Mon entretien délicat avec la professeur de ma fille

La semaine dernière, j’avais un rendez-vous avec la professeur d’anglais de ma fille Alice, en 5e. C’était un rendez-vous à ma demande, suite à un épisode délicat. Ce n’est pas la première fois que je me sens en désaccord avec l’attitude d’un professeur. Plus j’avance sur le chemin de l’éducation bienveillante, plus souvent je me sens en décalage avec d’autres adultes. Il est devenu important pour moi de savoir le communiquer. En voici une illustration.

Préalable

Le matin de ce rendez-vous, j’ai écrit un mail à tous les abonnés des 6 doigts de la main (si vous n’en faites pas partie, je vous invite à corriger cela au plus vite en me laissant votre adresse dans ce formulaire) leur expliquant le contexte, et leur demandant leurs conseils.

J’ai eu plusieurs réponses intéressées et intéressantes, et j’avais promis de tenir mes abonnés au courant de la manière dont se passerait l’entretien. C’est le point de départ de cet article.

Le contexte

Au début de la semaine précédente, les élèves ont présenté un devoir maison qui, semble-t-il, ne correspondait pas à ce que voulait la prof. Elle a donc apporté pas mal de modifications aux papiers de certains élèves, à coup de blanc correcteur.

Ma fille, cependant, avait trop écrit, et les corrections auraient pris trop de temps. La prof a donc décrété que “ce n’était même pas la peine de commencer”, et a simplement froissé le papier d’Alice pour le jeter à la poubelle…

L’histoire ne s’arrête même pas là : le papier en question devait leur servir pour le contrôle qui suivait, Alice a dû se débrouiller sans. “Tu n’as qu’à le faire de tête !” lui a dit sa prof.
Heureusement, elle était au point sur ce qu’elle avait préparé, et a eu 15/15 au contrôle en question.

Pour autant, ce qui me gêne le plus dans cette histoire, c’est cette étape de papier à la poubelle !
Bon sang, est-ce qu’on trouverait cela normal dans un bureau ? Si le chef d’équipe jetait le travail de quelqu’un ainsi, ne considérerait-on pas qu’il lui manque de respect ?
Qu’est-ce qui autorise les adultes à se comporter ainsi avec les enfants ?

Et comment peuvent-ils ensuite demander du respect de la part des élèves, s’ils n’en montrent pas de leur côté ?
Comment faire en sorte d’encourager le monde à réfléchir en terme de respect mutuel ?

Cet épisode est encore pour moi une illustration du fait que le respect est une notion toute relative.

Dans le monde de l’éducation, de surcroit, un professeur pense-t-il qu’un élève peut ressortir motivé d’un tel échange ?

J’ai demandé ce rendez-vous, parce que je ne serais pas alignée avec mes valeurs si je ne cherchais pas à partager ce message avec cette enseignante. Je ne suis cependant pas très à l’aise… Comment va-t-elle me recevoir ?

Je sais que cela dépendra beaucoup de la manière dont je l’aborderai moi-même : il s’agit de faire en sorte qu’à mon tour, je ne lui manque pas de respect. Sinon, je ne risque pas d’être entendue.

Dans l’ensemble

Dans l’ensemble, l’entretien s’est bien passé.

Soit, j’y avais pas mal réfléchi, et je suis contente de la manière dont j’ai réussi à mener les choses. Je sais cependant que j’aurais pu être mal reçue, et cela n’a pas été le cas. Mon interlocutrice a été plutôt réceptive, et ce n’était pas facile pour elle non plus.

Je sais aussi que ce genre d’entretien ne se serait pas passé de la même manière il y a quelques années.

Je trouve toujours impressionnant de constater comment ce que j’ai appris sur le chemin de la parentalité s’applique dans mes relations avec les adultes également.

Première étape : se connecter à l’autre

Ainsi, ma première idée était de d’abord mettre en place une connexion.
En effet, si j’abordais directement un point difficile, j’avais moins de chances d’être écoutée (et encore moins entendue) que si j’échangeais d’abord pour créer un lien.

J’ai donc commencé mon entretien de la manière la plus neutre possible, remerciant la professeur de me recevoir, lui partageant le fait que j’avais déjà hésité à la voir au début de l’année, pour lui parler d’Alice, et que j’avais finalement décidé de les laisser prendre leurs marques. Que j’aimerais bien avoir son retour sur Alice maintenant.

Alice est en effet un cas particulier : elle arrive en 5è dans une classe d’anglais “normale”, alors qu’elle sort de 7 années en école américaine, elle est donc parfaitement bilingue.

Sa prof me répond (avec un peu plus de mots que ça) que tout va bien. Je lui parle quand même du fait qu’Alice ne se sent pas très motivée, ce qui se comprend, et elle revient sur l’idée de laisser Alice lire des livres en anglais pendant le cours, puis de lui faire des compte-rendus écrits une à deux fois par semaine, plutôt que de suivre le cours avec les autres.

Je suis surprise par cette entrée en matière, qui est de bon augure ! La prof se montre en effet flexible, prête à voir la spécificité de chacun. Pourtant, cette idée avait déjà été soulevée en début d’année, et non suivie parce qu’elle demandait à Alice de suivre le cours en même temps qu’elle lisait… Il est possible qu’elle ait eu besoin de vérifier les acquis d’Alice, avant d’être à l’aise avec ce fonctionnement, ou bien qu’elle ait eu peur d’un sentiment d’injustice des autres élèves. Je ne sais pas, et ne le saurai pas. Je suis cependant ravie de cet arrangement, qui n’était pas mon but premier mais promet de changer les choses pour Alice désormais !

Deuxième étape : aborder la situation qui pose problème

Je savais que cela représentait le moment délicat.
Là encore, j’avais réfléchi en amont à la meilleure manière d’aborder les choses.

Finalement, c’est un message d’une lectrice, reçu juste avant mon entretien, qui m’avait offert l’accroche qui me semblait la plus appropriée : lui demander simplement de me raconter sa propre version de l’incident.

J’aimais beaucoup cette idée, pour deux raisons. D’abord parce qu’elle me permettait de m’ouvrir sincèrement à une autre perspective sur l’épisode. Ensuite parce que cela me donnerait l’occasion d’entendre la position de ce professeur sur son geste, pour pouvoir ajuster mon discours.

J’ai donc simplement fait la transition suivante :
“L’autre raison pour laquelle je voulais vous rencontrer, c’était pour parler d’un épisode de la semaine dernière. Il semblerait que les élèves aient dû préparer des notes sur des personnages, Alice avait choisi Alexander Hamilton, et visiblement, certains élèves avaient trop rédigé, et vous avez dû faire des corrections.
Pouvez-vous me dire ce qu’il s’est passé à ce moment-là avec Alice ?”

Etrangement, mon interlocutrice se met alors à réfléchir. “Avec Alice… ? Voyons… Non, je ne me souviens de rien de particulier…”
Je suis estomaquée… Est-ce réel ? Est-ce feint ? Je choisis de faire confiance, et réponds :
“Ca ne vous a pas marquée… C’est fou, je suis contente de venir vous voir, parce que chez nous, ça a été un épisode marquant.”

A présent, à moi de raconter l’épisode. Et je fais attention à ne pas lui dire “vous”, pour essayer de dépersonnaliser la scène, et qu’elle ne se sente pas trop attaquée. Parce que si mon discours provoque une position de défense, je ne pourrai plus faire passer mon message.

“Encore une fois, c’est un peu un téléphone arabe, mais ce qu’Alice m’a dit, c’est :
“Quand la prof a vu tout ce que j’avais écrit, elle a dit “ce n’est pas même pas la peine de commencer”, elle a froissé ma feuille, et l’a mise à la poubelle.”
Autant vous dire qu’en me racontant ça, elle pleurait…”
Réponse de la prof : “Je suis désolée qu’elle l’ait pris comme ça…”

Moi, intérieurement : “Mais bon sang, comment voulez-vous qu’elle le prenne ??”
Moi, extérieurement : “C’est à dire que parfois, on ne se rend pas compte, mais… si vous étiez dans une équipe, que vous rendiez un travail, et que le chef d’équipe jette ce travail à la poubelle, il est probable que vous ne le prendriez pas bien, non ?”

Troisième étape : la justification

C’est amusant, au paragraphe précédent, j’ai écrit que c’était le moment délicat, mais maintenant que j’en arrive à cette étape, j’ai envie de dire que c’est celle-ci !

Parce qu’on entre à ce moment-là dans l’étape dans laquelle la prof essaye d’expliquer son geste, de le justifier d’une certaine manière, ce que je peux comprendre.

J’ai déjà souvent été prise en faute, en contradiction avec mes principes, et il n’est pas rare qu’au lieu de simplement répondre “Tu as raison, je suis désolée”, je commence par me justifier. Si l’on est honnête, je crois que cela nous arrive à tous, non ?

Je sais donc qu’il faut lui laisser cet espace. Espace pendant lequel ni elle ni moi ne sommes bien à l’aise, mais j’ai besoin de ce temps pour passer ensuite à la présentation de mes valeurs.

Elle m’a donc expliqué qu’elle ne pensait pas à mal avec ce geste. Que, certes, il était probablement maladroit, mais qu’il fallait qu’elle puisse poser des limites, sinon les élèves n’apprennent pas à suivre les instructions. Que les notes prises servaient ensuite pour la rédaction individuelle en classe, qu’il n’aurait pas été juste de laisser Alice avec ses notes déjà rédigées alors qu’elle ne les avaient pas laissées aux autres. (Seulement, Alice avait trop écrit pour que cela puisse être ajusté).

Je sens bien pendant qu’elle m’explique cela, qu’elle est nerveuse. Des plaques rouges apparaissent sur son cou. Pour moi, c’est bon signe. Cela prouve qu’elle n’est effectivement pas fière de son geste, et que ses justifications ne la convainquent pas vraiment. Ce qui signifie qu’elle sera probablement réceptive à mon message.

Quatrième étape : partage de mes valeurs

Je suis venue pour cela, je tiens à partager ce en quoi je crois.
Après l’avoir écoutée, je lui explique donc, en essayant d’y mettre les formes, pour lui montrer que je reçois sa gêne :
“Je sais que nous avons tous parfois des attitudes qui ne correspondent pas à ce que nous aimerions. Ici, je dois dire que je vois deux conséquences, qu’il me semblait important de discuter.

La première, c’est la motivation. Je suis justement en train de lire le dernier livre de Catherine Gueguen, je ne sais pas si vous la connaissez (non), qui parle d’études montrant que le lien entre l’enseignant et l’élève rend l’élève plus motivé, et que ses résultats s’en ressentent, évidemment. Or, il me semble qu’un enfant qui voit son devoir partir à la poubelle risque de ne pas être motivé à le faire la fois suivante. – ce à quoi la prof ne peut qu’acquiescer –

La deuxième, c’est le respect. Nous, les adultes, demandons souvent que les enfants nous respectent, et pas seulement au sens de suivre les consignes, mais vraiment au sens de respect, d’humain à humain. Or, nous oublions souvent de les respecter de notre côté. Et je crois que c’est très important dans une relation, de respecter l’autre pour pouvoir être respecté.”

A ce moment-là, j’ai dit ce que j’avais à dire, et j’ai de la chance, car je sens bien que la prof est réceptive à ce que je dis, qu’elle est ouverte à mon partage. Seulement, même dans ce cas, puisque la conversation part d’une attitude sienne à l’encontre de ces principes, il est impossible qu’elle ne se sente pas accusée.

Or, de nouveau, ce n’est pas mon but. Parce que je sais d’expérience que le message est moins bien reçu dans ce cas-là. Il s’agit donc de vérifier cela, et de l’atténuer.

Cinquième étape : me sortir du rôle du juge

Pour la vérification, c’est facile, puisque la prof elle-même me dit : “Je me sens un peu comme au tribunal.” Là, au moins c’est clair.
Elle complète : “Je vous assure que j’ai toujours le souci de faire en sorte que les élèves se sentent bien dans ma classe. J’ai effectivement eu un geste inapproprié, je ne m’en suis pas rendue compte, et je suis désolée de l’impact qu’il a eu sur Alice. Mais j’ai du mal à vous entendre, parce que j’aime mes élèves et j’essaye vraiment de les écouter.”
Et je la crois. Tous, à notre niveau, on essaye, et on arrive plus ou moins bien selon les jours…

A moi de reconnecter, maintenant.
“Je suis désolée que vous vous sentiez ainsi. Je ne veux pas me poser en donneuse de leçons. Je vous remercie de me partager ce que vous sentez, ce n’est pas facile. Je sais que nous essayons tous de faire de notre mieux, et nous avons des failles, parce que nous ne sommes des super-héros.
Je ne vous connais pas. Chez les profs, comme chez tout le monde, il y a tout un spectre, et je ne sais pas où vous vous situez sur ce spectre. Aujourd’hui, j’entends que vous êtes réceptive à ce que je dis.
Comme vous le savez, nous venons d’un autre environnement. Les enfants étaient à l’école américaine jusqu’à cet été, et je savais qu’en rentrant en France, nous ferions face à un autre style éducatif, et que ce ne serait pas toujours évident.
Aujourd’hui, je voulais vous parler de cet épisode, parce que si ne le faisais pas, j’aurais le sentiment de ne pas être alignée avec mes valeurs.
Ce n’est pas non plus évident pour moi, mais c’était important, et je vous remercie de m’avoir écoutée.”

Sixième étape : conclusion

Cette fois, nous avons dit tout ce qu’il y avait à dire. Et la prof me surprend en allant plus loin.
Elle me dit qu’elle va parler à Alice, et s’excuser.

En effet, elle le fera l’après-midi même, gardant Alice après le cours pour lui parler. Je ne peux que saluer le courage de cette prof. J’imagine que ce n’est pas facile de s’excuser auprès d’un élève. Certains penseraient y perdre de l’autorité. Pour en avoir parlé avec Alice, je crois qu’ici, au contraire, elle en a gagné.

Les leçons revues au passage

Ce que j’aime dans ce genre de situations, c’est qu’elles sont toujours l’occasion de revoir un peu la théorie en la mettant en face de la pratique.

La raison positive derrière le comportement

Nous avons déjà parlé du fait que derrière tout comportement, existe une raison positive. C’est une notion qui m’avait marquée dans une conférence de Marshall Rosenberg.

C’est vrai pour les enfants, c’est vrai aussi pour les adultes. Parfois, pour s’en rendre compte, il faut réussir à enfiler nos oreilles de girafe, ce qui n’est pas toujours évident.
Ici, je dois dire que je n’ai pas cherché la raison positive. Elle m’est quand même apparue au fur et à mesure de notre entretien.

La prof fait face à un problème : certains de ses élèves ne font pas leurs devoirs seuls, et reviennent avec des phrases complètement rédigées par leurs parents. Je n’y avais pas même pensé, car je crois très fort à l’autonomie dans les devoirs. Seulement, les élèves sont tous différents, et ce problème est une réalité pour cette prof.

Pour éviter ce problème, elle essaye de concentrer la production d’écrit en classe. Elle voulait donc que les élèves fassent leurs recherches à la maison pour avoir leurs renseignements sous forme de prise de notes, avant de rédiger leur présentation en classe, à l’aide de ces notes. Si les élèves reviennent avec des phrases rédigées, impossible pour elle de savoir s’ils les ont vraiment rédigées seuls.

Voilà pourquoi elle a procédé à des adaptations, et, de nouveau, le texte d’Alice était trop long. Elle s’est donc retrouvée bloquée : impossible de tout modifier, mais impossible aussi de le lui laisser, pour des raisons d’équité…

Bien sûr, il y avait d’autres manières de faire que de jeter le devoir à la poubelle, mais, au moins, on comprend d’où vient la décision. Ma fille ne l’avait pas compris, et trouvait très injuste de devoir faire sa rédaction sans avoir ses informations.

L’importance d’être authentique

Deux illustrations ici de ce point, que je cherche de plus en plus à vivre au quotidien.

D’abord, en continuation du paragraphe précédent sur la raison positive.
Il me semble que si la professeur avait pu communiquer sur la raison pour laquelle elle ne voulait pas laisser son devoir à Alice ; si elle avait utilisé, comme elle l’a fait devant moi, le terme d’équité, il est probable que non seulement Alice l’aurait mieux compris et mieux reçu, mais que ce geste ne lui aurait pas échappé. Car il lui aurait alors suffi de laisser la copie sur son bureau.

Nous avons eu un petit échange sur ce point (la difficulté d’être authentique), et elle a admis que, sur le coup, elle n’avait peut-être pas en tête les termes qu’elle a utilisés ensuite en m’expliquant la situation.

Et je ne suis pas surprise. Nous nous laissons souvent happer par nos émotions du moment. Pour elle, peut-être à ce moment-là, la frustration de devoir faire face à l’urgence des modifications, de ne pas avoir été claire dans ses instructions… et ces émotions prennent le dessus, nous aveuglant pour nous comporter ensuite de manière authentique.

Apprendre à nous écouter, à comprendre ce qu’il se passe en nous, faire preuve d’auto-empathie m’apparait aujourd’hui comme la pratique de toute une vie…
(d’où l’importance, je crois, de commencer cette écoute plus tôt avec nos enfants. Pour cela, une seule solution : apprendre à accompagner leurs émotions)

Ensuite, j’ai l’impression que la raison pour laquelle cet entretien s’est bien passé, c’est parce que nous avons chacune eu des moments d’authenticité, justement. Moi, lorsque j’ai partagé que ce n’était pas facile, mais que j’avais besoin d’être alignée avec mes valeurs ; elle, lorsqu’elle m’a partagée qu’elle avait l’impression d’être au tribunal.

Ces moments où nous avons pu montrer chacune ce qui était vivant en nous ont été déterminants pour notre échange.

Je sais que nous voyons tous le monde avec un biais qui nous permet de confirmer ce en quoi nous croyons déjà. Je suis donc, comme tout le monde, sous influence. C’est sûrement sous cette influence que j’ai pris ça comme une nouvelle confirmation que le monde serait plus agréable si nous apprenions tous à être authentiques…

Qu’en pensez-vous ?

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22 réponses
  1. Victoria
    Victoria dit :

    Bonjour,
    Je suis enseignante en Cm2 et j’ai lu votre article attentivement.
    Au début de votre texte, j’ai été choquée par cet événement délicat. Comment peut-on faire cela: jeter un devoir d’un élève ?
    Puis, j’ai lu les raisons de cet acte, et c’est vrai que je n’y avais pas pensé. Moi-même, je me suis déjà retrouvée devant cette situation: un élève qui rédige un texte en entier au lieu d’écrire sur sa feuille quelques mots clés qui lui permettraient de rédiger entièrement son texte en classe. (Travail noté). Votre article m’a permis de me rappeler de mon attitude. Comment ai-je réagi?
    Lorsque j’avais lu le texte de cette élève, je me rappelle avoir pas très bien réagi. Pourquoi? Sur 24 copies attendues, 4 élèves n’avaient pas fait l’exercice et 3 autres l’avaient fait de manière non sérieuse. Arrivée au devoir de cette élève, je me rappelle lui avoir dit qu’elle n’avait pas respecté la consigne: n’écrire que qq mots clés. J’ai dû lui dire probablement cela sur un ton peu agréable du fait que j’étais en colère à cause des autres. Je lui ai proposé ainsi qu’aux autres « dilettants » de rester à la récréation pour refaire le travail ensemble. Je suis donc passée vers chacun les aider et leur montrer ce que j’attendais. Et avec l’élève en question (celle qui avait déjà écrit tout son texte), je lui ai proposé de souligner tous les mots clés de son propre texte. Ayant eu qqs difficultés à les retrouver, je l’ai aidée calmement et avons fait ensemble ce que j’attendais. Finalement, elle a pu lors de son travail noté, avoir comme tous ses autres camarades une feuille « mots de clés ».
    Bref,
    Tout cela pour dire qu’il est effectivement très important d’être authentique et explicite sur le « pourquoi » on réagit de telle manière. J’aurais pu dire à cette élève : désolée, je suis en colère, ce n’est pas contre toi. « Tu as été sérieuse dans ton travail mais ce n’est pas ce que j’attendais. Je te propose de t’aider si tu le désires ».

    Un autre point qui a retenu toute mon attention c’est la fâcheuse tendance qu’ont les enseignants à justifier des actes pas terribles (arguments souvent peu convaincants car si l’enseignant est un minimum honnête, il sait qu’il a mal agi) et cela sous couvert de la pédagogie au lieu de tout simplement commencer par s’excuser.

    Avec mes quelques années d’experience, je réalise que savoir s’excuser est un réel acte de courage car c’est admettre qu’on aurait pu mieux faire, mieux réagir. C’est par conséquent, accepter de se remettre en questions. Et j’ai réalisé à mes dépents si que très peu d’enseignants, encore aujourd’hui, osent le faire. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussée à changer d’établissement. Je ne supportais plus mes collègues qui étaient souvent humiliantes et jugeantes envers les élèves et leurs parents. J’étouffais. Il fallait que je parte et que je trouve une équipe plus humaine.

    Je crois qu’aujourd’hui s’il y a un tel fossé entre parents et enseignants c’est que ces derniers se montrent souvent très moralisateurs et infantilisants envers les parents. Pas assez bienveillants finalement. Il y a par conséquent, beaucoup de dérapages tant du côtés des parents que des enseignants.

    Vous l’avez dit, le maître mot, c’est le respect d’humain à humain. Et aujourd’hui, je crois que c’est une notion qui se perd de plus en plus. Pourquoi? Parce que je crois que nous sommes dans une société malade dont les individus ne se respectent plus eux-mêmes. Comment voulez-vous qu’ils arrivent à respecter autrui?

    Je crois que grâce à votre travail et à celui de toutes ces personnes qui prônent la bienveillance, la discipline positive, vous arriverez peut-être à terme à changer le monde. Un monde meilleur composé d’indivus saints d’esprit.
    Bref, je m’emballe.
    Juste vous dire: un grand merci pour ce que vous faites.

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Quel bonheur Victoria de vous voir vous emballer ! Moi aussi j’ai envie de changer le monde ! Et j’y crois, pas à pas…
      Votre retour d’expérience est interessant. C’est évident que le contexte influe sur nos réactions, et qu’il n’est pas toujours facile d’être juste par rapport à la personne en face de nous.. Cependant, vous avez su proposer une solution à cette eleve, il me semble que c’est constructif !
      Je pense que cette tendance que vous notez de justifier des actes pas terribles n’est pas unique aux enseignants. Elle est tres commune à tous. S’excuser est effectivement un réel acte de courage. Ca demande d’abord de prendre la responsabilité de nos actes. Puis d’assumer le fait d’admettre son erreur devant d’autres. Dans une société dans laquelle l’erreur est tres mal vue.
      C’est là peut-etre qu’intervient ce que vous présentez de la relation parent/professeur. Si les enseignants sont moralisateurs, c’est peut-etre parce qu’on attend d’eux d’être infaillibles. Dans l’inconscient collectif, admettre ses faiblesses serait perdre son autorité. Donc, on joue le jeu de la personne qui domine la situation.
      Et l’authenticité disparait… Se respecter serait également respecter ce qu’on vit, ce qu’on ressent. Or, nous ne l’avons pas appris…

      En tout cas, merci de ce commentaire, je suis également enthousiasmée par mon travail !

      Répondre
  2. juliette
    juliette dit :

    Pfuii quel maitrise de la conversation.
    Bravo ! Je vais le relire pour m’imprégner de comment faire pour ue l’autre ne se sente pas juger et se renferme.
    Merci de nous montrer que même pour vous qui avait de l’expérience, ça n’est pas toujours simple…

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci Juliette. En effet, je crois que c’est un apprentissage loooong. Pour l’instant, j’y parviens quand j’ai le temps de m’y préparer. Peu à peu, j’espère que ca me viendra plus facilement, meme sur le coup !

      Répondre
  3. nathalie
    nathalie dit :

    J’ai justement rendez-vous au collège aujourd’hui avec la directrice adjointe, la prof principale et quelques profs de mon fils qui est en 4ème car pour eux mon fils ne fourni pas assez de travail, se déconcentre, manque de motivation, a des notes trop basses et j’en passe…

    J’ai un peu peur de rendez-vous dans le sens où je ne sais pas comment faire passer mes idées, ma vision des choses… la méthode utilisée ne convient pas du tout à mon fils, il ne comprend pas pourquoi on lui demande d’apprendre par coeur des cours pour être évalué, pour lui qu’on lui enseigne des choses ok mais qu’ils doivent les retenir il n’en voit pas l’utilité (je parle par exemple de l’histoire, pour lui ok on peut lui expliquer mais pourquoi apprendre par coeur et être évalué sur ça, le dessin qu’on leur enseigne des techniques etc et qu’on laisse libre cour à son imagination pourquoi être évalué, idem pour le sport, la musique…).

    Pour ce qui est du français, les maths là il est d’accord sur le fait qu’il doit retenir certaines choses mais se pose toujours la question de pourquoi nous noter…

    A la maison nous refaisons certains cours en carte mentale, mais travaillant ce n’est pas évident pour moi d’être là le soir pour mon fils, alors le week-end on y passe du temps et j’ai l’impression qu’on n’a plus de temps libre.

    En mathématiques son prof leur projette la leçon, ils doivent la recopier et le prof explique en même temps, mon fils ne peu pas écrire et écouter son prof en même temps (mais ça je vais voir avec son professeur et amené la chose comme vous l’avez fait, demandé avant au professeur comment il donne son cours et ensuite lui donner la version de mon fils etc)

    Mes 2 garçons souhaiteraient que je leur fasse cours à la maison mais cela ne me semble pas possible financièrement… je suis activement vos newletters sur les cours que vous donnez à votre petit à la maison et j’avoue que je trouve ça super

    En tout cas bravo pour votre entretien avec cette professeur… et merci du partage

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Bonjour Nathalie,
      Ah, ce n’est pas toujours simple de trouver l’environnement qui correspond à nos enfants… Votre fils fait preuve d’une certaine maturité ! Ne pourrait-il préparer les cartes mentales seul ? Cela lui permettrait de poser un autre regard sur la leçon et d’avoir plus de temps le week-end, non ?
      J’espere en tout cas que votre entretien s’est bien passé. Je crois que la question est parfois à renvoyer à l’établissement : Qu’essayent-ils de mettre en place pour motiver votre fils ?

      Répondre
      • Nathalie
        Nathalie dit :

        Bonsoir Coralie

        Je prends le temps de vous répondre

        Il commence à faire ses cartes mentales tout seul, il manquait d’assurance et de confiance jusque là pour les faire seul. Je l’ai felicité de les avoir fait seul…

        Sinon le rdv ne s’est pas du tout passé comme je le pensais, au contraire min fils n’a eu que des compliments et la directrice adjointe ainsi que ses professeurs ont noté ses efforts et l’ont felicité… J’étais tres contente pour lui je pense que cela lui a fait beaucoup e bien d’entendre tout ça

        Répondre
        • Coralie
          Coralie dit :

          Chouette ! J’imagine en effet que cela a dû lui faire beaucoup de bien !
          Il faut souvent que les autres croient en nous pour que nous croyons en nous-mêmes…

          Répondre
  4. Sandrine
    Sandrine dit :

    Bonjour, votre manière d’aborder la prof de votre fille m’a fait penser à une situation que j’ai vécu il y a quelques jours. Notre fils de 9 ans, scolarisé en CM1 a été malade pendant plusieurs jours, provoqué par une sorte de phobie scolaire qui s’installait petit à petit (je dis “sorte” car cela n’a pas été diagnostiqué par un psy mais c’est comme ça que nous l’avons ressenti) Nous avons donc pris la décision, avec lui qui le réclamait, de le descolariser. C’était le week end et je devais appeler la directrice le lundi pour l’en informer. Plusieurs facteurs (j’oubliais, quand j’y pensais c’était après 17h…) on fait que je ne m’apprêtais à tel le jeudi et c’est elle qui m’a devancé. “ça fait plusieurs jours que nous ne voyons pas Baptiste, je commence à m’inquiéter…” “Oui, pardonnez moi, je dois vous téléphoner depuis lundi. Je souhaiterai prendre RDV avec vous car nous avons pris la décision de déscolariser Baptiste.” Et c’est alors qu’elle me répond un peu sèchement et de manière agressive “Comment cela ? Mais ça ne se fait pas aussi facilement !! Ce n’est pas possible en cours d’année…” Son agressivité, sur le moment, m’a fait répondre sur le même ton ! “Écoutez, j’ai déjà descolarisé mes 2 grands il y a 8 ans, je sais comment on fait et rien n’est compliqué la dedans.” Baptiste a fait l’école à la maison jusqu’à ses 7 ans, puis nous avons dû le mettre à l’école car je reprenais un travail à temps complet. Et là, elle me répond “Ha mais non, il me semble que Baptiste a été scolarisé à la demande de l’Inspection académique et …” “Ha non pas du tout ! C’est à notre demande qu’il a été scolarisé !” “Ha bon ? ce n’est pas ce que j’avais entendu… Bon eh bien quand pouvez-vous venir ?” … Le jour même, à 14h30 je me rendais à l’école… J’avais eu quelques heures pour me calmer, pour discuter avec mon compagnon de ce que j’allais dire… car la raison pour laquelle Baptiste était malade tous les matins c’est que sa maîtresse est “méchante”, elle crie tout le temps, tiens des propos rabaissant à ses élèves et, beaucoup de parents s’en plaignent. Mais… je ne voulais pas arriver, dire de but en blanc, votre collègue est mauvaise, méchante et elle démotive les enfants !! Je me suis donc posée cette question : pourquoi cette maîtresse (proche de la retraite) n’est pas bienveillante avec ses élèves ? Je sais qu’elle a des soucis de santé, qu’elle a demandé un aménagement de ses heures qui lui ont été refusées… Bref, même si je ne cautionne pas son comportement mais rien n’est tout blanc et tout noir. Quand je suis arrivée devant la directrice, elle semblait ouverte et souriante. Notre entretien c’est très bien passé, j’ai expliqué qu’effectivement il n’avait pas trop le feeling avec sa maîtresse cette année et que comme je travaillais à la maison et qu’il avait aimé la période où je lui avais fait l’école à la maison il éprouvait le réel désir de revivre cette aventure. Je lui dit que je ne suis ni pour ni contre l’école, simplement je souhaite que Baptiste s’épanouisse dans ses apprentissages. Je pense que mon explication lui a plu car elle m’a dit que c’était dommage pour Baptiste car il avait fait de très gros progrès par rapport à sa timidité mais qu’il avait de la chance de pouvoir faire l’école à la maison !
    Voilà, je rejoins donc vos propos, la bienveillance est très importante, dans nos propos, dans nos réflexions, dans nos actions.

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci Sandrine de ce partage ! C’est chouette ces moments où l’on arrive à partager, à passer un message, et que l’on se sent écouté plutôt qu’en combat. Je suis en effet persuadée que lutter ne mène à rien. Souvent d’ailleurs, ce n’est pas un choix, quand on lutte, on le subit nous-mêmes…

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  5. Gwen
    Gwen dit :

    Oh là là Coralie j’adoooore

    entretien vraiment ardu et pourtant un déroulé hyper riche à l’arrivée; je te rejoins sur le fait que vraiment, le travail fait en parentalité positive se met ensuite à déteindre sur (et embellir) nos relations avec les adultes (d’ailleurs je voulais te raconter un truc à ce sujet au téléphone et j’ai oublié! ce sera pour ton retour ^^)

    Merci aussi pour l’analyse qui permet vraiment d’en tirer des enseignements transposables.
    Ca me fait penser à deux choses
    – le jeu de rôles entre une mère et sa fille Suzanne, dans l’atelier Faber et Mazlish numéro 6 : ladite mère y utilise toute la palette des outils et attitudes vus en atelier et la différence entre le dialogue avec / dialogue sans ses outils est incomparable. Ces dernières semaines j’ai animé 3 fois cet atelier d’affilée (car un de mes groupes de l’an dernier était “en retard”) et j’ai remarqué l’effet de cette répétition… sur ma manière de gérer des conflits analogues avec F. ensuite : à force de décortiquer et de répéter, on s’imprègne. C’est ce que peut permettre ton billet, c’est trop chouette !

    – le dernier chapitre de “Parler pour que les enfants apprennent”, toujours chez Faber et Mazlish : il est consacré aux réunions parent-prof justement, et, comme dans ton exemple, on mesure à quel point ce genre de réunions peut se passer différemment… et de manière bien plus belle pour tout le monde !

    Bref, bravo pour cet entretien, bravo pour le billet qui en découle…. et… je suppose que tu dois te sentir méga soulagée et fière de constater à quel point tu es maintenant en mesure de relever ce genre de défi de manière constructive et respectueuse pour tout le monde (y compris toi-même et tes valeurs)

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    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci Gwen ! En effet, tu résumes bien tout à la fin : je me sens à la fois soulagée et fière.

      Ton partage me donne envie de relire le dernier chapitre de “parler pour que les enfants apprennent”, on en reparlera !

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  6. Laure
    Laure dit :

    Je comprends tout à fait le ressenti de maman. J’aurais eu le même. En revanche, dans une situation similaire, j’ai choisi de réagir différemment. Mon fils fait des cours d’échec. Il y a une nouvelle prof qui est dans l’hyper contrôle, qui va refaire sortir 5 fois les pièces d’échec aux enfants parce qu’ils n’ont pas commencé à ranger pile à son top départ. Je déteste. Mon fils aussi. Il entre dans l’opposition et s’attire des ennuis. J’ai considéré mes options :
    – arrêter les échecs = la fuite
    – demander à changer de groupe = le contournement
    – parler à la prof ou son boss = la conflit et/ou la manipulation
    – apprendre à faire avec = l’adaptation

    C’est cette dernière option que j’ai choisi et qui me semble la plus éducative. Je lui ai expliqué que oui, sa prof est pénible et que je n’apprecie pas non plus sa façon de faire. Mais qu’il jouera aux échecs toute sa vie, alors qu’il n’aura cette prof que quelques mois. Que le mieux est de faire en sorte de ne pas entrer en conflit avec elle. Pour moi, les bénéfices pour lui sont :
    – être capable de s’adapter à un mode d’autorité qu’on n’apprecie pas. En tirer le meilleur, sans y laisser de plumes.
    – découvrir d’autres façons de faire que papa et maman. Un jour, il sera peut-être un prof, un père, un chef, et c’est bien s’il a expérimenté par lui-même une autorité qui micro manage et qui gère mal son pouvoir.
    – apprendre à faire avec des personnes qu’on n’apprecie pas et rester courtois. Toute la vie, nous avons à faire avec (la belle-mère pénible, le beau-frère beauf, le client tatillon…) et c’est une force et une intelligence de ne pas se noyer émotionnellement dans les limitations des autres.

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    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci Laure de ce partage, de cette analyse, que j’ai trouvée tres interessante.
      Vous avez raison, faire face à un cas comme cela, c’est également une opportunité d’apprentissage pour nos enfants.
      Cependant, mon objectif va ici plus loin que celui d’apporter du soutien à ma fille. Je crois vraiment au bénéfice pour tous les élèves d’une attitude plus emphatique du professeur. (Je suis justement en train de lire “Heureux d’apprendre à l’école” de Catherine Gueguen..). Cela me tenait à coeur d’échanger avec cette enseignante pour essayer de lui passer ce message, de semer une graine. Et je crois que cet objectif à été atteint.

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      • Laure
        Laure dit :

        C’est très honorable de semer ces graines.
        Personnellement, je n’en ressens ni le besoin, ni la légitimité. Qui suis-je pour dire aux autres comment être ? Nous sommes tous différents, et c’est une richesse.
        Je n’ai pas le désir de convertir le monde à mes idées.
        Par contre, j’essaie d’aider mes enfants à être résiliants.
        Pour moi, il est plus simple d’apprendre à mes enfants à s’adapter au monde, plutôt que de changer le monde pour mes enfants. Par exemple, je peux leur apprendre à vérifier les informations trouvées sur le net et exercer leur esprit critique, et je n’ai plus besoin d’éradiquer les fake news.

        Répondre
        • Coralie
          Coralie dit :

          Je comprends votre position.
          De mon côté, je suis reconnaissante à ceux que j’ai rencontrés qui ont su semer les graines qui m’ont menée où je suis aujourd’hui.
          Je cherche donc à partager à mon tour, parce que nombreux sont ceux qui ont envie mais n’ont pas eu l’occasion de prendre du recul, ou de s’interroger sur autre chose.
          Si cela ne les intéresse pas, nul doute que la graine ne poussera pas. Mais je ne peux me désintéresser de ceux qui y sont sensibles, parce que cela va dans le sens, pour moi, d’un monde avec plus d’échange et de communauté.
          Cela n’est pas incompatible, je crois, avec le fait d’enseigner l’adaptation.

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  7. Ludivine Maene
    Ludivine Maene dit :

    Merci Coralie pour ce partage détaillé de la manière dont tu as abordé ton entretien avec cette dame. C’est très enrichissant à lire et à relire. J’aimerais que la terre soit peuplée de plus de belles personnes comme toi qui arrivent à communiquer de manière respectueuse et bienveillante et à considérer la situation sous plusieurs angles, alors que tu aurais pu simplement prendre le parti de ta fille et la défendre becs et ongles. J’ai moi-même récemment essayé de discuter avec l’institutrice de ma fille de la “chaise de réflexions” mais je me suis arrêtée dès que j’ai senti qu’elle se mettait sur la défensive et commençait à se justifier. Ce n’est pas ce que je voulais, et je sais que je m’y suis mal prise. Je n’avais pas pensé à établir la connexion et son malaise me mettait mal à l’aise. Alors j’ai stoppé la conversation. Mais je suis repartie doublement frustrée. D’abord, de ne pas avoir réussi à dire ce que j’avais sur le coeur et à partager des valeurs qui me sont chères et d’autre part, parce que je me suis dit que j’avais certainement créé de la distance entre nous, alors que je voulais plutôt me rapprocher d’elle pour lui partager mes découvertes sur la pédagogie positive. Alors, encore merci pour ce partage plus qu’inspirant ! Tu me donnes vraiment envie de creuser la CNV… 🙂

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci Ludivine d’avoir pris le temps de commenter.
      Comme je comprends ce que tu as du ressentir… Ce sentiment qu’on est parti du mauvais pied, qu’on a obtenu le contraire de ce que l’on cherchait. Et en meme temps, c’est l’occasion pour nous de vivre ce que nous cherchons à transmettre à nos enfants : c’est en se trompant qu’on apprend. Nul doute que quelques essais comme celui-ci t’aideront à mieux trouver ton chemin la fois suivante !

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  8. Jessica
    Jessica dit :

    Waw. Je suis très admirative de ton self-control et de la mise en application de tes valeurs. Bravo
    Lorsque j’ai lu ce qu’avait fait la prof, ça m’a retourné l’estomac!
    Merci beaucoup pour ce partage très instructif pour moi.
    Merci encore et bravo pour ton courage, ta détermination et ta douceur. Je suis épatée

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  9. Aline
    Aline dit :

    Je voulais juste vous dire que, malheureusement oui : un adulte peut subir ce genre d’humiliation.
    J’ai travaillé pendant des semaines sur un document concernant les procédures d’orientation et d’affectation en fin de 3ème sur l’ensemble de l’académie. Le chef de service, CSAIO, me faisait régulièrement reprendre tel ou tel détail de présentation et, à la première réunion de service, m’a balancé le document en travers de la table en disant que c’était nul…
    Tout au long de l’élaboration, mon travail avait pourtant été approuvé en tête à tête, pour être rejeté violemment en public… J’en ai eu le souffle coupé et, comme vous le faites justement remarquer, son manque absolu de respect a totalement détruit la confiance que j’avais cru pouvoir lui accorder.
    Sans entrer dans les détails, je peux vous dire que ce genre d’attitude s’est reproduit à plusieurs reprises pendant plus de deux ans… jusqu’à ce que le recteur lui ordonne de demander sa mutation… Je n’étais apparemment pas sa seule victime !

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Quelle tristesse de lire cela…
      Et je vous remercie de le partager, et de partager le fait que ce manque de respect a détruit votre confiance.
      Je crois que l’on ne prend pas assez conscience de ca, et que ce type d’échange est souvent assez banalisé lorsqu’il s’agit d’un rapport adulte/enfant.
      J’espere que vous saurez retrouver vos marques, et surtout votre satisfaction interne dans votre travail.

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