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Quand on devient parent, pas facile de savoir comment réagir face aux comportements de nos enfants. D’autant qu’on ne ressent pas toujours les mêmes choses face aux mêmes comportements… Vous avez déjà remarqué ça ? Thomas Gordon (un des auteurs phares de la parentalité positive) propose une image très simple de la chose, à travers son concept de « fenêtre d’acceptation ». Cette fenêtre nous permet de simplement faire un pas en arrière et prendre conscience (et la responsabilité) de ce qui se passe avec notre enfant, puis, surtout, d’adapter notre communication. Ça vous dit d’en savoir plus ? C’est parti.

Accepter l’imperfection

Nous avons beau être devenus des parents, nous n’en restons pas moins des êtres humains.
Avec nos sentiments, nos émotions, nos pensées, nos caractères, notre sensibilité… nos limites aussi !

Pour beaucoup d’entre nous, devenir parent signifie mettre de côté toutes ces choses pourtant naturelles pour devenir une sorte de super-héros.
Ne jamais faire d’erreur. Etre un parent parfait.
Se sacrifier pour son enfant, toujours faire passer ses besoins avant les nôtres, quitte à en être frustré. Rester tolérants, réceptifs et pleins d’amour quelles que soient les circonstances.

Et pourtant… En agissant ainsi, outre le fait que nous mettons en péril notre propre équilibre psychologique, nous perdons davantage en efficacité auprès d’eux que si nous restions vrais.
Pensez-vous que nos enfants ont plus intérêt à grandir auprès de personnes qu’ils pensent infaillibles, ou qu’il est préférable pour eux de constater que tout le monde a ses faiblesses, et que par conséquent ils ont eux aussi le droit de faire des erreurs sans pour autant se sentir jugés ou médiocres ?

Même si cela part d’une bonne intention, le fait de vouloir paraître toujours en contrôle traduit finalement une idée de supériorité du parent.
Si nous voulons que nos enfants nous partagent leurs joies et leurs peines, en nous faisant confiance, nous leur devons de rester authentiques.
Ainsi, nos enfants sauront qui nous sommes, vraiment.

La fenêtre d’acceptation de Thomas Gordon

Une fois que nous acceptons le fait que nous avons nos limites, nous réalisons que celles-ci nous sont propres.
C’est-à-dire que les autres parents n’ont pas nécessairement les mêmes que nous. Et c’est vrai également de notre conjoint…

Définition de la fenêtre d’acceptation

Voyons donc le schéma d’acceptation que propose Thomas Gordon, pour nous aider à comprendre comment être en phase avec nous-mêmes.

Le principe est simple : lorsque notre enfant se comporte d’une façon qui ne nous dérange pas, nous éprouvons de l’acceptation. Lorsque son comportement devient problématique de notre point de vue, nous basculons dans l’inacceptation.

Ainsi, si l’on considère un rectangle, appelé « fenêtre d’acceptation » , qui représente l’ensemble des comportements possible de notre enfant,

on peut le diviser ensuite en deux parties :

Un comportement se situant dans la zone d’acceptation pourrait par exemple être le fait que votre fils de quatre ans joue avec ses petites voitures à quelques mètres de vous pendant que vous repassez du linge.
Si toutefois il passe plusieurs fois entre vos jambes manquant de vous faire chuter alors que vous avez le fer chaud dans les mains, son comportement devient inacceptable pour vous.

La ligne qui sépare la zone d’acceptation de la zone d’inacceptation est plus ou moins basse selon le taux d’acceptation du parent.

Note : En fait, on peut aller plus loin dans ce concept de la fenêtre d’acceptation, puisque Thomas Gordon parle aussi de la zone dans laquelle la situation est inacceptable pour l’enfant, alors qu’elle l’est pour nous. Je ferai à ce sujet un autre article, car je ne voudrais pas vous perdre…

Facteurs qui influencent les zones d’acceptation et d’inacceptation

Notre caractère et/ou nos croyances

Ce taux d’acceptation est influencé en partie par notre caractère : les personnes ouvertes d’esprit, tolérantes, en paix avec elles-mêmes et indépendantes dans leur façon de penser et d’être sont en général capables d’une plus grande acceptation vis-à-vis des enfants, comme avec le reste des gens.
A l’inverse, les personnes qui jugent facilement, ne paraissent jamais satisfaites, sont fermées et strictes et montrent très peu d’acceptation.

Précisons cependant que l’on peut être tout à fait ouvert et tolérant et avoir quand même une zone d’acceptation face aux enfants réduites, simplement parce que cela correspond à nos croyances !
Vous savez, tous ces principes que l’on nous a répétés à nous, quand on grandissait, et qui sont encore communément admis :
« Un enfant ne devrait pas…. » , « C’est un caprice… »… tous ces principes de l’éducation traditionnelle qui ont pénétré nos propres modes de pensées, qui créent encore des connexions entre nos neurones.
Cela demande du temps d’évoluer dans nos croyances pour évoluer dans nos méthodes éducatives ! Il est naturel que notre manière d’éduquer dépende de ce que nous avons nous-mêmes reçu…
Bref.

Le caractère de l’enfant

Les zones de notre fenêtre d’acceptation dépendent aussi du caractère de l’enfant.
Car l’usure est un facteur fort de l’acceptation ou de l’inacceptation !
Certains enfants ont un caractère plus facile à accepter (pour nous) que d’autres. C’est un fait.
C’est marrant d’ailleurs de constater que

  1. ce qui est difficile à accepter pour nous n’est pas toujours la même chose que ce qui est difficile pour l’autre
  2. les enfants considérés « difficiles » ont parfois des qualités et compétences qui leur seront bien plus utiles à long terme !

En tout cas, il est normal de ne pas avoir le même degré d’acceptation à l’égard de tous nos enfants.
On peut comprendre que certains parents s’en sentent coupables, mais c’est pourtant tout à fait légitime.
En fonction de notre histoire, de nos valeurs, de nos blessures, de nos valeurs, on réagit à des choses différentes.
Ah.. et puis on cherche souvent plus de simplicité au quotidien !
Parfois je me dis : « Ce serait plus simple parfois d’avoir des enfants qui juste obéissent sans commenter ! ». Pourtant, je sais bien que l’obéissance n’est pas une qualité que je cherche à développer chez eux..

Parfois, notre acceptation variable est inconsciente : on l’enfouit car on en a honte.
On peut par exemple manifester davantage d’acceptation pour un enfant timide que pour un enfant aventurier et actif,  pour un enfant curieux que pour un distrait, etc…
Je ne dis pas ici qu’il ne faut rien y faire. Il est toujours bon de s’en rendre compte et de chercher d’où vient ce décalage, pour progresser dans notre acceptation. Mais ne pas rester dans la culpabilité. La considérer comme d’habitude comme une bonne prise de conscience pour avancer.

Notre état d’énergie

Nous avons globalement conscience de nos limites, ou de nos principes. Nous savons ce qui est acceptable ou non de notre point de vue.
Et nous pensons souvent que cette limite est fixe.
Pourtant, nos limites se déplacent avec notre humeur…
Une chose  acceptable à un instant t peut nous rendre irritable après une journée éreintante. On l’a tous déjà expérimenté !

A l’inverse, vous m’avez comprise, quelque chose qui nous agace habituellement peut nous paraître finalement sans gravité un jour où nous sommes particulièrement de bonne humeur, que nous avons appris une bonne nouvelle, que nous sommes bien avec des amis, détendus…

Encore une fois, pour bien éduquer nos enfants, il faut prendre d’abord soin de nous !

Car notre état, physique ou psychologique, influe sur notre perception de ce qu’il se passe autour de nous. D’ailleurs, c’est autant valable pour nous-mêmes que pour nos enfants.

Le contexte

Enfin, notre limite entre les zones dépendra également du lieu où nous nous trouvons.
Un comportement acceptable chez nous ne l’est peut-être pas chez des amis…

Regard des autres, bonjour !

Rester vrai en toute circonstance

La « fausse acceptation »

Parfois, un comportement nous agace, mais on se sent coupable de ce sentiment. Alors, on l’accepte quand même.
On a l’impression que le comportement de l’enfant ne devrait pas nous incommoder, on tente de se convaincre qu’il est acceptable.
De la sorte, on n’est pas en accord avec nous-même. On ressent une certaine émotion négative mais notre attitude ne reflète pas ce qu’il se passe en nous.
(Ou du moins le croit-on… car il est fréquent que notre attitude non-verbale le montre !)
On bouge alors faussement la limite des zones de notre fenêtre d’acceptation, et Thomas Gordon parle de « fausse acceptation ».

Le problème vient, je crois, du fait que l’on croit qu’avoir une attitude bienveillante signifie accepter l’enfant tel qu’il est, et on oublie de respecter nos propres limites.
D’un côté, c’est normal : on a grandi dans une société autoritaire, donc votre coach parental a plutôt insisté sur l’écoute de l’enfant, sur le fait d’accueillir avec bienveillance ce qu’il vit. Et il a eu raison !! C’est fondamental pour commencer : aller enfin à la rencontre de notre enfant !
Thomas Gordon parle par exemple beaucoup d’écoute active, et c’est effectivement une bonne manière d’instaurer des relations positives.
Pourtant, culpabiliser les parents qui ne sont pas toujours dans l’acceptation de leur enfant est contre-productif. Parce que ce n’est pas la réalité. On peut aimer inconditionnellement, mais pas tout accepter avec calme…
(ah.. le calme en toute circonstance… j’appelle ça « Le mythe du parent zen ».)
L’approche empathique est une chose. S’oublier soi-même au risque de basculer dans la permissivité en est une autre…

Lorsque l’on tombe dans cette « fausse acceptation », dont parle Thomas Gordon, il se passe deux choses :

1- A la longue, une frustration s’installe et on peut éprouver du ressentiment envers son enfant. (On retrouve ici l’idée déjà vue dans Parents respectueux, enfants respectueux que les parents ont aussi des besoins !)

2- Nos enfants, très sensibles à une multitude de signaux non verbaux, et très doués pour décoder notre pensée réelle, reçoivent un message mixte. Ils peuvent même finir par nous en vouloir de ne pas être sincères envers eux.

Thomas Gordon suggère de savoir se situer sur la fenêtre d’acceptation

Pour sortir de cette « fausse acceptation », la première étape essentielle est évidemment de savoir vous situer sur cette fenêtre d’acceptation !

Soyez clairs avec VOTRE fenêtre d’acceptation : soit le comportement est dans VOTRE zone d’acceptation, soit il ne l’est pas. (oui, je mets « VOTRE » en majuscules, pour insister sur le fait qu’elle vous est propre, ça aidera quand je vous parlerai, juste un peu plus bas, de prendre sa responsabilité !)

Oui, il vous appartient de clarifier comment vous vous sentez, ce qui vous manque, ce à quoi vous aspirez, afin d’adopter, pour vous et votre enfant, un cadre bienveillant.
(Et c’est comme ça que le chemin de la parentalité positive devient un chemin de développement personnel… mais c’est une autre histoire !)

La place de la communication

Pourquoi est-ce si difficile parfois de poser des limites ? Parce qu’on ne sait pas toujours le faire de manière bienveillante.

Je ne vais pas vous faire ici une formation de communication. Bien communiquer est vraiment un art qui s’apprend, et j’en ai de nouvelles preuves tous les jours, autant par mes succès qu’avec mes échecs.

Notre manière de communiquer, telle qu’on l’a apprise de nos parents autoritaires, est souvent décourageante. En la reproduisant, on craint de tomber dans une certaine violence éducative, et il devient parfois plus simple de « simplement » devenir permissif… C’est vrai que c’est compliqué !

Ici, je vais vous parler quand même d’un outil précieux, un premier vrai pas vers une communication non-violente :

Le message JE

Quand on a des limites à poser, qu’on sent qu’on se situe dans la zone d’inacceptation de notre fenêtre d’acceptation, Thomas Gordon nous suggère d’utiliser le « Message JE ».

Le message JE, c’est l’idée de commencer notre phrase par « JE », tout simplement.

Pourquoi ? Parce que ça nous permet de prendre la responsabilité de ce qu’on veut dire. Et ça, c’est la clef pour ne pas diminuer notre enfant, justement, donc pour rester dans le respect de l’autre, prôné par l’éducation positive. Quel exemple, lorsqu’on y parvient !

Exemples :
Au lieu de « Tu m’agaces avec ton jeu bruyant ! », on dira plutôt : « J’ai du mal avec le bruit : ce jeu-là, c’est dehors. »
Au lieu de : « C’est fini, le pain ! Tu as vu tout ce que tu as mangé ! », on essayera de dire : « Je pense que ça fait assez de pain pour ce soir, on peut passer à autre chose. »

Le lien à travers l’authenticité

Enfin, avantage non négligeable : en restant vrai, on garde la connexion avec notre enfant. On est authentique, ce qui renforce le lien.

Or, ce lien est à la fois la fondation et l’aboutissement d’une relation parent-enfant harmonieuse  (et la clef d’une vraie coopération…) !

Alors, prêts à vous exprimer clairement sur votre zone d’acceptation ?

Alors que les livres sur la parentalité fleurissent, on me demande souvent des conseils de lecture, en commençant par la question-clef : quel est le livre qui a changé ma vie de parent ?
Ah… ce serait pratique d’avoir une réponse très claire à cette question ! Que je puisse vous sortir de mon chapeau l’ouvrage qui va tout changer.
Seulement voilà… les livres, j’adore ça ! Et j’en ai lu… beaucoup !!
Comment savoir l’impact qu’aurait eu un seul d’entre eux ? Impossible.
Le livre à lire dépend de la personne, de son stade de maturité, de ce dont elle a besoin. Quand on me demande conseil, j’essaye d’adapter mon conseil à la personne.
Je vais donc ici vous parler non pas du livre mais de certains livres qui ont changé ma vie de parent !

Note : cet article participe à l’évenement « interblogueurs » sur le sujet, lancé par Amandine, du blog Une maman, deux maisons.

Préalable : une question de personnalité

Nous sommes tous différents. C’est une évidence, mais c’est toujours plus clair quand on le dit, et quand on apprend à se connaitre aussi !

Il y a deux ans, j’ai répondu à un questionnaire pour identifier mes forces. (Le Clifton Strength Finder, pour ceux qui le connaissent, et/ou que ça intéresse.)

Cela m’a permis de confirmer certaines de mes forces principales :

Numéro 1 : « Studieux » = j’adore apprendre.

Numéro 2 : « Input » = Je suis curieuse et « collectionneuse ». J’aime m’enrichir de nouvelles informations, en accumuler.

Numéro 3 : « Intellectualisme » = J’aime réfléchir et faire travailler mon cerveau. J’apprécie les moments d’introspection.

Numéro 4 : « Charisme » = J’adore le défi que représente la rencontre de nouvelles personnes, et le fait de gagner leur amitié.

Numéro 5 : « Idéation » = Je suis fascinée par les idées, et j’adore faire des liens entre différents concepts. Je vois de la simplicité sous des concepts apparemment complexes.

Si le « charisme » ne m’était pas apparu avant comme une de mes forces, les autres me semblaient évidentes !

Un éclairage sur mon fonctionnement interne

Pourquoi je vous décris ici mes forces ? Parce qu’elles aident à comprendre ma démarche.

Comme vous pouvez le constater, les points 1, 2, 3 et 5 sont très complémentaires. J’ai presque l’impression qu’on me dit la même chose de manière différente. Avoir ces 4 forces dans mon Top 5 prouve à quel point c’est prédominant dans ma personnalité.

Ainsi, ça explique d’abord pourquoi, si j’ai saupoudré mon chemin de diverses formations, j’ai surtout appris dans les bouquins.
J’avais le temps, l’envie d’apprendre, et celle de collectionner.

D’autre part, ça explique également que mon plaisir à mélanger les approches.

Je comprends mieux pourquoi, ayant commencé par animer des ateliers Faber et Mazlish, j’ai rapidement voulu sortir de ce cadre et ajouter d’autres infos venues d’autres livres ou formations.

Plus tard, je me suis également formée à l’animation d’ateliers de parents au format de la Discipline Positive, et là encore, l’expérience m’a frustrée. J’avais envie d’ouvrir encore les horizons !

Je ne veux pas me limiter à une approche, à une méthode – j’aime me sentir libre de faire des liens, de faire travailler mon cerveau, de continuer d’enrichir mes présentations !

Donc : impossible de choisir UN livre qui m’aurait transformée.

Non, je ne peux pas dire quel est le livre qui a changé ma vie de parent.

Car c’est le fait d’avoir fait le lien entre des points lus dans un et ceux lus dans un autre qui m’a permis d’avancer. Ces lectures multiples font partie inhérente de mon apprentissage.

Un éclairage sur le fonctionnement des autres

L’autre lecture de ces forces, c’est qu’elles m’appartiennent.

Oh… je ne suis sûrement pas unique, ce n’est pas ce que je dis ! Mais je comprends que si tout cela me parait « normal » et « naturel », ça ne l’est pas ! C’est ce que je suis, moi. Pas forcément les autres.

Au début, comme je suis tout de suite pleine d’enthousiasme quand j’apprend de nouveaux concepts, j’avais tendance à penser que les autres allaient avoir envie de courir s’acheter le livre dont je leur parlais à ce moment-là !

D’un certain côté, on comprend pourquoi : mon enthousiasme dans la conversation est contagieux – vive les neurones miroirs !

Mais j’ai pris depuis un certain recul, comprenant que mon interlocuteur n’allait probablement pas lire ce dont je lui parlais.

Mon enthousiasme, à la place, pouvait me permettre de partager ce que j’apprenais sous une forme plus agréable pour l’autre : c’est comme ça que je me suis mise à animer des ateliers et conférences, et à concevoir des formations. Mais c’est une autre histoire.

Si je devais choisir un livre qui a changé ma vie de parent ?

Bon, je vous explique tout ça, et je noie le poisson…

Vous, vous aimeriez quand même que je vous livre un titre, c’est ça !

Alors…

Si vraiment on me forçait à choisir un livre, ce serait… l’un de ceux-ci…

Je vous l’ai dit : pas possible de n’en lister qu’un !! D’ailleurs, comme je suis une collectionneuse, quand je découvre un auteur, j’ai tendance à ne pas me contenter d’un livre. Donc… je vais vous les présenter par auteur plutôt !

Faber et Mazlish

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

Un classique, bien sûr ! Ce n’est pas le premier livre de parentalité que j’ai lu, mais c’est le premier que je me suis appliquée à réellement mettre en pratique, chapitre après chapitre, en prenant 4 mois pour le lire, le temps d’essayer, de voir, de comprendre ce qu’il se passait. En ce sens, il a vraiment lancé mon apprentissage en autodidacte.

Ensuite, je vous conseille également la lecture de Parents épanouis, enfants épanouis, toujours de Faber et Mazlish, un formidable récit de ce cheminement qui est le lot du parent qui s’interroge, qui progresse, qui devient conscient, et qui fait ce qu’il peut !

Et puis, tant qu’à faire, vous pouvez ajouter celui sur la fratrie, et puis la version ados si vous êtes concerné !

Jane Nelsen

La Discipline Positive

Après la lecture de ce livre, je me suis découverte tellement fan de cette approche, qui pose bien, non seulement la notion de bienveillance, mais aussi celle de fermeté, que je suis allée ensuite à la première formation en Discipline Positive qui avait lieu près de chez moi, sans m’arrêter au fait qu’elle portait sur la Discipline Positive en classe… et j’ai sacrément bien fait : j’en suis sortie enchantée et prête à intervenir à mon tour dans des classes, ce qui a été un bonheur !

Je ne vous les liste pas ici, mais j’ai bien 7 ou 8 autres livres de Jane Nelsen dans ma bibliothèque…

Marshall Rosenberg

Les mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs

Alors… ce livre n’est pas à proprement parler un livre de parentalité. Mais on peut dire qu’il a changé ma vie, y compris celle de parent ! La CNV est devenue partie intégrante de ma démarche, vous m’entendez souvent en parler. J’ai, bien sûr, fait suivre la lecture de ce livre d’une formation en présentiel, et je continue, encore aujourd’hui, à suivre des ateliers d’approfondissement à la CNV.

En fait, ce n’est peut-être pas le premier livre de parentalité à lire, mais si vous voulez changer de vie, je crois que c’est celui-ci que je vous mettrais d’abord entre les mains !

Cependant, si vous voulez directement faire le lien entre CNV et éducation, vous avez deux options :

Céline Alvarez

Je me souviens encore avec émotion de l’été où j’ai lu « Les lois naturelles de l’enfant », avant de voir Céline Alvarez en conférence.

Tant de clarté, tant de partage, tant d’espoir, tant d’enthousiasme !!

Quand on l’écoute, on se prend à croire à un monde nouveau… on se dit que tout est possible ! Une idée pas toujours simple à garder en tête quand on se frotte à l’éducation traditionnelle dont on est tous les jours témoins…

Et pourtant… pour en avoir une preuve, et surtout si vous êtes enseignant.e, allez lire aussi Un an pour tout changer, et, là encore, vous vous senrirez porté !

Dan Siegel

J’ai rencontré Dan Siegel dans mes formations de Discipline Positive, parce qu’il est à l’origine de l’image du cerveau dans la paume de la main.

Depuis, j’ai lu tous ses livres ! Et ils sont tous excellents… Qu’il les ait écrit avec Tina Payne Bryson ou non.

Si je devais vous en conseiller un en particulier, ce serait Le cerveau qui dit oui. Je le trouve à la fois riche et limpide ! Un bonheur.

Et d’autres encore

Je vais m’arrêter là, pour éviter de vous noyer complètement (si ce n’est pas déjà fait).

Deux points supplémentaires, quand même, pour ceux d’entre vous qui ont déjà visité les classiques que je liste ci-dessus :

1- Je n’ai pas cité dans cette liste, mais j’aurais pu : Catherine Gueguen, Elizabeth Crary (qui a été le point de départ de ma formation « En finir avec les disputes dans la fratrie »), Thomas Gordon, et Gwendoline Vessot.

(Allez… faites carrément un tour par ma bibliothèque, même si ça fait un moment que je ne l’ai pas mise à jour !)

2- Si vraiment vous avez déjà lu tous ces auteurs, alors vous avez probablement envie/besoin d’un espace pour continuer de vous enrichir avec des personnes qui partagent vos valeurs… c’est ce que je propose dans le cercle des parents heureux ! Hâte d’en parler avec vous…

Et vous, quel(s) livre(s) mettriez-vous dans cette liste ?

Quand nos enfants se disputent, en général, on n’a qu’une hâte : celle que ça s’arrête !! Et dans notre hâte, on commet ces erreurs communes face aux disputes entre enfants.

Malheureusement, ces disputes ne concernent pas que les protagonistes, mais bien tout l’entourage.
Chaque dispute nuit à l’ambiance générale, tout le monde se sent tendu, et toute la suite s’en ressent.

Pourtant, on aimerait bien que nos enfants sachent comment faire face au conflit sans en passer par de l’agressivité et de la violence.
On voudrait que nos enfants expriment différemment leur colère, qu’ils se respectent et qu’ils trouvent des solutions à leurs conflits qui conviennent à tous.

Bien sûr, on est conscient que tout cela demande un apprentissage… mais comment faire pour les y aider ? Pour que ce soit plus rapide ?

Je crois qu’en fait, on s’y prend souvent de manière maladroite, sans même s’en rendre compte.

Aider nos enfants dans leur dispute n’est pas évident. Comme d’habitude, on a tendance à reproduire ce qu’on a appris, même quand on constate que ça n’aide pas tellement la situation à moyen terme. Et c’est comme ça qu’on reproduit, encore et encore, des erreurs communes face aux disputes entre enfants, sur lesquelles j’attire votre attention ici.

Parce qu’on ne sait juste pas comment faire autrement.

Ce qu’en disent les enfants…

Avant d’écrire cet article, j’en ai parlé à mes enfants.

Je leur ai demandé quelles étaient pour eux les attitudes des adultes face à une dispute entre enfants qui étaient aidantes, et celles qui ne l’étaient pas.

Mon fils Léon (10 ans) m’a simplement répondu :

« Celles qui sont aidantes, c’est tout ce que tu fais toi, et celles qui n’aident pas, ce sont celles des autres adultes. »

Alors au delà de la flatterie… il y avait un point important dans sa réponse !

Parce qu’il ne faut pas croire que je suis magiquement compétente quand il s’agit de réagir à une dispute ! Non, j’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup appliqué, amélioré, affiné, et… en fait j’apprends encore, au quotidien !

S’il a l’impression que mes attitudes sont aidantes, et pas celles des autres, c’est parce que les autres (comme moi il y a quelques années) n’ont pas appris à adopter des attitudes aidantes. Ma manière de réagir aux disputes a complètement changé depuis que je chemine, et j’ai maintenant beaucoup à transmettre sur ce sujet.

C’est pour cela que j’ai créé la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie »… mais je vous en reparlerai plus loin !

Quant à ce que m’a dit Anatole, je vous en parle dans la première des erreurs communes

Erreur 1 – Négliger les émotions

Quand il y a une dispute, c’est qu’il y a des émotions. Et, en général, des émotions fortes.

Evidemment : si personne n’était sous le coup de l’émotion, tout se réglerait dans le calme, voire il n’y aurait même pas conflit, parce que chacun aurait la faculté d’écouter l’autre.

Donc, faire fi des émotions présentes, cela revient à nier la dispute.

Cela se traduit par 2 tendances possibles :

celle, justement de vouloir effacer la dispute, ou bien celle de chercher à « raisonner » un enfant encore sous la vague de son émotion.

En « effaçant » la dispute

C’est d’ailleurs parfois littéralement ce qu’on leur dit : « Pas la peine de se disputer pour ça ! ».

En fait, ce n’est pas comme si les enfants AIMAIENT se disputer…

S’ils se disputent, c’est que, pour eux, à ce moment-là, C’EST important.

Suffisamment important pour que ça crée ces émotions.

On ne peut pas toujours le comprendre, et je dois dire qu’il m’arrive encore de leur renvoyer un peu ça… Par exemple en demandant : « C’est tellement important pour toi que ça vaut le coup de se disputer ? »

Quand je dis ça, je l’avoue, mon ton n’est pas toujours exemplaire.. dans le fond, il reflète probablement que je ne trouve pas ça tellement important… mais j’essaye de rester quand même dans l’accueil et la curiosité, comme je le peux, en encourageant quand même à une certaine prise de recul. De mon mieux. Bref.

Tout ça pour dire qu’aborder la situation sous l’angle : « Arrêtez de vous disputer ».. eh bien, comment dire… ça n’a aucune chance de marcher, en fait !

Selon mon fils Anatole (8 ans), une attitude qui n’aide pas du tout, c’est quand l’adulte dit : « Arrêtez, ou je vais devoir vous punir »

Il m’explique que non seulement ça n’aide pas, mais même ça empire les choses !

« Parce que quand on se dispute, on est déjà énervé contre l’autre, alors si en plus on se fait punir, on considère que c’est de sa faute, et on lui en veut encore plus ! »

Logique, non ?

En cherchant à raisonner

L’autre piège, quand on oublie de considérer les émotions, c’est de vouloir directement aller vers un raisonnement pour trouver une résolution.

Sauf que, quand on est sous le coup de l’émotion, on n’est pas capable de raisonner !

Donc, d’abord l’écoute et la validation, ensuite seulement les explications.

Ah tiens, tant qu’on parle d’entrer dans le raisonnement… c’est une transition parfaite pour l’erreur commune suivante.

Erreur 2 – Traiter seulement la partie émergée de l’iceberg

Au moment où on peut vraiment parler avec les enfants, sans que des émotions trop présentes empêchent la conversation, on a cette tendance à rester « collé » à l’épisode.
Comme si, lorsque mon fils Anatole empêche sa copine de tirer dans le ballon, son objectif était vraiment de l’empêcher de tirer dans le ballon !

Si on en reste là, on va entrer dans des considérations du type « toi, quand tu joues au ballon.. », ou « tu peux attendre ton tour ». Bref, on ne va traiter que la partie émergée de l’iceberg, sans chercher à comprendre tout ce qui se joue derrière, sans voir la VRAIE raison de la dispute.

A ce moment-là, pourtant, Anatole cherche à vivre quelque chose de fort pour lui. Il se sent seul, triste, déçu, parce que son copain lui a dit qu’il ne voulait plus jouer avec lui, et il cherche de la compagnie, il voudrait recevoir de l’empathie, il veut sentir qu’il a le pouvoir de faire en sorte que les autres se sentent comme lui et le comprennent….
Waouh ! Mais si on n’adresse que le pied devant le ballon, on passe complètement à côté de tout cet aspect sous-jacent qui est en fait fondamental !

Seulement voilà : pour réussir à aborder les choses autrement, il faut pouvoir prendre du recul, et gagner en conscience.

C’est l’objectif de tout le module 1 de la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie ».

Erreur 3 – Devenir l’arbitre de la dispute

Ça, c’est vraiment une erreur commune face aux disputes entre enfants. C’est une erreur classique, et normale.

Évidemment, on a vu tous les adultes autour de nous faire de même en grandissant.

Comme s’ils savaient mieux que les enfants ce qui était bien et mal, ce qui nous convenait, et ce qu’il fallait décider.

Bien sûr, nous avons un rôle de guide auprès de nos enfants. Nous avons la responsabilité de leur transmettre certaines valeurs, certaines règles de vie, et en particulier le respect de l’autre. Mais imposer le respect n’enseigne pas le respect.

D’autant que quand on joue le rôle de l’arbitre, on se trompe toujours !

Pourquoi ? Parce qu’on applique alors l’une, l’autre, ou un mélange des 2 méthodes suivantes :

On cherche le coupable

Avant de pouvoir juger, il nous faut comprendre.

Donc, on commence par chercher le « coupable ».

Rien que dans la démarche, on voit déjà qu’on part mal. Enfin, je dis ça avec le recul… peut-être que vous ne le voyez pas encore, parce que vous n’avez pas encore parcouru le chemin que je parcours depuis plusieurs années, et sur lequel j’avance encore !
Laissez-moi donc expliciter un peu mieux ce que je veux dire.

Quand on cherche un coupable, on reste dans une logique binaire de « bien » et de « mal ».
On entretient implicitement l’idée que l’un des deux a tous les torts.
Ce qui aura un tas de conséquences néfastes sur l’ambiance générale à moyen terme :

  • personne ne va vouloir s’excuser, puisque ça voudrait dire prendre TOUS les torts à sa charge. Or, il faut être deux pour se disputer. En général, il y a des torts des 2 côtés, et des raisons des 2 côtés. Quand on apprend nos enfants à demander pardon (et c’est l’objet d’un contenu entier du module 3 de la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie »), on leur apprend en fait à prendre la responsabilité de ce qui les concerne, sans cette notion de « perdre » contre l’autre.
  • celui qui a été déclaré coupable va soit se sentir misérable, et ça ne l’aidera certainement pas à se sentir mieux pour se comporter mieux ; soit il en voudra encore plus à l’autre, et gardera alors un ressentiment qui s’exprimera, sans nulle doute, sous la forme d’une nouvelle dispute dont on vient de semer les graines…
  • celui qui a été déclaré non coupable en ressortira avec un sentiment de supériorité qui confirmera qu’il a raison de se disputer avec son frère / sa soeur, et risque bien de remettre ça en pratique rapidement
  • on encourage un clivage qui crée ou entretient la rivalité

En éducation positive, on ne cherche pas des coupables, on cherche des solutions.

On cherche à être « juste »

D’un certain côté, chercher le coupable, c’est chercher à être juste, chercher à voir où sont les torts, ce qu’il faudrait « réparer »…

Ça part d’une bonne intention : celle de la justice.

Mais que veut dire être juste ?

Sait-on RÉELLEMENT ce qu’il s’est passé ?

Oui, on peut recevoir le récit de l’épisode. Couvre-t-il bien tout ?

A-t-on bien pris en compte que le point de départ, c’était en fait un sentiment de jalousie qui datait de la veille quand… ?

Toute cette partie cachée de l’iceberg… la voit-on ?

Comment peut-on prétendre être juste alors qu’on ne sait pas vraiment ce que chacun vit ?

Ah, et d’ailleurs : quand on intervient pour être sûr que chacun ait « la même chose », est-ce qu’on tient compte des besoins de chacun ?

Pour être juste, vaut-il mieux chercher l’égalité, ou l’équité ?

Argh… tant de questions…

En fait, je crois que ce sont les enfants qui pourront nous aider à être justes. C’est à eux de savoir ce qu’ils vivent, ce qui leur convient, ce qui fera le plus sens en fonction de où ils en sont, et de ce qu’ils sont prêts à accepter, à donner, à recevoir.

On ne peut jamais être juste si on ne les implique pas dans la rechercher de la solution !

Et donc, forcément, en prenant parti, on crée, là encore, du ressentiment.

Bon.

Alors… facile… il suffit de…

Erreur 4 – Les laisser se débrouiller seuls

Ah oui, mais non !

Je sais, cet article vous perturbe. Moi aussi, j’ai été perturbée quand j’ai appris tout ça…

Alors, d’abord, avec ces 3 premières erreurs, on prend conscience de tout ce en quoi on est maladroit quand on intervient dans les disputes.

On s’aperçoit que notre intervention fait plus de mal que de bien.

La conclusion qui s’impose, c’est donc, simplement, d’arrêter d’intervenir ! De les laisser gérer la situation.

Parce que c’est en pratiquant qu’on apprend, donc il s’agit de les laisser pratiquer, expérimenter…

Et vous trouverez effectivement de nombreux articles d’éducation positive qui vous conseilleront ça.

MAIS

mais pour que leur pratique les fasse avancer dans la bonne direction, encore faut-il qu’ils aient un modèle à suivre, non ?

Nos enfants apprennent à parler seuls parce qu’on leur parle.
Si on prononçait devant, 90% du temps, des mots tordus… eh bien ils parleraient avec des mots tordus, évidemment.

Et c’est ce qui se passe avec la gestion de conflit.

Je souhaitre TRÉS fortement que cela change. Mais aujourd’hui, la réalité, c’est que la plupart des adultes

1- ne savent pas mener une gestion de conflit respectueuse

2- ont tendance à user de leur pouvoir pour imposer leur solution

Donc, si on laisse les enfants se débrouiller seuls, ils vont faire la même chose.

cqfd.

DONC

Donc, si on veut réellement amener nos enfants à savoir faire face au conflit autrement qu’en se criant dessus.

Si on veut qu’ils sachent écouter l’autre, qu’ils sachent exprimer leur problème, qu’ils sachent trouver d’autres méthodes que l’agressivité, qu’ils sachent comment chercher des solutions qui pourraient convenir à tous… il va falloir les accompagner.

Seulement, pour ça… il faut savoir le faire. Et on n’a pas appris.

La bonne nouvelle ? On PEUT apprendre !

Et moi, maintenant, je crois vraiment que c’est notre responsabilité.

C’est grâce à cet apprentissage, et cet accompagnement qu’on se retrouve avec un enfant qui a le sentiment que nos attitudes sont aidantes, et que celles des autres adultes ne le sont pas.

Je ne cherche pas à me vanter. Je me suis donnée du mal pour apprendre à sortir du modèle reçu. Et aujourd’hui, je rêve que ce soit le cas pour BEAUCOUP beaucoup plus d’adultes. Parce que ça changerait tout pour nos enfants, et pour le monde en général, si on savait vraiment comment enseigner la paix !

Erreur 5 – Laisser passer l’opportunité

Enfin, vous l’aurez peut-être compris à la lecture de tout ce qui précède, l’erreur que nous faisons devant les disputes de nos enfants, c’est de laisser passer l’opportunité que cette dispute représente.

Oui, la dispute est une opportunité.

Nos enfants ont (comme nous d’ailleurs) une foultitude de compétences relationnelles à développer.

Le conflit sera présent dans leur vie, ça ne fait aucun doute.
Pour que le conflit ne se transforme pas en dispute (c’est à dire la version agressive du conflit, qui, lui, est normal – et même souhaitable parfois, parce qu’il nous encourage à nous remettre en cause), il faut savoir y réagir.

Si on passe d’une dispute à l’autre avec l’attitude du « pompier », en cherchant uniquement, à chaque fois, à éteindre le feu ; sans jamais prendre le temps de leur apprendre à jouer avec les allumettes, alors ils ne développeront jamais ces compétences de vie tellement précieuses !

Alors, ne faisons pas cette erreur.

Au contraire, saisissons cette dispute comme une opportunité d’enseignement, pour, comme l’écrit Morgane en finissant la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie », « ramener de l’harmonie au sein de la famille grâce à l’écoute de tous, parents comme enfants, pour trouver un nouvel équilibre dans le respect de tous. »

Vous êtes partant ?

Etre parent n’est certainement pas de tout repos. Le fait d’accompagner nos enfants vers les adultes qu’ils seront est une lourde responsabilité, et nous cherchons perpétuellement comment faire de notre mieux. 

Dans nos questionnements, il est rapidement apparu qu’il existait de multiples manières d’être parent… et que certaines étaient plus populaires, ou plus classiques, que d’autres. 

Le “parent bienveillant” est encore hors norme. Comment réussir à garder le cap, lorsque l’on se sent à contre-courant ? 

— Note :  cet article a d’abord été publié dans Grandir Autrement, numéro 81 de mars-avril 2020 —

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Une démarche éducative alternative

Pour certains d’entre nous, l’éducation bienveillante était une évidence. Pour les plus chanceux, cela leur est même venu naturellement. Mais nous sommes nombreux à ne pas être tombés dedans lorsque nous étions petits, et à continuer à lutter contre nos réflexes acquis pour développer d’autres attitudes parentales. 

Ainsi, nous nous retrouvons dès le départ hors de notre zone de confort, dans notre cheminement vers une éducation plus respectueuse de l’enfant que celle que, souvent, nous avons reçue. La société continue à nous renvoyer un modèle très vertical, qui ne correspond pas à nos aspirations, et crée par là-même la première grande difficulté du parent à contre-courant : le doute ! 

Face aux commentaires de nos connaissances, de certains professionnels même, le parent bienveillant peut prendre peur. Comment être sûr qu’il suit le bon chemin ? Et si c’était une erreur ? Si les autres avaient raison ? Dans cet environnement qui nous ramène encore et toujours à un style éducatif dans lequel l’adulte se place au dessus de l’enfant, il s’agit d’avoir une certaine assurance pour continuer à croire en nous, en notre démarche. Garder le cap demande d’être réellement convaincu. Alors, plus nous avancerons, plus nous consoliderons nos principes, plus nous serons solides et moins le doute nous envahira. A nous donc de bien choisir nos lectures et nos fréquentations pour aider cette avancée, créer pour nous-mêmes un environnement qui nous soutiendra. 

Malheureusement, ce doute n’est pas le seul obstacle en travers de notre chemin…

Le regard des autres

Voici à présent la gêne, voire la honte qui apparaissent. Car, bien que nous sachions bien où nous voulons aller, ce que nous cherchons à développer dans la relation avec nos enfants, nous ne savons pas toujours comment bien réagir au regard des autres lorsque nous ne sommes pas en maîtrise de la situation. Ce qui, convenons-en, arrive régulièrement. Voici quelques conseils pour ce genre de cas. 

Commençons par appliquer l’un des accords toltèques : “Ne faites pas de supposition.”. Il trouve tout à fait sa place ici, car c’est dans notre tête que se situe l’interprétation du regard de l’autre. Elevés pour ne pas déplaire, nous laissons nos craintes prendre le contrôle de nos pensées et nous proposer les interprétations les plus pessimistes. Il devient alors évident que la pensée de l’autre est : “Qu’est-ce qu’elle se débrouille mal ! Elle ne va pas le faire taire ??”. Mais la réalité est qu’il est également possible que cette pensée soit : “Oh, la pauvre… je me souviens de moments avec mes enfants où je n’y arrivais pas mieux !”, ou bien même : “Dis donc, je suis impressionnée qu’elle arrive à garder son calme face à cette crise !”. Evitons donc de broder, et concentrons-nous plutôt sur la partie de la situation qui nous concerne. 

Ce qui m’amène tout naturellement à mon deuxième conseil : se recentrer sur le principal. Car, dans le fond, même s’il s’avérait que l’autre pense réellement ce qui correspond à notre pire interprétation, quel est le plus important pour nous ? De convaincre cette personne que nous ne sommes pas un mauvais parent – selon ses critères en tout cas -, ou de réellement faire ce que nous pensons être le mieux pour notre enfant ? Nous rejoignons alors la question du doute. Plus nous aurons confiance en nos choix éducatifs, et plus il nous sera facile de nous détacher du regard de l’autre pour nous concentrer sur ce qui compte vraiment : notre enfant, notre relation avec lui, et ce que nous lui enseignons dans la situation qui se présente. 

Enfin vient mon troisième conseil, même si je sais d’expérience que cela prend un peu plus de temps. Une fois que nous avons éliminé les suppositions, et que nous sommes restés focalisés sur le principal, nous sommes prêts à inverser complètement la perspective. Fiers d’être restés cohérents avec nos principes, avec nos valeurs, nous pouvons nous permettre de savourer. Nous réjouir de ce que nous réussissons à apporter à nos enfants, malgré le regard des autres. (qui peut même, dans notre esprit en tout cas, devenir admiratif !)

L’entourage de notre enfant

Reste toutefois une difficulté majeure : les autres facteurs d’influence ! Car notre enfant ne reste généralement pas dans notre giron. Il va bénéficier et subir d’autres influences que la nôtre. Or, lorsque l’on est un parent à contre-courant, il y a fort à parier que les influences en question ne soient pas toujours alignées avec ce que nous cherchons à développer chez lui. 

Face à cette réalité, les points de vue sont partagés. Certains pensent qu’il est bon que l’enfant apprenne également ce qu’est “la vraie vie”, et qu’il sache s’y adapter. D’autres, au contraire, cherchent un environnement alternatif, pour éviter que l’enfant soit trop rapidement plongé dans le grand bain.

A chacun de trouver la solution qui lui convient. Dans tous les cas, il est clair que l’enfant aura certainement besoin d’être accompagné dans ses découvertes et sa compréhension des choses. Comprendre que certains adultes trouvent normal de crier et de punir, par exemple. Pourquoi ils font cela, comment y réagir. Comprendre que les relations qui ont parfois lieu dans les cours d’école ne correspondent pas toujours à ce que nous cherchons à développer dans notre foyer… 

Cela passe forcément par une certaine acceptation de notre part : l’acceptation que nous n’avons qu’une zone de contrôle limitée. Changer tout l’entourage est illusoire. Le mieux est probablement d’agir au mieux sur ce que nous contrôlons vraiment, c’est à dire nous-mêmes.

Alors, nos enfants seront capables de transmettre leurs propres limites. C’est ainsi que les miens ont su me dire qu’ils ne voulaient plus aller dans un certain stage, où les animateurs criaient trop. Ayons confiance en eux. 

Si vous voulez écouter cet article sous sa forme audio, en voici l’enregistrement.

Le mois de septembre avance avec son lot d’activités qui redémarrent, ses nombreux engagements et ses acrobaties avec l’organisation.

Est-il possible d’en faire moins ? D’aller moins vite ? Faudrait-il ralentir ?

Il me semble que c’est en tout cas une bonne période pour faire un pas de côté afin de s’interroger sur notre rythme de vie un peu fou. 

En effet, il y a là de quoi largement vider le réservoir du parent bienveillant

Dans cet article je vous propose de prendre un temps d’observation de votre rythme avant d’ouvrir quelques pistes de réflexion pour vous aider à trouver votre propre tempo.

L’enjeu étant de choisir son rythme en conscience plutôt que de subir, sans même s’en rendre compte, un rythme imposé.

—- Cet article est écrit par Emilie, à partir d’une séance thématique du cercle des parents heureux — 

Le contexte : Un rythme rapide et uniforme

Malgré toutes les machines qui nous aident dans nos tâches quotidiennes, l’amélioration des moyens de communication et des transports, nous avons la vive sensation que la vie s’accélère, que nous sommes pris dans un tourbillon, et que, comme 80% des européens, nous manquons de temps . 

Tout se passe comme si nous avions réinvesti le temps gagné pour répondre à cette forme d’injonction implicite d’être performant dans tous les domaines de notre vie : vie professionnelle , vie familiale , vie culturelle, vie sportive… 

Nous devons être brillants partout, entrainés par une société qui valorise à outrance les valeurs de productivité, de réactivité, d’immédiateté, du « plus vite, plus haut, plus fort ».  

De plus, le sentiment s’impose d’un rythme non seulement rapide mais aussi uniforme

L’exemple le plus flagrant est celui de l’école où chaque classe d’âge doit avancer en même temps.  Pourtant, clairement, certains auraient besoin de ralentir, d’autres d’accélérer encore !

Je pense aussi aux besoins des familles qui sont assez peu respectés, avec des congés de naissance qui restent courts, ou encore, même si on commence à en entendre un peu parler, au rythme spécifique lié au cycle féminin qui est encore largement ignoré. 

Ainsi, plus ou moins consciemment, nous subissons la pression d’un rythme qui s’impose à nous et auquel il est difficile (mais pas impossible !) de résister. 

Se connaitre soi-même pour déterminer « son » bon rythme

Tout le monde ne se sent pas bien dans un rythme identique à celui de l’autre.  

Au-delà même, une personne n’a pas des besoins constants en la matière selon les périodes de sa vie. 

Certains vont s’épanouir en cumulant de nombreuses activités et d’autres en ralentissant. Il n’existe pas de recette universelle. Le dénominateur commun est de faire une pause et de se demander si l’on subit un rythme ou si l’on est à l’aise avec lui

Ainsi, trouver son propre rythme, c’est s’autoriser à observer pour plonger dans l’écoute de ses émotions et de ses besoins et mettre de la conscience dans nos choix.

Quelques outils : 

  • Une astuce issue de la cnv  (communication non violente) consiste à observer sa « boussole intérieure » : si je suis dans la joie , dans l’ouverture alors je suis dans le bon tempo, si au contraire je suis dans la contraction, la fermeture , j’ai sans doute un problème de rythme. Cela génère une frustration que quelqu’un (moi ou un tiers) paiera  forcement à un moment  ou un autre.
  • Pour favoriser le lâcher-prise on peut faire une pause et s’interroger sur nos impératifs. Sont-ils si impératifs, conscients, choisis en accord avec nos valeurs ? Finalement il n’y a parfois pas d’autres impératifs que ceux que l’on se met … En prendre conscience et s’adapter en fonction de notre prise de recul est précieux. 

Du vécu : Récemment nous nous sommes mis beaucoup de pression pour des travaux , pression générant de la fatigue et des tensions. Finalement nous avons revu nos ambitions à plus long terme, cassé le rythme des travaux pour accorder plus de temps à la famille et au repos. « Il n’y a pas d’autres impératifs que ceux que je me mets » à pris tout son sens pour moi sur ce coup là ! 

On peut le dire c’est un effort conscient que de résister à cette injonction inconsciente de faire ! 

  • Être au clair avec notre essentiel, ce qui est le plus précieux pour nous et se consacrer à cette seule priorité sans se laisser interrompre, en posant ses limites.
  • Se demander ce que l’on ferait si nous avions plus de temps et mettre en œuvre le plus petit pas possible en ce sens.

Ralentir

On ne va pas se mentir, on a parfois besoin d’accélérer mais le plus souvent notre quête sera de ralentir, de retrouver un rapport apaisé au temps. C’est ce que nous aborderons dans les points suivants. 

Insérer des bulles de lenteur 

Peut-être avez-vous entendu parler de cette philosophie de vie en plein essor : la slow life. Elle consiste à ralentir pour prendre le temps de vivre , de savourer l’instant présent et les choses simples .

On peut s’en inspirer. Sans être radical, et sans changer complètement de vie, on peut choisir d’insérer des bulles de lenteur dans notre quotidien

Quelques exemples : 

  • Se déplacer à pied ou à vélo (sans compter le nombre de pas ni les calories dépensées : on veut fuir la performance !) , 
  • Prendre vraiment le temps pour une pause déjeuner, même les jours travaillés, sans aucune autre distraction.
  • Être vigilant sur son sommeil (pas moins de 6 heures par nuit)
  • Pratiquer la méditation pour apprendre à revenir à l’instant présent
  • Mettre en place une utilisation raisonnée de son smartphone : diminuer ses applications, choisir avec beaucoup de parcimonie ses notifications, racheter un réveil pour éloigner le portable du lit et pourquoi pas même choisir consciemment de délaisser son portable une heure, une journée ou un week-end. 

Aller moins vite : abandonner le multitâche

Le saviez-vous ?  Contrairement à une attitude valorisée dans notre société , aucun cerveau ne peut porter son attention sur deux choses à la fois (sauf pour les activités devenues réflexes comme la marche) . 

Quand on fait deux choses à la fois le cerveau bascule d’une tâche à l’autre. Certes il s’agit de millièmes de secondes, mais à force de répétition on perdrait jusqu’à 20% de notre temps !  

Autre conséquence : on est moins efficace dans les deux activités, on perd des informations, on commet des erreurs … n’avez-vous jamais connu cela ? Moi si !  

Enfin cette bascule demande énormément d’énergie et entraine de la fatigue, du stress et de l’anxiété.

Il est donc urgent 😉 de ne faire qu’une chose à la fois ! 

Choisir d’en faire moins

Activités extra-scolaires, emploi du temps surchargé le week-end, tout voir, tout faire en voyage pour ne rien manquer … attention à cette course au plus possible d’activités, de richesses, de loisirs, de sorties, de visites. 

Et si nous choisissions consciemment d’en faire moins ? 

La parentalité est une question de rythme. 

Passons à l’adaptation de ces principes dans le domaine de la parentalité. 

Prendre soin de soi 

On ne peut pas s’occuper aussi bien que l’on voudrait de nos enfants si nous ignorons trop nos propres besoins. D’où l’importance de prendre des temps de pause pour s’écouter, de faire des activités qui nous nourrissent (mais pas trop nombreuses !) et de savoir poser nos limites.

Le problème du parent interrompu 

La première réflexion qui vient c’est qu’en tant que parent nous devons forcément être multitâche et sommes très souvent interrompus par les enfants dans ce que nous faisons. 

Plusieurs solutions s’offrent à nous : 

  • Choisir sa priorité et décider ou non de faire ce que nous avons à faire à un autre moment. 
  • Choisir d’impliquer notre enfant dans ce que nous faisons en acceptant que ça prenne plus de temps. 
  • POSER NOS LIMITES, souvent on n’ose pas assez. Il est essentiel de le faire, en  verbalisant « je veux lire ce livre/écouter cette émission/téléphoner à mon ami …. Ça va me prendre tant de temps et ensuite je serais disponible pour toi. »

Il est important que les enfants apprennent à respecter notre temps, qu’ils s’intéressent à ce qui se passe pour leur entourage et qu’ils sachent s’adapter. Pour cela cessons de culpabiliser de ne pas être systématiquement à leur disposition, assumons de nourrir nos propres besoins. Quand nous sommes dans cette énergie d’alignement, cela se passe généralement bien avec les enfants . 

La parentalité positive  : un autre rapport au temps

Quand on chemine sur le sentier de la parentalité positive, le rapport au temps devient autre. 

En effet la philosophie veut que nous entretenions une vision à long terme de ce que nous voulons pour nos enfants. Cela implique que nous acceptions de perdre du temps à l’instant t pour en gagner à moyen et long terme.   

Il s’agit donc encore de ralentir.

Voilà de nombreux outils qui illustrent ce propos : 

  • L’écoute et la validation des sentiments.
  • La recherche de solution.
  • L’anticipation , l’aménagement de l’environnement pour éviter les situations de stress qui peuvent conduire à des crises . 
  • Le moment particulier 
  • Changer d’échelle de temps pour arriver à nos objectifs : voir l’évolution à 3/4 mois plutôt que d’attendre un résultat immédiat obtenu par la contrainte…

Toutes ces pratiques et habitudes nous demandent d’adopter petit à petit (car il n’est pas simple de nous reformater)  un autre rythme que celui prédominant dans la société .

Vivre en harmonie avec les autres

Nous avons jusqu’ici beaucoup parlé du rythme personnel. 

Cependant nous sommes des êtres sociaux et on ne peut faire l’économie de savoir nous adapter au rythme global – parce que c’est ça aussi l’ouverture à l’autre.  

En effet, il n’est pas question de se recroqueviller sur soi au détriment des autres ni de se couper du groupe. 

Et puis certaines contraintes s’imposent à nous : prendre un train, arriver à l’heure à un dîner ou bien manger tous ensemble en famille et c’est aussi une vraie compétence à transmettre à nos enfants que de leur apprendre à s’adapter pour vivre en harmonie . 

L’objectif est de trouver la juste « danse » entre le rythme du groupe et son rythme personnel. 

Ce qui me vient pour parvenir à cette harmonie, c’est que le besoin de respecter son rythme personnel est pondéré par d’autres besoins tout aussi fondamentaux

Ainsi, le besoin d’appartenance poussera chacun à mettre en pause ce qu’il fait pour se rendre à l’heure au rendez-vous avec les copains ; ou le besoin de communiquer amènera tout le monde à se réunir autour de la table pour discuter.

En résumé, si nous ne pouvons pas changer radicalement nos modes de vie, nous pouvons en revanche mettre de la conscience dans nos choix et dans nos activités. 

C’est en effet bien de cela qu’il s’est agi tout au long de cet article : sortir la tête du guidon , questionner notre  rythme personnel qui est unique, se demander s’il nous convient, si on le subit et comment l’articuler avec un rythme global pour vivre en harmonie avec ses valeurs et avec les autres.  

Et vous quel rapport au temps entretenez-vous ? 

Pourquoi je vous parle aujourd’hui du syndrome de la bonne élève ? Ce syndrome qui vient de l’habitude de faire ce qu’on nous demande, de correspondre à ce que l’on attend de nous… on se conforme, parce que ça plait, alors, on se sent apprécié (pour ce que l’on fait, non pour ce que l’on est, notez le bien !).
Le problème.. c’est que ça peut nous suivre loin.

J’avais senti ce syndrome en moi depuis un moment, mais il revient actuellement en force. Je vous explique.


Etre entrepreneur, c’est un vrai cheminement personnel.

Ça me met face à des questionnements que je ne savais même pas avoir en moi…

Alors, récemment, j’ai décidé de demander l’aide d’une coach.

Pour creuser, pour comprendre, pour débloquer.

Ma première séance a été intense, et elle m’a fait sentir comment mon syndrome de « bonne élève » (un syndrome qui concerne particulièrement les filles/femmes) m’immobilisait…

Or, ce syndrome-là, il vient clairement de mon enfance, de mon environnement (familial et scolaire), alors, j’ai voulu vous en parler dans ce podcast.

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Si vous préférez lire, en voici également la retranscription. 

Le syndrome de la bonne élève

Bonjour les parents qui cheminent, 

Aujourd’hui, je voudrais vous faire un petit podcast en mode improvisé pour vous parler de ce que je suis en train de vivre : comment ça résonne en moi, comment ça peut se relier au thème de l’éducation. Je pense que vous serez beaucoup à vous reconnaître dans ce que j’appelle : le syndrome de la bonne élève. Alors, je dis le syndrome de la bonne élève, ça peut évidemment être le syndrome du bon élève, et ça peut s’appliquer à n’importe lequel de nos enfants.  

Pourquoi je parle de ça aujourd’hui ? C’est parce que j’ai commencé, depuis hier, une démarche d’accompagnement par un coach. Je me suis rendue compte, depuis bien longtemps, que comme tout le monde, j’avais des blocages internes. Ces croyances qui étaient plus ou moins identifiées, étaient limitantes pour avancer sur mon chemin et pour me permettre de réaliser tout ce que je voudrais réaliser. 

Le principe de l’auto-sabotage

Vous connaissez probablement le principe de l’auto sabotage. Selon ce principe, même si on pense que l’on veut quelque chose, qu’on veut aller vers quelque chose, on a une autre partie à l’intérieur de nous qui se comporte de façon à ce qu’on n’atteigne pas nos objectifs. C’est un peu comme si on était en train d’avancer, de conduire notre voiture vers un endroit et en même temps, on appuie très fort sur le frein. 

Alors, évidemment ça crée une double frustration! Parce que l’on sent, d’une part, qu’on n’y arrive pas, qu’on n’arrive pas là où on voudrait, sans bien comprendre pourquoi. Mais en plus, au passage, on s’épuise! Puisqu’on lutte doublement pour faire avancer cette voiture alors qu’on appuie sur le frein, à cause de toutes ces questions d’auto sabotage. Je sentais qu’elles étaient liées à des croyances limitantes, que je n’avais pas bien identifiées ou en tout cas, dont je n’arrivais pas à me débarrasser. Et je devrais d’ailleurs en parler au présent: des croyances limitantes dont je n’arrive pas à me débarrasser! Sont-elles liées à la peur de l’échec ou de la réussite? Je n’en sais rien… J’imagine que ces deux notions sont d’ailleurs finalement assez proches,

Le cheminement intérieur

J’ai décidé de commencer un travail avec un coach pour essayer de réfléchir à tout ça. Pour enfin comprendre ce qui se passait en moi, ce que je voulais vraiment et comment avancer. Parce que je suis convaincue que, dans toute chose, dans le développement personnel, dans la connaissance de nous-mêmes, dans l’alignement avec qui on est, ce qu’on veut, vers où on veut aller, il y a vraiment une étape de recherche intérieure de formation, d’être guidée, d’être aidée exactement comme sur le chemin de la parentalité positive. 

La voix interne

Alors, pourquoi je vous raconte tout ça ? C’est parce que hier, pendant ma première séance, au début de la séance, ma coach m’a demandé ce que j’attendais d’elle. Et alors que je lui répondais sur ce que j’attendais d’elle, il y avait une petite voix interne, une fois que j’avais l’impression d’avoir répondu à la question, qui me disait : Est-ce que c’est bien ça ? Est-ce que c’est la bonne réponse? Est-ce que j’ai dit ce que les autres disent, ce qu’il fallait dire? Est-ce que j’en ai assez dit ?Est-ce que j’en ai trop dit? J’avais l’impression qu’il fallait toujours que je vérifie si ma réponse était la bonne réponse. 

Alors que si j’y réfléchis de manière raisonnable, je sais bien qu’en l’occurrence, il n’y a pas de bonnes et de mauvaises réponses. C’est une attente qui est toute personnelle, qui m’appartient, qui me ressemble. Et si les réponses des autres sont différentes, en fait, c’est logique et c’est normal ! 

Pourquoi est-ce que j’ai cette petite voix interne qui s’interroge sur la validité de ma réponse? Parce que j’ai ce syndrome de la bonne élève, qui veut être sûr qu’elle a répondu comme il fallait aux questions qu’on lui posait, qu’elles répondent aux attentes. 

La scolarité nous fait-elle entrer dans un moule ?

Alors, j’ai été effectivement une bonne élève dans ma scolarité . J’ai suivi le chemin que tout parent attend de son enfant: des bonnes notes durant toute ma scolarité, des classes préparatoires, des études d’ingénieur et je ne m’en plains pas ! J’ai trouvé cela bien, ça n’a pas été forcé ! J’appréciais vraiment ce que je faisais. Je me suis épanouie en classe préparatoire. J’adorais ça, tout comme mon fils aujourd’hui! Et je ne pense pas qu’il aurait fallu suivre un autre chemin. 

Mais je m’aperçois aujourd’hui que ce syndrome de la bonne élève va plus loin. C’est un peu la question de la poule et de l’œuf : peut-être qu’à force de me conformer à ce qu’on attendait de moi, je suis restée dans cette attitude. Ou peut-être finalement que j’ai appris à me conformer à ce qu’on attendait de moi, sans m’en rendre compte. Et aujourd’hui, dans mon quotidien, alors que j’ai plus de quarante ans, j’ai encore cette petite voix qui se demande si j’ai la bonne habitude, la bonne réponse.

La peur comme frein à la prise de décision

Et le problème avec ce syndrome de la bonne élève, ce n’est pas seulement cette petite voix qui me fait m’interroger (ce qui est déjà en soi un peu inquiétant, je trouve au bout d’un certain moment) mais c’est aussi que ça me freine. Et c’était ça, ma prise de conscience hier : ça me freine dans mes prises de décision! J’ai énormément de mal à me décider aujourd’hui dans mon rôle d’entrepreneure, sur les actions à mener, dans quel ordre, quelles priorités, … 

Et je comprends enfin que cette difficulté de choix, cette difficulté que j’ai parfois à mettre la casquette  du décideur dans mon entreprise, plutôt que celle de l’ouvrier, est due au fait que j’ai peur de me tromper ! J’ai peur de ne pas faire les bons choix. J’ai peur de me lancer dans des actions qui ne sont pas celles que j’aurais dû faire, pas celles qui vont marcher.

C’est ça que j’ai réalisé hier et que je voudrais partager avec vous : une partie de moi pense que c’est tellement plus facile de ne pas décider, de juste exécuter ce que les autres ont décidé pour moi, parce que au moins, je n’en ai pas la responsabilité !

L’éducation positive pour contrer ce syndrome de la bonne élève

Et c’est là, voyez-vous, qu’il y a un grand lien avec la manière dont on cherche à éduquer nos enfants, avec l’éducation positive telle que je la vis !  C’est-à-dire aider nos enfants à savoir ce qu’ils veulent, à savoir vers où ils veulent aller, à avoir confiance en eux et à prendre leurs responsabilités. En évitant de leur donner des ordres, des instructions en permanence, c’est aussi leur laisser la possibilité d’exprimer leur libre arbitre, de s’exercer à l’exercice de leur pouvoir personnel et donc d’en assumer, d’une certaine façon, les conséquences (quelles qu’elles soient!). Et ce n’est pas si grave, parce que ce sont leurs choix ! 

Je me rends compte qu’aujourd’hui, c’est peut-être ce dont je n’ai pas bénéficié enfant et qui me freine dans ma vie d’adulte pour avancer : j’ai peur intérieurement, j’ai peur de prendre mes propres décisions !

L’impact de ce syndrome sur ma vie d’adulte

Voilà, j’attire votre attention là-dessus, parce que quand j’ai analysé ça (ce qui était un peu nouveau en moi), j’avais déjà ressenti ce syndrome de la bonne élève. Mais je n’avais jamais réalisé à quel point ce syndrome m’immobilisait et m’immobilise encore dans mes décisions en tant qu’ entrepreneure

Parce que quand on est entrepreneure, on a beaucoup plus de décisions à prendre que quand on est dans une entreprise salariée ! Dans celle-ci, on a toujours quelqu’un au-dessus, qui nous dit un peu ce que l’on doit faire, même si ce n’est pas dans chaque micro actions du quotidien.

Prendre du recul pour avancer

Je me suis dit que c’était important de prendre ce recul, pour se rendre compte de l’impact que cela peut avoir à long terme sur nous mais aussi notre entourage.

On doit également y penser par rapport à nos enfants. C’est parce que ce syndrome naît en particulier pendant la scolarité (ce n’est pas pour rien que ça s’appelle le syndrome de la bonne élève). De plus,la scolarité est un thème vraiment sensible: on vit dans une société dans laquelle la réussite passe par le métier, la réussite sociale, la réussite financière. Le métier passe par le diplôme, le diplôme passe par la scolarité et donc on est nombreux en tant que parents à craindre pour nos enfants, à vouloir être sûr qu’ils fassent de bonnes études 

Comment outrepasser la pression scolaire

J’échange régulièrement avec des parents qui se retrouvent finalement, même quand ils sont ouverts à un autre mode d’éducation,dans une position de contrôle plus ou moins fort, en ce qui concerne la scolarité. Est-ce que tu as bien fait tes devoirs? Est-ce que tu as bien répondu? Et nos enfants reçoivent déjà énormément cette pression : avec le cadre contrôlant extérieur de la part des enseignants (puisque c’est vraiment le modèle dans lequel nous grandissons en France). 

Le système français (j’insiste même si ce n’est pas le thème de ce podcast, parce que mes enfants ont été dans d’autres systèmes et j’ai vu d’autres façons de faire), est vraiment dans la démarche de : les enfants font ce qu’on leur demande comme on le leur demande, en répondant d’une façon juste ou fausse aux questions posées, et il n’y a pas tellement d’alternative.  

Il n’y a pas tellement libre cours à ce qu’ils veulent, ce qu’ils ne veulent pas, ce qui leur semble juste à eux, même si ce n’est pas exactement ce que demande le professeur, et ce depuis le plus jeune âge. 

Donc je pense que c’est important, pour nous en tant que parent, et puis, si les enseignants m’entendent, (c’est encore mieux!), de réfléchir à comment aider nos enfants également à savoir que : c’est OK de suivre un autre chemin, c’est OK de ne pas répondre de façon conventionnelle, de faire ses propres choix, que ça marche ou que ça ne marche pas. Parce que même si ça ne marche pas, ils auront appris quelque chose au passage. Et pour qu’ils n’aient pas cette peur de se tromper (qu’on développe chez nos enfants et qui risque de les immobiliser encore à l’âge adulte, comme ça m’immobilise encore moi aujourd’hui). 

Donc, voilà ! C’est ce que j’avais envie de vous partager aujourd’hui!

J’espère que tout cela vous parle. Si vous pensez que ça peut aider d’autres parents, partagez-leur ce podcast.

Suivez-moi sur les réseaux sociaux. Et si vous voulez en parler plus longuement, écrivez-moi sur coralie@les6doigtsdelamain.com ou venez vous inscrire sur le blog. Je serai ravie de poursuivre cette conversation avec vous, à très vite ! 

Dans mon dernier partage, je vous ai parlé de l’exercice des 2 listes que je trouve très utile pour prendre du recul sur le quotidien, et voir un peu plus à long terme ce que nous cherchons à développer, pour nous, et pour nos enfants.

Cette idée de long terme est vraiment fondamentale pour ancrer sa pratique de la parentalité positive, et l’intégrer plus largement dans une vraie philosophie de vie.
Pour nous en parler, je cède encore une fois ma plume à Emilie, membre du cercle des parents heureux.
—-
Skipper le navire de la parentalité positive implique par nature des passages de houle, de brouillard et des choix de directions. 

Pour ne pas nous perdre dans l’océan nous avons besoin d’une boussole qui nous donnera le cap. La feuille de route sera cette boussole. 

Au quotidien, il n’est pas toujours facile de garder l’équilibre pour ne pas chavirer : 

Dans nos vies, au rythme parfois fou, le pari est de trouver l’harmonie entre le fonctionnement du quotidien et notre vision de ce que l’on veut transmettre à long terme à nos enfants

Au sein de notre famille, il s’agit de partager nos valeurs et d’écrire ensemble l’histoire familiale dans le respect de la singularité de chacun. 

Entre les partenaires, l’enjeu est de concilier les aspirations personnelles, celles à deux, ainsi que les choix éducatifs.

Pour nous-même, le défi est d’incarner les valeurs et attitudes que nous souhaitons voir se développer chez nos enfants.

Aussi, pour affronter les nombreux aléas de la navigation, construisons ensemble une feuille de route

Qu’est-ce que construire sa feuille de route ? 

Très concrètement, il s’agit de prendre un temps formel en couple pour discuter de ce que l’on veut vivre au sein de notre famille. 

Quelques questions nous aideront à démarrer ce brainstorming : 

  • Qu’aspirons-nous à vivre en famille ? / Qu’est ce qui est important pour nous ?
  • Comment voyons-nous notre mission de parents ? / Avec quelles intentions interagissons-nous avec nos enfants ?  
  • Qu’espérons-nous pour nos enfants à long terme ?/ Comment les imaginons-nous à l’âge adulte ?/ Avec quels objectifs élevons-nous nos enfants ? 

Ensuite il s’agit de décliner les réponses à ces questions en : 

  • Objectifs à long terme. 
  • Attitudes à encourager. 
  • Valeurs à développer. 

Pourquoi faire une feuille de route ? 

Raison numéro 1 : une philosophie de vie. 

Loin d’être une succession de techniques à appliquer, la parentalité positive est une véritable philosophie. 

En effet, si l’on applique mécaniquement une gamme d’outils, sans l’ancrage du cœur, sans l’intention de la connexion, alors les enfants ne seront pas dupes. 

Nous obtiendrons peu, nous nous épuiserons et nous risquons de nous noyer face aux difficultés.

Du vécu. 

J’ai observé que je peux utiliser la même technique auprès de mes fils, employer exactement les mêmes mots, si, prise par le quotidien , je n’ai pas rempli leur réservoir c’est peine perdue ! 

De même si le ton qui va bien n’y est pas (souvent à cause cette fois de mon propre réservoir vide) j’observe que je n’obtiens jamais la coopération.

« Il y a des habits par terre dans la salle de bain. »

Avec les réservoirs plein et un ton léger sans accusation ni exigence ça marche, en mode impatient ou déconnecté c’est vain ! 

En posant les fondations solides à partir desquelles nous souhaitons accompagner nos enfants, la feuille de route permet d’ancrer notre intention et de revenir s’y ressourcer quand on est secoué par les aléas de la vie !  

Raison numéro 2 : Questionner nos habitudes parentales. 

La feuille de route va nous aider à prendre du recul et à choisir de sortir (ou pas) des conditionnements : habitudes familiales, sociétales et culturelles qui nous imprègnent. 

Pourquoi j’agis comme cela ? 

Est-ce que je dis ou je fais cela par habitude ? 

Parce que mes parents faisaient comme ça ? 

Parce que c’est le comportement dominant dans la société ? 

Du vécu.

L’un de mes enfants, peu tactile, est très mal à l’aise avec l’habitude de faire la bise pour dire bonjour et au revoir. 

Cela m’a d’abord gênée car ce n‘est pas évident d’assumer le regard des autres.

Je me suis questionnée. La bise sert à établir un lien, à reconnaitre l’autre, il me semble.

J’en ai parlé avec mon fils et je l’ai accompagné pour trouver une autre stratégie et assumer son choix. 

Je suis maintenant sereine. Je vois que ce défi développe les valeurs de prise de responsabilités, d’oser être soi-même tout en respectant les autres, de confiance en soi, de créativité et d’ouverture à de nouvelles stratégies. 

Raison numéro 3 : Prendre conscience de sa manière d’être parent.

La feuille de route va nous permettre de penser, d’agir et de nous exprimer en conscience. 

On le voit dans l’exemple précédent, la réflexion en amont permet de mieux assumer nos choix parfois à contre-courant, de mieux vivre le regard des autres, de nous sentir plus assurés et plus ancrés. 

Raison numéro 4 : Être en ligne dans le couple. 

La feuille de route nous assure d’être en ligne avec notre partenaire, elle permet à chacun de s’emparer de la philosophie de la parentalité positive évoquée plus haut. 

Elle diminue ainsi le décalage qui peut parfois se créer dans le couple. 

Face aux désaccords du quotidien, elle nous aide à lâcher-prise en nous rappelant que sur nos objectifs à long terme et nos valeurs nous sommes parfaitement en phase. 

Elle soude le couple en soulignant les valeurs communes. 

Enfin elle crée du sens et permet un passage de relai cohérent et plus serein. 

Raison numéro 5 : Grandir en famille.

En rédigeant la feuille de route on se rend rapidement compte que ces valeurs et attitudes ne concernent pas seulement les enfants. 

Avoir cette réflexion nous pousse en effet à observer nos propres comportements. Incarnons-nous chacune de ces valeurs et attitudes ? 

Par exemple est ce que je suis persévérant, généreux ou débrouillard comme je le souhaite pour mon enfant plus tard ? 

Cette réflexion nous conduira souvent à travailler sur nous-même pour acquérir les attitudes que l’on veut voir se développer chez nos enfants.

Quel impact de la feuille de route sur le quotidien ? 

Adopter de nouvelles lunettes

Souvent il faut trouver un équilibre entre nos besoins immédiats et nos objectifs à long terme.  

Comment faire quand notre enfant ne coopère pas comme on le voudrait ? 

Dans ce cas, avoir en tête sa feuille de route aide surtout à changer de lunettes. 

On pose plus facilement un regard bienveillant sur son enfant et on voit mieux le besoin derrière le comportement.  En effet les difficultés du présent sont parfois le signe d’une compétence à long terme qui se développe. 

Faciliter la relation horizontale

Grâce à la feuille de route, on bascule plus spontanément de la parentalité verticale à une relation de parentalité horizontale puisqu’on s’applique à tous les mêmes attitudes. 

Modeler

Enfin, elle a un impact fort sur le modèle donné en nous poussant à faire vivre nous aussi les valeurs qui y sont inscrites. 

Foire aux questions

1. Que contient la feuille de route ? 

On y inscrit nos valeurs profondes, ce qui nous anime. On n’est pas sur des règles de vie du quotidien mais sur une philosophie. 

On utilise des mots ou expressions courts : avoir confiance en soi, oser suivre son élan , être autonome , débrouillard , tolérant, respecter le vivant…

Souvent, on va se rendre compte au cours de la réflexion qu’on peut rapprocher certaines valeurs et attitudes. Un plan se dessine ainsi naturellement . 

Par exemple du particulier au général :  construction de l’individu dans sa singularité, puis ce qui relève de son rapport aux autres et enfin au monde. 

2. A quoi ressemble la feuille de route ?

C’est plus pratique si elle est succincte pour s’y référer d’un seul coup d’œil. Elle est affichée dans un endroit visible pour nous soutenir. 

Ex : une feuille A4 imprimée et accrochée sur le frigo.

3. Comment organiser sa rédaction 

En 3 temps : 

  1. Réflexion chacun de son côté sur ce que l’on veut pour que nos enfants soient des adultes épanouis.
  2. Partage et débat. 
  3. Rédaction de la feuille familiale.

Libre à chacun de se bloquer quelques heures pour dérouler ce processus en une fois ou bien de le laisser infuser plusieurs jours. 

4. Quand réaliser cette feuille route ? 

Tous les moments sont les meilleurs ! Ça peut être n’importe quand : à la naissance d’un enfant, suite à un défi, quand on en ressent l’envie, l’énergie… 

5. Cela a t-il du sens de faire cette feuille de route seul(e) ? 

Oui ! Ça permet de nous poser les questions à nous-même, d’incarner les valeurs et de nous ancrer.  Cela peut aussi offrir un point d’accroche pour discuter dans le couple. 

6. Les enfants connaissent-ils la feuille de route ? 

Le fait que ce soit au départ une réflexion d’adulte semble important pour les fondations. 

Pour autant, selon le ressenti personnel, les habitudes familiales et l’âge des enfants, la feuille peut être source de discussion, surtout si elle est affichée en évidence. Les plus grands pourraient même l’enrichir.

Pour les plus jeunes, on s’attachera surtout à leur transmettre le fond en le modelant et en verbalisant les valeurs familiales (on cherche la coopération pas l’obéissance, on est une équipe …). 

7. La feuille de route évolue-t-elle ? 

Oui absolument. 

Si l’évolution ne devrait pas être drastique puisque cette feuille reflète ce que l’on est au plus profond de nous, on peut par exemple y ajouter un élément suite à notre expérience du quotidien ou aux défis liés à l’âge des enfants. 

Exemples : Savoir accueillir ses émotions pour en faire une force / Développer une intelligence manuelle pour être débrouillard/ Être soi-même et s’affranchir du regard des autres … ou tout autre thème qui aurait pu nous échapper à la construction de la feuille. 

Mon article touche à sa fin, j’espère vous avoir donné l’envie de construire cette précieuse boussole afin de ne pas vous perdre dans la navigation mouvementée de la parentalité positive !  Il est précieux de pouvoir revenir à votre bonne vieille carte en cas de tempête ! 

Racontez-moi ce que vous en pensez, votre expérience et pourquoi pas son contenu si vous mettez la feuille de route en place chez vous. 

A quoi tient la capacité au bonheur ? Nous savons aujourd’hui que le bonheur n’est pas lié à la facilité de notre situation de vie. Certaines personnes ont « tout pour être heureux », et ne le sont pas. D’autres, au contraire, vivent des difficultés immenses, et gardent la foi en la vie, le sourire, la confiance. Il suffit souvent d’une vie simple pour être bien. Alors, d’où ça vient ? Comment être heureux ? Est-ce que ça s’apprend ? Est-ce que ça s’enseigne ? Oui, peut-on peut apprendre le bonheur aux enfants ? C’est ce dont j’aimerais parler aujourd’hui…

A la poursuite du bonheur

Droit inaliénable

Chaque individu, probablement, est en quête du bonheur. Une quête tellement fondamentale qu’elle est inscrite en droit inaliénable dans la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique :

« Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leurs créateurs de certains Droits inaliénables, parmi lesquels la Vie, la Liberté, et la poursuite du Bonheur. »

Ensuite, bien sûr, chacun a sa propre manière de trouver le bonheur… ou du moins de chercher comment être heureux !

Cette quête du bonheur explique-t-elle partiellement le consumérisme américain, encouragé par des publicités qui induisent que posséder tel ou tel produit vont permettre le bonheur ? Je ne me lancerai pas dans ce débat ici.

Ce que je voudrais partager en revanche, c’est cette aspiration qui nous anime, en tant que parents, à chercher le bonheur non seulement pour nous, mais également pour nos enfants.

Transmettre la faculté au bonheur à nos enfants

Lorsque j’anime des ateliers pour les parents, je prends toujours un moment, lors de la première séance, pour faire le point sur ce que l’on aimerait voir plus tard chez nos enfants.

Une manière d’encourager les parents à faire un premier pas vers leur plan de route parental.

C’est une bonne méthode également pour s’interroger sur nos valeurs, sur nos priorités.

Si je vous donne une liste de qualités, de compétences, de valeurs positives, vous allez me dire que vous aimeriez toutes les voir chez vos enfants. Evidemment ! Mais en réalité, on se rend compte que nous ne plaçons pas tous nos priorités aux mêmes endroits.

Hier soir, avec le Cercle des parents heureux, nous avons partagé une séance atelier sur nos « feuilles de route », et ça a été l’occasion de voir à quel point ce que nous avions chacun noté reflétait ce qui comptait pour nous, et de pousser la réflexion, encore.

Enfin, tout ça pour dire qu’en général, lors de cet exercice, on trouve un parent qui évoque cette aptitude au bonheur. Parce que dans le fond, c’est bien ça l’essentiel, non ? Que souhaite-t-on le plus pour nos enfants ? Qu’ils soient heureux… Mais cela ne nous tombe pas simplement dessus, l’important, en fait, c’est qu’ils trouvent comment être heureux !

Comment être heureux ?

Une fois qu’on a posé cet objectif, on n’a pas pour autant trouvé la recette. Si elle existait, cela se saurait !

Et si la recette était propre à chacun ? Je dis souvent à mes enfants « Tu es responsable de ton bonheur. »

Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’il y a des méthodes, et qu’on peut choisir, plutôt que de simplement attendre que le bonheur nous tombe dessus, de les apprendre, pour apprendre à être heureux.

Se connaitre, s’écouter, se faire confiance

Plus j’avance dans la vie, et plus je perçois qu’effectivement, la recette est, et doit être, individuelle.

Ce qui implique que pour trouver notre propre recette, il faut d’abord se connaître.

Notre société laisse peu le temps à l’introspection, mais quand même…

Ces dernières années, on parle de plus en plus de méditation, en pleine conscience ou pas, (la pratique de la méditation m’avait bien inspirée moi-même, et je poursuis cette démarche de manière irrégulière), de prendre le temps, de faire des pauses.

Prendre conscience qu’il y a un monde en nous, et qu’il en vaut la peine. Qu’être fidèle à ce que nous sommes  a plus de prix que celui de se conformer…

Encore faut-il savoir s’écouter ! Pas toujours simple, on ne l’a pas appris !

Qu’est-ce que je ressens, là, maintenant ? Quels sont mes besoins ?

Première étape dans la démarche : s’ouvrir à ses émotions, à celles de nos enfants. (Vous n’y êtes pas ? Commencez par ma formation en 15 jours sur le sujet : Accompagner les émotions, et votre perspective sur ce sujet aura déjà un peu changé…)

Alors seulement, on pourra s’interroger sur la manière dont nous répondons à ces besoins, sur ce qui nous nourrit, indépendamment peut-être de ce qui est attendu de nous.

Chercher comment concilier nos besoins avec ceux des autres, trouver des consensus, être authentique.

Et nos relations s’en trouveront enrichies !

Savourer

Un autre aspect qui me parait fondamental dans cette capacité au bonheur est celui de savourer.

Savoir savourer ce que l’on a, ce que l’on vit.

Arrêter d’attendre. Ne pas se dire que tout ira bien quand..

Ce moment est ce qu’il est. La vie, c’est maintenant. Prenons ce qu’elle nous offre, et savourons-le.

Cela n’empêche pas les projets, ni l’ambition. On peut toujours continuer à avancer, à améliorer, à « chercher le mieux », comme on dit dans le cercle. Mais le chemin est également appréciable.

Garder la joie de vivre pendant notre cheminement, avoir confiance, profiter.. Voici des valeurs que j’aimerais transmettre à mes enfants !

Concrètement, comment le vit-on ? Et comment le transmet-on, pour apprendre le bonheur à nos enfants ?

Je réunis ces deux questions dans mon titre, parce que les deux se font simultanément, je crois.

On transmet beaucoup plus par notre exemple, notre modèle, que parce que ce que l’on dit, c’est bien connu.

C’est merveilleux d’ailleurs, parce que cela veut dire qu’il « suffit » de se consacrer à notre propre apprentissage pour le transmettre à nos enfants. Voilà pourquoi ce chemin de parentalité positive est devenu un chemin de développement personnel.

Donc, pour transmettre à nos enfants une certaine aptitude au bonheur, il s’agit d’abord de la développer pour nous-mêmes.

Car apprendre le bonheur à nos enfants, c’est d’abord les aider à développer cette aptitude au bonheur, qui dépend de chacun.

On ne pouvait pas mieux tomber, les recherches en psychologie positive de ces dernières décennies nous y aident, nous donnent enfin des pistes sérieuses.

La gratitude

D’abord, première réponse apportée par la psychologie positive à « comment être heureux ? » :  la gratitude !

Ça, c’est déjà une très bonne manière de savourer ce que l’on a !

Etre conscient des petits bonheurs de la vie, prendre le temps de s’arrêter dessus, d’en prendre conscience, d’en être heureux, justement. De remercier la vie pour cela.

Alors, oui, mes grands se moquent un peu de mon expression de la gratitude parfois : « #gratitude » disent-ils un peu ironiquement… mais je sais qu’ils reçoivent le message.

Gratitude d’avoir une famille unie

Gratitude du temps partagé

Gratitude de pouvoir aider les autres

Gratitude d’apprendre, tous les jours, de nouvelles choses

Gratitude de voir la pleine lune, si belle…

Savez-vous qu’en prenant l’habitude de noter chaque jour nos gratitudes de la journée, on entraine vraiment notre cerveau à se focaliser sur le positif, et à être plus heureux ?

C’est d’ailleurs le premier exercice que nous propose Tal Ben-Shahar dans son bouquin « Apprendre à être heureux« …

Désirer ce que l’on a déjà

Dans la même veine, mais encore en amont, je me suis mise à prendre le temps de désirer ce que j’ai déjà. Et à le verbaliser.

Par exemple, il m’arrive de dire, alors que je suis sur le canapé, à lire un livre à mon fils : « Je désire avoir mon petit garçon blotti contre moi pendant que je lui lis l’histoire… Oh ! Je l’ai ! »

Récemment, j’ai vu une petite vidéo qui m’a interpellée, et m’a confortée sur cette voie.

C’est l’extrait d’un cours de philosophie de André Comte-Sponville, de Genève, intitulé « La phrase la plus triste de l’histoire de la philosophie. »

Pour bien la comprendre, il faut voir la vidéo. Cependant, en voici l’essentiel :

  • La phrase en question :

« Ainsi, toute notre vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui. » Schopenhauer

  • Souffrance -> parce que je désire ce que je n’ai pas
  • Ennui -> parce que j’ai ce que, dès lors, je ne désire plus

Ca rejoint bien ce que l’on disait, non ? Moi, en tout cas, j’en déduis que si je veux le bonheur, si je veux sortir de cette oscillation de la souffrance à l’ennui, et compte tenu de cette démonstration, il suffit que je désire ce que j’ai !

cqfd.

Qu’en dites-vous ?

Il y a peu, j’ai assisté à une présentation sur le thème de la culpabilité. Cette conférence était organisée par une association de familles, alors évidemment, le public était majoritairement composé de parents, mais le thème était la culpabilité en général. Au début de la présentation, l’intervenante a demandé à chacun de citer une situation dans laquelle nous nous sentions coupables.
Une bonne moitié des réponses concernait le comportement face aux enfants :
“Je me sens coupable quand je crie sur mes enfants.”
“Je me sens coupable quand je n’arrive plus à être patiente en fin de journée.”
“Je me sens coupable quand je n’arrive pas à me faire obéir et que je bascule dans la force.”

La culpabilité est un sentiment très présent chez les parents, et particulièrement chez les mères.
J’avais donc envie de vous en parler.

Comme d’habitude, écrire m’aide à réfléchir. Et ce n’est sûrement pas un hasard si je trouve aujourd’hui une illustration concrète de ce thème dans ma vie personnelle.
J’ai commencé à écrire cet article il y a quelques jours, et ce matin, justement, je me sens coupable…
Je vais donc vous raconter pourquoi, en toute honnêteté, et en ravalant ma honte.

Si vous voulez écouter cet article sous sa forme audio, en voici l’enregistrement.

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Mes premiers mots de l’année

Le contexte

Nous sommes en vadrouille en famille en Inde. Cette nuit, notre camp de base est un genre de lodge au bord d’une réserve d’oiseaux, en pleine nature. C’est super beau.
Nous logeons dans des espèces de grandes tentes-maisons. Et c’est ici que nous avons fêté le nouvel an.

Ce matin, c’est le bruit de Léon fermant la tente en sortant qui m’a réveillée. Il avait été très discret, ai-je découvert ensuite, puisqu’il s’était habillé dans le presque noir, et avait bien bordé ses doudous avant de sortir.
Il est ensuite allé rejoindre son frère et son copain devant la tente voisine, et ils se sont mis à jouer.
Seulement voilà, leur enthousiasme occultait complètement l’heure…
Nous sommes le matin du 1er janvier, il est 7h30, et eux crient.
Moi… je m’énerve !

Un déclencheur

On est tous plus ou moins résistant au manque de sommeil. Je ne lui suis pas.
Pour moi, la fatigue est réellement un ennemi. Elle a facilement pour effet de me transformer en sorcière.
Comme je le sais, je m’énerve d’avance, et le bruit le matin est un de mes déclencheurs : je n’arrive pas à supporter que ceux qui sont réveillés ne fassent pas attention à ceux qui dorment. Je me répète que c’est un manque de respect dingue, alors même que l’autre voix dans ma tête sait que cela n’a rien à voir, que les enfants oublient et ne se rendent pas compte… Mais c’est malgré tout souvent la première voix qui l’emporte, malheureusement.

Et c’est ce qui se passe ce matin, alors que je me lève pour dire :
“Oh, les gars !! Y’a des gens qui dorment dans ce camp ! Il y a nous de ce côté, et d’autres gens de l’autre côté !
Alors soit vous êtes capables de jouer dehors sans faire de bruit, soit c’est dans les tentes avec un bouquin, c’est clair ?”

Hum…. comme parent positif, on fait mieux…

C’est drôle d’ailleurs ; on sent dans mes mots que j’ai intégré certains principes, qui ressortent même dans la colère.
Je ne leur dis pas qu’ils sont insupportables : je décris la situation, je leur donne un choix et une conséquence claire.
J’aurais presque pu dire la même chose et que ce soit adapté.
Seulement les mots ne font pas tout. Ici, mon ton est agressif.
Quoi que je dise, je le dis mal. Je ne suis pas dans l’encouragement, mais dans le rabaissement. Je ne suis pas dans l’écoute mais dans l’imposition et l’exigence. Je ne suis pas dans la coopération mais dans le reproche et le pouvoir.

La culpabilité pointe son nez

Je me recouche, aussitôt envahie par la culpabilité.
Mes premiers mots de l’année seront donc ceux-là. Une agression. Je ne peux plus changer ça.

Et puis… comment puis-je leur demander de parler gentiment quand je leur donne ce modèle-là moi-même ?
Je respire.

Changement d’approche

Cinq minutes plus tard, quand les cris reprennent (ils font à présent un concours de lancer de billes et hurlent : “gagné !!”), je ressors calmement, m’approche, et leur dis :
“Ecoutez, les gars. D’abord, je voudrais vous demander pardon du ton que j’ai utilisé avant.
Ensuite, je vois que c’est vraiment difficile pour vous de ne pas crier.
Vos billes arrivent juste devant la tente des voisins, et vous les gênez forcément.
Vous aurez encore plein d’autres moments dans la journée pour jouer à ça, et faire du bruit.
Là, maintenant, il vaudrait mieux trouver une activité qui ne dérange pas les autres.”
Alors, Léon part en courant : “Je vais à la cible !”.
Il y a en effet une cible avec un arc et des “flèches” au bout en caoutchouc dans la partie commune du camp, un peu plus loin des dormeurs.

Les deux autres veulent suivre.
“Aucun problème, leur dis-je, il faut juste être habillé pour aller là-bas.”
Ils rentrent dans leur tente pour enlever les pyjamas.
Je retourne dans la mienne, un peu soulagée.
Mais je sais que je ne dormirai plus.

Comment je me sens

Honnêtement, mes sentiments sont confus à ce moment-là :

  • un reste de culpabilité
  • un soulagement d’avoir su redresser la barre
  • un sentiment d’injustice parce que finalement, ma nuit a bien été interrompue
  • de l’acceptation, parce que ce sont des enfants
  • du ressentiment quand même à cause de cette interruption.

Pour autant, je me dis :
Oui, il est injuste que je sois réveillée parce qu’ils font trop de bruit, alors qu’ils auraient pu -ils auraient dû même !- jouer calmement.
Mais voyons les choses objectivement : est-ce que les agresser aide à résoudre la situation ?
Absolument pas !
On peut même penser, et observer, que c’est lorsque j’aborde les choses calmement que les solutions apparaissent.
J’aurai donc toujours plus à gagner à éviter l’agression.
A court terme pour mon sommeil, à long terme encore plus, pour tous leurs conflits à venir, au cours desquels ils vont vraisemblablement user des techniques qu’ils auront observées.

Et je reste donc, avec mon sentiment de culpabilité.
Que vais-je en faire ? On en parle ?

Qu’est-ce que la culpabilité ?

Commençons par le commencement. D’où vient ce sentiment de culpabilité ?
Qu’est-ce qui se joue en nous pour faire naître cette expérience émotionnelle, somme toute plutôt désagréable ?

Voilà la première chose que nous explique Camille Sépulchre, l’intervenante, et que je note immédiatement en gras, tant ça me parait limpide.

La culpabilité nait d’un conflit psychique : elle vient du décalage entre moi tel(le) que je voudrais être, et moi tel(le) que je suis.

C’est exactement ce qui s’est joué ce matin : le décalage entre la maman positive, qui enseigne à ses enfants, par le modèle, à parler gentiment, qui fait preuve de tolérance pour leur temps d’apprentissage, et celle qui s’est mise à agresser ses enfants de but en blanc.
Ce décalage a immédiatement déclenché ma culpabilité.

Pour notre esprit, la culpabilité est alors une façon de réparer : on s’en veut et ça répare un peu ce qu’on a fait.
Vous avez déjà senti ça ?

Nous sommes juges de nous-mêmes

Discuter de cette culpabilité est également l’occasion de revenir sur un point fondamental : la responsabilité de nos sentiments.
C’est une notion fondamentale, très bien expliquée dans la CNV (cf. Les mots sont des fenêtres) :
nous sommes responsables de nos sentiments.

Si vous lisez cela pour la première fois, vous pouvez être surpris.
L’idée est pourtant simple. Des circonstances identiques font naitre des sentiments différents.
Je suis facilement agacée par quelque chose qui, au contraire, plait à mon voisin. C’est donc bien que ce n’est pas la situation elle-même qui engendre mon sentiment, mais moi.
Ou, plus précisément, mes pensées.

Dans le cas de la culpabilité, nos propres pensées sont des jugements.
“Je n’aurais pas dû..”, “J’ai tort…”, “Je ne suis pas capable..”, “Je devrais…”

Nous sommes notre propre juge, et nous nous jugeons nous-mêmes très durement.
Cependant, le fait que cette culpabilité découle de nos pensées en fait un sentiment réellement très personnel.
D’autant qu’elle est particulièrement influencée par nos expériences passées, comme nous allons le voir.

Les différentes formes de culpabilité

Ces pensées qui créent chez nous un sentiment de culpabilité viennent elles-mêmes de niveaux différents.
Elles viennent :

  • de nous et de nos aspirations
  • de ce que la société nous a transmis
  • de ce que nos parents et ancêtres nous ont transmis

Plus la culpabilité vient de loin, plus elle est inconsciente.
Car beaucoup de nos jugements sur nous-mêmes sont directement liés à des croyances qui sont véhiculées sans même que l’on en ait vraiment conscience.

Quelques exemples de ce que peut nous avoir transmis la société :
“Je dois savoir gérer mon travail, ma famille, et ma maison.”
“Je ne suis pas là pour me faire plaisir.”
“Les enfants doivent obéir aux adultes.”
“Je dois penser aux autres avant de penser à moi.”
“Un garçon, ça ne pleure pas.”
“Il faut être efficace.”
“Il faut travailler à corriger ses faiblesses plutôt que se focaliser sur ses forces.”

Quelques exemples de ce que peuvent nous avoir transmis nos parents, qui se confond parfois avec ce que nous a transmis la société :
“Je n’ai pas le droit à l’erreur.”
“Je me débrouille seul.”
“On ne peut pas savourer si on n’a pas d’abord souffert.”
“La vie, c’est comme un match de boxe, il faut être le premier.” (spéciale dédicace à mon grand-père qui nous disait ça régulièrement… Heureusement, on n’écoutait pas toujours !)

Toutes ces croyances ancrées en nous, influencent nos pensées, qui, à leur tour, créent ce sentiment de culpabilité.
Par rapport au geste qu’on vient de faire, à la pensée de ce qu’on aurait pu commettre…
Et que l’on traduit par ce genre de pensées, mi-conscientes :
“Je ne suis pas à la hauteur de ce que les gens attendent de moi.”
« Je ne passe pas assez de temps avec mes enfants. »
En fait, nous sommes en décalage avec une certaine idéalisation de nous-mêmes.

Nous voyons bien ici la part de l’inconscient dans ce sentiment de culpabilité :
1- la culpabilité vient du décalage de ce que nous sommes avec l’idée que nous nous faisons de ce que nous “devrions” être.
2- or, ce que nous devrions être vient de nos croyances héritées de nos parents et de la société.

Ce qui est clair, c’est que plus nous nous situons dans l’inconscient, et plus il est difficile de passer au dessus de notre sentiment de culpabilité.

La culpabilité est un signe de bonne santé psychologique

En effet, que serait un monde sans culpabilité ?
Alors, on verrait probablement :
un manque de scrupules, un égoïsme absolu, un manque d’empathie…
Bref, éradiquer la culpabilité ne serait pas une bonne idée !
Comme tous les sentiments, en fait, la culpabilité a bien une raison d’être.

Notre sentiment de culpabilité prouve que nous savons reconnaitre le bien et le mal.
Seuls les vrais psychopathes n’ont pas de culpabilité !

La culpabilité nous arrive sans que nous le choisissions.
En revanche, nous avons alors le choix de ce qu’on fait de cette culpabilité.
C’est à nous de décider comment y réagir.

Que peut-on faire de notre culpabilité ?

Il y a quelques années, j’écrivais ici-même que “notre culpabilité est une bonne nouvelle.
J’expliquais en effet que la culpabilité était pour moi une prise de conscience qui pouvait servir de point de départ, et c’est ce dont nous allons parler ici.

Culpabilité saine et culpabilité malsaine

Il existe en fait deux manières de vivre notre culpabilité.
On peut parler de culpabilité saine et de culpabilité malsaine.

Culpabilité malsaine

Je me figure la culpabilité malsaine comme un boulet à notre pied.
Cette culpabilité est celle que l’on ressasse, en boucle.
Plus on s’enfonce, plus elle est présente. Plus elle est présente, plus on se juge, et plus cela détruit notre estime de nous-même. C’est alors un cercle vicieux, très pénible.

La culpabilité malsaine nous immobilise, c’est évidemment celle dont on veut le plus se débarrasser.
Cependant, s’en débarrasser ne veut pas dire faire une croix sur la culpabilité dans son ensemble, mais plutôt décider d’agir pour en faire une culpabilité saine.

Culpabilité saine

La culpabilité saine, elle, est plutôt un moteur.
Lorsque l’on sait la recevoir, elle nous donne l’énergie qu’il nous faut pour avancer.

On a vu déjà que la culpabilité découlait d’un décalage entre ce que nous sommes et ce que nous voudrions être. En prendre conscience permet d’entamer un travail sur soi.

Travailler sur soi n’est pas toujours simple, car cela implique souvent une remise en question qui nous rend inconfortable. Sans parler du temps d’investissement nécessaire.
Mais notre culpabilité est sans aucun doute une motivation : l’envie de ne plus la ressentir nous poussera à avancer ! Voilà pourquoi je parle de moteur…

Cependant, l’action ne sera pas toujours la meilleure voie à suivre. En fait, la culpabilité saine engendrera toujours une réflexion chez nous.
Ensuite, nous déciderons s’il convient d’entrer en action ou non.

Deux scénarios sont possibles :

  • Agir pour se transformer
  • Surmonter notre culpabilité

Agir pour se transformer : la méthode

Nous parlons ici d’utiliser la culpabilité comme moteur pour se transformer. Pour tendre un peu plus vers cet idéal que nous avons en tête et qui nous fait nous sentir coupable.
Encore faut-il savoir comment faire cela.

Je vais donc vous livrer ici un exemple personnel, que Camille, la présentatrice, m’a aidée à creuser lors de sa présentation.

Ma situation

“Je me sens coupable quand j’en veux à mon mari de prendre du temps pour lui.”

Oui… je l’avoue (et j’ai un peu honte).
Le week-end, mon mari trouve de plus en plus souvent l’occasion de faire un peu de saxophone.
Une partie de moi se réjouit qu’il renoue avec cette passion qui a été un peu moins présente ces dernières années, et l’autre lui en veut d’y consacrer du temps.
En toute objectivité, je sais que je ne devrais pas lui en vouloir. (Vous remarquez le “je ne devrais pas”, qui parle de qui j’ai envie d’être). Ce n’est pas comme s’il ne s’impliquait pas dans la maison ou avec les enfants. Il trouve honnêtement le bon équilibre, et pourtant, je sens cette négativité en moi, que je ne voudrais pas ressentir !

Camille m’a encouragée à chercher les conflits intérieurs et les idéalisations auxquelles cette situation me renvoyait.

La situation est celle qu’elle est. Soit.
J’ai donc le choix : soit je reste avec ça, je me morfonds, et je tourne en rond avec l’idée que je ne devrais pas ressentir ça, mais sans rien y faire, ce qui devient un boulet à mon pied (culpabilité malsaine), soit je décide d’entamer un travail qui me permettra de mieux comprendre ce qui se joue.

Recherche des idéaux cachés derrière ma culpabilité

On voit bien qu’il y a ici un décalage entre qui je suis dans cette situation et la personne que j’aimerais être. Je vais donc m’y arrêter un moment.

Quel est mon idéal ?
J’aimerais être contente pour lui.
J’aimerais moi aussi prendre du temps pour moi. → Ah ! Il y a également de la jalousie là-dessous ! Mais pourquoi est-ce que je ne prends pas du temps pour moi ?
Je voudrais avoir une maison qui tourne (et pour cela, j’y consacre de l’énergie, c’est mon choix)
Je voudrais qu’il soit présent à ses enfants. – Hum… voilà qui nécessite également une réflexion plus poussée : d’abord, parce qu’il est présent à ses enfants – pas un week-end sans un jeu de société par exemple -, ensuite parce que je sais bien que pour être réellement présent à ses enfants, il faut également prendre du temps pour soi !

Voici donc mon idéal, très clair :
me réjouir qu’il puisse prendre du temps pour lui sans arrière-pensée
et prendre également du temps pour moi sans arrière-pensée

Une réflexion qui se prolonge

Dans les jours qui suivent cette présentation, j’ai l’occasion de pousser encore un peu cette réflexion.
Je m’aperçois que la construction de notre équilibre de vie crée un décalage entre nous.
Du fait que je travaille à la maison, j’ai parfois l’occasion de prendre du temps pour moi dans la semaine. Bien sûr, comme tout le monde, je cours plutôt après le temps ! Mais quand même, convaincue que respirer et remplir mon réservoir est fondamental, faute de quoi je ne suis pas la maman que j’ai envie d’être, je m’accorde des pauses qui me font du bien.
De son côté, Nicolas a peu d’occasion de faire de même. Faire du saxophone est son moment. Et je sais que lorsqu’il a pu souffler dans son saxo, il est ensuite plus détendu, et s’occupe par exemple plus facilement du bain des enfants. Parce qu’il a rempli son réservoir.

La transformation

Cela n’a l’air de rien, mais cette analyse m’a aidée à passer à l’action.
Le week-end suivant, je sens une vraie transformation en moi.
Nicolas part faire du saxo, et moi, je me réjouis pour lui. Réellement, et sincèrement !

Reste à voir si cela durera, mais je sens bien que j’ai franchi un pas important.
D’ailleurs, je n’hésite plus à aller prendre un bain avec un bon livre, dont je sors à mon tour plus reposée ! Cela va également avec un apprentissage du lâcher-prise qui m’appartient complètement.

Quand nous ne sommes pas dans l’action : surmonter la culpabilité

Il existe encore des tas de situations où il est possible de se sentir coupable sans que nous puissions agir pour que la situation change.
Prenons le cas de quelqu’un qui a du mal à supporter d’être privilégié sans l’avoir forcément mérité.
Ex : “J’ai des enfants facilement, alors que ma voisine n’y arrive pas.”

Encore une fois, tout le monde ne ressent pas de la culpabilité dans une telle situation. Mais, si nous nous plaçons dans le cas d’une maman qui en ressentirait, voyons quel serait l’idéal derrière ce sentiment.
Probablement quelque chose de l’ordre de :
« Dans mon idéal, tout le monde a les mêmes chances, et dans mon idéal je ne fais pas face à la tristesse de l’autre. Dans mon monde idéal, je ne rendrais personne triste. »

Pas possible de changer la situation, mais pourquoi pas essayer de développer son empathie, d’écouter l’autre, d’adapter son comportement…

Et puis, on peut se poser soi-même la question suivante : “Je ressens de la culpabilité. Qu’est-ce que j’en fais pour moi ?”
Surmonter sa culpabilité dans ce cas peut signifier s’en débarrasser par la gratitude.
Reconnaître qu’on n’est pas responsable de la situation des autres, et se sentir reconnaissant de ce que l’on vit.

Un choix

Voilà, je vous ai livré tout ce que je savais, ou presque.
Je sais qu’il me reste à mener le travail que je vous ai décrit plus haut sur la situation exposée en début d’article. J’ai commencé à le faire, mais j’aimerais mener ce travail à son terme pour vous en parler un peu plus sans alourdir cet article déjà long.

Une chose à retenir en tout cas : on ne choisit pas de se sentir coupable, mais on choisit bien ce que l’on fait de cette culpabilité.
Pour moi, le choix est désormais fait : je veux embrasser ma culpabilité pour chercher les idéaux et croyances qui se cachent derrière.
Attendre que les choses changent d’elles-mêmes ne fonctionne pas.

Et vous, quand ressentez-vous de la culpabilité ?

Cela fait maintenant quelques années que j’avance sur le chemin de la parentalité positive, et il n’y a aucun doute sur le fait que notre famille a énormément évolué. Ne croyez pas pour autant que tout roule toujours sans accroc. Non, je continue à avoir des moments difficiles ; des moments de découragement, de doute (enfin, non, pas vraiment de doute, quand même !).  Ce que j’ai pu observer cependant, c’est que ces moments sont directement liés, non pas au comportement des enfants, mais plutôt à la manière dont je me sens, moi. Voici donc la conclusion à laquelle je suis arrivée, qui devrait peut-être plutôt être un point de départ : la bienveillance commence par soi-même.

— Note : cet article fait partie d’un carnaval d’articles organisé par mon amie Emma, du blog Parent plus qu’imparfait, sur le thème : “Parentalité bienveillante : et si la bienveillance commençait par soi-même ?” Vous pourrez donc bientôt trouver ici un lien vers l’ensemble des articles écrits sur ce thème par les différents blogueurs participant à ce carnaval —

Devenir un parent bienveillant

L’intention, d’abord.

Nous qui avançons sur le chemin de la parentalité positive avons en commun cette aspiration à nous améliorer dans notre posture parentale.

Je crois que nous avons tous pris conscience de la nécessité d’évoluer dans nos habitudes et dans nos croyances, pour offrir à nos enfants un autre modèle. Pour cela, nous sommes prêts à nous remettre en question, à chambouler les schémas, pour adopter d’autres attitudes.

De nouvelles aptitudes

Forts de cette conviction, nous piochons dans tout ce qui est à notre disposition pour apprendre, et nous imprégner d’un autre modèle. Avancer doucement vers le parent que nous rêvons d’être nous demande de développer certaines compétences dont nous ignorions jusqu’à l’existence auparavant : compétences d’écoute, de communication, de perspective…

Nos enfants sont nos meilleurs maîtres, et, si cela demande de l’énergie, quel bonheur de voir notre relation évoluer, et nos enfants grandir en confiance.

Difficulté de garder le cap

Malheureusement, ce chemin est semé d’embûches.

Car un apprentissage prend du temps. Nous avançons bien, mais faisons aussi régulièrement des pas en arrière, volontairement ou non. Et cela peut être difficile à accepter.

Qu’est-ce qui se met ainsi en travers de notre chemin ?

  • le regard des autres, leurs commentaires : je vois beaucoup de parents qui ne se sentent pas soutenus dans leur démarche (car devenir un parent bienveillant est encore à contre-courant), et qui ont bien du mal à conserver leur énergie dans un environnement négatif…
  • la difficulté de trouver notre équilibre : savoir se positionner de manière adéquate en alliant fermeté et bienveillance , réussir à rester bienveillant sans tomber dans la permissivité, écouter son enfant et lâcher prise, tout en s’écoutant soi-même… pas toujours facile
  • nos dérapages – en théorie, tout est clair, on sait comment réagir. En pratique, on craque. Parce qu’on n’a pas le temps, ou la patience, parce que nos anciens réflexes l’emportent dans la tempête !

“Pour se comporter bien, il faut se sentir bien”

Voilà l’une des croyances fondamentales de l’éducation positive.

Le vrai parent bienveillant est celui qui a compris que si notre enfant a un comportement inapproprié, c’est que quelque chose ne va pas bien.

C’est grâce à ce principe que nous réussissons à poser un regard bienveillant sur notre enfant, pour essayer de le comprendre et appréhender les choses autrement que selon le schéma vertical dont nous avons usuellement hérité.

Poser un regard bienveillant sur nous-mêmes

Et si nous réussissions à présent à nous appliquer ce principe à nous-mêmes ?? Car voilà, je crois, la raison de nos dérapages évoqués ci-dessus : si nous ne comportons pas “bien”, c’est que nous ne nous sentons pas bien !!

A chaque fois que notre comportement (de parent en particulier, mais pas seulement) ne correspond pas à ce que nous avions fixé, nous pouvons choisir :

Rester sur nos erreurs et les condamner n’est pas bienveillant. Accepter nos erreurs et chercher à les réparer correspond bien plus à ce que nous cherchons à enseigner à nos enfants, non ?

C’est cela, au quotidien, appliquer la bienveillance à tous les niveaux.

Avez-vous déjà remarqué, par exemple, que notre fatigue a généralement raison de notre humeur ? Chez moi, c’est simple : si je ne dors pas assez, je sais que j’ai tout de suite plus de chances de voir surgir la sorcière en moi…

Or, pour nous sentir bien, il ne suffit pas de bien dormir, l’équation, comme pour les enfants, est plus complexe…

Comment vivre la bienveillance en commençant par nous-mêmes ?

Je crois que la première pierre à poser, encore une fois, est un changement de perspective : arrêter de considérer que commencer par nous-mêmes est égoïste.

C’est toujours cette image du masque à oxygène dans les avions : il nous est bien expliqué de commencer par l’enfiler nous-mêmes avant de le passer à nos enfants. C’est évident : si nous manquons nous-mêmes d’oxygène, nous n’en aurons pas pour bien nous occuper de nos enfants.

S’occuper de nous, c’est donc aussi faire ce qu’il faut pour bien nous occuper de nos enfants. C’est remplir d’abord notre propre réservoir.

Alors, concrètement, comment cela peut-il se traduire ?

Essayons d’y réfléchir comme si nous cherchions à aider nos enfants… Oui, nous cherchons au quotidien à leur apporter l’environnement qui va leur permettre d’appréhender la vie sereinement. A leur offrir les conditions nécessaires à être bien pour faire face à la vie avec appétit.

Et pour cela, par quoi commençons-nous ?

D’abord, par leurs besoins physiques : le sommeil, comme nous l’avons déjà évoqué, des repas équilibrés, et la sécurité.

Puis, par leurs besoins émotionnels : l’écoute, le temps partagé, le plaisir de l’instant.

Et si nous suivions le même ordre pour nous-mêmes ? Car, pour nous aussi, tout ceci est important !

Veillons donc à nos besoins physiques, puis à nos besoins émotionnels. Si nous sentons que nous avons besoin d’un temps personnel, prenons-le ! C’est une manière de se respecter soi-même, et le point de départ d’une sérénité qui aura sans aucun doute un impact positif dans notre vie.

le pouvoir de l’auto-empathie

Avez-vous déjà entendu ce terme ? Je l’ai découvert dans un tout petit livre de Philippe Beck, et je le trouve très intéressant.

Il s’agit de vivre l’empathie pour nous également. Oui, nous cherchons à développer l’empathie de nos enfants, pour les aider à grandir dans un monde où ils ne se sentent pas seuls, mais connectés. Et je sais qu’en faisant cela, nous encourageons un changement de la société dans laquelle nous vivons, c’est magique !

Seulement voilà, l’empathie, cela vaut la peine de la vivre également pour soi-même. Car nous sommes responsables de notre propre bonheur. (Ouh là.. ça vous fait peur, ou ça vous libère, cette phrase ?)

Alors, pour donner la meilleure version de nous-mêmes, soyons d’abord à l’écoute de nous-mêmes ! Pas égoïstes, pas auto-centrés, pas individualistes, mais à l’écoute, vraiment. Sans quoi, si nous passons à côté de nous, il va être compliqué d’avancer réellement avec les autres…

L’impact de cette auto-bienveillance sur le modèle que nous donnons

Permettez-moi enfin de boucler la boucle.

Si notre objectif est de devenir un parent bienveillant, nul doute que nous chercherons à recevoir les émotions de notre enfant, à essayer de l’aider à développer la confiance en lui, le fait de s’écouter et de se respecter lui-même. De prendre soin de lui plutôt que de s’appliquer à faire toujours ce que les autres attendent de lui.

L’accepter et lui apprendre à s’accepter pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il fait (l’un des pièges de l’amour conditionnel)

Seulement voilà, arrêtez-moi si je me trompe, mais vous avez sûrement déjà entendu dire que la meilleure manière d’enseigner était de donner l’exemple, non ?

Alors, si nous désirons réellement enseigner cette bienveillance à nos enfants, ne serait-il pas judicieux de leur montrer comment nous vivons ces valeurs nous-mêmes ?

L’impact de développer ces principes pour nous-mêmes, et pas seulement par l’enseignement, peut être très fort. Cela me fait d’ailleurs penser à une étude citée par Catherine Gueguen dans Heureux d’apprendre à l’école. Elle explique que lorsque les enseignants ont été formés à la bienveillance, les résultats dans la classe s’en ressentent. Vous voyez ce que cela signifie ?? Que sans enseigner directement les principes aux enfants, la simple attitude des adultes qui les entourent les aide à développer leur confiance en eux…

Alors, êtes-vous prêts à commencer à appliquer cette bienveillance à vous-mêmes ?