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Comment devenir un parent positif ?

Vous qui me lisez êtes déjà dans une démarche d’avancement vers la parentalité positive. On parle également de parentalité bienveillante, de parentalité consciente. Quels que soient les mots, l’important, c’est que vous avez à coeur d’offrir à vos enfants une éducation qui les aidera à grandir avec confiance. Vous voulez leur montrer qu’il existe un chemin pavé de respect, et d’écoute. Et, au passage, vous aspirez à une ambiance plus sereine. Il y a quelques jours, je vous parlais de la difficulté d’être parents. Je vous expliquais ce qui, selon moi, était la source principale de nos difficultés du quotidien. Ce modèle que nous recevons tous les jours, depuis tout petit. Cet apprentissage inconscient du rôle du parent dont nous n’arrivons plus à sortir. Et pourtant.. c’est possible ! Oui, il est possible d’améliorer l’ambiance familiale, il est possible d’apprendre une autre parentalité.  Aujourd’hui, justement, je voudrais évoquer le cheminement du parent positif.

Qui suis-je pour vous parler de devenir un parent positif ?

Si vous êtes arrivé ici par hasard, laissez-moi vous parler un peu de moi…

Je m’appelle Coralie, et j’ai 4 enfants, de 5 à 17 ans. Comme tous les parents, j’ai connu avec eux des moments merveilleux, et des moments de cauchemar. L’éducation m’a toujours intéressée, et j’ai même suivi une formation de guide Montessori lorsque j’étais enceinte de ma deuxième.

Pourtant, il y a environ 5 ans, je me suis retrouvée dans une situation qui ne correspondait absolument pas à ce que je voulais pour notre famille… Fatiguée, stressée, dépassée, j’employais de plus en plus régulièrement des méthodes qui ne fonctionnaient pas.

Et puis… et puis j’ai vu mes grands qui criaient sur les petits, comme je le leur avais montré, sans le vouloir ! Et là, j’ai compris. J’ai compris que cela devait changer.

Quelques années plus tard, j’ai énormément évolué. Je ne suis pas une maman parfaite, simplement parce que cela n’existe pas, et je n’y aspire pas. Mais la dynamique familiale a changé.

Non, il n’est pas possible de ne jamais se mettre en colère, mais ma manière de l’exprimer est différente. Je ne parle pas toujours gentiment, loin de là, mais je crie vraiment rarement.

Et pourtant, je viens de loin ! Je n’étais pas de ces personnes naturellement calmes, et je ne le suis toujours pas. J’ai cependant appris à changer ma façon de réagir aux événements. Appris à considérer mes enfants avec bienveillance, à les impliquer dans ma démarche éducative.

Si j’y suis parvenue, les autres le peuvent aussi ! C’est pour cela que j’ai commencé à partager mon cheminement. Avec mes proches, tout d’abord, puis avec d’autres…

C’est devenu mon métier. Je suis accompagnante en éducation positive.

Voilà ce que cela peut donner, voilà le genre de message que je reçois régulièrement :

Je sens des changements en moi , des convictions qui s’ancrent , une meilleure lecture des comportements (des enfants comme des miens ) ,  de belles réussites et des vieilles réactions qui surgissent encore  ( que je réalise et analyse ce qui est assez inconfortable comme tu nous le disais ) .
Je trouve que mes garçons aussi développent petit à petit de nouvelles compétences .” (mail d’Emilie, pendant qu’elle suivait la formation POINT DE RENCONTRE)

Je n’aurais pas cru que le changement soit possible ainsi.” Delphine

La clef : comprendre qu’il faut être deux pour se battre

Dit comme cela, ça semble évident, mais on l’oublie souvent… On a facilement tendance, et c’est normal, à considérer qu’on se bat “à cause de l’autre”. Bien sûr, il y a toujours différents points de vue sur la situation, et chacun considère que c’est de la faute de l’autre, sinon, on ne se battrait pas.
Il n’en reste pas moins qu’il faut être deux pour se battre.

Donc, si nous luttons contre notre enfant, c’est que nous choisissons d’entrer dans cette lutte.

Comme le dit Marshall Rosenberg, je ne peux pas contrôler l’autre, mais je peux me contrôler moi. Pour moi, tout part de là. Continuer à entrer dans des luttes de pouvoir contre nos enfants ne va pas nous aider à améliorer notre relation avec eux. Trouver des ressources en nous pour réagir autrement a au contraire le pouvoir de tout changer !

Alors, on accepte tout ?

Je sais ce que vous allez me dire : il y a certaines choses auxquelles je ne peux pas renoncer !!

Bien sûr ! Et c’est là l’une des difficultés de l’exercice. Lorsque l’on découvre la parentalité positive, on est souvent un peu perdu, et, par peur de “mal” faire, on se retrouve parfois à juste laisser faire. Mais l’éducation positive n’est pas synonyme de permissivité !

Notre posture peut cependant évoluer. Plutôt que de m’opposer à mes enfants, en cherchant à leur imposer ce que je veux, je vais essayer de les écouter, de les comprendre.

Les comprendre ne veut pas dire tout accepter ! Mais je vais alors pouvoir mieux les aider, les accompagner. D’un seul coup, je ne suis plus contre eux, mais avec eux. C’est tellement reposant !

Une anecdote autour des légumes

Laissez-moi vous raconter une histoire, qui illustre ce point. 

Un jour, je discutais avec une maman autour du thème “faire manger ses légumes à son enfant avant le dessert”. Ceci était également une question récurrente pour moi, auparavant. Mais lorsque je discute avec mon amie, je réalise que je ne me bats plus. Pas parce que j’ai renoncé, mais parce que mes enfants mangent leurs légumes.
J’expliquais donc à mon amie que j’avais l’impression que mes enfants avaient bien compris que leur alimentation devait comporter des légumes, et que la question ne se posait plus vraiment.
Ce n’est pas venu tout seul. Je sais qu’il y a eu un moment où j’ai fait un réel effort pour lâcher-prise. Pour que ce ne soit pas un sujet d’opposition. Pour accepter de laisser couler un peu, en ayant confiance que cette habitude se prendrait. Je me souviens encore de ce débat interne.

Le soir-même de cette conversation, cependant, mon fils Anatole, 4 ans, me demande, alors qu’il a encore plein de salade dans son assiette : “Maman, j’ai mangé mon maïs, est-ce que je peux avoir le dessert ?”
Cela m’a fait sourire intérieurement. Moi qui croyais ne plus avoir ce genre de questions… Mais ça a été l’occasion de m’observer. D’observer comment mes réactions avaient changé, et pourquoi je ne me battais plus à ce sujet.
Je lui ai tranquillement répondu :
“Qu’est-ce que tu voudrais comme dessert ?
du yaourt avec du sucre brun
Hum… Ca va être bon, ça ! Tu seras content d’avoir le yaourt quand tu auras fini ta salade !
Oui
Ok, alors je vais aller le chercher pendant que tu la manges.
D’accord.”
Et Anatole a tranquillement mangé sa salade, tandis que j’’allais préparer son bol de yaourt.
Cela n’a pas été une lutte, parce que je ne suis pas entrée dans la conversation avec cette attitude. Je n’ai pas répondu “Non, tu dois d’abord manger ta salade !”. J’ai intégré l’idée que des mots comme “non”, et “tu dois” sont des déclencheurs de conflit, et je m’en éloigne naturellement, sans plus avoir à y penser. (La plupart du temps… Je vous rassure, je dérape encore régulièrement, je ne suis pas un super-héros !)

Ainsi, je ne renonce pas à ce qui compte à mes yeux. En l’occurence, le fait qu’il mange les légumes. Mais ma communication est différente. C’est ça, devenir un parent positif. Et ça change tout. 

Cela prend-il beaucoup de temps ?

Lorsque je discute avec les parents, beaucoup pensent que devenir un parent positif prend du temps, et qu’ils ne le pourront pas.

Alors, pour ceux qui croient cela, je voudrais leur répondre tout de suite : NON.

Non, ça ne prend pas du temps. En tout cas, pas plus que le temps qu’on perd à se battre avec eux !!

“Si je fais pas ça [attitudes positives], les choses n’avancent pas, et je passe mon temps après à répéter… alors qu’en fait, j’ai juste pas choisi la bonne option au départ !” Thècle, maman d’un garçon de 5 ans et d’une fille de 3 ans.

A l’inverse, lorsqu’on prend le temps d’aborder nos enfants sous le bon angle, les choses vont plus vite…

Si on a l’impression que cela prend du temps, c’est parce qu’il s’agit de développer chez nous de nouveaux réflexes qui ne nous semblent pas naturels parce que pas acquis. C’est cela qui prend du temps.

Le temps passé ensuite avec les enfants n’est, lui, pas plus long. Du tout. Et même quand on en “perd” à discuter avec eux, à expliquer, à chercher des solutions, on en gagne ensuite, grâce aux compétences qu’on aura tous développées au passage !

Ainsi, la seule difficulté, c’est de démarrer. Ensuite, il suffit de faire un pas après l’autre. C’est un cheminement. Une avancée. C’est celle que je vous propose avec la formation POINT DE RENCONTRE.

Imaginez… imaginez ce que cela sera pour vous si vous parvenez, enfin, à rompre le modèle reçu, à percevoir autrement votre relation avec votre enfant. Ce que deviendront vos échanges, et vos partages lorsque votre maison sera enfin sereine….

 

 

 

Pourquoi est-ce si difficile d’être parent ?

Etre parent… l’une des choses les plus naturelles du monde, n’est-ce pas ? Oui, cela ne devrait pas difficile d’être parent. Depuis la nuit des temps, tous les animaux ont des bébés, les protègent, les aident à grandir, puis les laissent voler de leurs propres ailes. Pas besoin d’apprendre comment, la nature est bien faite ! Et pourtant… quelques années plus tard, nous nous rendons compte que ce n’est pas aussi simple que ce que nous croyions… Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Comment se fait-il que nous ne soyons pas aussi compétents que ce que nous le pensions ? Est-il possible de faire autrement ? C’est l’objectif de mon article d’aujourd’hui !

Une évolution que nous n’avions pas anticipée…

Les premiers temps : bébé arrive

Portés par notre instinct, nous aussi, nous sommes devenus parents. Ravis, ravis de cette nouvelle étape, plein de rêves et d’aspirations pour ce petit être qui venait rejoindre notre noyau familial. Les premiers moments ont souvent été plus durs que ce que l’on avait imaginé : les nuits hachés, les pleurs incompréhensibles…

Mais on sait que cela ne dure qu’un temps, alors on s’accroche ! Et bien nous en prend : quel bonheur de voir notre petit être découvrir le monde, apprendre, tout doucement… Nous apprenons à être parent, en même temps qu’il apprend ce qui l’entoure. Un échange, une magie…

Petit homme apprend à marcher

Puis vient le moment où notre enfant apprend à marcher, et nous l’accompagnons ! C’est incroyable, il a fait un pas !! Oui, il a appris, tout seul ou presque, à se mettre debout, à mettre un pied devant l’autre. Cette phase est l’une des plus belles de la vie, je crois, car c’est le moment où nous avons le plus confiance en notre enfant !

Nous savons qu’il va marcher, nous n’en doutons pas. Nous admirons les pas qu’il fait. Certes, il tombe. Mais nous y attachons peu d’importance. Car nous savons que cela fait partie de son apprentissage, et savons qu’il recommencera, encore et encore, et qu’il réussira. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. D’ailleurs, c’est bien ainsi que nous lui communiquons notre admiration. Nous nous réjouissons avec lui des pas qu’il fait, nous l’accueillons dans nos bras au bout de son chemin.

A aucun moment ne nous viendrait l’idée de lui dire : “Mais enfin ! Pourquoi tu tombes ? Je sais bien que tu sais marcher, puisque je t’ai vu faire des pas plusieurs fois ! Alors fais le tout le temps maintenant !! Ça suffit de ne pas vouloir !”. Non.. cela semblerait sacrément saugrenu, n’est-ce pas ?

Les choses s’accélèrent

Seulement voilà : notre enfant sait bien marcher, maintenant, et continue de grandir. Mais il a encore beaucoup de choses à apprendre. Et, alors qu’il apprend encore, nous avons perdu notre regard bienveillant. Nous oublions que c’est encore un apprentissage. Nous voulons qu’il “marche” sur tous les sujets. Qu’il se couche tous les soirs sans problème, qu’il se lave les dents, dise bonjour, et parle gentiment. Qu’il “gère” ses émotions et n’embête pas son frère. A chaque faux pas, il est difficile de ne pas lui tomber dessus ! De ne pas lui reprocher sa chute.

Et notre vie se complique

Peu à peu, les sujets d’agacement deviennent quotidiens.

C’est la fin de la journée, les choses n’ont pas forcément été faciles au travail, et nous aspirons simplement à un moment calme et apaisé… Il semble que notre enfant ne conçoive pas les choses sous le même angle. Tout devient compliqué, et nous ne comprenons pas pourquoi ! La frustration monte, nous avons l’impression qu’il nous cherche !

Voilà qu’à notre tour, nous ne parvenons pas à “gérer” nos émotions, et nous nous mettons à crier pour obtenir ce que nous voulons !! Est-ce possible de ne pas nous énerver ?

Bienvenue culpabilité !

Un peu plus tard, notre enfant couché, notre agacement retombé, nous repensons au parent que nous avons été, celui que nous aimerions être (surtout avec tout ce que nous lisons sur le sujet)… et la culpabilité pointe son nez. Ce n’était clairement pas le parent que nous avons envie d’être que nous avons vu ce soir. Bien sûr, il peut tous nous arriver d’avoir des jours plus difficiles que d’autres ! Mais est-ce vraiment à notre enfant de payer ? Il semble d’ailleurs que ce parent dont on ne veut pointe son nez plus souvent que prévu…

Que s’est-il passé, bon sang ? A quel moment avons-nous commencé à déraper ?

Quand et comment avons-nous perdu notre regard bienveillant ?

Cela s’est passé sans que nous ne nous en rendions compte, simplement parce que nous ne l’avons pas choisi. Nous ne sommes évidemment pas levés un matin en nous disant : “Bon, maintenant, quand il ne sera pas d’accord pour faire ce que je lui demande, je lui crierai dessus.” Evidemment pas !

Alors… comment est-ce arrivé ?

Notre approche de la relation parent/enfant

En fait, je crois que ce n’est vraiment pas de notre faute. Au début de cet article, nous parlions du fait que devenir parent était la chose la plus naturelle au monde.

Oui, nous avons vu nos propres parents agir, nous avons vu nos oncles et tantes, les parents de nos amis, puis nos amis eux-mêmes. Des occasions d’observer des relations adultes/enfants, nous en avons tous les jours ! Rien de nouveau sous le soleil, suffit de suivre les flèches.

En fait, comme nos enfants aujourd’hui, nous avons appris de ce que nous voyions.

Et ce que nous voyons le plus souvent, c’est la mise en pratique des idées suivantes :

  • un adulte est supérieur à un enfant
  • lorsqu’un adulte dit quelque chose, l’enfant doit obéir
  • si l’enfant exprime son désaccord, il est insolent
  • l’enfant ne doit pas déranger l’adulte
  • s’il fait quelque chose qu’il ne doit pas faire, il sera puni
  • si je ne contrôle pas mon enfant, je suis un mauvais parent
  • c’est “pour leur bien”

….

Nos neurones ont créé les connexions adaptées

Eh ben oui ! Au fur et à mesure que nous avons été témoins, en grandissant, de tous les comportements en accord avec les croyances listées ci-dessus, nous avons intégré les mêmes principes.

Dans notre cerveau, les connexions se sont créées pour faire correspondre nos propres comportements à ceux que nous observions.

Alors, aujourd’hui, nous aimerions nous comporter différemment, mais nous sommes pris au piège !

Pris au piège de la reproduction du schéma reçu ! 

Le voilà notre problème central. Celui qui est à la source de tout le reste. Notre société dans son ensemble reste dans le schéma. Et le reproduit.

Lorsque l’on veut en sortir, lorsque l’on cherche à éduquer nos enfants selon un autre modèle, selon un schéma plus bienveillant, il se passe alors deux choses :

1- nous nageons à contre-courant, ce qui est épuisant

2- nous luttons contre notre propre cerveau, en sortant de notre zone de confort, celle que nous connaissons le mieux.

Comprenez-vous mieux pourquoi c’est si difficile ?

Que faire, alors  ?

Tout commence par cette prise de conscience. Celle que, j’espère, vous venez d’avoir. Celle qui vous permet de comprendre d’où vient notre posture parentale, et pourquoi il est si difficile d’en sortir.

Un choix, d’abord

Une fois qu’on en arrive là, on peut enfin prendre une vraie décision. Je dis une vraie décision, parce que ce n’est plus une attitude qui découle de ce que nous avons reçu, ou du fait que l’on suive ce qui est en vigueur autour de nous. A ce stade, nous avons compris ce qui se jouait. Nous avons mis des mots sur l’origine du problème. Il nous reste à prendre notre responsabilité et à faire un choix.

On peut décider d’agir de manière totalement opposée.  D’arrêter de subir les schémas, de ne plus priver les enfants de leur droit à l’expression, de les laisser décider de ce qu’ils veulent, et de ne plus chercher à leur imposer ce que nous voulons, en aucune façon. Qu’ils grandissent sans contrainte aucune. Ce n’est pas mon choix. Parce que nous vivons en société, parce que la liberté de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre. Je veux aider mes enfants à grandir en liberté, tout en tenant compte de l’autre.

On peut décider de rester dans la norme. De se conformer aux règles de la société. Parce qu’après tout, on ne pas pas changer tout le monde, et nos enfants vont se heurter à ce monde-là. C’est une possibilité. C’est probablement le plus simple, en tout cas pour notre cerveau qui n’aime pas qu’on remette en cause ses croyances. Ca posera des problèmes à l’adolescence, lorsque notre enfant refusera cette dynamique, mais cela nous paraitra normal, comme aux autres.

Ou bien, on peut décider que si, on veut changer le monde ! Que l’on aspire à autre chose, pour nous, pour nos enfants, et pour la société dans son ensemble. Que l’on va se donner du mal pour ne pas reproduire le schéma reçu, sans pour autant lâcher prise.

C’est le choix que j’ai fait.

D’abord, parce que je crois très fort au fait que c’est ce qu’il y a de mieux pour mes enfants. Que cela les aidera à développer leur autonomie, leur responsabilité, leur motivation.

Ensuite, parce que je crois que c’est ce qu’il y a de mieux pour moi. Parce que je vois comment la relation que je crée avec mes enfants me permet d’éviter d’entrer bêtement dans des luttes de pouvoir dont personne ne sort gagnant. Parce que j’aspire à une ambiance plus posée, plus sereine. Parce que je ne veux pas être contre mes enfants, mais avec eux !

Enfin, parce que je crois en un monde meilleur. Parce que j’aspire à vivre dans une société dans laquelle chacun fait attention à l’autre, dans laquelle chacun écoute l’autre, sans l’agresser, sans le rabaisser. Et que la seule manière d’avancer vers ce monde-là, c’est que chacun d’entre nous offre un autre modèle à nos enfants.

Et le mettre en place

Si vous avez choisi l’une des deux premières options, il y a de fortes chances que vous ne soyez plus en train de me lire.

Si, en revanche, vous choisissez, comme moi, la 3è voie, vous devez probablement vous demander comment la mettre en place !

J’ai deux bonnes nouvelles pour vous :

1- vous prenez cette décision au bon moment ! Car nous sommes de plus en plus nombreux à suivre cette voie-là. Les ressources ne manquent donc pas.

2- notre cerveau est plastique. Ce qui signifie que ce que nous choisissons de faire, et la répétition va avoir un effet sur nos connexions. Nous pouvons réellement changer. Apprendre autre chose à notre cerveau !

De mon côté, j’ai beaucoup changé. Il faut dire que j’ai passé beaucoup de temps à en consulter, des ressources ! Cela m’a énormément aidée à évoluer. Mais je sais que tout le monde n’a pas autant de temps à y consacrer que ce que j’ai fait. Or, je vous l’ai dit, je rêve que le modèle change, partout ! J’ai donc à coeur de vous y aider, chacun d’entre vous.

Voilà pourquoi, afin de faciliter votre cheminement, j’ai conçu une formation, que j’ai appelée POINT DE RENCONTRE. Parce que POINT DE RENCONTRE vous aidera à avancer vers le point de rencontre de VOTRE famille !

Oh, ce n’est pas une baguette magique. Vous l’avez compris, rompre les schémas est une vraie démarche. C’est pourquoi le cheminement que je vous propose est conçu sur 7 mois. 7 mois pour peu à peu modifier notre manière de penser, d’appréhender la relation, d’écouter notre enfant.

Une maman, en train de terminer POINT DE RENCONTRE en ce moment, m’a récemment dit : “Je croyais que 7 mois, c’était long, mais c’est passé tellement vite ! J’ai envie de plus à présent !“. Ce qui est sûr, c’est qu’au bout de 7 mois, à coup sûr, vous ne serez plus la même personne.

Alors, ça vous tente ??

Dans mon prochain article, je vous parlerai justement de comment devenir un parent positif. Restez à l’écoute !

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La zone verte du cerveau qui dit oui

Rester dans un état qui nous permet de réagir comme nous aimerions le faire face à nos émotions, ce n’est pas toujours évident. Pour nos enfants, dont le cerveau n’a pas encore terminé sa maturation, ça l’est encore plus. Nous pouvons cependant les aider à développer les compétences qui les y aideront. Pour cela, il est utile de savoir ce qu’est le “cerveau du oui”..

Avez-vous déjà entendu cette expression ? Pour moi aussi, elle est nouvelle. Le cerveau du oui est présenté dans le livre “Le cerveau qui dit oui”, du Dr Daniel Siegel et Tina Payne Bryson.

Je n’en ai pas encore terminé la lecture, mais je trouve déjà intéressante leur présentation de la “zone verte”, qui illustre bien ce qu’il peut se passer face à une émotion forte.

Je vous ai donc fait une petite vidéo à ce sujet, la voici !

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La fenêtre d’acceptation : un concept de Thomas Gordon

Vous aussi, lorsque vous êtes devenus parents, vous avez peut-être remarqué que votre comportement avait changé. Vous avez eu l’impression de perdre en liberté, d’avoir une lourde responsabilité sur les épaules qui vous met une pression monstre et vous fait endosser un rôle qui ne correspond pas à ce que vous êtes réellement. Eh bien, selon Thomas Gordon, tout cela est une histoire d’acceptation et d’inacceptation. (voir Eduquer sans punir). Mais cette transformation n’est pas une fatalité. Il y a une autre voie possible. Et cela se fait en plusieurs étapes.

Accepter d’avoir des limites

Nous avons beau être devenus des parents, nous n’en restons pas moins des êtres humains. Et ce qui fait de nous des êtres humains, qu’est-ce que c’est ? Ce sont nos sentiments, nos émotions, nos pensées, nos caractères, tout un ensemble d’éléments qui nous confèrent une sensibilité plus ou moins importante.

Pour beaucoup d’entre nous, devenir parent signifie mettre de côté toutes ces choses pourtant naturelles pour devenir une sorte de sur-homme ou de sur-femme. Ne jamais faire d’erreur. Se sacrifier pour son enfant, toujours faire passer ses besoins avant les nôtres, quitte à en être malheureux. Rester tolérant, réceptif et plein d’amour quelles que soient les circonstances.

Et pourtant… En agissant ainsi, outre le fait que nous mettons en péril notre propre équilibre psychologique, nous perdons davantage en efficacité auprès d’eux que si nous restions vrais. Pensez-vous que nos enfants ont plus intérêt à grandir auprès de personnes qu’ils pensent infaillibles, ou qu’il est préférable pour eux de constater que tout le monde a ses faiblesses, et que par conséquent ils ont eux aussi le droit d’avoir des défauts sans pour autant se sentir jugés ou médiocres ?

Même si cela part d’une bonne intention, le fait de vouloir paraître toujours en contrôle traduit encore une fois une idée de supériorité du parent. Si nous voulons que nos enfants nous partagent leurs joies et leurs peines, nous fassent confiance et viennent à nous lorsque leur moral n’est pas au beau fixe, nous leur devons de rester authentiques. Ainsi, nos enfants savent qui nous sommes, vraiment.

La fenêtre d’acceptation

Une fois que nous acceptons le fait que nous avons nos limites, nous réalisons que celles-ci nous sont propres. C’est-à-dire que les autres parents n’ont pas nécessairement les mêmes que nous. Et c’est vrai également de notre conjoint…

Définition de la fenêtre d’acceptation

Voyons donc le schéma d’acceptation que propose Thomas Gordon, pour nous aider à comprendre comment être en phase avec nous-mêmes.

Le principe est simple : lorsque notre enfant se comporte d’une façon qui ne nous dérange pas, nous éprouvons de l’acceptation. Lorsque son comportement devient problématique de notre point de vue, nous basculons dans l’inacceptation.

 

Ainsi, si l’on considère un rectangle, appelé « fenêtre d’acceptation » , qui représente l’ensemble des comportements possible de notre enfant,

 

 

 

 

on peut le diviser ensuite en deux parties :

 

Un comportement se situant dans la zone d’acceptation pourrait par exemple être le fait que votre fils de quatre ans joue avec ses petites voitures à quelques mètres de vous pendant que vous repassez du linge. Si toutefois il passe plusieurs fois entre vos jambes manquant de vous faire chuter alors que vous avez le fer chaud dans les mains, son comportement devient inacceptable pour vous. La ligne qui sépare la zone d’acceptation de la zone d’inacceptation est plus ou moins basse selon le taux d’acceptation du parent.

Facteurs qui influencent les zones d’acceptation et d’inacceptation

Ce taux d’acceptation est influencé en partie par notre caractère : les personnes ouvertes d’esprit, tolérantes, en paix avec elles-mêmes et indépendantes dans leur façon de penser et d’être sont en général beaucoup plus capables d’une grande acceptation vis-à-vis des enfants, comme avec le reste des gens. En revanche, les personnes qui jugent facilement, ne paraissent jamais satisfaites, sont fermées et strictes et montrent très peu d’acceptation.

Il l’est également par celui de l’enfant. Certains enfants ont un caractère plus facile à accepter que d’autres. Il est donc normal de ne pas avoir le même degré d’acceptation à l’égard de tous nos enfants. Cette situation génère beaucoup de culpabilité chez les parents. On peut le comprendre. C’est difficilement acceptable. Mais c’est pourtant tout à fait légitime. Même si parfois inconscient : on l’enfouit car on en a honte. On peut manifester davantage d’acceptation pour une fille que pour un garçon, pour un enfant timide que pour un enfant aventurier et actif, etc. Je ne dis pas ici qu’il ne faut rien y faire. Il est toujours bon de s’en rendre compte et de chercher d’où vient ce décalage, pour progresser dans notre acceptation. Mais ne pas rester dans la culpabilité. La considérer comme d’habitude comme une bonne prise de conscience pour avancer.

Quelques règles à suivre, face à ces limites

Ne pas chercher à être constant

Nous avons tous globalement conscience de nos limites. Nous savons en général ce qui est acceptable ou non de notre point de vue. Et nous pensons souvent qu’une fois que notre limite a été enregistrée par nos enfants, nous ne pouvons plus la modifier. Pourtant, nos limites se déplacent avec notre humeur… Une chose  acceptable à un instant t peut nous rendre irritable après une journée éreintante. On l’a tous déjà expérimenté !

A l’inverse, vous m’avez comprise, quelque chose qui nous agace habituellement peut nous paraître finalement sans gravité un jour où nous sommes particulièrement de bonne humeur, que nous avons appris une bonne nouvelle, que nous sommes bien avec des amis, détendus…

Nous revenons ici à l’idée que pour rester bienveillants avec nos enfants, il est important de prendre d’abord soin de nous !

Car notre état, physique ou psychologique, influe sur votre perception de ce qu’il se passe autour de nous. D’ailleurs, c’est autant valable pour nous-mêmes que pour nos enfants.

Notre limite entre les zones dépendra également du lieu où nous nous trouvons. Un comportement acceptable chez nous ne l’est peut-être pas chez des amis…

Rester vrai en toute circonstance

Parfois, un comportement nous agace, mais on se sent coupable de ce sentiment. Alors, on l’accepte quand même. On a l’impression que le comportement de l’enfant ne devrait pas nous incommoder, on tente de se convaincre qu’il est acceptable. De la sorte, on n’est pas en accord avec nous-même. On ressent une certaine émotion négative mais notre attitude ne reflète pas ce qu’il se passe en nous.

De plus, on donne à l’enfant une image fausse de notre personnalité. Nous pensons qu’en tant que parent, notre rôle est de prendre sur nous afin de supporter nos enfants dans la plupart des situations pour leur apporter un soutien sans faille et un cadre solide. Nous estimons qu’il est de notre devoir d’oublier nos envies, de nous oublier nous-même pour être présent pour nos enfants. Thomas Gordon parle alors de « fausse acceptation ». A la longue, une frustration s’installe et on peut éprouver du ressentiment envers son enfant. (On retrouve ici l’idée déjà vue dans Parents respectueux, enfants respectueux que les parents ont aussi des besoins !)

Sans oublier le fait que les enfants sont très sensibles à une multitude de signaux non verbaux, et très doués pour décoder notre pensée réelle. Ce qui fait que d’une part ils comprennent parfaitement que nous désapprouvons, et d’autre part ils sont perdus car notre discours n’est pas en adéquation avec ce qu’ils ont évalué. Ils peuvent même finir par nous en vouloir de ne pas être sincère envers eux.

Si l’on culpabilise autant de démontrer de l’inacceptation, c’est principalement car la plupart du temps, on n’est pas armé pour communiquer cette inacceptation de façon respectueuse et efficace. On estime que faire part à l’enfant de notre ressenti le placera forcément dans une mauvaise situation où il se sentira fautif. C’est là qu’intervient le message-je, si cher à Thomas Gordon. (et qu’on retrouve en fait dans bien d’autres sources, telles que la communication non violente).

Avantage non négligeable : en restant vrai, on garde la connexion avec notre enfant. On est authentique, ce qui renforce notre lien. Or, ce lien est à la fois la fondation et l’aboutissement d’une relation parent/enfant harmonieuse !

Alors, prêt à vous exprimer clairement sur votre zone d’acceptation ?

 

Conférence – Eduquer sans punition ni récompense

Avril 2018 – San Juan, Puerto Rico

Pour mieux répondre à l’intérêt qu’a suscité la conférence sur les luttes de pouvoir, nous décidons d’organiser une deuxième conférence dans la foulée.

Encore une fois, mon thème préféré. Celui qui chamboule.

Dans cette conférence, j’explique aux parents la différence entre le contrôle externe et la motivation interne.

Nous discutons les effets que peuvent avoir les punitions et les récompenses sur les enfants. Pour certains parents, c’est la première fois qu’ils prennent de la distance par rapport à ces méthodes. La première fois qu’ils s’interrogent sur leur effet à long terme.

Je ne suis pas surprise. Nous ne sommes pas nombreux à remettre en cause ce qui nous semble évident. Il faut un déclic, un jour, pour nous ouvrir les yeux. Ce déclic peut avoir plusieurs formes. Ce peut être une conférence, oui, ou bien un livre, un(e) ami(e), une discussion…

Quoi que ce soit, je suis ravie de jouer ce rôle pour certains.

Le matin même de cette conférence, j’ai croisé une maman qui est venue me voir pour me dire que j’avais ouvert pour elle un monde nouveau.

Et j’ai bien l’intention de continuer à faire exactement cela !

Conférence – Comment éviter les luttes de pouvoir ?

Avril 2018 – San Juan, Puerto Rico

L’une des personnes présentes à mes conférences à l’alliance française m’a demandé d’en faire une dans le centre dont elle fait partie. Nous choisissons de commencer, là aussi, par les luttes de pouvoir.

Nul doute que ce thème touche beaucoup de familles : ce sont 25 mamans qui se présentent pour cette conférence /déjeuner.

Pour une bonne partie d’entre elles, c’est leur premier contact avec l’éducation positive.

Comme d’habitude, je diffuse mon message à travers ma propre expérience. Je vois bien que cela en inspire une bonne partie. Difficile cependant de ne pas résister à ce changement de posture que je leur propose.

“Cela est “bien joli” dans la théorie, mais ça ne marcherait pas chez moi…” pense une partie d’entre elles.

Je sais. Pas toujours facile de croire que notre famille en est également capable. Et pourtant, nous n’avons rien de plus que les autres. Si ça marche chez nous, ça marchera chez eux.

Cela fait peur, et il est bien naturel de se raccrocher à ce qu’on connait. Je n’ai pas d’inquiétude cependant. Je sais que cette conférence a planté des graines. Des graines d’autant plus solides qu’une partie de l’assistance est déjà plus avancée, et peut témoigner des effets observés avec leurs enfants !

De nouveau, mon rôle est d’aider à ouvrir un peu les consciences. Ensuite, chacun fera ce qu’il décidera, ce qui lui correspondra.

Conférence AF 3 : Eduquer sans punition ni récompense

Avril 2018 – San Juan, Puerto Rico

Voilà un thème que j’adore !

Pour cette 3ème conférence à l’alliance française de Puerto Rico, j’ai choisi d’entrer dans le vif du sujet. Je sais que cette conférence chamboule toujours un peu ceux qui l’écoutent, parce que ma présentation bouscule certains principes qu’ils ne remettaient pas en cause.

C’est une des raisons pour lesquelles j’adore cette présentation.

Pour moi, la parentalité positive commence par une prise de conscience. Cette prise de conscience ne va pas sans un certain inconfort à un moment donné. C’est cependant cette inconscience qui permet de s’ouvrir à autre chose.

Dans cette conférence, nous creusons donc les raisons derrière l’usage des punitions et des récompenses, ainsi que les raisons de s’en éloigner.

Puis, nous envisageons des alternatives.

Lorsque la conférence se termine, et que certains s’approchent de moi pour me remercier, je vois que les choses ont déjà commencé à changer en eux !

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La joie comme intention

La joie comme intention… ou comment l’ambiance familiale peut changer par un simple changement de priorité !

Il y a quelques semaines, je vous parlais de mon envie de mettre la joie en priorité dans ma famille.

Retour sur cette expérience, qui s’avère particulièrement efficace !

Vous pouvez télécharger le podcast (vous pouvez même vous abonner à la chaine des 6 doigts de la main sur iTunes), ou, si vous préférez, en lire la retranscription ci-dessous.

Bonjour !

Ici Coralie, du blog 6 doigts de la main, pour avancer ensemble sur le chemin de la parentalité positive.

Lors de mon dernier podcast, je vous parlais de la joie. Et je partageais avec vous le fait que j’avais envie de la mettre plus dans mes priorités au quotidien dans nos relations familiales.

Je m’étais en effet fait la réflexion qu’en avançant sur le chemin de la parentalité positive, j’avais réussi à apprendre comment être beaucoup moins en conflit avec mes enfants, j’avais réussi à leur apprendre également à être moins en conflit entre eux, et que l’ambiance à la maison en avait été changée. Et que malgré tout ça, j’avais envie d’aller plus loin, pour non seulement avoir des relations plus calmes, mais également plus joyeuses.

Et je vous avais promis de faire un retour là-dessus, et de vous dire comment ça s’était passé.
Alors voilà, c’est mon objectif aujourd’hui : quel a été l’impact de cette réflexion ? Ai-je réussi à fixer la joie comme priorité ?

En fait, c’est vraiment intéressant de voir à quel point un simple changement d’état d’esprit peut changer les choses. Je ne vais pas vous dire que depuis que j’ai décidé de me focaliser sur la joie, tout a changé.
Je ne vais pas vous dire que, du jour au lendemain, la joie a été omniprésente dans mon foyer. Non, tout n’a pas changé, ceci d’autant moins que je n’ai pas réussi à garder cette joie en tête tous les jours.

Cependant, les jours où elle était effectivement présente dans mon esprit, la dynamique a été différente. Alors, j’y ai réfléchi et j’ai cherché à l’analyser un peu. Comprendre ce que ça avait vraiment changé.

Déjà, noter très clairement la responsabilité qu’on a, nous, en tant que parents, sur l’ambiance familiale.
Bien sûr, les enfants en ont une également ; bien sûr, leur comportement a une influence ; mais notre façon de réagir à ce comportement peut également tout changer. J’en étais déjà persuadée, cependant, je vois que ça peut aller encore un cran plus loin avec cette idée de joie.
Parce que c’est, comme je l’ai dit au début, certains jours mon seul état d’esprit qui décide de se focaliser sur la joie qui fait que mon attitude est différente, et que l’ambiance est différente.
Parce que, oui, j’ai vu des ambiances différentes les jours où j’étais vraiment focalisée dessus.

Comment ça s’est traduit concrètement ?

D’abord,

le premier point,

il est très clair, c’est que j’ai choisi de me remplir de la joie que j’observais. C’est à dire que, au lieu de considérer que lorsque mes plus jeunes enfants exprimaient leur joie, c’était.. on va dire normal, et me comporter moi “comme si de rien n’était”, j’ai eu une démarche consciente de me remplir de leur joie, de rire avec eux, d’essayer de comprendre ce qui les enthousiasmait et de m’enthousiasmer avec eux.

Et ça, déjà, c’est fort, parce que ça m’a permis d’entretenir ma propre décision.

C’est à dire que, d’aborder les choses avec joie, et de trouver encore plus de joie en la puisant chez eux. Finalement, c’était eux qui remplissaient mon réservoir.

Ce premier point-là, je pense que tous les parents de jeunes enfants peuvent le vivre.

C’est moins évident chez les enfants plus grands, qui n’ont pas la même manière d’exprimer leur joie, cependant c’est quelque chose à chercher également, se réjouir de ce qu’ils partagent, au lieu de facilement considérer que ça a peu d’interêt.

Le deuxième point

est plus personnel, et j’imagine qu’il se déclinera différemment, selon les parents et le caractère de chacun. Parce que nous sommes tous des adultes différents, face à des enfants différents. Mais surtout des adultes différents. Et chez moi, il y a un grand besoin de contrôle. C’est d’ailleurs un thème que nous avons déjà abordé, lorsque nous avons parlé de comment notre personnalité influence celle de nos enfants, et que nous avions fait l’analyse de la carte dominante.

Alors, pour choisir la joie au dessus de ce besoin de contrôle, ça m’a demandé du lâcher-prise.
Le lâcher-prise, c’est sûrement plus facile pour certains parents que pour d’autres ! Et, dans la théorie, je sais que le lâcher-prise est important, je l’ai déjà mis en place à de multiples reprise, et j’y repense régulièrement. Mais cette fois, au lieu de choisir le lâcher-prise, j’ai choisi la joie, et le lâcher-prise est venu naturellement.

Etrangement, ça a été, du coup, beaucoup plus facile. Parce que, du coup, ce n’était plus un choix “négatif”, c’est à dire un choix de ne pas voir quelque chose, de ne pas prêter attention à un comportement qui m’aurait déplu, de ne pas me battre pour, comme lorsqu’on choisit ses batailles, ce qui est très important ; ca a été au contraire un choix positif.

Je choisis la joie.

Et évidemment, naturellement, ça veut dire que, lorsque mes enfants se sont levés de table pour montrer le dernier enchaînement de danse, avec la chanson qui va avec, qu’ils ont apprise pendant leur cours de sport, je n’ai pas eu besoin de m’imposer de ne pas réagir au lever de table pour ne pas me battre, j’ai savouré le partage de la chanson, le rire des autres, et effectivement, le fait de se lever de table à ce moment-là n’avait aucune importance !

Ca a été un lâcher-prise naturel. Ca ne veut pas dire que les règles ne doivent pas exister, ça ne veut pas dire qu’on ne va pas revenir dessus, mais ça veut dire que l’on choisit ses priorités. Je peux vous dire que chez nous, les diners où je suis arrivée avec une posture d joie ont été réellement différents !

Enfin,

le troisième point,

c’est que j’ai cherché à mon tour à créer de la joie. Et ça, oui, ça me demande encore un effort, parce que ce n’est pas mon caractère naturel forcément, mais il y a eu plusieurs moments où j’ai plus facilement basculé dans une parentalité que l’on qualifie de ludique, pour ceux qui connaissent, dans laquelle on prône le jeu avec l’enfant, non seulement pour se défaire de situations de conflit, ce que je faisais déjà, mais également en dehors de tout contexte, simplement comme moyen de connexion.

Alors, le jeu comme moyen de connexion, c’est quelque chose que, chez nous, on utilise beaucoup, de façon tranquille, encore une fois. C’est à dire que nous faisons beaucoup de jeux de société. Mais, cette fois, j’ai mis en place également du jeu plus vivant. Des jeux de chatouilles, des jeux de semi-bagarre, des moments où l’on danse, des choses qui ne me viennent pas forcément naturellement, mais qui permettent également de changer l’ambiance.

Et c’est drôle de voir à quel point c’est facilement suivi ! On commence avec un enfant, et puis ils s’y mettent tous. Et alors moi qui ai des enfants d’âges différents, puisque l’aîné a 15 ans, et le dernier 4, je peux vous dire que dans ces moments-là, les écarts d’âge s’effacent ! C’est assez magique.

Quelle est la leçon à retenir de tout ça ?

C’est le fait qu’on peut effectivement avoir une influence sur la façon dont les choses se passent par la simple posture dans laquelle on se met.

De nouveau, ce n’est pas une baguette magique, parce qu’il y a des jours où je suis plus stressée que d’autres, où je suis plus fatiguée que d’autres, et où la joie me viendra moins naturellement, mais le fait de l’avoir à l’esprit peut réellement changer les choses.

Et dans cette démarche, une astuce toute simple :

Avant de rentrer chez moi, j’y réfléchis. Je pose mon intention, dans les 2 minutes qui précèdent le moment ù je passe la porte. Je ne cherche pas à enchainer les choses, à être encore sur mon téléphone,etc. Non, pendant ces 2 minutes, je respire,  je souris, et je pose mon intention de joie. La suite en découle naturellement. Même si j’ai encore parfois besoin de m’y reconnecter.

Je ne peux donc que vous conseiller de faire la même chose. De réfléchir à la priorité pour vous, et, si c’est la joie, comme ça l’était pour moi ces dernières semaines, et, j’espère les prochaines semaines également, connectez-vous à cette intention avant de rentrer chez vous, et essayez de la garder présente. Et voyez la différence.

Si vous pensez que dans cette démarche, ce podcast peut aider d’autres parents, n’hésitez pas à le partager.
Et n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me dire comment la joie a pu être mise en place chez vous.

A bientôt !

 

 

 

 

La méthode traditionnelle : récompenses et punitions

Les adeptes de la parentalité positive, dont je fais partie, sont persuadés que la méthode traditionnelle d’éducation ne fonctionne pas. La “méthode traditionnelle”, cela veut dire le système de récompenses et punitions. Nous en avons déjà parlé ici, et cette idée n’est pas nouvelle pour vous.

L’objectif de cet article est de vous transmettre le point de vue de Thomas Gordon sur la question. Et pour cela, je m’inspirerai du deuxième chapitre de Eduquer sans punir. Une lecture qui vous encouragera à réfléchir de nouveau à cette méthode traditionnelle, pour vous aider à vous faire votre propre opinion.

Sur quels principes repose cette méthode traditionnelle d’éducation ?

Tous les parents qui appliquent cette méthode traditionnelle n’ont pas forcément réfléchi aux principes qu’elle véhicule. (C’est bien toute l’idée de l’avancée sur ce chemin, d’ailleurs ! Prendre conscience de tout ce qui se joue de manière inconsciente chez nous, ne serait-ce que parce que c’est le modèle que nous avons reçu !)  Deux d’entre eux sont cependant fondamentaux pour croire à cette méthode.

L’obéissance

Bien sûr, ce que cherche le parent qui use de la récompense et de la punition, c’est l’obéissance de son enfant ! Le parent maintient dans ce cas une relation purement verticale avec son enfant : lui est au dessus, et l’enfant, en dessous, doit obéir.

 

Il est difficile de penser autrement la relation adulte-enfant, puisqu’elle nous a été enseignée ainsi. De mon côté, je vous en ai déjà parlé, je ne cherche pas à avoir des enfants obéissants. Je préfère que mes enfants gardent un sens critique, qu’ils puissent décider d’obéir ou non en fonction d’une certaine fidélité à leurs valeurs. Ce qui ne m’empêche pas de leur demander de la coopération ! Mais j’essaye de faire en sorte que ce soit bien des demandes, et non  des exigences (merci M Rosenberg), même si j’admets volontiers que c’est parfois frustrant !!

 

Ce principe d’obéissance est pourtant souvent pensé pour le bien de l’enfant. Car, après tout, c’est un modèle auquel il faudra bien qu’il se plie dans le monde extérieur ! La relation parent-enfant n’est pas la seule relation d’obéissance à laquelle nous sommes exposés dans notre vie. On peut encore évoquer la relation au professeur ou autre personnel de l’école (qui peut parfois être effrayante), l’obéissance à son supérieur dans l’entreprise, au dirigeant d’un pays, à son mari lorsqu’on est une femme…. Ah.. Certains de ces modèles évoluent quand même !

J’ai donc confiance en l’évolution de la société, vers des relations plus respectueuses, pas seulement entre femme et époux, mais également entre adultes et enfants ! Mais je m’égare et dépasse ici les propos de Thomas Gordon. Revenons à nos moutons.

 

Le jugement

Dans la mesure où l’adulte va agir pour modifier le comportement de l’enfant, c’est qu’il considère que son jugement sur le comportement de l’enfant est le bon. Nous sommes toujours dans un modèle de relation verticale, dans laquelle l’adulte est considéré supérieur à l’enfant, et en particulier plus compétent, et meilleur juge.

Quoi qu’il en soit, il faut donc que l’adulte, que l’on peut également qualifier ici de “contrôleur” juge le comportement de l’enfant afin de décider comment le corriger.

 

On peut s’interroger -je prends de nouveau des licences- sur l’objectivité de ce jugement. Puisqu’un jugement sur l’autre dépend de notre propre jeu de valeurs. Est-on en droit de l’imposer à l’autre ? Ce qui est sûr, c’est qu’on touche de nouveau bien à la différence entre l’obéissance et la morale, la première correspondant au fait de faire ce que l’on nous demande, que cela soit bon ou non, la deuxième à faire ce qui est bon, que cela soit ce que l’on nous demande ou non…

Gordon soulève en tout cas l’idée que ce jugement est fréquemment fait par rapport à nos propres intérêts. Il cite l’exemple parlant d’un professeur qui exclue un élève de la classe parce qu’il perturbe celle-ci. Et en effet, cela gène en particulier le professeur qui aimerait ne pas être interrompu.

 

Cet exemple fait d’ailleurs écho chez moi à une anecdote vécue, lorsque j’ai commencé à appliquer chez moi les principes de ma formation de  discipline positive en classe. Lorsque nous cherchions avec ma fille et son camarade des méthodes pour faire en sorte que nos cours de français soient moins interrompus par leurs histoires, le camarade propose de donner une récompense à celui qui interrompra le moins. Ainsi, quand un professeur (en l’occurence moi) lui demande quelques chose, il ne s’y trompe pas : il considère que c’est dans le seul interêt du professeur qui est donc responsable de trouver une autre motivation pour ses élèves. Ma réponse l’a pris par surprise. Je lui ai en effet expliqué ma perspective. Que j’aimerais que sa raison pour ne pas interrompre ne soit pas une récompense, mais bien de participer à un cours plus agréable pour tous. Et c’est effectivement ce qui s’est finalement passé ! Comme quoi, cela vaut la peine d’avoir confiance

 

Est-ce plus facile ?

Avertissement : ce paragraphe est une réflexion toute personnelle, et non une retranscription de ce que dit Gordon.

D’une certaine manière, je comprends bien que tout est plus facile lorsque l’enfant obéit ! Ou, du moins, que cela serait plus facile si l’enfant obéissait tout le temps. Parce qu’alors, il nous suffirait de lui indiquer ce qu’il a à faire, et nous n’aurions pas à nous battre pour que cela se fasse ! Etre parent est un travail épuisant, et nous aimerions bien que nos enfants nous le simplifient parfois… Finalement, notre jugement sur cette nécessité d’obéissance correspond bien à un jugement par rapport à nos propres intérêts. Bien vu.

Seulement, j’y vois deux problèmes majeurs.

  1. De toute façon, nos enfants n’obéissent pas systématiquement. Jamais. Ce n’est donc pas plus facile. Et je crois même plus difficile de se raccrocher à ce modèle qui voudrait qu’ils obéissent. Car nous ne cessons alors de nous heurter à des situations ressenties comme des échecs, et pour nous, et pour eux.
  2. Au passage, nous ne développons absolument pas les qualités que nous aimerions voir plus tard chez nos enfants. Ni l’autonomie, ni la prise de décision, ni le sens critique, ni la confiance en eux… Si tout ceci ne vous apparait pas clairement, je vous encourage à passer un moment à concevoir votre plan de route parental !

Que faut-il pour que cette méthode fonctionne ?

Le pouvoir du contrôleur

La base de tout ce système, c’est le pouvoir du contrôleur. Dans ce chapitre, le pouvoir est au coeur du discours. En effet, pour que le contrôleur puisse mettre en place la carotte et le bâton, ces motivations externes à adopter un certain comportement, encore faut-il qu’il ait un pouvoir sur l’enfant.

Et ce pouvoir découle du fait qu’il ait les moyens de satisfaire ou d’empêcher les besoin s de l’enfant.

Nous sommes dans une logique de contrôle externe pur, ne laissant pas de place au contrôle interne. Et ce contrôle externe n’est rendu possible que par la position de l’adulte. C’est lui qui a effectivement à sa disposition les moyens physiques de satisfaire l’enfant, ou non.

L’impact sur la relation

Ainsi, l’interêt du contrôleur est de garder l’enfant dans une position qui permet à l’adulte de garder les rênes. (Tiens, nous filons la métaphore de la carotte et du bâton !)
Ce qui aura pour résultat “une relation de dépendance et de crainte”. L’enfant attend en effet au quotidien le jugement et le bon vouloir de l’adulte…

Je pense que l’on peut rapprocher ce commentaire de ce que dit Jane Nelsen de la punition. Dans La discipline positive en effet, Jane Nelsen présente ce qu’elle nomme les “4 R de la punition” : Rancoeur, Revanche, Rébellion, Retrait.

Dans tous les cas, on se retrouve dans une relation qui est loin de répondre à ce besoin de connexion que nous avons déjà évoqué. Fondamentale dans une relation harmonieuse, la connexion est ce qui nous permettra d’espérer la coopération de notre enfant.

Les méthodes traditionnelles de récompenses et punitions sont donc de nouveau un frein à cette coopération

 

Grosse surprise quand l’enfant grandit…

Autre problème de ces méthodes : l’écart entre les moyens de l’adulte et ceux de l’enfant se résorbe au fur et à mesure que celui-ci grandit. Ainsi, l’adulte perd peu à peu son pouvoir sur les besoins de son enfant, et, par effet immédiat, il perd le contrôle !

Et nous voilà avec des parents qui ne comprennent plus leur adolescent…
Quand il était petit, il était si mignon… et maintenant, il n’écoute plus rien !!!

Je reprendrai ici simplement les mots de Gordon : “Comme ils ne peuvent plus contrôler leur enfant, comme ils n’ont jamais appris à l’influencer, ils se sentent impuissants.”

Un mot sur les conséquences

Je noterai sobrement le fait que Gordon écarte ici également toute forme de conséquence, qu’il considère être souvent assimilable à une punition. J’ai besoin de réfléchir et formuler encore les arguments qu’il formule ici. Car je suis convaincue qu’il y a une vraie différence entre la punition et la conséquence.

Mais je sais aussi que c’est une compétence qu’il est difficile de maîtriser. Nous avons d’ailleurs déjà soulevé la nécessité de chercher à avancer vers la recherche de solutions plutôt que vers les conséquences.

Je crois qu’une grande part de la différence tient également à notre posture, notre communication, notre intention en fait. Et cette intention n’est pas toujours évidente à identifier. Je trouve ainsi régulièrement des exemples de situations identiques qui pourraient tout aussi bien être interprétées comme une punition, ou comme une conséquence, selon la manière dont la communication est menée.

Je reviendrai donc sur ce thème.

Comment changer notre posture ?

Rome ne s’est pas faite en un jour, et nous aurons besoin d’abord de faire preuve de bienveillance envers nous-mêmes tandis que nous cherchons à avancer sur ce chemin de parentalité positive.

Pour commencer cependant, je vous propose les étapes suivantes, au rythme de questions à vous poser à vous-mêmes.

Pour prendre de la distance par rapport au jugement du contrôleur

  • Suis-je en train de juger l’autre ?
  • Quelqu’un d’autre que moi poserait-il le même regard ?
  • Puis-je trouver la raison positive qu’a la personne que je juge pour agir ainsi ?

Par rapport à notre schéma de pensée

  • Quelles sont, selon-vous, les raisons qui poussent les parents à rester dans ce schéma traditionnel ?
  • Quels en sont les avantages et les inconvénients  ?

Enfin, pour conclure, et malgré la longueur de cet article que je pensais au départ plus court, il me reste à vous indiquer que les chapitres suivants du livre reviendront en détail sur chacune de ces méthodes. Gordon y expliquera pourquoi, selon lui, les récompenses sont inefficaces, puis pourquoi les punitions sont inefficaces.

N’oubliez pas, avant de partir, de laisser en commentaire vos réponses aux questions ci-dessus !

 

Remplir le réservoir d’amour, une priorité !

Remplir le “réservoir d’amour“… Connaissez-vous ce concept de réservoir d’amour ? Parfois qualifié de réservoir affectif, il désigne en quelque sorte le niveau de notre bien-être affectif. De l’interêt de l’avoir au plus haut !

Mais… “réservoir d’amour”… en voilà une expression naïve !
Dois-je vraiment utiliser ces mots ridicules ? Se demandent certains, à qui l’idée que tout ce qui est fleur bleue est ridicule a été inculquée depuis le plus jeune âge…

Ma foi, c’est comme vous voulez. Cependant, lisez avant de décider.

J’ai quand même deux arguments :

  1. Je n’ai pas vraiment trouvé d’expression plus claire (et surtout c’est celle qui est communément admise dans la littérature, alors c’est quand même plus simple pour se comprendre quand on parle tous le même langage ! )
  2. Quitte à ne pas utiliser les mots, il n’est pas interdit de se familiariser avec le concept !

Chez nous, même mon mari – un des plus anti-fleur-bleue que je connaisse – s’y est mis. Parce que finalement, ça reflète bien une réalité !

Qu’est-ce que ce réservoir d’amour ??

Le réservoir d’amour, c’est une métaphore, bien sûr.

Cela permet de mettre des mots sur le fait que nous avons tous besoin d’amour pour avancer.

Ainsi, l’idée est la suivante : imaginons que nous ayons tous un réservoir. Pour nous sentir bien, le réservoir doit être plein. Ou en tout cas pas vide.

Or, beaucoup des interactions que nous aurons au long de la journée peuvent avoir une influence sur le niveau de ce réservoir.

Lorsque nous passons du temps avec un ami, le niveau augmente.
Lorsque notre amoureux nous prend la main, le niveau augmente.
Lorsque le voisin nous agresse, le niveau baisse.
Lorsque nous avons honte, le niveau baisse.
Lorsque notre enfant nous sourit, il monte.

Je pense que vous avez compris le principe, n’est-ce pas ?

Pourquoi avons-nous besoin que ce réservoir d’amour soit plein ?

Cela rejoint une phrase du Dr Ginott, que je vous ai déjà citée plusieurs fois, et à laquelle il est bon de revenir régulièrement :

Pour se comporter bien, il faut se sentir bien.

Et oui, quand on le voit ainsi, ça semble évident. Nous sommes tous familiers avec cette idée. Nous avons tous expérimenté le fait que les jours où nous sommes stressés, fatigués, les jours où nous sommes contrariés, où les choses ne se passent pas comme prévu, nous sommes moins agréables avec notre entourage !

Lorsque nous nous sommes disputés avec le voisin (visiblement, j’ai quelque chose contre ce voisin… ne le lui dites pas ! Ou plutôt si, ça lui ferait peut-être du bien de l’entendre ! Bref.) Lorsque nous nous sommes disputés avec le voisin, donc, disais-je, nous sommes moins patients avec les enfants, pas vrai ?
Et bien, figurez-vous que c’est pareil pour tout le monde, y compris les enfants !!

Alors, face à un comportement désagréable de notre enfant, la manière la plus efficace de réagir, c’est de… remplir son réservoir d’amour !!

Vous pensez que cette idée n’est que théorique ?

Je vais vous raconter ce qui m’a inspiré cet article, et vous laisser juge…

Cette semaine, je n’étais pas chez moi, mais en déplacement. C’est donc mon mari qui s’est occupé seul d’eux le soir. Et, même en essayant de rentrer plus tôt que d’habitude, il ne rentre pas souvent plus tôt que ce que je fais quand je suis présente.

Un soir, je reçois le message suivant :
“Soirée difficile, mais tout bien terminé. Léon, après plusieurs épisodes en partant fâché et pleurant dans sa chambre m’a dit, avec des larmes : “mon réservoir d’amour est vraiment vide, et ça me fait mal !”. Alors, après, on a rempli les réservoirs des deux petits, puis lu des histoires et ça allait beaucoup mieux !”

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A quelle fréquence doit-on remplir ce réservoir ?

Il est impossible de donner une règle générale. Impossible. Parce que cela dépend de beaucoup de facteurs !

  • La confiance en soi, par exemple, influe beaucoup : plus on se sent bien dans ses propres baskets, moins les contrariétés auront un impact sur notre réservoir.
  • La fatigue influe aussi : comme elle joue sur notre humeur, elle nous rendra plus sensibles aux difficultés.
  • L’entourage, évidemment !! Plus nous évoluons dans un environnement bienveillant, plus il nous est facile de maintenir le niveau de notre réservoir ! En un sens, il est re-rempli en permanence…

Dans tous les cas, le point important à retenir, c’est que les enfants ont un réservoir plus petit que les adultes. Donc, il faudra le re-remplir plus régulièrement. Car les enfants ont une plus grande sensibilité que les adultes. Ils se font plus facilement envahir par les émotions (positives autant que négatives, même si nous nous focalisons souvent plus sur les négatives). Cela est lié au fait que leur cerveau n’a pas fini sa maturité…

Note : Vous pouvez voir cette petite bande dessinée pour garder en tête cette image du réservoir des petits qui est plus petit.

Un pré-requis fondamental

Et je reviens cette fois sur une idée importante. Pour pouvoir prendre soin des autres, il faut d’abord prendre soin de soi-même.

J’ai vu en effet trop de mères conscientes de ce qu’il manquait à leur enfant, mais incapables de le leur offrir. Et, comme elles, je me retrouve également dans cette situation parfois. (Vous vous rappelez que j’avais expliqué à mon fils que je n’étais pas un super-héros ?)

Alors, cela vaut la peine de le répéter : prendre soin de soi n’est pas égoïste ! C’est plutôt la meilleure chance d’offrir à notre famille une mère (ou un père !) capable de faire face aux difficultés qui se présenteront inévitablement.

Effet secondaire : le développement de l’empathie !

Une fois que la notion du réservoir est passée chez nos enfants, ils sont prompts à la comprendre. Et à comprendre qu’elle s’applique également aux autres.

Et c’est une bonne manière d’être sensible à l’autre, de l’écouter, de le comprendre. En somme, de développer cette empathie qui change tout à notre manière d’avancer dans la vie !

Encore une illustration ? Pas de problème, je l’ai dans ma besace.

Un soir, Léon (6 ans) estime que je suis trop difficile avec lui. (A tort ou à raison ? On est rarement bon juge de soi-même… J’essayais de bien faire, mais il est vrai que j’étais fatiguée) Il pleure, et pleure encore.
Au bout d’un moment, je lui dis, alors qu’il pleure sur le canapé : “Je n’ai plus l’energie de ca. Moi aussi, j’ai besoin qu’on remplisse mon réservoir d’amour…
– Ah, ben il fallait le dire !” me répond-il, en s’arrêtant de pleurer ! Et il vient immédiatement me faire un gros câlin…

Ca a eu l’effet désiré : nous nous sommes tous les deux sentis mieux !

Et dans la pratique, comment fait-on pour remplir ce réservoir ?

Bonne nouvelle : j’ai des idées à vous proposer !

Remplir le réservoir est un travail permanent. Car la meilleure méthode pour le remplir, c’est de ne pas le laisser se vider !

Voici donc les idées que l’on qualifiera de préventives

  • Passer des “moments particuliers” avec notre enfant ! Sans doute le plus efficace de tout ce que je pourrais vous lister ici…
  • Ecouter notre enfant. Ce qui signifie écouter ce qu’il a à dire, sans essayer de le convaincre que le problème qu’il a n’est pas, sans le juger, sans chercher à lui offrir des solutions toutes faites, juste l’écouter.
  • Le laisser exprimer ses sentiments. Parce que c’est ainsi qu’il se sentira compris, et respecté.
  • Les jeux de société. Cela dépend probablement des goûts de chaque famille. Chez nous, les jeux de société sont très présents, et je sais qu’ils nous aident au quotidien. Parce qu’à travers eux, nous passons des moments agréables. Des moments de partage qui ne sont pas teintés d’obligations (type prendre le bain…)
  • Faire attention aux messages qui nous lui transmettons : insister, lorsqu’il fait une erreur, sur le fait que l’on a confiance en lui pour apprendre. Et éliminer les punitions !!

Sans oublier les idées réactives

Au moment où l’on sent que l’enfant a du mal à faire face, on peut encore infléchir les choses.

  • Le moment particulier est encore un bon outil ! Lorsque nos deux plus jeunes se disputent à répétition, nous en prenons un chacun, et nous isolons pour un moment particulier impromptu ! En général, ça fonctionne bien.
  • Dans tous les cas, il faut (encore une fois) recevoir l’émotion. Mettre les mots dessus aidera l’enfant à se connecter à nous, à se sentir entendu, et le soulagera immanquablement.
  • (En fait, tout ce qui est listé ci-dessus peut également servir dans le feu de l’action !)
  • La tendresse bien sûr ! Les câlins sont chez nous la meilleure manière de remplir le réservoir lorsqu’il est vide. Passer le message d’amour dans les moments difficiles est le meilleur moyen d’atteindre l’autre. C’est pourquoi d’ailleurs le câlin est le choix favori d’Anatole sur notre roue des options. Et parfois, un simple geste suffit à se reconnecter, et ouvrir la communication.
  • Le rire… Ce n’est pas toujours évident de trouver en nous l’énergie de réagir différemment. (et je re-soulèverais bien le fait de prendre soin de nous-mêmes… mais vous l’avez compris, je crois !). Pourtant, si l’on décide de changer l’humeur, de surprendre, la dynamique peut changer du tout au tout !
  • Dans la continuité du point précédent, la parentalité ludique apporte bien des options autres. (Je n’ai malheureusement pas encore pris le temps d’écrire à ce sujet, mais vous trouverez des inspiration chez mon amie Gwen via ses petits bouts du livre de Lawrence Cohen…). Chez nous, ce ne sont pas les chatouilles qui l’emportent, mais je n’hésite pas à entrer dans l’univers de mon fils et de ses voitures, les emmenant se laver les dents, par exemple !
  • Lire une histoire. Pour les plus jeunes, comme les moins jeunes, se poser pour une histoire est une bonne idée : cela mélange le temps partagé, le temps calme, et la proximité physique. Si l’enfant est un peu âgé pour un câlin, lire un chapitre l’un à côté de l’autre est une bonne alternative !! C’est l’une des activités favorites de ma fille de 11 ans, et partie intégrante de nos moments particuliers

 

Voilà, je suis persuadée que ces listes non exhaustives vous auront donné des pistes intéressantes…

J’ai hâte de savoir ce que cet article va changer chez vous, et quelles sont les idées que vous pouvez me proposer pour enrichir cette liste !