Alors là, on touche à un sujet sensible, un sujet sur lequel Nico et moi ne sommes pas encore bien en ligne.

A force de lire des choses, j’ai évolué. Je comprends beaucoup mieux aujourd’hui ce que me disait mon amie Patricia, quand elle faisait la différence entre une punition et une conséquence.
Une conséquence, ça a rapport avec l’agissement qu’on cherche à corriger. La punition non.
Exemples :
« Tu ne peux pas toucher à mon ordi parce que tu n’es pas rentré à l’heure », c’est une punition.
« Tu ne peux pas toucher à mon ordi parce que la dernière fois tu ne l’as pas éteint, alors que tu sais qu’il y a ici des sautes de courant », c’est une conséquence.
Le problème, évidemment, c’est qu’il n’y a pas toujours des conséquences pour chaque situation. C’est pour ça qu’on est facilement tenté d’évoluer vers la punition.
Mais je n’y crois plus, moi, à la punition.

Le livre spécifique sur les adolescents explique vraiment bien les raisons pour éviter les punitions, et c’est donc l’article que j’écrirai sur ce livre-là qu’il faudra lire pour bien le comprendre, quand je l’aurai écrit… (Note plus tard : l’article en question est écrit, il est ici).

Alors, comment éviter la punition ?
D’abord, c’est évident, il faut anticiper les problèmes.
C’est à dire, essayer de faire en sorte que les problèmes ne se posent pas, de sorte qu’on n’ait pas à se poser la question d’une punition ou pas. Aah… facile à dire ?
C’est vrai, mais c’est bien toute l’idée de la mise en place de nouveaux modes de fonctionnement et de communication. Les méthodes proposées dans le chapitre précedent sur la coopération sont déjà un très bon point de départ.

Malgré ça, on peut toujours arriver à un point de blocage. Alors dans ce cas là, comment peut-on réagir autrement qu’en punissant?

Voilà ce qui est proposé ici :

1. Exprimer fortement sa désapprobation
(mais en se retenant de l’usage d’une quelconque étiquette générale…)
« Je ne supporte pas de voir un enfant en taper un autre ! »

2. Indiquer ce qu’on attend de l’enfant
« Quand je te prête mes outils, j’attends de toi que tu les remettes dans ma trousse à outils. »

3. Lui montrer comment bien faire

4. Donner un choix
« Tu peux jouer au ballon dehors, ou jouer à autre chose à l’intérieur. »

5. Passer à l’action
en le laissant subir les conséquences de ses actes
« Je vois que tu as choisi de rester à l’intérieur » – en enlevant le ballon


Ainsi, on a eu un problème avec Oscar, qui laissait trainer son ordi par terre.
Voilà un exemple où le changement de présentation dans la communication est assez clair :
Au lieu de dire « Si tu laisses encore ton ordi par terre, je le supprime », on peut dire: « Tu as le choix : soit tu prends soin de ton ordinateur, en particulier en ne le laissant pas par terre, soit tu décides de ne pas t’en servir. »
C’est exactement la même démarche, mais le message est clair sur le fait que c’est lui qui est acteur, il ne fait pas que subir…

Malgrè tout cela, on peut encore se retrouver dans une situation où un problème se répète. Alors, on peut ouvrir la discussion pour passer à une vraie méthode de résolution du problème en étapes :
1- parler d’abord des sentiments et besoins de l’enfant
2- parler ensute des sentiments de l’adulte
3- chercher ensemble des solutions, en notant toutes les idées, sans jugement
4- relire et décider ensemble des solutions à retenir
5- passer à l’action
Ces étapes sont particulièrement adaptées à des enfants plus grands (voir chapitre 4 de Parler aux ados…), mais fonctionnent également avec des petits, comme en témoigne cet exemple-là.
Effet secondaire de cette méthode de résolution de problèmes : une fois que l’enfant est habitué à cette méthode, c’est une démarche qui fait sens pour lui, également dans ses relations avec les autres (ses frères et soeurs par exemple).

Pour retrouver l’article du livre

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Cette fois, le chapitre aborde notre façon de nous exprimer pour obtenir la coopération des enfants.
Enfin, donner des ordres ne fonctionne pas toujours bien (ah bon ?), probablement parce que l’enfant ne fait que subir l’ordre.
Est-ce un manque de respect de lui imposer ainsi des actions sur lesquelles on ne lui demande aucune participation à la décision, à la réflexion ? Je ne sais pas s’il faut aller jusque là, mais ce qui est sûr, c’est qu’on obtient une meilleure coopération en adoptant des modes de communication qui laissent l’enfant prendre la décision.

Les suggestions du livre en ce sens :
1.  Décrire ce que l’on voit, ou décrire le problème
« Il y a une serviette mouillée sur le lit. »
2. Donner de l’information
« La serviette mouille ma couverture. »
3. Le dire d’un mot
« La serviette. »
4. Décrire ce que l’on ressent
« Ca ne me plait pas de dormir dans un lit mouillé ! »
5. Ecrire un mot
« Merci de me pendre. » (au dessus du porte-serviette)

Ainsi, dans le cas de la description… Chez nous, à la place de « Va mettre ton pyjama », on entend à présent « Je vois un petit garçon tout nu ! » Ca suffit à ce que Léon (3 ans) en tire les conséquences qui s’imposent, et décide seul d’aller mettre son pyjama !

Pour retrouver l’article du livre

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Avant tout, les enfants, comme toute personne, ont besoin de se sentir écoutés.
Ainsi, la meilleure façon de mettre en place une bonne relation, c’est de mettre en place d’abord une bonne écoute.
Abandonnons nos réponses qui nient purement et simplement le sentiment exprimé par l’enfant (« tu ne peux pas avoir faim, on sort de table ! »), qui le minimisent (« C’est rien ! »), celles qui sont emplies de philosophie (« Tu sais, dans la vie… » – ça, c’est bien mon genre…), et passons plutôt à des réponses d’empathie.

Pour cela, le livre nous propose 4 méthodes :
1- Ecouter avec attention
Prêter une oreille distraite, tout en regardant son téléphone ou en faisant pratiquer son piano à l’autre enfant, ce n’est pas vraiment écouter…
2- Répondre par une parole seulement
C’est tout bête : se garder de répondre sur le fond, et recevons juste le sentiment.
« J’en peux plus de mon frère !
– Vraiment ? »
L’enfant parlera seul et fera sa propre analyse de la situation si on lui laisse l’espace de le faire, ce qui ne sera possible que lorsqu’il aura exprimé l’émotion. Il n’est pas encore prêt à entendre « Qu’est-ce que tu lui avais fait ?? »
3- Donner un nom au sentiment
« Tu devais être furieux ! » ou « Je vois que tu es triste. »
4- Lui accorder ce qu’il veut dans l’imaginaire
« Ce serait bien si on pouvait avoir du chocolat à tous les repas ! »

Aussi étrange que ça puisse paraître, ça marche !!

J’ai été bluffée moi-même par nos retours d’expérience, tant sur l’écoute active, que sur le fait de concéder dans l’imaginaire.

Dans le même chapitre, ils proposent une idée d’expression créatrice : celle de dessiner ses sentiments. (surtout sa colère).
Là encore, j’ai essayé !

Pour retrouver l’article du livre

parler

(Note : cliquer ici pour voir les autres livres de ma bibliothèque)

parlerVoici le premier livre que je lis de Adèle Faber et Elaine Mazlish.how-to

En version originale : How to talk so kids will listen and listen so kids will talk

Ce n’est pas le premier qu’elles ont écrit, mais le plus célèbre.

Notre dernière année au Mexique (2013/2014), je faisais partie d’un club de lecture de parents, organisé par la psychologue de l’école, qui chaque mois nous conseillait un livre d’éducation.
Nous nous retrouvions ensuite pour en discuter.
C’était très intéressant, à ceci près qu’un livre par mois, c’était trop pour avoir le temps d’intégrer les concepts et les mettre en pratique !

De mon côté, j’ai raté la session de janvier, pour cause d’accouchement le 31 décembre…
Bien m’en a pris, parce que la session portait sur le livre qui a le plus plu au groupe !
Réflexion surprenante ? Non : je l’ai quand même acheté, et je savais que j’allais avoir plus de temps pour bien le lire…

Et effectivement, un changement de pays plus loin, début 2015, je me suis mise à lire Cómo hablar…

J’y ai consacré plusieurs mois, et y ai appris plein de choses !!

Mon goût pour les livres sur l’éducation était né avant, mais c’est vraiment à la lecture de celui-ci qu’il s’est affirmé !

Table des matières :
Chapitre 1 : Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments
Chapitre 2 : Susciter la coopération
Chapitre 3 : Remplacer la punition
Chapitre 4 : Encourager l’autonomie
Chapitre 5 : Utiliser les compliments
Chapitre 6 : Aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêchent de s’épanouir (ou comment décoller les étiquettes)
Chapitre 7 : Réunir toutes ces connaissances

(Pas de lien vers le chapitre 7, qui est bref et ne nécessite pas plus de prise de notes.)

Si le livre vous intéresse :

parler