Un positionnement variable sur la question de discipline

La discipline est au coeur du débat, dès que l’on aborde la parentalité. Et les livres sur le thème de l’éducation ne sont pas tous en ligne. Certains prônent une autorité forte du parent, tandis que d’autres parlent de coopération… Comment savoir qui croire ?

Pour beaucoup, face à des comportements difficiles de nos enfants, il faut renforcer la discipline. Sous-entendu : une discipline stricte, autoritaire. Ainsi, si de nombreux pays ont légiféré contre les violences physiques des parents envers leurs enfants, d’autres – dont la France au moment où j’écris – autorisent encore un parent à taper son enfant !!

Et il y a ceux – dont je fais évidemment partie – qui s’y opposent fortement. Ils prônent une plus grande écoute de l’enfant. Un autre type de relation entre l’enfant et l’adulte.
Et dans le fond, beaucoup de parents sont mécontents de la manière dont ils cherchent à imposer de la discipline chez eux. Un sondage de 2002 en Angleterre révèle que 79% des parents qui donnent des fessées à leurs enfants le regrettent ensuite. (Et comment ne pas le regretter quand on se rend compte de l’impact de nos gestes…)

Pourtant, face aux problèmes de mensonges, de violence, d’alcool, de tabagisme, d’abandon des études… la réaction la plus classique reste de chercher à durcir encore l’autorité. On s’entête à employer des méthodes qui, au vu de l’augmentation de ces problèmes, n’ont clairement pas fait leurs preuves !

Difficile alors de savoir sur quel pied danser !! Je m’imagine en fait que la majorité des parents comprend que ces méthodes ne les mèneront pas loin, mais qu’ils ne savent simplement pas comment faire autrement…

Etrange d’ailleurs. En restant toujours sur l’exemple de la violence physique : notre pays a légiféré il y longtemps contre le fait que les enseignants tapent les élèves. Cela nous semblerait aberrant aujourd’hui que notre enfant rentre à la maison en disant que son instituteur l’a tapé ! Nous pensons donc que les enseignants peuvent trouver des alternatives pour faire régner l’ordre dans une classe de 30 élèves ? Pourquoi en ce cas les parents auraient, eux, besoin de la fessée chez eux ??

Afin d’avancer dans le débat, je soulève cette question : comprenons-nous bien ce que le mot discipline signifie ?

Jane Nelsen, par exemple, n’hésite pas à mettre ensemble les mots de discipline positive. Et quand on lit ses livres, cela prend tout son sens.
Il existe donc une autre forme de discipline, qui s’éloigne de la notion d’autoritarisme à laquelle elle est souvent associée.

Comprendre la discipline, c’est ce à quoi s’attache Thomas Gordon dans la première partie de son livre Eduquer sans punir. Car il existe différents types de discipline et d’autorité.

Le nom “discipline” et le verbe “discipliner”

Revenons aux origines…
Un disciple, au départ, c’est simplement un apprenant, un élève.

Et la discipline n’a pas forcément de connotation de contrôle de l’un sur l’autre. La discipline d’une équipe évoque plutôt l’ordre, le respect des règles.

Le problème vient du fait que, comme l’écrit Thomas Gordon : “On présume souvent que la seule façon d’imposer la discipline à la maison et à l’école consiste à discipliner les enfants”.

Or, “discipliner” signifie “soumettre quelqu’un, un groupe, à l’obéissance, à un ensemble de règles qui garantissent l’ordre dans la collectivité où il se trouve. Soumettre donc. Et pour cela, imposer, et punir.

Seulement voilà : si l’on discipline le groupe, on n’atteint pas pour autant la discipline, on ne l’atteint en fait que tant qu’on est là pour la contrôler. Prenons une classe face à un professeur qui discipline fermement. Enlevons le professeur de la classe. La discipline y règne-t-elle toujours ??

Il semblerait en fait que discipliner ne soit pas le meilleur moyen d’inculquer une discipline

Influencer ou dominer

Comme le disaient les auteurs de Parents respectueux, enfants respectueux, il n’y a pas de doute que nous avons une influence sur la vie de nos enfants, ainsi que, d’une manière indirecte, sur ceux qu’ils rencontreront dans leur vie. La question est de savoir quel type d’influence nous choisissons d’avoir.

Thomas Gordon distingue ici “la discipline instructive qui s’efforce d’influencer les enfants, et la discipline restrictive, qui cherche à les dominer.”

Si un enfant fait quelque chose par peur d’être puni, il n’est pas influencé, il est dominé. Exercer une influence est bien plus complexe. Et demande un vrai changement de posture, car plus nous dominerons, moins nous serons en mesure d’influencer comme nous le voudrions !

Pour encourager les enfants à modifier leurs comportements de leur propre initiative, il nous faut donc renoncer aux méthodes restrictives. 

Je sais, pas toujours facile…
L’enseignement de l’auto-discipline, plutôt que de la discipline imposée, est pourtant bien à ce prix-là.

En fait, la question n’est donc pas la discipline, mais bien la manière de l’encourager. Et voila pourquoi le sous-titre du livre Eduquer sans punir est “enseigner l’autodiscipline aux enfants”.
Parce que tout est là : notre objectif est que la motivation pour la discipline dont va faire preuve l’enfant soit interne, non externe.

Les multiples sens du mot “Autorité”

Selon Thomas Gordon, il existe 4 types d’autorité :

1- L’autorité fondée sur l’expérience

On parle alors d’autorité acquise : c’est en effet l’expérience d’une personne, sa compétence qui lui donne autorité sur un sujet. Alors, son entourage va s’adresser à elle, et écouter son opinion.

Cette remarque me fait penser à une discussion que j’ai eue récemment avec mon mari et mon grand fils. Je venais de voir une vidéo incitant à ne pas faire confiance aux autres, mais plutôt de vérifier les informations reçues par nous-mêmes. Or, je ne suis qu’à moitié d’accord : je pense qu’il est effectivement des points à vérifier, mais surtout qu’il s’agit d’apprendre qui nous pouvons croire sur quel sujet. Et s’adresser à la bonne personne !

Il s’agit bien alors de respect de l’autorité fondée sur l’expérience…

Adultes et enfants respectent ceux qui possèdent une compétence particulière, et n’hésitent pas à solliciter leurs conseils. Ce type d’autorité est  inoffensive, et toujours vue positivement.

2- L’autorité fondée sur la position

Cette autorité découle, comme son nom l’indique, de la position de la personne, de ses responsabilités.
Ce type d’autorité est reconnu et accepté par tous : le pilote indique à l’équipage ce qu’il doit faire, le conducteur demande à ses passagers de s’attacher.

Dans une famille, les membres peuvent demander à celui qui fait les courses d’inclure des produits spécifiques dans sa liste. Il y a alors accord sur le partage des responsabilités.

Cette autorité fondée sur la position est généralement bien acceptée, tant par les adultes que par les enfants. Nous respectons les personnes qui l’exercent, et n’hésitons pas à suivre leurs instructions.

3- L’autorité fondée sur des ententes informelles

Dans une famille, nombreuses sont les ententes informelles qui impliquent que l’un soit en charge de certaines choses, et l’autre d’autres. Lorsque nous ne suivons pas ces accords informels, il en découlera des attitudes qui relèvent de notre responsabilité. Ainsi, si mon fils traine après l’école, il me téléphonera pour me prévenir.

Celle-ci est probablement à rapprocher du cas précédent, les rôles étant par essence plus variables. Les instructions seront cependant acceptées sans problème.

4- L’autorité fondée sur le pouvoir

Cette fois, nous parlons du pouvoir positionnel, que nous avions déjà évoqué à la lecture de Arrête d’embêter ton frère, laisse ta soeur tranquille.

Malheureusement, c’est souvent à ce type d’autorité que se réfèrent les parents et éducateurs qui souhaitent le “respect” des enfants, imposant leur pouvoir par le biais de punitions et de récompenses, assortis de tous leurs effets nocifs…

Or, les enfants (comme les adultes) ne respectent pas l’autorité fondée sur le pouvoir. Les adultes usant de ce type d’autorité attendent en général une obéissance aveugle, et encouragent plutôt la résistance.

Faut-il user de notre autorité ?

J’aime bien cette distinction entre les différents types de pouvoir que fait ici Thomas Gordon, parce que cela bouscule un peu les idées reçues.

En effet : la parentalité positive lutte contre l’autorité fondée sur le pouvoir. Comme il s’agit, pour certains, de la seule autorité qui soit, la conclusion qui s’impose est que la parentalité positive encourage à ne plus avoir aucune autorité face à nos enfants. (Notez que j’ai bien écrit “face à” nos enfants, et non “sur” nos enfants. Car j’ai bien basculé d’une relation verticale à une relation horizontale…). Ce n’est pourtant pas le cas. Nous gardons bien une autorité. Seulement pas celle fondée sur le pouvoir. Nous préférons développer auprès de nos enfants une autorité qu’ils respecteront.

Si notre relation est bonne (de l’importance de la connexion), nos enfants chercheront nos conseils et voudront connaitre nos valeurs.

Et nous bouclons ainsi la boucle avec la notion précédente d’influencer plutôt que de dominer…

Nos enfants doivent parfois assumer les conséquences de leurs décisions. Cependant, cela reste parfois frustrant, et nous aimerions pouvoir plus souvent parler solutions plutôt que conséquences logiques…
Seulement, comment opérer ce changement ? C’est l’objectif de cet article.

Pourquoi s’éloigner des conséquences ?

Tout d’abord, soyons clairs sur les conséquences. Nous avons déjà abordé la question de l’utilisation, dans le cadre d’une éducation positive, de conséquences plutôt que de punitions. Ce n’est sûrement pas la première fois que vous lisez cela, mais ce cheminement peut prendre du temps, tant il va à l’encontre des modèles reçus.
Ainsi, si cela n’est pas clair pour vous, n’hésitez pas à d’abord prendre le temps de lire la différence entre une punition et une conséquence, voire, pour commencer, pourquoi les punitions sont nocives (pour l’enfant comme pour nous).

 

Lorsque l’on a réussi à opérer ce changement, les choses sont déjà différentes. Chez nous, par exemple, il n’y a plus de punition, et c’est un sujet dont nous discutons régulièrement, lorsque mes enfants rapportent que leurs camarades ont été punis. Ce qui ne signifie pas qu’ils n’ont pas à subir les conséquences de certains de leurs comportements. Les limites existent, et sont claires pour tous.

Cependant, l’utilisation de la conséquence, qui met l’enfant face à ses responsabilités, devient parfois tellement facile que celle-ci devient un recours éducatif bien plus courant que ce qu’il devrait être. Or, la conséquence ne devrait être ni la seule ni la première technique éducative à laquelle nous devrions avoir recours.

L’objectif premier, en effet, est d’aider l’enfant à améliorer son comportement, et ceci avant de le laisser assumer les conséquences d’un comportement non corrigé ! Et voilà pourquoi nous choisirons de ne faire appel aux conséquences qu’après avoir essayé d’autres méthodes, qui pourraient bien porter leurs fruits ! Parfois, les deux seront nécessaires en parallèle, comme c’est le cas dans l’exemple de ce petit garçon qui jetait ses jouets par le balcon

Que signifie parler solutions plutôt que conséquences logiques ?

Pour que la différence soit bien claire, je vous propose de partir des caractéristiques de ces techniques, telles que listées par Jane Nelsen dans La discipline positive :

Pour rappel, les 4 R de la conséquence – La conséquence est : 

  • Reliée – à l’acte de l’enfant
  • Respectueuse
  • Raisonnable
  • Révélée à l’avance

La solution  est : 

  • Reliée – à l’acte de l’enfant
  • Respectueuse
  • Raisonnable
  • Aidante

Ainsi, c’est ce dernier point qui fait toute la différence entre les deux….
Mais que veut dire ce “aidante” dont on qualifie la solution ? Comment cela se traduit-il dans la réalité ?

L’idée est en fait de faire équipe avec notre enfant. Nous allons donc chercher avec lui ce qu’il pourrait mettre en place pour réussir à corriger son comportement. Ainsi, contrairement à la conséquence qui se contente de développer le sens des responsabilités (ce qui est déjà pas mal), l’idée, cette fois, est d’aider l’enfant à faire face à cette responsabilité en l’aidant à trouver une solution “utile et qui enseigne”.

Cette attitude est assez magique, parce que c’est elle qui permet de considérer que tout comportement à corriger est une opportunité d’apprentissage !

Un exemple concret

Prenons un exemple concret. Chez nous en ce moment, l’un des points que je devrais adresser (mais il faut que je prenne le temps de le faire, toujours le même problème, pas vrai ??), c’est le vidage de l’égouttoir…

En effet, Alice (10 ans) est en charge de vider l’égouttoir quand la vaisselle est sèche. C’est une action du quotidien qu’elle a choisie lors d’une “réunion de travail” en famille. Seulement voilà, il est encore fréquent qu’elle parte pour l’école sans avoir vidé l’égouttoir, ce qui me gêne les jours où je cuisine.

En mode conséquence logique, on pourrait décider que si elle ne vide pas l’égouttoir avant de partir, elle devra faire elle-même la vaisselle que je n’ai pas pu faire faute de place pour la faire sécher. Cela serait annoncé à l’avance, évidemment, et elle saurait donc à quoi s’en tenir. Cependant, cela ne l’aide pas forcément pour la prochaine fois qu’elle fera face à une situation similaire !

En mode solution, nous chercherions plutôt à être constructifs, en trouvant une méthode pour qu’elle n’oublie pas, simplement. Là, comme ça, je pense par exemple à une affichette sur la porte de sortie… Mais je me garderai de suggérer cela avant de voir ce qu’elle-même peut proposer ! Car je cherche aussi à encourager mes enfants à penser par et pour eux-mêmes. Pas facile d’être parents…

Voilà, je vous encourage à présent à vous dépasser, en parlant solutions plutôt que conséquences avec vos enfants ! Beaucoup plus de confiance transmise dans cette posture-là, non ?

De mon côté, encore une fois, écrire cet article m’encourage : je m’engage à essayer de chercher une solution avec Alice dans la semaine, et de revenir vous en faire un compte-rendu !
Edit : article sur ma recherche de solution

 

Dans une classe, les questions de discipline surgissent régulièrement. En tant que parent face à nos enfants, déjà, nous nous sentons régulièrement débordés. Alors, qu’advient-il aux instits et aux profs qui se retrouvent face à 30 élèves d’un coup ? Peut-on aborder avec eux la question de discipline positive en classe ?

Pourquoi me suis-je penchée sur cette question ?

Lorsque je me suis lancée sur le chemin de la parentalité positive, c’était un cheminement tout personnel. Un nouveau mode de fonctionnement qui transformait ma famille, au fur et à mesure qu’il me changeait moi-même, en profondeur. 

Mes lectures m’ont enrichie, et ont fait évoluer ma famille. La première illumination est venue de Faber et Mazlish, mes premières idoles, puis j’ai découvert Jane Nelsen et sa discipline positive, dont je suis tombée amoureuse.

Alors, lorsque j’ai appris qu’un atelier de formation à la discipline positive avait lieu près de chez moi, je n’ai pas hésité, je me suis inscrite ! Qu’importe s’il s’agissait d’une formation de “Discipline Positive en classe”… C’est à dire conçu pour les professeurs, et autres professionnels en contact avec les enfants… J’allais de toute façon apprendre des choses intéressante, sans aucun doute.

Et je n’ai pas été déçue !! Je suis sortie de mon week-end de formation intensive très inspirée !! Emplie de nouveau de cette envie de changer le monde !

Quelle est l’idée de la discipline positive en classe ?

Pour qu’un enseignement soit réussi, il est nécessaire qu’il soit double : le contenu académique ne peut aller sans un contenu qu’on pourrait qualifier d’humain.

La discipline positive s’attache à cet enseignement humain : celui des relations, du respect de l’autre, de l’empathie, de l’auto-contrôle, de l’échange, de la réparation, etc…

Tout comme dans la famille, nous sortons de la dynamique de relation verticale où le prof impose, pour entrer dans une relation dans laquelle l’objectif est d’amener les enfants à coopérer.

Le meilleur moyen d’atteindre cet objectif sera de tenir régulièrement des réunions de classe, dans lesquelles les situations pourront être discutées. Cependant, pour que ces réunions soient productives, il s’agit d’avoir au préalable développé chez les élèves des compétences d’écoute et de respect qui seront les fondations des réunions réussies. (Exactement comme les réunions familiales finalement)

Pour atteindre cet objectif, la discipline positive propose un format dans lequel les activités sont pensées pour aider les enfants à développer les qualités nécessaires à une vie en société harmonieuse, celle-là même qui pourront permettre un apprentissage serein. (On est ici en ligne avec les idées de Céline Alvarez)

Quels sont les compétences de fondation proposées par la discipline positive en classe ?

Ces compétences sont pensées comme des briques qui serviront effectivement de fondation à la maison que nous construisons, dans laquelle se tiendront les réunions de classe.

  1. Les accords et règles de classe – à décider ensemble
  2. Les routines – à définir et à pratiquer
  3. Les rôles : pour un travail qui ait un sens
  4. L’auto-régulation
  5. Les compétences en communication
  6. Le respect mutuel
  7. Générer la coopération
  8. Les erreurs et comment les corriger
  9. L’encouragement
  10. Respecter les différences
  11. Obtenir un consensus pour les réunions de classe

Une fois tous ces thème couverts, nous pourrons commencer à mettre en place des réunions de classe.
Celles-ci, dans un premier temps, serviront principalement à couvrir les habiletés essentielles à des résolutions de conflits réussies :

  1. Former un cercle
  2. Pratiquer les compliments et remerciements
  3. Respecter les différences
  4. Communiquer respectueusement
  5. Se concentrer sur les solutions
  6. Brainstorming et Jeux de rôles
  7. Utiliser l’agenda et le format des réunions
  8. Utiliser et comprendre les objectifs mirages

En effet, ce n’est que lorsque les enfants pourront s’écouter respectueusement et qu’ils pourront se concentrer sur les solutions, tout en sachant lancer des idées et faire des jeux de rôles que les réunions de classe pourront prendre leur forme définitive.

Et cette forme, enfin, participera à faire de la classe un lieu d’harmonie !

Un travail de longue haleine

Certes, lorsque je liste toutes ces étapes, cela semble long… Cependant, tout comme nous l’observons en tant que parent, cette démarche est un processus continu. Chacune de ces étapes fait progresser les choses. L’ambiance de la classe change au fur et à mesure de ce cheminement, même avant les réunions de classe !

Ainsi, lorsque les élèves travaillent les routines, ces dites routines sont apaisées, et le nombre de conflits décroit. Lorsque les élèves apprennent l’auto-régulation, les maitresses ont moins besoin de “faire la police”, et cela laisse plus de temps à l’apprentissage. Et ainsi de suite.

Et pour moi ??

Cette formation de discipline positive en classe, non prévue, m’a tellement inspirée que j’ai voulu la mettre en pratique. (Ce qui ne m’empêche pas de poursuivre en parallèle celle qui me permettra d’aider encore plus les parents également).
Je me suis rapprochée de l’école de mes enfants, et après plusieurs réunions, j’ai eu le feu vert !

Cela fait donc quelques semaines que j’ai commencé mes interventions en classe, au niveau CE1, à titre de pilote. J’adore ce que je fais, tout en étant très frustrée du peu de temps que l’on peut m’accorder. J’espère que ce peu de temps sera suffisant pour avoir un effet. Je sais cependant que cela dépendra aussi de l’attitude des maitresses. Il va donc falloir que je passe également plus de temps avec elles, pour les aider à évoluer dans la relation à l’élève. Comme vous, je le sais d’expérience, ce n’est pas facile de rompre les schémas reçus…

Mais je suis pleine d’enthousiasme et d’énergie, heureuse de contribuer à rendre ce monde meilleur !

(Et puis, en attendant, j’ai déjà mis des choses en pratique chez moi – comme la roue des options – , alors j’ai de toute façon tout à y gagner !)

Faire face à la colère d’un enfant n’est jamais chose facile. En tant que parents, nous devons les accompagner, et leur enseigner à contrôler leurs émotions fait partie de cet accompagnement. Il existe pour cela plusieurs méthodes, que nous pouvons varier, et l’une d’entre elles est : la roue des options.

Apprendre à gérer des émotions

Un jeune enfant qui se met en colère, cela se voit, et s’entend ! Principalement, parce que l’enfant ne sait pas contrôler ses émotions. Comme l’explique Catherine Gueguen, son cerveau n’est pas encore mature. Il est donc parfois physiquement impossible pour lui de dépasser l’émotion de manière immédiate. Il n’arrive pas à revenir dans un état émotionnel plus calme.

C’est la raison pour laquelle, avant de se lancer dans des explications, nous devons encourager l’enfant à sortir de la vague de l’émotion. Plusieurs méthodes pour cela : l’aider à se concentrer sur quelque chose de son environnement, parler de son émotion.. Dans tous les cas, commencer par cette étape avant d’expliquer.

Cependant, apprendre à gérer ses émotions, pour un enfant, comme pour nous, c’est également savoir quoi faire pour cela ! Et ce n’est pas inné. Nous gagnerions tous à avoir à notre disposition une liste d’actions qui pourraient nous aider à nous calmer. Alors, petit à petit, prenant l’habitude de la consulter régulièrement, nous pourrions apprendre à mieux répondre à nos besoins, à faire preuve d’auto-empathie, et à traverser enfin nos émotions difficiles.

Qu’est-ce que la roue des options ?

La roue des options, c’est exactement ça : une liste de ce qui peut aider !
Le format de la roue permet de mettre en valeur le fait que l’idée est de faire un choix entre les différentes options (bien qu’il ne soit jamais interdit d’en choisir plusieurs !)

Ainsi, l’idée est que, lorsqu’il se sent dépassé, l’enfant puisse consulter sa roue, et ses options, et choisir ce qui va l’aider à ce moment-là. La roue répond ainsi aux deux objectifs parallèles de :

  • calmer son état émotionnel en le faisant se concentrer physiquement sur quelque chose
  • s’entrainer à prendre soin de lui-meme dans les moments où il en a besoin

Sa conception

La roue des options sera d’autant plus efficace que l’enfant aura pris part à sa conception. Impliquer l’enfant dans la démarche lui permet de s’en sentir acteur. Ensuite, lorsqu’il l’utilise, cela ne lui est pas imposé : c’est son propre travail, ses propres idées.

Bien sûr, le niveau d’implication dépendra de l’âge de l’enfant. Plus il sera jeune, il plus il sera difficile pour lui de trouver les idées lui-même.

Cela faisait déjà un bon moment que j’avais entendu parler de la roue des options ! Elle fait partie des outils proposés par la Discipline Positive, en particulier dans un cadre scolaire.

Et pourtant, tout en y pensant régulièrement, j’ai laissé passer des mois avant de la mettre en place. Parce que ce n’était pas le bon moment, parce que j’y pensais alors même que mon fils était sous le coup de la colère, donc incapable de mener cette démarche, parce que, parce que…

Et puis, un jour, grâce à un nouveau partage de mon amie Gwen de Petit bout par petit bout, qui avait construit sa propre roue des options de la colère avec son fils (vous pouvez voir son récit ici), j’ai décidé de faire comme elle : arrêter de tergiverser !

Le samedi, donc, j’ai pris un papier de brouillon, et j’ai dit à mon Léon, 6 ans, que nous allions faire une activité ensemble. Anatole, 3 ans et demi, s’est immédiatement approché.
Je leur ai expliqué que nous allions réfléchir ensemble à ce qui pouvait nous aider quand nous nous sentions très en colère ou très tristes, et noter nos idées.  Tout en parlant, je partageais ma roue en secteurs angulaires, et Léon a immédiatement commencé à lancer des idées. J’ai tout noté, même si ça signifiait avoir un secteur qui disait “compter jusqu’à 10”, et l’autre “compter jusqu’à 100″… Anatole a aussi lancé quelques idées, pas toujours très claires (“faire vite”… j’ai cru comprendre qu’il voulait dire que si on n’aimait pas ce qu’on devait faire, il valait mieux le faire vite), mais peu importe, au moins, il participait !

Et voici notre première roue des options terminée !

Cependant, ne pensez pas que nous nous soyons arrêtés en si bon chemin, non !

Une fois cette roue terminée, avec les illustrations de leurs mains, Léon m’a dit qu’il avait encore plein d’idées et qu’il voudrait en faire une autre !

Rebelote donc ! Et voici notre deuxième roue d’options :

Les idées n’ont effectivement pas manqué ! Et Léon m’a même fait ajouter – en dehors de la roue tant pis – le fait de mettre sa main sur notre main à 6 doigts !!

L’activité, déjà, avait été un succès, restait à voir à l’usage…

L’utilisation de la roue des options

Dès ce week-end là, j’ai mis la roue en pratique. Au premier moment difficile, j’ai été cherché la roue, et j’ai dit calmement : “Je vais te lire les idées qu’on a écrites pour aider à se sentir mieux.”

Rien que le fait de lire les options était déjà tellement puissant pour aider l’enfant à calmer son état émotionnel, tant pour Anatole que pour Léon, que rien que pour ça, ça valait la peine de l’avoir faite !

Ensuite, vient la phase du choix. Si celui-ci est difficile, pour les plus jeunes en particulier, pour lesquels trop de choix les perd, nous pouvons aider à le limiter, en répétant ceux que nous savons leur plaire.
“Alors, tu penses que tu préfèrerais un câlin, ou jouer avec le Mack ?”

Et, croyez-le ou non, ça a marché de manière magique ! Certes, certaines options ne sont jamais utilisées. Anatole revient généralement sur le câlin, mais peu importe. Ils savent qu’ils auront d’autres options lorsqu’ils en auront besoin, c’est également le but de la démarche. Comme le matin où, après avoir vu la roue des options, ils m’ont demandé de lire un livre. (Je ne sais plus lequel en avait eu besoin et l’avait choisi, mais l’autre s’est joint à nous, et nous avons pu tous nous reconnecter, et c’est bien cela qui nous aide ensuite à avancer, non ?)

Développement de l’empathie

Un autre bénéfice de cette roue que je n’avais pas anticipé, c’est qu’elle aide à développer l’empathie.

Il y a quelques semaines, je me suis moi-même agacée. Je ne sais plus pourquoi, ni comment je l’exprimais, mais j’étais clairement tendue. Je n’avais en fait pas assez dormi. Et voilà mon Léon qui vient dans la cuisine, et qui, sans un mot, me tend les roues, me laisse les prendre, et s’en va…. Oui, moi aussi, je pouvais chercher ce qui pourrait bien m’aider ! (Devrais-je d’ailleurs faire une roue des options pour moi ? C’est une idée !)

Quelques jours plus tard, alors que je dépose Léon devant sa classe, il voit l’un de ses camarades en train de pleurer. Il regrette de ne pas avoir sa roue avec lui… Je lui suggère qu’il pourrait peut-être lui en parler… Le soir, Léon me raconte qu’il a effectivement été voir son copain, et qu’il lui a dessiné une autre roue !

Enfin (et c’est ce qui m’a finalement poussée à écrire cet article), hier, alors que je sortais de chez moi, je vois les roues par terre devant la porte.
Je demande à Leon :
« Pourquoi la roue est là ?
– parce qu’Anatole pleurait quand tu es partie hier, alors je lui ai donné les roues pour qu’il trouve une solution.
– Et ça a marché ?
– Oui
– Qu’a-t-il choisi ?
– Le câlin. Je le lui ai fait. »

Voir nos enfants résoudre leurs problèmes et faire preuve d’empathie, se soutenir l’un l’autre…

Encore un rappel que nous ne nous trompons pas de chemin !!

 

Nous aspirons à créer un foyer dans lequel le mot-clef serait la coopération.
Il semble pourtant que nos enfants ne soient pas toujours dans cette dynamique !
Le sommes-nous nous-mêmes toujours ? L’exemple donné à nos enfants est fondamental, et, si nous cherchons à inclure cette idée de coopération dans notre plan de route parental, il est important de se demander d’abord si nos comportements sont bien en accord.

Car, nous en avons parlé précédemment, nous avons notre responsabilité dans le comportement de nos enfants !

Cet article reprend donc un chapitre du livre Parents respectueux, enfants respectueux, présentant ce qui, dans notre maison, peut alimenter les conflits et nuire à la coopération.

Le manque de temps pour entrer en lien avec les autres

La société va de plus en plus vite, et notre rythme familial s’en ressent également.
Ce n’est pas la première fois que je me le dis : la parentalité positive est également une question de rythme. Je n’affirmerai pas que lenteur rime toujours avec bonheur, mais calmer un peu le jeu pour passer du temps ensemble, en famille, est clairement une pratique qui aidera à développer la coopération au sein de celle-ci.

Car, pour une relation harmonieuse, nous avons besoin d’être en lien. Souvent, nous passons du temps avec nos enfants, mais du temps que nous pourrions qualifier de “gestion” : préparation pour l’école, les bains, les repas. Prenons-nous le temps également de nous asseoir, de jouer, de discuter ?

Sans même parler des moments particuliers, qui sont la meilleure manière de nourrir le besoin d’attention d’un enfant, des moments de partage en famille seront déjà un sacré bon début !!
(Note : au moment où j’écris cet article, nous sommes fin novembre, et ces phrases me font penser aux idées lancées par Gwen de Petit bout par petit bout pour construire en calendrier de l’avent en mode “reconnexion” !)

Les auteurs évoquent ici également les réunions familiales, qui sont toujours des moments privilégiés d’échange et de coopération. Chez nous en effet, cela marche vraiment bien (et il faut vraiment que je prenne le temps de faire un article à ce sujet…). C’est non seulement une occasion de discuter des problèmes qui se posent pour y trouver des solutions qui conviennent à tous, mais également de prévoir d’autres moments partagés.
C’est d’ailleurs suite à une réunion familiale que nous avons enfin planifié, pour le surlendemain une sortie au restaurant à 4 avec nos plus grands, qu’ils nous réclamaient pourtant depuis un moment déjà !

Et à l’adolescence ?

Cette notion de manque de temps pour créer le lien fait également écho chez moi à une conférence de Catherine Dumontheil-Kremer (auteur de Poser des limites à son enfant) écoutée il y a peu, dans laquelle elle parlait spécifiquement de l’adolescence.

Tout comme moi, elle ne pense pas forcément nécessaire la “crise d’ado” tant crainte par les parents, la reliant plutôt à un mode d’éducation. Dans le contexte de son éducation bienveillante, tout comme chez nous avec notre grand de 15 ans, elle fait bien sûr face à des conflits, comme avec les plus jeunes, mais pas à des crises !

Elle soulignait en revanche, et j’ai trouvé cela très juste, que la difficulté de cette période de l’adolescence résidait probablement dans l’entretien du lien, justement. En effet, si le jeune enfant nous sollicite beaucoup, l’ado ne le fait plus, et nous avons de ce fait moins d’opportunités de nourrir le lien ! Elle conseille donc fortement d’accepter de faire le taxi, pour le seul bénéfice de passer du temps en tête à tête avec son ado. Et je confirme que ces trajets sont toujours l’occasion de bonnes discussions !
(Chez nous, une chose persiste également : les jeux de société ! Qui fonctionnent mieux encore que ces trajets !)

Etiquettes, comparaisons, et critiques

Nous avons déjà évoqué le piège des étiquettes, une des premières notions que j’ai découvertes lorsque j’ai commencé à cheminer, en lisant Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Faber et Mazlish.

L’étiquette posée sur l’autre (“Il est paresseux !”, “Elle est têtue”) ne peut décrire la nature changeante de l’enfant !
Les étiquettes présentent également un risque majeur : “En plus d’être inexactes et blessantes, ces étiquettes peuvent influencer ceux qui les reçoivent à un point tel qu’ils finissent par y correspondre.”
Il serait plus juste de s’attacher à des observations précises, sans étiquette ni jugement, qui laisseraient la place à l’enfant d’évoluer, de corriger, de progresser…

Pour ce qui est des comparaisons, on peut dire qu’elles vont complètement à l’encontre de la coopération puisqu’elles nourrissent plutôt un sentiment de rivalité, de jalousie.
(Pour savoir comment éviter cette rivalité, n’hésitez pas à télécharger gratuitement mon bonus sur les habitudes à modifier pour atténuer les disputes dans la fratrie, en fin d’article)

Ainsi, lorsque nous voulons encourager un enfant à changer de comportement, nous aurons toujours plus de chances d’obtenir sa coopération en l’accompagnant, en l’aidant à réfléchir à des solutions, plutôt qu’en basculant dans les étiquettes et les critiques.

Les récompenses et les punitions

Les récompenses et les punitions sont indispensables “lorsque les parents veulent amener les enfants à faire quelque chose contre leur gré”.
La méthode de la carotte et du bâton : un contrôle purement extérieur, là où nous voudrions plutôt développer la motivation intrinsèque de l’enfant.

En fait, user de punitions et de récompenses signifie rester dans un schéma (par ailleurs classique) de relation purement verticale entre l’adulte et l’enfant. Nous exerçons alors un pouvoir sur eux, pas avec eux. (Et si cette notion de pouvoir positionnel vous intéresse, je vous encourage à lire cet article spécifique sur le thème du pouvoir).

Lorsque nous commençons à nous interroger, non seulement sur ce que nous voudrions que notre enfant fasse, mais également sur les raisons que nous voudrions qu’il ait pour faire cela (la peur d’être puni, ou l’envie de contribuer ?), nous nous éloignons plus facilement de cette méthode…
Car il est certain qui ni la punition (qui créera plutôt un désir de vengeance), ni la récompense (qui entrainera une accoutumance, et du marchandage) ne l’amèneront à la coopération spontanée !

Chez nous, non seulement ces méthodes n’existent plus, mais nous saisissons régulièrement l’opportunité d’en discuter lorsque nous en sommes témoins à l’extérieur.
C’est probablement la meilleure méthode pour amener nos enfants à appréhender la bienveillance dans la maison, et son bénéfice.

 

Nos habitudes de pensée et de communication

Malgré toutes nos bonnes intentions, malgré tout ce que nous avons déjà appris en avançant sur le chemin de la parentalité positive, il n’est pas rare que nos habitudes de pensées et de communication ressurgissent, et que celles-ci constituent un frein à notre relation.

Ici, les auteurs parlent particulièrement des mots “mais”, et “devoir”, qui ont, selon elles, une grande influence sur la réaction de l’enfant.
Lorsque nous validons le sentiment de l’enfant, et que nous enchainons avec un “mais”, c’est comme si nous annulions ce que nous venons de dire…
Lorsque nous indiquons à l’enfant qu’il “doit”, ou “devrait”, nous lui communiquons que nous savons mieux que lui ce qui lui convient.”

A la relecture de ce chapitre, je me promets d’y faire plus attention. Je ne crois pas utiliser le verbe “devoir”, ai-je raison ? Je sais en revanche que ce “mais” fait encore régulièrement son apparition, même s’il est moins fréquent qu’avant !

Ce ne sont cependant pas les seuls pièges, apprendre ce nouveau mode de communication, c’est apprendre une nouvelle langue, et je me rends compte régulièrement comme certaines habitudes peuvent être tenaces ! Cela nécessitera, en fait, un article à part entière !

 

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Ce titre n’est pas de moi, mais d’Isabelle Filliozat, dans Il n’y a pas de parent parfait.
Et elle enchaine en écrivant : “En fait, elles seraient de meilleures mères si elles ne cherchaient tant à être bonnes.”
Ah, la pression que nous nous mettons pour être des parents parfaits !

Seulement voilà, il semble que nous ne le répéterons jamais assez : la perfection n’existe pas.

Un jour, une prof de yoga, nous encourageant à nous détacher de la recherche de la perfection, nous faisait remarquer que nous ne cherchions la perfection que chez les humains, pas dans la nature.
Voyant un arbre qui était tout penché, elle notait que cet arbre, loin d’être parfait, était unique, et intéressant.
En ce sens, nous sommes tous uniques et intéressants !

Alors, qu’advient-il à la mère qui cherche à être parfaite ?

Toujours d’après Isabelle Filliozat : “La peur de passer pour une mauvaise mère, un mauvais père, mène à nombre de sacrifices qui ne font qu’engendrer une rancoeur pus ou moins inconsciente envers les enfants.”

En effet, notre image de ce que nous voulons être est assez claire. Dans notre esprit, nous sommes clames et patients, et nos enfants sont heureux d’être avec nous. Nous nous imaginons… une activité tranquille, avec un verre d’orangeade, puis un rangement de l’activité dans l’allégresse ! Seulement, dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça.

Entre cette image idyllique de nous-mêmes en tant que parents, et ce que nous arrivons effectivement à faire, la différence est telle qu’il n’existe que deux possibilités :

Donc, si nous cherchons trop la perfection, nous n’aurons d’autre choix que le second, et penser que nos enfants nous empêchent de l’atteindre, cette perfection. Ce qui signifie que, consciemment ou non, nous développerons une rancoeur à leur égard !

Notre expression de cette rancoeur risque alors de passer par la culpabilisation de l’enfant : “Je t’avais bien dit que… Tu vois bien…”, culpabilisation qui a pour but inavoué d’éviter de nous culpabiliser nous-mêmes.

Finalement, la mère qui ne peut s’ouvrir à l’imperfection peut tomber dans le piège de justifier ces écarts de conduite en les qualifiant d’éducatifs, afin d’éviter de faire face à ses propres failles.

Avouer notre incompétence

Si l’on veut progresser, nous en avions déjà parlé la première fois que nous avions évoqué la notion de culpabilité, il faut d’abord être conscient de ce que l’on ne sait pas.

Ainsi, avouer notre incompétence est le premier pas. Celui qui peut nous permettre de faire les autres.

C’est lorsque nous accepterons notre imperfection que nous pourrons nous mettre en position d’apprentissage. Que nous pourrons développer des compétences parentales autres que celles que nous avons héritées.

Après tout, pourquoi tant de mères se préparent-elles à l’accouchement, et non à l’éducation ?

Etre parent est difficile. Ce n’est pas honteux de l’admettre, de se faire aider.

Ecouter notre fatigue, qui nous empêche physiquement de faire au mieux.

Prendre soin de nos besoins, pour mieux prendre soin de nos enfants.

Notre société n’encourage pas aux aveux de faiblesse, aux échanges. Si vous le pouvez, le mieux serait de vous trouver un compagnon d’empathie, un avec lequel vous pouvez partager vos difficultés, réfléchir à des solutions, à des méthodes éducatives plus conscientes. En regardant vers le futur, sans s’appesantir sur les ratés, sans culpabilité.

Se montrer plus tolérant envers soi-même ?

Le coeur de la difficulté est là : la culpabilité ! 

Nous culpabilisons lorsque nous dérapons. Beaucoup. Et cela ne nous aide pas, au contraire.
Faudrait-il donc être plus tolérants envers nos écarts de conduite ?

Isabelle Filliozat écrit : “Je préfère militer pour remplacer la tolérance par un vrai respect de soi. C’est-à-dire, sans tolérance aucune, regarder ses comportements excessifs comme tels, mais sans jugement sur sa personne.
Sommes-nous capables de cela ? Sans jugement.

La CNV nous enseigne que nous avons tous des raisons d’agir de telle ou telle manière. Ce que nous ressentons est un indice d’un besoin. Ce que nous acceptons également.

Et si nous sortions du jugement pour essayer de mieux nous écouter. Nous observer et chercher à avancer, en pleine conscience de nos choix, sans ni tolérer ou excuser nos comportements excessifs, mais sans rester bloqués par notre sentiment de culpabilité pour autant. C’est à ce prix que nous parviendrons peut-être à identifier les raisons de nos comportements, et que nous pourrons alors nous en libérer pour mieux choisir nos comportements futurs.

Et vous, tombez-vous facilement dans la culpabilité ?

La difficulté d’être parents est double. Parce que dans le rôle du parent, on trouve :

  • la difficulté de la gestion du quotidien
  • la difficulté de la vision à long terme

Souvent, nos vies trépidantes ne nous permettent pas d’évoluer du 1er au 2e point.

Nous nous oonfrontons à la gestion du quotidien, et c’est déjà bien assez !

Prendre le recul pour réfléchir à ce que nous cherchons à développer chez nos enfants à long terme est un luxe que nous ne pouvons pas toujours nous permettre.

Or, pour basculer dans la parentalité positive, le meilleur moyen est probablement de prendre le temps de réfléchir à l’impact à plus long terme de nos choix éducatifs…. C’est la prise en compte de cet impact qui nous donnera l’énergie qu’il faut pour apprendre une autre manière d’éduquer, et de communiquer.

Cela en vaut la peine, car j’ai une également une bonne nouvelle pour vous : la parentalité positive rend également la gestion du quotidien plus facile !!
(Enfin… parfois non… parfois, on voudrait tout jeter en l’air et juste hurler “parce que je te le dis, et puis c’est tout !!!”, vu que nous ne sommes pas des super-héros, il nous arrive de craquer… Et dans ces moments-là, si nous voulons avoir la force de revenir sur le chemin, il sera bon d’avoir eu la réflexion que je vous propose ici…)

Pour nous guider dans cette démarche, je propose de suivre ce que nous proposent les auteurs de Parents respectueux, enfants respectueux, dans leur clé 1 de la coopération : être au clair avec son objectif en tant que parent.

De l’importance d’avoir un objectif

Pris par le quotidien, on a tendance à oublier que nous faisons des choix en permanence sur nos façons d’agir et de réagir.

Nous vivons dans un monde dans lequel le rythme est tel que c’est comme si nous vivions en mode “crise” en permanence. Seulement la crise et le stress ne nous permettent pas de considérer nos choix et nos options. Victimes des circonstances, nous cherchons simplement à arriver au bout de la journée.

Et dans cette démarche inconsciente, nous persistons à faire appel à un mode d’écoute et de fonctionnement qui exacerbe les conflits.

Définir notre but de parents peut nous permettre de sortir enfin de ce cercle vicieux, de devenir conscients, d’accéder à plus de clarté pour nos choix quotidiens.

Ce sera notre plan de route, notre boussole, pour tenir le cap dans le beau temps comme dans la tempête.

Clarifier son objectif

Dans cette démarche, selon les auteurs du livre, les trois questions essentielles à se poser seront :

  • Qu’est-ce qui est important pour moi ?
  • Avec quel objectif est-ce que j’élève mes enfants ?
  • Quelle est mon intention quand j’interagis avec mes enfants ?

Et, afin de savoir ce qui est important, nous pouvons commencer par nous interroger sur les qualités que nous aimerions voir chez nos enfants lorsqu’ils seront adultes. 
(C’est d’ailleurs avec, entre autres, cette question-là, que les choses sont abordées en ateliers de discipline positive)

Et pourtant, cette seule question n’est déjà pas évidente. Enfin… je parle pour moi, peut-être en est-il différemment chez vous…

Voyons voir… quelles sont les qualités que je cherche le plus à encourager chez mes enfants ?

L’autonomie
Le respect de l’autre
La confiance en soi
L’empathie
La coopération
L’entraide

Voilà ce qui me vient en premier.

On pourrait commenter qu’entre autonomie et entraide, il y a contradiction, je ne le crois pas, et je sais que cela sera plus clair dans la suite de l’exercice.  Est-ce que la coopération et l’entraide sont la même chose ? Pas forcément.La coopération nous encourage à tenir compte de l’autre, avec l’entraide, on sort de son espace pour faire quelque chose pour lui. Voyons donc la suite de l’exercice…

Ensuite, le livre propose d’appliquer ces qualités à soi-même, et de les traduire en termes de déclarations d’intention.
Ainsi :
J’attache de l’importance à l’autonomie, je veux mener à bout les tâches que je me fixe sans faire intervenir les autres.
J’attache de l’importance au respect de l’autre, je veux faire attention à ne pas déranger les gens que je côtoie, à prendre en compte la communauté dans laquelle nous évoluons.
J’attache de l’importance à la confiance en soi, je veux célébrer mes victoires.
J’attache de l’importance à l’empathie, je veux écouter ce que l’autre ressent.
J’attache de l’importance à la coopération, je veux écouter les besoins de l’autre et chercher des solutions qui pourraient convenir à tous.
J’attache de l’importance à l’entraide, je veux donner de mon temps pour aider mes amis lorsqu’ils en ont besoin.

C’est fou comme, rien qu’en écrivant ces quelques lignes, je me rends compte comme les valeurs qui comptent le plus pour moi ressortent dans celles-ci (entre autres, l’amitié !)

Ensuite, il convient de transformer ces déclarations d’intention en actions concrètes. Des actions précises que je peux réaliser qui correspondront à chacune des volontés que j’ai exprimées.
Hum…

Autonomie : j’ai pris la décision de vider un peu nos placards, et vais procéder à ce tri sans impliquer ceux qui ne veulent pas l’être.
Respect de l’autre : je ne donne pas les affaires de mes enfants sans leur demander leur accord.
Confiance en soi : je partage mes succès, j’explique comme je suis fière de moi !
Empathie : je valide les sentiments de mes enfants, je les écoute.
Coopération : je n’impose pas, mais demande. Par exemple à Oscar : “Si tu pouvais choisir, à quelle heure souhaiterais-tu qu’on vienne te chercher ?” Ainsi, je peux essayer de m’adapter au mieux à ses envies.
Entraide : je propose à la personne nouvellement arrivée de lui montrer où sont les magasins où je vais, et de lui prêter ce qui lui manque en attendant.

Cette démarche est intéressante, car il est certain que nos enfants apprennent beaucoup de notre modèle. Il est donc nécessaire de vérifier que le modèle que nous leur donnons est en accord avec ce que nous voudrions les voir développer à long terme.

Enfin, avant de nous désespérer suite à la liste que nous venons d’établir de tout ce que nous devrions faire pour être en accord avec nos valeurs, passons encore un moment à réfléchir à ce que nous faisons déjà et qui fonctionne.

Focalisés sur le négatif, nous oublions souvent de nous arrêter sur ce qui est bien en accord avec nos intentions. Pourtant, il y a fort à parier que nous faisons déjà bien des choses qui le sont, et qui fonctionnent. Lesquelles ?

De mon côté, je peux parler de coopération dans la famille : prendre en compte les besoins et envies des enfants a clairement un effet sur leur désir de coopérer également.

Je peux également parler de répartition des tâches, de la confiance que je leur accorde, et qui les conduit à être particulièrement autonomes.

De manière générale, j’ai appris à m’arrêter sur mes succès, parce que je sais que ceux-ci nous aident à progresser dans le bon sens, nous aidant à croire en nous-mêmes, et c’est bien la démarche de la section “du vécu” de ce blog !

 

Maintenant que nous cernons mieux notre objectif, nous allons faire la démarche consciente d’opter pour

  • un mode de pensée
  • une manière d’agir
  • un mode d’expression et d’écoute

en lien avec cet objectif.

Un mode de pensée en lien avec notre objectif

On pourrait penser que nous ne sommes pas maîtres de nos pensées, et qu’il est donc vain de penser changer notre mode de pensées.

En fait, nos pensées viennent, et c’est à nous de décider auxquelles nous allons prêter attention ou non. Nous pouvons apprendre à les orienter pour qu’elles soient en ligne avec nos intentions.

Si nous cherchons à décider qui a raison ou tort, à blâmer et accuser, nous inviterons le conflit.
Si nous restons dans l’idée que les autres agissent contre nous, nous nous sentirons énervés, irrités.
“Ce que vous pensez de vos enfants détermine la manière dont vous les voyez et dont vous les traitez.”

Nous pouvons donc faire le choix de penser aux besoins que notre enfant cherche à nourrir par son comportement, pour entrer plus facilement en connexion avec lui, et inviter chez lui une attitude coopérative.

Si nous considérons nos enfants comme indignes de notre confiance, nous ne leur donnerons pas l’occasion de nous prouver le contraire. Si nous les estimons capables de faire face à la vie, nous les traiterons probablement avec plus de respect, et leur donnerons naturellement plus d’occasions de prendre leurs propres décisions.

L’encouragement des auteurs est donc :
“Imaginez le meilleur pour vos enfants ; faites-leur cadeau de votre confiance.”

Une manière d’agir en lien avec notre objectif

Pour cela, nous pouvons déjà partir des listes faites dans l’exercice auquel nous nous sommes prêtés plus haut.

Convaincus que notre exemple est la meilleure manière pour nos enfants de recevoir nos messages et nos valeurs, nous ferons attention d’agir en accord avec celles-ci.

Une autre action qui va main dans la main avec cette démarche est celle de prioriser le temps familial.

Le rythme de vie actuel nous laisse peu de loisir, de temps calme. Pris par nos obligations et nos contraintes, auxquels s’ajoutent les activités des enfants, nous oublions souvent de laisser du temps au simple temps familial.

Pourquoi ne pas y réfléchir au moment de prendre des engagements ? Se poser la question : cet engagement contribue-t-il à notre objectif ? De quelle activité pourrions-nous nous passer ?

 

Un mode d’expression et d’écoute en lien avec notre objectif

Nous sommes ici peut-être au coeur de notre démarche.

J’insiste de nouveau, tant j’en suis convaincue maintenant (grâce à ce genre de lectures, dans lequel on peut inclure les livres de Jane Nelsen, et ceux de Marshall Rosenberg), sur l’importance de la connexion.

C’est la qualité de notre relation avec notre enfant, de notre lien avec lui, qui fera la succès de notre enseignement. Car nous adoptons, en parentalité positive, une posture de guide plutôt que de contrôleur. Notre rôle n’est pas d’imposer mais de guider. Comment guider sans lien ?

Et pour établir ce lien, la première étape sera celle de l’écoute.

Notre manière d’écouter détermine la qualité de la relation. 

Cela correspond parfois à un vrai changement de posture : au lieu d’écouter en cherchant les failles et les fautes, écoutons en cherchant à comprendre le point de vue de l’autre. Garder en l’écoutant une sorte de “curiosité ravie”, (pour reprendre les mots de mon formateur de CNV), pour écouter ce qui est vivant chez lui, reprenant cette fois les mots de Marshall Rosenberg.

Evitons donc ce qui nuit à la coopération (étiquettes, jugements, reproches, exigences), et mettons l’accent sur les sentiments et les besoins.

Ce point-là sera creusé de manière plus avancée plus tard dans le livre, dans la clé 5. Je rajouterai donc un lien vers celle-ci lorsque j’aurai écrit l’article s’y rapportant.

Une remarque importante : il est possible que nous ne soyons pas capables, en tant que parent, de faire preuve d’une telle ouverture, d’une telle écoute. Lorsque cela arrive, c’est souvent le signe que nous avons nous-mêmes besoin d’empathie. Parce que nous sommes fatigués, ou parce que nous débordons d’émotions. Nous ne pouvons écouter l’autre si nous n’avons pas écouté d’abord nos propres besoins.

Dans ce cas, cherchons quelqu’un qui puisse nous apporter de l’empathie, ou cultivons notre auto-empathie. Encore un thème que nous creuserons bientôt…

 

Finalement, forts de ce lien que nous chérirons, forts également de notre plan de route, nous pourrons garder notre boussole en main, et reprendre le chemin, celui qui aura le plus de chances de nous mener là où nous cherchons à aller, et pas ailleurs, ou du moins, pas trop loin !

Alors, à vous : quelles qualités voudriez-vous que vos enfants aient développées lorsqu’ils seront adultes ?

 

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Il règne souvent une grande confusion entre ces termes, qui désignent pourtant des concepts différents. Il y a bien une différence entre sentiment et émotion, entre sensation et sentiment !

En réalité, pour ce qui est de la parentalité positive, bien les distinguer n’est pas forcément fondamental, puiqu’il s’agit de recevoir tant les émotions que les sentiments, mais cela reste intéressant de savoir de quoi l’on parle.

Note : Cet article est le premier de ma série d’extraits de “La grammaire des émotions“, formation de l’école d’Isabelle Filliozat (EIREM) . (Ces explications ne remplaceront pas les expériences émotionnelles vécues pendant le stage, mais à défaut, elles permettent d’en approcher l’aspect informationnel.)

Sensation

Une sensation est quelque chose que l’on ressent physiquement : le coeur qui bat, la gorge nouée, les larmes aux yeux, les mains moites, les tremblements…

Ces sensations sont des informations, et notre corps ne ment pas. La question est de savoir si nous sommes à l’écoute de ces sensations. (Je me souviens de mes premières séances de méditation guidées. Je ne savais pas dire ce que je sentais, et j’ai d’ailleurs toujours du mal à le faire !)

Nous verrons un peu plus bas le lien entre sensations et émotions.

Emotion

Une émotion (é – extérieur + motion – mouvement : un mouvement vers l’extérieur) est une réponse brève à un stimulus extérieur. Elle ne dure pas plus de 2 minutes.

La situation dans laquelle nous sommes joue le rôle de déclencheur, et notre corps libère les hormones qui correspondent à cette situation : c’est la charge.

Or, l’émotion a une raison d’être. Elle a une fonction bio-régulatrice : elle permet une réaction spécifique à un déclencheur.

Alors, notre corps se prépare à réagir, se mobilise, c’est la tension.

Enfin, une fois le danger écarté, ou la situation solutionnée, le corps a besoin de revenir au calme, c’est le moment où l’émotion doit être exprimée, sortie, c’est la décharge.

Comme la décharge est la partie qui se voit, on a tendance à confondre l’émotion avec sa seule décharge. Or, la décharge, surtout chez les enfants qui n’ont pas encore développé leurs capacités d’auto-régulation, est parfois désagréable à entendre. Voilà pourquoi certains parents ne laissent pas les enfants exprimer leur émotion. Seulement, le fait d’interdir cette décharge n’éliminera pas l’émotion elle-même dans ses premières phases : la charge et la tension. Si la décharge n’a pas lieu, alors le corps reste en tension, et sous stress, ce qui aura probablement des conséquences plus néfastes !

Note : parfois, les émotions ne sont pas réellement cohérentes avec la situation. C’est le cas des réactions émotionnelles parasites, dont je ne parlerai pas ici.

Un nombre limité d’émotions

Les émotions étant ces signaux d’alarme brefs, et nécessaires, il n’en existe pas une infinité.

En fonction de la littérature, le nombre de ces émotions varient, mais les variations en sont limitées.

En fait, on retrouve toujours les émotions “de base” :

  • la joie
  • la tristesse
  • la colère
  • la peur

Auxquelles, selon les auteurs, on peut ajouter tout ou partie des émotions suivantes :

  • le dégout
  • la honte
  • l’amour
  • la surprise

(Dans la liste de cette formation, donc selon Isabelle Filliozat, seule la surprise ne figure pas, car elle n’a pas besoin d’être suivie par une décharge. Je ne me permettrai pas de donner pas mon point de vue sur ce détail, qui me dépasse…)

Comme nous allons le voir, les émotions peuvent également évoluer en sentiments.

Sentiment

Le sentiment s’installe plus dans la durée. Il n’est pas dépendant d’un stimulus extérieur, d’une situation précise.

On peut ainsi se sentir confus, tendu, désorienté, léger, embarrassé, jaloux, enthousiaste… Le sentiment peut être simple ou complexe (un mélange d’autres sentiments, ou découlant du refoulement d’une émotion), et sa durée peut varier du tout au tout. (Toute la vie parfois !)

Attention : L’une des choses que l’on apprend en CNV – et vous le verrez dans le livre de Marshall Rosenberg, Les mots sont des fenêtres – est que certains termes que nous prenons pour des sentiments, parce que nous avons pris l’habitude de les exprimer en commençant par “je me sens”, sont en fait des sentiments mêlés, c’est à dire qu’au lieu de simplement décrire comment nous nous sentons, nous y cachons un jugement, ou une interprétation de la volonté de l’autre.

Ainsi : je me sens “abandonné” (= Tu m’abandonnes), je me sens “incompris” (= Tu ne me comprends pas), je me sens agressé… ne sont pas des sentiments !!

 

Les émotions peuvent aussi être des sentiments

Je vous entends d’ici : “Mais je peux aussi me sentir triste sur une plus longue durée !”.

En effet, les émotions peuvent aussi être à la source de sentiments. Ou plutôt le sentiment un prolongement de l’émotion.

Je crois que l’exemple qui l’illustre le mieux est celui de l’amour : nous pouvons ressentir de l’amour (sentiment), en continu – ou presque ! – pour notre conjoint. Mais, au moment précis où celui-ci nous regarde dans les yeux, en nous disant “je t’aime”, la chaleur que nous ressentons est le signe de l’émotion d’amour ! Elle est bien différente ! Et cette émotion, en effet, est brève…

Le lien entre émotion et sensations

Lorsqu’une émotion envahit notre corps, celui-ci réagit, et nous avons alors des sensations qui y sont liées. Des études ont été menées pour faire le lien entre ces sensations et les émotions.

Connaitre le lien entre les deux peut nous aider à mieux comprendre nos émotions, en écoutant notre corps (comme si c’était facile…). Les voici, tels que décrits dans la formation de la EIREM.

Peur : accélération cardiaque, sensation de froid, cher de poule, mains moires, pâleur…
Colère : accélération cardiaque, sensation de chaleur, poings serrés, tensions dans la mâchoire, sourcils froncés…
Tristesse : baisse du rythme cardiaque, baisse de l’énergie, pleurs
Amour : chaleur dans la poitrine, détente dans tous les corps, rosissement du visage…
Joie : respiration ample, élan dans tout le corps, envie de sauter, pleurs !
Dégoût : lèvre supérieure retroussée, nez plissé, nausée…
Honte : chaleur, augmentation rythme cardiaque, yeux baissés…

Les raisons fonctionnelles de nos émotions

Comme écrit plus haut, chaque émotion a sa raison d’être. Elle est une fonction bio-régulatrice. Pour mieux le comprendre, reprenons encore une fois la liste des émotions, et voyons quand elles peuvent intervenir, et quelle est leur fonction.

Peur
quand : danger
fonction : assurer sa protection

Colère
Quand : frustration, blessure, un peu d’injustice
fonction : restaurer son intégrité, établir ses limites, restaurer la relation

Tristesse
Quand : séparation, perte
Fonction : accepter, faire le deuil

Joie
Quand : rencontre, succès, liberté
Fonction : réunir, favoriser l’apprentissage, donner sens à la vie

Dégoût
Quand : injustice, viol
Fonction : restaurer la justice, avoir conscience de ses valeurs, rejeter – se purifier

Amour
Quand : intimité
Fonction : se sentir relié, nourrir l’attachement

Honte
Quand : humiliation, rejet
Fonction : éviter de blesser autrui, être accepté dans le groupe social

Si ce sujet vous intéresse, et que vous voulez en savoir plus sur toutes ces émotions, je vous suggère lalecture de Que se passe-t-il en moi ? d’Isabelle Filliozat.

 

Ou bien de télécharger une fiche résumé de cet article, qui vous permettre de vous y référer plus facilement : il vous suffit pour cela de cliquer ici.

 

 

 

Le premier livre d’éducation que j’ai vraiment lu, c’est celui-ci : L’éveil de votre enfant, de Chantal de Truchis-Leneveu, il y a déjà 15 ans de cela !
Cela faisait donc un moment que je voulais en faire ici un bref résumé, et que, prise par autre chose, ce résumé restait en bas de ma liste.

(Note : cliquer ici pour voir les autres livres de ma bibliothèque)

Je saisis aujourd’hui l’opportunité du carnaval d’articles (c’est à dire un thème traité à la fois par plusieurs blogueurs) lancé par Sonia, du blog Danse prénatale sur le thème “LE livre à lire pendant votre grossesse”.

Si je n’ai pas lu ce livre à proprement parler pendant la grossesse, je l’ai lu lorsque mon aîné avait tout juste quelques mois, et il m’a énormément apporté.

En particulier, sur le thème de l’autonomie.

En avant-propos, l’auteur, Chantal de Truchis-Leneveu, explique que le fondement de ce qu’elle présente dans son livre découle des principes observés et décrits dans la pouponnière de Loczy. Je sais que cet exemple de Loczy est aujourd’hui présenté aux psychologues et autres professionnels de la petite enfance, et c’est pourquoi je le précise ici.

Principe fort : l’enfant est acteur de son développement. 

Sommaire de l’éveil de votre enfant

Afin que vous ayez une meilleure idée du contenu du livre, en voici le sommaire.

Chapitre 1 : Découvrir un bébé
Chapitre 2 : Les soins quotidiens, moments privilégiés d’échange
Chapitre 3 : Le temps éveillé ou la liberté de mouvements et d’activités
Chapitre 4 : Les jouets et les aménagements
Chapitre 5 : Le droit à l’émotion
Chapitre 6 : L’apprentissage de la réalité et de la vie sociale
Chapitre 7 : Séparation, histoire de toute vie humaine
Chapitre 8 : Accueil, mode d’emploi
Chapitre 9 : Et pour nous les parents ?

Tous les chapitres sont intéressants, en particulier parce qu’ils invitent à un nouveau regard sur l’enfant, à plus d’écoute et d’échange.

Une introduction à la parentalité positive ?

En reprenant ce livre, que je n’ai pas lu depuis des années, je suis surprise d’y voir toute une partie sur le droit à l’émotion. Et en particulier ce sous-titre, qui me semble si important aujourd’hui : “Parler ne supprime pas la difficulté”. Ainsi, l’auteur encourage à l’écoute de l’émotion, à son acceptation, principe même de l’éducation positive. L’avais-je compris à l’époque ?

De la même manière, je trouve dans le chapitre 6 une présentation brève de “Trois conceptions de l’éducation” :
Penser que l’on doit dresser l’enfant
Penser que l’on a à aider l’enfant à comprendre le pourquoi des exigences
Adopter le laisser-faire

Quel lien fort entre cette liste d’options, et le positionnement de la parentalité positive, ni autoritarisme, ni permissivité ! Même si ce livre ne développe pas complètement les principes de parentalité positive, nous voyons bien que nous y sommes déjà un peu ! Je comprends que ce livre m’ait tant parlé à l’époque.

Mais ce que j’ai le plus retenu de ce livre, ce que j’ai le plus appliqué, c’est tout ce qui touche à la liberté de mouvements, et aux activités.

La motricité libre

Dans ses premières années de vie, l’enfant développe sa motricité de manière époustouflante. Et nul besoin pour cela de l’y encourager. En revanche, il est bon de ne pas l’entraver.

J’ai retenu ainsi deux principes fondamentaux :
1- ne pas mettre l’enfant dans une position qu’il ne maîtrise pas (assis sur un canapé coincé par des coussins, posé sur une balançoire…)
2- ne pas le mettre en position de dépendance de l’adulte dans ses mouvements

Deux exemples concrets pour illustrer ce dernier point, qui pour moi est fondamental puisqu’il relève autant du développement que de l’autonomie de l’enfant :

Le toboggan

Tout comme l’explique Floriane dans son article sur l’autonomie du tout petit, dans la partie sur la motricité libre, nul besoin de mettre l’enfant sur le toboggan avant qu’il soit capable d’y monter. Ce n’est pas que l’enfant ne l’apprécierait pas, mais il serait alors dans une relation de dépendance totale par rapport au parent : impossible de renouveler l’expérience sans l’adulte.

Or, l’enfant est tout aussi content de développer sa motricité en apprenant à monter sur la première marche du jeu, à passer le pont… Et lorsque, enfin, il saura monter seul jusqu’en haut du toboggan, son bonheur à le descendre en sera décuplé. Alors, vous pourrez vous réjouir pour lui de le voir remonter, seul et capable, pour recommencer !

La marche

Lorsque nous expliquions que nous ne voulions pas prendre les mains de notre fils pour l’aider à marcher, les gens nous regardaient comme des extra-terrestres… Et c’est bien dans ce livre que j’ai lu cette idée. En fait, l’enfant a déjà bien à faire en apprenant à se mettre debout seul, en apprenant à passer les obstacles à 4 pattes, à descendre les escaliers à reculons, etc… Il se mettra à marcher lorsqu’il sera en mesure de marcher, simplement.

Je ne sais pas bien ce qui nous pousse, en tant que parent, à vouloir accélérer cette étape. Une fierté mal placée ?? Pourtant, nous n’encourageons pas la marche ainsi, au contraire, car l’enfant développe alors de mauvais appuis en se pendant à nos doigts, en plus d’une totale dépendance tant que cette étape n’est pas terminée.

L’avantage de cette indépendance : 

Comme mes enfants n’allaient que là où ils pouvaient aller seuls, ils ont pu seuls découvrir leurs limites. Lorsqu’ils montaient quelque part, je n’avais pas peur. Je savais qu’ils avaient pris les bons appuis, qu’ils avaient confiance en eux-mêmes, qu’ils maitrisaient ce qu’ils faisaient.

Et même plus tard, nous avons gardé ce principe : si mon fils me demande de le monter dans l’arbre, je lui dis : “Tu peux monter où tu veux tant que tu le fais seul. Si tu ne peux pas le faire sans aide, c’est que c’est encore trop dangereux pour toi.”

Pour l’aspect pratique, le livre liste et décrit des tas d’aménagements et d’activités pour l’enfant en fonction de son âge, de 0 à 20 mois.

Et également…

Pour terminer, l’auteur soulève des questions importantes pour le quotidien de l’enfant :
les moments de séparation
les structures d’accueil, voir comment il y sera accueilli et respecté
et ouvre enfin sur l’attitude du parent, et sur son propre vécu.

Ainsi, je ne peux que conseiller aux futurs parents et aux parents de jeunes enfants de lire ce livre, qui vous aidera énormément en terme d’accompagnement de votre enfant vers son propre développement.

Et lorsque vous l’aurez lu, venez donc m’en parler ici !

– Cet article présente l’un des TED Talks que j’ai aimés –

Alors que je préparais mon bref compte-rendu du livre The concious parent, de Shefali Tsabary, j’ai eu l’idée d’en chercher un peu plus sur cette psychologue et son travail.

C’est ainsi que j’ai découvert ce TEDx talk, dans lequel elle prône un réel changement dans notre attitude de parents.

Complètement en ligne avec l’éducation bienveillante, Shefali Tsabary encourage les parents à être conscients !

Avertissement : à l’heure où je partage ce lien, les sous-titres francais ne sont pas encore disponibles.