C’est la réflexion d’une maman qui m’a écrit après avoir lu mon article Parler vaut mieux qu’une punition. Face à une attitude de son fils qui l’a profondément dérangée, elle avait choisi de le punir… et s’est demandé après coup si c’était vraiment la bonne réaction.
Dans cet épisode, je réponds à sa question, et plus largement à une idée très répandue : ➡️ lorsqu’un comportement nous choque ou nous inquiète, faut-il forcément punir pour que l’enfant comprenne ?
Nous allons explorer ensemble : ➡️ pourquoi la punition peut sembler “logique” ou nécessaire sur le moment, ➡️ ce qu’elle produit réellement chez l’enfant, ➡️ pourquoi elle est souvent contre-productive à long terme, même lorsqu’on veut bien faire, ➡️ et surtout, quelles alternatives permettent de poser un cadre clair sans passer par la punition.
Je vous partage aussi ce qui se joue souvent derrière notre besoin de “marquer le coup” : la peur, la colère, l’impuissance, le besoin d’être entendu… et comment accompagner un enfant autrement, sans minimiser ce qui s’est passé.
Un épisode pour réfléchir à notre posture de parent, sortir du réflexe punition, et trouver des façons plus constructives d’aider nos enfants à apprendre de leurs erreurs.
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2026/06/Punir-pour-marquer-le-coup.jpeg?fit=1573%2C1953&ssl=119531573Nicolehttps://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.pngNicole2026-06-10 13:11:582026-06-10 15:52:57Punir pour marquer le coup ?
En tant que parents il n’est pas toujours simple de savoir quoi faire des émotions de son enfant.
Les pleurs qui durent, les colères soudaines, la tristesse qui surgit “sans raison”, la joie débordante aussi parfois… Tout peut vite devenir intense, déroutant, épuisant.
Vous oscillez peut-être, comme beaucoup de parents, entre deux élans. A la fois vouloir accueillir ce que vit votre enfant, et souhaiter que cela s’arrête vite. Le quotidien ne permet pas toujours de “prendre le temps”.
Accompagner les émotions de votre enfant n’est pas une question de recettes miracle ou de contrôle.
C’est avant tout un chemin de compréhension et d’ajustement, qui se construit pas à pas – pour votre enfant, mais aussi pour vous.
C’est de cette intention qu’est née notre série d’articles et choix d’outils. Elle vise à vous aider à accompagner votre enfant avec plus de clarté et de bienveillance.
Ceci est notre article de référencement. Il regroupe une partie de nos ressources à ce sujet ainsi qu’une sélection de supports et sera complété au fur et à mesure.
(article écrit par Emilie)
Pourquoi les émotions sont au cœur de la parentalité
Les émotions font partie intégrante du bien-être de tout être humain et a fortiori du développement de l’enfant. Elles sont le langage de notre corps pour nous indiquer ce qui compte, ce qui fait souffrir, ou ce qui a besoin d’attention.
Chez l’enfant, cette dimension est encore plus spécifique, car son cerveau est en pleine construction. Les émotions y circulent fortement et sans filtre. Elles agissent comme des vagues successives sans que l’enfant ait encore les “outils internes” pour les modérer ou les mettre en attente.
Ces vagues émotionnelles ne sont ni des caprices ni des obstacles à contourner. Elles sont des signaux : elles indiquent un besoin, une limite franchie, un ajustement nécessaire.
Dans votre quotidien de parents, il est normal de ressentir que ces émotions sont parfois un problème à gérer. Vous pouvez vouloir calmer, distraire ou faire taire ces vagues… C’est encore plus vrai si vous êtes fatigué·e ou que vous n’avez pas appris à faire autrement. Beaucoup d’adultes ont grandi en mettant leurs émotions de côté ou en les laissant exploser, faute de savoir comment les traverser.
Accueillir les émotions de votre enfant ne signifie pas tout accepter ni tout laisser passer. Cela signifie reconnaître ce qui se vit, donner une place à l’émotion, tout en maintenant un cadre respectueux et sécurisant.
C’est un équilibre à la base de la parentalité bienveillante.
Lorsque vous comprenez mieux ce que sont les émotions, à quoi elles servent et comment elles s’expriment, il devient plus facile de les accompagner sans vous sentir dépassé.e, ni vous oublier vous-même.
Les grands enjeux pour accompagner les émotions
Pour accompagner les émotions de votre enfant, il est utile de comprendre que ce chemin se construit en étapes complémentaires.
Cette série d’articles a été pensée pour vous offrir un parcours clair et relié qui mêle compréhension, expression et régulation.
Chacun est conçu pour être lu indépendamment, tout en s’inscrivant dans un réseau plus vaste pour approfondir la pratique et la réflexion.
1- Identifier / Comprendre
Avant de savoir comment accompagner, il est essentiel de comprendre ce qu’est une émotion, à quoi elle sert et comment elle se manifeste.
Cette étape aide le parent à décoder les signaux de son enfant et à normaliser ce qui se vit.
Mettre des mots sur ce qui se vit est un outil puissant pour vous et pour votre enfant. Cette étape permet de donner une existence aux émotions , de faciliter leur expression sans jugement et ainsi de mieux se comprendre.
…. d’autres articles et outils à venir pour vous accompagner sur cet aspect.
3. Réguler / Gérer
Accompagner les émotions passe aussi par la régulation et la gestion des vagues émotionnelles, sans chercher à les faire disparaître, mais en offrant un espace qui sécurise.
Accompagner les émotions de vos enfants, ca remue les vôtres
Accompagner les émotions de votre enfant touche autant vos émotions que celles de votre enfant. Il est normal de se sentir parfois dépassé, frustré, impuissant ou en colère. Accepter et reconnaître ces émotions chez soi, tout en accompagnant celles de l’enfant, est une partie intégrante du chemin vers une relation plus harmonieuse et authentique.
Rappellez-vous : les émotions ne sont pas un problème à résoudre, elles sont des signaux à accueillir. Les difficultés que vous pouvez rencontrer ne reflètent ni un échec ni un manque d’amour. Elles font partie de l’apprentissage de la parentalité.
Chaque parent avance à son rythme, avec ses propres ressources, son histoire et ses limites.
La parentalité bienveillante n’est synonyme ni de perfection ni de laxisme. Elle consiste avant tout à observer, écouter et valider ce que l’enfant ressent, tout en maintenant un cadre sécurisant.
C’est cette constance, même imparfaite, dans l’accueil des émotions et le cadre, qui construit chez votre enfant une confiance en ses propres ressentis et favorise la coopération.
Des supports pour accompagner les émotions
Pour mettre en pratique ces notions au quotidien, il est utile que vous ayez des outils concrets.
Plusieurs articles proposent des ressources ( à imprimer ou non) , faciles à utiliser à la maison ou à l’école/. les voiçi récapitulés ici :
La roue des options : un support concret à faire soi même pour apaiser la colère et explorer différentes façons de se calmer (Accéder à notre article).
…. d’autres outils à venir pour vous accompagner.
Ces supports permettent de donner des repères visuels et pratiques pour faciliter la discussion et la régulation émotionnelle Ils sont particulièrement efficaces pour :
mettre des mots sur les émotions
réduire l’intensité d’une vague émotionnelle
créer un moment de connexion entre parent et enfant
encourager l’autonomie de l’enfant dans la gestion de ses émotions
Chaque outil est pensé pour être utilisé à votre rythme, dans le respect des besoins et limites de votre enfant, et pour renforcer la constance et la sécurité émotionnelle que vous lui offrez.
Chaque pas compte pour accompagner les émotions et grandir ensemble
Nos articles sur les émotions vous accompagnent pas à pas dans la compréhension, le langage et la régulation des émotions de votre enfant.
Chaque article peut être lu indépendamment ET avec d’autres . Ils forment un réseau qui aide à construire une relation plus harmonieuse, authentique et confiante avec votre enfant.
Ce parcours s’enrichit constamment : de nouveaux articles, outils et supports viendront progressivement enrichir la série pour répondre à vos besoins et questions.
N’hésitez pas à revenir régulièrement, à explorer, à tester avec votre enfant.
Chaque petit pas compte, et chaque geste d’accompagnement est une pièce du puzzle qui aide votre enfant à développer son intelligence émotionnelle.
Enfin, rappelez-vous : accompagner les émotions, c’est aussi prendre soin de soi en tant que parent.
Observer, écouter et valider ce que vit votre enfant, tout en restant à l’écoute de vos propres émotions, est le meilleur moyen de créer une relation durable et bienveillante.
On ne le dit pas assez, mais devenir parent s’accompagne d’une pression silencieuse : être une “bonne mère”, un “bon père”, un parent irréprochable.
On veut bien faire, on veut même trop bien faire. Et c’est là que s’installe le stress : cette sensation de ne jamais faire assez, de ne jamais être assez.
Le problème, ce n’est pas vous. Le problème, c’est le mythe.
Le mythe de la “bonne mère ”, le mythe du parent parfait, toujours disponible, toujours calme, toujours patient.e, qui cuisine bio, joue par terre, organise l’anniversaire le plus extraordinaire, pose des limites idéales et ne faillit jamais.
Ce parent qui coche toutes les cases, il n’existe pas.
Pourtant, on se compare, on se juge, on s’épuise, on s’énerve et on finit par perdre ce qui compte le plus : la qualité du lien avec ses enfants.
Note : cet article a été écrit par Emilie
Le poids des injonctions parentales
Vouloir être une “bonne maman” , « un super papa » peut vite devenir un piège.
Aujourd’hui, être un “bon parent” ressemble à une performance inatteignable :
épanoui.e au travail, dans son couple et présent.e pour les enfants
créatif.ve, calme, bienveillant.e, informé.e, connecté.e mais pas trop
Bref largement de quoi se sentir « jamais assez bien » ! Vous l’entendez vous aussi cette petite voix intérieure qui répète qu’on aurait dû faire mieux, parler autrement, être plus patient.e, manger autre chose que ce surgelé , jouer plus longtemps…
Cette pression et ce stress ne sortent pas de nulle part. Les réseaux sociaux, les articles bien intentionnés mais culpabilisants, les attentes familiales, les comparaisons permanentes… tout cela nourrit ce que beaucoup de chercheurs appellent aujourd’hui le perfectionnisme parental, un facteur de risque identifié duburnout parental.
Redéfinir ce que signifie être une « bonne mère »/ « un bon père »
Et si on changeait de perpective ?
Un enfant n’a pas besoin d’un parent qui réussit tout, qui performe. Il a besoin d’un parent conscient, présent, authentique.
Ce n’est pas une posture fixe. C’est un chemin, une danse. C’est unique dans chaque famille.
Et c’est ce parent-là qui aide l’enfant à développer sécurité intérieure et confiance en lui.
5 clés concrètes pour s’affranchir du mythe de la « bonne mère »/ du « bon père »
Clé 1 — Cesser de se comparer
Il n’existe pas UNE bonne façon d’être parent. Il existe votre façon, adaptée à vos enfants, votre énergie, votre histoire.
Astuce concrète : Notez chaque soir une situation que vous avez gérée avec vos moyens du jour — même si c’était imparfait. Ça entraîne le cerveau à sortir du “jamais assez”.
Clé 2 — Voir les doutes comme un signe d’amour
Douter ne veut pas dire que l’on est un mauvais parent. Bien au contraire ! C’est un signe que l’on veut bien faire, que l’on se soucie.
Reformulation utile : Remplacez “Je ne suis pas à la hauteur” / « je n’y arriverai jamais »… par “Je suis un parent qui apprend.”
Ce simple changement de pensée apaise la pression interne.
Clé 3 — Prendre soin de son énérgie
Un parent épuisé finit toujours par s’énerver plus vite. Un parent rechargé est plus disponible.
un repas simple mais serein plutôt qu’un repas « Instagram »
une activité qui vous ressource pour mieux vous connecter aux enfants après
Ce sont ces petites habitudes qui changent la dynamique familiale. Nous avons besoin d’énergie pour offrir de la présence, de la patience, de la sécurité.
Clé 4 — Miser sur la qualité de présence plutôt que sur la quantité
Les enfants n’ont pas besoin d’un parent toujours disponible Ils ont besoin de moments courts mais vraiment présents. Gardez à l’esprit que souvent 10 minutes de pleine présence ( sans téléphone ni aucune autre distraction ) créent plus de connexion qu’1h de présence distraite.
Idées de mini-rituels :
10 minutes de “je t’écoute” au moment du retour de l’école
l’acceptation que certaines journées soient juste simples, pas incroyables.
Ces repères aident à retrouver du calme, du sens, de la stabilité et à apprécier le moment présent.
Vous êtes déjà une « bonne mère »/ un « bon père »
Derrière votre envie d’être “une bonne mère” ou “un bon père”, il y a… de l’amour. Cet amour, cette conscience, cette volonté d’accompagner suffisent déjà.
Les enfants ont besoin de vous, telle que vous êtes : sincère, présent.e, imparfait.e, parfois vulnérable.
Si vous vous posez la question, vous êtes déjà en train d’ inventer votre propre manière d’être un bon parent … et c’est exactement ça qui compte !
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2026/01/bonne-mere.jpeg?fit=2048%2C1538&ssl=115382048Emilie Nesmehttps://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.pngEmilie Nesme2026-03-23 16:32:452026-03-23 16:32:46Cessez de chercher à être une « bonne mère » / un « bon père »
Dans cet épisode, je vous partage le témoignage d’une maman membre de Point de rencontre + qui s’est retrouvée face à une situation très concrète : sa fille voulait porter une robe d’été… en plein hiver. Au départ, évidemment, cela a créé un blocage chez elle. La peur que sa fille tombe malade, le regard des autres… en peu de temps, la situation se cristallisait en lutte de pouvoir incessante. Dans cet épisode, vous entendrez son expérience : comment elle a traversé ce moment, ce qui l’a aidée à prendre du recul, et le rôle qu’a joué l’environnement du jardin d’enfants en Autriche, où les enfants sont davantage accompagnés. Un épisode qui parle de peurs de parents, de confiance envers les enfants, et de la manière dont notre environnement éducatif et culturel peut soutenir ou compliquer nos choix de parents.
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Ce week-end, je me suis rendue à la 7ème édition du congrès Innovation en Education, qui avait lieu à Nimes. L’idée de ce congrès, organisé par Julien Peron, c’est de réunir des acteurs du monde éducatif (et en particulier beaucoup d’enseignants) autour de conférences sur le sujet.
C’est toujours l’occasion d’une part de s’enrichir d’idées et de connaissances, d’autre part d’échanger avec des personnes qui vont dans le même sens que nous, et d’entendre des retours d’expériences qui, là encore, ouvrent le champ des possibles !
Pourquoi se rendre à ce congrès ?
Je connais les évènements de Julien depuis 2018 (avant ça, je vivais trop loin de la France).
La première fois, j’étais bénévole au Festival de l’École de la Vie. Un festival qui n’a plus lieu maintenant, mais qui permettait, encore plus qu’au congrès, de se sentir moins seul…
Car je le dis tout de suite, même si ce n’est pas le 1er argument pour d’autres : l’un des intérêts de ces congrès, c’est de sentir qu’on est nombreux à bouger, ou à vouloir bouger !
A Nimes ce week-end, 800 personnes dans l’amphi.
Quand on vit son quotidien, comme moi, inspirée mais un peu seule derrière son ordi, ça fait du bien de voir l’élan de toutes ces personnes qui croient sincèrement en un autre modèle. Des personnes qui veulent révolutionner l’école, et les rapports adultes-enfants en général.
Pour le dire clairement : ça nourrit cet espérance dont on a tant besoin pour continuer à avoir de l’énergie pour avancer.
Et en écrivant ça, j’ai presque les larmes aux yeux… parce que parfois, cette énergie, elle est vraiment loin.
Parfois, au contraire, on a envie de baisser les bras, on se désespère de voir un jour les choses changer.
Parfois, clairement, c’est trop dur.
Voilà pourquoi, au delà du contenu lui-même, j’aime me rendre au congrès Innovation en Education, et refaire le plein d’espérance.
Donc, j’ai fait le trajet depuis Londres, c’était long, mais c’était chouette, d’autant qu’au passage, à Paris, j’ai retrouvé mon amie Sophie de Graphiqueasy, et que partager ce week-end avec elle, ça valait le coup en soi ! (Quand elle les aura publiées, je vous partagerai aussi un lien vers ses notes illustrées…)
Les conférences
Ceci étant dit, évidemment, le congrès tourne autour des conférences.
Le week-end était dense : il y avait 1 table ronde et 5 conférences le samedi, puis 4 conférences le dimanche.
Voici le détail du programme :
Je ne vais pas vous faire un retour/résumé détaillé de chacune de ces conférences, mais j’aimerais quand même vous transmettre certaines de mes pépites…
Je précise avant de commencer que mon retour, évidemment, ne parle que de moi.
Nous ne sonnes pas tous intéressés par les mêmes choses, et ce pour des tas de raisons.
D’abord parce qu’on écoute ces contenus avec un angle différent (un.e enseignant.e et moi, par exemple, ne cherchons pas la même chose).
Ensuite parce que nous n’avons pas les mêmes centres d’interêts. Même si nous cherchons tous à faire progresser les méthodes d’éducation dans un sens globalement commun, on l’aborde chacun sous des angles ou avec des focus un peu distincts.
Enfin, parce que nous n’avons pas tous parcouru le même chemin.
Donc, certains points semblent évidents, d’autres des découvertes, et ce ne sont pas les mêmes points que le voisin.
Ça semble évident quand je l’écris, mais ça reste parfois surprenant à constater.
Par exemple, ma voisine a pris des tas de notes dans son carnet pendant la 1è table ronde, alors que j’étais plutôt détachée ; puis elle a colorié sa couverture distraitement tandis que je notais frénétiquement ce que partageait Catherine Gueguen. Rigolo, quand même !
Donc, je vous fais MON retour, piochez-y ce qui vous correspond !
(Je saute volontairement quelques points de ce programme qui m’ont moins intéressée, et je vous partage cet article avant qu’il soit complet, sinon, je me connais, il ne paraitra jamais !!)
Catherine Gueguen : Neurosciences affectives et sociales dans l’éducation
Bien sûr, je connais depuis longtemps le travail de Catherine Gueguen, par ses livres d’abord, et par des vidéos ou podcasts. (J’avais même partagé l’une de ses conférences sur ce blog il y a 9 ans…)
Cela fait cependant un moment qu’elle ne donne plus beaucoup de conférences (à ma connaissance en tout cas), et j’étais contente de la voir !
Pour ceux d’entre vous qui la connaissent, vous savez que Catherine Gueguen a approche très scientifique : elle part toujours d’études, et elle cite ses sources.
Ça m’a donné envie d’aller creuser certaines de ces sources, et j’espère pourvoir en prendre le temps dans les mois qui viennent, donc je vous en reparlerai peut-être.
Globalement, elle est revenue sur des principes que nous connaissons bien, apportés par les neurosciences affectives et sociales.
Rappelons le contexte : les neurosciences affectives et sociales datent seulement de la fin du 20ème siècle, et révolutionnent l’éducation.
Avant cela, les recherches en neurosciences n’étaient que cognitives : le fonctionnement du cerveau au niveau du stockage et de l’apprentissage.
Avec les neurosciences affectives et sociales, on étudie le cerveau sur un plan émotionnel et relationnel.
On découvre alors que :
Le cerveau de l’enfant est beaucoup plus immature que ce que l’on imaginait
L’être humain nait avec la capacité d’être empathique et altruiste
Les humiliations verbales et physiques engendrent des troubles du comportement
La qualité de la relation avec l’enfant (empathie, soutien, encouragement…) sont essentiels pour le développement de son cerveau
Le bilan de tout cela, c’est ce pour quoi je me bats au quotidien, c’est le message que je cherche à transmettre encore et encore, et qu’elle résume ainsi :
“On ne peut plus élever les enfants comme autrefois car on SAIT.” Catherine Gueguen
Je sais. Ce n’est pas simple de changer de mode éducatif.
Qu’on veuille et qu’on n’y arrive pas, je le comprends… (et je participe comme je le peux à votre démarche d’apprentissage de l’éducation positive).
Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on ne le veuille pas.
Qu’il y ait encore des gens qui jugent qu’on n’est pas assez dur avec les enfants.
Que l’éducation dite positive crée des délinquants.
Vous êtes allés voir dans les prisons ? Vous avez vu dans quel contexte ont grandi les délinquants ??
Non, ce que dit Catherine Gueguen, et qui résonne vraiment en moi :
“La violence dite éducative est l’une des racines de la violence dans la société.” Catherine Gueguen
On pourrait le dire dans l’autre sens aussi d’ailleurs :
La violence dans la société est l’une des racines de la violence dite éducative !
Ce qui est sûr, c’est que la violence est systémique.
Et l’un de ses symptômes, c’est le harcèlement scolaire…
Voilà pourquoi je réunis chaque année des experts dans le sommet du harcèlement scolaire pour faire avancer ce sujet de société.
En tout cas, et je conclurai mes notes sur cette intervention avec cette remarque de Catherine Gueguen :
En 2026, l’éducation devrait respecter les droits des enfants.
Juste ça.
Emmanuelle Piquet : Votre enfant face aux autres
Je ne vous présente plus Emmanuelle Piquet, que vous avez vue à plusieurs reprises sur mes réseaux, qui est intervenue dans les 2 premières éditions du sommet du harcèlement scolaire, et dont j’admire et l’approche et le bagout !
Si vous ne connaissez pas encore son approche, je vous encourage à aller écouter sa présentation de la méthode à 180° qu’elle propose, et que je ne vais pas ré-expliquer ici.
Je l’ai croisée avant sa conférence, et elle m’a dit : “Mais tu vas t’ennuyer, tu connais déjà tout par coeur !”
Oui, je connais, mais je ne m’ennuie jamais en écoutant Emmanuelle.
Et puis certaines histoires touchent au coeur, même quand on les connait.
Prenons celle de Jean-Paul par exemple, un classique.
Oui, je la connais. Presque par coeur.
N’empêche… Quand j’entends Emmanuelle dire :
“Alors cassos’ ? Toujours tout seul ? Toujours pas d’amis ? En même temps t’as vu ta gueule ? Tu vas crever quand Jean-Paul ?”
Bon sang, j’ai le coeur qui se serre. A chaque fois.
Donc, j’écoute encore Emmanuelle, qui sait faire passer ses messages avec humour, et ça renforce chaque fois un nouveau point, parce qu’on n’écoute jamais exactement de la même manière.
Cette fois, par exemple, je ressors en particulier avec la difficulté d’IDENTIFIER les cas de harcèlement, ou même globalement les cas de souffrance relationnelle.
“La plupart des cas de souffrance relationnelle (au sens global du terme) passe sous le radar des adultes.” Emmanuelle Piquet
Il faut dire que ces dernières années, il y a eu de plus en plus d’actions pour agir contre le harcèlement scolaire.
Ce qui, bien sûr est une bonne chose !
Mais cela signifie que les harceleurs, ou les agresseurs selon les cas, ont appris à être plus subtils, moins visibles.
Et c’est ainsi que s’est développée une nouvelle tendance : celle de l’exclusion, de l’invisibilisation.
Selon Emmanuelle, 40% des cas de harcèlement scolaire aujourd’hui correspondant à cette catégorie.
Et ça, c’est hyper dur à voir pour les adultes de l’établissement !
C’est ce que me confirme Sandra Baudin, qui est assise à côté de moi dans l’amphi.
Ancienne CPE, formée avec Chagrin Scolaire à l’approche de Palo Alto, elle constate aussi et la difficulté de capter ces situations, et l’augmentation de ces cas, de manière complètement empirique.
Echanger avec elle après la conférence m’enrichit encore.
Ah.. parce que s’il y en a une qui connait par coeur ce que raconte Emmanuelle, c’est bien elle !
A certains moments, elle complète la phrase avant qu’elle soit dite !! Ah ah ! Ça m’a fait penser à moi devant les conférences de Thomas d’Ansembourg…
En tout cas, une remarque m’est venue en fin de conférence.
Emmanuelle a dit : “Les harceleurs, vous ne les voyez pas. Ceux que vous voyez sont des agresseurs.”
Et moi, j’ai pensé à la différence entre la violence du tigre, évidente, bruyante ; et celle de l’araignée, discrète et insidieuse.
C’est normal que j’aie pensé à ça, puisque je suis justement dans la lecture de “Le tigre et l’araignée, les deux visages de violence” d’Olivier Clerc. Evidemment, ce qu’on entend résonne toujours avec ce qu’on est en train de découvrir. Enfin.. pour moi en tout cas !
J’ai donc hâte de vous faire découvrir ces deux types de violence (j’ai rdv avec Olivier Clerc pour parler de sa participation à la 3è édition du sommet…).
Et en attendant, essayons comme on peut d’ouvrir les yeux et d’être à l’écoute !!
Delphine Py : Mieux comprendre la santé mentale des jeunes
J’ai beaucoup apprécié cette intervention de Delphine Py.
En relisant mes notes, je me dis que je n’y ai pas découvert grand chose de nouveau pour moi ; mais j’ai vraiment aimé la structure du déroulé et les idées concrètes que Delphine Py nous a proposées.
J’ai beaucoup apprécié cette intervention de Delphine Py.
Pour commencer, on a pu revoir certains des signes classiques de la période d’adolescence (je me refuse à la qualifier de “crise”, car ce n’en est pas une pour moi).
Car l’adolescence est une période sensible, bien sûr.
Or, selon l’exercice que nous a fait faire Delphine Py, quand on liste les symptômes de cette période, et qu’on la met en face des symptômes de mal-être, il y a des recoupements… (irritablité, isolement, énergie variable…)
Ce qui rend la question de la santé mentale des jeunes d’autant plus difficile à appréhender.
Qu’est-ce qui relève “juste” de l’adolescence, et qu’est-ce qui relève du mal-être ?
N’empêche, on peut se poser la question de ce sur quoi on peut agir.
Après avoir rappelé que l’un des éléments importants de la santé mentale (et pas seulement pour les jeunes), c’est LE SOMMEIL, Delphine Py nous encourage à appréhender la question sous 3 angles.
1- Le stress
Le stress est une réponse physique, mentale, émotionnelle, sociale, à une contrainte.
Or, dans la société actuelle :
“Nos ados grandissent avec un système d’alerte sollicité en permanence.” Delphine Py
En particulier, quand le stress monte, notre corps se prépare à une éventuelle fuite : le rythme cardiaque s’accélère pour envoyer pus d’oxygène à nos muscles.
La respiration se raccourcit.
L’idée de respirer profondément, d’adopter un rythme plus doux est donc une bonne idée pour faire baisser le rythme cardiaque et sortir de cet état de stress.
MAIS, cette réaction physique préparait un mouvement qui n’a pas eu lieu.
On peut donc également choisir, à la place ou en plus de rester, de BOUGER.
Je crois que c’est la première pépite que j’ai retenue de cette intervention : la tension dans mes épaules viendrait peut-être d’un manque de mouvement ?
Delphine propose donc, pour évacuer le stress, de marcher, faire des génuflexions, danser…
Ou de respirer bien sûr, mais là, je ne vous apprends rien.
2- Les émotions
Ici, Delphine ne va pas se contenter de parler des émotions.
Elle fait le lien avec les pensées qui génèrent ces émotions.
Si vous lisez les 6 doigts de la main depuis un moment, vous connaissez déjà cette notion.
Allez, pour la peine, je vous insère ici un dessin d’Art-mella (en vous encourageant à aller lire l’extrait complet ici)
J’ai constaté cependant que cette notion était nouvelle pour certaines personnes dans l’assemblée.
L’idée que les pensées puissent exister avant les émotions est perturbante au départ…
Voici la manière dont Delphine Py nous l’a dessiné, avec une idée supplémentaire : celle de la boucle qui continue !
La question est donc : d’où viennent les pensées des ados, et en ont-ils conscience ?
Là, Delphine nous parle des biais d’interprétation de l’adolescence (accrochez-vous, ça ne nous encourage pas à poser un regard trés positif sur nos ados…) :
Hostile
Anxieux
Égocentrisme
L’encouragement est donc de challenger nos ados sur leurs pensées (euh… c’est valable pour nous aussi, hein !)
0- en s’en distanciant : s’imaginer que la pensée est à l’extérieur
1- en les challengeant : d’où vient cette pensée ? Est-elle toujours vraie ?…
2- en la diffusant : c’est un fait ou une pensée ?
3- en la restructurant au niveau cognitif : Y a-t-il une autre explication possible ?
3- La boussole
Enfin, c’est le point qui me plait le plus je crois : reconnectons nos ados à ce qui donne du sens à leur vie !
J’aime bien cet angle, parce qu’il permet de se relier à ce qui est enthousiasmant dans cette période de vie qu’est l’adolescence.
Cette boussole, ce qui donne du sens à notre vie, est liée à nos valeurs.
On peut donc encourager nos ados à creuser leurs valeurs, via des questions larges :
Cite-moi 3 personnes que tu admires – Pourquoi ?
Si ton petit frère te prenait en modèle, que voudrais-tu qu’il copie ?
Et surtout, aller à leur rencontre quand leur vie “s’agite” (le terme est de moi) :
“Si cette situation te fait autant réagir, c’est que c’est important. Tu veux bien m’expliquer ?”
Enfin, on pourra les aider à relier valeurs et micro-actions..
Remarque : on avait déjà parlé des valeurs sur lesquelles échanger avec nos ados lors de la 1ère édition du sommet du harcèlement scolaire pendant l’intervention de Fany Ea intitulée : « Ce qui nous rend unique nous rend plus fort » Elle avait même ajouté des cartes valeur dans le coffret du sommet !
Nadège Pétrel : La haute sensibilité chez l’enfant
L’expérience de la colonie de vacances, c’est souvent une petite révolution familiale. On se projette, on prépare les valises, on relit la liste… et en même temps, un cocktail d’émotions nous traverse : excitation, fierté, et souvent aussi un peu de doute. Alors comment choisir la bonne colonie pour nos enfants ?
En tant que parents engagés dans une éducation respectueuse et bienveillante, nous voyons la colo comme une expérience qui peut faire grand bien à nos enfants.
La question du départ en colonie n’est pas à prendre à la légère, elle interroge des valeurs profondes : la confiance, l’autonomie, la séparation, l’écoute du rythme de l’enfant, le rapport au collectif…
Il peut être difficile de choisir, entre envies, croyances, injonctions et réalité du terrain. Alors, que penser des colos ? Quels bénéfices en attendre, et quels points de vigilance garder à l’esprit pour garantir la réussite de l’expérience ?
Dans cet article (écrit par Emilie), pas de solution toute faite ni de jugement, mais un partage de repères, d’observations et d’expériences : ce que nous percevons comme les bénéfices majeurs des colos, ce qui mérite attention, et comment rester alignés avec vos convictions.
Que vous fassiez le bilan de l’expérience d’une colo passée ou que vous réfléchissiez pour l’avenir, cet article est fait pour vous !
Les atouts d’une colonie de vacances bien choisie
Bien choisies, les colos peuvent offrir à nos enfants bien plus qu’un moment de détente loin de la maison. Elles sont souvent des expériences riches, fondatrices et joyeuses, à condition qu’elles respectent le rythme et la sensibilité de chacun.
Préparer ses affaires, retrouver ses chaussettes, suivre un emploi du temps sans rappel parental… Tout ça c’est énorme pour un enfant. Dans un cadre sécurisé, la colo permet à chacun de faire par soi-même, d’explorer sa propre manière d’être sans les automatismes familiaux. C’est une étape naturelle pour s’affirmer comme individu, tout en continuant à être soutenu.
Oser, gagner en confiance
Partir sans ses parents, dormir dans un lit inconnu, parler à des enfants qu’on ne connaît pas encore… tout cela demande du courage, en tout cas au début. Même les plus enthousiastes traversent une zone d’inconfort. Et c’est justement là que se joue quelque chose d’important : la fierté d’avoir osé. Les enfants reviennent souvent avec une petite flamme dans les yeux forts d’avoir dépassé certaines de leurs limites. Un grand timide qui parle à des inconnus ou qui monte sur scène pour une saynète c’est quelque chose !
À la colo, pas de groupes figés comme à l’école. On se fait de nouveaux copains, on s’adapte à des personnalités différentes, on apprend à prendre sa place, on gère des conflits aussi parfois. Les enfants apprennent à vivre ensemble, à faire avec le collectif et à découvrir sa richesse. Ce sont des compétences sociales clés, souvent plus facilement acquises en dehors des cadres scolaire ou familial.
Explorer, créer, s’émerveiller
Théâtre, escalade, bivouac, land art, sciences … les colos proposent souvent des activités variées qu’on ne pratique pas si facilement au quotidien. Cette diversité permet aux enfants de nourrir leur curiosité, de vivre leur passion, de s’exprimer autrement, et d’oser des choses nouvelles sans pression de performance.
S’ouvrir à la diversité et au vivre-ensemble
En colo, on rencontre des enfants qui ne nous ressemblent pas forcément. Différents milieux, origines, habitudes se côtoient… Cette cohabitation crée une occasion unique d’expérimenter la différence et l’écoute de l’autre dans la vraie vie.
De retour de sa colonie mon fils me racontait qu’on préparait 3 variantes de chaque repas : végétarien, sans lactose et régime général. Pas de jugement, juste de la curiosité. La richesse du vivre-ensemble commence souvent là.
Une respiration pour l’enfant… et pour les parents
Une séparation temporaire peut faire du bien aux petits comme aux grands. Prendre du temps pour soi, se séparer pour meux se retrouver, nous en sommes convaincues : c’est indispensable !
Ce n’est pas fuir son rôle parental mais au contraire élargir l’espace d’épanouissement de chacun. Pour l’enfant on l’a vu c’est l’occasion de vivre autre chose sur bien des plans. Pour les parents c’est un temps pour se recentrer, souffler, et parfois reprendre confiance à la fois dans ses ressources parentales et dans son enfant.
Points de vigilance : choisir sa colonie avec lucidité
La colonie de vacances peut être une aventure extraordinaire porteuse de 1000 promesses pour autant elle ne convient pas à tous les enfants à tous les moments. Nous savons combien chaque expérience doit être pensée avec l’enfant lui-même et ses besoins. Voici les principaux points que nous vous invitons à explorer pour choisir de vous lancer avec lucidité et bienveillance.
Est-ce le bon moment pour une première colonie ?
Dans l’imaginaire collectif, la colo est souvent perçue comme une étape pour grandir, presque un test d’autonomie. Mais en réalité, tous les enfants ne sont pas prêts au même moment, et ce n’est pas un problème.
Certain·es partent avec joie à 6 ans. D’autres n’en ont pas envie à 10, ou même à 12. Et c’est OK.
Un enfant qui dit non à la colo ne rejette pas l’idée de grandir. Il exprime un besoin de sécurité, un besoin de lien ou de stabilité. Il a peut-être besoin d’être plus accompagné, ou simplement d’un cadre plus souple pour faire ses expériences.
Respecter le rythme de son enfant, c’est lui dire : “Tu n’as pas à te forcer pour me rassurer. Je te fais confiance, même quand tu dis non.”
Conseil : Ce n’est pas grave si c’est « non » pour cette année. L’enfant évolue. Le refus d’aujourd’hui peut devenir un grand « oui » plus tard, à condition de ne pas forcer.
C’est ce que j’ai vécu avec mon aîné qui ne voulait entendre parler ni de colonie, ni même de centre-aéré et qui a eu le déclic à 12 ans dans le cadre offert pas son moniteur de parkour en qui il avait confiance.
L’encadrement : la clé de voûte pour une colo bienveillante
Tous les séjours ne se valent pas. Le projet pédagogique, la posture des animateurs, leur ton, la manière dont sont gérés les conflits, les besoins émotionnels ou la singularité de l’enfant… tout cela peut faire une immense différence. Un enfant peut revenir enchanté ou blessé.
C’était le cas pour Léon, le fils de Coralie, et vous pouvez lire son expérience ici : les colos de Léon
Certaines structures perpétuent des pratiques autoritaires ou infantilisantes, peu compatibles avec une éducation bienveillante. D’autres, au contraire, s’inspirent des pédagogies actives ou de la communication non violente.
Conseils : Si c’est important pour vous, lisez attentivement le projet éducatif et les avis sur le séjour. Appelez et posez des questions précises : Comment sont accueillies les émotions ? Les enfants ont-ils des temps libres ? Comment cela se passe si mon enfant refuse une activité ?
Le ton de la réponse est souvent aussi révélateur que le contenu.
Chez Coralie, l’aventure de la colo a connu des hauts et des bas… vous pouvez lire son expérience ici : les colos de Léon.
Le rythme du séjour : intensité ou « slow life » ?
Certaines colos sont très dynamiques, d’autres plus « slow life ». Mais même dans les plus actives, il est essentiel que le rythme respecte les besoins de repos, de retrait et de calme. Un enfant introverti, sensible, ou qui se fatigue vite socialement peut être rapidement saturé par un enchaînement trop intense d’activités.
Commencer par un format court peut être une excellente option : quelques jours, une petite semaine, un séjour près de chez soi, dans un petit groupe… Cela permet à l’enfant (et aux parents !) de vivre une première expérience rassurante, à taille humaine, et d’évaluer ce qui lui convient sans pression.
À surveiller : les temps de pause, la gestion du sommeil, la possibilité de se mettre un peu à l’écart, la durée du séjour, le nombre de participants… Tous ces détails font une grande différence dans le vécu de l’enfant.
La prise en compte des besoins de chaque enfant
Les enfants n’ont pas tous le même rapport au groupe. Ce qui enthousiasme l’un peut épuiser l’autre. Certains enfants se ressourcent dans le bruit et la dynamique collective ; d’autres ont besoin de moments de calme, de solitude ou de liens plus profonds avec une ou deux personnes. Et c’est complètement normal.
Chaque enfant a besoin d’être reconnu dans sa singularité, écouté, encouragé mais pas contraint.
La colo n’est pas censée forcer à « s’endurcir » mais bien proposer un cadre sécurisant et respectueux. Quand ces besoins ne sont pas entendus, l’enfant peut se refermer, se sentir seul ou en insécurité.
Conseils : Parlez en amont avec votre enfant de comment il se projette, de ses craintes, de ce qui l’enthousiasme. Impliquez-le dans la préparation. Déduisez-en ses besoins et discutez de comment ils seront pris en compte avec les organisateurs.
👉🏻 Si vous souhaitez creuser cette question des émotions et des besoins aussi bien de vous à vous qu’avec vos enfants , nul doute que nos cartes émotions et nos cartes besoins vous seront d’une grande aide
Quand la colonie de vacances bouscule aussi le parent
Envoyer son enfant en colo, c’est un pas important pour lui… et pour nous aussi. Peurs, doutes, culpabilité peuvent surgir, et c’est tout à fait normal. L’essentiel, c’est de ne pas laisser ces émotions devenir un frein, mais au contraire des leviers pour mieux accompagner.
Voici quelques pistes concrètes pour les transformer ses peurs en forces.
1. Identifier ses émotions sans jugement Prenez un moment pour vous demander : « Qu’est-ce que je ressens vraiment ? »
Peur de la séparation, peur que mon enfant souffre, doute sur la qualité du séjour… Mais aussi : excitation pour lui, enthousiasme de le voir découvrir un autre univers, hâte de l’espace que cela crée pour vous !
Reconnaître ces émotions sans culpabiliser est le premier pas.
2. Accepter le lâcher-prise, petit à petit Le premier séjour ne sera peut-être pas parfait, ni pour vous ni pour lui. C’est un apprentissage mutuel. Se donner le droit à l’erreur, à l’imperfection, ça libère.
3. Se fixer une intention positive Après ces deux étapes, petit à petit concentrez-vous sur ce que cette expérience peut apporter à votre enfant et à vous-même.
4. Préparer un rituel de retour Anticiper un moment chaleureux pour écouter l’enfant, accueillir ses émotions, partager son vécu. Cela donne une belle clôture à l’expérience.
5. Et si ce n’est pas le moment ? Parfois la réponse peut être un « non » pour cette année. C’est OK. Ce n’est pas un échec ni un frein, mais simplement le respect du rythme de l’enfant et du parent. L’essentiel est de rester à l’écoute et d’ouvrir la porte à cette aventure plus tard, quand le moment sera venu.
Une colonie choisie en conscience
Les colonies de vacances ne sont ni un passage obligé, ni une panacée. Toutefois, bien choisies, bien vécues, au bon moment, elles peuvent devenir de formidables leviers de croissance, de joie et d’ouverture.
Comme souvent en parentalité positive, tout est question d’écoute – de soi, de son enfant -, de nuance, d’alignement. Prendre le temps d’explorer, d’échanger, d’écouter, de se poser les bonnes questions avant et après la colonie est aussi riche que le séjour lui-même.
Il existe aujourd’hui une grande diversité de colonies, et c’est une excellente nouvelle. Cela permet de trouver des formules vraiment alignées avec nos valeurs éducatives… et surtout avec les besoins spécifiques de chaque enfant.
Finalement, plus encore que ses caractéristiques (sport, nature, culture…) ce qui fait une bonne colo, selon nous, c’est une structure qui respecte l’enfant, l’écoute, le soutient sans le brusquer. Un lieu où nos convictions éducatives ne sont pas mises entre parenthèses, mais prolongées autrement.
Ce qui compte, ce n’est pas tant partir en colo, que comment et pourquoi on le fait. Parce qu’on peut laisser partir son enfant sans chercher à le “durcir” ou à le confronter à tout prix. Parce qu’on peut croire en la richesse du collectif tout en continuant à valoriser l’individu.
L’autonomie, la confiance, le lien aux autres… sont de magnifiques trésors. Si la colo peut être une belle occasion de les cultiver, il existe mille chemins pour apprendre à se connaître, s’ouvrir aux autres et découvrir ses forces.
La colonie n’est qu’une option parmi d’autres. Mais si c’est celle qui résonne aujourd’hui… alors qu’elle soit un terrain fertile.
À l’école, nos enfants développent de vraies amitiés, et heureusement ! Ils y vivent aussi des relations difficiles. Il y a les désaccords, les tensions, les maladresses… et parfois des situations plus douloureuses, qui laissent les parents et les professionnels démunis.
Face à cela, une question revient souvent : que pouvons-nous vraiment faire, en tant qu’adultes, pour aider les enfants ?
Soutenir, évidemment. Mais plutôt pas intervenir… Alors… comment accompagner sans faire à la place ? Les relations difficiles à l’école sont inévitables : comment réagir pour éviter que cela s’aggrave, sans les protéger de tout, sans transmettre l’idée que l’enfant est impuissant ?
Un regard éducatif sur les relations entre enfants
C’est ce questionnement qui m’a conduite à m’intéresser au travail de Philippe Aïm.
Son approche des relations entre enfants – et notamment des situations de harcèlement scolaire – m’a particulièrement touchée. Il rappelle une idée essentielle : ➡️ un enfant n’est jamais responsable de ce qu’il subit, ➡️ mais il peut apprendre des compétences relationnelles pour faire face aux interactions agressives.
Cette posture ne minimise pas la souffrance. Elle remet simplement l’éducation au cœur de l’accompagnement.
Entre protection et autonomie : un équilibre délicat
Quand un enfant va mal, notre premier réflexe est souvent de vouloir “régler le problème”. Pourtant, certaines situations ne peuvent pas être résolues uniquement par l’intervention des adultes.
Philippe Aïm insiste sur un point souvent oublié : les enfants vivent les difficultés relationnelles précisément là où les adultes ne sont pas toujours présents. D’où l’importance de leur transmettre des outils concrets, adaptés à leur âge, pour qu’ils puissent se sentir moins démunis.
Cette réflexion fait écho à des questions que l’on retrouve bien au-delà de l’école : ➡️ comment accompagner sans surprotéger ? (question que j’avais déjà soulevée dans cet article : Doit-on toujours voler au secours de son enfant ? ) ➡️ comment aider sans promettre l’impossible ? ➡️ comment soutenir sans prendre toute la place ?
Saturation mentale : un éclairage complémentaire
Dans son livre Je désature, co-écrit avec Alicia Sendon, Philippe Aïm explore un autre sujet très actuel : la saturation mentale.
Un trop-plein de pensées, d’injonctions, de préoccupations… Chez les adultes, mais aussi chez les enfants et les adolescents.
Lorsqu’une difficulté relationnelle occupe une place importante dans la tête d’un enfant, elle peut envahir son espace mental, au détriment de tout le reste : apprentissages, relations familiales, confiance en soi.
Faire le lien entre relations difficiles et saturation mentale permet de mieux comprendre certains comportements et de porter un regard plus ajusté sur ce que vivent les enfants.
Une conversation pour prendre du recul
J’ai eu envie de réunir ces réflexions dans une conversation avec Philippe Aïm. Pas pour apporter des solutions toutes faites, mais pour prendre du recul et penser autrement notre rôle d’adulte.
Vous pouvez découvrir cette discussion ici :
Cette vidéo est une porte d’entrée vers une réflexion plus large sur l’éducation, les relations et la manière dont nous accompagnons les enfants face aux difficultés.
D’autres contenus viendront approfondir plus spécifiquement les outils et approches éducatives autour du harcèlement scolaire.
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2026/01/vignette-article-philippe-aim.jpg?fit=1024%2C1024&ssl=110241024Coraliehttps://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.pngCoralie2026-01-28 17:34:552026-01-28 17:34:56Quand les relations deviennent difficiles à l’école : réfléchir autrement à notre rôle d’adulte
En fait, le changement se joue en deux temps : d’abord se mettre en mouvement, puis réussir à maintenir ce mouvement dans la durée.
Dans cet épisode, je vous parle en particulier du premier de ces 2 temps, et ce qui permet de vraiment passer à l’action.
Je partage pourquoi les formats de type défi ou challenge peuvent être de précieux alliés : ils aident à se concentrer, à se fixer une échéance, à sortir de l’inertie et à renforcer la confiance en soi au fil du chemin.
Un épisode pour comprendre comment initier un changement de façon plus consciente et plus soutenante pour soi.
Et si vous voulez suivre le défi du moment des 6 doigts de la main, bonne nouvelle, il commence bientôt !
C’est le défi « Je reste zen », du 12 au 25 janvier 2026.
Les messages positifs, simples et bien choisis, peuvent faire toute la différence dans la vie d’un enfant.
Dans le tourbillon du quotidien , les enfants peuvent facilement se retrouver submergés par les “il faut” : ranger sa chambre, finir ses devoirs, manger ses légumes, aller à l’école… Quand on fait un arrêt sur image, ce type de communication peut faire peur, et on se dit aussitôt : « bonjour l’ambiance !«
Ces phrases positives viennent rééquilibrer le quotidien et nourrir ce que l’enfant pense de lui-même et la façon dont il agit quotidiennement . Elles permettent de renforcer sa confiance, son autonomie et son envie de découvrir le monde.
Découvrez tout de suite 30 messages positifs pour vous connecter à votre enfant tout en favorisant son épanouissement et sa confiance en lui.
Note : article écrit par Emilie
30 messages positifs classés par compétences
1. Confiance
“J’ai remarqué la manière dont tu as réfléchi avant de prendre cette décision, c’était très clair et mature.”
“Tu as osé essayer quelque chose de nouveau aujourd’hui, bravo pour ton courage.”
“Regarde ce que tu arrives à faire tout seul, c’est impressionnant.”
“Quand tu partages tes idées et tes histoires, ça nous rapproche.”
“J’aime te voir prendre soin de ceux que tu aimes.”
“Tu rends mes journées plus belles juste en étant toi-même.”
Comment les messages positifs influencent l’enfant ?
Si ces phrases font du bien à entendre, ce n’est pas un hasard.
Les mots que nous choisissons ont un impact réel sur la façon dont un enfant se voit, agit et grandit. Simples et bien choisis, ces messages peuvent faire toute la différence dans la vie d’un enfant.
Ici les phrases cherchent à aller bien au-delà des simples compliments ou du réconfort immédiat, elles aident l’enfant à prendre conscience de ses propres forces et capacités. Elles peuvent agir sur plusieurs dimensions essentielles de son développement : sa confiance, ses émotions, son autonomie, sa créativité, son rapport à l’erreur et aux échecs, sa gratitude, son lien affectif avec ses proches.
Une notion clé est celle du compliment descriptif. Plutôt que de dire “Tu es intelligent” ou “Tu es gentil” – ce qui évalue l’enfant selon un critère extérieur – un compliment descriptif décrit ce que l’enfant fait ou comment il le fait. Par exemple, “J’ai vu comment tu as pris le temps d’expliquer ce jeu à ton petit frère, c’était très clair et patient” ou “Tu as persévéré même quand c’était difficile, bravo pour ta détermination”.
C’est grâce à ce genre de phrases positives que l’enfant prend conscience de ses forces et compétences intrinsèques, sans chercher une validation extérieure. Il développe ainsi une estime de lui solide et autonome, et favorise l’envie d’essayer, de découvrir et de s’engager pleinement dans ses activités.
Comment distiller ces messages positifs au quotidien ?
Ces messages positifs ne sont pas faits pour être récités comme des formules magiques, mais pour se glisser naturellement dans la vie de tous les jours. L’idée n’est pas d’en faire trop, mais de choisir le bon moment.
Ils peuvent être partagés de différentes façons :
dans un moment calme, chuchotés dans le creux de l’oreille
sur le vif, quand vous observez un geste, un effort, une émotion ;
en célébration, après une étape franchie, même toute petite ;
en surprise, glissé sous l’oreiller ou dans la poche du manteau ;
affiché dans un endroit doux du quotidien (frigo, miroir, porte de chambre) ;
à piocher, comme un petit jeu ;
en rituel à table ou avant de dormir
L’essentiel est de rester authentique : un seul message sincère vaut mieux qu’une pluie de compliments artificiels. Ce qui compte, c’est que l’enfant se sente vu, entendu et reconnu, pas parfait – simplement en train de grandir.
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2025/12/Messages-positifs.jpg?fit=480%2C640&ssl=1640480Emilie Nesmehttps://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.pngEmilie Nesme2025-12-18 15:56:102025-12-18 15:56:4130 messages positifs pour aider son enfant à grandir
Dans cet épisode, j’explore une question que beaucoup de parents se posent sans toujours oser la formuler : a-t-on le droit Dans cet épisode, je reviens sur un outil très répandu à l’école : les échelles de comportement, ces systèmes qui affichent publiquement si un enfant est « dans le vert », « dans l’orange » ou « dans le rouge ».
Beaucoup de parents sentent confusément que quelque chose cloche… sans toujours savoir quoi. Ici, j’explique pourquoi ces dispositifs me posent problème, autant du point de vue du développement de l’enfant que de la relation éducative.
Au programme :
Ce que ces outils cherchent à faire… et pourquoi ils n’y arrivent pas vraiment.
Les effets souvent invisibles : honte, comparaison, perte de confiance.
Comment un enfant apprend réellement à ajuster son comportement.
Ce que l’on peut transmettre à nos enfants pour les aider à comprendre ces systèmes… sans les laisser se définir à travers eux.
Un épisode pour prendre du recul, remettre du sens et redonner à nos enfants un cadre qui les aide vraiment à grandir.
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