Déménager, c’est toujours stressant. Sur un plan logistique comme émotionnel. Un déménagement, c’est en effet un vrai chamboulement, qu’il soit choisi ou subi. Et quand on ajoute des enfants dans l’équation, cela s’avère encore plus délicat… Le déménagement pour l’enfant est toujours subi. En tant que parent, quelles précautions pouvons-nous prendre pour que nos enfants vivent au mieux ce déménagement ? Pour les accompagner dans cette période, alors que nous-mêmes sommes sous stress.

Faire les cartons, vider l’appartement ou la maison, vendre, donner, trier… plus tout l’administratif… Et encore, tout cela ne parle que de l’aspect pratique des choses. Que se passe-t-il au niveau émotionnel ? Et surtout : comment garder une ambiance familiale la plus sereine possible, dans ce chamboulement ? Pas facile ! Quel est l’impact du déménagement sur les enfants ?

Dans notre famille, des déménagements, on en a connu énormément. Cela ne rend pas les choses simples pour autant.. mais à force, on a appris quelques trucs. On a appris à prendre quelques précautions bien utiles lorsqu’on déménage avec des enfants. Alors que nous venons de vivre un n-ième changement de pays, j’ai pensé qu’il pourrait être utile de les partager avec vous !

Précaution no1 : Ecouter ce que nos enfants vivent

S’il n’y avait qu’un conseil à retenir, ce serait celui-là.

Si nos enfants ne font pas face au même stress logistique que le nôtre, ils n’en vivent pas moins un stress émotionnel.

Avant, pendant, et après le déménagement en tant que tel.

Il n’est pas simple de tout quitter, et le mieux que l’on puisse faire pour eux dans ces moments-là, c’est de les écouter. Simplement. Je vais encore vous parler d’accompagner les émotions. Accompagner les émotions quand il faut tout quitter.

Oui, parce que c’est bien ce qui leur arrive. Et ce n’est pas simple.

On ne va pas changer leur situation, on ne va pas trouver des solutions. Notre rôle est simplement d’être là, et d’entendre.

Entendre pourquoi ils ne veulent pas partir, ce qui va leur manquer. Ils ont le droit et le besoin de le partager, sans qu’on leur réponde “Mais tu vas voir, ça va être bien là-bas !” (même si on va également les aider à se projeter, en choisissant nos moments, on en reparle plus bas…).

Le droit, ensuite, de dire qu’ils n’ont pas envie d’être dans ce nouvel endroit, qu’ils voudraient retourner à l’ancien, sans qu’on leur réponde : “Pourtant, tu as dit hier que c’était bien ici…”.

Comme chez tout être humain, leurs émotions vont et viennent, et rien ne peut mieux les aider à développer leur résilience que de les vivre, simplement.

On me demande parfois “Comment faire accepter un déménagement ?”. Mais l’idée n’est pas de faire accepter. L’idée est plutôt de s’ouvrir à ce que vit notre enfant dans ce déménagement qu’il n’a pas choisi. C’est en recevant cette information là qu’on l’aidera le mieux à accepter sa situation. Parce qu’au lieu de se sentir forcé, il se sentira entendu et compris.

Pour se comporter bien, il faut se sentir bien.”

Haïm Ginott

👉🏻 15 jours pour apprendre à accompagner les émotions de votre enfant

Laissez-moi vous parler un peu de ce dernier déménagement avec les enfants. Nous avons quitté la région parisienne pour nous installer à Londres.

Au fur et à mesure que la date approchait, une certaine excitation montait en nous : l’envie de la découverte, savoir comment ça allait être… Notre exclamation régulière : “London, baby !”

Alors, quand l’Eurostar est entré dans la banlieue londonienne, j’ouvrais grand mes yeux, tout en montrant ce que je pouvais à Anatole (6 ans), en lui expliquant qu’on arrivait. Mais, lorsque je me suis tournée vers ma fille Alice (13 ans), je me suis rendue compte qu’elle pleurait. Cette arrivée n’était pas une joie chez elle. Pas à ce moment-là. C’était au contraire, probablement, le signe concret qu’il n’y avait plus de retour en arrière, qu’elle allait vraiment vivre dans une ville loin de ses copains…

J’ai donc atténué mon enthousiasme, et j’ai essayé de recevoir : “Je suis désolée.”

Et c’est vrai. Je suis désolée de lui faire subir cela. Car c’est le bon terme : “subir”. Pas seulement bien sûr ! Je sais que nous offrons également de grandes chances à nos enfants, en leur faisant découvrir le monde, en leur donnant l’opportunité d’apprendre d’autres langues. Mais la médaille a son revers, et, vraiment, j’en suis désolée.

Précaution no2 : Les aider à se projeter

Transition délicate après ce que je viens d’écrire, mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’un déménagement, pour un enfant, c’est un peu comme des montagnes russes. (Pour nous aussi, d’ailleurs…)

Donc, si on doit être là pour écouter et entendre leur détresse lorsqu’elle se présente, on peut aussi être présent pour susciter leur enthousiasme dans les moments où ils sont au sommet.

Vous voyez la différence ?

Autant il n’est pas question de leur dire “Mais ça va être bien, tu verras !” au moment où ils nous parlent de leur tristesse, parce qu’alors, on ne serait pas du tout dans l’écoute de ce qu’ils vivent, autant on peut saisir les bons moments pour parler de notre destination avec enthousiasme.

Et dans ces moments-là, une bonne méthode, c’est de les aider à se projeter. Concrètement.

Parce que ce déménagement, il reste très théorique pour un enfant. Surtout pour les plus jeunes.

On va donc essayer de les aider à visualiser ce que cela signifiera pour eux.

Pour cela, plusieurs méthodes, à adapter à l’âge des petits.

Le plus simple, et qui marche pour tous : des photos !

Des photos du lieu de vie en particulier. Je ne vous dis pas combien de fois on a montré les photos de la future maison à Léon (8 ans). On a même pu parler des attributions de chambre, de comment on placerait les meubles, etc…

On a également été sur google maps pour voir le plan de Londres, où on serait, le parc d’à côté – et puis on a pris le petit bonhomme pour se promener grâce aux photos satellites : on a virtuellement fait le chemin de la maison au parc, puis de la maison à l’école…

Avec Alice, plus grande, j’ai eu des échanges autour du choix de son collège, les discussions que j’avais eues, les impressions. On a sorti le plan de métro, on a regardé les adresses des différentes maisons à visiter et le temps de trajet à partir de chacune d’elles… Je l’ai en fait impliquée ainsi dans les préparatifs, pour qu’elle soit moins dans la position de l’enfant qui subit, justement.

Et en même temps, j’ai un souvenir d’elle, quand elle avait 2 ans, et que nous quittions l’Afrique du Sud pour la France. C’était compliqué pour une si petite fille de comprendre ce qu’il se passait autour d’elle.

L’agitation, les meubles qui partaient en container, nous avec nos valises…

On avait alors eu recours, pour rendre les choses plus concrètes pour elle, au jeu.

J’avais pris des personnages playmobils, pour représenter les membres de notre famille – grands-parents compris – un avion jouet, des paquets-valises, un camion, et j’avais joué les scènes devant elle de tout ce qui allait se passer :

les déménageurs qui chargent les meubles dans le camion, qui les emportent, et les mettent dans un bateau, tandis que nous préparons nos valises, et prenons l’avion. Nous arrivons chez les grands-parents, chez qui nous logeons le temps de trouver un appartement ; pendant ce temps, le bateau avec les meubles arrive, puis nous leur demandons d’apporter les meubles dans l’appartement qu’on aura trouvé, et on y va à notre tour, avec nos valises !

Je sentais bien que tout cela restait compliqué pour elle, mais ça l’avait quand même apaisée. Elle avait compris qu’il y allait avoir un nouveau dans lequel on allait retrouver nos affaires. Elles n’étaient pas simplement emportées par des gars costauds !

Les personnages playmobils ont alors intégré notre sac de voyage, et on les sortait régulièrement pour refaire des bouts de la scène – je les vois encore dans l’avion, ils faisaient à l’époque partie des objets rassurants de cette petite fille qui avait bien du mal à appréhender ce qui se passait autour d’elle…

Précaution no3 : Impliquer les enfants dans le tri pré-déménagement

Cette fois, on va parler un peu de l’aspect concret de ce déménagement avec les enfants.

Parce qu’on le sait bien : un déménagement, c’est l’occasion de faire le tri, de se délester un peu. Et ce serait plus facile de faire ce tri sans eux : pas question de déménager tous les petits bouts de carton gardés “pour le jour où”, les bâtons et autres bouts de ficelle.

Oui mais…

Oui mais parfois, un bout de ficelle a une importance qui nous échappe.

Là encore, il faudra s’adapter à l’âge de l’enfant. Il va de soi qu’un enfant de 2 ans aura du mal à identifier ce qu’il faut garder ou pas. En revanche, quand l’enfant a 6 ans, il peut être impliqué.

Impliqué dans le rangement et le tri des jouets. L’aider à voir ce qui ne lui correspond plus, ou ne lui va plus, et décider ensemble de le donner au petit frère d’un copain, par exemple.

Impliqué ans la préparation de la valise, pour décider ce qu’il veut garder avec lui. (C’est également une occasion de se projeter : les premiers jours, tout sera dans les cartons, que voudras-tu avoir pour t’occuper ?)

Et cela demandera de notre part un certain lâcher-prise.

Si on se rappelle que déménager est un chamboulement pour notre enfant, on pourra plus facilement accepter d’assouplir la limite quant à ce qu’il faut garder ou pas.

Avec Léon (8 ans), nous avons préparé une boîte qu’on a intitulée “activités manuelles”, dans laquelle il a choisi les morceaux de ficelle et autre bric-à-brac “pour fabriquer un truc un jour” qu’il voulait. C’était le bon équilibre pour lui et moi.

C’est également rassurant pour les enfants, à l’arrivée, de retrouver leurs objets.

Précaution no4 : Prendre le temps de dire au revoir

Avant d’arriver, il faut partir.

Et partir, ça veut dire quitter un endroit qu’on aime, et des personnes auxquelles on tient.

Je vois encore Léon, au moment où l’on a quitté la cour d’école pour la dernière fois, il y a quelques semaines, fondre en larmes en réalisant qu’il ne passerait plus ce portail…

De notre côté, un bon mois avant de partir, nous avons fait la liste des personnes que nous avions vraiment envie de voir encore une fois avant le départ. Pourquoi ne pas faire la même chose avec nos enfants ?

Dans cette période, je savais que rien n’était plus important pour eux que ces derniers moments partagés.

Alors, on a invité des copains, on a laissé Alice passer tout le temps qu’elle voulait à l’extérieur, ou à dormir chez des copines. Elle est même partie passer un week-end à Lyon chez des amis !

On a organisé un goûter d’anniversaire en avance pour Léon.

Tout ça ne marche que si on accepte que “todo no se puede”. Je vous traduis… Ca veut dire “Tout ne se peut pas”. C’est une phrase que j’ai apprise et intégré lorsque nous avons vécu au Mexique, et qui m’aide à me défaire de la perfection à choisir mes combats.

Ainsi, je me suis moins attachée à l’aspect scolaire… Les relations étaient plus importantes, dans cette période de leur vie. Donc, tant pis si Alice est rentrée fatiguée de son week-end à Lyon, ça en valait tellement la peine !

Pour le goûter d’anniversaire, on ne pouvait pas rajouter des contraintes… alors on a juste invité les enfants au parc, et j’ai acheté un gâteau chez Picard (et une maman nous en a apporté un maison !)

Ce qu’on faisait, c’était déjà bien. On faisait de notre mieux.

Et même quand on se rate, on peut se rattraper. Ainsi, j’ai réalisé que j’aurais aussi dû inviter Chloé, une copine d’Anatole. Il m’en malheureusement parlé trop tard (de l’importance de faire la liste avec eux avant…).

Ce raté est ressorti en arrivant à Londres, lorsqu’il a vu pleurer sa soeur…

Alors, dans le taxi, j’ai appelé la maman de Chloé, et nous avons pris rdv pour le lendemain, pour que les enfants puissent se parler, et qu’Anatole puisse dire vraiment au revoir à son amie.

Précaution no5 : Impliquer les enfants dans l’installation post-déménagement

Ça y est, le déménagement en tant que tel a eu lieu. C’est l’heure d’investir le nouvel espace.

Certains parents pensent alors qu’il est plus simple de tout préparer avant l’arrivée des enfants (quand c’est possible), et je crois que c’est une erreur.

Moins les enfants seront impliqués dans la démarche, plus ils seront dans la position de la subir. Si on repense à cette fausse bonne idée de “faire accepter” le déménagement aux enfants, on comprend que la meilleure piste, c’est de les en rendre acteurs.

C’est comme pour tout en fait : Imposer à nos enfants aura tendance à engendrer l’opposition. Redonner du pouvoir à nos enfants encouragera la coopération.

Ici, on leur donne du pouvoir par l’action, par les choix.

Comment tu veux placer tes meubles ? Tu m’aides à remonter celui-là ? Tiens, voilà les vis… Et ces jouets-là, on les met plutôt ici, ou plutôt là ?

Pour les ados, bien sûr, pas besoin de leur donner le choix du placement des jouets… ils sauront organiser leur chambre seuls.

Mais on peut les impliquer sur d’autres plans, tout en étant à l’écoute. Ainsi, Alice m’a aidée à installer la cuisine, à décider où on mettrait les assiettes, les casseroles.. Je n’aurais pas demandé ça à son grand-frère Oscar que ça n’aurait pas du tout intéressé ! Lui aurait plutôt participé à remonter le canapé. (Malheureusement, Oscar est resté en France pour ses études, mais c’est une autre histoire…)

Jusqu’où peut-on aller dans cette implication de l’enfant à l’arrivée ? Y a-t-il une règle ? Je vais partir d’un exemple.

Récemment, une maman m’a demandé conseil pour son fils. Voici ce qu’elle m’écrit :

Mon fils (4 ans1/2) dort toujours dans son petit lit de bébé (bien juste pour lui !!). Il a un lit au sol (taille adulte 1 personne) sur lequel je lui propose régulièrement de dormir en lui disant qu’il y serait plus à l’aise. Mais il refuse. Je m’étais dit que dans le nouvel appartement, je lui mettrais directement son lit de grand, mais ça fait peut-être bcp pour lui, non ?

En fait, il n’y a pas de réponse toute faite à une telle situation. Tout dépend du garçon : comment il se sent dans ce déménagement, s’il a besoin de retrouver le cadre sécurisant qu’il connait, ou s’il se sent au contraire prêt à ce nouveau départ.

Parfois, un changement d’environnement fait grandir nos enfants d’un coup. Parfois, au contraire, cela leur fait perdre leurs repères, et on sent qu’ils ont besoin de se récréer un cadre de sécurité.

Lorsque nous sommes rentrés de Puerto Rico, il y a deux ans, Anatole, 4 ans, voulait que je m’asseye tout proche de lui à chaque repas. Et cela a duré des semaines. Parce qu’il avait besoin de se raccrocher à quelque chose.

J’encourage donc cette maman à être à l’écoute de son fils. A soulever la question avec lui. Et à voir comment il réagit aux différentes options. Peut-être que la solution est dans un lit intermédiaire : un lit d’enfant juste pour lui, qui ne soit plus à barreaux ?

Précaution no6 : Ne pas être trop pressé de vider les cartons !

Si l’installation dans ce nouveau lieu est importante, pour s’y sentir bien, il y a également quelque chose d’encore plus important : de se sentir bien ensemble !

Cela demande de veiller à l’ambiance familiale, surtout au début.

Là encore, des choix à faire.

Bien sûr, on n’a pas envie que l’installation traine des mois. Mais l’échéance n’est plus la même qu’avant le départ. On peut donc se permettre de prendre un peu plus de temps, pour avoir celui de partager.

Faire passer le message, d’abord, que “notre maison, c’est notre famille.

Cela changera peu à peu, au fur et à mesure que chacun se fera à son nouvel environnement, se récréera son sentiment de bien-être, se sentira de nouveau appartenir à un lieu, et acceptera enfin pleinement ce déménagement.

Mais au début, c’est clair : rien ne nous attend dans le nouveau lieu, et la seule constante, c’est notre famille !

Alors, prenons-en soin, et mettons-là en priorité.

Faites des pauses dans le déballage pour vous retrouver, et créez les activités qui vous ressemblent.

Lorsque nous sommes arrivés à Puerto Rico (il y a 6 ans de cela), un de mes premiers achats a été un gaufrier ! Et je l’ai ressorti ici, pour créer des goûters sympas en famille…

Une tradition chez nous : la lecture de Harry Potter à haute voix… C’est notre moment de reconnexion, de partage.

On l’a lu avec Oscar en arrivant au Mexique, puis avec Oscar et Alice en arrivant à Puerto Rico, maintenant avec Alice, Léon et Anatole, dans ce contexte londonien qui lui correspond si bien !

Des semaines de moments partagés tout définis (nous en sommes actuellement au tome 4…)

Trouvez votre équilibre entre ce besoin d’aménagement et ce besoin de lien. Tout peut se faire, il suffit de se donner le temps.

Et puis, bien sûr, n’hésitez pas à sortir, à découvrir votre environnement, votre nouveau lieu de vie.

Lorsque l’on vient d’arriver dans un endroit, on pose sur les choses un oeil encore neuf, qui permet de s’émerveiller bien plus. C’est le moment de partager cela ! La forme du métro, l’accent des gens, le soleil sur la tamise, les écureuils de Hyde Park… voici quelques unes de nos premières découvertes… Même si les règles du confinement ne nous aident pas !!

Précaution no7 pour bien vivre un déménagement avec les enfants : Prendre soin de soi

Enfin, je terminerai par un conseil pour vous. Car dans le déménagement avec les enfants, il y a toujours vous.

Et si ce conseil de prendre de soi est toujours valable, il l’est encore plus dans cette période. Car, si déménager est stressant pour nos enfants, il l’est également pour nous.

Alors, si l’on veut être en mesure d’accompagner nos enfants.

Si on veut pourvoir faire des gaufres, ou de les impliquer dans le remontage des meubles, il faut d’abord avoir l’énergie de le faire. Or, si notre réservoir est vide, nous n’aurons aucune énergie.

Je sais bien que le temps nous manque pour prendre soin de nous… Il est pourtant nécessaire de trouver ce qui nous permet de maintenir cette énergie qui nous permettra de traverser ces changements sereinement. Trouver ce qui nous ressource en temps limité.

Et puis, adapter nos attentes, accepter de faire de notre mieux, même s’il est moins haut qu’à d’autres moments.

Petit rappel : Bienveillance bien ordonnée commence par soi-même.

Alors, vous aurez toutes les ressources nécessaires pour mettre en place toutes ces précautions, et faire en sorte que ce déménagement avec les enfants, et en famille, se passe au mieux !

Nous ne sommes pas tous égaux face aux câlins. Certains auront eu la chance d’en recevoir plus que d’autres au cours de leur enfance. Il est cependant temps de considérer devenir tous de grands câlineurs. En effet, la science a découvert qu’il y a de nombreux bienfaits à multiplier les marques d’affection auprès de nos enfants. Des études montrent qu’un régime strict de tendres accolades prévient les nez qui coulent et réduit les conflits. Comment un simple geste de tendresse peut-il renfermer autant de vertus ? Le câlin détient en réalité des super-pouvoirs qui volent au secours des enfants et aussi de leurs parents !

— Cet article a été écrit par Méline Troussard, Rédactrice Web

Les 4 principaux pouvoirs des câlins sur les enfants

Tout au long de leurs journées en société, les enfants accumulent des moments de stress et des petites frustrations. De retour à la maison, il arrive que ces sentiments contenus veuillent s’exprimer et cela peut créer des moments parfois… explosifs. 

1. Sécrétion de l’ocytocine | L’hormone de l’affection

Les enfants cherchent à évacuer ces sentiments devenus confus et cela influence leurs comportements. D’ailleurs, les retours chez soi à reculons, parce qu’on a eu un jour difficile, n’arrive pas qu’aux enfants…

Il est grand temps de se faire un câlin pour que l’hypothalamus sécrète de l’ocytocine, cette hormone antistress qui nous fait sentir plus calme et plus heureux. Une étude scientifique du département de psychologie de l’Université Carnegie Mellon, aux États-Unis, explique que les contacts physiques équilibrent le système nerveux, réduisent l’anxiété sociale et aident à prévenir les conflits. La durée recommandée pour que l’hormone du bonheur ait le temps d’agir est approximativement de 20 secondes. Cependant, l’effet sera peut-être moins profitable si vous êtes concentré à faire le décompte. La solution la plus efficace : relâcher l’étreinte seulement lorsque tous les paramètres de l’action de l’ocytocine auront été validés.

  • Observation n° 1 : Cœur enveloppé d’une douce chaleur du type petit pain brioché.
  • Observation n° 2 : Cerveau légèrement ramolli et relâchement des tensions de la boîte crânienne.
  • Observation n° 3 : Prise de conscience de l’instant présent ; mais qui suis-je ?

Vous l’aurez compris, les contacts physiques sont importants dans la régulation du stress. Le réconfort et le bien-être qu’ils engendrent, nous permettent à tous d’aborder la vie avec plus de sérénité.

2. Diffusion de sérotonine pour réguler le rythme circadien

Un contact physique prolongé active la sécrétion de sérotonine qui est une hormone impliquée dans la régulation du rythme circadien. Le rythme circadien est en quelque sorte notre horloge interne. C’est lui qui est à l’origine de l’alternance des différents cycles dans une journée : forte activité, baisse de l’attention, sommeil, etc. La sérotonine va agir sur notre système pour nous apaiser et nous amener plus facilement dans une phase d’assoupissement.

Avec les enfants, c’est tout l’intérêt de mettre en place la routine du coucher. En faisant un câlin prolongé, en prenant le temps de border nos enfants ou de leur lire une histoire, les esprits s’apaisent et les rythmes cardiaques ralentissent. Étant donné que l’effet agit à double sens, les parents aussi se mettent à bâiller à 20 heures…

3. Augmentation de la confiance en soi chez les enfants

Voici un super-pouvoir supplémentaire du câlin sur les enfants : il participe à renforcer leur confiance en eux-mêmes ainsi que l’affection réciproque. Chaque fois qu’un enfant reçoit de l’affection, il construit son estime de soi. Parce que l’amour donné à son enfant est un acte bienveillant et dénué d’intérêt, celui-ci comprend qu’il a de la valeur par le simple fait d’exister. Lorsqu’un enfant se sent aimé, il transporte avec lui la sécurité nécessaire pour s’ouvrir au monde qui l’entoure, explorer et entreprendre de nouvelles aventures. 

Au niveau de notre cerveau, des neurones miroirs s’activent. Cela se produit aussi bien quand nous faisons une action que lorsqu’on observe une autre personne en action. Ces neurones miroirs seraient à l’origine de cette irrépressible envie de bâiller, au moment où l’on voit une autre personne le faire. C’est aussi la raison pour laquelle on se sent automatiquement plus en confiance quand une personne arrive vers nous en souriant et nous prend dans les bras.

4. Amélioration du système immunitaire | C’est bon pour le moral

Le soutien social et les démonstrations d’affection aident le système immunitaire à nous défendre contre les infections. En effet, une seconde équipe de chercheurs de l’Université Carnegie Mellon, a démontré que les câlins sont bénéfiques pour la santé en nous  protégeant contre les effets pathogènes du stress. Les résultats sont étonnants : les personnes câlinées sont plus résilientes aux maladies infectieuses comme le rhume ou la grippe. Lorsqu’elles sont malades, elles présentent des symptômes moins graves et se rétablissent beaucoup plus rapidement.

On peut retrouver également les résultats d’une étude surprenante dans le livre The Rabbit Effect du Dr Kelli Harding. Le Dr Harding retrace l’histoire, en 1978, d’un étudiant postdoctoral qui participait à une étude en laboratoire. Cet étudiant était tout particulièrement attentif au bien-être du groupe de lapins dont il avait la charge. À l’origine, le Dr Robert Nerem qui menait l’étude cherchait à établir une relation entre des maladies cardiovasculaires et une alimentation trop riche en graisses. Le groupe de lapins qui était sous les soins de l’étudiant présentait un taux de graisse beaucoup plus faible que tous les autres lapins de l’étude, et ce, malgré un régime identique. Parmi l’ensemble des résultats, il en fut un totalement inattendu : douceur et tendresse aident à conserver une bonne santé.

Les câlins sont donc super polyvalents et sont à préconiser sans modération. Ailleurs sur la planète, certains pays les mettent à l’honneur. 

Les câlineurs de par le monde 

La Journée Internationale du Câlin

Le saviez-vous ? Il existe une journée internationale du câlin. Cette idée serait apparue aux États-Unis dans les années 80 sous le nom de Hug Day. Un révérend aurait remarqué qu’après les fêtes de fin d’année, le mois de janvier marquait une période de manque affectif pour de nombreuses personnes, et ce, jusqu’à la Saint-Valentin en février. Suite à cette constatation, il aurait proposé que le 21 janvier devienne la journée officielle pour célébrer le tendre réconfort d’une bonne accolade. Ne soyez plus étonnés s’il vous arrive de croiser des personnes portant une pancarte Free Hug dans la rue !

Cette idée était sûrement appréciée de la thérapeute familiale Virginia Satir qui expliquait, déjà dans les années 70, que nous avons besoin de 4 câlins par jour pour survivre, 8 pour nous sentir bien et 12 pour nous aider à grandir. Cela paraît être considérable, et pourtant, il semble que beaucoup de marques d’affection envers ceux que l’on aime valent mieux que pas assez. Cet article sur le concept de réservoir d’amour explique également ce constat.

Le Hygge | Un état d’esprit venu du Danemark

Le terme danois « hygge » qui se prononce « hu-gue », traduit un état d’esprit propre aux pays scandinaves. Si vous cherchez la traduction dans Google, vous obtiendrez le mot « amusement », mais le hygge c’est bien plus que cela. Pour bien le saisir, il faut se placer dans le contexte des longs hivers sous la neige et s’imaginer en train de boire une tasse de boisson chaude, emmitouflé auprès d’une personne qu’on aime. Une fois l’image bien en tête, vous comprendrez facilement le concept du hygge qui est devenu populaire dans toute l’Europe. Il représente le bien-être ensemble, car il n’y a rien de plus réconfortant que de passer du temps de qualité avec ceux qu’on aime. Cela peut prendre la forme d’un dîner entre amis ou bien d’un moment qu’on s’accorde à soi-même. Finalement, c’est l’art de se dorloter et de faire du cocooning une philosophie de vie. 

Ceci expliquerait-il pourquoi le Danemark est toujours en tête de classement parmi les pays où la population est la plus heureuse ? Une chose est sûre, cette notion permet aux Danois d’avoir conscience d’un réel besoin de tendresse et de mettre en place, dans leur quotidien, des activités toutes simples pour le combler.

Les super-pouvoirs des câlins sur les enfants sont à prendre au sérieux. En êtes-vous maintenant persuadé ? Si oui, il vous restera encore à convaincre votre entourage… dans le réconfort de vos bras. Et pour ceux qui sont moins tentés par des accolades 12 fois par jour, verbaliser son affection, se montrer disponible, jouer et raconter des histoires sont autant de marques d’amour qui permettent aux enfants de se construire. 

Si vous aussi, vous avez de doux rituels en famille qui apportent du bonheur dans votre maison, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires.

Sources :

Maux de ventre tous les matins ou crise avec pleurs et hurlements, les enfants peuvent parfois se mettre dans des états extrêmes avant d’aller à l’école. Et si ces symptômes physiques et cette détresse émotionnelle n’étaient pas une crise passagère, mais les signes d’une phobie scolaire ? Ces troubles sont en augmentation chaque année. Quels sont les symptômes et quelles solutions pour traiter la phobie scolaire ? On vous dresse un panorama visant à vous aider en tant que parents à mieux accompagner vos enfants.

« Si les chiffres varient d’une étude à l’autre, les spécialistes s’accordent à dire que la phobie scolaire concernerait en France entre 2 et 5 % des enfants scolarisés ». Chiffre plus fiable, la phobie scolaire constitue 5 à 8 % des motifs de consultations en pédopsychiatrie (www.fondationhopitaux.fr).

La phobie scolaire concernerait en France entre 2 à 5 % des enfants scolarisés.

 

— Note : Cet article n’a pas été écrit par moi, mais par Karine Barriol, rédactrice, en lien avec son ami psychologue. Voilà pourquoi, pour une fois, la photo qui l’illustre n’est pas de notre famille ! — 

Qu’est-ce que la phobie scolaire ?

Définition

La phobie scolaire se définit par une angoisse extrême et incontrôlable de se rendre à l’école. Pour des raisons irrationnelles, l’enfant a peur de fréquenter l’établissement. Cette crainte n’a rien à voir avec les résultats scolaires ou un désintérêt pour l’apprentissage. Souvent, les élèves atteints de phobie scolaire désirent, au fond d’eux, combattre cette anxiété sévère pour retrouver les bancs de l’école. Bien souvent, ils en sont simplement incapables, physiquement et psychologiquement, et ce blocage est totalement involontaire.

La phobie scolaire ne doit pas être confondue avec le refus scolaire qui est souvent lié à des attentes trop hautes. Une pression exercée sur l’enfant et sur ses résultats scolaires, un environnement trop compétitif, brisent la motivation. L’enfant se sent incapable de répondre aux attentes et cherche donc une échappatoire en refusant d’aller à l’école.

Ne pas confondre non plus, avec le décrochage scolaire qui démarre souvent par une démotivation et un désintérêt pour l’école.

Selon le Professeur Marie-Rose Moro, chef de service de la Maison de Solenn (maison de soins psychiatriques pour adolescents), « Le pic de phobie scolaire intervient principalement au collège, entre les classes de sixième et de troisième ». Toutefois, les élèves de primaire sont aussi concernés.

Les principales causes de la phobie scolaire

Les causes sont multiples, et diffèrent autant qu’il y a de patients.

Toutefois, dans la majorité des cas, on relève 2 facteurs principaux de déclenchement :

  • des angoisses liées à la séparation : ces terreurs peuvent être enfouies, depuis la petite enfance par exemple, se réactiver et ainsi déboucher sur la phobie scolaire ;
  • chez les enfants plus âgés, des traumatismes liés à l’école : agressions physiques ou morales, harcèlement, humiliations…

Pour un diagnostic efficace et pour trouver des solutions à la phobie scolaire, la cause devra être clairement identifiée.

Conséquences

Pour l’enfant, la 1e conséquence est évidemment un absentéisme scolaire qui peut s’installer dans le temps et devenir important. Les effets peuvent être graves sur le plan scolaire et à plus long terme sur l’avenir professionnel.

Côté social, l’enfant est automatiquement isolé et en rupture sociale. Ce qui peut amener d’autres difficultés comme la culpabilité, la dépression et le manque de confiance en soi.

Pour les parents et la famille aussi, les conséquences sont dures. En 1e lieu, les parents se trouvent souvent désemparés devant cette situation. Ensuite, ils peuvent réagir différemment : culpabilité, angoisse, offense ressentie à cause de l’enfant qui refuse de bénéficier d’une bonne école, troubles dus au changement de vie sociale…

Le coût de traitement n’est pas neutre non plus pour la famille : adaptation des organisations (voire du travail pour plus de présence à la maison), prise en charge psychologique, cours particuliers, etc.

 

Détecter les symptômes, c’est déjà une solution à la phobie scolaire

Les signes annonciateurs sont toujours difficiles à déceler. Les parents, pris dans la routine quotidienne, n’y prêtent pas attention. Ou alors, ils prennent les 1e symptômes pour des caprices, du refus scolaire ou un manque d’intérêt pour l’école.

Pourtant, déceler les premiers signes, c’est déjà une étape pour affirmer qu’il y a un problème, établir le diagnostic et donc trouver des solutions à la phobie scolaire.

Les 1e symptômes sont physiques

Les avertissements physiques sont les premiers à permettre de détecter la phobie scolaire. L’enfant rencontre des maux de ventre et de tête, des nausées et vomissements, des insomnies les veilles de classe et même de la tachycardie.

Des signes qui disparaissent le week-end

Ces malaises se font généralement sentir le matin même, avant de se rendre à l’école ou au collège. De même, les maux s’apaisent souvent les jours où il n’y a pas classe : les week-ends et vacances. Et si vous décidez de garder votre enfant à la maison suite à des maux de ventre par exemple, il se sentira vite mieux dès qu’il saura qu’il peut rester chez lui.

L’erreur à ne pas commettre

Si l’enfant exprime un refus catégorique d’aller à l’école, qu’il vous fait part de ses peurs ou parait très angoissé, il est essentiel de NE PAS le forcer à rejoindre son établissement. L’élève face à une phobie scolaire trouvera une façon de détourner le problème en passant la journée à l’infirmerie, ou pour les grands en faisant l’école buissonnière.

Phobie scolaire : en cas de forte anxiété, NE FORCEZ PAS votre enfant à rejoindre son établissement scolaire.

 

Phobie scolaire : quelles solutions ?

En préambule, montrez à votre enfant que vous êtes à l’écoute et qu’il peut compter sur vous. Prouvez-lui que la communication est possible, qu’elle fait du bien, que vous le comprenez. Enfin, informez-le des solutions pour vaincre cette phobie scolaire et qu’il ne sera pas seul dans les étapes de la guérison.

Parlez-en à un spécialiste

Un suivi psychologique est indispensable pour permettre aux enfants de guérir. Plus le traitement thérapeutique sera mis en place tôt, plus l’amélioration des troubles sera rapide. Malheureusement, si les parents tardent à réagir, le stress et l’angoisse seront profondément ancrés. Le suivi sera donc long dans la plupart des cas.

La prise en charge la plus simple est souvent de type psychothérapie cognitivo-comportementale. Les TCC donnent d’excellents résultats en agissant sur le plan cognitif et sur le plan comportemental avec des outils concrets à utiliser quotidiennement.

Des thérapies familiales sont aussi à envisager.

Dans les cas les plus graves, l’élève peut intégrer un établissement spécialisé pour les enfants en phobie scolaire.

En fonction de l’âge, le médecin peut prescrire un traitement médicamenteux anxiolytique pour une courte durée.

Identifier les causes pour mieux surmonter l’angoisse

La phobie scolaire repose bien souvent sur un traumatisme : décès, harcèlement, agression… ou sur des peurs et angoisses, qui remontent à la petite enfance, enfouis depuis bien longtemps.

Traiter ces causes profondes, c’est comme s’occuper du problème à la source plutôt que de soigner seulement les symptômes.

L’accompagnement thérapeutique permettra de travailler sur les causes.

Conservez la socialisation

Pendant une période transitoire, l’enfant peut trouver refuge à la maison. Attention, les professionnels insistent lourdement sur le fait que cette période doit être la plus courte possible et que l’objectif reste de retourner à l’école.

Dans ce cas, le lien doit être maintenu avec l’extérieur et l’école pour ne pas s’isoler ni rompre la socialisation. Cela pourrait engendrer d’autres dérives comme l’isolement ou la dépendance aux jeux vidéo.

Pour cela, le maintien du lien avec l’école et les camarades est primordial :

  • maintien au maximum des activités extrascolaires ;
  • invitation d’amis à la maison ;
  • devoirs à faire à 2 ;
  • transmission des cours.

Une collaboration élève, famille, école et soignants

Un retour le plus rapidement possible à l’école est à privilégier. Après le démarrage du suivi thérapeutique, et dès que l’enfant sera prêt, l’objectif sera de l’aider à reprendre le chemin de l’école. Progressivement, il affrontera alors sa peur.

Pour cela, il est essentiel de mettre en place une collaboration étroite entre l’élève, la famille, les enseignants, voire le thérapeute. Le but est d’adapter et de personnaliser la réinsertion scolaire.

Phobie scolaire : il est déconseillé d’éloigner l’enfant trop longtemps de l’établissement scolaire.

 

L’élaboration d’un PAI (Projet d’Accueil Individualisé)

Ce document permet de préciser les adaptations à apporter à la vie de l’enfant ou de l’adolescent. Les modalités peuvent être définies avec le médecin et les enseignants. Ainsi, un cadre personnalisé peut être mis en place :

  • commencer par simplement retourner dans les locaux ;
  • envisager une scolarisation partielle, sur certains créneaux horaires ;
  • lister les cours suivant en présentiel et les autres à distance ou via le CNED ;
  • etc.

 

 

Votre enfant a lui aussi souffert de phobie scolaire ? Quelles solutions avez-vous mises en place ? Partagez votre témoignage en commentaire. Histoire et conseils bienveillants pourront aider à détecter la phobie scolaire et à la soigner.

A quoi tient la capacité au bonheur ? Nous savons aujourd’hui que le bonheur n’est pas lié à la facilité de notre situation de vie. Certaines personnes ont “tout pour être heureux”, et ne le sont pas. D’autres, au contraire, vivent des difficultés immenses, et gardent la foi en la vie, le sourire, la confiance. Il suffit souvent d’une vie simple pour être bien. Alors, d’où ça vient ? Comment être heureux ? Est-ce que ça s’apprend ? Est-ce que ça s’enseigne ? Oui, peut-on peut apprendre le bonheur aux enfants ? C’est ce dont j’aimerais parler aujourd’hui…

A la poursuite du bonheur

Droit inaliénable

Chaque individu, probablement, est en quête du bonheur. Une quête tellement fondamentale qu’elle est inscrite en droit inaliénable dans la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique :

“Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leurs créateurs de certains Droits inaliénables, parmi lesquels la Vie, la Liberté, et la poursuite du Bonheur.”

Ensuite, bien sûr, chacun a sa propre manière de trouver le bonheur… ou du moins de chercher comment être heureux !

Cette quête du bonheur explique-t-elle partiellement le consumérisme américain, encouragé par des publicités qui induisent que posséder tel ou tel produit vont permettre le bonheur ? Je ne me lancerai pas dans ce débat ici.

Ce que je voudrais partager en revanche, c’est cette aspiration qui nous anime, en tant que parents, à chercher le bonheur non seulement pour nous, mais également pour nos enfants.

Transmettre la faculté au bonheur à nos enfants

Lorsque j’anime des ateliers pour les parents, je prends toujours un moment, lors de la première séance, pour faire le point sur ce que l’on aimerait voir plus tard chez nos enfants.

Une manière d’encourager les parents à faire un premier pas vers leur plan de route parental.

C’est une bonne méthode également pour s’interroger sur nos valeurs, sur nos priorités.

Si je vous donne une liste de qualités, de compétences, de valeurs positives, vous allez me dire que vous aimeriez toutes les voir chez vos enfants. Evidemment ! Mais en réalité, on se rend compte que nous ne plaçons pas tous nos priorités aux mêmes endroits.

Hier soir, avec le Cercle des parents heureux, nous avons partagé une séance atelier sur nos “feuilles de route”, et ça a été l’occasion de voir à quel point ce que nous avions chacun noté reflétait ce qui comptait pour nous, et de pousser la réflexion, encore.

Enfin, tout ça pour dire qu’en général, lors de cet exercice, on trouve un parent qui évoque cette aptitude au bonheur. Parce que dans le fond, c’est bien ça l’essentiel, non ? Que souhaite-t-on le plus pour nos enfants ? Qu’ils soient heureux… Mais cela ne nous tombe pas simplement dessus, l’important, en fait, c’est qu’ils trouvent comment être heureux !

Comment être heureux ?

Une fois qu’on a posé cet objectif, on n’a pas pour autant trouvé la recette. Si elle existait, cela se saurait !

Et si la recette était propre à chacun ? Je dis souvent à mes enfants “Tu es responsable de ton bonheur.”

Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’il y a des méthodes, et qu’on peut choisir, plutôt que de simplement attendre que le bonheur nous tombe dessus, de les apprendre, pour apprendre à être heureux.

Se connaitre, s’écouter, se faire confiance

Plus j’avance dans la vie, et plus je perçois qu’effectivement, la recette est, et doit être, individuelle.

Ce qui implique que pour trouver notre propre recette, il faut d’abord se connaître.

Notre société laisse peu le temps à l’introspection, mais quand même…

Ces dernières années, on parle de plus en plus de méditation, en pleine conscience ou pas, (la pratique de la méditation m’avait bien inspirée moi-même, et je poursuis cette démarche de manière irrégulière), de prendre le temps, de faire des pauses.

Prendre conscience qu’il y a un monde en nous, et qu’il en vaut la peine. Qu’être fidèle à ce que nous sommes  a plus de prix que celui de se conformer…

Encore faut-il savoir s’écouter ! Pas toujours simple, on ne l’a pas appris !

Qu’est-ce que je ressens, là, maintenant ? Quels sont mes besoins ?

Première étape dans la démarche : s’ouvrir à ses émotions, à celles de nos enfants. (Vous n’y êtes pas ? Commencez par ma formation en 15 jours sur le sujet : Accompagner les émotions, et votre perspective sur ce sujet aura déjà un peu changé…)

Alors seulement, on pourra s’interroger sur la manière dont nous répondons à ces besoins, sur ce qui nous nourrit, indépendamment peut-être de ce qui est attendu de nous.

Chercher comment concilier nos besoins avec ceux des autres, trouver des consensus, être authentique.

Et nos relations s’en trouveront enrichies !

Savourer

Un autre aspect qui me parait fondamental dans cette capacité au bonheur est celui de savourer.

Savoir savourer ce que l’on a, ce que l’on vit.

Arrêter d’attendre. Ne pas se dire que tout ira bien quand..

Ce moment est ce qu’il est. La vie, c’est maintenant. Prenons ce qu’elle nous offre, et savourons-le.

Cela n’empêche pas les projets, ni l’ambition. On peut toujours continuer à avancer, à améliorer, à “chercher le mieux”, comme on dit dans le cercle. Mais le chemin est également appréciable.

Garder la joie de vivre pendant notre cheminement, avoir confiance, profiter.. Voici des valeurs que j’aimerais transmettre à mes enfants !

Concrètement, comment le vit-on ? Et comment le transmet-on, pour apprendre le bonheur à nos enfants ?

Je réunis ces deux questions dans mon titre, parce que les deux se font simultanément, je crois.

On transmet beaucoup plus par notre exemple, notre modèle, que parce que ce que l’on dit, c’est bien connu.

C’est merveilleux d’ailleurs, parce que cela veut dire qu’il “suffit” de se consacrer à notre propre apprentissage pour le transmettre à nos enfants. Voilà pourquoi ce chemin de parentalité positive est devenu un chemin de développement personnel.

Donc, pour transmettre à nos enfants une certaine aptitude au bonheur, il s’agit d’abord de la développer pour nous-mêmes.

Car apprendre le bonheur à nos enfants, c’est d’abord les aider à développer cette aptitude au bonheur, qui dépend de chacun.

On ne pouvait pas mieux tomber, les recherches en psychologie positive de ces dernières décennies nous y aident, nous donnent enfin des pistes sérieuses.

La gratitude

D’abord, première réponse apportée par la psychologie positive à “comment être heureux ?” :  la gratitude !

Ça, c’est déjà une très bonne manière de savourer ce que l’on a !

Etre conscient des petits bonheurs de la vie, prendre le temps de s’arrêter dessus, d’en prendre conscience, d’en être heureux, justement. De remercier la vie pour cela.

Alors, oui, mes grands se moquent un peu de mon expression de la gratitude parfois : “#gratitude” disent-ils un peu ironiquement… mais je sais qu’ils reçoivent le message.

Gratitude d’avoir une famille unie

Gratitude du temps partagé

Gratitude de pouvoir aider les autres

Gratitude d’apprendre, tous les jours, de nouvelles choses

Gratitude de voir la pleine lune, si belle…

Savez-vous qu’en prenant l’habitude de noter chaque jour nos gratitudes de la journée, on entraine vraiment notre cerveau à se focaliser sur le positif, et à être plus heureux ?

C’est d’ailleurs le premier exercice que nous propose Tal Ben-Shahar dans son bouquin “Apprendre à être heureux“…

Désirer ce que l’on a déjà

Dans la même veine, mais encore en amont, je me suis mise à prendre le temps de désirer ce que j’ai déjà. Et à le verbaliser.

Par exemple, il m’arrive de dire, alors que je suis sur le canapé, à lire un livre à mon fils : “Je désire avoir mon petit garçon blotti contre moi pendant que je lui lis l’histoire… Oh ! Je l’ai !”

Récemment, j’ai vu une petite vidéo qui m’a interpellée, et m’a confortée sur cette voie.

C’est l’extrait d’un cours de philosophie de André Comte-Sponville, de Genève, intitulé “La phrase la plus triste de l’histoire de la philosophie.”

Pour bien la comprendre, il faut voir la vidéo. Cependant, en voici l’essentiel :

  • La phrase en question :

“Ainsi, toute notre vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui.” Schopenhauer

  • Souffrance -> parce que je désire ce que je n’ai pas
  • Ennui -> parce que j’ai ce que, dès lors, je ne désire plus

Ca rejoint bien ce que l’on disait, non ? Moi, en tout cas, j’en déduis que si je veux le bonheur, si je veux sortir de cette oscillation de la souffrance à l’ennui, et compte tenu de cette démonstration, il suffit que je désire ce que j’ai !

cqfd.

Qu’en dites-vous ?

Ici et là, je vois fleurir cette idée de “journal du confinement”….

Honnêtement, je la trouve super ! Je me projette dans un projet familial, où chacun pourrait contribuer en mettant ce qu’il a aimé chaque jour, ce qu’il a appris, ce qui lui pose des difficultés…

Ca pourrait être un chouette moment partagé, l’occasion de s’ouvrir et d’échanger. On pourrait y parler des émotions qui nous traversent…

Et puis, aussi, ce serait top de pouvoir le garder en souvenir ! En souvenir de cette période littéralement extra-ordinaire…

Je m’imagine plus tard, disons dans 10 ans, ressortir le journal et le feuilleter avec les enfants, revoir tous les moments partagés..

Bien sûr, c’est une belle idée !

Et en même temps…

En même temps, ça me fait le même effet que les albums photo à faire et qui ne le sont pas : je me retrouve à me dire que je suis un peu nulle de ne pas le faire !D’autant que le concept même de journal impose un rythme “journalier” qui fait que chaque jour qui passe nous met de plus en plus en retard… L’angoisse…​

Mais chaque jour qui passe est rempli d’autres moments, partagés ou non ; chaque jour qui passe à son nombre d’heures, avec un autre rythme… et je le savoure déjà pas mal.

Alors, je ne crois que ce soit une mauvaise idée de faire un journal du confinement, au contraire ! Je reste sur cette avis que l’idée est TOP !

Et AUSSI, j’accepte que je ne peux pas faire tout ce que je trouve top…

Que c’est top aussi de lire des livres avec les enfants, de faire des jeux de société, d’aller les border dans la tente, de dîner avec les plus grands, de ranger le sous-sol, et de faire du karaoké… De travailler aussi ! De continuer à dépenser mon énergie pour aider les parents, pour développer mon activité en ligne… C’est top de prendre du temps pour moi, de profiter du décalage de l’heure du matin pour me lever avant tout le monde et lire des livres d’éducation, de me faire des oeufs pour le petit-déjeuner, et du thé toute la journée !

Il y a tellement de choses dans notre vie, tellement de moments à savourer…

Voici donc ce que je vous propose :

  • D’abord, de garder les idées de ce qui serait top et que vous ne faites pas pour le jour où vous trouverez ça suffisamment top pour que ça passe avant le reste
  • Ensuite, de vous réjouir pour les parents qui ont passé le pas, sans que cela n’ait d’influence sur vous, si ce n’est de l’inspiration
  • Enfin, d’être content de ce que vous faites à la place – parce que tout est une question de choix…

Qu’en dites-vous ?

Et puis, parce que quand même, ça me titille…

  • Si vous faites partie de ces parents qui ont réellement mis l’idée du journal du confinement en pratique, écrivez-moi pour me dire à quoi ça ressemble, qui y participe, comment vous avez commencé, ce que vous y mettez, etc !

On ne sait jamais.. on a encore quelques semaines devant nous, je pourrais bien faire passer ça sur le dessus de la pile à un moment ??

Je ne vous parle pas souvent d’activités pour les enfants, mais j’avais vraiment envie de vous parler de celle-ci, qui vaut le détour !

Chez nous, on adore les jeux de société. Alors, quand je veux partager une activité avec les enfants, cela se fait souvent autour d’un plateau de jeu. Mais parfois, j’aime bien leur proposer un certain enrichissement culturel, lire un livre documentaire, ou chercher des infos.

Grâce à mes amis Coline et Rémy, j’ai trouvé l’activité parfaite pour concilier les deux !

Ils ont en effet conçu une chasse au trésor géante, sur 10 mois (ou au rythme qu’on veut, en réalité…), avec des activités qui s’enchainent, dans des contextes différents, mais avec le même fil conducteur.

Ainsi, leurs personnages, les gômes, nous demandent de reconstituer un parchemin… Chaque morceau sera obtenu au bout d’ateliers particuliers.

La première partie nous fait voyager dans le monde, et découvrir d’autres cultures, la deuxième nous emmène dans les musées…

Coline et Rémy ont incroyablement bien construit leur aventure, puisque les énigmes permettent d’avancer, de jouer, et d’apprendre à la fois ;  et chaque module est construit autour d’une compétence particulière.

Lorsque nous avons su que les écoles allaient fermer, l’une des premières choses que j’ai faite, c’est d’organiser l’impression de la suite de l’odyssée pédagogique.

C’est tellement simple de les embarquer : ils connaissent déjà l’univers, on n’a même pas besoin de mise en route, et en même temps, c’est chaque fois différent quand même.

Et c’est magique pour moi de voir mes garçons choisir de faire un atelier de plus avant de s’arrêter pour le goûter !

Pourquoi je vous en parle justement aujourd’hui ?

Parce que Coline et Rémy sont sur le point de rouvrir les portes de leur odyssée !

Ils ne le font que deux fois par an. Pour la petite histoire, je les connais depuis plus d’un an, mais je voulais avoir avancé dans l’odyssée avec mes propres enfants avant de vous en parler. Maintenant, je peux valider sans hésitation !

Avant que ces portes n’ouvrent, vous pouvez les suivre et mieux les connaitre, dans leur “quinzaine de l’estime de soi”.

Ensuite, vous déciderez si vous voulez vous aussi vous lancer dans l’aventure avec eux !

Je ne vais pas m’étendre, mais j’insiste un peu, parce que cela en vaut la peine : en ces temps de confinement, qui sont également l’occasion de partager plus de temps de qualité avec nos enfants, et d’encourager d’autres méthodes d’apprentissage, cette odyssée ne pouvait pas mieux tomber.

Cliquez ici pour vous inscrire à la quinzaine de l’estime de soi de Coline et Rémy, et découvrir l’univers des gômes dont ils vont bientôt vous parler…

Ensuite, vous reviendrez me dire ce que ça vous aura inspiré !

 

Il se passe cette semaine quelque chose d’extraordinaire : la France entière découvre l’école à la maison. Mais dans un contexte particulier : celui du confinement… Si l’école à la maison découle habituellement d’un choix, et laisse une certaine liberté, cette fois, parents et enfants se trouvent contraints à ce modèle d’instruction en famille, dont le programme est généralement transmis par les enseignants.
Les questions sont nombreuses : comment organiser leur temps de travail ? Quelle liberté se laisse-t-on ? Quels impacts sur la vie familiale ?

Un vrai chamboulement

Ce n’est pas simple de faire face du jour au lendemain à un tel chamboulement.

Lorsque nous avions commencé l’école à la maison chez nous l’année dernière, j’avais eu le temps d’y réfléchir, et d’anticiper. Aujourd’hui, le défi est l’improvisation !
C’est pourquoi je voudrais vous proposer des pistes.

Chaque famille trouvera son propre équilibre, ses propres réponses. Mon rôle sera simplement de nourrir votre réflexion, de vous suggérer des approches qui pourraient vous aider, et faire baisser la tension.

Et je sais que cette tension existe. Chez nous aussi, nous la ressentons.
Chacun a des raisons différentes d’être tendu.
Cela peut être pour la situation extérieure, pour le travail scolaire, pour le confinement, pour le manque de temps, pour le bruit, la collaboration, le partage des tâches…
Chacun son inquiétude, chacun sa difficulté.

Je me réjouis de vivre dans une famille dans laquelle nous avons déjà mis en place des habitudes qui vont nous aider dans les semaines à venir.

Première action implémentée :
Lors de notre réunion familiale de dimanche dernier (que nous faisons d’habitude toutes les semaines), nous avons décidé de passer le rythme à tous les 2 jours, le temps de bien définir notre fonctionnement…

Tout ce que j’aimerais partager avec vous…

Il y en a tellement ! J’ai l’impression que tout ce dont je veux vous parler est urgent !

 

Ces deux derniers jours ont été pour moi l’occasion d’une vraie réflexion, pour jeter sur mes petits papiers tout ce qui pourrait vous aider dans cette situation, et mettre au point le plan d’un contenu spécial confinement.

Voici donc ce à quoi j’ai abouti.

 

Le plan de CALME = “Confinement A La Maison et Ecole”

  1. Le contexte – prise de recul
    • Nos pensées, notre vécu, et le leur
    • Prendre le temps
    • Priorité à l’ambiance de la famille
  2. L’école à la maison
    • Apprentissage informel et enthousiasme
    • Rythme et emploi du temps
    • Le contenu académique
    • Quand les enfants ont des âges différents
    • En suis-je capable ?
    • Bonus : contenu spécifique corona virus
  3. Un équilibre pour chacun
    • Se sentir bien pour se comporter bien
    • Prendre soin de soi
    • Un mot sur le télétravail
  4. Les opportunités du confinement
    • Construire ensemble des règles de vie
    • Organiser des réunions familiales qui ont du sens
    • Développer l’autonomie
    • Vivre ensemble

Concrètement…

Concrètement, j’essaye de faire face. Comme vous.
Entre l’école à la maison, le travail de chacun, les espaces et les horaires de chacun (“Pas de bruit devant la chambre d’Oscar : il suit un cours en ligne !”), les repas où nous sommes tout le temps 6, je trouve mes moments pour avancer dans cette formation que je sais être utile.

Voilà pourquoi je ne m’étends pas plus que cela aujourd’hui : je sais que mon énergie sera mieux consacrée à produire effectivement le contenu que je vous ai listé ci-dessus, le plus vite possible.

J’ai déjà commencé.
Et le reste suivra le plus rapidement possible.
Note : contrairement à ce que j’ai écrit au début, je ne prévois pas pour l’instant d’en faire des versions podcast, car écrire le contenu me prend déjà beaucoup de temps…

Ca vous intéresse ? Cliquez sur l’image ci-dessous pour vous inscrire.

 

 

Changer d’endroit, découvrir un nouveau lieu, éventuellement une nouvelle culture, peut être très excitant. C’est en tout cas le point de vue des familles qui choisissent de changer régulièrement de lieu de vie.      

Et en même temps… partir est souvent un moment difficile. Parce que l’on a tissé des liens à l’endroit que l’on va quitter, parce que l’on anticipe une certaine nostalgie de ces endroits que l’on ne reverra peut-être pas.. 

Un mélange de sentiments vit alors en nous, pas toujours simple à accueillir. Pour nos enfants, c’est souvent encore plus compliqué. Non seulement parce qu’ils en ont moins l’expérience, mais en plus parce qu’ils ne l’ont pas choisi ! 

— Note :  cet article a d’abord été publié dans Grandir Autrement, numéro 78 de septembre-octobre 2019, dans le dossier “La vie nomade”

— Si vous voulez écouter cet article dans sa version audio, c’est possible ! Il suffit de cliquer sur play ci-dessous, ou sur télécharger juste en dessous —

Une tendance à la projection

Face à la détresse de notre enfant, la tendance est de réagir en essayant de l’aider à se projeter dans un avenir plus positif. « Tu verras, ça sera chouette là-bas ! » 

En somme, nous cherchons à effacer sa tristesse. Cela nous fait de la peine de le voir malheureux, nous aimerions le retrouver souriant. Une partie de nous voudrait croire que si nous faisons tous très fort semblant que la tristesse n’a pas lieu d’être, elle disparaîtra toute seule. 

Pourtant, en refusant de recevoir ce que vit notre enfant a ce moment-là, en l’emmenant trop vite vers des lendemains qui chantent, nous le privons à double titre d’une expérience fondamentale. 

D’abord parce que de manière générale, et quel que soit le contexte, nier l’émotion de notre enfant, c’est lui passer implicitement le message que ce qu’il vit n’a pas lieu d’être. On risque alors de le faire douter de ce qu’il sent en lui. En tout état de cause, on ne lui enseigne pas à savoir s’écouter, à se faire confiance. Au contraire. 

Ensuite, parce que cette période de détresse au moment du départ est saine. Les spécialistes de l’expatriation vous le diront : il y a, à chaque changement, une période de deuil, qu’il est important de vivre pour mieux passer à la suite. 

Ainsi, il est parfaitement naturel que notre enfant ait du mal à gérer la transition. Ses sources de tristesse et d’inquiétude sont multiples : ce qu’il quitte, dont il doit se séparer, l’inconnu qui l’attend. A cela s’ajoute le fait que, justement, il ne comprend peut-être pas très bien ce qu’il est en train de vivre. Parfois, chez les jeunes enfants, cette incompréhension est palpable. Je me souviens de mon fils qui, deux mois après notre déménagement du Mexique à Porto Rico, me disait encore : “Mais non, maman, on ne rentre pas à la maison ! Ici, on est à Porto Rico ; notre maison, elle est à Guadalajara !”. Dans ces cas-là, le message est facile à recevoir pour nous, parents. Mais lorsque les enfants grandissent un peu, on pense parfois que les explications suffisent, qu’ils peuvent les comprendre. 

Pourtant, l’afflux d’émotions est encore fort, et notre enfant peut toujours se sentir dérouté, même s’il ne l’exprime pas de la même manière. C’est peut-être la première fois qu’il ressent un tel mélange de sentiments, presque contradictoires.

Démêler les émotions

Rappelons-nous qu’un enfant, comme un adulte, a toujours raison de ressentir ce qu’il ressent. On peut ne pas toujours le comprendre, mais si l’émotion est présente, c’est qu’elle a une raison d’être, pour lui en tout cas. 

Parfois, il reste délicat de réussir à démêler ce qui se passe en nous. Alors, à la manière du monstre des couleurs, et ce quel que soit l’âge de l’enfant, le mieux est probablement de l’aider à recevoir une émotion après l’autre. 

Avant de se projeter dans la suite, d’essayer d’entrevoir le futur, que nous espérons certes excitant, il est bon de se laisser le temps du deuil. Deuil de ce que l’on a connu, vécu, partagé. Deuil des lieux, des gens. 

Ne pressons donc pas les choses. Sachons vivre ce moment, utile et vrai. Prenons le temps de parler avec notre enfant de ce qui va lui manquer, de ce qu’il a apprécié. Offrons-lui le temps de dire au-revoir, la possibilité de pleurer s’il le veut. De savourer ces derniers moments. Recevoir ses difficultés surtout sans chercher à les atténuer en lui parlant de tout le positif qu’il vivra plus tard, après le déménagement. 

D’autant qu’en réalité, ce qu’il vivra plus tard est probablement également sujet à inquiétude pour lui. L’inquiétude de l’inconnu. L’incertitude est souvent l’une des situations les plus difficiles à vivre. 

Recevoir ce que vit notre enfant consistera donc à ne pas chercher à recouvrir les difficultés, mais bien plutôt à le laisser s’exprimer. S’exprimer tout au long de son processus de deuil, le partager avec lui en lui disant ce qui va également nous manquer ; et s’exprimer sur son inquiétude également. Ce qui, convenons-en sera bien plus honnête de notre part ! 

D’abord, nous n’avons en réalité aucune idée de comment les choses se passeront après le déménagement. Bien sûr, nous espérons qu’il retrouvera des amis, et c’est probable. Certes, nous avons cherché à préparer le meilleur des environnements. Mais nous n’avons pas de boule de cristal, et il le sait. Donc, lui expliquer tout ce qui se passera de bien… plus tard… est un peu vain. Tout au plus pouvons-nous partager nos espoirs, ce qui n’est déjà pas négligeable. 

Ensuite, même s’il est vrai qu’il retrouvera ses marques, qu’il se sentira bien dans son nouvel environnement, cela ne change rien, absolument rien, au fait qu’en attendant, là, maintenant, au moment du déménagement, ce n’est pas le cas. 

La meilleure manière d’aider notre enfant dans cette transition sera donc bien de prendre les choses comme elles viennent, en pleine conscience. Non seulement nous faciliterons alors pour lui le processus d’acceptation, mais nous l’accompagnerons également dans une expérience de vie qui, plus que tous nos messages d’encouragement, lui enseignera la résilience. 

Alors, on ne doit pas rassurer ? 

Tout dépend de ce que l’on entend par rassurer. Rassurer un enfant en lui démontrant qu’il a tort d’être triste, ou inquiet, ce n’est pas rassurer. Rassurer, c’est plutôt accueillir ce que ressent notre enfant, pour qu’il se sente compris, écouté, encouragé au quotidien, pour qu’il sache qu’il n’est pas seul, et que ce qu’il vit est valable, et valide.

Et dans tout ce chamboulement, il reste une constante, peut-être la principale : c’est notre famille. Certes, la famille change d’endroit, peut-être de pays, peut-être de langue. Certes, les amis seront loin, nous ne les verrons plus au quotidien. Certes, les habitudes vont devoir changer, nous sortons de notre zone de confort. Nous ne savons peut-être pas encore quel sera notre logement. 

Mais, quoi qu’il se passe, nous serons ensemble. Quoi qu’il advienne, nous aurons nos marques entre nous. Notre monde va changer, mais nous gardons notre maison. Car notre maison, c’est notre famille. 

Il y a peu, j’ai assisté à une présentation sur le thème de la culpabilité. Cette conférence était organisée par une association de familles, alors évidemment, le public était majoritairement composé de parents, mais le thème était la culpabilité en général. Au début de la présentation, l’intervenante a demandé à chacun de citer une situation dans laquelle nous nous sentions coupables.
Une bonne moitié des réponses concernait le comportement face aux enfants :
“Je me sens coupable quand je crie sur mes enfants.”
“Je me sens coupable quand je n’arrive plus à être patiente en fin de journée.”
“Je me sens coupable quand je n’arrive pas à me faire obéir et que je bascule dans la force.”

La culpabilité est un sentiment très présent chez les parents, et particulièrement chez les mères.
J’avais donc envie de vous en parler.

Comme d’habitude, écrire m’aide à réfléchir. Et ce n’est sûrement pas un hasard si je trouve aujourd’hui une illustration concrète de ce thème dans ma vie personnelle.
J’ai commencé à écrire cet article il y a quelques jours, et ce matin, justement, je me sens coupable…
Je vais donc vous raconter pourquoi, en toute honnêteté, et en ravalant ma honte.

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Mes premiers mots de l’année

Le contexte

Nous sommes en vadrouille en famille en Inde. Cette nuit, notre camp de base est un genre de lodge au bord d’une réserve d’oiseaux, en pleine nature. C’est super beau.
Nous logeons dans des espèces de grandes tentes-maisons. Et c’est ici que nous avons fêté le nouvel an.

Ce matin, c’est le bruit de Léon fermant la tente en sortant qui m’a réveillée. Il avait été très discret, ai-je découvert ensuite, puisqu’il s’était habillé dans le presque noir, et avait bien bordé ses doudous avant de sortir.
Il est ensuite allé rejoindre son frère et son copain devant la tente voisine, et ils se sont mis à jouer.
Seulement voilà, leur enthousiasme occultait complètement l’heure…
Nous sommes le matin du 1er janvier, il est 7h30, et eux crient.
Moi… je m’énerve !

Un déclencheur

On est tous plus ou moins résistant au manque de sommeil. Je ne lui suis pas.
Pour moi, la fatigue est réellement un ennemi. Elle a facilement pour effet de me transformer en sorcière.
Comme je le sais, je m’énerve d’avance, et le bruit le matin est un de mes déclencheurs : je n’arrive pas à supporter que ceux qui sont réveillés ne fassent pas attention à ceux qui dorment. Je me répète que c’est un manque de respect dingue, alors même que l’autre voix dans ma tête sait que cela n’a rien à voir, que les enfants oublient et ne se rendent pas compte… Mais c’est malgré tout souvent la première voix qui l’emporte, malheureusement.

Et c’est ce qui se passe ce matin, alors que je me lève pour dire :
“Oh, les gars !! Y’a des gens qui dorment dans ce camp ! Il y a nous de ce côté, et d’autres gens de l’autre côté !
Alors soit vous êtes capables de jouer dehors sans faire de bruit, soit c’est dans les tentes avec un bouquin, c’est clair ?”

Hum…. comme parent positif, on fait mieux…

C’est drôle d’ailleurs ; on sent dans mes mots que j’ai intégré certains principes, qui ressortent même dans la colère.
Je ne leur dis pas qu’ils sont insupportables : je décris la situation, je leur donne un choix et une conséquence claire.
J’aurais presque pu dire la même chose et que ce soit adapté.
Seulement les mots ne font pas tout. Ici, mon ton est agressif.
Quoi que je dise, je le dis mal. Je ne suis pas dans l’encouragement, mais dans le rabaissement. Je ne suis pas dans l’écoute mais dans l’imposition et l’exigence. Je ne suis pas dans la coopération mais dans le reproche et le pouvoir.

La culpabilité pointe son nez

Je me recouche, aussitôt envahie par la culpabilité.
Mes premiers mots de l’année seront donc ceux-là. Une agression. Je ne peux plus changer ça.

Et puis… comment puis-je leur demander de parler gentiment quand je leur donne ce modèle-là moi-même ?
Je respire.

Changement d’approche

Cinq minutes plus tard, quand les cris reprennent (ils font à présent un concours de lancer de billes et hurlent : “gagné !!”), je ressors calmement, m’approche, et leur dis :
“Ecoutez, les gars. D’abord, je voudrais vous demander pardon du ton que j’ai utilisé avant.
Ensuite, je vois que c’est vraiment difficile pour vous de ne pas crier.
Vos billes arrivent juste devant la tente des voisins, et vous les gênez forcément.
Vous aurez encore plein d’autres moments dans la journée pour jouer à ça, et faire du bruit.
Là, maintenant, il vaudrait mieux trouver une activité qui ne dérange pas les autres.”
Alors, Léon part en courant : “Je vais à la cible !”.
Il y a en effet une cible avec un arc et des “flèches” au bout en caoutchouc dans la partie commune du camp, un peu plus loin des dormeurs.

Les deux autres veulent suivre.
“Aucun problème, leur dis-je, il faut juste être habillé pour aller là-bas.”
Ils rentrent dans leur tente pour enlever les pyjamas.
Je retourne dans la mienne, un peu soulagée.
Mais je sais que je ne dormirai plus.

Comment je me sens

Honnêtement, mes sentiments sont confus à ce moment-là :

  • un reste de culpabilité
  • un soulagement d’avoir su redresser la barre
  • un sentiment d’injustice parce que finalement, ma nuit a bien été interrompue
  • de l’acceptation, parce que ce sont des enfants
  • du ressentiment quand même à cause de cette interruption.

Pour autant, je me dis :
Oui, il est injuste que je sois réveillée parce qu’ils font trop de bruit, alors qu’ils auraient pu -ils auraient dû même !- jouer calmement.
Mais voyons les choses objectivement : est-ce que les agresser aide à résoudre la situation ?
Absolument pas !
On peut même penser, et observer, que c’est lorsque j’aborde les choses calmement que les solutions apparaissent.
J’aurai donc toujours plus à gagner à éviter l’agression.
A court terme pour mon sommeil, à long terme encore plus, pour tous leurs conflits à venir, au cours desquels ils vont vraisemblablement user des techniques qu’ils auront observées.

Et je reste donc, avec mon sentiment de culpabilité.
Que vais-je en faire ? On en parle ?

Qu’est-ce que la culpabilité ?

Commençons par le commencement. D’où vient ce sentiment de culpabilité ?
Qu’est-ce qui se joue en nous pour faire naître cette expérience émotionnelle, somme toute plutôt désagréable ?

Voilà la première chose que nous explique Camille Sépulchre, l’intervenante, et que je note immédiatement en gras, tant ça me parait limpide.

La culpabilité nait d’un conflit psychique : elle vient du décalage entre moi tel(le) que je voudrais être, et moi tel(le) que je suis.

C’est exactement ce qui s’est joué ce matin : le décalage entre la maman positive, qui enseigne à ses enfants, par le modèle, à parler gentiment, qui fait preuve de tolérance pour leur temps d’apprentissage, et celle qui s’est mise à agresser ses enfants de but en blanc.
Ce décalage a immédiatement déclenché ma culpabilité.

Pour notre esprit, la culpabilité est alors une façon de réparer : on s’en veut et ça répare un peu ce qu’on a fait.
Vous avez déjà senti ça ?

Nous sommes juges de nous-mêmes

Discuter de cette culpabilité est également l’occasion de revenir sur un point fondamental : la responsabilité de nos sentiments.
C’est une notion fondamentale, très bien expliquée dans la CNV (cf. Les mots sont des fenêtres) :
nous sommes responsables de nos sentiments.

Si vous lisez cela pour la première fois, vous pouvez être surpris.
L’idée est pourtant simple. Des circonstances identiques font naitre des sentiments différents.
Je suis facilement agacée par quelque chose qui, au contraire, plait à mon voisin. C’est donc bien que ce n’est pas la situation elle-même qui engendre mon sentiment, mais moi.
Ou, plus précisément, mes pensées.

Dans le cas de la culpabilité, nos propres pensées sont des jugements.
“Je n’aurais pas dû..”, “J’ai tort…”, “Je ne suis pas capable..”, “Je devrais…”

Nous sommes notre propre juge, et nous nous jugeons nous-mêmes très durement.
Cependant, le fait que cette culpabilité découle de nos pensées en fait un sentiment réellement très personnel.
D’autant qu’elle est particulièrement influencée par nos expériences passées, comme nous allons le voir.

Les différentes formes de culpabilité

Ces pensées qui créent chez nous un sentiment de culpabilité viennent elles-mêmes de niveaux différents.
Elles viennent :

  • de nous et de nos aspirations
  • de ce que la société nous a transmis
  • de ce que nos parents et ancêtres nous ont transmis

Plus la culpabilité vient de loin, plus elle est inconsciente.
Car beaucoup de nos jugements sur nous-mêmes sont directement liés à des croyances qui sont véhiculées sans même que l’on en ait vraiment conscience.

Quelques exemples de ce que peut nous avoir transmis la société :
“Je dois savoir gérer mon travail, ma famille, et ma maison.”
“Je ne suis pas là pour me faire plaisir.”
“Les enfants doivent obéir aux adultes.”
“Je dois penser aux autres avant de penser à moi.”
“Un garçon, ça ne pleure pas.”
“Il faut être efficace.”
“Il faut travailler à corriger ses faiblesses plutôt que se focaliser sur ses forces.”

Quelques exemples de ce que peuvent nous avoir transmis nos parents, qui se confond parfois avec ce que nous a transmis la société :
“Je n’ai pas le droit à l’erreur.”
“Je me débrouille seul.”
“On ne peut pas savourer si on n’a pas d’abord souffert.”
“La vie, c’est comme un match de boxe, il faut être le premier.” (spéciale dédicace à mon grand-père qui nous disait ça régulièrement… Heureusement, on n’écoutait pas toujours !)

Toutes ces croyances ancrées en nous, influencent nos pensées, qui, à leur tour, créent ce sentiment de culpabilité.
Par rapport au geste qu’on vient de faire, à la pensée de ce qu’on aurait pu commettre…
Et que l’on traduit par ce genre de pensées, mi-conscientes :
“Je ne suis pas à la hauteur de ce que les gens attendent de moi.”
“Je ne passe pas assez de temps avec mes enfants.”
En fait, nous sommes en décalage avec une certaine idéalisation de nous-mêmes.

Nous voyons bien ici la part de l’inconscient dans ce sentiment de culpabilité :
1- la culpabilité vient du décalage de ce que nous sommes avec l’idée que nous nous faisons de ce que nous “devrions” être.
2- or, ce que nous devrions être vient de nos croyances héritées de nos parents et de la société.

Ce qui est clair, c’est que plus nous nous situons dans l’inconscient, et plus il est difficile de passer au dessus de notre sentiment de culpabilité.

La culpabilité est un signe de bonne santé psychologique

En effet, que serait un monde sans culpabilité ?
Alors, on verrait probablement :
un manque de scrupules, un égoïsme absolu, un manque d’empathie…
Bref, éradiquer la culpabilité ne serait pas une bonne idée !
Comme tous les sentiments, en fait, la culpabilité a bien une raison d’être.

Notre sentiment de culpabilité prouve que nous savons reconnaitre le bien et le mal.
Seuls les vrais psychopathes n’ont pas de culpabilité !

La culpabilité nous arrive sans que nous le choisissions.
En revanche, nous avons alors le choix de ce qu’on fait de cette culpabilité.
C’est à nous de décider comment y réagir.

Que peut-on faire de notre culpabilité ?

Il y a quelques années, j’écrivais ici-même que “notre culpabilité est une bonne nouvelle.
J’expliquais en effet que la culpabilité était pour moi une prise de conscience qui pouvait servir de point de départ, et c’est ce dont nous allons parler ici.

Culpabilité saine et culpabilité malsaine

Il existe en fait deux manières de vivre notre culpabilité.
On peut parler de culpabilité saine et de culpabilité malsaine.

Culpabilité malsaine

Je me figure la culpabilité malsaine comme un boulet à notre pied.
Cette culpabilité est celle que l’on ressasse, en boucle.
Plus on s’enfonce, plus elle est présente. Plus elle est présente, plus on se juge, et plus cela détruit notre estime de nous-même. C’est alors un cercle vicieux, très pénible.

La culpabilité malsaine nous immobilise, c’est évidemment celle dont on veut le plus se débarrasser.
Cependant, s’en débarrasser ne veut pas dire faire une croix sur la culpabilité dans son ensemble, mais plutôt décider d’agir pour en faire une culpabilité saine.

Culpabilité saine

La culpabilité saine, elle, est plutôt un moteur.
Lorsque l’on sait la recevoir, elle nous donne l’énergie qu’il nous faut pour avancer.

On a vu déjà que la culpabilité découlait d’un décalage entre ce que nous sommes et ce que nous voudrions être. En prendre conscience permet d’entamer un travail sur soi.

Travailler sur soi n’est pas toujours simple, car cela implique souvent une remise en question qui nous rend inconfortable. Sans parler du temps d’investissement nécessaire.
Mais notre culpabilité est sans aucun doute une motivation : l’envie de ne plus la ressentir nous poussera à avancer ! Voilà pourquoi je parle de moteur…

Cependant, l’action ne sera pas toujours la meilleure voie à suivre. En fait, la culpabilité saine engendrera toujours une réflexion chez nous.
Ensuite, nous déciderons s’il convient d’entrer en action ou non.

Deux scénarios sont possibles :

  • Agir pour se transformer
  • Surmonter notre culpabilité

Agir pour se transformer : la méthode

Nous parlons ici d’utiliser la culpabilité comme moteur pour se transformer. Pour tendre un peu plus vers cet idéal que nous avons en tête et qui nous fait nous sentir coupable.
Encore faut-il savoir comment faire cela.

Je vais donc vous livrer ici un exemple personnel, que Camille, la présentatrice, m’a aidée à creuser lors de sa présentation.

Ma situation

“Je me sens coupable quand j’en veux à mon mari de prendre du temps pour lui.”

Oui… je l’avoue (et j’ai un peu honte).
Le week-end, mon mari trouve de plus en plus souvent l’occasion de faire un peu de saxophone.
Une partie de moi se réjouit qu’il renoue avec cette passion qui a été un peu moins présente ces dernières années, et l’autre lui en veut d’y consacrer du temps.
En toute objectivité, je sais que je ne devrais pas lui en vouloir. (Vous remarquez le “je ne devrais pas”, qui parle de qui j’ai envie d’être). Ce n’est pas comme s’il ne s’impliquait pas dans la maison ou avec les enfants. Il trouve honnêtement le bon équilibre, et pourtant, je sens cette négativité en moi, que je ne voudrais pas ressentir !

Camille m’a encouragée à chercher les conflits intérieurs et les idéalisations auxquelles cette situation me renvoyait.

La situation est celle qu’elle est. Soit.
J’ai donc le choix : soit je reste avec ça, je me morfonds, et je tourne en rond avec l’idée que je ne devrais pas ressentir ça, mais sans rien y faire, ce qui devient un boulet à mon pied (culpabilité malsaine), soit je décide d’entamer un travail qui me permettra de mieux comprendre ce qui se joue.

Recherche des idéaux cachés derrière ma culpabilité

On voit bien qu’il y a ici un décalage entre qui je suis dans cette situation et la personne que j’aimerais être. Je vais donc m’y arrêter un moment.

Quel est mon idéal ?
J’aimerais être contente pour lui.
J’aimerais moi aussi prendre du temps pour moi. → Ah ! Il y a également de la jalousie là-dessous ! Mais pourquoi est-ce que je ne prends pas du temps pour moi ?
Je voudrais avoir une maison qui tourne (et pour cela, j’y consacre de l’énergie, c’est mon choix)
Je voudrais qu’il soit présent à ses enfants. – Hum… voilà qui nécessite également une réflexion plus poussée : d’abord, parce qu’il est présent à ses enfants – pas un week-end sans un jeu de société par exemple -, ensuite parce que je sais bien que pour être réellement présent à ses enfants, il faut également prendre du temps pour soi !

Voici donc mon idéal, très clair :
me réjouir qu’il puisse prendre du temps pour lui sans arrière-pensée
et prendre également du temps pour moi sans arrière-pensée

Une réflexion qui se prolonge

Dans les jours qui suivent cette présentation, j’ai l’occasion de pousser encore un peu cette réflexion.
Je m’aperçois que la construction de notre équilibre de vie crée un décalage entre nous.
Du fait que je travaille à la maison, j’ai parfois l’occasion de prendre du temps pour moi dans la semaine. Bien sûr, comme tout le monde, je cours plutôt après le temps ! Mais quand même, convaincue que respirer et remplir mon réservoir est fondamental, faute de quoi je ne suis pas la maman que j’ai envie d’être, je m’accorde des pauses qui me font du bien.
De son côté, Nicolas a peu d’occasion de faire de même. Faire du saxophone est son moment. Et je sais que lorsqu’il a pu souffler dans son saxo, il est ensuite plus détendu, et s’occupe par exemple plus facilement du bain des enfants. Parce qu’il a rempli son réservoir.

La transformation

Cela n’a l’air de rien, mais cette analyse m’a aidée à passer à l’action.
Le week-end suivant, je sens une vraie transformation en moi.
Nicolas part faire du saxo, et moi, je me réjouis pour lui. Réellement, et sincèrement !

Reste à voir si cela durera, mais je sens bien que j’ai franchi un pas important.
D’ailleurs, je n’hésite plus à aller prendre un bain avec un bon livre, dont je sors à mon tour plus reposée ! Cela va également avec un apprentissage du lâcher-prise qui m’appartient complètement.

Quand nous ne sommes pas dans l’action : surmonter la culpabilité

Il existe encore des tas de situations où il est possible de se sentir coupable sans que nous puissions agir pour que la situation change.
Prenons le cas de quelqu’un qui a du mal à supporter d’être privilégié sans l’avoir forcément mérité.
Ex : “J’ai des enfants facilement, alors que ma voisine n’y arrive pas.”

Encore une fois, tout le monde ne ressent pas de la culpabilité dans une telle situation. Mais, si nous nous plaçons dans le cas d’une maman qui en ressentirait, voyons quel serait l’idéal derrière ce sentiment.
Probablement quelque chose de l’ordre de :
« Dans mon idéal, tout le monde a les mêmes chances, et dans mon idéal je ne fais pas face à la tristesse de l’autre. Dans mon monde idéal, je ne rendrais personne triste. »

Pas possible de changer la situation, mais pourquoi pas essayer de développer son empathie, d’écouter l’autre, d’adapter son comportement…

Et puis, on peut se poser soi-même la question suivante : “Je ressens de la culpabilité. Qu’est-ce que j’en fais pour moi ?”
Surmonter sa culpabilité dans ce cas peut signifier s’en débarrasser par la gratitude.
Reconnaître qu’on n’est pas responsable de la situation des autres, et se sentir reconnaissant de ce que l’on vit.

Un choix

Voilà, je vous ai livré tout ce que je savais, ou presque.
Je sais qu’il me reste à mener le travail que je vous ai décrit plus haut sur la situation exposée en début d’article. J’ai commencé à le faire, mais j’aimerais mener ce travail à son terme pour vous en parler un peu plus sans alourdir cet article déjà long.

Une chose à retenir en tout cas : on ne choisit pas de se sentir coupable, mais on choisit bien ce que l’on fait de cette culpabilité.
Pour moi, le choix est désormais fait : je veux embrasser ma culpabilité pour chercher les idéaux et croyances qui se cachent derrière.
Attendre que les choses changent d’elles-mêmes ne fonctionne pas.

Et vous, quand ressentez-vous de la culpabilité ?

Décembre. Voici venu le temps… de Noël et des cadeaux ! Qui dit Noël dit père Noël, et je sais que la question se pose de plus en plus chez les parents positifs : faut-il laisser les enfants croire au père noël ? Forts de notre envie d’être de vrais modèles pour nos enfants, nous n’avons aucune envie de leur mentir. Et en même temps… le mensonge du père Noël est plutôt chouette ! Alors… faire croire au père Noël, ou ne pas faire croire ? Telle est la question !

Croire au père Noël : que dire aux enfants ? À chacun son choix !

De manière très inhabituelle, j’ai envie de commencer cet article par sa conclusion.

Celle qui dira que chaque famille a le droit de prendre sa décision, de faire comme elle veut, et même de changer d’avis !

Parce qu’on mon objectif n’est pas de vous affirmer qu’une des deux options est meilleure que l’autre. Les deux sont bonnes, à condition, je crois, de respecter un certain cadre, que je vais m’empresser de partager avec vous.

Mon article vise donc plutôt à vous encourager à vous poser les questions, pour répondre à la question de la manière qui vous conviendra le mieux, et je voulais que cela soit clair dès maintenant.

Ceci étant dit, nous pouvons commencer !

Le père Noël est magique

Oui, voici mon vrai début. Parce que c’est bien ce dont il s’agit, non ? Si la société dans son ensemble continue à faire croire ses enfants au père Noël, c’est bien pour contribuer à la magie !

Alors, bien sûr, la magie de Noël ne s’arrête pas là. Et, plus loin dans cet article, je vais vous présenter tout ce à quoi tient également la magie de Noël selon moi.

Mais quand même, c’est assez incroyable d’imaginer ce gros bonhomme rouge qui vole dans le ciel, entre par les cheminées, même quand il n’y en a pas, et se débrouille pour que les cadeaux apparaissent, sans jamais qu’on ne l’aperçoive ! Que celui qui ne trouve pas cela magique me l’explique !

Certains pensent que laisser les enfants croire au père Noël, équivaut à “se moquer de la crédulité des enfants”. Pour moi, on est bien loin de cela en entretenant cette fable du père Noël. Il n’est pas question de se moquer. Du tout. Nous savons que les enfants ont besoin de temps et d’expérience pour distinguer le vrai du faux dans la vie. Alors, aucune moquerie n’est possible, puisque c’est tout naturel. C’est plutôt l’occasion d’en profiter pour apporter une tranche de magie supplémentaire dans leur vie…

Soit dit en passant, je ne me moque jamais de la crédulité des gens, même des adultes. Sûrement parce que je suis moi-même plutôt crédule. Mais je trouve toujours ça plutôt chouette au contraire de voir des gens avoir suffisamment confiance en l’autre pour croire même des choses incroyables ! Et je ne vais certainement pas me moquer d’eux pour leur confiance ! Sinon quoi ? Je préfère m’entourer de sceptiques ? Certainement pas !

Le père Noël est un mensonge

Eh oui, avec ma diatribe précédente, je tombe sans tarder sur l’os principal ! Je viens d’écrire que j’aime voir que les gens ont confiance.

Et je sais que tout le problème est là : nos enfants ont confiance en nous, et nous, on leur ment.

Ah, on peut mettre de jolis mots dessus, mais le fait demeure : on leur ment.

Peser le pour et le contre

Si c’est clair pour nous, on peut alors décider de peser le pour et le contre. Et c’est ce que j’ai fait il y a déjà bien longtemps – puisque notre ainé a maintenant 17 ans ! – bien avant d’avoir lu tous ces articles autour du père Noël…

Je sais, c’est un peu surprenant, parce qu’il est rare de remettre en cause une idée reçue et si répandue. Si j’ai eu la chance de me poser la question à l’époque, c’est grâce à l’expérience de ma cousine.

J’ai en effet une cousine qui n’a jamais cru au père Noël. Sa mère lui a expliqué qu’elle avait été tellement déçue de découvrir que son père pouvait lui mentir lorsqu’elle avait appris la supercherie qu’elle avait décidé de ne jamais laisser ses enfants croire au père Noël. Et voici donc comment ma cousine n’a pas eu de faux père Noël dans sa vie.

C’est idée de confiance et de trahison m’avait tracassée…

Et puis… et puis je me suis dit que de toute façon, je mentirais bien à mes enfants sur des tas d’autres choses, et qu’il valait mieux qu’ils ne me fassent pas trop confiance !   NON ! Evidemment que ce n’est pas ce que je me suis dit !! Non, je me suis dit que je n’étais pas complètement à l’aise avec cette idée de mensonge, mais que j’avais de tellement bons souvenirs de mes rêves de Noël à moi, que je ne voulais pas en priver mes enfants !

Donc : nous avons fait croire au père Noël. Et c’était chouette !

Le jour où tout est révélé

En revanche, j’étais claire avec moi-même : il n’était pas question que le mensonge s’entretienne lorsque mon fils aurait un doute.

Alors, lorsqu’il m’a posé des questions, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai tout expliqué.

Je lui ai dit que c’était un jour important. Que j’étais contente qu’on puisse discuter. Je lui ai expliqué que le père Noël n’existait pas, et que je n’aimais pas le mensonge. Que j’avais décidé de quand même le laisser y croire parce que je trouvais que c’était une histoire assez merveilleuse, et que, même si ça ne me rendait pas à l’aise, j’aimais bien cette idée magique. Qu’en même temps, j’étais assez soulagée de pouvoir à présent lui dire qu’il n’existait pas, et que, puisqu’on en était là à présent, je pouvais également lui dire que la petite souris et les cloches n’existaient pas non plus. Comme ça, maintenant, il n’y avait plus aucun mensonge entre nous, et il n’y en aurait plus jamais.

Je lui ai ensuite demandé ce qu’il en pensait, s’il trouvait que nous avions bien fait de lui faire croire au père Noël. Et il m’a dit que oui ! Vous allez voir par la suite qu’il le pense toujours !

Méchant père Noël

Dans cette histoire, il faut que je précise quelque chose d’important.

Comme je vous l’ai expliqué au début de mon article, j’aime le père Noël pour la magie qu’il incarne. Pas pour ses dérives. Si mon fils a aimé cette fable, c’est sûrement parce que nous n’avons jamais vu que du positif dans le père Noël.

Pas question chez nous d’entrer dans les dérives que le personnage peut entrainer :

  • Le chantage : “Si tu n’es pas sage, le père Noël ne t’apportera pas de cadeau.”
  • La peur : “Attention, le père Noël voit tout ce que tu fais !”

Ces méthodes sont pour nous à proscrire, quel que soit le contexte en fait. Que l’on soit en décembre ou en février ! Ce n’est pas parce qu’il y a un personnage extérieur que cela nous donne le droit de se mettre à user de méthodes néfastes !

De plus, je crois que mêler ces sentiments ultra négatifs à l’ambiance de Noël, c’est la trahir, que l’on décide de croire au père Noël ou pas.

Donc, je balayerai de la main dès maintenant ces raisons de ne pas croire au père Noël : on peut éviter complètement ces méthodes, même en y croyant, que ce soit clair !

Sinon, inventez-vous un croque-mitaine, et ne gâchez pas Noël !

La magie de Noël

Oui, je tiens à ne pas gâcher Noël, parce que, pour moi, tout Noël est magique, pas que le père Noël, bien sûr ! D’ailleurs, tous ceux qui ont fait le choix de ne pas faire croire leurs enfants savent trouver la magie.

Prenons un peu le temps de nous arrêter un peu sur ce point, qui en vaut la peine.

Juste une minute, je vais mettre “Let it snow, let it snow” dans mes enceintes… Ça y est, je suis prête ! (Vous ne me croyez peut-être pas, mais c’est vraiment ce que je viens de faire. Il faut cela pour être dans l’ambiance de la liste que je m’apprête à faire !

  • l’ambiance festive

Noël, c’est d’abord une fête ! Une fête partagée par des millions de personnes à la fois, le même jour. Avec tous les préparatifs qui vont avec. Rien que cela rend la période magique.

  • les décorations

On ne peut pas y échapper : dans la rue, dans les magasins, dans les maisons ! Des sapins, des lumières, des guirlandes ! Qui annoncent la fête. Alors, chez nous, c’est le moment des activités manuelles : la fabrication du calendrier de l’avent si on s’y prend assez tôt, des guirlandes qui disent “Joyeux Noël”, des cartes à envoyer, enfin… ce qui nous passe par la main. Oh, on n’y passe pas non plus des heures, mais il y a toujours un moment à partager autour de cela en décembre !

  • le sapin – les lumières

J’aurais pu mettre ça dans les décorations, mais le sapin, c’est une activité en soi ! Aller le chercher, le monter, balayer, le décorer (Tous ensemble et avec les musiques de Noël dans les oreilles s’il vous plait !)… Un vrai moment partagé ! Et puis après, on peut éteindre et regarder les lumières, comme si on regardait le feu !

Note : l’année dernière, après négociation serrée, on a décidé que ce serait notre dernier vrai sapin. On a décidé que désormais, on en construirait des zéro déchet en clouant des bouts de bois ramassés dans la forêt. Le fera-t-on ? Je ne sais pas encore, cela n’a pas été rediscuté, et nous ne serons pas en France à Noël, mais… je vous dirai !

  • le calendrier de l’avent

L’excitation qui monte jour après jour avec l’ouverture du bon numéro, ça aussi, c’est chouette, non ? Chaque année, on essaye de réfléchir à un chouette calendrier de l’avent. Il y a deux ans, je me suis inspirée des super idées de Gwen (petit bout par petit bout), et avais ajouté un calendrier d’activités familiales quotidiennes à côté du calendrier lego… L’année dernière, pareil, à l’intérieur de super maisons construites par ma fille Alice !

Il existe aujourd’hui des tas de super calendriers de l’avent originaux conçu pour vous par des gens qui ont le talent pour le faire.

Je pense par exemple à celui de mes amis Coline et Rémy : un calendrier de l’avent chasse au trésor personnalisé !

  • la musique

Vous l’avez remarqué déjà : j’aime les chansons de Noël ! Alors, en décembre, Frank Sinatra tourne en boucle chez nous… et puis on chante petit papa Noël et autres chants consacrés !

  • les repas de Noël

Préparer le réveillon, décider des menus, faire une bûche de Noël, se régaler…

  • les biscuits…

Chez nous : les sablés de Noël bien sûr ! En forme d’étoiles surtout, comme ma mère me l’avait appris… (sauf l’année où nous étions avec notre cousin d’Alsace qui nous avait appris à faire les délicieux Bredele !), et les bugnes pour l’ouverture des cadeaux ! (je sais, les bugnes, c’est censé être pour le carnaval, mais nous, on les fait à Noël, c’est comme ça…)

  • le temps en famille

Noël, ça tombe tout le temps pendant les vacances, vous avez remarqué ? C’est chouette, ça, non ? Ça nous permet en général de passer du temps en famille, ce qui est bien toute l’idée de Noël. En particulier les quelques jours après les cadeaux : on a alors le temps de jouer aux nouveaux jeux, de construire ce qui doit l’être… (chez nous, le père Noël a une drôle de tendance à apporter des planches et des clous pour répondre à l’attrait de Léon pour le bricolage !)

Avec en bonus, généralement, du temps avec la famille au sens un peu plus large. Des moments avec les grands-parents, de la complicité qui se construit…

  • l’aspect religieux

J’ai failli ne pas le mettre, puisque cet aspect religieux est complètement absent chez nous, et puis je me suis dit que ça devait figurer sur la liste de tout ce qui contribue à la magie de Noël. Parce que, bon, Noël, au départ, c’est quand même un peu religieux… Et puis, je me souviens, quand on était petit, on allait à la messe de Noël avec les cousins, tous ensemble dans la rue ! Puis ados, on y allait à la station de ski où nous amenaient nos parents cette semaine-là… Oui, ça faisait aussi partie de la magie ! Sans compter la construction de la crèche : mes grands-parents avaient des tas de santons qu’on s’amusait à disposer !

  • les traditions qui se créent

En bref, toutes ces activités de Noël qui se répètent, et que je viens de vous lister, nous permettent non seulement de savourer la saison, mais aussi, déjà, de créer des souvenirs…

Vous l’aurez compris, j’adore Noël, et pour bien plus que le père Noël ! 

Mais j’ai laissé exprès un sujet de côté, vous l’aurez peut-être remarqué… oui, je voulais le garder pour la fin : les cadeaux !

Les cadeaux de Noël

Voilà, on en arrive au point délicat. Car, la question du père Noël, elle est quand même intimement liée à celle des cadeaux.

Donc, au-delà de la question “croire ou pas au père Noël” (qu’on décide d’être cohérent et de ne jamais mentir, ou bien de décider que ce mensonge-là en vaut la peine), il reste celle du message autour des cadeaux.

C’est celle qui me travaille le plus ces derniers temps.

Des cadeaux tombés du ciel

Voilà l’impression que donne le père Noël. Que les cadeaux “tombent du ciel”. C’est en quelque sorte ça, non ?

Les enfants rêvent, et c’est normal, puisqu’on les y a encouragés !

Ils imaginent “les jouets par milliers”, et construisent régulièrement des listes longues comme le bras de cadeaux qui, dans leur esprit, ne coûtent rien, ne polluent pas, et tombent sur tous.

Première difficulté, donc : les aider à garder les pieds sur terre, loin du traineau…

Pour cela, vous avez sûrement vos astuces, voici les miennes :

J’évite les catalogues de jouets, qui donnent des tas d’idées qu’ils n’auraient pas eues et qui les distraient de ce qu’ils voudraient vraiment ; je discute de tout ce qu’on a déjà dans la maison, et puis, surtout, j’observe bien pour être sûre de tomber juste, de sorte à ce que le bon cadeau compense le manque d’avalanche ! (Parce que l’avalanche ne correspond pas à mon envie anti-consumériste…)

Soyons clairs : on fait plaisir à nos enfants avec des cadeaux, mais n’oublions pas que le plus beau cadeau qu’on puisse leur faire, c’est nous ! (Je vous encourage vraiment à voir cette vidéo)

Et puis, une fois cette difficulté surmontée, je trouve quand même dommage que les enfants ne sachent pas de qui viennent réellement les cadeaux. Ne serait-ce que pour remercier ceux qui les leur ont faits !

Des cadeaux qui viennent des autres

L’année dernière, nous avons fêté Noël avec mes parents et la famille de mon frère (4 enfants également). Mes neveux et nièces, qui ne croient plus au père Noël, avaient apporté des petits cadeaux pour chacun, qu’ils avaient fabriqués eux-mêmes, et ils les ont glissés dans les paquets.

J’ai trouvé ça tellement chouette, tellement dans l’esprit de Noël, que je me suis dit que, finalement, on ratait quelque chose à faire croire à nos enfants que les cadeaux venaient du père Noël !

Oui, on offre de la magie, mais on oublie toute la partie échanges, attentions, dons… qui est tellement chouette aussi !

Je me voyais bien préparer des cadeaux avec les enfants, me réjouir avec eux du plaisir que nous allions procurer à quelqu’un en choisissant le bon cadeau pour lui !

Est-ce que ça ce ne valait pas la peine de renoncer à un peu de magie ?

Tout bien pesé…

On est maintenant presqu’un an plus tard, et j’ai eu l’occasion d’en discuter avec mon mari, qui est d’accord pour que nous annoncions à Anatole, 5 ans, notre plus jeune, et le seul à encore y croire, que le père Noël n’existe pas.

Ce n’est cependant pas simple de savoir comment aborder la question, puisqu’il n’a jamais exprimé de doutes sur la question…

Et puis, il y a 2 semaines, Léon a perdu une dent, et a évoqué la petite souris (car il a bien compris comment entretenir le mystère auprès de son frère). Alors, j’ai pensé que c’était l’occasion. Seulement, à peine avais-je entamé ma phrase que j’ai été interrompue par Oscar, notre ainé (17 ans, donc). Il m’a interdit de continuer, en argumentant (discrètement) qu’il n’y avait pas de raison de priver Anatole de la magie parce qu’on évoluait dans nos principes !

Voilà, l’occasion est passée, décembre commence, et aucune décision n’a vraiment été prise.

Je vais être honnête : je ne sais pas encore bien comment cela va se passer… Disons que ça fait également partie du mystère.

Et chez vous ? Quel a été votre choix ? Cet article aide-t-il votre réflexion ?