Je suis fier de toi… MAIS je ne te le dis pas !


“Je suis fier de toi.” C’est une phrase que nous utilisons tous naturellement avec nos enfants. Pourtant si elle part d’une belle intention, elle n’aide pas toujours à construire une confiance solide. Voici pourquoi et quoi dire à la place.

Pourquoi éviter de dire “je suis fier de toi” à son enfant ?

Dire “je suis fier de toi” paraît tendre et spontané. Pourtant, cette phrase place l’enfant sous le regard et l’évaluation de l’adulte.

Elle encourage une motivation externe (“faire plaisir”, “plaire”) plutôt qu’une confiance intérieure.

À long terme, l’enfant peut dépendre du regard des autres pour se sentir valorisé, au lieu d’apprendre à être fier de lui-même.

Le piège des compliments qui évaluent

Lors d’un de mes derniers ateliers, nous en sommes venus à parler de ce genre de compliments évaluatifs et notamment de cette phrase que nous utilisons tous : “Je suis fier de toi.”

Oui, on a tendance à évaluer par nos compliments.

Nous avons naturellement tendance à exprimer nos sentiments  à travers des compliments qui, sans nous en rendre compte, évaluent l’enfant. C’est particulièrement un piège concernant la fierté.

Faber et Mazlish parlaient déjà de remplacer cette forme de compliments par des compliments descriptifs.

Ils expliquaient que c’est à l’enfant de tirer ses propres conclusions de la description pour construire sa confiance et son estime.

Au fil de mes lectures, j’ai retrouvé de nombreux exemples et expériences montrant comment les compliments évaluatifs renforcent surtout la motivation externe, alors que nous souhaitons plutôt développer :

“Tu dois être fier de toi” : pourquoi cette phrase change tout

Lors de cet atelier , j’ai donné cet exemple classique aux parents :

« Je suis fier de toi ! » disons-nous à nos enfants, quand nous devrions plutôt leur dire : « Tu dois être fier de toi ! ».

C’est peu et pourtant ça change tout ! On évite ainsi le jugement extérieur et on encourage plutôt l’estime personnelle.

Une anecdote frappante : goûter à être fier de soi

Le lendemain de l’atelier, une maman me raconte que cette remarque l’a fait réfléchir, parce que, 2 jours auparavant, justement, ils avaient eu un entretien avec l’instituteur de leur fils (7 ans), et en étaient sortis en lui commentant que, suite à tout ce que l’instituteur avait dit, ils étaient très fiers de lui !

Alors, après l’atelier, cette maman en a reparlé à son fils, lui demandant :

« Tu sais, je repensais à l’entretien avec ton instituteur, et tout ce qu’il avait dit. Tu dois être fier de toi, non ?

– Ca compte !? » lui répond son fils….

La mère était médusée !


« Bien sûr que ça compte !! D’ailleurs, ce n’est pas que ça compte, c’est l’essentiel !! Beaucoup plus important que le fait de savoir que nous sommes fiers de toi ou pas !

– Ah… Tu pourrais me redire ce qu’il a dit, alors ? »

Cette dernière remarque montre à quel point l’enfant a surtout besoin de la validation interne, pas seulement du regard parental ou extérieur.

La vraie fierté vient de l’enfant

Ne nous approprions pas les réussites de nos enfants : ils ne réussissent pas pour nous faire plaisir mais bien pour se contruire eux-mêmes !

C’est le message à leur transmettre !

Favoriser la fierté personnelle, c’est leur enseigner :

  • l’autonomie émotionnelle,
  • l’auto-évaluation,
  • la confiance en soi,
  • la capacité à reconnaître leurs efforts.

Que dire à la place de “je suis fier de toi” ?

Voici 3 alternatives simples pour encourager votre enfant sans le placer sous votre regard .

En chaneant « je suis fier de toi » par

  • « Tu dois être fier de toi. »
  • « Tu as beaucoup travaillé pour y arriver, de quoi être fier de toi ! »
  • « Regarde ce que tu as réussi ! Te sens-tu fier de toi ? »

… nous les aidons à apprendre de leurs expériences et à développer une estime personnelle solide, indépendante du regard extérieur.

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6 réponses
  1. Duchesne
    Duchesne dit :

    Bonjour Coralie,
    Merci pour cet article instructif et son exemple très parlant ! C’est tellement important que les enfants puissent s’évaluer eux-même et qu’ils puissent avoir confiance en eux et en leur valeurs. Avec mon plus grand garçon, on fait souvent un petit bilan de fin de journée au moment du coucher. Quand il me raconte une action valorisante pour lui ,je lui demande si il est fier de lui . Il me répond positivement et ses yeux brillent de fierté. Quel plaisir!!
    SOnia

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  2. MA Hoffner
    MA Hoffner dit :

    Quel exemple! Cela met des mots et des concepts sur nos observations et le malaise entre le « too much » local et ce que mes parents faisaient. Ils nous racontaient les mots de fierté de certains de leurs amis à propos de leurs propres enfants en nous précisant bien que, eux, n’avaient rien dit mais n’en pensaient pas moins… Bref! On ne savait plutôt trop quoi pensé comme enfant…
    J’apprécie la réponse de l’enfant! Génial!

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Oui, ce ‘nest pas toujours simple de trouver le bon équilibre. Je crois qu’il est bon de réfléchir un peu à nos paroles, pour nous aider à etre « naturel en conscience », si cela a un sens… Le fait de voir le modele d’une autre culture est également une bonne manière de prendre ce recul, tu ne trouves pas ?

      Répondre

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