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200 moments de parentalité positive (ou pas)…

Les livres d’éducation positive fleurissent, et je n’arrive plus à suivre le rythme. Cependant, je sais qu’ils ne sont pas tous à lire, ou bien qu’ils ne vont pas tous m’apporter autant. Certains méritent que l’on s’y attarde.

C’est le cas de “200 moments de parentalité positive (ou pas)”, de Gwendoline Vessot. (lien vers le site de l’éditeur)

Autant être honnête dès le départ : je porte une attention tout particulière à ce livre, puisque j’ai participé à sa construction. Si, si ! Allez… je vous raconte !

Comment j’ai connu ce livre avant qu’il ne paraisse

Depuis le début de ce blog, évidemment, je lis aussi pas mal d’articles d’autres blogs. Et c’est comme ça qu’un jour, il y a des années, je suis tombée sur le celui de Gwen : petit bout par petit bout. J’ai déjà eu l’occasion de le citer dans certains articles d’ailleurs.
Vous dire qui de nous deux, entre Gwen et moi, a d’abord contacté l’autre serait impossible aujourd’hui, mais ce qui est sûr, c’est que notre estime mutuelle et notre amitié se sont développées à distance, au cours de riches échanges !
J’ai finalement rencontré Gwen lors d’un retour en France, quand je l’ai convaincue de me rejoindre au festival « les rendez-vous de juillet » en ..
Moments intenses (ah… Céline Alvarez..) qui ont confirmé notre amitié.

Bref, vous n’êtes peut-être pas intéressés par cette minute nostalgie, mais je voulais juste vous donner le contexte.

Contexte qui a mené au fait que j’ai été relectrice du manuscrit de Gwen au fur et à mesure de son écriture !
J’attendais donc impatiemment sa sortie.

Le principe de ces 200 moments de parentalité positive

« 200 moments », ce sont 200 moments vécus, réellement.
200 moments dans la vie de Gwendoline, lors desquels elle a cherché à appliquer les principes de l’éducation positive avec ses enfants.

En fait, Gwendoline a fait comme je le faisais au début (et qui explique chez moi la création de mon blog) : elle a décidé, lorsqu’elle a commencé à cheminer, de noter ses succès. Pour s’en nourrir, pour les ancrer, pour avancer.
Car elle avait bien senti, comme nous tous, qu’il fallait de l’énergie pour rester focalisé, et ne pas basculer dans la culpabilité.

Toutes les semaines, Gwen partageait ses notes sur son blog. Ses réussites, mais également ses difficultés et prises de recul. Et ce journal plaisait à ses lecteurs.

Un jour, alors qu’elle rédigeait son article, elle s’est mise à ajouter une analyse de l’anecdote : l’outil qu’elle utilisait, pourquoi, etc… et s’est rendue compte que ça ne correspondait pas au ton de ses partages habituels mais que ce serait très bien pour un livre !

Et c’est ce qu’elle nous livre ici :
Un recueil, parti d’un journal de sa vie, agrémenté de l’analyse de la situation.

Ce que j’adore dans ce livre

J’adore cet aspect ultra concret.
Vous qui me lisez savez que j’aime à la fois la théorie et la pratique.
J’aime m’enrichir dans les principes de l’éducation positive, et toujours apporter de l’eau à mon moulin de connaissances.
Et en même temps, je suis persuadée de l’importance des exemples concrets, de l’illustration des points théorique par des mises en situation réelles. C’est bien pour cela que je vous partage également ce que je vis, et que j’ai créé sur ce blog une catégorie spécifique, intitulée « du vécu ».

« 200 moments de parentalité positive (ou pas) » s’inscrit parfaitement dans cette lignée. Ultra concret, ultra réel.
Une vraie source d’inspiration !

Un enrichissement pour tous

Ainsi, le livre permet de suivre Gwendoline dans son apprentissage de la parentalité positive, avec ses deux enfants de 18 mois et 3 ans au début du livre, de 3 ans et 5 ans et demi à la fin.
On pourrait donc penser qu’il s’adresse particulièrement à des parents « débutants ». Pas du tout !
Gwendoline a une finesse d’analyse qui permet à tout parent d’ancrer des notions qui sont plus ou moins acquises, avec des illustrations et des formulations qui peuvent être directement réutilisées telles quelles.

Lorsque j’ai moi-même relu le livre avant de vous faire cet article, je n’ai cessé de noter des phrases à réutiliser, des idées à mettre en place.
Je suis bluffée par la pertinence de ce que partage Gwen, de l’inspiration que cela peut donner à tout parent en quête de concret.

Et si nous voulons aller plus loin, l’auteur s’est donné le mal de terminer le livre par une « boîte à outils » qui permet de faire une recherche inversée : elle y présente brièvement la théorie, et renvoie à tous les exemples qui se rapportent à chaque point.

Autant dire que l’ouvrage est sacrément bien conçu !

Avancer ensemble

Le succès crée la confiance, et avec la confiance vient le succès.
Un vrai cercle vertueux, donc.

Pour prolonger ce qu’elle a fait dans son livre, Gwen a décidé de créer un groupe Facebook, pour que les parents qui ont lu le livre puissent à leur tour partager les succès rencontrés en appliquant ce qu’ils avaient lu.
Je trouve l’idée tellement bonne que j’ai été la première à poster dans le groupe !

Mon conseil du moment est donc
1- acheter le livre « 200 moments de parentalité positive (ou pas) »
(et le meilleur moyen pour le faire : aller sur le site de l’éditeur, et utiliser mon code CoralieEIP pour avoir les frais de port offerts, et 5 euros de bon d’achat..) – Note : vous pouvez aussi consulter les avis d’autres sur amazon par ce lien-ci.
2- participer au groupe pour aller plus loin encore !

Ainsi, la communauté des parents qui grandissent en appliquant et rendant vivants les principes de respect que prône l’éducation positive grandira encore.
Youpi !

 

Ps : Si vous aimez le concret, faites aussi un tour sur cette page pour voir ce que je vous propose dans mes 39 astuces d’éducation positive.

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Le sais-tu ? – Un album pour revoir nos priorités !

Dans la série “la littérature jeunesse qui correspond à nos valeurs d’éducation positive”, voici un joli album qui devrait vous plaire ! (et allez voir aussi ce que je vous propose d’autres dans cette catégorie..)


En tout cas, chez nous, il est bien validé.

Le sais-tu ? Que tu ne dois pas tout savoir…” – de Mylen Vigneault et Maud Roegiers – affiche la couleur dans son titre.

Non, l’enfant ne doit pas tout savoir.
Seulement, est-ce vraiment le message qu’il reçoit au quotidien ?
L’exigence de l’apprentissage, des devoirs, les réflexions sur son rythme, sur la nécessité de lui répéter les choses…

Et si on changeait un peu notre message ?
C’est ce à quoi ce livre (que je suggère pour les 4-8 ans) nous encourage !

Point de départ

 “Tu es haut comme trois ou quatre pommes et, déjà, on te dit que tu devras apprendre plein de choses…

Mais qu’est-ce qu’il est vraiment important de savoir à ton âge ?

….

A toi de voir, mais voilà ce que j’aimerais te dire…”

 

 

 

Les messages qui ouvrent sur autre chose

Chaque page contient alors un “J’aimerais te dire…” plein de poésie.

Quelques extraits, qui m’ont particulièrement plu :

“J’aimerais te dire que tu as raison de prendre ton temps pour observer les papillons et les crapauds, les pissenlits et les graffitis.”

Chacun trouve dans un livre ce qui lui parle, n’est-ce pas ? Cette notion de prendre son temps est une vraie question chez nous, alors que notre petit Anatole (6 ans) aime prendre le sien… Or, il est rare qu’il reçoive le message qu’il a raison de le faire !!

Une autre page propose :

“Que parfois, nous les adultes, nous oublions que tu ne doits pas encore tout savoir. Il est alors important que tu nous dises de lâcher la pression…

Tout le monde peut se tromper, les tout-petits comme les très grands. La Terre continuera de tourner quand même !”

– Ben bien sûr !! commente en général Anatole à ce moment-là.. Je crois qu’il ne comprend pas bien qu’on puisse envisager que la Terre arrête de tourner.. Un bon message pour nous les grands, n’empêche !

 

“J’aimerais te dire qu’il te reste beaucoup, beaucoup de choses à apprendre, et c’est ça qui est chouette !”

Oui, c’est ça qui est chouette ! Et les dessins qui illustrent me plaisent vraiment !

Et pour terminer

 

 

“Enfin, si tu n’as qu’une chose à retenir de tout ça, j’aimerais que ce soit ceci :

Ta mission dans la vie, c’est de faire ce qui te rend heureux, tout simplement.

Tu es une personne vraiment fantastique !

Le sais-tu ?

 

 

Lors des premières lectures, Anatole me répondait que non, il ne le savait pas…

Alors, ça a été l’occasion d’en discuter. Pourquoi ne l’avais-je pas fait avant ?

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Les livres de ma bibliothèque

Voici une liste de ce que contient ma bibliothèque bienveillante, celle qui me permet d’avancer vers le parent que je veux être.

Je vous partage mes lectures sur ce blog depuis le début, mais ma liste grandit, et je me rends compte qu’il peut être difficile d’avoir une vue d’ensemble, ou de rechercher un ouvrage en particulier… Voici donc une reprise de ce qu’il y a dans ma bibliothèque, lu et en attente, avec un lien vers l’article du livre quand celui-ci existe déjà !

Livres pour adultes

Faber et Mazlish :
Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent
Parents épanouis, enfants épanouis
Frères et soeurs sans rivalité
Parler aux ados pour qu’ils écoutent, les écouter pour qu’ils parlent
Parler pour que les enfants apprennent, à la maison et à l’école

Jane Nelsen :
La discipline positive
La discipline positive pour les adolescents
Positive time-out
Positive discipline A-Z: 1001 solutions to everyday parenting problem
Positive discipline – parenting tools
Positive discipline in the classroom
Positive discipline – The first three years

Thomas Gordon :
Parents efficaces
Eduquer sans punir
Parents efficaces au quotidien

Faber et King : 
Parler pour que les tout-petits écoutent
(Contrairement à ce qu’on pourrait en penser, ce livre, écrit par la fille d’Adèle Faber et l’une de ses amies, n’est pas une répétition de l’ouvrage de sa mère. Il apporte bien plus d’illustrations et de mises en situation. Je conseillerais même de commencer par celui-ci ! Et pas seulement pour les tout-petits : le titre original dit seulement “petits”. On parle en fait des 2-7 ans.
En attendant mon article à son sujet, vous pouvez cliquer ici pour lire les avis sur Amazon.)

Gwendoline Vessot
200 moments de parentalité positive (ou pas…) !

Isabelle Filliozat :
“J’ai tout essayé !”
Au coeur des émotions de l’enfant
“Il me cherche !”
Que se passe-t-il en moi ?
L’intelligence du coeur
Il n’y a pas de parent parfait

Elizabeth Crary :
Arrête d’embêter ton frère, laisse ta soeur tranquille
Kids can cooperate

Haim Ginott :
Entre parent et enfant
Between parent and teenager
Teacher and child

Catherine Dumontheil-Kremer :
Poser des limites à son enfant

Anne-Claire Kleindienst et Lynda Corazza :
Petit décodeur illustré de l’enfant en crise
(Je n’ai pas encore pris le temps de faire une présentation de ce livre, mais je vous le conseille !
En attendant mon article, vous pouvez cliquer ici pour aller voir les avis sur amazon.)

Lawrence Cohen : 
Qui veut jouer avec moi ?

Céline Alvarez :
Les lois naturelles de l’enfant
Un an pour tout changer

Marshall Rosenberg :
Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)
Eduquer nos enfants avec bienveillance
Les ressources insoupçonnées de la colère

Sura Hart, Victoria Kindle Hodson :
Parents respectueux, enfants respectueux

Catherine Gueguen :
Pour une enfance heureuse
Vivre heureux avec son enfant
Heureux d’apprendre à l’école (j’ai adoré ! – interessant aussi pour les parents. voir commentaires)

Richard Wiseman :
59 seconds

Alfie Khon :
Aimer nos enfants inconditionnellement
Punished by rewards

Daniel Siegel, Tina Payne Bryson :
Le cerveau de votre enfant (plein de choses très intéressantes, quelques points à supprimer)
La discipline sans drame
Le cerveau qui dit oui (pas encore d’article sur le livre, mais une petite vidéo d’un extrait – un livre qui en vaut vraiment, vraiment la peine !)

Chantal de Truchis-Leneveu :
L’éveil de votre enfant

Rudolf Dreikurs :
Children – The Challenge

Shefali Tsabary :
The conscious parent

Et dans mes lectures récentes, avant que je vous les range bien :
Tous les enfants sont doués
Le meilleur pour mon enfant
Dehors les enfants !

J’ai moyennement aimé :

Jacques Salomé :
Papa, maman, écoutez-moi vraiment

 

— en vrai, il y en a encore d’autres, mais le temps me manque !! —

 

Note : mes articles contiennent des liens amazon, pour que vous puissiez voir les commentaires sur les ouvrages.
De mon côté, j’essaye de privilégier les achats de livres d’occasion autant que possible.
Si vous voulez acheter des ouvrages neufs, dans des librairies indépendantes, je vous suggère de vous rendre sur ce site :
https://www.librairiesindependantes.com

 

Livres pour enfants

Plus ça va, et plus je suis consciente de l’importance d’adapter nos lectures à nos valeurs. Faire passer ces idées de bienveillance à travers les lectures est extrêmement important. Voici donc quelques idées qui devraient vous guider, que je vous détaillerai peu à peu…

La couleur des émotions

Tu es comme tu es

Le sais-tu ? Que tu ne dois pas tout savoir…

Au fil des émotions (lien amazon en attendant l’article)

Mon amour (lien amazon en attendant l’article)

Ce que papa m’a dit (lien amazon en attendant l’article)

Ce que j’aime vraiment (lien amazon en attendant l’article)

La petite casserole d’Anatole (lien amazon en attendant l’article)

Bastien et les blipoux (lien amazon en attendant l’article – et article sur ce livre sur le site de mon amie Gwen)

Moi aussi, j’ai des droits (lien amazon en attendant l’article)

Je t’aimerai toujours, quoi qu’il arrive (lien amazon en attendant l’article)

Le petit hérisson partageur (lien amazon en attendant l’article)

As-tu rempli un seau aujourd’hui ? (lien amazon en attendant l’article)

A chaque instant – (pas trouvé sur amazon !)

 

 

 

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Soline, blogueuse et auteur de “Moi aussi, j’ai des droits”

Connaissez-vous Soline ? Avec son blog S’éveiller et s’épanouir de manière raisonnée, Soline m’inspire depuis quelques années déjà. Et elle continue, par ses partages de maman et d’enseignante. J’ai rencontré Soline en septembre 2018, lors du festival de l’école de la vie, et j’étais alors toute intimidée, même si nous avions déjà un peu échangé virtuellement.

Depuis, j’ai appris à mieux connaitre sa douceur et sa simplicité, c’est donc tout naturellement que lors de la 5e édition de ce festival, cette année, je lui ai demandé de tourner une petite interview avec moi, qu’elle m’a gentiment accordée !

On a dû faire vite avant que la pluie ne ferme le festival… et nous nous sommes cachées dans les buissons pour cela. Mais j’avais vraiment envie de vous la faire rencontrer, pour ceux qui ne la connaissent pas.

 

L’interview de Soline

Sans plus attendre, voici dont l’interview en question, toute simple et naturelle, comme elle !

“Moi aussi, j’ai des droits”

Depuis cette interview, j’ai encore interagi avec Soline, même si elle n’était pas là.

Il faut que je vous explique…

Novembre 2019 : on fête les 30 ans de l’adoption de la convention internationale des droits de l’enfance ! Ce texte, ratifié par quasiment tous les pays du monde, même s’il n’est pas vraiment respecté dans tous ces pays, est fondamental. C’est lui qui donne un cadre.

(Je ne m’attarderai pas sur le fait que le seul pays à ne pas l’avoir ratifié est les Etats-Unis. J’ai cherché : c’est parce que certains états autorisent l’emprisonnement de mineurs. Bon.)

A cette occasion, le centre social de ma ville m’a demandé d’animer des ateliers.

Un café parents d’abord, au cours duquel j’ai pu sensibiliser aux violences éducatives ordinaires – et c’est toujours un bonheur pour moi de faire cela.

Et des ateliers parents-enfants d’autre part.

Nous y avons parlé respect. Respect de soi, respect de l’autre.

En fin d’atelier, j’ai sorti un livre, qu’un garçon a lu à haute voix pour les autres.

Ce livre : Moi aussi, j’ai des droits, de Soline.

Un livre tout simple, tout beau, pour parler des droits des enfants avec eux…

Je profite donc de la publication de notre moment partagé, pour la remercier indirectement de ce joli moment !

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La zone verte du cerveau qui dit oui

Rester dans un état qui nous permet de réagir comme nous aimerions le faire face à nos émotions, ce n’est pas toujours évident. Pour nos enfants, dont le cerveau n’a pas encore terminé sa maturation, ça l’est encore plus. Nous pouvons cependant les aider à développer les compétences qui les y aideront. Pour cela, il est utile de savoir ce qu’est le “cerveau du oui”..

Avez-vous déjà entendu cette expression ? Pour moi aussi, elle est nouvelle. Le cerveau du oui est présenté dans le livre “Le cerveau qui dit oui”, du Dr Daniel Siegel et Tina Payne Bryson.

Je n’en ai pas encore terminé la lecture, mais je trouve déjà intéressante leur présentation de la “zone verte”, qui illustre bien ce qu’il peut se passer face à une émotion forte.

Je vous ai donc fait une petite vidéo à ce sujet, la voici !

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La fenêtre d’acceptation : un concept de Thomas Gordon

Vous aussi, lorsque vous êtes devenus parents, vous avez peut-être remarqué que votre comportement avait changé. Vous avez eu l’impression de perdre en liberté, d’avoir une lourde responsabilité sur les épaules qui vous met une pression monstre et vous fait endosser un rôle qui ne correspond pas à ce que vous êtes réellement. Eh bien, selon Thomas Gordon, tout cela est une histoire d’acceptation et d’inacceptation. (voir Eduquer sans punir). Mais cette transformation n’est pas une fatalité. Il y a une autre voie possible. Et cela se fait en plusieurs étapes.

Accepter d’avoir des limites

Nous avons beau être devenus des parents, nous n’en restons pas moins des êtres humains. Et ce qui fait de nous des êtres humains, qu’est-ce que c’est ? Ce sont nos sentiments, nos émotions, nos pensées, nos caractères, tout un ensemble d’éléments qui nous confèrent une sensibilité plus ou moins importante.

Pour beaucoup d’entre nous, devenir parent signifie mettre de côté toutes ces choses pourtant naturelles pour devenir une sorte de sur-homme ou de sur-femme. Ne jamais faire d’erreur. Se sacrifier pour son enfant, toujours faire passer ses besoins avant les nôtres, quitte à en être malheureux. Rester tolérant, réceptif et plein d’amour quelles que soient les circonstances.

Et pourtant… En agissant ainsi, outre le fait que nous mettons en péril notre propre équilibre psychologique, nous perdons davantage en efficacité auprès d’eux que si nous restions vrais. Pensez-vous que nos enfants ont plus intérêt à grandir auprès de personnes qu’ils pensent infaillibles, ou qu’il est préférable pour eux de constater que tout le monde a ses faiblesses, et que par conséquent ils ont eux aussi le droit d’avoir des défauts sans pour autant se sentir jugés ou médiocres ?

Même si cela part d’une bonne intention, le fait de vouloir paraître toujours en contrôle traduit encore une fois une idée de supériorité du parent. Si nous voulons que nos enfants nous partagent leurs joies et leurs peines, nous fassent confiance et viennent à nous lorsque leur moral n’est pas au beau fixe, nous leur devons de rester authentiques. Ainsi, nos enfants savent qui nous sommes, vraiment.

La fenêtre d’acceptation

Une fois que nous acceptons le fait que nous avons nos limites, nous réalisons que celles-ci nous sont propres. C’est-à-dire que les autres parents n’ont pas nécessairement les mêmes que nous. Et c’est vrai également de notre conjoint…

Définition de la fenêtre d’acceptation

Voyons donc le schéma d’acceptation que propose Thomas Gordon, pour nous aider à comprendre comment être en phase avec nous-mêmes.

Le principe est simple : lorsque notre enfant se comporte d’une façon qui ne nous dérange pas, nous éprouvons de l’acceptation. Lorsque son comportement devient problématique de notre point de vue, nous basculons dans l’inacceptation.

 

Ainsi, si l’on considère un rectangle, appelé « fenêtre d’acceptation » , qui représente l’ensemble des comportements possible de notre enfant,

 

 

 

 

on peut le diviser ensuite en deux parties :

 

Un comportement se situant dans la zone d’acceptation pourrait par exemple être le fait que votre fils de quatre ans joue avec ses petites voitures à quelques mètres de vous pendant que vous repassez du linge. Si toutefois il passe plusieurs fois entre vos jambes manquant de vous faire chuter alors que vous avez le fer chaud dans les mains, son comportement devient inacceptable pour vous. La ligne qui sépare la zone d’acceptation de la zone d’inacceptation est plus ou moins basse selon le taux d’acceptation du parent.

Facteurs qui influencent les zones d’acceptation et d’inacceptation

Ce taux d’acceptation est influencé en partie par notre caractère : les personnes ouvertes d’esprit, tolérantes, en paix avec elles-mêmes et indépendantes dans leur façon de penser et d’être sont en général beaucoup plus capables d’une grande acceptation vis-à-vis des enfants, comme avec le reste des gens. En revanche, les personnes qui jugent facilement, ne paraissent jamais satisfaites, sont fermées et strictes et montrent très peu d’acceptation.

Il l’est également par celui de l’enfant. Certains enfants ont un caractère plus facile à accepter que d’autres. Il est donc normal de ne pas avoir le même degré d’acceptation à l’égard de tous nos enfants. Cette situation génère beaucoup de culpabilité chez les parents. On peut le comprendre. C’est difficilement acceptable. Mais c’est pourtant tout à fait légitime. Même si parfois inconscient : on l’enfouit car on en a honte. On peut manifester davantage d’acceptation pour une fille que pour un garçon, pour un enfant timide que pour un enfant aventurier et actif, etc. Je ne dis pas ici qu’il ne faut rien y faire. Il est toujours bon de s’en rendre compte et de chercher d’où vient ce décalage, pour progresser dans notre acceptation. Mais ne pas rester dans la culpabilité. La considérer comme d’habitude comme une bonne prise de conscience pour avancer.

Quelques règles à suivre, face à ces limites

Ne pas chercher à être constant

Nous avons tous globalement conscience de nos limites. Nous savons en général ce qui est acceptable ou non de notre point de vue. Et nous pensons souvent qu’une fois que notre limite a été enregistrée par nos enfants, nous ne pouvons plus la modifier. Pourtant, nos limites se déplacent avec notre humeur… Une chose  acceptable à un instant t peut nous rendre irritable après une journée éreintante. On l’a tous déjà expérimenté !

A l’inverse, vous m’avez comprise, quelque chose qui nous agace habituellement peut nous paraître finalement sans gravité un jour où nous sommes particulièrement de bonne humeur, que nous avons appris une bonne nouvelle, que nous sommes bien avec des amis, détendus…

Nous revenons ici à l’idée que pour rester bienveillants avec nos enfants, il est important de prendre d’abord soin de nous !

Car notre état, physique ou psychologique, influe sur votre perception de ce qu’il se passe autour de nous. D’ailleurs, c’est autant valable pour nous-mêmes que pour nos enfants.

Notre limite entre les zones dépendra également du lieu où nous nous trouvons. Un comportement acceptable chez nous ne l’est peut-être pas chez des amis…

Rester vrai en toute circonstance

Parfois, un comportement nous agace, mais on se sent coupable de ce sentiment. Alors, on l’accepte quand même. On a l’impression que le comportement de l’enfant ne devrait pas nous incommoder, on tente de se convaincre qu’il est acceptable. De la sorte, on n’est pas en accord avec nous-même. On ressent une certaine émotion négative mais notre attitude ne reflète pas ce qu’il se passe en nous.

De plus, on donne à l’enfant une image fausse de notre personnalité. Nous pensons qu’en tant que parent, notre rôle est de prendre sur nous afin de supporter nos enfants dans la plupart des situations pour leur apporter un soutien sans faille et un cadre solide. Nous estimons qu’il est de notre devoir d’oublier nos envies, de nous oublier nous-même pour être présent pour nos enfants. Thomas Gordon parle alors de « fausse acceptation ». A la longue, une frustration s’installe et on peut éprouver du ressentiment envers son enfant. (On retrouve ici l’idée déjà vue dans Parents respectueux, enfants respectueux que les parents ont aussi des besoins !)

Sans oublier le fait que les enfants sont très sensibles à une multitude de signaux non verbaux, et très doués pour décoder notre pensée réelle. Ce qui fait que d’une part ils comprennent parfaitement que nous désapprouvons, et d’autre part ils sont perdus car notre discours n’est pas en adéquation avec ce qu’ils ont évalué. Ils peuvent même finir par nous en vouloir de ne pas être sincère envers eux.

Si l’on culpabilise autant de démontrer de l’inacceptation, c’est principalement car la plupart du temps, on n’est pas armé pour communiquer cette inacceptation de façon respectueuse et efficace. On estime que faire part à l’enfant de notre ressenti le placera forcément dans une mauvaise situation où il se sentira fautif. C’est là qu’intervient le message-je, si cher à Thomas Gordon. (et qu’on retrouve en fait dans bien d’autres sources, telles que la communication non violente).

Avantage non négligeable : en restant vrai, on garde la connexion avec notre enfant. On est authentique, ce qui renforce notre lien. Or, ce lien est à la fois la fondation et l’aboutissement d’une relation parent/enfant harmonieuse !

Alors, prêt à vous exprimer clairement sur votre zone d’acceptation ?

 

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“Tu es comme tu es” – Olivier Clerc

Nous avons déjà évoqué le fait qu’au fur et à mesure de notre avancée sur le chemin de la parentalité positive, nous sentions le besoin de modifier un peu l’environnement. La littérature jeunesse est l’un des domaines dans lequel cela se ressent le plus. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de choisir de retirer des livres de notre bibliothèque. Des livres que j’avais pourtant lus à mes aînés sans qu’ils ne me posent problème. Ma conscience s’est éveillée, et je ne les lis plus de la même manière. Je fais plus attention aux exemples que je donne à mes enfants. Évidemment, cela soulève donc une autre question : où trouver des livres adaptés à nos principes ? Une littérature jeunesse qui ne se contente pas de ne pas nous heurter mais qui soutient notre démarche.

Le livre que je veux vous présenter aujourd’hui entre dans ce cadre.

L’histoire de « Tu es comme tu es. »

Nous ne sommes pas ici dans le roman d’aventures ! L’histoire est très simple. C’est celle d’un petit lapin, de ses échanges avec son entourage, et de ses questionnements. L’accent est donc plutôt mis sur les sentiments de ce petit lapin, et le regard qu’il pose sur le monde.

Au départ, il s’agit simplement de rencontres successives avec une souris, et un cheval, qui le trouve l’un grand, l’autre petit. Le lapin, un peu perdu, ne comprend pas comment il peut être simultanément grand et petit… et s’en ouvre à sa maman, qui lui  explique un peu la question de référentiel, et termine par cette réponse un peu obscure : « Tu es comme tu es, et je t’aime comme tu es. »

Le lapin n’est pas sûr de bien comprendre, mais il reçoit le message d’amour inconditionnel.

Pour l’instant, cela parait un peu simpliste, mais… vous allez voir que ça ne l’est pas autant que ce que l’on croit !

Le jour suivant, le lapin est successivement qualifié de méchant, et de gentil. De nouveau dérouté, il en parle à son papa, qui lui répond, je vous le donne en mille : « Tu es comme tu es, et je t’aime comme tu es. »

Cette réponse ne vient pas seule. Le papa prend le temps d’écouter, d’expliquer d’où vient le jugement de chacun. D’aider son fils à comprendre ce qui a pu se passer pour chacun de ses interlocuteurs.

Grâce à cette nouvelle compréhension, le petit lapin va pouvoir vivre une amitié qui partait mal…

Le message au coeur du livre

Lorsque le papa aborde la question de la perspective de chacun sur le jugement de “méchant” ou “gentil”, on comprend déjà mieux pourquoi l’auteur a commencé par les notions de grand et petit. L’enseignement du référentiel est tellement clair lorsque l’on parle de taille, que cela aide à mieux le comprendre ensuite.

Puis, le papa livre au lapin un puissant secret :

« Quand quelqu’un te dit quelque chose sur toi, il te révèle toujours quelque chose sur lui-même en même temps. »
« Par exemple, quand Ronald affirme que tu es méchant, il te fait également savoir qu’il est triste et fâché. »

Et là, on touche à un point plus délicat ! Comprendre d’où viennent les mots de l’autre peuvent nous aider à comprendre ce qu’il nous dit de lui-même. Comprendre ce qui est vivant chez lui.

C’est compliqué dans la pratique, et le petit lapin se retrouve dans une situation courante : il se retrouve “attaqué” par le copain qui lui dit qu’il est méchant, il a évidemment envie de réagir vivement.

Le lien avec la CNV

Nous sommes ici au coeur de la Communication Non Violente (=CNV). Réussir à écouter l’autre avec le coeur, au lieu de prendre les choses personnellement. C’est souvent difficile, bien sûr ! Comment ouvrir son coeur lorsque l’on se sent attaqué ?

La CNV parle de 4 modes d’écoute : les oreilles “chacal” ou les oreilles “girafe”, et dans chaque cas, tournées vers l’intérieur ou vers l’extérieur.

Ici, le message propose de mettre des oreilles girafe vers l’extérieur, pour bien entendre ce que vit l’autre. Comprendre que lorsqu’il nous dit quelque chose sur nous, il nous dit également quelque chose sur lui-même. Puis choisir, en conscience, de réagir à ce message caché de lui-même, plutôt qu’au plus direct.

Un livre qui soutient mes valeurs

Vous l’aurez compris : ce livre correspond exactement au genre de chose que j’ai envie de lire à mes enfants au quotidien. Parce qu’il soutient les valeurs que je cherche à leur transmettre (et à développer moi-même d’ailleurs..). Parce qu’il me permet d’illustrer facilement l’apprentissage que je leur souhaite.

Je vous le recommande donc chaleureusement.

Pour quel âge ?

Arrivé à ce stade, la question fréquente concerne l’âge des enfants auxquels le livre s’adresse. Je l’ai testé avec mes deux plus jeunes, qui ont 5 et 7 ans. Les deux l’ont trouvé super, et sont vraiment en plein dans l’âge cible. Je dirai que l’on peut commencer à 4 ans (pas avant, car il est un petit peu long), et probablement l’étirer jusqu’à 8, ne serait-ce que pour encourager l’échange sur ce thème.

Prolongement

Pour terminer, je voudrais juste ajouter que j’apprécie particulièrement les livres dont je sens qu’ils sont facilement intégrés par les enfants. Et cela se voit facilement lorsqu’ils y font référence.

Quand j’entends Anatole me dire : “Je sais ce que tu peux me répondre, maman… tu peux me dire “Tu es comme tu es” !”, je vois que le livre fait son effet !

A votre tour… aimez-vous semer des graines par les lectures du soir ?

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La discipline positive en classe : objectif et démarche

Je vous ai déjà parlé ici de discipline positive, et en particulier de discipline positive en classe. L’éducation nationale affiche bien dans ses ambitions le développement des compétences socio-émotionnelles chez les élèves, apprendre à mieux vivre ensemble, à résoudre les conflits de manière respectueuse… Seulement voilà : les adultes qui les entourent n’ont souvent pas appris ces compétences-là, alors comment les enseigner ? Le défi des enseignants dans ce contexte est très proche de celui des parents, qui cherchent à transmettre des notions de bienveillance et de respect, qui ne sont pas vraiment dans la continuité de ce que nous avons reçu lorsque nous étions enfants… La discipline positive en classe, c’est un moyen de faire évoluer les choses, et j’adore y contribuer !

Le besoin de développer les compétences socio-émotionnelles

Les neurosciences sont aujourd’hui formelles : le cerveau d’un enfant sous stress se développe moins bien ! C’est au contraire lorsque l’enfant est entouré d’empathie que son cerveau se développe mieux, qu’il progresse, qu’il apprend, et qu’il donne le meilleur de lui-même. Il a alors plus confiance en lui et peut progresser encore. C’est un cercle vertueux.

En classe, cela se ressent aussi, évidemment. Dans son livre “Heureux d’apprendre à l’école”, Catherine Gueguen présente les résultats de certaines recherches qui montrent que les élèves qui développent les compétences socio-émotionnelles voient leurs résultats scolaires s’améliorer. De façon intéressante d’ailleurs, cela est vrai également lorsque seuls les enseignants de ces élèves se forment !

Il existe aujourd’hui plusieurs manières de développer ce type de compétences. Plusieurs approches qui avancent dans le même sens. La CNV par exemple. La discipline positive est l’une de ces approches.

Qu’est-ce que la discipline positive en classe ?

La discipline positive est une approche fondée sur les principes d’un psychiatre autrichien, Alfred Adler, et qui a été développée par Jane Nelsen, enseignante et mère de 5 enfants.

L’association de Discipline Positive propose une approche très complète, puisqu’elle propose des formations aux parents et aux enseignants, et qu’elle propose également tout cet accompagnement à la Discipline Positive en classe.

De mon côté, j’ai été formée pour aider un enseignant à mettre en place la Discipline Positive dans sa classe, et pour animer des ateliers de parents.

A terme, j’ai l’intention de me former également à former les enseignants pour qu’ils puissent agir de manière indépendante. J’attends pour cela d’avoir plus d’expérience en classe moi-même.

Une démarche sur toute l’année scolaire

Accompagner les élèves dans la démarche de la Discipline Positive ne se fait pas en un jour. C’est en réalité une démarche étalée sur toute l’année scolaire, avec des séances régulières (en général, hebdomadaires).

L’objectif est d’atteindre une ambiance de classe dans laquelle le groupe peut discuter ensemble. De l’organisation nécessaire à la classe, leurs idées, des problèmes qui surgissent. Cela se fait au cours de TEC, ou Temps d’Echange en Classe, qui sont des réunions de classe. Pendant ces TEC, chacun peut s’exprimer. Chacun fait partie de la solution.

L’enseignant sort alors de son rôle d’autorité, pour chercher avec les élèves les solutions à mettre en place dans la classe pour que le groupe entier fonctionne mieux.

Cependant, avant de parvenir à mener ces réunions de manière harmonieuse, il s’agit de s’assurer que certaines compétences fondamentales sont acquises.

C’est pourquoi les premières séances (et quand je dis les premières, cela dure en fait un sacré temps, disons presque la moitié de l’année, cela dépend des classes, et de la manière dont on progresse) sont consacrées au développement de ces compétences fondamentales : implication de chacun dans le groupe classe, auto-régulation, respect mutuel, coopération, communication, etc…

Au fur et à mesure, les échanges s’enrichissent, la dynamique de la classe se modifie, et l’on peut aller plus loin. Dans le processus, enseignant et élèves grandissent ensemble.

Mon expérience de Discipline Positive en classe

J’ai suivi une formation de personne-ressource, pour aider à mettre en place la Discipline Positive dans une classe en mars 2017. Fin 2017, enfin, je commençais à me rendre en classe de CE1 pour les premières séances. Je vous en avais parlé à l’époque, et j’étais enchantée de mes débuts. Cependant, la ré-organisation des cours suite à l’ouragan Maria qui n’était pas passé inaperçu avait provoqué l’interruption du projet.

Lors de mon retour en France, j’ai de nouveau cherché un terrain d’entrainement, et j’ai trouvé !

Depuis novembre 2018 (nous sommes, à l’heure où j’écris en avril 2019), j’interviens de manière quasi-hebdomadaire en classe de CP. La maitresse est volontaire (bien sûr, sinon je ne serais pas dans sa classe), dynamique, et très ouverte. Elle, les élèves, et moi, progressons tous à la fois !

C’est tellement chouette de voir comment la classe s’investit ! D’être témoin de la magie qui s’opère dans ce groupe, alors qu’ils n’ont que 6 ou 7 ans ! … que j’ai bien l’intention de vous faire un article spécifique sur mon expérience dans cette classe ! Promis, il ne trainera pas.

—- septembre 2019, 2 petits compléments —

  • Hum… Finalement, l’article traine… puisqu’il n’est toujours pas écrit ! Ce sera l’occasion de vous faire carrément un bilan de l’année.. avant celle qui va commencer puisque, c’est décidé, je vais de nouveau intervenir dans cette classe !
  • En mai/juin, j’ai également mené un projet en classe de 5e, avec une bonne partie de l’équipe pédagogique. Les profs volontaires ont donné chacun une heure, plus quelques sessions en “vie de classe” : nous avons pu faire 8 sessions, et c’était MAGIQUE !! Là aussi, il va falloir que je vous détaille un peu tout ça. En attendant, sachez que l’on peut vraiment agir sur l’ambiance de classe, planter des graines sur des manières plus respectueuses de vivre ensemble. J’y crois, et n’ai pas l’intention de m’arrêter en si bon chemin !

 

L’enfant a besoin de sécurité émotionnelle pour grandir

L’enfant arrive comme un cadeau, et nous est confié par la vie, pendant un moment. En tant que parent, qu’aimerions-nous lui offrir pour la suite ? L’indépendance, nécessairement, la confiance, probablement. Tout ce que nous aimerions lui offrir passe en tout cas par un fondamental : la sécurité émotionnelle. 

Sans cette sécurité-là, impossible de s’écouter, impossible de croire en soi. Alors qu’à l’inverse, quand les besoins d’acceptation et d’amour inconditionnel sont comblés pendant la petite enfance, cela jette les bases de l’acceptation de soi : “Je suis accepté par les autres, donc je peux m’accepter moi-même.”

C’est le point de vue que nous proposent Sara Hart et Vitoria Kindle-Hodson dans Parents respectueux, enfants respectueux, au chapitre sur la clé 3 : Créer sécurité, confiance, et sentiment d’appartenance.
Et ce point de vue résonne chez moi. 

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que nous soulevons ces thèmes, qui ont déjà trouvé beaucoup d’écho chez moi. 
L’appartenance, en particulier, c’est un des piliers de la discipline positive, qui le présente comme l’une des deux nécessités de base de tout être humain. 

La sécurité émotionnelle a un impact physique sur l’enfant

Aujourd’hui, les neurosciences permettent d’observer réellement l’impact sur un enfant d’un stress éducatif par rapport à un environnement dans lequel il se sent en sécurité. 

Cela a aidé bien des éducateurs à prendre conscience de l’impact de ce besoin de sécurité émotionnelle. (A ce sujet, cette présentation de Catherine Gueguen est riche d’enseignement)

Car si l’enfant ne se sent pas en sécurité, mais sous stress – le paragraphe suivant discutera de ces formes de stress – son cerveau produit des hormones qui désactivent les zones de la pensée, de l’apprentissage, du raisonnement. Son développement cérébral se ralentit. Et son aptitude à rentrer en relation avec les autres est gravement altérée. Ce qui crée finalement un cercle vicieux… 

Nos actions influent sur la sécurité émotionnelle de l’enfant

C’est évident. Notre comportement face à notre enfant influe sur son sentiment de sécurité. 

Si nous adoptons une éducation pleine de menaces, qui le contrôle par la peur de la punition, de l’humiliation, du jugement, des cris (voire des coups..), l’enfant vit sous stress. 
Pas évident en tant que parent de nous débarrasser de toutes ces méthodes dont nous avons hérité.. Et ce sujet est heureusement de plus en plus soulevé, les parents de plus en plus soutenus et aidés, lorsqu’ils le veulent. Il s’agit tout d’abord d’expliquer, de sensibiliser, de diffuser la conscience dans notre société de l’effet de ces VEO (Violences Educatives Ordinaires)

Ainsi, dans les foyers où les VEO sont fréquentes, l’enfant sous stress se met à douter de lui-même. Il préférera alors rester le plus possible dans les schémas qu’il connait, ne pas prendre de risque, et se fermer aux découvertes et aux possibilités d’apprentissage. Son désir d’exploration baisse.  
On imagine alors à quel point, de nouveau, son développement risque d’être freiné ! 

Le livre nous propose même d’aller plus loin, en soulevant l’idée que ce ne sont pas seulement nos actions qui ont une influence, mais également notre “état d’esprit et de coeur” pendant ces actions. C’est un point de vue dont je me sens moi-même convaincue, ayant observé à maintes reprises comment des situations presque similaires peuvent renforcer ou affaiblir la connexion entre parent et enfant, en fonction simplement du ton employé pour présenter les choses…

La dernière phrase du paragraphe qui présente cette idée me renvoie à ma recherche de joie : 
“Quoi que vous fassiez, vos enfants se rappelleront surtout l’état dans lequel vous êtes, la vie que vous anime, la joie que vous dégagez – ou pas.”

Voyez les choses du point de vue de votre enfant

Afin d’apporter à notre enfant la sécurité émotionnelle, la confiance dont il a tant besoin, l’une des attitudes qu’il nous faut développer est celle de réussir à voir les choses du point de vue de notre enfant. 

Nous cherchons alors à partager avec lui ses difficultés, à célébrer ses succès, en somme, pour reprendre les termes de Jane Nelsen, nous sommes dans son équipe ! 
Rien de plus puissant pour leur montrer qu’ils sont importants pour nous, et renforcer cette sécurité émotionnelle. 

Pour cela, il s’agit également de bien garder en tête le stade de développement de son enfant. 
Par exemple, il est bien normal qu’un tout jeune enfant, centré sur lui-même et sur la découverte du monde, ne soit pas encore capable de tenir compte de l’autre, et ne veuille pas lui prêter ses jouets, ou dire pardon. 
Le forcer ne va pas l’aider à développer sa confiance. Il conviendra plutôt de laisser le temps à l’apprentissage…

Pour l’adolescence, c’est parfois encore plus délicat (et, en tant que mère d’ado, je le confirme !). Nos grands sont bien grands, et pourtant, il semble qu’ils manquent parfois de discernement… Ce chapitre nous rappelle qu’ils sont également encore en train de mûrir, et qu’ils ont leurs propres défis à relever. 
En fait, je vous citerai ici directement le livre, parce qu’il me semble que cela vaut la peine de se le répéter tel quel : “Les adolescents ont besoin de deux choses : de la pratique et la patience de leurs parents lorsqu’ils commettent des faux pas.”

De plus, et c’est là encore délicat, je le sais, il faut tenir compte de la personnalité et du style d’apprentissage de chacun. Nos enfants sont tous différents, et différents de nous également… Etre parent, c’est développer des trésors de tolérance pour la différence ! 

Cherchez la connexion – toujours

Pour terminer, le principal. 
On aura beau chercher les méthodes et les recettes, ce qui reste la base de toute cette éducation, c’est la connexion. 

Cette connexion qu’il est si difficile de trouver, de chercher au quotidien, au milieu des moments de stress. Connexion parfois difficile d’entretenir, et surtout, de mettre en priorité. 

Quelles méthodes pour y parvenir ? 

D’abord, l’écoute. L’écoute de l’enfant, l’écoute de ses sentiments, de ses besoins, l’écoute sans jugement pour essayer de le comprendre, pour essayer de nouveau de faire équipe avec lui. Il est différent, il a le droit de l’être. Sommes-nous curieux de savoir qui il est, plus que de lui imposer qui il doit être ?

Ensuite, se libérer du ressentiment. 
Je ne sais pas pour vous, mais ça, pour moi, c’est très compliqué. 
Au cours de ces dernières années, et de mon avancée sur le chemin de la parentalité positive, les choses se sont réellement améliorées, profondément, et nos relations sont bonnes. 
Mais nous ne sommes pas des super-héros, et parfois, ça dérape encore. Dans ces cas-là, j’ai énormément de mal à laisser filer mon ressentiment ! 

Nos enfants, eux, y arrivent beaucoup mieux, l’avez-vous remarqué ? Leur humeur revient généralement bien plus rapidement au beau fixe, ce qui, en général, m’agace encore plus. 
Parce que nous, les adultes, avons appris la rancune. 
Pourtant, ici – heureusement que je continue de lire pour m’inspirer -, les auteurs nous suggèrent de nous en inspirer plutôt. Parce que si nos enfants rétablissent si vite la connexion, c’est un modèle pour nous. C’est un cadeau de confiance : ils nous disent que nous n’avons pas besoin d’être parfaits pour être aimés ! 
Et nous sommes capables de leur offrir la même chose en retour. 

Une dernière réflexion

Enfin, pour ceux d’entre nous qui avons encore du mal à lâcher le contrôle face à leurs enfants, je terminerai sur l’idée suivante, également piochée de ce chapitre. 

S’ils ressentent une acceptation inconditionnelle à la maison, les enfants seront plus à même de se laisser guider par les parents, plutôt que d’essayer de remplir leur besoin d’acceptation à l’extérieur.

A méditer…

 

 

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Pourquoi les récompenses sont inefficaces

J’ai déjà partagé avec vous auparavant l’opinion de Thomas Gordon sur la méthode traditionnelle de récompenses et punitions, telle qu’il l’a exposée dans Eduquer sans punir. Ce chapitre se focalise sur les récompenses, et creuse la question de leur efficacité ou plutôt de leur inefficacité. Gordon parle ici de récompenses en général, et de compliments en particulier.

– Moi qui ai justement un article sur les compliments en gestation depuis plusieurs mois, peut-être aurai-je enfin l’inspiration qu’il me faut pour le ressortir lorsque j’aurai terminé le résumé de ce chapitre ? –

Les récompenses, une banalité

Pour commencer, il est intéressant de noter à quel point l’utilisation de récompenses est répandu. Que ce soit en classe pour contrôler le comportement des plus jeunes, ou à la maison.

Dans la classe, tableau de récompenses, voire coffre au trésor sont là pour encourager les enfants à bien se comporter. Et j’en ai déjà observé le résultat néfaste chez mon fils de 6 ans

A la maison, il n’est pas rare que le dessert vienne récompenser les légumes avalés. Je sais ce que vous pensez en lisant cette dernière phrase. (“Mais je ne vais quand même pas le laisser manger le dessert alors qu’il n’a pas mangé les légumes ?!” ) Et cela vaudra la peine de revenir dessus, pour parler de la posture à adopter dans un tel cas, pour réussir à encourager notre enfant à manger lesdits légumes, sans pour autant passer par une négociation à la récompense type “Si tu manges bien tes légumes, tu pourras avoir un bon dessert.” Cela dépasserait cependant ce dont Thomas Gordon parle ici, et je vais essayer de rester centrée, si vous le voulez bien.

Pour que les récompenses soient efficaces – aspects techniques

Ici, Gordon entre dans les détails techniques, expliquant que l’éducation par la récompense doit suivre un mode opératoire particulier. 

Ainsi, il est important, lorsque l’on veut, par ce moyen, encourager un comportement, de réagir de manière immédiate lorsque ce comportement est adopté. 

De plus, il faudrait pouvoir garder une forte cohérence : récompenser systématiquement le comportement en question, et s’assurer qu’aucune récompense n’est obtenue lorsque le comportement est inadéquat. C’est ce que font les dresseurs d’animaux, et c’est à ce prix que l’éducation par récompense peut fonctionner. 

Dans la vie réelle, c’est bien plus difficile. Prenons l’exemple d’un enfant en classe, dont la maitresse veut récompenser le bon comportement.
Sera-t-elle toujours bien là pour le voir et réagir ? Ne va-t-il pas également recevoir la récompense du rire des copains lorsqu’il adopte certaines attitudes qui dérangent la maitresse ?
L’obtention de la récompense en fonction du comportement n’est donc pas constante et cohérente… et cela nuit à son efficacité !

Difficultés rencontrées

Comme, selon ce que nous venons de dire, la mise en place de ce système de manière systématique est quasi-impossible, les adultes qui y ont recours se retrouvent rapidement face à des difficultés… qui les amènent souvent à évoluer de la récompense à la punition !

Et lorsque ce n’est pas le cas, ils se heurteront alors au fait que pour que la récompense continue de séduire, il faudra qu’elle ait de plus en plus de valeur. Eh oui, sinon, l’effet s’affaiblit avec le temps. D’ailleurs, même quand la valeur de la récompense augmente en fait, l’effet s’affaiblit avec le temps.

On peut alors arriver à cette situation absurde dans laquelle l’absence de récompense est interprétée comme une punition. Et on ne s’en sort plus !

Quand le seul but de l’enfant est la récompense

Voilà le coeur de l’affaire. La récompense est un mode d’encouragement via évaluation externe plutôt que motivation interne. 

Or, comme le soulignait Celine Alvarez lors de sa conférence, comme nous l’avions également évoqué avec le piège des récompenses, le plaisir de l’acte pour l’acte disparait lorsque la motivation est purement externe.

Pire encore, non seulement l’enfant perd son enthousiasme et sa motivation, mais il risque d’avoir sans cesse besoin, pour avancer, d’une évaluation externe dont il s’est mis à dépendre.

En fait, l’enfant perd le plaisir de l’acte que l’on récompense, mais pas du jugement de l’autre, qui devient indispensable.

NOTE : Ici, comprenons bien que les compliments sont directement considérés comme des récompenses. 
(Pour ceux d’entre vous pour lesquels cette idée est nouvelle, je vous encourage, en attendant que j’en sorte un nouveau, à lire mes premiers articles à ce sujet, même s’ils datent un peu : d’autres manières d’encourager dans Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, et une illustration du fait que “bien”, ce n’est pas assez bien dans Parents épanouis, enfant épanouis.)
Ce chapitre traite d’ailleurs également des compliments en tant que tels, et j’en reprendrai les grandes lignes dans un autre article, parce que cela vaut la peine de s’y attarder.

Un mot sur la compétition

Quand on creuse cette question de récompenses, de motivation externe, on dérive assez naturellement vers une vraie réflexion autour du système scolaire tel que nous le connaissons, et en particulier de l’usage des notes.

Car faire étudier l’enfant avec pour but central d’obtenir de “bonnes” notes, ou en tout cas, des notes qui seront qualifiées de bonnes lorsque nous les comparerons à la moyenne, c’est créer justement une motivation externe.

J’ai soulevé cette question hier au diner familial. Mon fils Oscar (15 ans) opine que la compétition permet de donner le meilleur de soi-même. C’est possible. Cependant, certains opinent, comme André Stern, que le meilleur engrais du cerveau, c’est l’enthousiasme. Or, si la motivation externe tue le plaisir de la tâche elle-même, alors comment cultiver l’enthousiasme de l’apprentissage ??
J’ai hâte, pour creuser cette question, de lire le nouvel ouvrage de Catherine Gueguen : Heureux d’apprendre à l’école, dont je ferai un commentaire sur le blog, évidemment(Si vous avez trop hâte de voir les commentaires des autres, en voici déjà le lien)

En tout cas, la position de Thomas Gordon sur ce point est très claire, puisqu’il choisit d’inclure dans ce chapitre la citation suivante :
“Nous détruisons la passion désintéressée d’apprendre qui est innée chez les enfants et se montre si forte quand ils sont petits, en les encourageant au travail avec des récompenses mesquines et méprisables, telles que médailles d’or, bons points, tableaux d’honneur, mentions diverses, listes de mérites, etc. Bref, pour avoir l’ignoble satisfaction de se sentir meilleur que les autres.” (Holt, 1968)

Je vous laisserai sur cette citation, pour la digérer, et me dire ce que vous en pensez en commentaire si le coeur vous en dit, parce que je pense qu’à elle-seule, elle mérite un débat !