La parentalité positive ne veut pas dire éducation permissive !

J’ai l’impression que certains parents ont parfois du mal à faire la différence entre la bienveillance et la permissivité.

Ce n’est probablement pas parce qu’ils pensent qu’il faut être permissif, mais parce qu’ils commencent à mieux comprendre leur enfant et qu’ils ne veulent plus les “brimer” comme ils avaient tendance à le faire avant, et qu’ils n’ont pas d’autre alternative.

En fait, ça dépend de la façon dont on ‘tombé” dans la parentalité positive…

En France en particulier, les parents qui s’y intéressent commencent souvent par lire Isabelle Filliozat (“J’ai tout essayé !”, “Il me cherche !”, Au coeur des émotions de l’enfant).

Ses livres sont en effet sources d’éclairages sur le fonctionnement de l’enfant. En lisant les livres d’Isabelle Filliozat, on comprend que l’enfant ne fait pas de caprices, qu’il y a de vraies raisons derrière son comportement.

On l’apprend également quand on lit Catherine Gueguen, de manière plus scientifique. Oui, les neurosciences ont prouvé que les punitions et humiliations n’aidaient pas le développement du cerveau, on ne peut plus en faire fi.

Ainsi, on apprend à considérer les moments difficiles avec plus de bienveillance, et c’est un premier pas fondamental, parce que nous adaptons nos attentes. Comme on peut le lire dans Parents respectueux, enfants respectueux : “Quand ce que vous voyez et entendez n’est pas conforme à l’image que vous vous faites de ce qui devrait être, la différence entre votre idéal et la réalité stimule des émotions en vous.”
Et voilà pourquoi on se met en colère !! Parce que ce que nous voyons n’est pas conforme à l’image que nous nous faisons de ce que devrait être.

Un regard plus bienveillant nous permet de changer notre idée de ce qui devrait être, et l’on se met naturellement moins en colère.

Et c’est déjà une vraie réussite. Non seulement pour le moment où on comprend mieux et qu’on ne s’énerve pas, mais aussi parce qu’on entre dans un cercle vertueux : le niveau de stress baisse, l’ambiance est plus détendue, les situations de conflits se présentent moins.

Cependant, ce n’est pas suffisant.

Parce que c’est une chose de mieux comprendre l’enfant, d’être plus tolérant envers lui, de le considérer avec bienveillance, mais il s’agit ensuite de savoir comment lui parler de nos propres besoins, de savoir poser nos limites, également avec bienveillance.

Si on reste à la première étape, on n’entre plus dans le jeu des punitions, mais on ne sait pas non plus comment faire autrement, alors on tombe dans la permissivité, et à terme, ce n’est pas beaucoup mieux, parce qu’on devient malheureux quand nos besoins s’effacent trop, et l’enfant, qui ne trouve pas sa place sociale dans la famille, celle qui prend en compte les besoins de chacun et pas seulement les siens, n’est pas beaucoup plus heureux…

Il est donc nécessaire, à mon sens, de développer également des compétences pour savoir comment susciter la coopération ; savoir, comme le dit Jane Nelsen dans la discipline positive, se connecter avec son enfant pour être en position d’enseigner ; savoir résoudre les problèmes avec lui, en prenant en compte les besoins de chacun…

C’est pourquoi j’encourage de tout coeur les parents qui prennent ce chemin à ne pas se limiter à Isabelle Filliozat, mais à lire également Faber et Mazlish (Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent ; Parents épanouis, enfants épanouis ; Parler aux ados… ; Frères et soeurs sans rivalité), Jane Nelsen (La discipline positive ; La discipline positive pour les adolescents), Thomas Gordon (Parents efficaces ; Parents efficaces au quotidien ; Eduquer sans punir), Elizabeth Crary (Arrête d’embêter ton frère, laisse ta soeur tranquille)…

… pour ne pas adopter une éducation permissive, mais bien une éducation positive, ce qui est loin d’être la même chose…

(Et je sais déjà que ce ne sera pas mon seul article sur ce thème…)

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3 réponses
  1. Gwen
    Gwen dit :

    Oui oui et oui!
    Je trouve cette distinction que tu fais en deux niveaux particulièrement pertinente, ça m’a fait réaliser que c’est ce que j’ai fait récemment avec une copine: elle commençait à s’intéresser au sujet donc je l’ai aiguillée vers “au cœur des émotions de l’enfant” en lui précisant que si sur la compréhension ça livrait un certain nombre de clés très précieuses, pour les actions derrière je lui prêterais plutôt d’autres livres

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    • Coralie
      Coralie dit :

      Je ne suis pas surprise de ton commentaire Gwen !! Je sais que tu es en ligne sur ce point, et c’est une des raisons pour lesquelles on se correspond bien… Mais je trouve qu’il n’est pas toujours évident de mettre le doigt dessus, et tu as déjà eu une fine analyse en disant ça à ta copine. Elle a de la chance de t’avoir comme guide !

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