D’une situation banale à une situation d’opposition

La situation de départ

On était dans le salon. C’était le week-end dernier, avec mes deux plus jeunes garçons, qui ont 12 et 9 ans, Léon et Anatole. Chacun avait son activité. Anatole était en train de lire, moi aussi, et Léon était en train de faire de la guitare. 

Et alors, quand Léon joue de la guitare c’est relativement envahissant, car il joue relativement fort, mais en plus, là, il était en train de chercher les accords d’une chanson… Donc, il chantait la chanson et mettait des accords dessus qui n’allaient pas forcément avec, puisqu’il était en pleine recherche du bon accord, et ce n’était pas forcément harmonieux, puisque les accords qu’il utilisait ne collaient pas à ce qu’il chantait. 

Donc, au bout d’un moment, Anatole se sent gêné, perturbé, dérangé (on peut utiliser plusieurs termes pour ça…), et il se tourne vers son frère et lui dit : “Écoute Léon, tu peux arrêter de jouer de la guitare s’il te plaît, je n’arrive pas à lire.” 

L’escalade

En fait, je n’ai pas vraiment assisté au tout début.
Donc, cette phrase que je viens de vous citer, c’est moi qui l’invente, parce que j’étais moi-même dans ma lecture, je n’y ai pas prêté attention.
Mais ce que j’ai entendu, c’est qu’en moins d’une minute, on s’est retrouvé dans une opposition, un ton qui commençait à se tendre, peut-être pas encore à monter, mais en tout cas à se tendre…
Anatole disait à Léon : “Écoute, ici, c’est l’espace commun. Tu ne peux pas faire du bruit et déranger les autres. Si tu veux faire de la guitare fort, tu n’as qu’à le faire de ton côté. Va dans ta chambre !”

De son côté, Léon était en train de dire à son frère : “Non, ben écoute, ici, c’est l’espace commun. Tu ne peux pas m’empêcher de faire de la guitare. Si tu veux du calme, tu n’as qu’à aller trouver un autre endroit. Va dans ta chambre !” 

Grosso modo, on en était là.

Petite analyse de la situation

Chaque point de vue se défend

On voit qu’on est dans une opposition de point de vue clair. C’est intéressant parce que chacun de ces points de vue se défend en fait. 

Il n’y en a pas un qui a plus raison que l’autre sur le fait que “c’est l’espace commun, donc il faut qu’il n’y ait pas de bruit”, ou que “c’est l’espace commun, donc je dois supporter le bruit de l’autre et c’est à moi de m’isoler”

Chacun de ces points de vue se défend.
Et ça, ça rejoint quelque chose que j’aime bien essayer de faire passer à mes enfants, c’est qu’il y a toujours différentes perspectives sur une situation

Et donc la phrase que j’aime répéter, c’est : “Ce n’est pas parce que j’ai raison que tu as tort.”

En fait, on se retrouve souvent dans des situations de vie dans lesquelles chacun a raison, avec son histoire, sa perspective, sa façon de ressentir les choses, son regard en fait, avec ses lunettes à lui. 

D’ailleurs, on utilise parfois cette expression : “avec mes lunettes”. 

Lutte de pouvoir

Donc, chacun des deux a son point de vue.
Chacun des deux a raison d’un certain côté.
N’empêche que leur point de vue semble irréconciliable, puisque l’un comme l’autre est bloqué sur une stratégie qui est que l’autre aille dans sa chambre. 

Et surtout, on se retrouve dans une situation – et c’est ça que je voudrais mettre en avant – dans laquelle, c’est en train de se transformer en lutte de pouvoir.

En effet, chacun est ancré dans sa posture : “moi je reste et toi tu pars”.
Donc, imaginons que l’un des deux adopte une attitude pacifiste. Que l’un décide de partir, c’est-à-dire de dire : “Oui, tu as raison. Je n’ai pas envie de déranger. Je vais aller faire de la guitare ailleurs.” ou à l’inverse, “Oui, tu as raison. Je ne vais pas t’empêcher de faire de la guitare. Je vais aller lire dans ma chambre.” 

Chacune de ces attitudes pourrait, à ce moment-là, être interprétée comme “je cède, j’ai perdu”.

Et comme on est dans une ambiance sociétale dans laquelle on est justement beaucoup dans le : “je vais gagner contre l’autre, c’est lui qui va céder ...”, on rentre facilement dans ces luttes de pouvoir-là.
On se retrouve, du coup, un peu piégé à vouloir montrer qu’on a ce pouvoir, le montrer à l’autre ou à soi-même, ne pas vouloir être “le perdant”, et donc se retrouver bloqué.
Et c’est comme ça qu’on persiste dans des luttes de pouvoir dans lesquelles, en réalité, aucun des deux ne sort gagnant, parce qu’aucun des deux n’a envie d’un conflit au départ.
Et même si on finit par gagner, ça passe par le conflit, donc c’est un peu dommage. 

Le chemin pour s’en sortir

Donc l’idée, c’est d’ouvrir un petit peu les horizons en arrivant à faire passer le message explicite ou implicite, comme vous allez le voir, qu’il y a d’autres voies, en fait. Et l’autre voie pour exercer son pouvoir sans être dans cette dynamique gagnant-perdant, c’est justement d’utiliser une sorte de gagnant-gagnant, c’est-à-dire dans la coopération.

En fait, quand on arrive à trouver des solutions ensemble, à coopérer, à fonctionner en groupe, on est aussi en train d’utiliser son pouvoir. Et on est en train d’utiliser son pouvoir AVEC l’autre plutôt que CONTRE l’autre

Et c’est hyper chouette de se retrouver dans ces situations-là !

C’est ça que j’ai envie d’apporter à mes enfants.
Et en tout cas, ce sont des valeurs auxquelles on croit très fort dans l’éducation positive : le fait de passer à des relations de coopération. 

Comment résoudre une lutte de pouvoir :  étape par étape !

Observer pour intervenir de manière adéquate

Dans ce cas précis, je lève donc la tête et je vois que mes garçons commencent à être dans une lutte de pouvoir. 

À ce moment-là, le ton n’est pas trop monté, donc ils sont encore en mesure d’entendre ce que je vais dire.
Sinon, s’ils étaient en train de se hurler l’un sur l’autre, de toute façon, ils ne seraient pas en mesure d’aller plus loin et éventuellement réfléchir à des solutions.
Donc, je leur dirais plutôt de faire une pause et qu’on en parlerait plus tard. 

Mais sur le coup, ce n’est pas encore débordant, donc je peux directement intervenir et dire :
“Attendez les garçons, j’ai l’impression que vous êtes en désaccord là, c’est ça ? Donc, ce que j’entends, c’est que toi, Anatole, tu aimerais bien pouvoir lire dans le calme et que la guitare te dérange. Et que du coup, tu considères que comme c’est l’espace commun, il ne faudrait pas que Léon envahisse trop cet espace commun avec le bruit de sa guitare, c’est ça ?

  • Tout à fait !
  • OK. Et toi, Léon, ce que j’entends, c’est que tu as envie de faire de la guitare et que comme tu es dans l’espace commun, tu considères que si Anatole trouve que la guitare le dérange trop, il n’a qu’à ne pas rester dans cet espace commun, c’est bien ça ?” 
  • c’est ça !”

Voilà.

Vous voyez que quand je dis ça, en fait, je n’ai rien dit de plus que ce qui s’était déjà dit. Donc, on pourrait penser que cette phase-là, elle ne sert à rien. Mais en fait, ce dont je m’assure en faisant ça, c’est de deux choses différentes : 

  • La première, c’est que je m’assure que chacun se sente entendu dans ce qu’il a dit

Parce que quand on est dans la lutte de pouvoir, il y en a un qui dit un truc, et l’autre, il ne lui dit pas “Ah, toi, tu penses que tatata… Ah oui, mais tu vois, moi, avec mon point de vue et ma perspective, tatata…”, ce qui serait exactement l’attitude à adopter si on voulait bien faire passer le message que ce n’est pas parce que j’ai raison que tu as tort.
Donc, on recevrait ce que dit l’autre et on dirait “Regarde, j’ai une perspective différente”, mais cela ne remettrait pas en cause sa perspective.
Alors que dans la façon la plus classique de communiquer, on est tout de suite dans l’opposition. Donc, on n’entend même pas, ou du moins, on ne reçoit même pas ce que nous dit l’autre.
Donc, quand je reformule comme ça, ça me permet d’être sûre que chacun est reçu dans ce qu’il a dit.

  • Et le deuxième point, c’est que ça me permet de m’assurer que chacun des deux a aussi entendu le point de vue de l’autre, justement. 

Parce que parfois, on réagit trop vite.
Donc ça, c’est déjà le reposer un peu, décrire le problème en tenant compte de chacun

Leur redonner la main

Et puis, à ce moment-là, on va passer à la phase suivante qui est : “Ok, qu’est-ce qu’on pourrait trouver comme solution ?
Ça, c’est ma question. Moi, je pose juste la question.
Je ne suis pas en train de dire : “Ok, dans ces cas-là, on va faire comme ça.” en leur apportant MA solution. 

Peut-être que dans une certaine phase et avant que les enfants aient l’habitude de trouver leur propre solution, on va le faire un petit peu plus.
Moi, mes enfants, ils sont un peu rodés à cet exercice, théoriquement en tout cas. 

Et c’est ce que j’accompagne les parents à faire dans la formation En finir avec les disputes dans la fratrie.
Il y a tout un processus pour accompagner vos enfants à aller vers des démarches de recherche de solutions, pour qu’ils sachent faire ça.

Moi, je leur dis à ce moment-là :
“Qu’est-ce que vous pourriez trouver comme solution ?”
Et évidemment, les premières solutions qui sortent (c’est naturel) ce sont celles qu’ils ont déjà évoquées, c’est-à-dire qu’Anatole me dit que Léon n’a qu’à aller faire de la guitare dans sa chambre, et Léon me dit qu’Anatole n’a qu’à aller lire dans sa chambre. 

Après, il y a d’autres alternatives qui pourraient apparaître (qui me viennent à moi) parce que la chambre de Léon est plus loin de l’espace commun. J’aurais pu lui suggérer d’aller par exemple dans mon bureau. 

Mais à ce moment-là, j’aimerais bien d’abord voir si eux, ils n’ont pas d’autres idées. Donc, je ne le leur suggère pas et je répète seulement :
“Ok, oui, Léon pourrait aller dans sa chambre, d’accord.” Donc, c’est Anatole qui dit ça. Léon dit : “Oui, ou bien Anatole pourrait aller dans sa chambre.” 

“Ok, Léon pourrait aller dans sa chambre, Anatole pourrait aller dans sa chambre, Ok. Quoi d’autre ?”
Là, évidemment, il y a un blanc, puisque pour l’instant, ils ne voyaient que ces deux solutions-là. Et là, on comprend bien pourquoi on est en lutte de pouvoir, puisque comme il n’y a que ça qui leur vient spontanément au départ ! Forcément, ils sont en opposition, puisque ce n’est pas compatible pour eux de rester tous les deux !

“Et donc, quoi d’autre ?”

Les idées arrivent

Alors, après cette petite pause, pendant laquelle ils réfléchissent effectivement, Anatole dit : “Peut-être qu’il pourrait jouer de la guitare moins fort ?”
Première réaction de Léon : “Non, la guitare, on la joue, ça ne se joue pas moins fort.”
Anatole dit “Si, en grattant un peu moins fort sur les cordes.”
Ok, du coup, je me tourne vers Léon, je lui dis : “Est-ce que tu voudrais essayer ?” Alors, Léon essaye de refaire ce qu’il est en train de faire en grattant un peu moins fort.
Je me tourne vers Anatole, je lui dis : “Ça te convient comme ça ?”
Anatole dit : “Oui, c’est ok !”, et, immédiatement, repart dans sa lecture. 

Léon s’essaye encore un petit peu là, pendant 10-15 secondes, et je lui dis : “Et toi, ça te convient comme ça ?” Il me dit : “Oui, c’est ok.” Et hop, il continue sa guitare.

Et on se retrouve à rester !

On est restés, je ne sais pas, au moins 20 minutes de plus, tous les trois dans cet espace commun. Anatole et moi en train de lire, Léon en train de faire sa guitare, tout en surveillant de ne pas la jouer trop fort. (Il y a même eu un moment où il s’est re-laissé aller un petit peu, à monter un peu le son, il s’en est rendu compte, il a re-diminué.)
Et où, finalement, on est tous restés ensemble, harmonieusement.

C’est magique

Je trouve ça assez magique de voir, comme dans certaines circonstances, il est facile, en fait, de sortir d’une lutte de pouvoir qui semblait bloquée, en ne faisant que faire un pas en arrière pour re-décrire la situation, et en disant : “Qu’est-ce qu’on peut faire et quoi d’autre ?”

Parce que c’est ce que je dis souvent aux parents quand je parle des disputes dans la fratrie, et c’est ce qu’on voit dans la formation En finir avec les disputes dans la fratrie, c’est que très souvent, la raison de la dispute, c’est que c’est la meilleure stratégie qui leur apparaît à ce moment-là, parce que parfois, c’est la seule, et parfois, ils en voient des pires, comme de se taper dessus, par exemple. 

Donc la dispute à ce moment-là est la meilleure stratégie qui leur apparaît.  Et parfois – pas toujours, et ça dépend de l’entraînement qu’ils ont dans la démarche, évidemment, mais parfois – il suffit d’ouvrir la question sur la possibilité qu’il y ait un autre chemin pour qu’ils trouvent ce chemin-là, qu’ils l’empruntent, et que tout se calme.

Voilà, donc si tout ça vous inspire, je vous encourage évidemment à aller faire un tour sur la page de ma formation En finir avec les disputes dans la fratrie pour en savoir plus, et pour vous inscrire si vous voulez apprendre à faire la même chose avec vos enfants. 

Et dans tous les cas, je vous encourage à mettre ça en place avec vos enfants la prochaine fois que vous sentez qu’il y a une tension qui vient, avant que ça n’explose, sinon ils ne sont plus en mesure de faire ça. Attention à ça, et à l’accueil des émotions dans ces cas-là !

Et puis, partagez ce podcast avec d’autres gens que ça pourrait intéresser, si vous pensez que ça peut les inspirer.
N’hésitez pas aussi à laisser 5 étoiles et/ou un avis pour aider ce podcast à se développer. 

À très vite !

Un épisode un peu différent : j’interroge mon fils Oscar, 21 ans, sur son adolescence avec l’éducation positive.

Ce que ça lui a apporté, comment il l’a vécu, ce qu’il en pense aujourd’hui…

Pour tous ceux d’entre vous qui se demandent ce que ça peut donner « à long terme » !

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Bonjour les parents qui cheminent.

Un épisode un peu particulier aujourd’hui, parce que j’avais envie de vous donner un peu une perspective de ce que peut donner l’éducation positive à un peu plus long terme.

Ce qu’on me dit souvent, que le fait d’avoir des enfants plus âgés me permet d’avoir un peu de recul, c’est vrai. Et on me demande ce que mes enfants en pensent. 

Aujourd’hui, je reçois dans ce podcast mon fils Oscar, qui a 21 ans.

– Alors Oscar, merci d’avoir accepté de faire ce podcast avec moi déjà.

– De rien, ça me fait plaisir !

L’expérience de grandir dans une atmosphère d’éducation positive

– L’expérience d’avoir grandi avec une atmosphère, un peu “éducation positive”- pour remarque, on a commencé ça quand tu avais 12 ans – comment c’était ? Est-ce que globalement, tu en as été content ou pas ?

– Alors, il est indéniable qu’aujourd’hui, l’ambiance qu’on a dans la famille, je me rends très bien compte que c’est une des grosses forces de notre famille, et ça non pas par rapport à ce qu’on avait avant, mais par rapport à mes amis, à toutes les familles que je vois autour de moi. Il y en a beaucoup qui vont avoir déjà une moins bonne ambiance avec leurs parents au cours de l’adolescence, par exemple.

D’ailleurs, on en parlait quand j’étais adolescent, quand on avait par exemple d’éventuelles disputes de temps en temps, on se disait : “C’est quand même cool d’avoir globalement une super ambiance”, alors que beaucoup d’adolescents commencent à mal s’entendre avec leurs parents.

Et puis, ça se voyait aussi plus jeunes…

Aujourd’hui, il y a une certaine indépendance qui se met en place, donc peut-être que ça joue aussi un rôle moins important, mais quand on était un peu plus jeunes et il y avait pas mal de questions de « qu’est-ce qui est une décision de l’enfant, qu’est-ce qui est une décision du parent ?”  et tout ça.
Aujourd’hui, et on en parlait hier avec Alice (Note : Alice est la sœur d’Oscar, elle a 16 ans au moment de cet enregistrement) nous, on a un rapport à ça qui est… j’ai l’impression qu’on nous a donné beaucoup d’indépendance, et je me sens très libéré par rapport à ça, et c’est hyper agréable

– Ok, alors du coup, tu as commencé à répondre à certaines autres questions que j’avais, donc c’est super…

L’éducation positive du point de vue des enfants 

Une des questions que j’avais, c’était “qu’est-ce que tu vois de spécifique à l’éducation positive ? Qu’est-ce que c’est pour toi l’éducation positive ? Tu nous parles de l’indépendance et de la prise de décision, visiblement, c’est un élément important pour toi.” 

– Effectivement, ça, c’est quelque chose dont je me suis beaucoup rendu compte.

En fait, j’ai l’impression d’avoir toujours grandi dans un sentiment global de “c’est moi qui prends les décisions, vous êtes là pour m’encadrer, pour m’aider, pour m’appuyer, mais jamais pour être contre moi.

 Et ça, ça fait un peu cliché de dire les choses comme ça, mais c’est vrai que c’est hyper sécurisant comme atmosphère

Et d’ailleurs, aujourd’hui, ça se répercute sur les discussions qu’on a, ou certaines des grosses décisions dans ma vie.

D’une part, je sais que c’est à moi de les prendre, et donc je sais que d’une certaine façon, je vais peut-être les prendre dans tous les cas, si c’est mon avis, et que quand je vous en parle, ce n’est pas pour vous demander la permission.

Par contre, je sais que vous avez toujours été là pour me donner des conseils, votre avis, et me sécuriser un peu dans mes décisions, et donc c’est hyper rassurant de se dire que c’est vraiment ça le rapport d’encadrement que j’ai avec mes parents.

…C’était quoi la question ? J’ai oublié !

– Non, non, c’est ça, c’est très bien. Je vais revenir sur la suite de la question effectivement. 

J’ai quand même envie de creuser un peu ce que tu viens de dire, parce que tu dis du coup “vous n’avez jamais été contre moi…”, et donc tu prenais tes décisions.

Effectivement, avec un rapport de… – tu as raison, ce que je ressens moi, d’un point de vue parental, et là, je transmets pour ceux qui nous écoutent, c’est une posture de confiance dans les capacités et les ressources de l’enfant
Est-ce que ça veut dire, parce qu’on pourrait aussi interpréter ça sous l’angle “c’est moi qui décide et vous n’avez rien à dire”, un peu laxiste, permissivité ? Est-ce que t’as l’impression qu’on t’a laissé prendre n’importe quelle décision ?

– Non, et je sais qu’il y a toujours eu des limites, évidemment.
Et ces limites, plus je prends de l’âge, plus elles deviennent laxistes. Aujourd’hui, pour le coup, effectivement, c’est moi qui décide de ma vie.

Donc, comme c’est un spectre, je ne saurai pas exactement dire. Cependant, justement, je trouve que, du moins tel que je le visualise aujourd’hui, le fait de sentir qu’on a vraiment une liberté de ses actions et que, souvent, le fin mot d’un débat, après une vraie réflexion et une vraie pondération des choses, c’est “si c’est comme ça que tu veux faire les choses, eh bien, on les fera comme ça” , “si c’est comme ça que tu veux prendre tes décisions, prends-les” , fait que j’ai l’impression d’avoir assez tôt pu moi-même limiter les décisions qui auraient été complètement irrationnelles.

Je pense qu’aussi, vous n’aviez pas besoin de vous poser la question de “si c’était trop laxiste ou pas”, parce que juste des décisions trop extrêmes, je ne les prenais pas en décidant moi-même de ne pas les prendre. 

– Tu veux dire que ça a aidé à développer un certain sens des responsabilités ? 

– On peut dire ça !

– Ok, intéressant. 

La notion de responsabilisation 

Je me demande aussi si ça, c’est aussi un point de vue qui est spécifique à l’adolescence, donc, que tu as traversée avec cette éducation…
Est-ce que c’est quelque chose que tu observes quand tu penses à l’éducation qu’on donne et que tu vois aujourd’hui l’éducation qu’on a donnée et qu’on continue à donner à tes plus jeunes frères qui ont aujourd’hui maintenant 9 et 11 ans ? Est-ce que tu dirais là aussi qu’ils prennent leurs décisions ? 

– Alors oui, effectivement.

Encore une fois, il y a ce fait qu’à 9 et 11 ans, on est moins responsable. Donc effectivement, il y a des moments où forcément, vous devez un peu mettre des limites.

Mais dans la mesure où l’une des valeurs est de pouvoir les responsabiliser le plus possible, je trouve ça souvent assez impressionnant quand je vois les débats ou les diverses querelles qu’il peut y avoir, ou décisions qu’il doit y avoir dans un foyer au quotidien, à quel point l’effort est fait pour essayer de responsabiliser le jeune. 

Et même parfois, à la fois, c’est inspirant et c’est frustrant de se dire, même dans un débat où je pourrais moi-même prendre part, de dire en fait, j’aimerais bien faire les choses plus vite, plus efficacement. Et on prend un peu des détours pour que ce soit vraiment eux qui prennent les décisions. Et je vois bien que c’est le principe et c’est ce que tu nous expliques. Mais du coup oui, c’est sûr que c’est une valeur prépondérante et quand je vois l’atmosphère dans laquelle ça nous a fait grandir, je ne peux qu’adhérer. 

– Ok, super !

Les spécificités de l’éducation positive

Et du coup, effectivement, ma question, c’était, indépendamment de cette confiance, autonomie, prise de décision, responsabilisation, qu’est-ce que tu vois d’autres comme spécificités de l’éducation positive ?

– Alors, il y a cette question de responsabilisation, il y a une question qui je pense n’est pas forcément à mettre au premier plan, mais qui joue un rôle assez important pour moi : de non-punissant.

Je me souviens que quand j’étais adolescent notamment, j’avais un peu l’impression que c’était presque la triche par rapport aux autres de ne pas me faire punir. Et parfois ça m’est arrivé de faire des bêtises et de ne pas me faire punir à une hauteur qui aurait été raisonnable pour de telles bêtises. Et ça, bah oui, je le vois aujourd’hui encore, vraiment ce côté.

Et d’ailleurs, on en avait parlé, j’essaye de l’appliquer un petit peu : je suis chef scout, et j’essaye de l’appliquer un petit peu avec mes jeunes scouts. Et très vite, j’arrive aussi face aux limites du modèle et au fait que c’est dur à mettre en pratique.

Mais du coup, ça, je trouve que c’est quelque chose que je ressens pas mal et qui est franchement assez fort parce qu’il y a cette même notion de responsabilisation de, en fait : “les choses, tu ne les fais pas parce que tes parents te disent de les faire ou parce que si tu fais les choses mal, il va y avoir des conséquences divines venues d’un pouvoir extérieur”, mais juste parce qu’il faut apprendre à prendre sa vie en main et que dans la vie, on ne fait pas des choses qui, par exemple, nuisent aux gens ou qui ont des conséquences néfastes.

Donc ça, je l’ai remarqué aussi. 

Et j’ai l’impression de peut-être ne mettre la lumière que sur une petite partie du concept.
Donc, si je devais développer, je dirais aussi, il y a ce côté plus globalement positif que je comprends peut-être moins bien, qui est peut-être un peu plus vague, mais juste d’être le plus possible dans le soutien de l’enfant, dans évidemment : “essayer de ne jamais crier, essayer de ne jamais insulter l’enfant ou le critiquer”. Et ça, peut-être que je le souligne moins parce que ça me semble un peu être acquis aujourd’hui dans mon foyer, mais je pense effectivement que ça fait vraiment partie aussi d’une ambiance bienveillante. Voilà. 

– Ok, excellent. C’est super ! Et puis toutes ces notions sont liées en fait, la notion de soutien en fait particulièrement qui se traduit dans tout ce que tu viens de dire. 

Le point de vue des copains au regard de l’éducation positive

Est-ce que c’est quelque chose dont tu as déjà parlé avec tes copains, soit à l’adolescence, soit maintenant ?

– Oui, toujours, je pense plus à l’adolescence, quoique… Ouais, pas mal à l’adolescence, quand les questions commençaient à se poser un petit peu de , “jusqu’à quelle heure j’ai le droit de sortir, si je fais des soirées, etc.”, il y avait un peu une confrontation de nos visions et je me souviens que ça m’a toujours un peu angoissé quand des amis me parlaient de parents par exemple hyper contraignants, qui n’étaient pas ouverts à la discussion.
En fait, je pense que c’est ça qui est le plus ressorti, c’est le fait que… Et alors pour le coup, vous n’étiez pas les seuls évidemment, il y a des amis aussi qui pouvaient complètement discuter avec les parents, mais le côté, je l’ai toujours un peu eu comme acquis que des parents sont vraiment là pour nous encadrer, donc il y a toujours ouverture à la discussion, à la négociation.

Voilà, mon argent de poche, il ne me suffit pas ou il me suffit. Voilà, en fait ces horaires-là pour rentrer de soirée me conviennent ou ne me conviennent pas. Et le fait de me dire qu’il y avait des foyers dans lesquels ça ne marchait pas comme ça, je me disais : “Mais on doit se sentir enfermé. On ne peut pas s’exprimer. On ne peut pas… En fait, comment les parents peuvent savoir qu’on se sent bien s’ils ne sont pas à l’écoute de nos retours ?”

Voilà, donc je pense que c’est à peu près de ça dont je me souviens dans l’adolescence. 

Et puis aujourd’hui, évidemment, ça joue une place moins importante vu que je ne vis plus avec vous, mais c’est vrai que parfois quand je raconte à des amis que je suis venu vous voir, qu’on a parlé de ceci ou de cela, ils sont un peu étonnés juste du fait qu’on ait une relation très ouverte, très saine et très agréable

– C’est cool ! Nous aussi, on apprécie la relation avec toi, c’est clair, et avec tes frères et sœurs.

Ce que l’enfant retire de l’éducation positive ? 

Est-ce que… j’avais envie de dire un petit peu maintenant qu’est-ce que tu penses en avoir retiré, mais je crois que tu l’as déjà pas mal couvert.
Visiblement, cette autonomie, cette prise de décision, cette confiance dans tes choix, tout en sachant que si tu as besoin de conseils ou de soutien, on est encore là pour toi. 

– Petit exemple pratique, je me souviens que notamment, c’était rentré en jeu quand j’avais hésité à prendre une année sabbatique pour faire de la musique et que c’était une décision qui était, je ne sais pas si je dirais risquée, mais c’était une grosse décision à prendre, qui correspondait un peu au code : des parents trop traditionnels n’auraient jamais autorisé ça.
Et du coup, je me disais : “dans quelle mesure est-ce que… Quel rôle vont jouer mes parents dans ma décision pour ça ?” Et en fait, j’ai beaucoup aimé en m’écoutant moi-même me rendre compte que j’avais vraiment envie de vous en parler parce que je savais que dans tous les cas, j’allais pouvoir prendre cette décision, mais que j’étais vraiment intéressé de savoir quels étaient vos avis, aussi de vous faire part de ma réflexion et de pourquoi je prenais cette décision, et de pouvoir juste m’appuyer sur vous pour prendre cette décision avec sagesse.

– Et c’est un bon exemple parce que… Est-ce que tu sens dans certaines de ces discussions ou tu as senti… que justement parfois on est nous-mêmes un peu en lutte contre nous-mêmes, entre les parents qu’on a envie d’être : soutenants et puis les idées reçues, les croyances dont on a aussi hérité et qui sont difficiles pour nous, qui nous rendent les choses parfois difficiles pour sortir du rôle des parents “classiques” comme tu dis.

– Ouais carrément ! C’est vrai que parfois ça se voit. Après, je trouve que c’est peut-être aussi de l’expérience, mais votre discours est quand même assez fluide vis-à-vis de ce questionnement-là. Peut-être ça se voit un petit peu plus chez papa, qui va plus avoir tendance peut-être à retourner dans ses travers un peu traditionnels. Mais en tout cas, la partie prise sur vous, et donc être à l’écoute et être ouverts à ce que je vous dis est quand même clairement fonctionnelle, permet donc qu’on ait des discussions comme ça où je me sens parfaitement écouté et serein de parler de ça avec vous.

– Ok, cool ! 

Les côtés relous de grandir avec l’éducation positive 

J’ai quand même une autre question que j’hésite à poser, mais je vais la poser quand même pour être en toute transparence avec nos auditeurs.

Est-ce qu’il y avait aussi des côtés relous ? Typiquement, récemment, on m’a demandé : “Ah bon, vous faites des réunions familiales régulièrement, mais est-ce que tes enfants apprécient ça ?” Est-ce qu’il y a des choses qui t’ont semblé un peu pesantes ? 

– Ok. Alors effectivement, pour être en toute transparence avec nos auditeurs, il y a tout l’écosystème un peu qui va avec ça, qui peut sembler un peu, je ne sais pas si j’ai le bon mot, un peu fleur bleue.
(Oh, c’est plutôt le bon mot, je suis plutôt satisfait de ce mot !)

Donc oui, les réunions familiales, mais il n’y a pas que ça, il va y avoir aussi des petits mots sur les portes des salles de bain, sur le frigo, des petites citations parfois que maman va nous sortir. Donc effectivement, il y a tout cet univers-là qui peut sembler un petit peu fleur bleue et qui parfois peut être un petit peu pesant.

Alors avec ma sœur par exemple, on se retrouve un peu là-dedans et donc ça nous est arrivé un petit peu de nous moquer de cette partie-là de l’univers. 

Cela étant dit, je pense – et aujourd’hui, avec un petit peu de recul, je suis persuadé – qu’en fait, on a trop facilement tendance à critiquer ces trucs-là qui sont un petit peu trop idéalistes et à se dire : “Nnnnn, le monde est gris, il ne faudrait pas mettre des citations positives sur notre frigo.”
Alors qu’en fait, la réalité, c’est qu’avoir des citations positives sur son frigo, en fait, effectivement, ça fait que tu les lis plusieurs fois par jour et ça améliore juste ta mentalité. 

Et on a un peu la même chose aux scouts.
À la fin de la journée, on se fait des réunions entre nous pour discuter des tensions et tout. Et donc sur papier, toujours ces trucs-là qui en fait sont des efforts, c’est aussi ce même débat de “est-ce que les gens sont prêts à s’investir dans une parentalité nouvelle”, alors que ça peut coûter de l’argent, ça peut coûter du temps et sur papier, ce n’est pas quelque chose qui est immédiatement rentable.

Et en fait, tous ces trucs-là, je trouve, il se trouve que c’est comme ça qu’on met une ambiance globale de bien-être en place.
Et donc, il faut réussir à s’affranchir de cette image qu’on a de “c’est relou”, même si j’avoue, j’y suis moi-même encore un petit peu sensible et on se permet d’en rire un petit peu de temps en temps. Et d’ailleurs, on a des blagues un peu dans la famille quand ça va trop loin… on s’en moque, bien sûr ! 

Mais du coup, par exemple, les réunions familiales, oui, au début et même encore aujourd’hui, les jeunes, tout le monde fait un peu “Rhoo, réunion familiale !”  mais en fait, c’est trop cool d’avoir une réunion familiale pour mettre les soucis au sol. 

Et je pense que ça, intrinsèquement, ce sera toujours le débat des temps qu’on prend pour aller mieux avec nous-mêmes.
Comme aller chez le psy, c’est relou, tu prends une heure, mais en fait, ça va mieux, enfin, tu travailles sur toi. 

En vacances, avec des potes, c’étaient des “vacances voyage”, donc il y avait des tensions. Donc, on a fait quelques moments où on s’est retrouvés pour discuter des tensions.
Au début, tout le monde avait la flemme parce que ça prend du temps et que c’est un peu relou. Et en fait, à la fin, tout le monde se sent mieux parce que c’est trop cool de pouvoir avoir un moment où on se sent en sécurité pour parler de nos… (Note : la suite était trop claire pour être dite, sûrement…)

et je pense que forcer ses enfants, pendant que tu as un peu le… t’es quand même parent, donc tu as quand même la prise de décision de la famille, forcer un peu la main sur “bah ouais, il va y avoir des citations positives sur le frigo et oui, on va prendre du temps pour faire des réunions familiales”, ça permet de vraiment leur ouvrir les yeux sur le fait que c’est quelque chose d’hyper important dans la vie et qu’en fait, ça pourrait vraiment aller mieux si on s’ouvre à ça

– Super, merci beaucoup pour tout ton partage, tout ton retour avec honnêteté et transparence. Et puis, on reste en contact !

– Yes, bah, on s’écrit ! Un p’tit mail, un p’tit texto… 

– Exactement. 

Les parents qui cheminent, si vous avez envie d’entendre d’autres podcasts, n’oubliez pas de vous abonner à la chaîne et de partager cet épisode à d’autres parents que ça pourrait aider ou inspirer. 

À bientôt !

Bien sûr, parfois on se plante !! Dans notre rôle de parent, comme dans toute autre situation de la vie, on n’est pas toujours au top. On fait de notre mieux pourtant, en tout cas, on essaye… Mais notre mieux, parfois, il est pas terrible… L’important, ce n’est pas le raté, c’est ce qu’on fait après. Et une chose que j’aime bien faire, c’est revenir ensuite sur mon comportement. Ça montre qu’on est humain, ça donne un modèle, et ça contribue à la connexion avec nos enfants.

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Ce que l’on veut transmettre à nos enfants

Bonjour les parents qui cheminent. 

Je vous fais un petit podcast avant de partir en vacances, parce que j’avais un point à partager avec vous. C’était : Comment fait-on pour transmettre les notions que l’on va apprendre le long de notre cheminement, à nos enfants ? Alors, la raison pour laquelle je vous partage cela maintenant, c’est justement parce que ce sont bientôt les vacances. Au moment où j’enregistre, on est déjà le 11 juillet. Donc c’est déjà bien l’été ! Les vacances ont commencé. 

De mon côté, je pars en vacances dans deux jours. Et donc mon idée, c’était de vous embarquer avec moi dans cette aventure de l’été : c’est-à-dire que l’été est un espace dans lequel on va passer plus de temps avec nos enfants. Et pour moi, c’est toujours une préoccupation de : “Et si j’en profitais pour leur transmettre certaines notions ?”

On transmet beaucoup par notre modèle

Je m’explique. Évidemment, la majeure partie de ce qu’on leur transmet, on va le transmettre plus par notre modèle, tout simplement, c’est-à-dire notre façon de vivre. On va transmettre, par exemple, la façon de traverser des émotions fortes par la façon dont on le fait nous-mêmes. D’ailleurs, on peut le faire d’une façon le plus explicite possible, pour qu’ils s’en rendent compte et qu’ils l’emploient. 

  • On va leur transmettre la notion du temps de pause, typiquement, quand les émotions débordent, en prenant nous-mêmes un temps de pause. 
  • On va leur transmettre le respect de soi en essayant de se respecter nous-mêmes
  • On va leur transmettre le fait d’exprimer sa colère sans agresser l’autre, en réussissant à exprimer notre colère sans agresser l’autre
  • On va leur transmettre la notion de motivation intrinsèque, plutôt que de contrôle externe, en essayant nous-mêmes de développer leur motivation intrinsèque : en leur posant des questions, en les interrogeant, en discutant de leurs motivations plutôt qu’en cherchant à les contrôler via des punitions et des récompenses. 

On va leur transmettre comme ça, énormément de choses via notre posture.

Une dissonance entre ce qu’on aimerait et ce qu’on vit

Ce qui, d’un côté, est d’une simplicité extrême et puis d’un autre côté, évidemment, d’une complexité extrême. Puisque nous-mêmes, nous ne sommes pas toujours complètement cohérents dans nos comportements par rapport à ce qu’on aimerait transmettre. Parce que voilà, on a la théorie, on a ce avec quoi on est d’accord. Et puis, il y a les moments où on se comporte en suivant, certains des réflexes acquis qu’on a en nous, en étant emportés par nos émotions, etc. Donc, il y a souvent une espèce de dissonance cognitive entre ce qu’on aimerait et ce qu’on vit. 

Mais, peu à peu, un pas après l’autre, on s’aligne de plus en plus sur nos valeurs, sur ce qu’on a envie de transmettre. Et notre modèle transmet déjà énormément de choses à nos enfants. Et c’est comme ça qu’on se retrouve avec des enfants qui, par exemple, je ne sais pas… Un exemple tout bête : c’est mon fils qui parfois ne comprend pas, quand il lit dans un livre, une réflexion autour du fait que les garçons, ça ne pleure pas. Il ne sait même pas d’où vient cette notion-là, parce que ce n’est pas du tout ce qu’il a reçu comme exemple, qu’il ne voit pas bien pourquoi les gens diraient ça.

Donc voilà ! Ça, c’est vraiment super.

Transmettre des notions théoriques

Alors peut-être que c’est aussi parce que dans ma posture à moi, parce que moi, j’adore apprendre, j’adore la théorie, j’aime bien comprendre ce que je suis en train de vivre. Du coup, j’ai souvent envie de transmettre des notions théoriques à mes enfants. J’ai envie de leur expliquer comment fonctionnent les choses. J’ai envie de leur raconter des choses qu’ils vont comprendre également. 

J’ai l’impression qu’il y a tellement de choses que j’apprends sur mon cheminement de parent qu’on devrait tous avoir appris en fait avant. Des notions qui, pour moi, devraient être incluses dans les programmes scolaires. Je sais qu’on en est beaucoup à penser comme ça, c’est-à-dire que les programmes sont très académiques, qu’ils sont très contenus, etc. 

Transmettre les compétences psychosociales

Mais toutes ces compétences psychosociales qu’on apprend plus tard en tant qu’adulte, sur un chemin de développement personnel, finalement, et si on offrait ça à nos enfants plus tôt ? Est-ce que ça ne les aiderait pas dans leur vie ? Est-ce que cela n’aiderait pas à une meilleure ambiance ? Déjà de classe au départ, mais également de famille, de société, etc. C’est vraiment cette notion, comme le dit Thomas d’Ansembourg d’ailleurs : “Un citoyen pacifié est un citoyen pacifiant”. Et toutes ces notions qu’on apprend sur notre chemin à la fois d’éducation positive et finalement de développement personnel (parce que avancer sur ce chemin d’éducation positive, c’est aussi avancer sur un chemin de développement personnel), j’aimerais parfois les transmettre !

Que peut-on transmettre pendant l’été ?

Et du coup, la question me vient de : Comment je fais pour transmettre ces notions-là, de façon ludique, à mes enfants ? Et l’été, pour ça, c’est vraiment le bon moment. C’est-à-dire que moi, je ne suis pas tellement (je dis “tellement”, mais en fait “pas du tout”),je ne suis pas adepte des devoirs de vacances. Pourtant, j’adore enseigner des choses à mes enfants, même des choses académiques. Il y a eu un moment où on a fait l’école à la maison et c’est quelque chose que j’adorais faire. Donc, je sais que certains parents n’apprécient pas cette démarche d’être l’enseignant de leur enfant. Moi, j’adore ça ! Donc, ça ne me poserait pas de problème de faire ça. Mais j’ai le sentiment que, ils passent déjà énormément de temps pendant l’année scolaire à apprendre des tas d’informations académiques, qui sont certes fort utiles, mais du coup, le temps que je peux avoir avec eux pendant l’été, je n’ai pas envie de le passer à revoir la conjugaison des verbes du troisième groupe au passé simple. J’ai plutôt envie de le passer à transmettre des notions qu’ils n’apprennent pas à l’école. Des choses qui sont pourtant tellement fondamentales, comme la démarche de gratitude, comme les langages de l’amour, etc

Travailler notre connexion 

Et donc ces notions-là, qui ne sont pas forcément l’éducation positive en soi, mais qui sont complètement connexes et qui vont tellement bien avec. J’ai cherché comment faire. Enfin ! J’ai cherché comment je pouvais les transmettre à mes enfants et profiter du temps de l’été pour pousser des activités avec eux, qui soient des choses familiales dans lesquelles on découvre ces notions-là ensemble. On découvre ou bien, on avance ensemble sur ces notions-là de façon ludique et sympathique, pour partager des moments chouettes déjà , rien que ça, c’est travailler sur notre connexion, rien qu’en passant des moments ensemble ! Et puis, en sortir de cet apprentissage de notions, qui vont nous servir ensuite peu à peu pour faire grandir la fluidité et la connexion dans notre famille.

Les notions pour travailler sur la connexion

Et c’est pourquoi, je vous ai créé pour cet été, en fait, je vous / nous ai créé, pour cet été, les capsules de l’été. Alors, je dis vous et nous, évidemment, compte tenu de mon cheminement, tout cela n’est pas nouveau, ces notions-là. 

Alors, en l’occurrence, j’en ai choisi quatre : 

  • la première, c’est le réservoir affectif;
  • la deuxième, ce sont les langages de l’amour
  • la troisième la pleine conscience;
  • la quatrième, la gratitude

Ces notions-là sont des notions dont on a déjà parlé dans notre famille. Et donc, ce n’est pas nouveau chez moi. Mais j’ai quand même l’intention de partir avec ces capsules dans mes bagages, pour pouvoir, de la même façon que vous j’espère, les vivre avec mes enfants. Pour chacun de ces thèmes, avec ma comparse Émilie, on a créé, d’une part, une fiche théorie, qui s’adresse à toute la famille et qui présente la notion de façon relativement simple, pour que ce soit accessible à des jeunes enfants (d’ailleurs, ça a été relu par mon fils Anatole, qui les valide). Ensuite, il y a des fiches d’activités à faire avec les enfants, justement pour pouvoir mettre en pratique cette notion, pour qu’ils comprennent mieux. Et c’est vraiment, je sais ce dont les parents ont besoin ! Cela m’est arrivé d’ailleurs la semaine dernière en coaching de groupe (c’est assez rigolo), une maman m’a dit : “Comment fais-tu pour transmettre cette notion de réservoir affectif, dont je comprends aujourd’hui à quel point elle est fondamentale aux enfants ?” Et j’ai dit : “Tu tombes parfaitement ! Je suis en train de finir de préparer les capsules de l’été. Et justement, c’est un des thèmes !”

Les capsules de l’été

Donc voilà ! Ce sont des activités qui vont leur permettre de mieux comprendre et d’appréhender la notion. Et ensuite, il y a aussi une fiche, sous l’angle de : Comment faire vivre cette notion ? Comment la faire durer dans le temps ? Quel type de rituel peut-on mettre en place dans sa famille ? 

Tout ça ! C’est sous forme de fiches téléchargeables. Il y a même des jeux autour des langages de l’amour, vous allez voir ! 

C’est donc sous forme de fiches téléchargeables, à imprimer et à faire vivre. Il n’y a rien sur l’écran parce que mon but n’est pas de mettre les enfants devant les écrans. Donc, vous pouvez les imprimer et les emporter dans votre valise. Et où que vous soyez, vous pourriez faire ça avec vos enfants. 

J’espère que ça va vous faire vivre de chouettes moments pour transmettre ces notions. Donc, je vous les répète : le réservoir affectif, les langages de l’amour, la pleine conscience et la gratitude. Vous pouvez aller voir sur le site comment vous procurer les capsules de télé, dans l’onglet “Formation en autonomie”. Vous aurez la possibilité de choisir entre trois formules : 

  • soit les deux premières capsules, 
  • soit les deux dernières, 
  • soit carrément les quatre. 

Je vous souhaite beaucoup de plaisir avec ces capsules et on se retrouvera après l’été, pour que vous me disiez comment ça a marché avec vos enfants !

À très vite !  Bel été !.

Bien sûr, parfois on se plante !! Dans notre rôle de parent, comme dans toute autre situation de la vie, on n’est pas toujours au top. On fait de notre mieux pourtant, en tout cas, on essaye… Mais notre mieux, parfois, il est pas terrible… L’important, ce n’est pas le raté, c’est ce qu’on fait après. Et une chose que j’aime bien faire, c’est revenir ensuite sur mon comportement. Ça montre qu’on est humain, ça donne un modèle, et ça contribue à la connexion avec nos enfants.

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Revenir sur nos comportements

Bonjour les parents qui cheminent. 

Aujourd’hui, je voudrais traiter d’un thème, qui me semble assez fondamental, qui nous est propre. C’est le fait de pouvoir revenir sur nos comportements ! Parce qu’on a beau cheminer, s’améliorer, s’inspirer, faire mieux, on ne sera jamais parfait !
Et donc en particulier, on a encore des moments où l’on ne se comporte pas de façon optimale, pas forcément complètement en accord avec ce qu’on aimerait faire. Et je pense que, d’une part, c’est bien de le savoir et d’en prendre conscience. D’autre part, c’est bien aussi de savoir ce que l’on fait dans ces moments-là.

Nos comportements, cas concret

Donc, je voulais vous raconter, un petit peu, un épisode qui m’est arrivé il y a quelques jours, justement.

Pendant cet épisode, je n’ai pas agi exactement comme je pense qu’il aurait fallu agir sur le coup.
Et j’ai pu revenir dessus, parce que je pense que l’important, ce n’est pas seulement la façon dont on agit sur le moment (évidemment, l’idée est de réagir, au fur et à mesure, du mieux qu’on peut dès la première fois ; et cela vient avec l’habitude, cela vient avec l’entraînement), mais c’est également de savoir quand on a fait quelque chose qui n’était pas forcément en accord ou qui ne collait pas tout à fait à ce qu’on aimerait faire.
Comment fait-on ensuite pour revenir dessus et que ce soit quand même une occasion d’expérimenter ?

Et en particulier, cela donne un modèle, justement !
Un modèle d’imperfection, parce qu’on fait tous des erreurs et c’est OK !
Donc, on peut donner le modèle à nos enfants de ce qu’on peut faire quand on pense qu’on a commis une erreur.
Et ce n’est pas humiliant de dire qu’on a commis une erreur. Ce n’est pas un problème de revenir dessus. Ce n’est pas un problème de voir les choses autrement.
Et rien que ça, déjà, c’est une démarche pour nous en premier lieu. C’est-à-dire que nous-mêmes, on peut avancer malgré nos erreurs ou même nos imperfections et à la fois, on peut en donner le modèle à nos enfants.

Une histoire de dispute dans le salon

Alors, voilà ce qui m’est arrivé, il y a quelques jours.

J’étais dans la cuisine avec ma fille Alice, à discuter avec elle tout en préparant le dîner.
Les garçons, Léon et Anatole, qui ont 11 et 9 ans, étaient dans le salon, pendant ce temps.
Je ne surveillais pas ce qu’ils faisaient, même si la pièce est ouverte. Je pouvais les voir, mais ils étaient de leur côté.
L’un des deux lisait une BD tranquillement assis dans le canapé… je ne sais pas, ils faisaient leur vie, quoi !

Et puis, au bout d’un moment, voilà que j’entends un “Non !”, fortement.
Et puis, le “Non” se répète. Je l’entends au moins trois fois. Et tout d’un coup, un geste, je ne sais pas trop quel geste, parce qu’encore une fois, je ne les surveillais pas.
Mais en tout cas, c’était Anatole qui avait dit “Non” trois fois. Et voilà que, après un petit bruit, on va dire (parce que je n’ai pas vu le geste en réalité), Anatole se met à pleurer, et au moment où je m’approche, Léon dit : “ Je suis désolé ”.  

Je suis intervenue en tant qu’arbitre

Je m’approche sans un mot. Intérieurement, je suis clairement très énervée. Donc, je savais qu’il ne fallait pas que je parle.

Ainsi, sans un mot (en fait, ils étaient tous les deux allongés sur le canapé à des endroits différents, parce qu’on a un canapé d’angle), je tire Léon pour le sortir du canapé.
Et je lui dis : “ J’ai entendu “Non” trois fois ”. Et là,  il me regarde et il s’en va. Fin de l’épisode. 

J’ai raté l’occasion du moment d’apprentissage

A posteriori, une fois que j’étais redescendue, je me suis dit :
“ En fait, je suis venue les voir. Je suis intervenue grosso modo, même si c’est sans le dire, en donnant mon point de vue (c’est-à-dire en tant qu’arbitre). J’ai donné raison à Anatole, parce qu’il avait dit non. J’ai donné tort à Léon, qui selon ma perspective, n’avait pas écouté ce “Non” et avait quand même fait des choses (en fait, c’est le fait qu’il avait dit : « Je suis désolé » juste après qui m’avait donné cette impression). »

Je ne leur ai pas donné l’opportunité de discuter entre eux.
Or, je le dis et je le répète suffisamment souvent aux parents : les disputes sont des opportunités d’apprentissage.

Qu’est-ce que je leur enseigne dans ce cas-là, en décidant d’enlever Léon ?

Alors, oui, ce n’est pas un drame, que j’ai fait cela à ce moment-là, puisque c’était ce qui correspondait à l’énergie que j’avais et que je n’étais pas disponible, parce que j’étais en même temps en train de préparer le dîner, et de discuter avec Alice. Il n’y avait pas non plus de raison que je coupe mon moment avec Alice pour me mettre là-dedans… Donc, c’était ce qui correspondait à mon état d’esprit à  ce moment-là.

N’empêche que j’étais quand même consciente que ma réaction n’était pas complètement en accord avec ce que j’aimerais apporter dans ma famille, et en particulier, la possibilité de saisir les disputes comme des opportunités d’apprentissage, pour améliorer les choses, et en particulier, améliorer leur faculté de communication.

Revenir à mon comportement : aborder le sujet

Donc, un peu plus tard, quand on s’est retrouvés effectivement à table, tous ensemble, tous les quatre en l’occurrence, mon mari n’étant pas là ce soir-là (donc, on était avec Alice, Léon et Anatole à la table), j’ai remis ça sur le tapis.

J’ai dit à Léon :

Tout à l’heure, quand je suis intervenue pour t’enlever de la situation, parce que j’avais entendu non trois fois…
Je me rends compte que cette attitude, où je me suis positionnée en voulant t’enlever de la situation sans te demander quoi que ce soit, ça ne correspondait pas à ce que j’avais envie de faire.
Je me rends compte que je suis intervenue sans rien savoir, avec le peu que j’avais vu, avec mon jugement. Et en fait, je n’avais pas forcément de quoi juger.
Et donc, je voudrais savoir comment toi, tu te sens par rapport à ça. Est-ce que tu as trouvé que c’était injuste ?”

Il m’a dit : “ Oui, complètement “ 

Je dis : “ Ah ok, dans ce cas-là, je suis vraiment désolée, parce que ce n’est effectivement pas comme ça que j’avais envie d’intervenir, en ayant une attitude qui peut sembler injuste.
Je pense que ce n’est pas avec cette attitude que je vous transmets quoi que ce soit. Donc, j’aimerais bien revenir dessus parce que je ne suis pas fière de la façon dont je suis intervenue.
Est-ce que tu voudrais bien qu’on en rediscute ?

Là, il m’a dit : “ D’accord “  Et j’ai pu lui expliquer ce qui se passait.

La demande de Pardon

Alors, avant de vous donner la suite (j’insiste un tout petit peu là-dessus), vous avez vu que j’ai bien séparé les deux choses :

  • le fait que j’aie pu avoir des raisons pour me comporter comme je me suis comportée, et
  • la façon dont je vais parler à ce moment-là et le fait que je me suis comportée comme je me suis comportée. 

C’est-à-dire que la première phase, celle de reconnexion avec lui, était vraiment dans le fait de demander pardon et de prendre mes responsabilités pour mon comportement.

Je ne lui ai pas dit : “ Je suis désolée de m’être comportée comme ça, MAIS tu vois ce qui s’est passé, c’est que moi, je suis xxx et je trouve qu’à ce moment-là, je ne suis pas d’accord pour que…
Parce que si j’avais dit ça, j’aurais justifié mon comportement. Et donc, ce n’était pas un vrai pardon, c’était : “Pardon, mais en fait, j’avais des raisons de faire ça !” 
Et dans ces cas-là, mon pardon, il n’est pas reçu.
Donc, ce que je voulais faire, c’était un vrai pardon, c’était une vraie reconnexion !
C’était lui dire : “ En fait, je me suis comportée d’une façon qui ne correspondait pas à ce que j’aurais voulu faire et je suis désolée de l’avoir fait. Et d’ailleurs, est-ce que tu as trouvé ça injuste ? Oui ! Eh bien, oui, je comprends et j’en suis vraiment désolée.” 

L’explication du point de vue de chacun

Et là, on a réparé la relation !

Et maintenant (et parfois, c’est plus difficile et il faut absolument séparer les moments. Dans le cas présent, ça se passait bien, entre autres, parce qu’on avait laissé le temps aux émotions de redescendre des deux côtés), je peux lui dire :
Voilà, je t’explique ce qui s’est passé pour moi, avec mes lunettes”
(et ça, c’est une expression que je sors directement du Cercle des Parents Heureux, où on a travaillé ensemble sur des formulations bienveillantes, même quand on est un peu en colère. Et une des choses, c’était quand l’agacement commencent doucement à monter, le fait de dire “avec mes lunettes” nous permet de transmettre ce qu’on est en train de voir avec notre perspective, sans forcément transmettre que c’est notre vérité).

Je lui ai dit : “Avec mes lunettes : j’ai entendu plusieurs fois “Non” de la part d’Anatole, puis un bruit, puis Anatole qui pleure et toi qui dis“Je suis désolé”. Donc, je me suis dit que tu avais effectivement dû faire un truc qui n’était pas adapté, puisque tu le reconnaissais toi-même en disant “Je suis désolé” alors qu’il avait dit Non. Et c’est là que ça m’a agacée. Est-ce que tu peux m’expliquer ce qui s’est passé, avec tes lunettes ? Parce que dans le fond, je n’ai pas tout vu.

Et il m’a dit : “ Avec mes lunettes… ” (comme on connaît cette expression et qu’on l’utilise, il la reprend tout de suite, parce qu’il la connaît).

Et là, il m’a expliqué un petit peu la situation, le fait qu’il était tout seul sur le canapé, tranquillement avec sa BD, et qu’Anatole est arrivé, et qu’il a voulu empiéter sur son espace…
Ils ont discuté un petit peu. Il lui dit : “ Laisse-moi la place s’il te plaît ?”, et qu’Anatole a dit : “Non”. Et Anatole, au bout d’un moment, a voulu imposer sa présence dans son espace à lui, en posant son propre livre au-dessus de la BD, qu’il était en train de lire. Et donc Léon a réagi en soulevant le livre d’Anatole, pour le lui renvoyer.
En faisant ça, il l’a malencontreusement un peu cogné et c’est là qu’il a dit : “ Je suis désolé ” parce que son intention n’était pas de le cogner.

Je suis d’accord, je comprends mieux ton “Je suis désolé”… Si je comprends bien, toi, ce que tu voulais, c’était faire respecter ton espace physique et pour le faire, tu as poussé le livre et c’est arrivé à un endroit que tu n’avais pas anticipé. Donc tu étais désolé de l’avoir cogné, parce que ça, ce n’était pas ton intention”.
Voilà, exactement !” me répond Léon.

Et toi Anatole avec tes lunettes ?
Avec mes lunettes…” Et donc Anatole a expliqué que selon lui, il y avait la règle du canapé, qu’il ne voyait pas pourquoi on ne voulait pas la respecter alors que d’habitude, quand c’est dans l’autre sens, c’est OK.

Moi : “Donc toi, si je comprends bien, avec tes lunettes, t’as l’impression qu’il y a quelque chose sur lequel vous étiez d’accord et puis là, il ne respectait pas l’accord.
Donc toi, tu te battais pour le fait que chacun respecte l’engagement déjà pris ? C’est bien ça ?« 

Définir le problème en tenant compte de tous

R

R

« Ok donc toi Léon, tu voulais… ? OK.
Et toi Anatole, tu voulais… ? OK.
Et du coup, maintenant que vous vous entendez l’un l’autre, est-ce que vous comprenez mieux d’où vient ce conflit ?
Les 2 répondent “Oui”.

Moi : “OK et donc, qu’est-ce que vous auriez pu faire d’autre ?

Et là, ils ont pu réfléchir ensemble sur comment mieux communiquer.

Ensuite, on n’a même pas vraiment cherché à résoudre la situation, parce qu’elle n’était plus tellement vivante.

J’ai raté et je suis désolée

Mais c’était hyper intéressant parce que du coup, j’ai pu aussi dire au passage : “ah oui, c’est ça que j’ai raté. » – qui était tres important et qui était le point de départ de mon podcast.
Puisque mon podcast, c’était surtout sur moi, plus que sur la résolution du conflit, qui n’a pas d’intérêt aujourd’hui par rapport à ce que je veux partager.
C’était sur moi et le fait de revenir sur un comportement, un de mes comportements, que j’ai jugé inadapté

Ce n’est que quand Léon a pu me parler de ses lunettes, que j’ai pu lui dire
Oui du coup, quand tu m’expliques avec tes lunettes, je comprends bien pourquoi tu as trouvé que c’était injuste. Parce que effectivement, ça ne correspond pas à ce que moi, j’avais ressenti.
Donc, je vois tout à fait ton point de vue et je suis encore plus désolée d’avoir réagi comme je l’ai fait”.

C’est seulement ensuite qu’on est passé à “Et toi Anatole, avec tes lunettes ?” et qu’on a basculé sur autre chose. 

Un moment riche d’apprentissage

Du coup, on a pu conclure en disant “Je suis contente d’avoir eu cette conversation. Parce que le fait d’en parler comme ça et de voir un peu le point de vue de chacun, cela permet de se rendre compte qu’on peut en fait discuter et améliorer la façon dont cela se passe et voir les choses autrement, sans avoir à intervenir de cette façon-là.
Et mon comportement de tout à l’heure ne vous aidait pas à voir cela et donc il ne vous enseignait rien. Et là, je suis contente qu’on puisse le faire maintenant.
Donc, merci d’avoir bien voulu revenir sur cette situation avec moi”.

Et ça, pour moi, c’est riche (et c’est pour ça que je voulais vous partager ça aujourd’hui), parce que c’est une façon de toucher du doigt le fait que même quand on a des manquements à certaines théories (et là clairement, je ne peux que m’en vouloir, vous comprenez bien !
Je répète régulièrement aux parents avec qui je parle : “les disputes sont des opportunités d’apprentissage”, et je vous propose une formation sur Comment en finir avec les disputes dans la fratrie), je me retrouve là, dans une situation de conflit, à intervenir sans saisir cette opportunité, à intervenir quasiment en tant qu’arbitre, alors que c’est justement cette attitude qui met de l’huile sur le feu, etc. Forcément, je me sens un peu coupable, je me dis : “Voilà, c’est bien la peine d’expliquer cela aux parents, et puis toi, tu fais tout ce qu’il ne faut pas…

Alors évidemment, depuis le temps que je chemine, ce genre de comportement m’arrive beaucoup moins souvent qu’avant.

Mais je sais aussi que j’ai grandi comme vous tous, dans un environnement qui m’a transmis certaines choses et que même en apprenant d’autres attitudes – qui heureusement ont transformé mes comportements de parent et notre vie de famille – malgré cela, je sais que ce genre de comportement vient encore et viendra encore et peut-être toute ma vie. Parce qu’il y a des conditionnements dont il est difficile de sortir.

Mais finalement, l’important, c’est aussi de se rendre compte que, même quand on ne se comporte pas exactement comme on veut, on a toujours une chance de transformer cela en apprentissage pour nous et aussi pour les autres. 

Et en revenant dessus, en travaillant ensemble, justement, je montre aussi comment on peut faire quand on a fait quelque chose que finalement on regrette et qu’on aurait pu faire autrement. Parce que c’est un travail pour tous : et pour nous et pour eux au quotidien.

Voilà, j’espère que cela vous inspire. N’hésitez pas à laisser un commentaire positif sur Apple podcasts, si ce podcast vous a plu.
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À bientôt !

On aimerait que nos enfants s’entendent bien !
Cela demande parfois un temps d’adaptation, surtout pour intégrer un nouveau venu dans la fratrie, alors que les 2 premiers ont déjà trouvé leur fonctionnement.

Voici la question que me pose Marie, maman de 3 garçons de 5 ans et demi, 4 ans, et moins d’un an, à laquelle je réponds dans ce podcast :

“Mes 2 grands sont très proches, comment faciliter l’intégration du petit dernier dans cette dynamique familiale ?”

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Entente dans la fratrie

Bonjour les parents qui cheminent. Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’entente dans la fratrie. En fait, je réponds à une question de Marie qui m’écrit : Mes deux grands sont très proches. Comment faciliter l’intégration du petit dernier dans cette dynamique familiale ?

Mise en contexte du cas

Alors pour mettre un peu plus de contexte, il faut savoir que les enfants de Marie ont quatre ans et cinq ans et demi pour les plus grands, et moins d’un an pour le dernier. Donc, la préoccupation est un peu une préoccupation d’anticipation, puisqu’il est logique que les deux grands (puisqu’ils ont quatre ans et cinq ans et demi) n’incluent pas encore complètement leur petit frère de moins d’un an dans leur jeu. Mais la question de Marie, c’est vraiment cette intégration dans le fait, dans le sens où : Comme les deux grands sont très proches, est-ce qu’ils vont laisser de la place à leur petit frère ?

Une étape de conscience : pourquoi se poser la question ?

Alors la question est super intéressante, parce que du coup, ce que cela m’inspire déjà, avant même de commencer à voir quels seraient les conseils pour cela, c’est la conscience de la raison pour laquelle on se pose la question, puisque l‘éducation positive, on appelle aussi cela l’éducation consciente. Et c’est un terme qui me plaît et me parle particulièrement puisque l’idée, c’est vraiment de régulièrement faire un pas en arrière et se poser des questions sur ce qu’on est en train de vivre, sur ce qu’on veut développer à long terme et sur les effets effectivement de nos attitudes par rapport à nos enfants, pour se positionner un peu différemment.

Donc déjà la prise de conscience ici (du moins ce n’est pas vraiment une prise de conscience, mais l’étape de conscience, on va dire), ce serait à mon avis de se poser la question suivante : Pourquoi Marie est attachée au fait que ces enfants se sentent tous bien ? C’est-à-dire, pourquoi tient-elle à ce que le plus jeune des enfants arrive à intégrer cette dynamique familiale déjà établie des deux plus grands ?

Connaître les besoins dans la famille

Alors la réponse peut sembler évidente, mais je trouve que c’est intéressant de se poser la question. Parce que cela permet de voir ce vers quoi on se dirige, ceux que l’on aime, ce à quoi on aspire, ce vers quoi on veut orienter notre boussole. Peut-être que dans la famille de Marie, il y a un besoin d’harmonie (chez Marie, il y a un besoin d’harmonie dans la famille). Peut-être qu’il y a un besoin de collaboration et de coopération… Selon ce qu’elle recherche exactement, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’elle va chercher à développer entre ses enfants. Peut-être que c’est un besoin d’empathie ? Peut-être que c’est un besoin de partage ? Et le fait d’être dirigée par ces envies-là, l’envie de nourrir ces besoins-là, va pouvoir lui permettre de créer des choses, qui ressemblent à ce qu’elle veut créer, et de partir de cette envie-là, c’est intéressant.

Être dirigée par ses peurs

Et à la fois, dans cette étape de conscience, il y a aussi tous les aspects positifs, qui nous attirent vers quelque chose, mais également le fait d’être parfois dirigée par ses peurs

Pourquoi se pose-t-elle la question en avance ? Peut-être parce qu’elle craint que justement, le plus jeune ne soit pas inclus dans ce duo que forment les deux plus grands. Peut-être parce que quelque part, il y a une espèce de peur du rejet, qui vient peut-être aussi de son histoire à elle. Et donc c’est intéressant d’être dirigée plus par ses envies, ses aspirations que par ses peurs. Donc, c’est intéressant de s’arrêter une seconde pour voir un petit peu ce qui se cache derrière cette question-là. Parce qu’après tout, le fait que le petit ne soit pas encore intégré au jeu des grands, pour l’instant, c’est assez naturel. Et donc, peut-être qu’il y aura rien besoin de faire pour que ça se passe tout naturellement et que cette crainte n’a pas vraiment lieu d’être. Et donc un peu comme le dit ma mère, le pire n’est pas certain !

Alors, pourquoi Marie prend-elle le temps de s’interroger en avance de phase là-dessus ? Peut-être que chez elle, il y a une peur qui fait écho à quelque chose qu’elle aurait vécu. Je ne suis pas en train de jouer les psychologues et de dire qu’il faut absolument que Marie guérisse de ses propres peurs avant d’aborder son rôle de maman. Ce n’est pas ce que je dis. Je dis juste que c’est intéressant de se poser les questions de l’origine de nos interrogations et de nos envies. 

Quels seraient les avantages d’une dynamique familiale ?

Et puis du coup, (si on voit qu’il y a des peurs là-dedans) pour essayer d’en sortir, parce que finalement toutes les familles ne sont pas pareilles et toutes les situations ont leurs avantages et leurs inconvénients; Ce que je trouverais intéressant, c’est de se poser la question de justement, quels sont les avantages ? Quels seraient les avantages d’une dynamique familiale dans laquelle les deux grands restent très complices sans forcément inclure le dernier ? Quels seraient les avantages pour ces deux grands et quels seraient les avantages pour le dernier ? Parce qu’encore une fois, là aussi, il y aurait des avantages. Il y a évidemment des avantages au fait qu’ils soient tous copains ensemble, mais il y a aussi des avantages à l’autre situation. Je fais exprès de traîner un petit peu dans cette, dans cette remarque-là, pour que vous ayez le temps vous-même de digérer ou de réfléchir aux avantages que cela pourrait être avant moi-même d’en suggérer. Alors, quels avantages peut-on voir effectivement à cela ?

Pour les deux grands

Effectivement, cela peut consolider leur complicité. Et bien sûr qu’on a envie que tous nos enfants s’entendent bien entre eux. Mais une complicité particulière entre deux d’entre eux, c’est leur montrer ce que c’est que d’être complice, c’est leur créer un confident, c’est leur offrir des opportunités de partage, c’est créer un lien fort. C’est une vraie opportunité pour eux.

Pour le plus jeune

Mais même pour le plus jeune, cela peut être de développer plus facilement son autonomie, de savoir se positionner, lui, sans être dépendant des grands (parce qu’il y a des familles dans lesquelles, au contraire, le petit, on est tellement attaché à lui, à le couver, etc, qu’il a du mal à considérer qu’il a sa place sans qu’on s’occupe de lui). Peut-être que si on se retrouve dans une dynamique familiale, dans laquelle les deux grands intègrent peu le plus jeune, peut-être au contraire que cet enfant va pouvoir développer une confiance en lui, qu’il développera moins s’il est mieux intégré. Vous voyez ce que je veux dire ? Je pousse peut-être un peu les choses, mais c’est intéressant de se poser ces questions-là et de voir qu’il y a des avantages et des inconvénients à toute situation. 

Comment faciliter l’intégration du petit dans cette dynamique familiale ?

Une fois qu’on a dit cela et qu’on a pris conscience, on peut quand même se poser la question de comment faciliter l’intégration du petit dernier dans cette dynamique familiale, comme Marie se questionne. Alors déjà, le premier point, le premier conseil que j’aurai à donner à Marie là-dessus, c’est que, c’est toujours plus facile de chercher plus de quelque chose que moins de quelque chose.

Chercher les moments où le petit est intégré

Au lieu de s’attacher, de s’arrêter sur les moments où le petit n’est pas intégré et essayer de faire disparaître ces moments-là, il vaut mieux chercher les moments où le petit est intégré et essayer de développer ces moments-là. Et c’est toujours plus simple de développer quelque chose qui existe déjà, qu’on veut faire grandir et à qui on veut donner plus de place, que de partir de quelque chose qu’on veut voir disparaître. Parce que l’énergie, qu’on met face à quelque chose qu’on a envie de voir grandir, est justement dans la construction, dans l’élan, dans le développement, contrairement à cette énergie un petit peu négative de rejet, en fait.

Accentuer ce moment d’intégration

Et partant de là, ce qui est intéressant, c’est d’accentuer les moments où ça arrive. Parce qu’il y a forcément (même si les grands ont une grande complicité), certains moments où le plus jeune est effectivement intégré. Et donc le premier comportement, qui peut aider de la part du parent, est d’accentuer les moments où cela arrive. Par exemple, une réflexion de cet ordre : J’ai l’impression que vous passez un chouette moment tous ensemble. 


Et là, vous voyez bien que dans ma réflexion, je suis uniquement dans la description : j’ai l’impression, mais je n’affirme rien. Je pose comme hypothèse qu’ils passent un chouette moment tous ensemble. Eux, ils ont le droit de penser cela ou de penser autrement. Ou alors, on peut même leur poser la question en fin de journée : C’était chouette quand vous avez fait ça avec votre petit frère ? Et, ils ont le droit de répondre comme ils ont envie. Moi, ce que je fais en faisant ces descriptions et en les interrogeant, c’est que je les aide à ancrer en eux le fait qu’ils passent effectivement de bons moments avec leur petit frère

Mais je ne suis ni dans le compliment, ni dans l’évaluation. L’évaluation, ce serait quelque chose du type : C’est chouette quand vous passez un moment avec lui. Bravo pour ça les garçons ! Ah, vous êtes tellement gentils de l’intégrer à votre jeu.

Là, on est dans le compliment et dans l’évaluation. Et cela risque de développer (je le dis rapidement, mais c’est intéressant quand même, de voir quand on veut accentuer quelque chose qu’on aime, de quelle manière le faire), d’accentuer un aspect, de développer (si on est trop dans le compliment et l’évaluation) un comportement, qui est lié plus au fait de le faire pour faire plaisir à la maman en l’occurrence, plutôt que de le faire pour le plaisir de le faire soi-même. Et cela change tout par rapport à la motivation interne ou externe (et donc le fait que cela continue à être fait, quand on n’est pas là par exemple). Et puis, aussi le fait de le faire parce qu’on a envie de le faire et non pas de se mettre à se comporter de sorte à plaire à l’autre, d’être plutôt à l’écoute de ce qui se passe en nous, pour les enfants. Donc, c’était le premier point “accentuer les moments où cela arrive”, juste en le soulignant, le décrivant. S’arrêter dessus pour que nos enfants voient ce qui se passe et qu’ils s’en rendent compte également.

Accentuer ce moment avec une sorte de rituel

On peut même accentuer cela aussi avec une espèce de rituel qui serait la complicité du jour, par exemple.
Ainsi, tous les soirs, on pourrait dire : Tiens, quel a été le moment complice du jour ? Et chaque jour, noter ou décrire un moment où il y a eu une complicité avec un autre membre de la fratrie ou un autre membre de la famille. Cela pourrait être aussi avec maman ou papa. Mais forcément, quand on fait ça, il y aura des moments où il y aura complicité avec le plus jeune. Et encore une fois, c’est une façon de le mettre en valeur et donc d’aider l’enfant à être conscient de cette complicité, qui existe déjà même avec l’enfant qui est plus jeune. Donc, avec ce rituel, ils sont pro-actifs et ce sont eux qui cherchent.

Créer des opportunités pour intégrer le plus jeune

Le deuxième conseil, qu’on peut donner et qui va se décliner de différentes manières, est le fait de créer des opportunités pour intégrer le plus jeune dans la dynamique familiale. Donc quel genre d’opportunité il peut y avoir ?

Développer l’empathie

Alors déjà, pour intégrer le plus jeune, il y a cette notion de développer l’empathie.  Plus on a de l’empathie pour quelqu’un, plus on est proche de lui, plus on l’intègre dans nos préoccupations. Donc, un jeu du type “Se mettre à la place d’eux” me semble une piste pour pouvoir développer un peu l’empathie envers le plus jeune. J’imagine quelque chose du type :  Tiens, on fait un jeu ! On imagine que là t’es ton petit frère. Comment vois-tu les choses depuis son point de vue, quand ça se passe comme ça ? 

Et donc se mettre à leur place, se mettre dans leurs chaussures, dans leur peau, c’est voir le monde d’un autre œil et donc depuis l’œil de l’autre. Cela peut permettre de développer aussi la complicité indirecte, en fait, dans la mesure où on comprend mieux ce que vit l’autre et donc on a plus envie d’être avec lui. C’est une première opportunité.

Faire des plus grands, un exemple pour le petit

La deuxième opportunité, c’est de demander aux plus grands de montrer à leur petit frère comment on fait quelque chose. Alors, je ne parle pas forcément d’enseignement au sens de “Apprend lui à”, parce que les enfants, qu’on met en position d’enseignant, peuvent parfois prendre une posture un peu trop dans la directive (comme ils le reçoivent souvent de ceux qui leur enseignent), dans la correction, dans les remarques de ce qui ne va pas, etc. Donc juste veiller à cela, quand on encourage un de nos enfants à enseigner quelque chose à un autre enfant, qu’il soit plus grand ou plus petit d’ailleurs (parce que parfois, il y a des plus jeunes qui savent faire des choses que des plus âgés ne savent pas encore faire. Ce n’est pas forcément lié à l’âge, même si ça l’est souvent puisque c’est une question d’expérience). Mais, ne serait ce que de montrer, parce qu’en fait, si on peut expliquer à nos enfants que chacun apprend particulièrement par le modèle, on peut, dans ce cas, les encourager à montrer des choses (que tu n’as pas expliqué). 

Et montrer quelque chose pour inspirer l’autre et ici inspirer en l’occurrence le petit frère, c’est une bonne façon d’inclure le petit frère dans la dynamique familiale. J’imagine, par exemple, (je l’ai en tête en même temps que je dis cela) à un petit enfant, qui est en train de jouer avec un jeu pour passer des formes dans des trous (vous voyez comme c’est souvent le cas autour d’un an). On peut très bien imaginer un des grands, qui joue à cela devant lui, juste un moment. Il joue devant lui parce que lui, il va savoir mettre les bonnes formes au bon endroit et puis, c’est tout. Ensuite, il laisse le bébé faire. Mais il le laisse faire sans commenter, parce que le plus jeune a besoin aussi d’essayer, de se tromper, etc. Mais, le fait d’avoir vu le grand frère faire, il va voir que c’est possible. Cela peut être une façon de créer de la complicité entre les enfants. 

Faire un petit jeu spécifique

La troisième idée qui me vient, c’est de faire, carrément, un petit jeu spécifique. Si vraiment Marie a envie de développer cela chez ses enfants, elle peut créer un petit jeu avec ses grands :

  • avec des papiers à tirer pour faire une activité minute avec le petit frère, 
  • des petits défis comme jouer à coucou avec ton petit frère, faire rire ton frère, 
  • cela va être de chanter une chanson, … 

Des choses comme cela, cela peut être des petites activités, qu’elle encouragera à faire, sous forme de jeux avec les plus grands.

Inclure soi-même le plus jeune

Et la dernière idée que j’ai et qui va faire le lien avec cette espèce de parentalité consciente, c’est tout simplement d’inclure soi-même le plus jeune dans certains jeux qu’on fait avec les plus grands. 

Et pourquoi cela ferme la boucle ? Parce qu’encore une fois, nos enfants n’apprennent jamais mieux que par le modèle. Et donc si on se pose la question de comment ils peuvent, eux, intégrer le plus jeune dans la dynamique familiale, la meilleure façon de faire, en fait, c’est de le faire nous-mêmes.
C’est-à-dire (explicitement en le faisant, mais sans forcément l’expliciter oralement) nous en incluant le plus jeune. Ainsi, voici les exemples qui me viennent en tête : 

  • J’ai des souvenirs de moments où on faisait des jeux de société avec nos plus grands, que les plus jeunes étaient à côté de nous. On leur donnait certaines pièces. Typiquement si on jouait aux échecs, au fur et à mesure que les pièces d’échecs étaient éliminées de l’échiquier, les pièces éliminées pouvaient être mises dans les mains du plus jeune, qui jouait avec ces pièces. De sorte que, d’un certain côté, il était avec nous dans le jeu, même s’il ne participait pas au jeu, puisqu’il n’en avait évidemment pas la possibilité à ce moment-là. Mais cela permettait quand même qu’il soit inclus dans l’activité, puisqu’il jouait avec les mêmes choses et à côté de nous.

Et le faire nous-mêmes, c’est aussi une façon de montrer à nos enfants comment ils peuvent aussi le faire eux-mêmes (à un moment, par exemple, où les deux grands décident de jouer ensemble et d’avoir quand même la possibilité, pour le petit frère d’être à côté sans que ce soit dérangeant, en se sentant faire partie de la démarche). 

Voilà les conseils que j’aurais aujourd’hui pour Marie. J’espère qu’ils vous ont parlé à vous aussi. Si vous avez aimé ce podcast, n’hésitez pas à lui mettre cinq étoiles sur votre plateforme de podcast et à le partager avec des parents que cela pourrait intéresser. Et puis, si vous avez d’autres idées pour inclure le plus jeune, n’hésitez pas à m’envoyer un message sur coralie@les6doigtsdelamain.com  ou à laisser un commentaire sous l’article de ce podcast. 

Et si vous avez d’autres questions à m’envoyer, auxquelles vous aimeriez me voir répondre dans ce podcast, de la même façon, vous pouvez me les envoyer par mail à coralie@les6doigtsdelamain.com.

À bientôt et bon cheminement

La parentalité positive peut parfois être dogmatique, je le sais. Et pour certains parents, cela crée un stress qui les paralyse ou les laisse perdus. Conscients de ce qu’il “ne faut pas faire”, ils essayent d’appliquer des principes généraux sans avoir pris le temps de développer d’autres compétences. Par exemple, le principe qui veut que éducation positive et punitions ne fassent pas bon ménage.
Donc, du jour au lendemain, on leur dit de ne plus punir leurs enfants.
Oui mais… comment poser des limites sans punitions ? Y a-t-il vraiment des alternatives ?

Je ne dis jamais aux parents que j’accompagne d’abandonner de but en blanc les punitions. Non. Punissez vos enfants, si c’est aujourd’hui votre manière de poser vos limites. 
En revanche, j’aime encourager les parents à comprendre pourquoi et quand ils punissent. Je leur transmets pourquoi l’éducation positive déconseille les punitions. Je leur explique que c’est possible de faire autrement, et que je ne punis plus mes enfants depuis des années. 
Et surtout, je les accompagne à développer d’autres manières de faire, d’autres outils AVANT d’imposer un monde sans punition dans lequel, faute d’alternatives, ils se sentent débordés !

Il me semble important de parler de tout ça aujourd’hui, dans un contexte dans lequel on entend de plus en plus de parents perdus devant des principes d’éducation positive qu’ils ont tendance à confondre avec du laxisme…

Si vous voulez écouter cet article sous sa forme audio, en voici les enregistrements.

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Ce qui m’a inspiré cet article mêlant éducation positive et punitions

Le week-end dernier, je suis allée jusqu’à Bordeaux (je vis à Londres) pour assister au congrès Innovation en Education organisé par Julien Péron et son équipe. Un week-end dense et inspirant, pour lequel je n’ai pas regretté de me déplacer. 
Le congrès est un endroit de rencontres, et toutes les conférences sont sources d’apprentissage, de réflexion, et surtout d’inspiration ! 

J’ai cependant été dérangée par la fin de la conférence de Guila Clara Kessous. 
Guila nous a principalement parlé des principes de communication prônés par Faber et Mazlish, rien de bien nouveau pour moi, qu’elle relie à la psychologie positive, puisqu’elle a suivi le cours sur le bonheur de Tal Ben Shahar à Harvard. (un auteur que j’avais d’ailleurs évoqué dans mon article « Développer sa capacité au bonheur« )

Pourtant, au moment des questions, une maman l’interroge :
“Et que dit l’éducation positive sur les punitions ? Parce que moi, je n’arrive pas à faire autrement avec ma fille de 16 ans…”

Réponse de Guila (forcément mal retransmise puisque nous sommes 24h plus tard au moment où j’écris ces lignes, dans le TGV vers Paris) :
“Bon.. c’est sûr qu’il ne faut pas de punitions trop humiliantes, mais quand même, c’est ok de poser des punitions, car les enfants ont besoin de limites. L’idée va être de leur donner un choix type “préfères-tu que je te prive de téléphone ou … «  » – je ne sais plus quelle était l’autre option.

Pardon ???
C’est à dire que cette intervenante, qui cherche à porter la voix de Faber et Mazlish – et qui propose du coaching pour aider les parents de surcroît – nous explique la “bonne” manière de poser des punitions ? 
Donc, si je l’écoute, éducation positive et punitions, ça colle.
Mais a-t-elle vraiment lu Faber et Mazlish jusqu’au bout ?

J’aurais apprécié qu’elle réponde plutôt :
“Faber et Mazlish, et l’éducation positive dans son ensemble, ne valident pas les punitions, non.
Cependant, en tant que maman, je me heurte à une vraie difficulté à poser mes limites autrement, et voici comment je compose avec ça…”

Ça aurait été à la fois précis et honnête. 

En réalité, ce que dévoile vraiment Guila Clara Kessous, c’est qu’elle est en cheminement, et que sur son chemin, elle n’est pas encore sortie des punitions.
Et ça, c’est ok. Parce que c’est difficile. Parce que c’est un processus.
Savoir qu’on n’est pas encore en mesure d’appliquer au mieux tous les principes de l’éducation positive, c’est une chose.
Modifier ces principes pour qu’ils collent à ce qu’on fait, c’en est une autre.
Parce que ça, ça transmet une image fausse ce qu’est vraiment l’éducation positive.

Donc, ça m’a donné envie de répondre à mon tour !

Faisons ensemble le point sur

  • l’éducation positive et les punitions
  • le cheminement du parent

Le point de vue de l’éducation positive sur les punitions

Avant tout, reprenons la réponse à cette question posée, qui était assez claire : “Que dit l’éducation positive sur les punitions ?” – et, en particulier dans le cadre de cette intervention : « Que disent Faber et Mazlish sur les punitions ? »

La réponse est sans ambiguïté : Faber&Mazlish sont contre. 

Elles m’avaient d’ailleurs bien aidée à évoluer sur cette méthode qu’évidemment, moi aussi, j’utilisais ! 
Comment dire ? Le chapitre 3 du livre Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent (celui que nous citait l’intervenante) s’intitule quand même “Remplacer la punition”.
Peut-on vraiment être plus clair que ça ?

F&M précisent même que Haïm Ginott, leur mentor, pense qu’un enfant devrait vivre les conséquences de son comportement, mais pas de punitions.
Selon lui, il n’y a pas de place pour des punitions dans une relation de confiance.

Et voici, pour soutenir ce point de vue, ses arguments phares : 

  • La punition est une distraction
  • La punition n’enseigne rien
  • La punition “dédouane”
  • La punition favorise rancoeur et rapport de force

Voyons ce que chacun de ces points signifie vraiment. 

La punition est une distraction

L’enfant puni va très probablement trouver cela injuste. 
Tout simplement parce que le priver de télé parce qu’il a mal parlé à son frère, bon sang, “ça n’a rien à voir !!” (mots rapportés par une maman que j’accompagnais)

Donc, dans son coin, il va ressasser toutes les raisons pour lesquelles c’est injuste, et focaliser sur son ressentiment. 
Est-ce qu’à ce moment-là il réfléchit à ce qu’il a fait ? Absolument pas ! 

Au contraire, on lui a servi une distraction sur un plateau, et il va donc pouvoir ignorer ce qu’il a fait. 
En fait, la punition prive l’enfant de son travail de prise de responsabilité.

La punition n’enseigne rien

L’un des grands principes de Haïm Ginott, c’est que “Pour se comporter bien, il faut se sentir bien.”. 

En cela, il rejoint complètement l’un des principes d’Adler (sur lesquels se fonde la Discipline Positive) : “Un enfant qui se comporte mal est un enfant découragé.”

L’idée – que je ne vais pas creuser ici, mais que vous pouvez aller creuser dans cet article si le coeur vous en dit – , c’est que si un enfant se comporte de manière inappropriée, c’est que c’est ce qui lui vient de mieux à ce moment-là, dans l’humeur qu’il a. 

Est-ce que ça veut dire que c’est ok de se comporter mal ? Non.
Et nous le lui dirons.
Mais nous ne nous arrêterons pas là. 

Car notre rôle, à ce moment-là, est également de l’aider à développer des alternatives.
Pour qu’il puisse, la fois suivante, agir autrement. 
C’est bien ce que nous cherchons à obtenir, non ? 

Est-ce que la punition lui apprend comment faire autrement ? Il ne me semble pas…

Imaginons par exemple un enfant qui en insulte un autre. 
S’il en arrive là, c’est probablement que ça bout à l’intérieur de lui. 
Si la réaction de l’adulte est de le punir, est-ce que ça lui donne des pistes pour savoir comment réagir AUTREMENT la fois suivante, quand ça bout à l’intérieur ?Absolument pas.

Si l’on veut que les choses changent, on aura plutôt intérêt à l’aider à savoir comment traverser son émotion, à l’aider à développer son empathie, à lui apprendre à dire ce qu’il vit tout en en assumant la responsabilité, etc… Là, on sera dans l’enseignement.

Ah, c’est sûr, c’est plus long…
Qui a dit que la parentalité positive était facile ? C’est un des aspects qui la distingue de la permissivité !

La punition “dédouane”

Quand on a commis un crime, on paye. Et ensuite, on repart de 0. 
C’est comme ça en tout cas que notre système de justice fonctionne, et cela fait donc, consciemment ou non, partie de nos croyances ancrées. 

Ainsi, au collège, l’enfant qui enfreint les règles reçoit en punition une heure de colle. 
Une fois qu’elle est faite, il ou elle a payé, et on peut passer à autre chose. 

Pas besoin de réparer quoi que ce soit, de s’interroger sur la raison de la règle ou sur l’implication de son infraction. Juste une punition, c’est tout. 
Ah.. et puis rien non plus, pour reprendre le point précédent, en terme d’enseignement pour savoir faire autrement. 

Clairement, je peux vous dire que mon fils Léon, qui a reçu récemment sa 1e heure de colle en 6ème, trouve que la punition est injuste (a donc eu du mal à discuter avec moi de ce qu’il s’était vraiment passé – manque de responsabilité…), n’est pas plus avancé sur comment moins discuter en classe, et, maintenant que l’heure de colle est faite, considère que c’est de l’histoire ancienne. 
Ah… sauf que quand même, il en veut à sa prof, et est donc moins bien disposé à son égard… ce qui conduit à l’argument suivant : 

La punition favorise rancoeur et rapport de force

Enfin (j’écris “enfin” parce que je vais m’arrêter là dans les arguments, mais j’aurais pu continuer à ajouter à cette liste..), la punition nuit à la relation. 

Quand vous punissez, vous imposez. 
Vous n’êtes pas avec, vous êtes contre. 
Et vous êtes en train de passer le message suivant : “Je détiens tout pouvoir sur toi.”“Je suis plus fort, et je peux t’imposer ce que je veux”. 

Sauf que personne n’aime entendre ça. 

En général, quand on cherche à contrôler quelqu’un, ça a plutôt tendance à le pousser à se rebeller, l’avez-vous remarqué ?
Ça nuit à la coopération.

Clairement, le résultat, c’est une déconnexion. 
Là où, je vous le rappelle, ce qui nous permet d’avancer ensemble, c’est bien la connexion !

Si vous êtes trop souvent dans cette démarche de déconnexion, le résultat sera une absence de lien, tout simplement. 

Et peu à peu, la punition encouragera plus à la dissimulation qu’au partage. 
C’est logique, non ?

Remarque : cette dissimulation sera encore plus systématique chez les ados que chez les enfants.
Non pas parce que les enfants en auront moins envie, mais parce que c’est plus facile pour un ado, à moins de l’enfermer à la maison…

Thomas Gordon écrit d’ailleurs (dans Parents Efficaces) : “Dans les familles où les parents se sont basés principalement sur leur pouvoir pour contrôler et diriger leurs enfants au cours de leur jeune âge, les parents se préparent inévitablement un dur choc lorsque leur pouvoir perdra son importance et qu’ils n’auront plus ou presque plus d’influence.”

Conclusion : la punition n’est pas seulement inefficace mais carrément contre-productive ! 

Pour bien comprendre l’impact de la punition 

Je sais que tout ceci peut rester un peu théorique. Ça vaut pourtant la peine de s’y attarder un peu…
Car l’idée de l’éducation positive, c’est surtout d’être une éducation consciente !

Alors, à la manière de F&M, j’aimerais vous proposer une projection, pour que vous appréhendiez mieux tous ces points. 
On va jouer à “mets-toi dans mes chaussures” ! 
Vous êtes prêt ? C’est parti. 

Vous êtes puni

Partons d’une situation évidemment rarissime, puisque nous, parents, savons toujours comment bien nous comporter… et imaginons un parent qui crie sur ses enfants.

Dans le fond, ce parent sait que ce n’est “pas bien”, et il n’en est d’ailleurs pas fier…
(combien de fois je vous ai entendu parler de cette culpabilité qui vient après les cris..)

Ça vous est déjà arrivé ? 
Bon, j’imagine que oui.. comme à moi… alors qu’on a l’impression de faire de notre mieux, pas vrai ?

Donc imaginez que, dépassé par la situation, vous avez crié sur votre enfant. 
Imaginez maintenant que quelqu’un (l’autre parent par exemple) vous donne une punition pour sanctionner ce comportement inadéquat, et “poser des limites”.

Qu’est-ce que ça fait en vous d’être puni ? 

Je parie que, comme l’explique Haïm Ginott : 

1- Vous êtes tellement furieux contre votre partenaire qui se permet de juger ce que vous faites sans savoir ce que vous avez traversé avant d’en arriver là, que vous ressassez ce ressentiment sans repenser, justement, à ce qui vous a conduit à ça.

2- Vous n’êtes pas plus avancé ni plus compétent pour éviter les cris la fois suivante

3- Ce qui n’est pas grave, puisque dans le fond, vous considérez que vous avez “payé” pour ce que vous avez fait, ça efface l’ardoise, et vous pouvez repartir d’une page blanche, sans vous poser plus de question.

4- En revanche, vous sortez de l’expérience avec une rancoeur contre votre partenaire, qui vous pousse à ne plus lui faire confiance… et d’ailleurs, la prochaine fois que vous criez sur vos enfants, vous éviterez de le lui dire ! 

cqfd.

De quoi auriez-vous eu besoin à la place de la punition ?

Allez-y, prenez une minute pour y réfléchir. 

Vous avez crié sur votre enfant… et ce serait une bonne chose de faire face à vos responsabilités.
Qu’est-ce qui pourrait vous aider ?
Quelles attitudes pourrait avoir votre conjoint qui se révèleraient bien plus “productives” que la punition ?

Voici ce qui me vient, lorsque je me projette… à vous de voir si ça vous parle. 

Écoute et compréhension

D’abord, j’aimerais qu’il m’écoute. (Je dis “il”, parce que j’applique ce raisonnement à mon cas, mais libre à vous de changer le pronom !)
Qu’il m’aide à comprendre ce qu’il s’est passé en moi. Sans me juger. 
Je n’attendrais pas de lui qu’il me dise que j’ai eu raison et que c’était une bonne chose, bien sûr que non, mais pas qu’il me juge pour autant.

En fait, j’attendrais de lui qu’il m’aide à voir le problème en face. A faire face à ce qui a causé ce comportement. 
J’aimerais qu’il m’aide à mieux me comprendre.
Car j’avais une raison, c’est sûr. Et même une raison positive. Mais elle peut être difficile à voir.

Expression de soi

Ensuite, s’il ressent que c’est inacceptable pour lui (je vous rappelle que nous traitons ce cas comme un parallèle à ce qui peut nous arriver avec les enfants), j’aimerais qu’il me le dise gentiment, en parlant bien de lui. 

Ça ressemblerait à quelque chose comme : 
“J’entends comme ça a dû être difficile pour toi, et je comprends mieux comment tu en es arrivée là. De mon côté, je sens que ça me secoue, et ça ne me convient pas d’être dans une maison où l’on se crie dessus. Je ne suis pas d’accord. Est-ce qu’on pourrait voir ensemble comment on pourrait éviter ce genre de situation à l’avenir ? »

Aide à la recherche de solution

Enfin, on discuterait de nos idées. 

Par exemple, si on s’aperçoit que je deviens impatiente quand le rythme est trop soutenu en fin de journée, on pourrait chercher ensemble comment l’alléger un peu. 
Il pourrait aussi m’aider à chercher comment j’aurais pu réagir autrement, pour que j’aie plus de chances d’avoir d’autres idées la fois suivante. 
On pourrait convenir d’un signal entre nous pour qu’il prenne le relai quand je sens que je vais déborder. 

Quelle différence cela fait-il ?

Est-ce que vous sentez à quel point, avec une telle démarche, le message est différent ? 

Dans le premier scénario, je me sens dévalorisée, incapable, et je me retrouve en colère, à rejeter la faute sur quelqu’un d’autre. 

Dans le deuxième scénario, je me sens comprise, soutenue, et encouragée pour avancer et m’améliorer. 

Voyez-vous mieux la différence entre éducation positive et punitions ?

Alors, lequel des ces deux chemins préférez-vous ?

Continuez quand même de punir vos enfants, ou comment on réconcilie (temporairement) éducation positive et punitions

J’en arrive enfin à l’objectif de cet article. Celui de faire baisser la pression

Rome ne s’est pas faite un jour. Arrêter de punir ses enfants demande un cheminement.
C’est ok.
Vous faites de votre mieux, et c’est déjà pas mal ! 

Donc, oui, l’objectif est bien de se débarrasser des punitions, et il n’y a pas de raison que vous ne puissiez pas le faire. 
Mais, encore une fois, pas du jour au lendemain.

La remise en question

Si vous me lisez encore, c’est probablement que vous commencez à votre tour à remettre en question la punition. 

C’est déjà un grand pas ! 

Parce que sortir d’un modèle qu’on connait, c’est accepter de s’ouvrir à d’autres possibilités, c’est accepter de sortir de sa zone de confort. 

Voir les choses d’un autre point de vue, c’est un gage d’ouverture d’esprit. 
Et c’est un énorme premier pas vers le changement. 

On ne peut pas changer avant de s’être ouvert à la possibilité que c’était possible.

Donc, si ce que vous avez lu jusqu’ici est déjà une remise en question, restez un peu avec ça.
Le temps que ça infuse. 

Les alternatives

Ensuite, si vous voulez sortir des punitions, vous aurez besoin de développer d’autres outils. 
D’avoir des alternatives à votre disposition. 

Ben oui, parce que sinon, vous allez vous retrouver perdu devant un comportement inadéquat. 

Vous ne voudrez pas punir, parce que vous avez bien compris que ça n’aiderait pas, mais vous n’aurez pas d’autre idée. 
(normal, puisque la punition reste LA méthode de votre entourage)

Alors, vous risquez fort de ne rien faire, et c’est là que BOUM vous basculerez sans l’avoir voulu dans la permissivité… parce que vous ne saurez plus comment poser vos limites. 
Et puis.. vous souffrirez de la situation, alors vous craquerez, et BOUM, vous retomberez dans l’autoritarisme.
Et puis, vous regretterez… alors… vous m’avez comprise ! 

Donc, on prend les choses dans l’ordre, on ne laisse pas tomber tout le cadre d’un coup, on apprend d’abord à le poser autrement

Vous voulez, vous aussi, apprendre ces alternatives ?

👉🏻 Inscrivez-vous à la formation « Sortir des punitions »

Et tant mieux, en fait, si ça prend un peu de temps.

Parce que… ça m’amène à mon avant-dernier point.

Le contexte

Je vais être honnête : même si vous pouviez magiquement savoir manier les alternatives, elles ne fonctionneraient probablement pas avec vos enfants.

Je vous entends d’ici : “Pardon ? Tu es en train de me dire que la parentalité positive ne fonctionne pas ?”
Non. Je suis en train de vous dire que si on cherche à changer de méthode sans avoir changé le contexte, ça ne marche pas. 

C’est logique dans le fond. 
Allez, reprenons le jeu de “mets-toi dans mes chaussures” pour que vous compreniez bien.

Vous travaillez dans une entreprise, et votre responsable supérieur est dans une relation complètement verticale. 
Il vous impose son point de vue sans vous demander votre avis, il vous critique et vous sanctionne quand vous faites des erreurs, il surveille tout ce que vous faites et n’écoute pas vos raisons d’agir quand les actions ne lui conviennent pas. 
Clairement, vous êtes plein de rancoeur, et sans aucune envie de collaborer avec lui. 

Un jour, il lit que son comportement n’aide pas ses employés à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Il lit que la confiance et l’autonomie ont bien plus de chances de créer une ambiance propice à un travail bien fait. 

Le lendemain, il décide qu’il ne va plus surveiller. Comme ça, d’un coup.
Est-ce que vous allez immédiatement vous mettre au travail avec plaisir, ou est-ce que, plutôt, vous en profiterez pour en faire le moins possible ?

Vous m’avez comprise, n’est-ce pas ? 

La relation

Avant de se débarrasser des punitions, et d’utiliser d’autres méthodes pour poser nos limites, il va nous falloir créer un climat de confiance et de coopération. 
On va travailler sur la relation avec notre enfant.
C’est la relation qui est au coeur de la parentalité positive. 

Je ne sous-entends que vous n’avez pas une bonne relation avec votre enfant.
Mais compte-tenu du modèle ambiant, vous avez peut-être ue relation toute verticale, correspondant à la croyance reçue que l’adulte est supérieur à l’enfant, et que ce dernier devrait juste lui obéir sans discuter.

La parentalité positive encourage à développer une relation plus horizontale.
Une relation d’échange et de confiance.

C’est d’ailleurs ça qui est beau ! 
Parce que tout est là : dans cette belle relation qu’on veut avoir avec eux.

Le courage d’avancer sur le chemin

Voilà, j’arrive au bout de mon article. 
J’espère vous avoir transmis à la fois de l’inspiration, et du lâcher-prise. 

Je sais que ce chemin de “poser ses limites sans recourir à la punition” peut être effrayant. 

Parce qu’il sort des sentiers battus, et que les objections s’enchainent dans notre cerveau qui cherche à revenir à ce qu’il connait : 
“Et si ça ne marche pas ?”
“Et s’ils deviennent des enfants rois ?”

Alors, pour conclure, j’ai envie de reprendre ce que nous transmettait ce week-end Victoria Guillomon, que j’ai également découverte au congrès Innovation en éducation (comme ça, la boucle est bouclée) : est-ce que vous préférez être guidé par la peur ou par l’amour ?

A vous de faire votre choix.

Dans l’épisode précédent « Égalité, source de rivalité », je vous encourageais à vous éloigner de la recherche d’égalité pour traiter chacun de vos enfants comme s’il était unique.

C’est parfois plus facile à dire qu’à faire…

On se retrouve régulièrement face à des situations où l’égalité semble la seule manière de s’en sortir.

Parlons aujourd’hui de l’une de ces situations, et des choix qui s’offrent alors à nous.

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Si vous voulez voir la formation sur les émotions que j’évoque à la fin de ce podcast, il vous suffit de suivre ce lien.

Si vous préférez lire, en voici également la retranscription.

Égalité, cas concret

Bonjour les parents qui cheminent. 

Dans mon épisode précédent, intitulé “Égalité, source de rivalité”, je vous avais parlé de cette démarche, que l’on a tendance à appliquer en tant que parent : on veut être sûr que chacun de nos enfants ait la même chose. Comme ça, on ne prête pas le flanc à des commentaires du type : “Mais pourquoi lui, il est plus que moi ?”. 

Je vous avais promis de vous expliciter les options possibles, dans un cas très concret d’une maman, qui suit la formation En finir avec les disputes dans la fratrie, qui sort des comparaisons et de la recherche d’égalité entre ses enfants, et qui me dit : “Il y a quand même des cas, où je me retrouve dans des situations, dans lesquelles je me sens un petit peu démunie. Je ne sais pas comment faire autrement.”  Son exemple est le suivant : “Quand je vois qu’il ne reste que peu de céréales pour le lendemain matin, je fais deux pots égaux séparés pour éviter les drames”. C’est-à-dire que le drame, ce serait que son fils arrive en premier et en laisse à peine, voire fini toutes les céréales, avant l’arrivée de sa sœur, par exemple.

Comment fait-on effectivement dans ces cas-là ?

C’est une chose de dire qu’on ne cherche pas l’égalité. Mais on va se retrouver au quotidien face à des situations comme ça, dans lesquelles clairement, il n’y a juste pas assez de céréales pour les deux. Donc, quelle serait la manière “juste” de se comporter dans notre système ? La justice, c’est souvent le partage et donc on va se retrouver à se dire : “Bon bah voilà, je vais prendre la décision tout de suite, au moins il n’y aura pas de drame”. 

Et cela peut être OK, de prendre cette décision-là, parce qu’on fait aussi avec les moyens du bord. Et si on sait que le lendemain matin (parce qu’on a déjà vécu ce genre de situation), cela risque de faire un drame, que l’on n’a pas le temps et que l’on veut éviter les choses, peut-être qu’une option, qui est écologique pour nous à ce moment-là, c’est effectivement de séparer en deux pots pour que chacun ait la même chose et que ce soit plus simple à gérer (cela ne donne pas forcément l’idée que ce sera plus simple à gérer, parce que les enfants peuvent encore s’interroger sur les raisons pour lesquelles il y a deux pots. “Et oui, mais les dernières fois qu’on a fini un paquet,…”). S’ils sont vraiment en rivalité, ils peuvent toujours trouver à redire. Mais effectivement, on a quand même tendance à se dire que ça va simplifier les choses.

Quel problème cela induit-il ?

En réalité, il y en a deux. Le premier, c’est effectivement cette notion d’entretenir nos enfants dans cette recherche d’égalité à tout prix, donc de rester dans la comparaison et d’entretenir la rivalité, comme on en a parlé dans l’épisode précédent. Le deuxième, c’est que finalement, on les prive d’une opportunité d’apprentissage, puisque faire face à cette situation dans laquelle il n’y a pas assez de céréales pour les deux, c’est une opportunité d’apprentissage.
Donc, nous, notre comportement, notre réaction par rapport à cela, va s’adapter à la priorité qu’on a à ce moment-là et les ressources qu’on a pour faire face à la situation.

Ainsi, dans le cas de la maman qui m’écrit, sa priorité, clairement, c’était que la préparation du matin se passe bien, que ce soit plus simple, plus fluide. Et donc, elle n’avait pas forcément en elle les ressources qu’il fallait pour accompagner ses enfants, si jamais cela se transformait en drame. Donc le choix qu’elle a fait, c’est de séparer les pots.

Que faire pour que cela devienne une occasion d’apprentissage ?

Si jamais, c’est effectivement le choix que vous faites : qu’est-ce que vous pouvez faire pour que ce soit quand même une occasion d’apprentissage ?

C’est qu’au moment où vous le faites, vous séparez les pots ce soir-là, parce que ce sera plus simple pour le lendemain matin. Mais, vous pouvez quand même (du fait d’en avoir pris conscience au moment où vous le faites) lancer la conversation et cela pourra vous 

servir pour une occasion suivante, où ce genre de cas se représentera.

Aborder le sujet

Par exemple, le lendemain soir, vous pouvez aborder le sujet en disant par exemple : “Tiens, je voulais vous parler d’un truc. Hier soir, quand vous étiez déjà couchés et que je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas assez de céréales pour vous deux ce matin, j’ai pris la décision, comme vous l’avez vu, de séparer les céréales, qui restaient en deux pots. Et d’ailleurs, je crois que ça s’est bien passé ce matin. Ok, mais finalement, je me suis dit : Est-ce que c’était vraiment une bonne démarche ? Parce que du coup, j’avais présupposé que, dans le cas où il n’y a pas assez de céréales, la meilleure solution était de séparer en deux. Mais est-ce que c’est vraiment la meilleure solution ? Est-ce que si ça se trouve, vous, vous préférez dans ces cas-là (quand il n’y a pas assez pour un bol complet) prendre autre chose que des céréales ? Si ça se trouve, vous auriez pu trouver votre propre solution, en fait. Qu’est-ce que vous en dites ? Qu’est-ce que vous auriez fait si vous étiez descendus et qu’il n’y avait pas eu assez de céréales pour vous deux ? Comment pensez-vous que ça se serait passé ?

Alors là, déjà, il peut y avoir un échange autour de cela. Comment ça se serait passé ? Comment auriez-vous réagi ? Afin qu’eux aussi puissent prendre du recul par rapport à cela. Et puis, si on se rend compte dans la conversation, qu’effectivement, la façon, dont cela se serait passé, aurait réellement été un drame. Genre, il y en a un, qui admet avec toute bonne foi, et d’ailleurs, on peut le remercier de sa bonne foi, que : “Ah ben moi, clairement, si j’étais descendu le premier, j’aurais pris des céréales et puis c’est tout”. “Ah ben moi, je n’aurais pas été contente”, aurait dit l’autre ? par exemple.

On pourrait dire : “OK, et du coup finalement, c’était plutôt une bonne idée pour ce matin, de séparer les deux, parce que ça a rendu les préparatifs plus simples. Mais qu’est-ce qu’on pourrait envisager d’autre ? Qu’est-ce qui aurait été chouette de faire dans ces cas-là ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire la prochaine fois ? Est-ce que vous avez vraiment besoin que je sépare les céréales en deux pots, quand il n’y en a pas assez ?” 

Vous voyez, on peut lancer cette conversation ; On peut discuter et peut-être que les enfants ne vont pas tout de suite trouver une solution qui convienne à tout le monde. Mais, rien que le fait de soulever cette question, d’en discuter, …, cela va les aider à y réfléchir. Cela va planter une graine. Et puis, il y a aussi la possibilité, qui n’est pas à ignorer (on ne peut pas prédire le pire), qu’ils trouvent effectivement une solution d’eux-mêmes, ou voir que dès le départ, ils disent effectivement que : “Non, en fait, moi, je n’aime pas avoir un demi bol, j’aime mieux dans ces cas-là, s’il n’y a pas assez pour tout le monde, prendre carrément autre chose”.
Voilà, donc c’est vraiment une conversation à lancer. Ce qui permet de faire le lien avec l’autre cas dans lequel on ne fait rien par rapport aux céréales, je veux dire, d’accord !

Donc voilà, ce que je veux dire, c’est que si nous, on décide que nos ressources pour le matin, on ne les a pas, et que donc la priorité, c’est que ce soit fluide. Si on pense que c’est la meilleure solution, c’est ok de partager en deux pots temporairement, pour le court terme. Il est important de saisir quand même, d’avoir conscience qu’il y a un point d’apprentissage, et donc saisir ce point d’apprentissage, pour lancer la conversation et faire évoluer la famille et les enfants.

Ne rien faire et observer

Maintenant, l’autre option, c’est de décider de ne pas séparer les céréales en deux pots. Et dans ces cas-là, qu’est-ce qui se passe ? Donc, on ne fait rien sur les céréales et on observe ce qui se passe le matin. Le premier cas, qui n’est pas forcément impossible, c’est qu’il n’y ait pas de drame, D’accord ! Donc, on peut ne rien faire et observer, qu’il n’y ait pas de drame, qu’ils trouvent leur solution et que tout se passe bien. Et dans ces cas-là, on note bien le fait que, franchement, on n’avait pas beaucoup confiance en nos enfants, que c’est quand même chouette de voir que cela peut bien se passer, et qu’on n’est pas obligé d’anticiper toujours le pire. On pourra même le leur dire en disant : “Oh là là les gars, j’ai vu qu’il ne restait pas assez de céréales pour tous et finalement vous avez trouvé votre solution. Et c’est hyper agréable pour moi de voir que, même quand il y a quelque chose qui n’est pas comme d’habitude, dans la routine, ça reste fluide le matin”.
On peut tout à fait s’en saisir et le commenter.

Traverser ce qui se passe

Maintenant, dans le cas peut être plus probable, selon cette maman, en tout cas, où cela se passe en drame, on peut se saisir de cela, comme justement, une opportunité d’apprentissage, déjà du fait de traverser ce qui se passe. C’est-à-dire qu’on peut accueillir (dans l’exemple qu’elle avait donné, où ce serait son fils qui descendrait en premier, qui prendrait toutes les céréales et que la fille serait frustrée), accueillir ce qui se passe pour sa fille et refléter sa frustration : “Ah ben mince, il y a plus de céréales pour toi et du coup, tu es déçue. Et toi, tu penses qu’il aurait dû t’en laisser ? Je comprends”. Voilà, il n’y a pas de jugement là-dedans. Ce n’est pas nous qui allons dire : “Ah oui, effectivement, il aurait dû t’en laisser”, mais on va refléter ce qu’elle pense. 

Et ça, c’est un accompagnement de nos enfants pour qu’ils soient à l’écoute de ce qui se passe et de les interroger : “OK et qu’est-ce que tu vas faire du coup maintenant ?” On peut l’accompagner à cela.

Lancer la discussion là-dessus après

Et dans tous les cas, cela n’empêche pas de faire ce qu’on a dit dans le premier cas, c’est-à-dire qu’ensuite (peut-être pas le matin), en profiter pour lancer la discussion là-dessus : “Tu as vu ce matin que ça ne s’était pas très bien passé, puisque ta sœur était déçue qu’il n’y ait plus de céréales. La prochaine fois qu’il n’y a pas assez de céréales pour tout le monde, que pensez-vous que l’on puisse faire pour que ça se passe bien pour tout le monde ?”

Ne rien faire le soir et anticiper le matin

Ou on peut également ne rien faire le soir et anticiper cela le matin, avant que la crise ne se produise. On peut, mais ça, ça dépend encore une fois de notre disponibilité et de nos ressources. 

Peut être qu’on n’a pas l’espace pour faire ça le matin, mais on peut aussi décider d’anticiper. C’est-à-dire (j’ai conscience que c’est s’ajouter de la charge mentale dans le rythme du matin, et ce n’est peut être pas la bonne option. Je vous donne juste la liste des options qui existent, pour que chacun fasse ses choix en fonction de son contexte) que vous pouvez donc anticiper, c’est-à-dire vous dire le soir : “Tiens, c’est parfait !” (Évidemment, ce n’est pas parfait, mais finalement, cela va être encore une fois une opportunité d’apprentissage). Donc, vous pouvez juste anticiper le lendemain matin.

Ainsi, le lendemain, quand les enfants descendront, on pourra leur dire : “Les enfants, il faut juste que je vous prévienne : il n’y a pas assez de céréales pour vous deux. Donc j’aimerais qu’avant que vous vous serviez, vous décidiez ensemble de “Comment vous allez faire pour que tout le monde soit satisfait?” Je ne sais pas si, du coup, vous avez tous les deux envie de céréales ou pas ce matin. Mais ça vaudrait peut-être le coup d’avoir un échange autour de ça.” 

Et ensuite, on voit comment ça se passe, on les laisse se débrouiller, autant que possible. Si on voit que la conversation ne se passe pas bien, ça veut dire qu’ils ont encore besoin de soutien, dans le développement des compétences de gestion de conflits

Et dans ces cas-là, je vous envoie directement sur ma formation En finir avec les disputes dans la fratrie, qui va vous expliquer comment les aider à développer les compétences de gestion de conflits, à savoir :

  • traverser ses émotions,
  • écouter celles des autres,
  • réussir à définir le problème en tenant compte des points de vue de chacun,
  • trouver des alternatives à l’agressivité pour essayer de nourrir son besoin,
  • voir quelles seront les conséquences des différentes alternatives,
  • choisir la bonne entrée en discussion,
  • s’affirmer.

Bref, tout un tas de compétences, qui sont précieuses pour tout de suite, mais aussi à long terme, pour quand ils seront grands.

Voilà, j’espère que cet exemple vous donne des pistes concrètes. Si vous êtes confrontés à des situations similaires, et que du coup, cet épisode vous aide à voir les situations autrement, mettez-les en commentaire, ce sera toujours intéressant. Et si vous pensez que ce podcast peut aider d’autres parents, partagez-le.

Je vous souhaite une bonne fin de journée. À bientôt !

Quand on sent que nos enfants se sentent en rivalité les uns par rapport aux autres, on a tendance à s’assurer que tout soit bien égal entre eux, pour ne pas donner prise à des réflexions du type : “Pourquoi il a ça et pas moi ?”.

Pourtant, cette habitude va plutôt accentuer le phénomène !

Dans cet épisode, je vous parle des raisons pour vous éloigner de cette notion d’égalité…

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Si vous préférez lire, en voici également la retranscription. 

Égalité, source de rivalité ?

Bonjour les parents qui cheminent !

Égalité, source de rivalité ? Oui, on a tendance à vouloir traiter nos enfants de la même manière. Etre sûr qu’il reçoivent la même chose, car comme ça, au moins, il n’y aura pas de rivalité entre eux. Les parents n’auront rien à justifier pour expliquer que : “Oui, mais l’autre, il a plus que moi !”. Et pourtant, plus on cherche l’égalité, plus on entretient cette rivalité ! Voilà ce dont je vais vous parler aujourd’hui.

Mise en contexte

Je sais que c’est un peu contre-intuitif… Remettons d’abord les choses dans leur contexte ! Quand on parle de rivalité, en fait, c’est que l’on réfléchit à comment éviter les disputes entre les enfants. 

Quand on sent une rivalité entre nos enfants, on sent qu’ils ne se sentent pas bien à leur place. Et non seulement, on est malheureux pour eux, qu’ils ne se sentent pas bien à leur place, qu’ils ne trouvent pas leur place dans la famille, mais en plus, cette réalité crée des disputes dans la famille. 

Soyons clairs, ce n’est pas tout à fait le cas dans toutes les familles, même quand il y a des disputes entre enfants. Il y a en fait, 2 grandes catégories de disputes : il y a les disputes qui découlent de cette rivalité et il y a les disputes qui découlent d’un manque de compétence en gestion de conflit. 

Parce que je fais une grande différence entre le mot dispute et le mot conflit. C’est-à-dire que j’ai une formation, qui s’appelle En finir avec les disputes dans la fratrie, dans laquelle j’explique qu’en finir avec les disputes, ce n’est pas en finir avec les conflits. Dans la mesure où il y a toujours des situations de conflit, car il y a des moments où nos besoins sont en “compétition” : on n’a pas besoin des mêmes choses au même moment et parfois nos besoins ne correspondent pas à ce que l’autre voudrait. Par exemple, l’un a besoin de compagnie, lorsque l’autre a besoin de calme. Et forcément, cela vient en compétition, donc il y a conflit ! 

La question est de savoir : comment va-t-on gérer ce conflit ?  Est-ce que l’on va gérer ce conflit avec violence, agressivité,… ? Et cela veut dire transformer cela en dispute ou est-ce que l’on va réussir à gérer ce conflit en discutant, en ouvrant la conversation, en étant plein d’empathie, en écoutant le point de vue de l’autre, en sachant s’affirmer,… Et ça, ce sont des compétences de gestion de conflit !

Gestion des conflits

On voit bien que c’est quelque chose qui peut manquer à nos enfants et même aux adultes, mais cela explique en partie les disputes. D’ailleurs, quand on se dispute, par exemple, avec quelqu’un au téléphone ou bien qu’on se dispute avec quelqu’un dans la rue,… Car ça nous arrive de nous disputer avec quasiment des inconnus. Et ces inconnus là, on n’est pas en rivalité avec eux, en général. On se dispute avec eux, parce qu’on n’a pas dans cette situation suffisamment de compétences de gestion de conflit, pour nous permettre de voir un autre moyen de gérer ce que l’on fait là. Ok, donc ce que l’on cherche à faire, ce n’est pas de nous débarrasser du conflit, puisque le conflit, par essence, il est logique qu’il existe dans certaines situations. Ce que l’on veut en revanche, c’est sortir des disputes et savoir gérer les situations de conflit avec bienveillance

Quand les disputes découlent de la rivalité

Maintenant, je voudrais vous parler du cas particulier, où ces disputes découlent en réalité d’une rivalité. Donc on n’est pas seulement dans une question de compétences au niveau de la communication, au niveau relationnel, pour réussir à éviter le quiproquo et la logique classique de notre société, qui est beaucoup dans le rapport de force de “Je vais te démontrer que j’ai raison et que toi, tu as tort”. Mais c’est plutôt aborder une situation, qui est dans une énergie de rivalité, en fait, la personne est en rivalité avec l’autre, elle est dès le départ dans un positionnement un peu de revanche. Elle cherche déjà la rivalité parce qu’elle a du ressentiment par rapport à l’autre. Elle cherche à faire en sorte que l’autre ne se sente pas bien. 

Donc elle n’est pas en train de transformer son conflit en dispute par manque de compétences, elle est en train de transformer son conflit en dispute parce qu’elle a l’impression que c’est ce qui va faire souffrir l’autre. Et c’est son but, vous voyez ce que je veux dire ! 

Dans ces cas-là, il est important de travailler effectivement sur ce sentiment de rivalité, qui existe dans la fratrie. Parce que si ce sentiment est trop fort (ça dépend des fratries, mais quand il y a un vrai grand sentiment de rivalité qui s’est installé entre un frère et une sœur, entre deux frères, entre deux sœurs), on va se retrouver dans une situation dans laquelle l’enseignement des compétences de gestion de conflit se heurte un peu à un mur, puisque dans le fond, l’enfant n’a pas envie d’apprendre ces compétences, puisqu’il ne veut pas sortir de la dispute en réalité. Dans ces familles là, c’est souvent le cas quand les enfants sont très proches. 

En particulier, il peut arriver des situations dans lesquelles l’aîné a du ressentiment envers le suivant, qui est proche, ou alors ça peut être entre l’aîné et le deuxième, ou ça peut être s’il y a un aîné qui a plusieurs années de plus que les 2 suivants. Par exemple, on peut se retrouver avec un aîné effectif, même s’il n’est pas réellement dans la même famille puisque il est aîné par rapport au suivant, vous voyez ce que je veux dire. Toujours est-il que dans ces situations-là, il est classique (pas systématique heureusement), que le plus grand des 2 enfants proches se retrouve un peu “menacé” par le suivant et cherche à prouver son importance à lui, en essayant de montrer sa supériorité. 

En réalité, il est entré dans cette question de rivalité, comme si son propre rôle n’existait que s’il arrivait à montrer à tout le monde, lui y compris, qu’il était supérieur à l’autre, et donc en rabaissant l’autre autant que possible. C’est ça un peu la rivalité entre frères et sœurs, en tout cas, le cas le plus classique.

La résultante à cette rivalité : la course à l’égalité

Or une chose que, nous en tant que parents, on a tendance à faire en réaction à ça, et qui en réalité, entretient cette rivalité, c’est justement de chercher l’égalité. Parce que cette rivalité se traduit parfois par des plaintes de la part d’un ou des deux enfants, sous l’angle de “Oui, mais pourquoi lui, il a droit à ça et pas moi”. On voudrait ne pas donner de point d’accroche à cette plainte là, en se disant qu’on va donner la même chose à chacun. Et ce que je veux vous dire aujourd’hui, c’est que malheureusement, c’est contre-productif !

Egalité = comparaison = ressentiment

Alors pourquoi c’est contre-productif ? Là encore, il faut que je revienne un pas en avant. Avant de parler d’égalité, je vais vous parler de comparaison. La comparaison est une source de tension entre les enfants. Et si je pousse le cas de façon un peu caricaturale, vous allez bien comprendre. C’est-à-dire que vous imaginez bien que si je vais en face de mes enfants et que je dis ouvertement : “Ton frère est beaucoup plus intelligent que toi, il est beaucoup plus gentil, pourquoi est-ce que toi, tu n’arrives pas à faire les choses comme je te le demande ? comme le fait ton frère. Et pourquoi il faut toujours que je te répète 10 fois la même chose ? Alors que ton frère, regarde il est déjà prêt,… 

Quand je compare comme ça, forcément je crée du ressentiment chez l’enfant à qui je le dis. Et en réalité, même chez les deux ! C’est-à-dire que je crée un ressentiment chez l’enfant auquel je dis ça, d’accord puisqu’il se dit : “Non mais ça va, mon frère a toujours raison, il est toujours mieux que moi… Je vais lui montrer, moi, ce que ça fait d’être mieux. Je vais montrer à mes parents qu’il n’est pas toujours mieux”,… Puis je vais me venger, en fait, contre lui.

Mais même l’enfant, que l’on valorise, n’est pas bien. Imaginons qu’il y ait un grand frère et une petite sœur. Et que l’exemple que j’ai donné, soit quelque chose que j’ai dit à la petite sœur. Si je ne dis pas ça à la petite sœur, mais que je dis au grand frère :” Ah qu’est-ce que c’est agréable de voir toute l’aide que tu m’apportes dans la maison ! Ta sœur, c’est pas elle qui aurait fait ça !”

On pourrait imaginer que le fait de ne pas dire ça à la petite sœur ne crée pas de ressentiment. Mais en réalité, on entretient dans ce cas le grand frère dans un positionnement de” Je t’aime parce que tu es mieux que ta sœur, parce que tu vaux mieux que ta sœur”. Ainsi, on l’encourage finalement à continuer d’écraser sa sœur pour garder cette position-là.

La comparaison implicite

Donc tous les exemples que je viens de donner (j’espère que ce sont des choses que vous ne faites déjà pas chez vous !), puisque là je vous ai donné l’exemple d’une comparaison directe, qui assez facilement semble quelque chose qui va heurter la relation entre les frères et sœurs. Vous êtes bien d’accord que si on veut instaurer entre eux une complicité, les encourager à ne pas être l’un contre l’autre de cette façon-là, ça ne risque pas d’aider. 

Le problème, c’est que cette comparaison est parfois plus subtile que ça. C’est-à-dire que parfois la comparaison est un peu implicite

Par exemple, je me souviens m’être attrapée moi-même dans une situation comme ça, où je m’adressais à ma fille, il y a plusieurs années : “Alors, on attend plus que toi ! Tout le monde est déjà dans la voiture. Qu’est-ce que tu fais ?” Bon là, clairement, on sous-entend que ses frères (en l’occurrence ses frère puisque je n’ai qu’une fille) ont été plus rapides qu’elle. Et donc, on est également dans la comparaison !

Ou bien quand on fait des comparaisons liées à l’âge, et très souvent le cas : “Oui, mais toi tu es grand”. Cela sous-entend que l’on est en train de le comparer à l’autre. Et donc d’insister sur le fait que le “grand” vaut plus que le petit. Bien sûr que ce n’est pas ce que l’on pense fondamentalement, mais c’est un message que l’on passe. Alors, je pourrais creuser ça, mais je vois que je n’arrive pas encore à ce que je voudrais vous présenter aujourd’hui, donc je vais accélérer un petit peu.

La comparaison, source de rivalité

Pour vous dire que quand je vous parle de comparaison, je crois que vous voyez bien l’idée que cette comparaison va en fait entretenir la rivalité. Puisque la comparaison est une source de compétition. En fait, quand on compare, c’est que l’on est en compétition. Et nous, ce que l’on veut instaurer dans notre famille, ce n’est pas l’esprit de compétition, c’est l’esprit d’équipe justement et de coopération ! On va donc vouloir s’éloigner des comparaisons.

Egalité versus Equité

Si je vais donc un cran plus loin et que je viens vers le principe de l’égalité. En réalité, vous voyez que mathématiquement, c’est la même chose. Parce que pour savoir s’il y a égalité, il va falloir comparer. Donc si on cherche à apporter à chacun de nos deux enfants la même chose, c’est que l’on reste dans une démarche de comparaison, de voir s’ils ont la même chose ou pas. Ainsi, on les entretient eux-mêmes dans cette réflexion, dans cette observation : “Est-ce que j’ai la même chose que l’autre ou pas ?” 

Or en réalité, cette égalité n’est pas atteignable. C’est une utopie de penser qu’on va toujours, à chaque instant de la vie, donner la même chose à chaque enfant. D’abord parce qu’ils n’ont pas la même chose, par définition, depuis qu’ils sont nés. Ils ne sont pas dans la même famille : il y en a un qui est l’aîné, alors que l’autre ne l’est pas déjà. 

Ils ont également des parents qui sont différents, car les parents ont évolué entre le premier enfant et le deuxième. Ils ont des parents qui sont différents, car ils ne sont peut-être pas dans la même situation de vie, peut-être que le lieu d’habitation est différent, peut-être que le travail de l’un ou des 2 est différent. Bref, ce n’est pas la même vie ! Donc, ils n’auront pas la même chose au même moment, et ça c’est une première chose. C’est la réalité ! 

Parce qu’ils n’ont pas le même caractère non plus, d’accord. De plus, non seulement c’est une “réalité” parce qu’on peut pas faire autrement, mais c’est une réalité aussi, parce que c’est souhaitable. Chaque enfant est différent. Là je reviens sur le fait qu’ils n’ont pas le même caractère. Chaque enfant est différent, a des envies différentes, a des besoins différents,… Et donc l’idée, c’est d’apporter à chacun selon ses besoins. 

On n’est pas dans une question d’égalité : tout le monde doit avoir la même chose. Bien évidemment, on grandit dans une société qui nous apporte énormément cette notion. C’est pour ça que l’on a du mal à sortir de ce modèle. C’est vraiment ancré dans notre culture “Liberté, Egalité, Fraternité”. D’ailleurs à l’école, il y a énormément de choses qui sont fondées sur ce principe d’égalité. Bien que dans les programmes, on explique aux enseignants qu’il va falloir faire de la diversification, en fonction du profil de chacun.

On est quand même encore et beaucoup dans cette logique héritée : “Chacun doit avoir la même chose”. Et c’est d’ailleurs assez drôle de continuer à entretenir ça ! Quand les enquêtes prouvent que la France a, malgré ses grands principes d’égalité des chances finalement, un des taux de corrélation les plus forts, entre le niveau social dont l’enfant est extrait et sa réussite scolaire. Finalement, notre principe d’égalité ne fonctionne pas

Et pourquoi il ne fonctionne pas ? Parce que l’égalité à la maison, de toute façon, n’a pas lieu. Et donc finalement quelque part ce qu’il faudrait, c’est plutôt, non pas une égalité mais une équité, si on voulait donner l’égalité des chances, vous voyez ce que je veux dire !

Définition de l’équité

Donc la grande différence entre l’égalité et l’équité, c’est que l’égalité est “que tout le monde ait la même chose quel que soit le contexte, quelle que soit la personne qu’il est”. L’équité est “que chacun va avoir ce qui correspond à son besoin”. Et c’est en fait complètement logique.

Il y a plein de cas dans lesquels on ne pose pas la question de l’égalité. On ne s’est jamais dit qu’on allait nourrir notre enfant de 5 ans de la même façon que notre bébé, qui n’a que des biberons, que notre enfant de 15 ans, qui est en pleine croissance, qui est un ado et qui mange beaucoup plus. Voilà, dans ces cas-là, on apporte à chacun ce dont il a besoin. 

Sortir de la comparaison, pour se concentrer sur les besoins

Sortir des comparaisons, cela veut aussi dire sortir de l’égalité et penser à l’équité, c’est-à-dire à ce dont chacun va avoir besoin. Typiquement, s’il y en a un qui est plus petit que l’autre, peut-être qu’il aura besoin d’une chaise plus haute tout simplement. 

Voyez, moi j’aime cette image, que vous avez peut-être déjà vu, pour illustrer cette équité : 

3 personnes de taille différente derrière une barrière, qui veulent voir le match qui se passe de l’autre côté. Et en fait, si on donne une petite marche à chacun, il y en a un qui est beaucoup trop grand, parce qu’il pouvait déjà voir au-dessus sans marche du tout. L’autre, qui malgré la petite marche, reste en dessous, de niveau. 

L’équité, ce serait d’avoir une double marche pour le plus petit, une marche petite pour le moyen, et pas de marche du tout pour le grand, pour que chacun soit au même niveau. Cela, ce serait l’équité. L’idée, c’est que chacun puisse avoir les mêmes possibilités, mais pas avec les mêmes moyens. Et nous, en tant que parents, avons fourni les moyens. Donc si on se focalise sur le fait que chacun ait la même petite caisse, parce que comme ça, ils ne vont pas dire “Pourquoi lui, il a ça, et pas moi ?”, on entretient cette comparaison et finalement, en plus, on n’apporte pas à nos enfants ce dont ils ont chacun réellement besoin.

Sortir de l’égalité et se diriger vers l’équité

Alors maintenant, comment fait-on pour réellement sortir de cette égalité ? Ce n’est pas évident, d’accord, mais c’est assez fondamental ! D’ailleurs dans Frères et sœurs sans rivalité de Faber et Mazlish, il y a une phrase que j’aime beaucoup, qui dit “Bien qu’ils semblent vouloir exactement les mêmes choses, ils ne le veulent pas vraiment”. Et pourquoi ne le veulent-ils pas vraiment ? Parce que chacun de nos enfants, comme chaque être humain, a envie d’être reconnu pour ce qu’il est lui, il a envie d’être unique, il a envie d’avoir de l’importance, il n’a pas envie d’être géré comme un autre dans un paquet et que tout le monde soit pareil. Il a envie qu’on le voit lui, d’accord.

Chaque enfant est unique

Donc la clé pour ça, c’est de réussir à traiter notre enfant, comme s’il était unique ! A chaque fois, il faut revenir à lui, et même quand il nous parle de l’autre, on va essayer de revenir à lui. On essaie d’entendre ce qu’il nous dit et de revenir à ce qu’il en a déduit. 

Par exemple, “Mais pourquoi ma sœur a encore un copain, et moi, je n’en ai jamais ! C’est toujours Les copains de ma sœur qui viennent à la maison. Et c’est jamais les miens !”

Là par exemple, c’est lui qui fait la comparaison. Ainsi, nous au lieu d’essayer de nous justifier, en disant : “Mais non, regarde elle a un copain, mais elle n’en avait pas eu depuis 2 mois”, on va plutôt répondre en écoutant ce qu’il nous dit, en répondant à ce qu’il veut lui. C’est-à-dire : “Tu aimerais recevoir plus de copains ? Tu aimerais inviter qui toi ?” En ne parlant plus de sa sœur, le plus possible, vous voyez. On essaie de se recentrer sur lui, sur l’enfant en lui-même. C’est ça qui compte ! Il a besoin d’être entendu, pour lui, par rapport à lui et pas par rapport à sa sœur. 

Je sais que ce n’est pas complètement évident et que ça demande un petit peu de temps et d’entraînement. Mais je vous assure que cela peut réellement changer l’ambiance au sein d’une famille.

De plus, au-delà de l’écoute de nos enfants et de comment on peut réagir à ce qu’ils disent, il y a aussi nos comportements. Nos comportements qui, implicitement, vont vers une recherche d’égalité, tout simplement parce qu’on ne sait pas comment faire autrement. Et on a l’impression que c’est l’égalité qui va éviter la dispute. 

Un exemple concret dans mon prochain Podcast

La fois prochaine, je vous donnerai ma lecture et des options différentes dans un cas très précis : celui d’une maman qui m’a écrit, une maman, qui suit la formation En finir avec les disputes dans la fratrie, qui est donc déjà dans une démarche de sortir des comparaisons, pour baisser un petit peu la rivalité entre ses enfants. 

Elle m’a envoyé cette anecdote concrète : elle est dans une situation où elle se rend compte la veille au soir qu’il n’y aura pas assez de céréales pour les deux enfants le lendemain matin. Donc pour éviter la dispute du matin, elle sépare les céréales en deux pots égaux, comme ça, elle est sûre qu’elle évite les drames. En fait, ce qu’elle dit : “Je sens bien que dans ces cas-là, j’entretiens le principe de l’égalité, mais je ne vois pas comment faire autrement”. Et je comprends très bien qu’elle ne voit pas comment faire autrement, puisque c’est comme ça que l’on nous a appris les choses.

Voilà, ce sera le cas dont on parlera la prochaine fois, dans le prochain épisode. Abonnez-vous, si vous ne voulez pas le rater ! En attendant, j’espère que cette réflexion, autour de la comparaison et de l’égalité, vous aura aidé à comprendre comment baisser la rivalité dans votre famille, si c’est quelque chose auquel vous faites face. 

N’hésitez pas à partager cet épisode avec d’autres parents, si vous pensez que cela pourrait leur être utile. 

A très bientôt!

Faites-vous partie de ceux qui croient que l’éducation positive est synonyme de parent toujours zen ?

Croyez-vous ceux qui vous disent qu’il s’agit de toujours rester calme ?

Essayer d’appliquer ainsi la parentalité positive serait pour moi une erreur.

Ce serait imaginer que la colère n’a pas de vertu. Elle en a !

Quand nos limites sont dépassées, il est normal, et même souhaitable de ne pas se sentir calme !

La question est de savoir, en revanche, comment on va exprimer notre colère.

Et c’est là que tout change.

Non, je ne crie plus sur mes enfants, mais oui, je m’énerve encore.

Vous voulez creuser un peu cette différence avec moi ?

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Si vous préférez lire, en voici également la retranscription.

Le mythe du parent zen 

On associe souvent cela à l’éducation positive. Et vous, y croyez-vous ? 

C’est ce dont on va parler dans cet épisode. Je m’appelle Coralie. Et à travers mes formations, mes conférences et toutes les ressources du blog Les 6 doigts de la main, j’accompagne les parents et les professionnels sur Le chemin de l’éducation positive

D’où vient ce mythe ?

C’est la première question. La semaine dernière, j’animais un café-rencontre avec des parents et une maman m’a dit : “Ah oui ! Mais c’est tellement difficile. Parfois, on a juste envie de péter les plombs. Et à ce moment-là, il faut dire : Oh oui, mon chéri, comme je te comprends.” 

Alors non, je ne sais pas qui a diffusé cette idée qu’il fallait toujours dire : “Oui, mon chéri…” sur un ton doucereux. Ce mythe est un peu de la famille orangeade, dans laquelle le parent zen ne s’énerve jamais, fait de la méditation et contrôle tout, et tout le temps. 

En réalité, je pense que ce mythe vient d’une certaine réalité, qui fait qu’on s’énerve moins. Et ça, c’est vrai. 

Mais est-ce que vraiment, on ne s’énerve plus du tout ? Voilà ce que j’aimerais creuser. Et je vais vous parler également de la façon dont on s’énerve quand on essaie d’être un parent dit positif

Les parents positifs ne s’énervent plus du tout

Alors qu’est-ce que ça veut dire ? D’où vient ce mythe réellement ? D’où vient cette idée que le parent positif ne s’énerve pas ? Ainsi, ce qui est intéressant, c’est effectivement quand on avance sur le chemin de la parentalité positive, on arrête de s’énerver “pour tout et n’importe quoi”, et ça, je l’ai vécu. 

Le premier pas que j’ai fait concrètement sur ce chemin, le premier pas conscient que j’ai fait parce que la question en éducation m’intéressait déjà depuis un bon moment. J’avais déjà appris des choses, bien que je ne connaissais pas les termes de parentalité positive, de parentalité bienveillante, d’éducation bienveillante, de toutes les manières dont on veut bien l’appeler, qui pour moi, reviennent un peu au même. Et donc, je ne rentrerai pas dans le débat du vocabulaire utilisé. 

Ce qui est sûr, c’est que mon premier pas, sur ce que je disais, et c’était mon premier pas concret : c’était la décision de dire “Je ne veux plus crier sur mes enfants”.

Est-ce qu’aujourd’hui, plusieurs années plus tard, j’ai atteint cet objectif ? Oui. Est-ce que ça veut dire que je ne m’énerve plus jamais ? Non. C’est pour moi vraiment deux choses différentes

Le fait de crier sur ses enfants

Parlons donc un petit peu de la première, c’est-à-dire le fait de crier sur ses enfants. En réalité, pourquoi est-ce qu’on crie sur nos enfants ? Parce qu’on est débordé(e)s par nos émotions, parce qu’on est dépassé(e)s, on est démuni(e)s et parce qu’on les rend responsables de ce qui nous arrive à ce moment-là. 

Et effectivement, on peut justifier ça en disant que ce sont leurs comportements qui activent nos propres réactions. 

Le parent positif, lui, est un parent conscient. C’est un parent qui se forme. Vous pouvez d’ailleurs à ce sujet aller écouter mon podcast précédent sur l’apprentissage de la parentalité positive. C’est un parent qui apprend à mieux comprendre les comportements de ses enfants et qui apprend aussi à mieux comprendre les émotions, aussi bien celles de ses enfants que les siennes, et à comprendre le mécanisme des émotions. Et qui sait donc, en particulier, qu’il est responsable de ses émotions. 

Quoiqu’il arrive, il y a une circonstance extérieure et un comportement, qui est peut-être celui des enfants, qui est un déclencheur de sa colère, mais ça n’en est pas la cause profonde.  

D’ailleurs, vous avez remarqué à quel point vous vous énervez probablement beaucoup plus facilement les jours où vous êtes fatigué(e) ou stressé(e) par votre travail, etc, que les jours où vous êtes reposé(e) et tout simplement patient(e), joyeux(se), plein(e) d’énergie. N’est-ce pas ? 

Pourtant, les actions peuvent être les mêmes. Votre colère vient de vous, elle vous appartient. Donc, rendre les enfants responsables, c’est un peu injuste, en fait. D’autre part, quand on comprend mieux nos enfants, on pose un autre regard sur eux. On s’énerve moins contre eux, parce qu’on comprend mieux d’où vient ce comportement qui nous déplaît. Donc, on a une autre perspective et on le fait du coup plus facilement, plus naturellement, tout simplement, on s’énerve moins. Donc, il y a moins de moments où l’on a envie de crier, parce qu’on est tout simplement moins souvent en colère. Ça, c’est le premier point, le fait de crier sur ses enfants. 

La différence entre le fait de crier sur ses enfants et le fait de ne jamais se mettre en colère

Mais la deuxième chose qui fait vraiment la différence entre le fait de crier sur ses enfants et le fait de ne jamais se mettre en colère, c’est que quand on devient un parent positif, on comprend qu’il y a d’autres manières d’exprimer sa colère que de crier sur ces enfants justement. 

Il y a d’autres façons de faire. Il y a d’autres façons de l’exprimer. Ça ne veut pas dire qu’on ne va jamais être en colère, et voilà la différence. 

Alors pourquoi est-ce qu’on ne va jamais être en colère ? 

La colère

Voyons voir. Parlons un petit peu de colère. La colère, vous le savez, c’est une émotion. C’est même une des 4 émotions de base. C’est-à-dire que selon la littérature, il y a plusieurs émotions qui sont considérées comme des émotions de base. Non, ce n’est pas vrai ! 

Il y a plusieurs émotions, tout court. Il y en a un nombre fini… Tout le reste, tous les autres sont plutôt des sentiments. Et là, je vous renvoie un article de mon blog sur la différence entre un sentiment et une émotion

Et donc, il y a plusieurs émotions. Dans la littérature, il y en a entre 4 et 8. En tout cas, tout le monde se rejoint sur le fait qu’il y en a au moins 4, qui sont ce qu’on appelle les émotions de base, à savoir la colère, la joie, la peur et la tristesse. 

La colère est donc une des émotions de base. Tout le monde est d’accord pour ça. Or, toutes nos émotions sont utiles. Car nos émotions sont des signaux. La CNV dit pour citer Marshall Rosenberg : “Nos émotions sont des indicateurs de nos besoins satisfaits ou insatisfaits”. Ce sont des messagers ! 

Et c’est exactement ça, Thomas d’Ansembourg parle de voyants orange sur le tableau de bord d’une voiture. Nos émotions nous permettent de nous rendre compte qu’il y a quelque chose qui fonctionne ou qui ne fonctionne pas. Quand on est en colère, il y a un voyant orange, voire rouge qui nous dit : il y a quelque chose ici qui ne me convient pas ! 

Alors chacune de ces émotions a sa propre fonction. Chacune a une espèce de mécanique qui va avec et des effets physiques, et également une raison d’être. La colère est précieuse pour réussir à placer nos limites, à garder notre intégrité (en termes de limites physiques), mais aussi en termes de limites, de respect, etc.

Donc quand on se met en colère, quand on se sent en colère, c’est régulièrement parce qu’on considère qu’il y a quelque chose qui ne correspond pas aux limites qu’on voudrait poser. Si on ne se met jamais en colère, si on n’exprime jamais sa colère, ça veut dire qu’on ne pose plus ses limites. 

La colère est utile

La colère est utile. Donc, il n’est pas question de la supprimer. Vous voyez, on peut faire le parallèle avec justement une éducation très traditionnelle, où l’on empêchait les enfants, et en particulier les petites filles, de se mettre en colère. Il fallait être sage, sage comme une image, n’est-ce pas ? C’est-à-dire sans bouger, sans rien dire, etc. 

Qu’est-ce qu’être sage signifie-t-il, à votre avis ? Est-ce que ça enseigne à poser ses limites ? Certainement pas. 

La question, c’est plutôt de savoir accueillir sa colère, la comprendre et l’exprimer de manière adéquate.

Et elle est là la différence, entre le fait d’être un parent qui crie sur ses enfants parce qu’en fait sa colère monte, avec probablement de bonnes raisons, d’ailleurs pas probablement, mais toujours avec de bonnes raisons. 

Si on a une émotion en nous, elle a une raison d’être là. Elle nous envoie un signal. Elle nous envoie une information qu’il est bon d’écouter. Mais le parent qui n’est pas conscient ne va pas forcément comprendre le message, ne va pas forcément l’écouter. 

Il a appris à juste rendre les autres responsables de sa colère et donc à crier sur la personne qui est en face de lui, en l’occurrence ses enfants. Dans d’autres contextes, ça pourrait être quelqu’un d’autre d’ailleurs. 

Savoir écouter sa colère

On voit bien des scènes dans la rue où les gens se crient dessus et s’insultent au besoin, parce que c’est leur façon d’exprimer leur colère. On n’a pas appris à exprimer notre colère. 

La différence, l’autre modèle, l’autre façon de faire, que propose l’éducation bienveillante, et d’ailleurs, pas mal de démarche de développement personnel type communication non-violente également, c’est d’écouter sa colère, de la comprendre et de l’exprimer en prenant toute la responsabilité.  

Si vous voulez en savoir plus là-dessus et si vous avez le même défi que celui que j’avais eu au début, je vous encourage à suivre la formation Des clés pour arrêter de crier que vous trouverez sur la page de formation du blog Les 6 doigts de la main

Comment réussir à exprimer sa colère ?

En tout cas, la question, c’est du coup comment je vais réussir à exprimer ma colère ? Aujourd’hui, si je ne crie plus sur mes enfants, ça ne veut pas dire que je n’ai pas de temps en temps mon ton qui monte quand il y a quelque chose avec lequel je ne suis pas d’accord. 

Imaginons une situation, par exemple, un enfant joue avec un objet qui m’appartient et dont il ne prend pas soin. Eh bien, je ne suis pas d’accord et je ne veux pas lui dire avec de la douceur dans la voix : “Non, mon chéri, on ne fait pas comme ça !” Si ça fait cinq fois que je le lui dis. Bien sûr que non, parce qu’ intérieurement, moi, je suis en colère et je vais pouvoir lui dire avec un ton qui monte : “Ah non, je ne suis pas d’accord ! Je ne supporte pas de voir qu’on ne prenne pas soin des affaires. Ça fait trois fois que je te le dis. Et moi, je n’aime pas avoir à répéter ! J’ai envie que dans ma famille, on prenne soin des affaires. Et j’ai le droit de le dire.” 

Et vous voyez bien la différence : quand je le dis comme ça, en parlant de moi et de ce qui est important pour moi, du fait que ce n’est pas OK pour moi, de ce à quoi je tiens. Avant, j’aurais pu dire, par exemple : “Non, mais qu’est-ce que tu fais là ? Ça ne va pas. Ça fait trois fois que je te le dis. Tu vas finir par m’écouter, oui ou non ?”. Là, je chercherai finalement plutôt à enseigner une certaine obéissance. Genre, je te l’ai dit, tu obéis, et c’est tout. 

Alors ensuite, on peut aussi discuter de ce qui se passe après mon moment de colère. C’est-à-dire que mon but était quand même d’en appeler à la motivation interne de l’enfant, je vais pouvoir en parler une fois que je serai redescendue.

Et ça, c’est la clé aussi dans la démarche. C’est-à-dire que je vais pouvoir après lui dire : “Qu’est-ce qui s’est passé tout à l’heure-là, avec cet objet ? On a déjà parlé de prendre soin des affaires. Ce n’est pas important pour toi ? Où est-ce que tu avais l’impression que ça n’allait pas l’abîmer ?”

On peut toujours revenir dessus. On peut toujours réexpliquer, et même quand on a “dérapé”. On peut revenir, demander pardon, s’excuser, dire qu’on ne s’est pas comporté comme on aimerait se comporter. 

Parce que, nous aussi, on est sur un chemin sur lequel on cherche notre positionnement. Comme eux d’ailleurs, on veut leur apprendre à se parler respectueusement, mais on l’apprend également puisqu’on ne l’a pas appris en grandissant. Donc, on va leur reprocher les moments où ils ne le font pas. 

La coéducation

Mais finalement, c’est une coéducation. On apprend avec eux. On peut tout à fait leur transmettre ce message-là, leur dire : pour moi non plus, ce n’est pas facile. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour progresser sur ce chemin ? Est-ce qu’on peut s’aider les uns les autres ?

Quand j’ai commencé à apprendre l’éducation positive et que j’avais décidé d’arrêter de crier sur mes enfants, une des premières choses que j’ai apprises, c’est l’expression “le cerveau dans la paume de la main”. 

Le cerveau dans la paume de la main

Je ne sais pas d’ailleurs si c’est une des premières choses que j’ai apprises, mais enfin, c’est venu assez rapidement. Et pour ceux et celles qui connaissent cette représentation, le cerveau dans la paume de la main montre un geste quand on est débordé(e)s par nos émotions.

Et du coup, j’en avais parlé avec mes plus grands et on avait adopté ce geste à la famille. Et quand je sentais que ma colère l’emportait et que mes mots, du coup, n’allaient pas être adaptés parce que je n’avais pas encore appris à réellement exprimer autrement ma colère, c’était tout ce que je faisais. Je montrais le geste et je disais à mon fils, je me souviens 12 ans à l’époque. Je lui disais : “Là, je suis comme ça, donc je ne veux pas parler ”. Et c’est tout.

Et là encore, on voit bien que je n’avais pas encore les compétences pour ne pas lui crier dessus, si je laissais s’exprimer ma colère. Mais pour autant, je ne faisais pas semblant de ne pas être en colère et je prenais déjà la responsabilité de ma colère. Moi, je suis comme ça, je me sens comme ça. Et là, je ne suis pas capable. Donc, on en reparlera plus tard. C’était ça que je lui disais. 

Et au fur et à mesure, évidemment, j’ai appris à mettre d’autres mots sur ma colère que ceux qui accusent et qui dénigrent. J’ai appris à en prendre la responsabilité, à utiliser le message JE. Tout un tas d’outils que vous pouvez évidemment apprendre également ou affiner, creuser plus si vous en avez envie, besoin et en fonction d’où vous en êtes sur ce chemin. J’ai plusieurs programmes qui peuvent vous y accompagner. N’hésitez pas à m’envoyer un message et qu’on en discute pour savoir ce qui vous conviendrait le plus pour passer à l’étape suivante sur le chemin sur lequel vous avancez.

J’espère avec plaisir et si vous connaissez d’autres personnes que ce podcast pourrait aider. Partagez-le 

À bientôt !