Chaque année, la même question : que va-t-on offrir pour Noël ? Et ce n’est pas seulement le manque d’idées qui est en question, mais également les préoccupations de l’équilibre, des priorités.

Chaque année, avec mon mari, on débat entre moi qui dis : « ils ont déjà trop de choses ! », et lui qui répond « mais c’est Noël ! ».

Oui, on veut voir briller leurs yeux….

Moi aussi, je suis attachée à la magie de Noël (avec ou sans Père Noël).

Mais on veut quand même leur donner le sens de la mesure.

Surtout que, depuis quelques années, un autre élément s’invite dans la discussion : l’impact environnemental.

Et là, heureusement, on est en ligne mon mari et moi.

Dans notre monde en questionnement écologique, le modèle de la consommation à outrance est un cycle que l’on veut rompre.

Nous aspirons à ce que nos enfants deviennent éco-responsables, comme nous l’apprenons tous, peu à peu.

Faire crouler les enfants sous les cadeaux, ce n’est de toute manière pas une façon pérenne de faire briller leurs yeux… On sait bien que le moment de joie est court, et que tout réside plutôt dans le BON cadeau que dans la multitude !

Oui, nous sommes devenus un peu anti-consommation…

Comment concilier cette envie de faire plaisir à tous, en gardant notre conscience écologique ?

Pas toujours le plus simple, mais pas mal d’idées ne sont pas si compliquées…

Je veux donc vous proposer de faire un tour avec moi dans cette recherche du meilleur cadeau, tout en s’attachant à notre empreinte écologique… vous me direz ce que ça vous inspirera !

Le BON cadeau, celui qui fait plaisir à l’autre

D’abord, je me répète, je crois très fort au fait qu’il est plus important de chercher le cadeau qui va vraiment plaire, que celui qui fait nombre. Et pour trouver ce cadeau, rien de tel que l’observation, comme je le partageais déjà quand Anatole allait avoir 4 ans.

Il y a deux ans, je me rappelle, il était fou de billes. J’avais acheté une petite boite de billes… les autres cadeaux avaient à peine été regardés !!

Et c’est ça le problème, souvent : l’excès !

« Chaque année en France, près de 61 millions de jouets (souvent fabriqués en Asie) sont vendus à Noël, soit plus de huit cadeaux par enfants – qu’ils vont parfois manipuler quelques minutes avant de les laisser de côté ! » (Source : Le figaro)

L’avantage, une fois qu’on a bien saisi le thème qui suscite l’interêt de notre enfant, c’est qu’il est souvent déclinable..

Ce qui n’empêche pas de saisir l’occasion de lui proposer d’ouvrir les horizons… mais en sachant que ça risque de ne pas faire mouche !

On commence donc par une certaine dose d’empathie.

On oublie les « qu’est-ce qui est bien pour un enfant de 8 ans / pour un grand-père / une belle-mère… ? », et on s’interroge plutôt sur ce qui est bien pour LUI, ou pour ELLE !

Parce que je vous rappelle que ce cadeau, il est pour l’autre, pas pour nous !!
Alors, faire un cadeau juste pour faire un cadeau, avec le risque que l’autre n’en fasse rien, c’est quand même dommage, non ?

Ah.. et autre chose aussi : vos enfants ont fondamentalement plus envie de VOUS que de choses.

Notre temps : voici le plus beau cadeau que l’on puisse faire à nos enfants !

Baisser notre impact environnemental, tout en faisant des cadeaux chouettes

Si vous cherchez un peu sur internet, vous trouverez des conseils pour des cadeaux éthiques, voire écolos. (ex : cet article de PositivR)

Mais il n’existe qu’une seule VRAIE façon de baisser notre empreinte écologique : moins consommer !

Et si on évitait de tous acheter des tas de choses neuves ?

Vous croyez pas qu’on a tous un rôle à jouer dans la démarche ?

En tout cas, chez nous, c’est un point important. J’espère que pour vous aussi.

J’admets, parfois, ça complique la démarche. Mais quand même, il y a moyen de faire mieux. Et à chacun de trouver le bon équilibre.

Je vous livre ici quelques bonnes idées, vous y piocherez ce qui vous parlera.

Le cadeau dématérialisé

Voilà déjà une idée immensément déclinable, et qui permet d’offrir de vrais moment plaisirs, partagés ou non.

Chez nous, chaque année, il y a une activité familiale dans les cadeaux. Un vrai cadeau zéro déchet !

(Cette année : un escape game… oui, pour la première fois, on va y aller aussi avec les plus jeunes !)

Pour nos parents, un spectacle ou un concert (à condition, là encore, de prendre le temps de savoir ce qui leur plairait vraiment…).

Une autre idée : une visite atypique.

Une année, j’avais envoyé mes parents faire une visite / enquête de l’opéra Garnier – ils avaient bien aimé !

Vous pouvez aussi envisager un cours !

  • de cuisine
  • de yoga

Ou bien un bon pour un restaurant…

Cette année, j’ai demandé un bon pour un « high tea » à l’anglaise (nous avons emménagé à Londres il y a un peu plus d’un an, et j’aimerais bien découvrir cette tradition !)

Attention quand même au piège du bon : il faut qu’il soit suivi d’action !

Je me souviens d’un Noël où j’étais si contente du bon de mon mari qui m’emmenait dans un grand restau… mais je l’attends toujours ! (bon, peut-être que le COVID s’est glissé entre les deux… mais quand même !)

Le cadeau d’occasion

Bien sûr, on a aussi envie de mettre des objets concrets sous le sapin. (Euh… je ne vous parle pas aujourd’hui de l’impact écologique du sapin, hein… pas tout à la fois..)

Mais a-t-on besoin que ces cadeaux soient neufs ?

D’abord, on peut piocher dans ce qu’on a chez nous : les jouets et livres qui ne servent plus pour les enfants plus jeunes – ou nos romans pour nos frères et soeurs…

Si vous cherchez carrément le jouet éco-responsable, il existe des associations, comme Rejoué, qui récupèrent et réparent (avec un aspect d’inclusion sociale en plus, et en France).

Ensuite, « le bon coin » est mon ami !

J’y trouve tellement de ce que je cherche ! Je sais quel livre / quel jeu de société je veux offrir… (et j’offre régulièrement des livres et des jeux !) alors je tape, et je trouve.

Le plaisir à y jouer sera le même, et l’impact environnemental moindre !

Vous imaginez ce que ça peut changer en termes de production et donc de pollution si ne serait-ce qu’une famille sur 5 se mettait aux cadeaux d’occasion ?

Je sais, je sais, ce n’est pas forcément faisable pour le dernier tome de la série ssss qui vient de sortir…

Alors, celui-là, ok, on l’achètera neuf ! Mais déjà… on aura limité les choses, et ce sera pas mal.

Le cadeau fabriqué

Dernière option, quand même, pour éviter d’acheter : le cadeau fabriqué !

Mais oui, avec vos petites mains !

Alors, on est d’accord, ça prend plus de temps… Mais ça montre aussi à la personne qu’on a pris ce temps pour elle, c’est précieux, ça !

Dans cette veine-là, chacun son talent (et je sais que pour certains, il n’en est même pas question, et c’est ok aussi, c’est juste une idée !).

L’année dernière, pour exemple, j’avais fabriqué une pochette de téléphone en tissu pour ma nièce. (En plus, j’avais utilisé des bouts de tissu venant d’un pantalon usé).

Et j’avais demandé à ma fille Alice de me mettre en valeur certaines citations que je voulais afficher sur le mur de mon bureau. Elle a utilisé des feutres-aquarelles, c’était super beau !

Au cours de l’année, Léon a fabriqué un sac en bandoulière pour l’anniversaire d’une de ses copines.

Ça peut-être un cadre photo, ou un montage photo.

Ou même une idée plus personnelle : ma belle-soeur m’avait offert un sac avec un carnet où elle avait collé ou recopié des recettes de lessive maison et autres gestes écolos, avec des ingrédients pour les faire. Sympa, non ?

Les emballages de ces cadeaux de Noël

Dernier point : je crois que vous avez tous vu les poubelles qui débordaient le lendemain de Noël…

Ca n’a l’air de rien « Oh, une fois dans l’année ! » mais ça a un réel impact.

Allez, quelques chiffres :

En Espagne, 1 million de tonnes de papier et de carton produits en décembre et janvier, soit 25% de plus que le reste de l’année. (et une bonne partie des papiers cadeaux ne sont pas recyclable)

En Bavière, en Allemagne, le gouvernement observe 10 à 15% de déchets en plus pendant les fêtes de fin d’année.

Je vous propose donc, cette année, de voir comment vous pourriez réduire ça…

Le plus écolo ?

Piquez le journal déjà lu du voisin pendant le mois qui précède Noël… et vous aurez du papier à volonté !

(on avait fait ça il y a quelques années, c’était plutôt sympa comme rendu sous le sapin…)

Un peu plus joli ?

Vous pouvez utiliser des anciens magazines, avec de belles photos… Mais en avez-vous ?

Sinon, on reste dans la veine du journal, et on ajoute un bout de scotch de couleur pour habiller, un ruban (qu’on garde pour les prochains cadeaux, bien sûr)…

La touche mode ?

Optez pour le Furoshiki, cet emballage en tissu à la mode japonaise…

Pas obligatoire de l’acheter une fortune : un bout de tissu au mètre peut faire l’affaire !

En plus, il parait que le Furoshiki ne s’offre pas, donc… c’est un investissement que vous pourrez réutiliser.

Dans tous les cas :

Gardez les emballages neufs en bon état, vous les utiliserez de nouveau l’année prochaine !

Parce que franchement, on est mûr pour sortir de l’usage unique, non ?

Baisser l’impact environnemental de nos cadeaux de Noël : Fiche à télécharger

Pour garder toutes ces (bonnes) idées en tête, c’est tout simple :

téléchargez la fiche « Baisser l’impact environnement de nos cadeaux de Noël » en cliquant ici !

Comme bien d’autres parents, vous êtes fatigués d’entendre vos enfants se disputer… Les disputes entre frères et soeurs sont souvent un des premiers vecteurs d’usure des parents.

Ces disputes et autres chamailleries pèsent sur l’ambiance familiale, et vous ne savez pas toujours comment réagir. 

Faut-il intervenir ? Faut-il les laisser gérer la situation ?

D’un certain côté, vous savez que ces disputes sont normales, que les conflits font partie de la vie. Vous aussi, vous vous disputiez avec vos frères et soeurs… 

Mais vous avez quand même envie d’en sortir, de voir un peu plus d’harmonie, entre eux, et dans la famille en général. 

Par ici, on parle régulièrement de l’ambiance familiale, alors, bien sûr, on a aussi travaillé sur les disputes dans la fratrie. Et je vous assure qu’on peut vraiment faire en sorte que les choses changent ! Que les disputes soient moins fréquentes, et que nos enfants sachent comment aborder les conflits posément.

Si vous voulez écouter cet article sous sa forme audio, en voici l’enregistrement.

— Pour écouter ce contenu audio, il vous suffit de cliquer sur Play — ou d’aller sur votre plate-forme de podcast —

Ecoutez et abonnez-vous !

Ne manquez plus les nouveaux épisodes des 6 doigts de la main ! Rejoignez mon podcast et abonnez-vous sur votre application préférée :

Pourquoi les frères et soeurs se disputent

D’abord, j’aime bien comprendre. 

Je trouve que parfois, rien que de prendre conscience, d’avoir un éclairage autre, ça permet de bouger les choses. 

Alors voilà déjà un bon point de départ : comprendre d’où vient la dispute. 

Ça parait évident, mais on en prend rarement le temps quand on n’y est pas sensibilisé…

Alors, à la place d’essayer de comprendre, on commence en général par passer par les réactions suivantes.

“Que cette dispute disparaisse !”

D’abord, on aimerait bien qu’il n’y ait pas de dispute. Tout simplement. 

Ça a l’air idiot, mais c’est tellement ancré en nous qu’on a tendance à vouloir faire disparaitre cette dispute le plus vite possible. 

Voir nos enfants se disputer, ça heurte notre rêve d’une famille harmonieuse, notre idéal d’enfants qui s’entendent bien.

Voir nos enfants se disputer, ça va à l’encontre de nos besoins de facilité, et de fluidité…

Alors, on commence souvent par tenter de nier cette réalité dont nous ne voulons pas. 

C’est un peu comme pour les émotions…

On voudrait que notre enfant n’ait pas peur, alors on lui dit “ne t’inquiète pas”, comme si ça pouvait suffire à régler le problème…

Face aux disputes dans la fratrie, on va dire “Arrêtez de vous disputer !” , et c’est tout.

Ça revient un peu à fermer les yeux, et à croiser les doigts bien fort en disant “abracadabra” et en espérant que quand on rouvrira les yeux, la dispute aura disparu !

Quand on fait ça, on ne prend tout simplement pas en compte la réalité de ce qu’ils vivent.

“Qu’est-ce qui se passe ?”

Au bout d’un moment, on comprend que la dispute ne peut pas s’envoler si facilement. 

Donc, on passe au traditionnel “Qu’est-ce qui se passe ?”, pour essayer de comprendre, et aider à résoudre le problème. 

Oui, mais… si on en reste à ce qu’il se passe dans cette situation, on reste en fait à la couche superficielle. A ce qui se voit. Mais on ne comprend pas ce qui se joue en toile de fond.

Pensez-y… 

Ça vous est déjà arrivé d’intervenir dans une dispute, de demander ce qu’il se passait, de régler le problème, et de retrouver vos enfants en train de se disputer de nouveau pour autre chose ?

Comme s’ils ne cessaient de se chercher ?

C’est parce que vous n’avez pas touché à la VRAIE raison derrière la dispute ! 

Comprendre la vraie raison de la dispute

Soyons clair, au départ, ce n’est pas évident de changer notre approche. 

Il s’agit de faire un pas en arrière, de prendre un peu de recul. 

Mais contre toute attente, ce n’est en fait pas si compliqué. 

Pour voir vraiment ce qui se joue, il suffit d’être un peu guidé. 

La logique est en réalité simple – la voici : 

Les enfants, comme tout le monde, ont des besoins.

Et, à certains moments, il leur semble que la dispute est la seule stratégie à leur disposition pour nourrir le besoin qui domine. 

C’est aussi simple que ça.

Alors, imaginez : 

si on comprend bien ces besoins – et, bonne nouvelle, ça nous servira dans des tas d’autres situations que celles des disputes dans la fratrie ! – 

puis qu’on fait le lien entre ces besoins et les raisons derrière les disputes, 

alors il est plus simple d’arrêter de nier la réalité, et de chercher ailleurs la porte de sortie, vous ne croyez pas ?

Une fois qu’on voit clairement comment ces besoins peuvent se traduire en disputes, on a enfin d’autres pistes.

Quand on va comprendre ce qui se joue derrière la dispute, on va naturellement arrêter de nier la réalité. Parce que ça reviendrait à nier également le besoin de l’enfant, ou en tout cas de passer outre ce besoin. 

Et à la place, on va essayer de trouver d’autres stratégies pour nourrir ces besoins, pendant et en dehors de la dispute, aussi ! 

De sorte que l’ambiance générale va peu à peu s’apaiser…

Est-ce facile ?

Comme je l’écrivais au début du paragraphe précédent, ce n’est pas évident… simplement parce qu’on ne l’a pas appris.

Mais en fait, ce n’est pas très compliqué. 

Il suffit d’être un peu guidé, un peu formé. 

👉🏻 C’est ce que je propose à travers ma formation « En finir avec les disputes dans la fratrie »

Ensuite, enfin, on retrouve une sorte de choix dans nos réactions. 

Au lieu de réagir de manière réflexe, parce qu’on ne sait pas trop quoi faire d’autre, parce qu’on se sent démuni, on retrouve une sorte de choix. 

On peut décider, en conscience, de ce qu’on va faire – y compris dans ces moments où l’on sait que notre réaction n’est pas idéale, mais que c’est le mieux dont on est capable à ce moment-là, nous aussi ! 

Comment faire pour que nos enfants s’entendent ?

C’est triste de voir un frère et une soeur, deux frères, ou deux soeurs, qui ne s’entendent pas…

J’entends même parfois des mots forts de la part des parents : « Mes garçons se détestent », « mes filles ne se supportent pas »…

Quand on voit nos enfants qui se provoquent, qui s’agressent, qui se tapent, qui crient l’un sur l’autre, ou tout simplement qui s’ignorent… on se sent parfois dépassé.

On en conclut vite à une mésentente insoluble.

Certains parents avec qui j’échange me disent qu’ils craignent que la relation dans la fratrie ne s’améliore jamais.

C’était par exemple le cas d’Isabelle, qui m’écrivait, en mai : « Mon fils (8ans) fait une sorte de jalousie envers ma fille (3ans) ce qui induit les disputes. 
Mon fils refuse de jouer avec sa sœur alors qu’elle réclame pour jouer avec lui et ça la rend triste. »

Lorsqu’Isabelle passe le pas et décide de s’inscrire à la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie », fin août, elle écrit :

« J’ai l’impression que mes enfants ne tissent pas vraiment de liens entre eux. 
Je vois que ma fille est fort affectée et ça me fait mal au coeur. J’ai le sentiment que mon fils aurait préféré rester un enfant unique et que ma fille rame pour que son frère veuille bien jouer avec elle. »

On imagine aisément la tristesse d’Isabelle, constatant cette indifférence de son aîné envers sa soeur…

D’où vient la complicité entre les frères et soeurs ?

J’aimerais commencer par vous dire que, selon Thomas Gordon, ce n’est pas au nombre de leurs disputes que se dessine la relation future de nos enfants, mais plutôt au nombre de bons moments partagés.

Donc, plutôt que de vous focaliser sur les tensions, voyez tous les moments où cette complicité est déjà là.

Voyez tout ce que vos enfants partagent, ce qu’ils font ensemble, ce qui les unit, et construit peu à peu cette relation de fratrie qui aura toujours des hauts et des bas !

Ce qui ne veut pas dire que l’on ne doit pas quand même agir pour qu’ils se disputent moins (et/ou mieux !).

Ensuite, si vos enfants partagent peu de moments de complicité (comme dans le cas d’Isabelle ci-dessus), il suffit souvent d’un petit ajustement dans notre manière de faire.

Plus nous chercherons à imposer ces moments, moins cela fonctionnera.

En étant dans l’écoute, dans l’observation de ce qui se trame en toile en fond, dans une réaction mesurée et adaptée aux besoins de chacun, on ouvrira l’espace pour que chacun puisse trouver sa place dans la relation à l’autre.

C’est ainsi qu’après moins d’un mois dans la formation, Isabelle me raconte l’anecdote suivante, quasi-inimaginable un mois avant :

« Je ne vais pas écrire tous les exemples ici mais j’ai pu aussi aider mes enfants à désamorcer une dispute : 
Mon fils voulait jouer au camion mais ma fille à la dinette. 
Je leur ai demandé ce qu’ils pouvaient faire pour concilier les deux jeux et pour que cela fasse plaisir à tout le monde. 
Mon fils a alors proposé de jouer au livreur, ma fille faisait la cuisine, ils mettaient les plats dans des doggy bags et venaient me les livrer à la cuisine (pendant que je préparais le souper). »

Alors, je vous parle de comment agir ?

Deux manières d’agir pour que les enfants ne se disputent pas

Quand on identifie les besoins et les raisons derrière les disputes, on peut alors agir de deux manières : 

  • de manière préventive
  • de manière réactive

Réagir de manière préventive

Parfois, un sentiment de rivalité, ou de jalousie s’est installé entre nos enfants.

Il est alors d’autant plus important de savoir comment réagir à la dispute, car, plus on se placera en arbitre, et plus on aggravera les choses !

Mais avant même de parler de comment gérer les disputes, on peut facilement faire évoluer certaines de nos habitudes pour baisser le ressentiment, les frictions, et faire en sorte que nos enfants s’entendent mieux.

C’est une bonne manière d’enclencher un cercle vertueux :

si les conflits diminuent en nombre, toute la famille, parents et enfants, gardera plus d’énergie pour faire face à ceux qui se présenteront encore. 

Or, en tant que parent, on a vraiment des leviers sur lesquels on peut agir pour baisser la rivalité dans la fratrie, pour aider les enfants à se sentir écoutés… des leviers qui sont malheureusement souvent à l’opposé de ce que l’on a tendance à faire ! 

Car la rivalité vient aussi de certaines de nos réflexions, de nos attitudes, ou même de règles que l’on pose, sans bien réfléchir à leur implication…

Tout le module 3 de la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie » est d’ailleurs dédié à ce que j’appelle l’environnement : tout ce qui vient autour des disputes, et qui va nous permettre de réellement baisser le ressentiment, les tensions latentes qui existent souvent entre nos enfants.

Quand j’ai découvert tout cela, je me suis vraiment demandé pourquoi on ne l’avait pas appris !

Vous voyez de quoi je parle ? Toutes ces prises de conscience qui nous viennent quand on chemine vers la parentalité positive, et pour lesquelles on se dit souvent : “Mais pourquoi personne ne m’a jamais expliqué ça avant ??”

Donc, si vous voulez déjà commencer, là, tout de suite, à modifier certaines de vos habitudes pour alléger l’ambiance, 

👉🏻 Téléchargez le guide “Disputes : 6 habitudes à modifier pour les diminuer”

Réagir de manière réactive

Vient le moment de la dispute… et là, il est bon d’avoir des billes. De savoir où on veut aller, et comment on va intervenir (ou pas).

Vous allez voir, dans la suite de cet article, que la manière dont on réagit à la dispute peut vraiment transformer ce moment difficile en une occasion magique !  

Alors, sans plus attendre, je vais vous confier cette approche qui change tout…

Les disputes sont des opportunités d’apprentissage

Oui, j’ai l’intention dans cette partie de vous aider à changer de regard sur les disputes.

Vous allez voir, c’est possible. 

Et rassurez-vous : ça ne veut pas dire qu’il faut garder les disputes dans la fratrie ! Ça va juste bouleverser un peu votre manière de les gérer…

Le manque de respect entre frères et soeurs

Dans le fond, vous savez très bien qu’une vie sans conflit, ce n’est pas possible. 

Le conflit fait partie des relations sociales, et on aura toujours des occasions d’être en désaccord, ou en décalage avec l’autre. Des moments où les besoins de l’autre ne correspondent pas aux nôtres. C’est également vrai entre parents et enfants d’ailleurs, et on sait bien nous-même comme c’est parfois difficile à gérer !

Face à ces situations, ce qui nous pose problème, en réalité, ce n’est pas le désaccord, mais bien la manière d’y faire face. 

Ce que l’on voudrait – en tout cas, je me raconte que vous vous dites ça vous aussi – c’est un monde dans lequel on peut gérer le conflit sans manquer de respect à l’autre. 

Voilà bien pourquoi la manière d’aborder les disputes dans la fratrie sont liées à notre style éducatif.

Vous êtes ici sur le chemin de la parentalité positive, et cette notion de respect de l’autre est précieuse pour vous, comme pour moi. 

Le modèle de la gestion des disputes

Le problème, c’est que ce n’est malheureusement pas le modèle que l’on reçoit en général dans notre société.

Donc, si on laisse les enfants avec ce qu’ils observent autour d’eux, ils apprendront à faire face aux conflits exactement comme ils l’observent, c’est à dire sans respect.

En réglant le conflit par la force, en fait. (qu’elle soit physique ou autre)

Je sais, j’exagère un peu…

En réalité, la gestion du conflit est entrée dans le programme scolaire au primaire !

Bonne nouvelle !

Sauf que… sauf que les adultes qui entourent nos enfants ne sont pas formés à ça…

Honnêtement les choses progressent, et les ressources à ce sujet se multiplient, mais il reste qu’ils ont grandi dans un monde dans lequel on ne le leur a pas appris, alors ils font comme ils peuvent, et ils réagissent eux-mêmes aux conflits avec leur approche du plus fort, en décidant à la place des enfants comment ça doit être réglé.

Bref.

Faut-il intervenir dans ces disputes entre frères et soeurs ?

Voici une question récurrente, et oh combien importante, que je reçois de la part des parents. 

Et la réponse classique à cette question est NON. Y compris sur des sites d’éducation positive.

C’est là que ce que je vais vous dire diverge. Ça va faire toute la différence.

Car, si je suis ce que je cherche à vous enseigner, ma réponse est oui. Un grand OUI !

MAIS

en fait, je devrais plutôt répondre à la normande : ÇA DÉPEND…

C’est vrai qu’on entend souvent qu’il vaut mieux ne pas intervenir dans les disputes entre frères et soeurs, qu’il vaut mieux laisser les enfants gérer leurs conflits seuls… 

Dans la théorie, je voudrais bien pouvoir dire ça aussi. Parce que je sais que les enfants apprennent par l’exemple. Ils voient, ils reproduisent, il leur suffit de s’entrainer. 

MAIS… si on reprend l’idée du modèle précédent, on s’aperçoit que ça ne peut pas marcher. 

Justement parce que si l’on n’intervient pas, nos enfants vont simplement reproduire le modèle reçu, qui leur montre souvent comment on gère le conflit par la force. 

Donc… il va nous falloir intervenir pour leur montrer une autre manière de faire.

C’est aussi simple que ça.

Intervenir de la bonne manière !

MAIS… mais si nous ne savons pas non plus faire autrement ? Parce que nous non plus, on ne l’a pas appris ? Serons-nous alors capable d’intervenir de manière constructive ?

Parce que là, je reviens à l’idée de départ : si vous intervenez pour jouer les arbitres… il vaut effectivement mieux se retenir ! (A condition que cela ne devienne pas trop violent, évidemment)

Jouer les arbitres risque plutôt de mettre encore de l’huile sur le feu !

Donc, si c’est possible, il vaut mieux s’éloigner que de venir arbitrer un conflit qui ne vous concerne pas. 

Cependant, dans ce cas, vous êtes sûr que vos enfants n’apprendront pas à régler leurs conflits respectueusement….

Alors, bien sûr, je voudrais vous encourager au contraire, à intervenir… à condition de savoir comment

Or, la gestion du conflit, c’est comme tout, ça s’apprend !! 

Donc, je résume : 

L’idée c’est d’apprendre la gestion du conflit, puis d’intervenir dans les disputes pour montrer aux enfants comment ça marche, et les aider ainsi à développer cette compétence, avant de se retirer et de les laisser gérer !

Et, franchement, cette compétence, elle leur sera utile à vie (et à vous aussi, au passage !).

u

Un apprentissage pour la vie

Pensez à toutes ces compétences que l’on voudrait que nos enfants acquièrent…

Il n’y a pas si longtemps, je vous parlais de l’outil des 2 listes, pour penser à notre parentalité à long terme…

J’ai envie de vous faire ici une petite liste des compétences relationnelles que nos enfants peuvent apprendre à développer au détour de leurs disputes : 

  • savoir dire non
  • exprimer ses besoins
  • négocier
  • écouter ses émotions
  • être sensible à celles de l’autre
  • avoir de l’empathie
  • identifier ses limites
  • savoir poser sa limite sans agressivité
  • faire des choix
  • prendre des décisions
  • envisager d’autre possibilités
  • tenir compte de l’autre
  • s’affirmer
  • trouver des solutions ensemble
  • ah, et puis savoir demander pardon ! 

Et voilà comment les disputes dans la fratrie deviennent de vraies opportunités d’apprentissage !

Franchement… Ça ne vous donne pas envie de les voir se disputer maintenant ?

J’ai demandé à Claire, maman de 2 enfants de 3 et 6 ans qui suit la formation “En finir avec les disputes dans la fratrie” quelle était sa plus grande prise de conscience à la fin du premier module, et voici ce qu’elle m’a répondu : 

“Voir les disputes comme des opportunités d’apprentissage. Et donc non seulement pas quelque chose à éviter à tout prix (possibilité de me débarrasser de mon héritage familial dans lequel j’ai appris à me taire plutôt qu’à dire mon désaccord) mais aussi carrément une opportunité de développer un tas de compétences.”

Alors bien sûr… on peut essayer de faire disparaitre les disputes sans passer par cette case “gestion de conflit”, mais qu’est-ce qu’on leur apprendra alors ? 

A refouler leurs opinions, à s’écraser ?

Ce serait quand même dommage de passer à coté de ces opportunités, non ?

Réconcilier les enfants

Je précise quand même un point qui n’est peut-être pas clair dans mes propos…

Il n’est pas question de conclure que les disputes, c’est génial, et qu’on veut continuer à en avoir dans la maison ! 

Non, ce que je veux dire c’est qu’au fur et à mesure que nos enfants développeront toutes ces compétences, les conflits se transformeront de moins en moins en disputes. 

C’est ça, l’idée !! 

On va les accompagner à ça.

C’est un vrai cercle vertueux pour sortir des disputes et que nos enfants trouvent leurs propres moyens réconcilier leurs points de vue en cas de conflit.

L’apprentissage

Vous l’avez compris, maintenant. 

Notre rôle de parent, c’est de saisir l’opportunité des disputes pour enseigner toutes ces compétences à nos enfants. 

(Du moins quand on en a l’énergie – parce qu’on fait aussi ce qu’on peut)

Donc, oui, on va intervenir. 

Intervenir pour les encourager à s’écouter soi, puis l’un l’autre. 

Pour leur montrer comment exprimer ce qu’ils ressentent.

Pour les aider à choisir comment ils vont réagir à la provocation éventuelle de l’autre. 

Pour qu’ils sachent comment poser leurs limites. 

Pour qu’ils trouvent des solutions, ensemble.

Car ils en sont capables !! 

C’est pour ça que j’ai eu envie de créer la formation « en finir avec les disputes dans la fratrie », justement pour vous montrer comment faire tout ça, facilement, étape par étape.

C’est l’objet du module 2 de la formation.

Le moment où vos enfants vont gérer seuls leurs conflits

Peu à peu, vous verrez que vous n’aurez plus besoin d’intervenir, car vos enfants sauront trouver leur propre solution sans votre aide. 

Le dernier module de la formation “En finir avec les disputes dans la fratrie” s’intitule d’ailleurs “Savoir s’effacer”, pour identifier ce moment où on peut, en toute confiance, laisser nos enfants gérer ! 

Alors, non seulement vous pourrez savourer le calme dans la famille, mais vous pourrez aussi être fier de ce que vous aurez pu transmettre à vos enfants : des compétences pour la vie ! 

A vous : comment réagissez-vous aux disputes entre les enfants ?

Il est souvent difficile de savoir comment réagir face à un enfant qui ne veut pas faire ses devoirs.

Source de conflits dans bien des familles, les devoirs sont un point de blocage car ils cristalisent certaines de nos peurs autour de l’avenir de nos enfants.

Pourtant, imposer ce travail en étant dans la lutte n’est pas une solution, et n’aidera pas à l’enfant à apprendre à travailler !

Voici donc le thème de ma vidéo : travail scolaire : jusqu’où l’imposer ?

Pour aller plus loin sur cette notion de posture et de motivation interne-externe

👉🏻 Téléchargez mon cycle de 3 vidéos « Comment concilier le plaisir d’être parent et la liberté pour nos enfants d’être qui ils sont ? »

Le mois de septembre avance avec son lot d’activités qui redémarrent, ses nombreux engagements et ses acrobaties avec l’organisation.

Est-il possible d’en faire moins ? D’aller moins vite ? Faudrait-il ralentir ?

Il me semble que c’est en tout cas une bonne période pour faire un pas de côté afin de s’interroger sur notre rythme de vie un peu fou. 

En effet, il y a là de quoi largement vider le réservoir du parent bienveillant

Dans cet article je vous propose de prendre un temps d’observation de votre rythme avant d’ouvrir quelques pistes de réflexion pour vous aider à trouver votre propre tempo.

L’enjeu étant de choisir son rythme en conscience plutôt que de subir, sans même s’en rendre compte, un rythme imposé.

—- Cet article est écrit par Emilie, à partir d’une séance thématique du cercle des parents heureux — 

Le contexte : Un rythme rapide et uniforme

Malgré toutes les machines qui nous aident dans nos tâches quotidiennes, l’amélioration des moyens de communication et des transports, nous avons la vive sensation que la vie s’accélère, que nous sommes pris dans un tourbillon, et que, comme 80% des européens, nous manquons de temps . 

Tout se passe comme si nous avions réinvesti le temps gagné pour répondre à cette forme d’injonction implicite d’être performant dans tous les domaines de notre vie : vie professionnelle , vie familiale , vie culturelle, vie sportive… 

Nous devons être brillants partout, entrainés par une société qui valorise à outrance les valeurs de productivité, de réactivité, d’immédiateté, du « plus vite, plus haut, plus fort ».  

De plus, le sentiment s’impose d’un rythme non seulement rapide mais aussi uniforme

L’exemple le plus flagrant est celui de l’école où chaque classe d’âge doit avancer en même temps.  Pourtant, clairement, certains auraient besoin de ralentir, d’autres d’accélérer encore !

Je pense aussi aux besoins des familles qui sont assez peu respectés, avec des congés de naissance qui restent courts, ou encore, même si on commence à en entendre un peu parler, au rythme spécifique lié au cycle féminin qui est encore largement ignoré. 

Ainsi, plus ou moins consciemment, nous subissons la pression d’un rythme qui s’impose à nous et auquel il est difficile (mais pas impossible !) de résister. 

Se connaitre soi-même pour déterminer « son » bon rythme

Tout le monde ne se sent pas bien dans un rythme identique à celui de l’autre.  

Au-delà même, une personne n’a pas des besoins constants en la matière selon les périodes de sa vie. 

Certains vont s’épanouir en cumulant de nombreuses activités et d’autres en ralentissant. Il n’existe pas de recette universelle. Le dénominateur commun est de faire une pause et de se demander si l’on subit un rythme ou si l’on est à l’aise avec lui

Ainsi, trouver son propre rythme, c’est s’autoriser à observer pour plonger dans l’écoute de ses émotions et de ses besoins et mettre de la conscience dans nos choix.

Quelques outils : 

  • Une astuce issue de la cnv  (communication non violente) consiste à observer sa « boussole intérieure » : si je suis dans la joie , dans l’ouverture alors je suis dans le bon tempo, si au contraire je suis dans la contraction, la fermeture , j’ai sans doute un problème de rythme. Cela génère une frustration que quelqu’un (moi ou un tiers) paiera  forcement à un moment  ou un autre.
  • Pour favoriser le lâcher-prise on peut faire une pause et s’interroger sur nos impératifs. Sont-ils si impératifs, conscients, choisis en accord avec nos valeurs ? Finalement il n’y a parfois pas d’autres impératifs que ceux que l’on se met … En prendre conscience et s’adapter en fonction de notre prise de recul est précieux. 

Du vécu : Récemment nous nous sommes mis beaucoup de pression pour des travaux , pression générant de la fatigue et des tensions. Finalement nous avons revu nos ambitions à plus long terme, cassé le rythme des travaux pour accorder plus de temps à la famille et au repos. « Il n’y a pas d’autres impératifs que ceux que je me mets » à pris tout son sens pour moi sur ce coup là ! 

On peut le dire c’est un effort conscient que de résister à cette injonction inconsciente de faire ! 

  • Être au clair avec notre essentiel, ce qui est le plus précieux pour nous et se consacrer à cette seule priorité sans se laisser interrompre, en posant ses limites.
  • Se demander ce que l’on ferait si nous avions plus de temps et mettre en œuvre le plus petit pas possible en ce sens.

Ralentir

On ne va pas se mentir, on a parfois besoin d’accélérer mais le plus souvent notre quête sera de ralentir, de retrouver un rapport apaisé au temps. C’est ce que nous aborderons dans les points suivants. 

Insérer des bulles de lenteur 

Peut-être avez-vous entendu parler de cette philosophie de vie en plein essor : la slow life. Elle consiste à ralentir pour prendre le temps de vivre , de savourer l’instant présent et les choses simples .

On peut s’en inspirer. Sans être radical, et sans changer complètement de vie, on peut choisir d’insérer des bulles de lenteur dans notre quotidien

Quelques exemples : 

  • Se déplacer à pied ou à vélo (sans compter le nombre de pas ni les calories dépensées : on veut fuir la performance !) , 
  • Prendre vraiment le temps pour une pause déjeuner, même les jours travaillés, sans aucune autre distraction.
  • Être vigilant sur son sommeil (pas moins de 6 heures par nuit)
  • Pratiquer la méditation pour apprendre à revenir à l’instant présent
  • Mettre en place une utilisation raisonnée de son smartphone : diminuer ses applications, choisir avec beaucoup de parcimonie ses notifications, racheter un réveil pour éloigner le portable du lit et pourquoi pas même choisir consciemment de délaisser son portable une heure, une journée ou un week-end. 

Aller moins vite : abandonner le multitâche

Le saviez-vous ?  Contrairement à une attitude valorisée dans notre société , aucun cerveau ne peut porter son attention sur deux choses à la fois (sauf pour les activités devenues réflexes comme la marche) . 

Quand on fait deux choses à la fois le cerveau bascule d’une tâche à l’autre. Certes il s’agit de millièmes de secondes, mais à force de répétition on perdrait jusqu’à 20% de notre temps !  

Autre conséquence : on est moins efficace dans les deux activités, on perd des informations, on commet des erreurs … n’avez-vous jamais connu cela ? Moi si !  

Enfin cette bascule demande énormément d’énergie et entraine de la fatigue, du stress et de l’anxiété.

Il est donc urgent 😉 de ne faire qu’une chose à la fois ! 

Choisir d’en faire moins

Activités extra-scolaires, emploi du temps surchargé le week-end, tout voir, tout faire en voyage pour ne rien manquer … attention à cette course au plus possible d’activités, de richesses, de loisirs, de sorties, de visites. 

Et si nous choisissions consciemment d’en faire moins ? 

La parentalité est une question de rythme. 

Passons à l’adaptation de ces principes dans le domaine de la parentalité. 

Prendre soin de soi 

On ne peut pas s’occuper aussi bien que l’on voudrait de nos enfants si nous ignorons trop nos propres besoins. D’où l’importance de prendre des temps de pause pour s’écouter, de faire des activités qui nous nourrissent (mais pas trop nombreuses !) et de savoir poser nos limites.

Le problème du parent interrompu 

La première réflexion qui vient c’est qu’en tant que parent nous devons forcément être multitâche et sommes très souvent interrompus par les enfants dans ce que nous faisons. 

Plusieurs solutions s’offrent à nous : 

  • Choisir sa priorité et décider ou non de faire ce que nous avons à faire à un autre moment. 
  • Choisir d’impliquer notre enfant dans ce que nous faisons en acceptant que ça prenne plus de temps. 
  • POSER NOS LIMITES, souvent on n’ose pas assez. Il est essentiel de le faire, en  verbalisant « je veux lire ce livre/écouter cette émission/téléphoner à mon ami …. Ça va me prendre tant de temps et ensuite je serais disponible pour toi. »

Il est important que les enfants apprennent à respecter notre temps, qu’ils s’intéressent à ce qui se passe pour leur entourage et qu’ils sachent s’adapter. Pour cela cessons de culpabiliser de ne pas être systématiquement à leur disposition, assumons de nourrir nos propres besoins. Quand nous sommes dans cette énergie d’alignement, cela se passe généralement bien avec les enfants . 

La parentalité positive  : un autre rapport au temps

Quand on chemine sur le sentier de la parentalité positive, le rapport au temps devient autre. 

En effet la philosophie veut que nous entretenions une vision à long terme de ce que nous voulons pour nos enfants. Cela implique que nous acceptions de perdre du temps à l’instant t pour en gagner à moyen et long terme.   

Il s’agit donc encore de ralentir.

Voilà de nombreux outils qui illustrent ce propos : 

  • L’écoute et la validation des sentiments.
  • La recherche de solution.
  • L’anticipation , l’aménagement de l’environnement pour éviter les situations de stress qui peuvent conduire à des crises . 
  • Le moment particulier 
  • Changer d’échelle de temps pour arriver à nos objectifs : voir l’évolution à 3/4 mois plutôt que d’attendre un résultat immédiat obtenu par la contrainte…

Toutes ces pratiques et habitudes nous demandent d’adopter petit à petit (car il n’est pas simple de nous reformater)  un autre rythme que celui prédominant dans la société .

Vivre en harmonie avec les autres

Nous avons jusqu’ici beaucoup parlé du rythme personnel. 

Cependant nous sommes des êtres sociaux et on ne peut faire l’économie de savoir nous adapter au rythme global – parce que c’est ça aussi l’ouverture à l’autre.  

En effet, il n’est pas question de se recroqueviller sur soi au détriment des autres ni de se couper du groupe. 

Et puis certaines contraintes s’imposent à nous : prendre un train, arriver à l’heure à un dîner ou bien manger tous ensemble en famille et c’est aussi une vraie compétence à transmettre à nos enfants que de leur apprendre à s’adapter pour vivre en harmonie . 

L’objectif est de trouver la juste « danse » entre le rythme du groupe et son rythme personnel. 

Ce qui me vient pour parvenir à cette harmonie, c’est que le besoin de respecter son rythme personnel est pondéré par d’autres besoins tout aussi fondamentaux

Ainsi, le besoin d’appartenance poussera chacun à mettre en pause ce qu’il fait pour se rendre à l’heure au rendez-vous avec les copains ; ou le besoin de communiquer amènera tout le monde à se réunir autour de la table pour discuter.

En résumé, si nous ne pouvons pas changer radicalement nos modes de vie, nous pouvons en revanche mettre de la conscience dans nos choix et dans nos activités. 

C’est en effet bien de cela qu’il s’est agi tout au long de cet article : sortir la tête du guidon , questionner notre  rythme personnel qui est unique, se demander s’il nous convient, si on le subit et comment l’articuler avec un rythme global pour vivre en harmonie avec ses valeurs et avec les autres.  

Et vous quel rapport au temps entretenez-vous ? 

« Les enfants n’ont point d’affaires plus sérieuses que leurs jeux. » Michel de Montaigne

(article rédigé par Emilie) 

La parentalité ludique est tellement complémentaire de la parentalité positive qu’on pourrait dire qu’elle en est l’une des facettes. 

Elle utilise le jeu et l’humour pour répondre à de très nombreux objectifs du parent positif :  la connexion, le remplissage du réservoir, la validation des sentiments, la coopération, la diminution des conflits …  

Le premier soir où j’ai assisté à une soirée de formation sur la parentalité ludique dans le cercle des parents heureux , j’étais tellement enthousiaste, que j’avais envie d’aller réveiller mes enfants pour tester et partager avec eux ! 

Je remercie d’ailleurs énormément, Gwen , du blog petit bou(t) par petit bou(t) pour cette soirée riche d’enseignements et de bonne humeur ! 

Je vais essayer de vous montrer dans cet article à quel point le jeu c’est du sérieux …et  j’espère  titiller votre plaisir et votre créativité pour vous donner l’envie d’essayer et d’adopter la parentalité ludique 

DES 1001 RAISONS DE PRATIQUER LA PARENTALITÉ LUDIQUE…. 

On a dit sérieux hein !? 

Nous allons donc balayer ici les différents fondements théoriques du parentage ludique. 

Du plus évident ….

a. Jouer et rire ensemble mettent de la bonne humeur et de la légèreté dans notre quotidien, aussi bien pour les enfants que pour nous-même.  Mettre de la joie peut changer la dynamique en nous mettant dans une belle énergie face aux aléas de la vie. 

b. Puisqu’il y a plus de complicité, la connexion est meilleure et donc la qualité de la relation l’est nécessairement aussi. Cela est précieux à tout âge, mais encore plus à l’adolescence, quand le besoin d’appartenir à la bande de copains prend le pas sur l’appartenance à la famille. 

c. Dans une atmosphère détendue et connectée on obtient plus facilement la coopération, diminuant ainsi de nombreux moments de tension. 

d. C’est un moyen de recharger notre réservoir et celui de nos enfants  . On sait comme ce sont des éléments clés pour se sentir bien en famille. Gros bonus : pouvoir le faire simultanément est vraiment précieux dans nos vies à 100 à l’heure ! 

e. Pour l’enfant tout est jeu, ça tombe bien quand on sait qu’il apprend par le jeu ! C’est prouvé scientifiquement on apprend mieux dans la jubilation que dans la douleur. 

…. Au plus subtil.

f. Grâce au jeu et à l’humour on montre comment rendre agréables des moments rébarbatifs de la vie, transmettant ainsi le goût de l’effort.  Cela peut paraitre contre-intuitif et pourtant quand il faut faire quelque chose et qu’on n’en a pas très envie, autant rendre ça plus plaisant : moins de découragement, plus de petits et grands projets aboutis ! 

g. Le jeu permet à l’enfant d’exercer son pouvoir personnel, un de ses 2 besoins fondamentaux. Il n’a alors plus d’intérêt  à le faire en s’opposant à nous.

h. Il permet de préparer en amont des situations délicates (hospitalisation, déménagement …)

i. Il a même un pouvoir guérisseur.  Parfois on engramme un traumatisme, c’est-à-dire un souvenir que le cerveau n’arrive pas à traiter et qui reste donc à vif. En le rejouant on oblige le cerveau à l’assimiler pour qu’il ne vienne plus nous tarauder. 

j. Grâce au jeu on va pouvoir accompagner des enfants à sortir de leur « rôle » et abandonner leurs étiquettes

k. On pourra parfois libérer des blocages et dénouer des situations complexes et engluées, aussi bien chez les plus jeunes que chez les adolescents. 

l. Il sera possible de renouer le contact physique, donner de l’attachement et de la sécurité, sans trop en avoir l’air. 

m. On favorisera ou restaurera l’estime de soi en perdant lamentablement, au profit des enfants qui sont suffisamment en position d’infériorité dans la vie de tous les jours.

n. On peut améliorer la relation dans la fratrie, construire la complicité et l’esprit d’équipe en laissant les enfants s’opposer ensemble contre nous. 

o. Dans la même veine, si l’on sent que le jeu se tend pour des histoires d’égo, on peut y prendre part en prenant la place du nul/clown : la bonne humeur revient, les estimes de chacun sont préservées. 

p. Bon je ne suis pas allée jusqu’à Z mais quand même , ça fait un bon nombre de raisons de tester vous ne trouvez pas ?! 

MISE EN PLAISIR …euh pardon MISE EN PRATIQUE et CAS CONCRETS DE LA PARENTALITÉ LUDIQUE 

Place maintenant aux différents types de jeu et d’humour et à leurs jubilatoires illustrations ! ☺ 

Les chansons et les jeux insolites

Tous deux sources de motivation pour se lever, ranger, aller à la douche, se brosser les dents… 

Les chansons peuvent, en plus, permettre de créer du lien en entrant dans le monde de votre ado, ou, à tous les âges, en transmettant une culture musicale. 

On peut laisser le choix de la chanson aux enfants, et qui dit choix dit pouvoir personnel.

On peut en inventer, en personnaliser et créer une proximité avec cet air rien qu’à nous.

C’est une belle journée, une si belle journée qui commence … ♬♩.

Aldebert : range ta piaule ! 

Les jeux insolites, eux, sont redoutables pour les transitions difficiles.  

On y va comme un éléphant, une fusée, un gorille,  en fermant les yeux, on demande à l’enfant de nous rejoindre en faisant une entrée spectaculaire, on met les chaussettes sur les mains …. 

Les défis

Pour faire vivre le plaisir de gagner et favoriser l’estime de soi, ou pour donner du rythme quand il en manque.  

Dans les deux cas on prend soin de rater, de rater ridiculement et lamentablement, on en fait des tonnes !  

L’exemple emblématique est celui de la course, mais aussi tous les jeux et défis pendant lesquels les enfants vont s’unir contre nous : jeux de société, cap de … ? 

  💣   Le défi se fait contre l’adulte pas entre enfants, pour ne pas stimuler la rivalité. 

Quand on prend le rôle du perdant et que les enfants peuvent lutter contre nous, ils n’ont plus besoin d’essayer de se défausser du rôle du nul sur une autre personne (le copain , le petit frère … ) 

Faire parler les objets

Un must,  qui marche aussi bien chez les plus jeunes que chez les grands. Le message est pérenne, l’humour aide à ancrer sans répéter ni harceler. Il enlève un poids à tout le monde ! 

On peut coller une affiche ou un post-it avec un message humoristique. 

On peut faire écrire un courrier de la part de l’objet et pourquoi pas le personnifier en lui donnant un nom ? C’est vrai ça ! Lucette la lunette des toilettes en a ras le bol de se faire arroser à tout va ! 

On peut prendre une voix insolite pour faire parler un objet : la serviette qui pleure parce qu’elle traine par terre toute mouillée, le sol qui éternue car il s’enrhume… 

Du vécu : C’est un peu la lutte pour avoir des toilettes propres quand on passe après mon plus jeune fils.

Un jour, j’ai collé cette affiche , que je me suis bien régalée à créer. On en a bien ri et l’effet est radical depuis. De temps en temps un petit rappel «  tu as checké gentleman ? » , ou un peu d’humour avec l’accent anglais et c’est réglé ! 

Les jeux de chahut et de contact physique

Ils permettent de libérer les tensions de la journée.

Ils sont aussi très puissants pour les enfants qui ont du mal à réclamer les câlins alors qu’ils en ont besoin. 

Avec les ados qui prennent leur distance c’est un moyen de cultiver un contact physique devenu plus difficile à instaurer. 

Pistolet à bisous , bataille de coussins, trappe-trappe , karaté chaussette (accroupi  essayer d’attraper les chaussettes de l’autre ), le jeu du géant ( les enfants tentent de faire tomber l’adulte qui joue le géant )  …

Encore une fois on prendra soin de perdre théâtralement et de laisser les enfants « se liguer »  contre nous !  

Après quelques jours de mise en place c’est une super méthode de reconnexion pour des soirées plus apaisées et plus fluides ! 

 💣   On peut craindre que l’excitation de ces jeux ne retombe pas. Cela procure tellement de plaisir aux enfants que ça pourrait être le cas. La solution c’est de le ritualiser :  5 minutes par jour avec des règles précises (on reste sur le lit, on tape seulement en dessous des épaules… ) . 

Si les enfants savent que c’est quotidien, ils seront rassurés sur le fait qu’ils auront leur dose et accepteront de s’arrêter. 

Les jeux de pouvoir

Laisser l’enfant exercer son pouvoir de manière non conflictuelle : 

L’enfant détermine les règles.  On peut en plus modéliser le fait que ce n’est pas facile pour nous de suivre des règles qui nous déplaisent (ça aidera quand ce sera son tour ) . 

Il est la locomotive du train, on est le robot qu’il guide ou la poupée molle dont il fait ce qu’il veut. 

Les jeux d’attachement 

C’est la mise en scène de l’amour par le jeu. On joue à expérimenter le plaisir de se séparer et de se retrouver. 

Chez les touts-petits c’est l’emblématique caché-coucou !  Avec les plus grands on joue à s’attraper et à des parties de cache-cache en milieu varié ! 

Les jeux inappropriés

Parfois l’enfant porte en lui une préoccupation qu’il ne parvient à exprimer que par une utilisation inappropriée du jeu (coller des gommettes de manière compulsive, décapiter les playmobils, jeter des objets par la fenêtre, casser, jouer frénétiquement aux jeux vidéos … )

Jouer avec lui  ( en dépassant notre malaise ) permet à l’enfant de lâcher sa préoccupation . Une fois que la pulsion d’agressivité est accueillie par l’adulte, l’enfant s’en libère.

Pour les ados qui sont souvent enfermés dans leur chambre à jouer aux jeux vidéo, et que l’on désespère de voir coopérer, il y a de très nombreux bénéfices à partager une partie avec eux de temps en temps.

Du vécu : Que ce soit pour évacuer de l’anxiété, exercer son pouvoir personnel ou attirer l’attention, qui n’a pas rencontré le problème des gros-mots intempestifs ? 

La parentalité ludique offre plusieurs solutions : dédier un lieu pour déverser les gros-mots, faire une fête aux gros mots où durant quelques minutes tout est permis, remplacé le gros mot par des mots insolites ( cucurbitacée , les gros mots du capitaine Haddock …).

Les jeux « thérapeutiques »

  1. On remet en scène des moments difficiles pour aider le mental à les digérer. 

On utilise les peluches, les légos ou playmobils, on théâtralise ensemble pour revivre l’opération, la séparation, une douleur … 

Tout en le guidant, on laisse l’enfant diriger le jeu , choisir une version exacte ou la modifier et répéter autant qu’il en a besoin. 

2. Même processus pour anticiper un moment délicat : un déménagement, une hospitalisation, ou bien comment il faudra se tenir au restaurant. 

On joue à imaginer des variantes : être un enfant horrible au restaurant ou au contraire le client d’un restaurant très « select » , être le docteur , être le malade…

On apprivoise la situation dans un contexte aimant et avec du rire. 

Les jeux pour expérimenter autrement

Par le jeu, on s’entraîne à adopter de nouveaux comportements, on sort de son rôle ou de son étiquette. 

En utilisant des situations imaginaires, l’enfant se met dans des rôles différents.

L’enfant timide va pouvoir faire un spectacle, le fragile sauver une personne en détresse, le gros dur s’adoucir en jouant le médecin, le brusque jouer les funambules ….

💣   Se laisser guider par l’enfant pour voir ce qu’il est prêt à expérimenter, sans le forcer. 

Les injonctions paradoxales

Le principe est de casser la résistance qui n’a alors plus de sens, tout en permettant à l’enfant d’aller à l’encontre de notre demande. 

La philosophie c’est de reconnaitre que chacun fait le meilleur choix pour lui à l’instant T.  

Plus on va essayer de le convaincre du contraire plus l’autre va s’accrocher à son idée. 

Au contraire si on admet que c’est le meilleur choix pour lui en ce moment, alors l’enfant peut prendre du recul sur ce choix et se demander s’il n’en aurait pas d’autres. 

Du vécu : Ca fait plusieurs fois que j’appelle les garçons pour faire les devoirs , rien n’y fait . Je leur dis « ok , je comprends , plus de devoirs , ça ne sert à rien de s’entrainer un peu de toute façon et puis ça prend du temps sur le jeu c’est embêtant…. » Dans les 10 minutes ils étaient au travail. 

Autre exemple : « je ne te donne qu’une règle surtout, surtout ne mets pas ton pyjama !!! »

Avec un ado, on m’a rapporté l’anecdote suivante :

L’enfant est décrocheur de l’école depuis plus de deux mois :  il se lève tard , ne se lave plus … 

Après avoir tout essayé la maman à bout d’argument tente un « ok j’imagine que tu as de bonnes raisons … ».  15 jours plus tard le jeune avait rangé sa chambre, s’était lavé , habillé et demandait du soutien pour être réadmis au lycée .

 💣   Attention au ton qui ne doit être ni moqueur ni ironique mais bienveillant pour que l’enfant entende que l’on reconnait sincèrement son choix.

Pour conclure, il est bon de se souvenir que chaque enfant sera sensible à un moyen ou à un autre. Leurs besoins vont changer en fonction du moment, du vécu de la journée et de l’âge.

On pourra mixer certaines pratiques, changer, bref faire preuve d’adaptation et de créativité. 

Pas toujours évident.

Comme tout, c’est un apprentissage qui se révèlera facile pour certains et demandera des efforts à d’autres. 

Il n’empêche, tout le monde peut s’approprier certaines de ces approches.  

Si vous avez envie d’aller plus loin je vous conseille la lecture des deux livres de référence dans le domaine : 

Surtout, surtout, je vous invite à expérimenter et à partager ce que vous mettez en place ! 

Découvrir l’éducation positive nous encourage à sortir de l’imposition, à être beaucoup plus à l’écoute de nos enfants. C’est évidemment l’objectif, et c’est tellement chouette de partir à leur rencontre, de mieux les comprendre, de les considérer, enfin, comme les vraies personnes qu’ils sont.

Parfois, pourtant, cette bienveillance déborde un peu… A force de les écouter eux, on peut se perdre, soi.

Comment trouver l’équilibre ? Comment ne pas tomber dans cette tendance du « no limit », cette bienveillance poussée qui frôle la permissivité ?

C’est à cette question, posée par une lectrice à partir d’un cas concret, que je tente de répondre dans cette vidéo.

Et vous ? Quel exemple avez-vous d’un moment où vous avez senti que le positionnement était délicat ?

“Tout travail mérite salaire”, c’est bien connu. Partant de ce principe, nous devrions sûrement rémunérer nos enfants pour leur participation aux tâches de la maison. Pourtant, nous ne sommes pas payés nous-mêmes pour l’accomplissement de ces tâches, ce qui contredit déjà le principe de départ… Y a-t-il deux poids, deux mesures sur cette question ? 

Les avis divergent… Entre les parents qui considèrent qu’il est normal que les enfants participent, et ceux qui cherchent à les motiver à faire plus, comment se situer ? 

— Note :  cet article a d’abord été publié dans Grandir Autrement, numéro 80 de janvier-février 2020, dans le dossier “Les enfants et l’argent” —

La participation à la vie de famille

Avant même de parler de rémunération, je voudrais vous encourager à considérer la participation à la vie de famille, pas seulement sous l’angle de l’obligation, mais plutôt sous celui du plaisir. Il me semble en effet que la confusion vient de ce que l’on imagine souvent que l’enfant n’a pas envie de participer. Qu’il va falloir l’y obliger, ou trouver une autre manière de l’y inciter. 

Pourtant, participer est également une joie. Et ce, pour plusieurs raisons ! 

L’appartenance

L’enfant, comme tout être humain, a un fort besoin d’appartenance. Participer à la vie de famille, c’est faire partie de la famille. Tout passe dans ce cas par notre communication sur le sujet. Si nous partons de l’hypothèse que les adultes organisent la maison, alors cela se traduira dans notre manière d’aborder la question avec l’enfant. Nous lui demanderons de nous aider, comme un service qu’il nous rend. Si, au contraire, nous considérons la contribution de chacun comme une participation à la vie en communauté, personne ne rend de service à personne. Chacun fait plutôt sa part, parce qu’il appartient au groupe, au même titre que les autres…

L’importance

Un autre besoin fondamental de l’être humain est celui d’importance. Chacun a besoin de sentir qu’il est utile, qu’il a un rôle, qu’il est capable. Et ce besoin d’importance recoupe justement celui de l’appartenance dans l’action de contribuer. Ainsi, laisser nos enfants contribuer dans la maison permet de nourrir leurs besoins fondamentaux, et les aidera à se sentir bien dans leur peau. La contribution est ainsi vue, non pas comme une contrainte, mais bien comme une manière d’être, soi-même, et avec les autres. 

Le sens

Participer aux tâches de la maison est peut-être l’activité qui a le plus de sens pour le jeune enfant. Combien d’enfants veulent à tout prix passer l’aspirateur, vider le lave-vaisselle, nettoyer la table ? Maria Montessori l’avait bien compris, qui a développé toute une gamme d’activités autour de la “vie quotidienne” : le jeune enfant a l’élan de copier ce qu’il voit. De faire siens les gestes dont il est témoin. De développer ses compétences pour participer à son tour. Il développe ainsi ses capacités dans un contexte qui a un sens, source d’un apprentissage qui rime avec plaisir. Ce n’est que plus tard, souvent parce que, malheureusement on l’a plutôt démotivé en le refrénant petit (parce qu’il ne faisait pas bien, parce que c’était plus rapide de faire sans lui) que l’enfant perd cet élan pour les tâches de la maison. Dommage. 

La récompense démotive

Venons-en maintenant au coeur de la question du jour : rémunérer ou pas. On peut bien sûr voir l’aspect positif de la chose. L’enfant a accompli quelque chose, et mérite bien de pouvoir se faire plaisir en retour. Voyez cependant comme la simple présentation ainsi rejoint l’exposé précédent, celui qui pré-suppose que participer n’est pas un plaisir. Malheureusement, plus l’enfant sera récompensé pour les tâches accomplies, plus cette vision des choses se développera. Car nous sommes ainsi faits que plus la récompense croit, plus notre motivation décroit. La récompense prend en réalité le pas sur la motivation intrinsèque. Et donc, au bout du compte, la récompense démotive. 

Un sacré piège1 ! Ainsi, en croyant motiver nos enfants, nous leur enseignons au contraire que la seule motivation à trouver à leur contribution est la récompense. 

A court terme, il y a fort à parier que la promesse d’une rémunération encourage nos enfants à accomplir les tâches demandées avec allégresse. Cependant, la question de la rémunération sera alors toujours présente. Si celle-ci disparait, la motivation disparaitra également… Or, quelle motivation aimerions-nous que nos enfants aient pour contribuer ? La rémunération qu’il vont toucher, ou plutôt le plaisir de contribuer ? Et si nous entretenions plutôt leur envie de satisfaire leurs besoins d’appartenance et d’importance en remplissant leur rôle dans la famille ?

D’après Alfie Kohn2, la coopération sans recherche de récompenses non seulement rend les tâches plus plaisantes, mais elle en améliore également le résultat. 

Cas particulier

Vous l’aurez compris : argent de poche et accomplissement des tâches se portent mieux quand ils sont décorrélés. Lorsque l’on choisit de donner de l’argent de poche à nos enfants, c’est que nous voulons les aider à développer leur sens de la gestion, nous désirons leur offrir un choix dans leurs achats. Ce ne devrait en aucune façon être une manière de prendre le pouvoir sur eux, par notre choix de le leur accorder ou retirer en fonction de leur comportement ! Ou alors on retombe dans une relation verticale dans laquelle nous leur enseignons que le plus fort gagne…

Est-ce à dire que nous ne pourrons pas aider nos enfants à gagner un peu d’argent lorsqu’ils en auront besoin ? 

Je crois qu’un cas particulier existe : c’est celui de la situation où tout le monde est gagnant-gagnant. Car il existe bien des tâches pour lesquelles nous sommes prêts à payer quelqu’un d’extérieur. Si tel est le cas, cette personne peut être notre enfant. Ainsi, je peux envisager de rémunérer mes enfants pour des tâches que je ne ferais pas moi-même. Dans certaines familles, cela peut être l’entretien du jardin, le lavage de la voiture, vider le caniveau, que sais-je encore ? Alors là oui, je ne cherche plus la participation à la famille, mais je donne l’opportunité du “petit job”.

Veiller aux relations familiales

Enfin, si la question de la motivation n’était pas suffisante, je terminerai en parlant des relations familiales. Car la question de la rémunération risque de soulever une autre difficulté : celle de la “justice”. Qui et que devrait-on rémunérer ? A quelle fréquence ? On peut facilement se retrouver face à un jeu de rivalités pour savoir qui va faire quoi, et pour combien…

Sans compter le ressentiment qui monte inconsciemment chez l’adulte qui, lui, n’est pas rémunéré, et trouvera rapidement usantes les réclamations que cette méthode aura incitées.

Si nous cherchons la paix de la famille, et l’élan à participer ensemble, abandonnons plutôt cette idée de rémunération, et cherchons un moyen pour que chacun trouve sa place. Organisons au besoin des réunions de répartition des tâches3, qui permettront de trouver le meilleur des fonctionnements ensemble, donnant au passage le modèle d’une vraie vie en communauté. 

Ce sera l’occasion de développer le soutien, l’esprit de groupe, le partage, l’empathie. 

A long terme, c’est quand même plus enrichissant, non ? 

Notes : 

1- Voir article Le piège des récompenses – Grandir Autrement N67 – nov/dec 2017

2- Punished by Rewards, Alfie Kohn, Mariner Books (1999)

3- Voir article Encourager les enfants à contribuer à la maison – Grandir Autrement N69 – mars/aril 2018

Dans mon dernier partage, je vous ai parlé de l’exercice des 2 listes que je trouve très utile pour prendre du recul sur le quotidien, et voir un peu plus à long terme ce que nous cherchons à développer, pour nous, et pour nos enfants.

Cette idée de long terme est vraiment fondamentale pour ancrer sa pratique de la parentalité positive, et l’intégrer plus largement dans une vraie philosophie de vie.
Pour nous en parler, je cède encore une fois ma plume à Emilie, membre du cercle des parents heureux.
—-
Skipper le navire de la parentalité positive implique par nature des passages de houle, de brouillard et des choix de directions. 

Pour ne pas nous perdre dans l’océan nous avons besoin d’une boussole qui nous donnera le cap. La feuille de route sera cette boussole. 

Au quotidien, il n’est pas toujours facile de garder l’équilibre pour ne pas chavirer : 

Dans nos vies, au rythme parfois fou, le pari est de trouver l’harmonie entre le fonctionnement du quotidien et notre vision de ce que l’on veut transmettre à long terme à nos enfants

Au sein de notre famille, il s’agit de partager nos valeurs et d’écrire ensemble l’histoire familiale dans le respect de la singularité de chacun. 

Entre les partenaires, l’enjeu est de concilier les aspirations personnelles, celles à deux, ainsi que les choix éducatifs.

Pour nous-même, le défi est d’incarner les valeurs et attitudes que nous souhaitons voir se développer chez nos enfants.

Aussi, pour affronter les nombreux aléas de la navigation, construisons ensemble une feuille de route

Qu’est-ce que construire sa feuille de route ? 

Très concrètement, il s’agit de prendre un temps formel en couple pour discuter de ce que l’on veut vivre au sein de notre famille. 

Quelques questions nous aideront à démarrer ce brainstorming : 

  • Qu’aspirons-nous à vivre en famille ? / Qu’est ce qui est important pour nous ?
  • Comment voyons-nous notre mission de parents ? / Avec quelles intentions interagissons-nous avec nos enfants ?  
  • Qu’espérons-nous pour nos enfants à long terme ?/ Comment les imaginons-nous à l’âge adulte ?/ Avec quels objectifs élevons-nous nos enfants ? 

Ensuite il s’agit de décliner les réponses à ces questions en : 

  • Objectifs à long terme. 
  • Attitudes à encourager. 
  • Valeurs à développer. 

Pourquoi faire une feuille de route ? 

Raison numéro 1 : une philosophie de vie. 

Loin d’être une succession de techniques à appliquer, la parentalité positive est une véritable philosophie. 

En effet, si l’on applique mécaniquement une gamme d’outils, sans l’ancrage du cœur, sans l’intention de la connexion, alors les enfants ne seront pas dupes. 

Nous obtiendrons peu, nous nous épuiserons et nous risquons de nous noyer face aux difficultés.

Du vécu. 

J’ai observé que je peux utiliser la même technique auprès de mes fils, employer exactement les mêmes mots, si, prise par le quotidien , je n’ai pas rempli leur réservoir c’est peine perdue ! 

De même si le ton qui va bien n’y est pas (souvent à cause cette fois de mon propre réservoir vide) j’observe que je n’obtiens jamais la coopération.

« Il y a des habits par terre dans la salle de bain. »

Avec les réservoirs plein et un ton léger sans accusation ni exigence ça marche, en mode impatient ou déconnecté c’est vain ! 

En posant les fondations solides à partir desquelles nous souhaitons accompagner nos enfants, la feuille de route permet d’ancrer notre intention et de revenir s’y ressourcer quand on est secoué par les aléas de la vie !  

Raison numéro 2 : Questionner nos habitudes parentales. 

La feuille de route va nous aider à prendre du recul et à choisir de sortir (ou pas) des conditionnements : habitudes familiales, sociétales et culturelles qui nous imprègnent. 

Pourquoi j’agis comme cela ? 

Est-ce que je dis ou je fais cela par habitude ? 

Parce que mes parents faisaient comme ça ? 

Parce que c’est le comportement dominant dans la société ? 

Du vécu.

L’un de mes enfants, peu tactile, est très mal à l’aise avec l’habitude de faire la bise pour dire bonjour et au revoir. 

Cela m’a d’abord gênée car ce n‘est pas évident d’assumer le regard des autres.

Je me suis questionnée. La bise sert à établir un lien, à reconnaitre l’autre, il me semble.

J’en ai parlé avec mon fils et je l’ai accompagné pour trouver une autre stratégie et assumer son choix. 

Je suis maintenant sereine. Je vois que ce défi développe les valeurs de prise de responsabilités, d’oser être soi-même tout en respectant les autres, de confiance en soi, de créativité et d’ouverture à de nouvelles stratégies. 

Raison numéro 3 : Prendre conscience de sa manière d’être parent.

La feuille de route va nous permettre de penser, d’agir et de nous exprimer en conscience. 

On le voit dans l’exemple précédent, la réflexion en amont permet de mieux assumer nos choix parfois à contre-courant, de mieux vivre le regard des autres, de nous sentir plus assurés et plus ancrés. 

Raison numéro 4 : Être en ligne dans le couple. 

La feuille de route nous assure d’être en ligne avec notre partenaire, elle permet à chacun de s’emparer de la philosophie de la parentalité positive évoquée plus haut. 

Elle diminue ainsi le décalage qui peut parfois se créer dans le couple. 

Face aux désaccords du quotidien, elle nous aide à lâcher-prise en nous rappelant que sur nos objectifs à long terme et nos valeurs nous sommes parfaitement en phase. 

Elle soude le couple en soulignant les valeurs communes. 

Enfin elle crée du sens et permet un passage de relai cohérent et plus serein. 

Raison numéro 5 : Grandir en famille.

En rédigeant la feuille de route on se rend rapidement compte que ces valeurs et attitudes ne concernent pas seulement les enfants. 

Avoir cette réflexion nous pousse en effet à observer nos propres comportements. Incarnons-nous chacune de ces valeurs et attitudes ? 

Par exemple est ce que je suis persévérant, généreux ou débrouillard comme je le souhaite pour mon enfant plus tard ? 

Cette réflexion nous conduira souvent à travailler sur nous-même pour acquérir les attitudes que l’on veut voir se développer chez nos enfants.

Quel impact de la feuille de route sur le quotidien ? 

Adopter de nouvelles lunettes

Souvent il faut trouver un équilibre entre nos besoins immédiats et nos objectifs à long terme.  

Comment faire quand notre enfant ne coopère pas comme on le voudrait ? 

Dans ce cas, avoir en tête sa feuille de route aide surtout à changer de lunettes. 

On pose plus facilement un regard bienveillant sur son enfant et on voit mieux le besoin derrière le comportement.  En effet les difficultés du présent sont parfois le signe d’une compétence à long terme qui se développe. 

Faciliter la relation horizontale

Grâce à la feuille de route, on bascule plus spontanément de la parentalité verticale à une relation de parentalité horizontale puisqu’on s’applique à tous les mêmes attitudes. 

Modeler

Enfin, elle a un impact fort sur le modèle donné en nous poussant à faire vivre nous aussi les valeurs qui y sont inscrites. 

Foire aux questions

1. Que contient la feuille de route ? 

On y inscrit nos valeurs profondes, ce qui nous anime. On n’est pas sur des règles de vie du quotidien mais sur une philosophie. 

On utilise des mots ou expressions courts : avoir confiance en soi, oser suivre son élan , être autonome , débrouillard , tolérant, respecter le vivant…

Souvent, on va se rendre compte au cours de la réflexion qu’on peut rapprocher certaines valeurs et attitudes. Un plan se dessine ainsi naturellement . 

Par exemple du particulier au général :  construction de l’individu dans sa singularité, puis ce qui relève de son rapport aux autres et enfin au monde. 

2. A quoi ressemble la feuille de route ?

C’est plus pratique si elle est succincte pour s’y référer d’un seul coup d’œil. Elle est affichée dans un endroit visible pour nous soutenir. 

Ex : une feuille A4 imprimée et accrochée sur le frigo.

3. Comment organiser sa rédaction 

En 3 temps : 

  1. Réflexion chacun de son côté sur ce que l’on veut pour que nos enfants soient des adultes épanouis.
  2. Partage et débat. 
  3. Rédaction de la feuille familiale.

Libre à chacun de se bloquer quelques heures pour dérouler ce processus en une fois ou bien de le laisser infuser plusieurs jours. 

4. Quand réaliser cette feuille route ? 

Tous les moments sont les meilleurs ! Ça peut être n’importe quand : à la naissance d’un enfant, suite à un défi, quand on en ressent l’envie, l’énergie… 

5. Cela a t-il du sens de faire cette feuille de route seul(e) ? 

Oui ! Ça permet de nous poser les questions à nous-même, d’incarner les valeurs et de nous ancrer.  Cela peut aussi offrir un point d’accroche pour discuter dans le couple. 

6. Les enfants connaissent-ils la feuille de route ? 

Le fait que ce soit au départ une réflexion d’adulte semble important pour les fondations. 

Pour autant, selon le ressenti personnel, les habitudes familiales et l’âge des enfants, la feuille peut être source de discussion, surtout si elle est affichée en évidence. Les plus grands pourraient même l’enrichir.

Pour les plus jeunes, on s’attachera surtout à leur transmettre le fond en le modelant et en verbalisant les valeurs familiales (on cherche la coopération pas l’obéissance, on est une équipe …). 

7. La feuille de route évolue-t-elle ? 

Oui absolument. 

Si l’évolution ne devrait pas être drastique puisque cette feuille reflète ce que l’on est au plus profond de nous, on peut par exemple y ajouter un élément suite à notre expérience du quotidien ou aux défis liés à l’âge des enfants. 

Exemples : Savoir accueillir ses émotions pour en faire une force / Développer une intelligence manuelle pour être débrouillard/ Être soi-même et s’affranchir du regard des autres … ou tout autre thème qui aurait pu nous échapper à la construction de la feuille. 

Mon article touche à sa fin, j’espère vous avoir donné l’envie de construire cette précieuse boussole afin de ne pas vous perdre dans la navigation mouvementée de la parentalité positive !  Il est précieux de pouvoir revenir à votre bonne vieille carte en cas de tempête ! 

Racontez-moi ce que vous en pensez, votre expérience et pourquoi pas son contenu si vous mettez la feuille de route en place chez vous.