Question de pouvoirs…

Quand j’ai commencé à cheminer vers la parentalité positive, je ne pensais pas me heurter autant à ces questions autour du pouvoir.

Ce n’est effectivement pas le premier thème soulevé dans les livres.
Pourtant, on parle bien de luttes de pouvoir dans certaines phases d’affrontements avec nos enfants…

En fait, je crois que la première fois que j’ai mis le doigt dessus, c’était en lisant Arrête d’embêter ton frère, laisse ta soeur tranquille, d’Elizabeth Crary. Je me souviens avoir mis bien longtemps à résumer le chapitre 4 de ce livre, parce qu’en plus de la résolution de problème, elle y abordait ces questions de pouvoir.

Puis, j’en ai encore entendu parler dans ma formation en ligne de Positive Parenting Solutions, qui soulignait que le pouvoir participait au fait de se sentir important, l’une des nécessités de base de nos enfants (et de nous tous).

Depuis, cette question de pouvoir est souvent en toile de fond. Elle m’aide à mieux analyser et comprendre certaines attitudes et comportements, et c’est pourquoi je désirais y revenir plus précisément.

En fait, j’ai maintenant bien compris qu’il existe deux types de pouvoirs : le pouvoir positionnel, et le pouvoir personnel.

Le pouvoir positionnel, c’est celui qui découle de notre position : pouvoir du parent sur l’enfant, du maître sur l’élève, du patron sur l’employé…

Le pouvoir personnel, c’est celui que chacun a, y compris les enfants, et qu’on peut choisir ou non d’exercer.

Cette analyse du pouvoir et de la manière de l’utiliser est fondamentale, parce que c’est à présent ce qui pour moi explique le mieux le choix de la parentalité positive.

Il existe en effet différentes manières d’utiliser chacun de ces pouvoirs.

Dans une éducation autoritaire, le parent utilise son pouvoir positionnel en suivant le principe de la loi du plus fort. Comme il a le pouvoir, il peut imposer ce qu’il veut.
Or, rappelons-nous que les enfants apprennent énormément par l’exemple.
Ainsi, si nous nous comportons de manière autoritaire avec eux, nous leur enseignons indirectement deux choses :

  • qu’il est normal que celui qui a le pouvoir impose à l’autre
  • que celui qui n’a pas le pouvoir doit obéir

S’ils apprennent bien, ils pourront donc à leur tour :
imposer à l’autre lorsqu’ils se retrouveront en position de pouvoir (face à leur petit frère, ou à un copain plus timide)
suivre les instructions qui leur sont données par les copains plus influents… leur responsabilité n’étant alors même pas mise en question.

Il ne faudra donc plus s’étonner qu’ils malmènent ou se laissent malmener, puisqu’ils ne feront alors que reproduire le modèle que nous leur aurons donné.

 

A l’inverse, dans une éducation permissive, le parent abandonne tout pouvoir personnel, laissant l’enfant aux commandes.

Or, il n’est pas toujours facile de savoir comment exercer son pouvoir personnel, de savoir poser des limites, d’avoir suffisamment d’aplomb pour réclamer le respect de nos besoins.
Nos enfants ont besoin de nous voir faire pour apprendre eux-mêmes comment se comporter face à ceux qui piétineraient leurs plates-bandes. Ils ont besoin de voir comment exprimer leurs besoins avec respect, comment trouver des solutions qui permettent de prendre chacun en considération ; choses qu’ils n’apprendront pas avec un parent permissif.

 

Ainsi, savoir utiliser notre pouvoir personnel pour faire valoir nos limites, et notre pouvoir positionnel pour encourager la coopération sans imposer est un modèle pour nos enfants. C’est prendre conscience de notre influence à long terme.

Mais ce n’est pas facile.
En fait, c’est tout un art.
Celui de la parentalité positive.

 

 

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2 réponses
  1. Gwen
    Gwen dit :

    Rhô c’est particulièrement bon ça !!
    Je crois que je découvre cette distinction pouvoir personnel / pouvoir positionnel et elle est pleine de sens (sens que tu retranscris très clairement, en plus)
    et ça “Nos enfants ont besoin de nous voir faire pour apprendre eux-mêmes comment se comporter face à ceux qui piétineraient leurs plates-bandes” je crois que je vais me la noter quelque part (mon control journal, rubrique phrases inspirantes, pour toi qui commences à loucher sur Flylady 😉 )
    Allez, je file partager, c’est vraiment chouette !

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