Pourquoi les récompenses sont inefficaces

J’ai déjà partagé avec vous auparavant l’opinion de Thomas Gordon sur la méthode traditionnelle de récompenses et punitions, telle qu’il l’a exposée dans Eduquer sans punir. Ce chapitre se focalise sur les récompenses, et creuse la question de leur efficacité ou plutôt de leur inefficacité. Gordon parle ici de récompenses en général, et de compliments en particulier.

– Moi qui ai justement un article sur les compliments en gestation depuis plusieurs mois, peut-être aurai-je enfin l’inspiration qu’il me faut pour le ressortir lorsque j’aurai terminé le résumé de ce chapitre ? –

Les récompenses, une banalité

Pour commencer, il est intéressant de noter à quel point l’utilisation de récompenses est répandu. Que ce soit en classe pour contrôler le comportement des plus jeunes, ou à la maison.

Dans la classe, tableau de récompenses, voire coffre au trésor sont là pour encourager les enfants à bien se comporter. Et j’en ai déjà observé le résultat néfaste chez mon fils de 6 ans

A la maison, il n’est pas rare que le dessert vienne récompenser les légumes avalés. Je sais ce que vous pensez en lisant cette dernière phrase. (“Mais je ne vais quand même pas le laisser manger le dessert alors qu’il n’a pas mangé les légumes ?!” ) Et cela vaudra la peine de revenir dessus, pour parler de la posture à adopter dans un tel cas, pour réussir à encourager notre enfant à manger lesdits légumes, sans pour autant passer par une négociation à la récompense type “Si tu manges bien tes légumes, tu pourras avoir un bon dessert.” Cela dépasserait cependant ce dont Thomas Gordon parle ici, et je vais essayer de rester centrée, si vous le voulez bien.

Pour que les récompenses soient efficaces – aspects techniques

Ici, Gordon entre dans les détails techniques, expliquant que l’éducation par la récompense doit suivre un mode opératoire particulier. 

Ainsi, il est important, lorsque l’on veut, par ce moyen, encourager un comportement, de réagir de manière immédiate lorsque ce comportement est adopté. 

De plus, il faudrait pouvoir garder une forte cohérence : récompenser systématiquement le comportement en question, et s’assurer qu’aucune récompense n’est obtenue lorsque le comportement est inadéquat. C’est ce que font les dresseurs d’animaux, et c’est à ce prix que l’éducation par récompense peut fonctionner. 

Dans la vie réelle, c’est bien plus difficile. Prenons l’exemple d’un enfant en classe, dont la maitresse veut récompenser le bon comportement.
Sera-t-elle toujours bien là pour le voir et réagir ? Ne va-t-il pas également recevoir la récompense du rire des copains lorsqu’il adopte certaines attitudes qui dérangent la maitresse ?
L’obtention de la récompense en fonction du comportement n’est donc pas constante et cohérente… et cela nuit à son efficacité !

Difficultés rencontrées

Comme, selon ce que nous venons de dire, la mise en place de ce système de manière systématique est quasi-impossible, les adultes qui y ont recours se retrouvent rapidement face à des difficultés… qui les amènent souvent à évoluer de la récompense à la punition !

Et lorsque ce n’est pas le cas, ils se heurteront alors au fait que pour que la récompense continue de séduire, il faudra qu’elle ait de plus en plus de valeur. Eh oui, sinon, l’effet s’affaiblit avec le temps. D’ailleurs, même quand la valeur de la récompense augmente en fait, l’effet s’affaiblit avec le temps.

On peut alors arriver à cette situation absurde dans laquelle l’absence de récompense est interprétée comme une punition. Et on ne s’en sort plus !

Quand le seul but de l’enfant est la récompense

Voilà le coeur de l’affaire. La récompense est un mode d’encouragement via évaluation externe plutôt que motivation interne. 

Or, comme le soulignait Celine Alvarez lors de sa conférence, comme nous l’avions également évoqué avec le piège des récompenses, le plaisir de l’acte pour l’acte disparait lorsque la motivation est purement externe.

Pire encore, non seulement l’enfant perd son enthousiasme et sa motivation, mais il risque d’avoir sans cesse besoin, pour avancer, d’une évaluation externe dont il s’est mis à dépendre.

En fait, l’enfant perd le plaisir de l’acte que l’on récompense, mais pas du jugement de l’autre, qui devient indispensable.

NOTE : Ici, comprenons bien que les compliments sont directement considérés comme des récompenses. 
(Pour ceux d’entre vous pour lesquels cette idée est nouvelle, je vous encourage, en attendant que j’en sorte un nouveau, à lire mes premiers articles à ce sujet, même s’ils datent un peu : d’autres manières d’encourager dans Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, et une illustration du fait que “bien”, ce n’est pas assez bien dans Parents épanouis, enfant épanouis.)
Ce chapitre traite d’ailleurs également des compliments en tant que tels, et j’en reprendrai les grandes lignes dans un autre article, parce que cela vaut la peine de s’y attarder.

Un mot sur la compétition

Quand on creuse cette question de récompenses, de motivation externe, on dérive assez naturellement vers une vraie réflexion autour du système scolaire tel que nous le connaissons, et en particulier de l’usage des notes.

Car faire étudier l’enfant avec pour but central d’obtenir de “bonnes” notes, ou en tout cas, des notes qui seront qualifiées de bonnes lorsque nous les comparerons à la moyenne, c’est créer justement une motivation externe.

J’ai soulevé cette question hier au diner familial. Mon fils Oscar (15 ans) opine que la compétition permet de donner le meilleur de soi-même. C’est possible. Cependant, certains opinent, comme André Stern, que le meilleur engrais du cerveau, c’est l’enthousiasme. Or, si la motivation externe tue le plaisir de la tâche elle-même, alors comment cultiver l’enthousiasme de l’apprentissage ??
J’ai hâte, pour creuser cette question, de lire le nouvel ouvrage de Catherine Gueguen : Heureux d’apprendre à l’école, dont je ferai un commentaire sur le blog, évidemment(Si vous avez trop hâte de voir les commentaires des autres, en voici déjà le lien)

En tout cas, la position de Thomas Gordon sur ce point est très claire, puisqu’il choisit d’inclure dans ce chapitre la citation suivante :
“Nous détruisons la passion désintéressée d’apprendre qui est innée chez les enfants et se montre si forte quand ils sont petits, en les encourageant au travail avec des récompenses mesquines et méprisables, telles que médailles d’or, bons points, tableaux d’honneur, mentions diverses, listes de mérites, etc. Bref, pour avoir l’ignoble satisfaction de se sentir meilleur que les autres.” (Holt, 1968)

Je vous laisserai sur cette citation, pour la digérer, et me dire ce que vous en pensez en commentaire si le coeur vous en dit, parce que je pense qu’à elle-seule, elle mérite un débat !

 

Révolution dans l’éducation !

Un vent nouveau souffle sur l’éducation en France. Une vraie révolution. L’engouement pour la parentalité positive, que je soutiens, oui, mais je parle aussi de l’éducation dans le sens éducation nationale, l’école donc. Ce n’est pas un hasard si Stanislas Dehaene, spécialiste en neurosciences, a été nommé président du conseil scientifique récemment nommé pour aider à améliorer les méthodes d’apprentissage. Et ce n’est pas non plus un hasard si le titre de mon article reprend le thème du festival d’Autun auquel j’ai assisté en juillet (2017). Car c’est effectivement à une révolution que nous pourrions bien assister. En tout cas, c’est ce que cela m’a inspirée lorsqu’à ce festival, j’ai assisté à la conférence de Céline Alvarez.

C’est pourquoi, lorsque Marion, du blog Liberté pédagogique, m’a proposé de participer à son carnaval d’articles intitulé “Les livres qui vont révolutionner l’éducation”, j’ai immédiatement pensé à celui de Céline Alvarez : Les lois naturelles de l’enfant.

(Marion va proposer en téléchargement gratuit un petit livre qui reprendra les différents articles des blogueurs répondant au même thème, j’ai hâte de voir les livres qu’ils auront choisis…)

En quoi le livre “les lois naturelles de l’enfant” propose-t-il une révolution dans l’éducation ?

En fait, c’est ce qui est le plus surprenant. Comme le titre l’indique, Céline Alvarez se contente de nous expliquer comme l’enfant fonctionne naturellement. Donc, pas de bouleversement ou de nouvelle méthode. Enfin… Si, en fait. Parce que les méthodes actuelles ne prennent pas forcément ce fonctionnement naturel en compte.

Le scénario actuel

Les instituteurs et professeurs suivent des programmes et des méthodes qui leur sont imposés, et assument auprès de leurs élèves le rôle d’un passeur. Un passeur de connaissance. Qui impose ce qu’il transmet, quand il le transmet, et comment. En faisant de plus entrer tous les enfants dans un même moule, puis en évaluant leurs résultats selon sa propre perspective.

Et ces instituteurs et professeurs s’épuisent…

Car les méthodes à leur disposition sont en fait des entraves à l’apprentissage pour les enfants. Selon Céline Alvarez, c’est comme s’ils cherchaient à conduire une voiture sur l’autoroute en laissant le frein à main.

Ce que propose Céline Alvarez

Elle propose de “simplement” respecter les lois naturelles de l’enfant. D’accompagner l’enfant à son potentiel, et le laisser se développer, s’épanouir dans le bonheur de son apprentissage !

Du bonheur à l’école ! Oui, ça aussi c’est une révolution dans l’éducation…

Et elle ne se contente pas de le proposer. Avant d’écrire son livre, avant de partager toutes ces idées, elle les a mises à l’épreuve. Elle a travaillé 3 ans à Gennevilliers. Elle a tenu une classe maternelle multi-niveaux dans cette banlieue défavorisée de la région parisienne… et y a obtenu des résultats impressionnants !!

Tant au niveau des résultats scolaires que d’attitude des enfants. Les témoignages des parents, d’ailleurs, sont particulièrement frappants.

Comment la lecture de ce livre permet-elle d’amorcer cette révolution ?

Ce livre est vraiment surprenant, en fait.

D’un côté, il est plein de références, il parle de fonctionnement du cerveau, d’expériences menées… C’est donc un livre scientifique, en un sens. Et pourtant, il est très facile, très agréable à lire !  Je pense que l’auteur a un certain talent de pédagogue. Elle nous mène vers une meilleure compréhension des processus d’apprentissage, nous en décrit les sources, et les implications, tout en les éclairant de ses expériences.

Ainsi, il est relativement facile pour le lecteur d’intègrer les principes clefs, des principes qui, une fois appliqués, vont bousculer son mode d’enseignement, sans aucun doute.

La plasticité cérébrale

Tout commence par le fait que le cerveau est plastique. C’est à dire qu’il peut être déformé, façonné. On ne nait pas avec un cerveau terminé. Il évolue en fait en permanence, tout au long de la vie.

C’est cependant au cours des premières années que cette plasticité est la plus forte.

En fait, à chaque expérience à laquelle l’enfant se confronte, son cerveau crée des connexions. Des dizaines, des centaines.. des milliards de connexions. Céline Alvarez explique que si le cerveau d’un adulte possède déjà 3 fois plus de connexions que ce qu’il y a de liens sur internet (vous imaginez ??), celui de l’enfant en a encore 3 fois plus ! Son cerveau crée ainsi 7000 à 10000 nouvelles connexions par seconde !!

A condition qu’on lui en offre l’opportunité. Un enfant laissés à eux-mêmes pendant des heures, sans interaction ou stimulation d’aucune sorte ne va voir son cerveau se développer de la même manière.

De plus, vous aurez déduit du fait que le cerveau de l’adulte possède 3 fois moins de connexions que celui de l’enfant, qu’il y a un moment où un élagage est fait. En effet. C’est l’élagage synaptique.

Les connexions qui restent sont celles qui correspondent à des expériences répétées. Celles qui sont trop rares sont jugées moins utiles, et disparaissent.

Ainsi, l’entourage de l’enfant dans ses premières années a un impact énorme sur le développement de son cerveau ! Et cela explique également pourquoi les modèles se répètent du parent à l’enfant : le cerveau a grandi en renforçant les connexions de son cerveau qui correspondaient à l’attitude répétée de son parent… I est donc physiquement câble pour agir ainsi également…
Vous imaginez ce que cela signifie en termes de responsabilité ??
Mais également, de possibilités !! Car cela démontre que ce fonctionnement du cerveau n’est pas inné, mais bien acquis, ce qui permet, par un entourage et un environnement adéquat, d’offrir de vraies chances d’apprentissages à tous les enfants. Tous.

Les lois naturelles de l’apprentissage

Je ne vais pas ici vous exposer tout ce qui est dit dans le livre de Céline Alvarez, de peur de ne jamais terminer mon article.  Je vous encourage vraiment à lire vous-mêmes le livre complet. (ou à consulter le site des lois naturelles de l’enfant).

Nous en retiendrons cependant, en première approche les principes suivants :

  • l’indispensable mélange des âges
  • la motivation endogène
  • l’importance de l’erreur
  • la richesse du monde réel
  • l’importance du jeu libre
  • la toxicité du stress
  • la bienveillance

Sous chacun de ces termes, il pourrait y avoir un article complet, et encore, je n’ai pas tout listé !

Cela n’a l’air de rien, mais prendre conscience de certains des points ci-dessus est sans aucun doute déjà une manière de changer son mode d’enseignement. Si l’on ne peut malheureusement pas forcément mélanger les âges dans les classes du jour au lendemain, on peut immédiatement modifier notre perception de l’erreur, comprendre pourquoi les enfants ne sont pas motivées par les activités imposées, ne plus avoir peur de nous laisser aller à la bienveillance.

(Si vous voulez en savoir plus, en particulier sur la motivation, l’erreur… vous pouvez commencer par le résumé de la conférence de Céline Alvarez à Autun.)

L’apprentissage didactique

Toute une partie du livre est consacrée à l’exposé concret de l’apprentissage didactique, en particulier sur les thèmes des mathématiques, et de l’entrée dans la lecture et l’écriture ; mais pas seulement !

Application dans ma maison

Cette partie tombait bien pour moi, car j’enseigne justement la lecture à mon fils, qui va entrer l’année prochaine en CE1 en France, alors qu’il n’aura jamais avant été scolarisé dans un établissement francophone. Je me suis donc inspirée de plusieurs activités proposées par Céline Alvarez, et il ne fait aucun doute que cela a participé à l’enthousiasme de mon fils !

J’ai également lu les autres parties avec plaisir, retrouvant parfois, surtout dans le matériel mathématique, des activités Montessori que je connaissais déjà , mais pas seulement. Et, encore une fois, la présentation de ces activités est fluide, entrecoupées d’observation de la classe, des effets de chacune, de ce qui a plu ou moins plu, de comment les enfants se l’appropriaient, etc…

L’école de Céline Alvarez n’était pas une école Montessori

Je rajoute ce paragraphe car il me semble important, surtout suite à ce que je viens d’écrire sur les activités mathématiques reconnues.

Cette confusion est fréquente chez les personnes qui ne connaissent pas bien le travail de Céline Alvarez. Et l’on peut le comprendre, car elle a effectivement repris beaucoup des principes, et du matériel qui sont issus de la pédagogie Montessori. Mais pas que.

Maria Montessori a vécu au début du 20è siècle, et a effectivement permis de faire un bond prodigieux en terme de pédagogie. Le respect que lui vouent aujourd’hui ceux qui admirent son travail est cependant parfois poussé au point de ne vouloir rien y changer. Alors qu’elle-même aurait voulu que les suivants aillent plus loin.

C’est ce que fait Céline Alvarez. Elle cite régulièrement Maria Montessori dans son livre, appliquant souvent ses idées. Mais à la pédagogie Montessori, elle ajoute les connaissances plus récentes des neurosciences – en particulier celles qui concernent les compétences exécutives, évoquées un peu plus loin. Et ajoute également l’importance du lien, de la connexion à l’autre, de façon bien plus poussée.

L’autonomie au service des compétences exécutives

D’après le “Center on the developing child” de Harvard, il suffit de 2 enfants avec des compétences exécutives sous-développées pour que cela ait un impact sur l’ambiance de toute la classe.

Que sont ces compétences exécutives ?

Les experts en relèvent trois principales :

  • la mémoire de travail
  • le contrôle inhibiteur
  • la flexibilité cognitive

Ces trois compétences sont fondamentales pour mener à bien quelconque projet, ou apprentissage.

Il s’agira en effet, d’utiliser notre mémoire de travail pour retenir l’ordre des étapes, garder en tête où nous en sommes ; puis notre contrôle inhibiteur pour rester concentrer, et ne pas se laisser distraire par une quelconque interruption ; enfin notre flexibilité cognitive pour nous adapter à nos résultats et chercher une meilleure méthode au besoin.

Des compétences prédictives

Le développement de ces compétences a plus d’impact sur la réussite et l’épanouissement que le QI. Parce que ces compétences permettent de progresser, de s’adapter, et de mieux se relier aux autres. Nos relations sociales sont donc meilleures, et notre parcours scolaire et professionnel également.

Essayer d’enseigner à un enfant dont les compétences exécutives sont sous-développées est voué à l’échec. Il ne retiendra pas ce qu’il aura appris.

Il vaut mieux dans ce cas “perdre” le temps nécessaire à aider cet enfant à développer ces compétences, avant de revenir à un enseignement du contenu plus didactique. (De l’importance, à partir de ce principe, que l’enseignement soit différencié !! Impossible de demander les mêmes choses à tous les enfants, alors qu’ils sont à des moments différents de leur développement…)

L’autonomie

Quelle est donc la meilleure manière d’aider l’enfant à développer ses compétences exécutives ?
Si certaines activités peuvent effectivement être proposées (dont la méditation…), le plus efficace est simplement de laisser l’enfant aider au soin de son environnement.

De fait, entre 3 et 5 ans, âge auquel le développement de ces compétences est le plus important, les enfants sont naturellement attirés par : le nettoyage, la cuisine, la lessive, etc.
Enseigner à un enfant à faire seul, le laisser essayer de monter l’escalier, de nettoyer la table, est ce qu’il y a de plus puissant pour son développement.

Les lois naturelles de l’enfant regorge d’exemples et d’illustrations de ce principe…

Moi qui ai toujours valorisé l’autonomie de mes enfants, je suis de nouveau poussée vers l’idée de les impliquer encore, et encore plus, convaincue à présent que c’est pour eux un vrai cadeau pour le futur !

Soutenir leur élan à grandir, à apprendre, à se construire. Avec notre aide, puis de moins en moins.

Le secret, c’est l’amour

La dernière partie de ce livre porte enfin sur l’amour. Sur la puissance de la reliance.

Car l’être humain a besoin de connexions. (Ce n’est pas la première vous que nous en parlons ici, n’est-ce pas ?). Le regard bienveillant de l’entourage l’aide à grandir, à se développer. Émotionnellement et physiquement.  C’est ce qui lui permettra d’avoir confiance en lui.

Selon Céline Alvarez, ce lien est “un levier extraordinaire”, sans lequel le reste ne sert à rien.
C’est également cet amour reçu qui leur permettra de ressentir un vrai bonheur d’aller à l’école !
Et de développer leur sens de l’empathie…

Quelle inspiration, quel élan à lire ces résultats !

Et j’en aurais encore beaucoup à compter, mais je crois que mon travail s’arrête là pour aujourd’hui.

Pour terminer enfin, je vous laisserai sur le début du dernier paragraphe du livre :
“Sur ce chemin, l’expérience de Gennevilliers constitue un point de départ, et non d’arrivée. Que chacun se sente libre de retenir ce qui lui semble pertinent et d’oublier le reste.

Et voilà comment commence cette révolution de l’éducation !

 

 

 

Choisissez d’appuyer les choix faits par vos enfants

“C’est par leurs choix et les leçons qu’ils en tireront qu’ils en apprennent le plus dans leur vie.” écrivent Sura Hart et Victoria Kindle Hodson, les auteurs de Parents respectueux, enfants respectueux. Il serait donc fondamental, pour les accompagner sur ce chemin de la découverte et de l’apprentissage, d’appuyer les choix faits par nos enfants.

Vous avez probablement observé vos enfants se rebeller face aux décisions qui leur sont imposées. Et si la notion de choix changeait cette dynamique ? C’est ce que nous allons creuser ici.

L’importance du choix dans l’apprentissage

Le choix joue un rôle fondamental dans le développement de l’enfant, et dans la vie de l’adulte.
Pourquoi ? Parce que cette notion de choix intervient sur deux plans différents.

Le libre arbitre

Faire un choix, c’est exercer son libre arbitre.
Or, cette aspiration à décider, à exercer son pouvoir personnel, est une aspiration fondamentale de l’être humain. Une manière de se sentir exister.

Ainsi, la capacité de faire des choix correspond au fait de mûrir. Plus on grandit, et plus on se sent l’envie et la capacité de faire ces choix. Et on progresse de plus en plus vers l’autonomie, par notre pouvoir de décision.

L’apprentissage par l’expérience

Oui, le choix est au coeur de l’expérience. Car l’expérience réside en fait dans le résultat obtenu après le choix.

Je me souviens que c’est une idée que nous avions déjà évoquée. En effet, dans mon article autour de la conférence à Autun de Céline Alvarez, j’avais parlé de son message autour de l’erreur. “C’est l’effet de surprise, c’est à dire la différence entre la prédiction et le résultat, qui crée les réajustements neuronaux. Et de ces réajustements découlent les apprentissages.”

L’importance pour l’enfant de faire ses propres choix est donc également dans le fait que cela lui permettra d’en observer les résultats, et d’apprendre.

Lorsque l’enfant a peu de choix

En réfléchissant à l’importance du choix dans l’apprentissage, tel que présentée ci-dessus, on s’interroge. En effet, ces arguments semblent couler de source.

Prenons donc d’abord un moment pour comprendre pourquoi les parents ne laissent pas le choix.

Pourquoi les parents ne laissent-ils pas les enfants penser et agir pour eux-mêmes ?

Une question importante à laquelle les auteurs du livre apportent deux réponses.

  • Parce qu’ils attendent une certaine manière de faire. Les parents ont déjà en tête une méthode, qui combine efficacité et précision. La méthode expérimentale de leur enfant ne leur convient souvent pas !
  • Parce qu’il faut du temps et de la patience pour laisser l’enfant faire par lui-même. Ce dont nous manquons souvent…

L’impact de ce manque de choix

D’abord, personne n’aime se voir imposer les choix de quelqu’un d’autre. (Il suffit, pour s’en convaincre, de nous mettre dans cette position…). De ce fait, évidemment, plus nous imposerons nos choix à nos enfants, plus nous créerons d’occasions de conflits. Plus nous verrons se développer les luttes de pouvoir.

Et puis, le choix imposé est dangereux : si nous indiquons à notre enfant une manière d’agir, et que cela ne se déroule pas bien, c’est bien sur nous que retombe la responsabilité. Lui, ne faisant qu’obéir, n’a pas de responsabilité dans l’affaire !

Pire encore, à plus long terme, si notre enfant se voit régulièrement refuser ses idées, que ses parents ne soutiennent pas ses choix, il risque d’en déduire que ses idées ne sont simplement pas valables. Devenu adulte, il peut toujours craindre que ses avis n’aient aucun interêt, qu’ils ne vaillent pas la peine d’être partagés…

En fait, ces enfants privés de choix ne se sentent pas capables et compétents, tout simplement. Est-ce ce que nous voulons pour nos enfants ?

Lorsque l’enfant peut exercer ses choix

A l’inverse, bien sûr, on commence à voir se profiler les avantages de soutenir les choix de nos enfants.

Les qualités qu’il développe au passage

J’aime, depuis que j’ai compris l’importance d’avoir un projet parental, penser aux qualités et compétences qui se développent chez mes enfants lorsque je choisis un mode d’éducation plutôt qu’un autre.

Dans ce cas du choix, je trouve l’exercice assez facile à faire.

  • Prise de décision
  • Sens critique
  • Analyse
  • Autonomie
  • Confiance en soi

Je choisis de mettre cette confiance en soi à part, parce qu’elle me semble tellement, tellement importante !! J’ai l’impression qu’on avance tellement mieux dans la vie lorsqu’on a confiance en soi

Alors, je cherche au quotidien à envoyer un message de confiance à mes enfants. Oh, je n’y arrive pas toujours. Je tombe régulièrement, comme tout parent, dans les critiques, et les reproches. Toutes ces choses qui ne nourrissent ni le lien, ni sa confiance en lui, ni la coopération…

Mais je m’accroche, et j’ai confiance, j’avance. De même, je pense qu’en l’aidant à prendre conscience de l’éventail de choix qui se présentent à lui au quotidien, et en appuyant sa décision face à ces choix, je lui envoie un message de confiance fort. Un message de confiance sur son aptitude à gérer ce choix.

Les bénéfices pour notre propre développement

Avantage supplémentaire : nous ne sommes pas en reste dans cette démarche.
Car faire en sorte d’appuyer les choix de nos enfants, c’est progresser nous-mêmes.

Cela nous oblige en effet à mieux écouter. Ce qui est déjà une sacrée force. Savoir écouter l’autre, c’est le point de départ pour mieux le comprendre. Cela aide à développer l’empathie.

Et puis, nous nous rendrons ainsi compte qu’il existe d’autres manières de faire que la nôtre, qui peuvent également donner de bons résultats (et si ce n’est pas le cas, apprenons à nous mordre la langue, pour ne pas dire “Je te l’avais bien dit !”).

Ainsi, nous développerons notre tolérance, notre respect de l’autre. Et croyez-moi, cela peut nous aider, non seulement dans nos relations avec nos enfants, mais également avec les autres !

Changeons cette dynamique !

Bien. Je suis convaincu. Seulement voilà, plus facile à dire qu’à faire.
C’est vrai. Mais pas d’inquiétude, nous allons prendre les choses dans l’ordre.

Vaincre les raisons qui nous freinent

Pour commencer, revenons sur les raisons soulevées plus haut, qui découragent les parents de laisser le choix à l’enfant.

Nous parlions d’abord de la manière de faire. Et d’efficacité. En fait, nos enfants n’ont pas les mêmes objectifs que nous. C’est un point qui peut aider à considérer les choses autrement.

Ainsi, je me souviens d’un exemple que donnait Maria Montessori. Elle parlait d’un jeune enfant qui portait une pile de linge d’un bout de la pièce à l’autre. Là où l’adulte aurait pu transporter la pile en un trajet, de manière beaucoup plus “efficace”, l’enfant prenait un linge après l’autre. Et le plus intéressant vient ensuite : une fois la pile terminée, voilà notre enfant qui recommence, dans l’autre sens ! Pour lui, l’objectif n’est pas que le linge soit de l’autre côté. L’objectif est de s’entrainer à le porter. Ce qui est en soi une occupation incroyable pour un jeune enfant !

Ne soyons donc pas trop prompts à juger l’efficacité des choix de nos enfants…

Ensuite, nous soulevions notre manque de temps.

S’il est vrai que faire pour l’enfant est plus rapide sur le coup, nous oublions souvent, dans la course folle de notre vie quotidienne, l’investissement à plus long terme. Car plus nous laisserons l’enfant développer ses propres compétences, plus il deviendra autonome, et moins nous aurons besoin de faire pour lui.

Le choix fait d’ailleurs bien partie des compétences listées par Floriane, de parents naturellement, lorsque nous avions écrit à 4 mains sur l’autonomie, et qu’elle avait évoqué l’autonomie du jeune enfant.

De plus, je vous le rappelle, un autre effet secondaire de ces choix laissés à l’enfant, sera de faire baisser la fréquence des luttes de pouvoir. Là encore, cela vaut la peine d’investir un peu de temps !

Je sais que ce n’est pas toujours facile. Il vous faudra adapter le moment de l’apprentissage.

Prenons un exemple concret : je voudrais que Léon (6 ans), apprenne à changer les draps de son lit. Je ne vais pas le lui enseigner le matin avant de partir à l’école ! Je vais choisir un moment calme pendant le week-end, pour participer au changement des draps. Et je lui donnerai le choix de commencer par un côté ou par l’autre. Puis le choix du drap par lequel on va remplacer celui qu’on enlève. Le choix d’apporter les draps sales dans le panier avant, ou après avoir mis les nouveaux, etc… Ca va me prendre un peu de temps. Mais Léon se sentira impliqué, et capable. Et de fait, il sera capable, bientôt capable de changer ses draps seul !

Leur donner des opportunités

Avant d’en arriver à appuyer les choix de nos enfants, il faudra d’abord leur donner l’occasion de faire des choix ! Qu’ils apprennent peu à peu à développer cette compétence. Chaque choix est un renoncement. Il n’est donc pas toujours évident de choisir en étant sûr de soi…

(C’est rigolo, d’ailleurs – rien à voir – :  je lis en ce moment un roman historique, dans lequel l’auteur nous montre un Charles IX incapable de faire des choix, demandant sans cesse l’approbation de sa mère Catherine de Médicis. Comme quoi, dans toute famille, ce genre de situation arrive !)

Notre rôle de parents sera donc double, je crois.

  • trouver les opportunités de laisser des choix à nos enfants, dès le plus jeune âge
  • les aider à investiguer les conséquences de leurs choix, pour qu’ils les fassent de manière éclairée. La décision, ensuite, leur appartiendra.

Pour le premier point, nous avons déjà souvent parlé de l’importance du choix pour le jeune enfant.
Puis, au fur et à mesure qu’ils grandissent, ils pourront être de plus en plus sollicités :

Et lorsqu’ils deviennent adolescents, cela nous demandera encore plus d’efforts peut-être. Il faudra accepter une certaine perte de contrôle ! Pour que le choix de l’ado ne se limite pas à choisir entre se conformer à nos décisions et se rebeller…

Nos propres choix

Partant cette fois de l’idée que nous jouons également un rôle de modèle auprès de nos enfants, nous pouvons les aider à explorer cette notion de choix en parlant des nôtres.

Exprimer nos choix simplement. Partager parfois nos hésitations, ce qui nous a amené à choisir d’une certaine façon. Notre regret, même de ne pas avoir pu choisir deux options à la fois !

Parler de nos choix ratés, de ce que nous aurions parfois pu faire différemment.

Discuter des choix que nous avons à faire, et que nous faisons. Nous pouvons même leur demander leur opinion, leur montrant qu’il peut être intéressant de discuter d’une idée, que la décision prise finalement corresponde à l’opinion de l’autre ou non.

C’est à vous

Etes-vous prêts ? Voici le défi que je vous lance aujourd’hui.

La prochaine fois que vous désirez décider pour votre enfant, faites une pause. Respirez, réfléchissez aux options, et offrez un choix à votre enfant. Et voyez ce que ça donne…

 

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La méthode traditionnelle : récompenses et punitions

Les adeptes de la parentalité positive, dont je fais partie, sont persuadés que la méthode traditionnelle d’éducation ne fonctionne pas. La “méthode traditionnelle”, cela veut dire le système de récompenses et punitions. Nous en avons déjà parlé ici, et cette idée n’est pas nouvelle pour vous.

L’objectif de cet article est de vous transmettre le point de vue de Thomas Gordon sur la question. Et pour cela, je m’inspirerai du deuxième chapitre de Eduquer sans punir. Une lecture qui vous encouragera à réfléchir de nouveau à cette méthode traditionnelle, pour vous aider à vous faire votre propre opinion.

Sur quels principes repose cette méthode traditionnelle d’éducation ?

Tous les parents qui appliquent cette méthode traditionnelle n’ont pas forcément réfléchi aux principes qu’elle véhicule. (C’est bien toute l’idée de l’avancée sur ce chemin, d’ailleurs ! Prendre conscience de tout ce qui se joue de manière inconsciente chez nous, ne serait-ce que parce que c’est le modèle que nous avons reçu !)  Deux d’entre eux sont cependant fondamentaux pour croire à cette méthode.

L’obéissance

Bien sûr, ce que cherche le parent qui use de la récompense et de la punition, c’est l’obéissance de son enfant ! Le parent maintient dans ce cas une relation purement verticale avec son enfant : lui est au dessus, et l’enfant, en dessous, doit obéir.

 

Il est difficile de penser autrement la relation adulte-enfant, puisqu’elle nous a été enseignée ainsi. De mon côté, je vous en ai déjà parlé, je ne cherche pas à avoir des enfants obéissants. Je préfère que mes enfants gardent un sens critique, qu’ils puissent décider d’obéir ou non en fonction d’une certaine fidélité à leurs valeurs. Ce qui ne m’empêche pas de leur demander de la coopération ! Mais j’essaye de faire en sorte que ce soit bien des demandes, et non  des exigences (merci M Rosenberg), même si j’admets volontiers que c’est parfois frustrant !!

 

Ce principe d’obéissance est pourtant souvent pensé pour le bien de l’enfant. Car, après tout, c’est un modèle auquel il faudra bien qu’il se plie dans le monde extérieur ! La relation parent-enfant n’est pas la seule relation d’obéissance à laquelle nous sommes exposés dans notre vie. On peut encore évoquer la relation au professeur ou autre personnel de l’école (qui peut parfois être effrayante), l’obéissance à son supérieur dans l’entreprise, au dirigeant d’un pays, à son mari lorsqu’on est une femme…. Ah.. Certains de ces modèles évoluent quand même !

J’ai donc confiance en l’évolution de la société, vers des relations plus respectueuses, pas seulement entre femme et époux, mais également entre adultes et enfants ! Mais je m’égare et dépasse ici les propos de Thomas Gordon. Revenons à nos moutons.

 

Le jugement

Dans la mesure où l’adulte va agir pour modifier le comportement de l’enfant, c’est qu’il considère que son jugement sur le comportement de l’enfant est le bon. Nous sommes toujours dans un modèle de relation verticale, dans laquelle l’adulte est considéré supérieur à l’enfant, et en particulier plus compétent, et meilleur juge.

Quoi qu’il en soit, il faut donc que l’adulte, que l’on peut également qualifier ici de “contrôleur” juge le comportement de l’enfant afin de décider comment le corriger.

 

On peut s’interroger -je prends de nouveau des licences- sur l’objectivité de ce jugement. Puisqu’un jugement sur l’autre dépend de notre propre jeu de valeurs. Est-on en droit de l’imposer à l’autre ? Ce qui est sûr, c’est qu’on touche de nouveau bien à la différence entre l’obéissance et la morale, la première correspondant au fait de faire ce que l’on nous demande, que cela soit bon ou non, la deuxième à faire ce qui est bon, que cela soit ce que l’on nous demande ou non…

Gordon soulève en tout cas l’idée que ce jugement est fréquemment fait par rapport à nos propres intérêts. Il cite l’exemple parlant d’un professeur qui exclue un élève de la classe parce qu’il perturbe celle-ci. Et en effet, cela gène en particulier le professeur qui aimerait ne pas être interrompu.

 

Cet exemple fait d’ailleurs écho chez moi à une anecdote vécue, lorsque j’ai commencé à appliquer chez moi les principes de ma formation de  discipline positive en classe. Lorsque nous cherchions avec ma fille et son camarade des méthodes pour faire en sorte que nos cours de français soient moins interrompus par leurs histoires, le camarade propose de donner une récompense à celui qui interrompra le moins. Ainsi, quand un professeur (en l’occurence moi) lui demande quelques chose, il ne s’y trompe pas : il considère que c’est dans le seul interêt du professeur qui est donc responsable de trouver une autre motivation pour ses élèves. Ma réponse l’a pris par surprise. Je lui ai en effet expliqué ma perspective. Que j’aimerais que sa raison pour ne pas interrompre ne soit pas une récompense, mais bien de participer à un cours plus agréable pour tous. Et c’est effectivement ce qui s’est finalement passé ! Comme quoi, cela vaut la peine d’avoir confiance

 

Est-ce plus facile ?

Avertissement : ce paragraphe est une réflexion toute personnelle, et non une retranscription de ce que dit Gordon.

D’une certaine manière, je comprends bien que tout est plus facile lorsque l’enfant obéit ! Ou, du moins, que cela serait plus facile si l’enfant obéissait tout le temps. Parce qu’alors, il nous suffirait de lui indiquer ce qu’il a à faire, et nous n’aurions pas à nous battre pour que cela se fasse ! Etre parent est un travail épuisant, et nous aimerions bien que nos enfants nous le simplifient parfois… Finalement, notre jugement sur cette nécessité d’obéissance correspond bien à un jugement par rapport à nos propres intérêts. Bien vu.

Seulement, j’y vois deux problèmes majeurs.

  1. De toute façon, nos enfants n’obéissent pas systématiquement. Jamais. Ce n’est donc pas plus facile. Et je crois même plus difficile de se raccrocher à ce modèle qui voudrait qu’ils obéissent. Car nous ne cessons alors de nous heurter à des situations ressenties comme des échecs, et pour nous, et pour eux.
  2. Au passage, nous ne développons absolument pas les qualités que nous aimerions voir plus tard chez nos enfants. Ni l’autonomie, ni la prise de décision, ni le sens critique, ni la confiance en eux… Si tout ceci ne vous apparait pas clairement, je vous encourage à passer un moment à concevoir votre plan de route parental !

Que faut-il pour que cette méthode fonctionne ?

Le pouvoir du contrôleur

La base de tout ce système, c’est le pouvoir du contrôleur. Dans ce chapitre, le pouvoir est au coeur du discours. En effet, pour que le contrôleur puisse mettre en place la carotte et le bâton, ces motivations externes à adopter un certain comportement, encore faut-il qu’il ait un pouvoir sur l’enfant.

Et ce pouvoir découle du fait qu’il ait les moyens de satisfaire ou d’empêcher les besoin s de l’enfant.

Nous sommes dans une logique de contrôle externe pur, ne laissant pas de place au contrôle interne. Et ce contrôle externe n’est rendu possible que par la position de l’adulte. C’est lui qui a effectivement à sa disposition les moyens physiques de satisfaire l’enfant, ou non.

L’impact sur la relation

Ainsi, l’interêt du contrôleur est de garder l’enfant dans une position qui permet à l’adulte de garder les rênes. (Tiens, nous filons la métaphore de la carotte et du bâton !)
Ce qui aura pour résultat “une relation de dépendance et de crainte”. L’enfant attend en effet au quotidien le jugement et le bon vouloir de l’adulte…

Je pense que l’on peut rapprocher ce commentaire de ce que dit Jane Nelsen de la punition. Dans La discipline positive en effet, Jane Nelsen présente ce qu’elle nomme les “4 R de la punition” : Rancoeur, Revanche, Rébellion, Retrait.

Dans tous les cas, on se retrouve dans une relation qui est loin de répondre à ce besoin de connexion que nous avons déjà évoqué. Fondamentale dans une relation harmonieuse, la connexion est ce qui nous permettra d’espérer la coopération de notre enfant.

Les méthodes traditionnelles de récompenses et punitions sont donc de nouveau un frein à cette coopération

 

Grosse surprise quand l’enfant grandit…

Autre problème de ces méthodes : l’écart entre les moyens de l’adulte et ceux de l’enfant se résorbe au fur et à mesure que celui-ci grandit. Ainsi, l’adulte perd peu à peu son pouvoir sur les besoins de son enfant, et, par effet immédiat, il perd le contrôle !

Et nous voilà avec des parents qui ne comprennent plus leur adolescent…
Quand il était petit, il était si mignon… et maintenant, il n’écoute plus rien !!!

Je reprendrai ici simplement les mots de Gordon : “Comme ils ne peuvent plus contrôler leur enfant, comme ils n’ont jamais appris à l’influencer, ils se sentent impuissants.”

Un mot sur les conséquences

Je noterai sobrement le fait que Gordon écarte ici également toute forme de conséquence, qu’il considère être souvent assimilable à une punition. J’ai besoin de réfléchir et formuler encore les arguments qu’il formule ici. Car je suis convaincue qu’il y a une vraie différence entre la punition et la conséquence.

Mais je sais aussi que c’est une compétence qu’il est difficile de maîtriser. Nous avons d’ailleurs déjà soulevé la nécessité de chercher à avancer vers la recherche de solutions plutôt que vers les conséquences.

Je crois qu’une grande part de la différence tient également à notre posture, notre communication, notre intention en fait. Et cette intention n’est pas toujours évidente à identifier. Je trouve ainsi régulièrement des exemples de situations identiques qui pourraient tout aussi bien être interprétées comme une punition, ou comme une conséquence, selon la manière dont la communication est menée.

Je reviendrai donc sur ce thème.

Comment changer notre posture ?

Rome ne s’est pas faite en un jour, et nous aurons besoin d’abord de faire preuve de bienveillance envers nous-mêmes tandis que nous cherchons à avancer sur ce chemin de parentalité positive.

Pour commencer cependant, je vous propose les étapes suivantes, au rythme de questions à vous poser à vous-mêmes.

Pour prendre de la distance par rapport au jugement du contrôleur

  • Suis-je en train de juger l’autre ?
  • Quelqu’un d’autre que moi poserait-il le même regard ?
  • Puis-je trouver la raison positive qu’a la personne que je juge pour agir ainsi ?

Par rapport à notre schéma de pensée

  • Quelles sont, selon-vous, les raisons qui poussent les parents à rester dans ce schéma traditionnel ?
  • Quels en sont les avantages et les inconvénients  ?

Enfin, pour conclure, et malgré la longueur de cet article que je pensais au départ plus court, il me reste à vous indiquer que les chapitres suivants du livre reviendront en détail sur chacune de ces méthodes. Gordon y expliquera pourquoi, selon lui, les récompenses sont inefficaces, puis pourquoi les punitions sont inefficaces.

N’oubliez pas, avant de partir, de laisser en commentaire vos réponses aux questions ci-dessus !

 

Les réactions émotionnelles parasites, ou sentiments parasites

Nos émotions sont parfois difficiles à comprendre.. Celles de l’autre difficiles à recevoir, ou à décoder. En fait, cela vient du fait que beaucoup d’entre elles sont ce que l’on peut appeler “réactions émotionnelles parasites”, ou “sentiments parasites”. Ces sentiments parasites ne sont pas vraiment des émotions. Ils sont beaucoup plus complexes. Et c’est ce qui les rend difficiles à décoder.

Que sont donc ces sentiments parasites ? Et d’où viennent-ils ?

Note : cet article est le deuxième de ma série sur “la grammaire des émotions“, une formation de l’EIREM, l’école de formation d’Isabelle Filliozat. Le premier article portait sur la différence entre émotion, sentiment, et sensation.

La différence entre une émotion, et une réaction émotionnelle parasite

Une émotion, comme nous l’avons expliqué quand nous l’avons différenciée du sentiment, est une décharge brève liée à un stimulus extérieur.

L’émotion est naturelle, et nécessaire. C’est un signal d’alarme, qui permet l’évacuation de la tension (positive ou négative) face à une situation particulière. On peut alors considérer la réaction appropriée. (ou adaptée, d’une certaine façon, à la situation).

Malheureusement, la vie nous place régulièrement dans des circonstances dans lesquelles nous négligeons notre détresse émotionnelle. C’est particulièrement le cas lorsque nous sommes fatigués

L’émotion n’est alors pas exprimée, le besoin reste non assouvi. Ces émotions refoulées conduisent plus tard à des réactions émotionnelles parasites.

Ces réactions parasites (ou sentiments parasites) sont donc liées à notre histoire, et seront, de ce fait, souvent incompréhensibles par notre entourage… Ce qui aura pour conséquence d’irriter l’autre ! De la même manière, lorsque nous nous sentons irrités par la réaction émotionnel de l’autre, il y a fort à parier qu’il exprime en fait un sentiment parasite. D’où l’intérêt de mieux comprendre ce que c’est.

Nous classerons ces réactions émotionnelles parasites en deux, ou trois, catégories, selon la façon de considérer les choses :

  • les réactions disproportionnées
  • les réactions inappropriées
  • les réactions irrationnelles, qui sont simultanément disproportionnées et inappropriées !

Les réactions émotionnelles disproportionnées

Ici, l’émotion exprimée est bien celle qui correspond à la situation, mais elle s’exprime de manière disproportionnée. Deux cas de figure peuvent expliquer cela.

Les élastiques

La situation nous renvoie à une autre situation passée. Une situation dans laquelle notre émotion n’a probablement pas pu être exprimée, et que nous n’avons donc pas réglée. Cette histoire nous pèse, parfois sans même que nous en ayons réellement conscience.
Nous réagissons alors à la situation actuelle avec un ressenti lié à la situation passée…

Dans ce cas, l’expression de l’émotion est en fait inutile. Il s’agirait plutôt de revenir sur la situation du passé pour l’exprimer en la rapprochant réellement du contexte qui s’y rapporte.

En écrivant cela, je pense à des cas dans lesquels ces élastiques peuvent être très lourds, et les situations du passé bien difficiles à débloquer. (J’imagine des enfants battus par exemple).
Cependant, c’est parfois beaucoup plus simple que cela.

Je repense en effet à une anecdote vécue l’été dernier. Lors de notre semaine de vacances en commun, j’ai partagé avec mon frère et ma belle-soeur mes préoccupations de plus en plus importantes sur la sur-consommation. La manière dont j’essayais de moins consommer, et ce genre de choses, dont il n’est pas question ici ! Et je sentais que ce discours agaçait mon frère, qui pourtant n’est pas du tout le genre à être bloqué sur ces questions… J’ai donc fini par lui poser directement la question, essayant simplement de comprendre ce qui l’embêtait dans mes réflexions à ce sujet. En fait, il s’avère qu’il avait passé un week-end quelques semaines auparavant avec des amis, et que l’une des personnes présentes revenait sur ce thème avec tant de régularité et de véhémence que cela lui avait déplu. De sorte que lorsque j’abordais ce sujet, cela le renvoyait à ce week-end, et qu’il se refermait. Situation assez simple en fait, et, une fois que nous l’avons éclaircie, nous nous sommes beaucoup mieux compris, au lieu de continuer à nous agacer mutuellement à ce sujet ! (Pas trop, heureusement…)

Les “collections de timbres”

Voici un cas que nous avons, je crois, tous vécus. Une situation qui déclenche chez nous une émotion, que nous n’exprimons pas parce qu’elle n’est pas si forte, parce que ce n’est pas grave, ou bien parce que cela ne se fait pas. (Et c’est vrai parfois, cela ne se fait pas). Ou bien que nous ne voulons pas gâcher le moment… Les raisons ne manquent pas !

Seulement, ces émotions s’accumulent, s’empilent, puis une goutte d’eau… et le vase déborde ! Alors, notre réaction est effectivement disproportionnée, et l’autre ne peut pas être en mesure de la comprendre et de la recevoir !

J’imagine que vous connaissez ça… Suggestion pour y faire face : la méditation !

Les réactions émotionnelles inappropriées

Cette fois, nous sommes dans un cas où l’émotion exprimée n’est pas disproportionnée en intensité, mais elle est inappropriée. Inappropriée dans le sens où nous exprimons une émotion qui n’est pas celle qui “conviendrait” dans cette situation. Nous avons en fait remplacé notre émotion appropriée par un sentiment de substitution.

Il peut y avoir différentes raisons à cela.

Une émotion non autorisée

Un cas classique : “Un homme n’a pas peur !” .. et le petit garçon apprend à refouler sa peur, pour la remplacer par… de la colère probablement, beaucoup mieux reçue dans sa famille comme un sentiment bien masculin ! (Là où, à l’inverse, des petites filles apprendront à substituer la tristesse à la colère, parce qu’une fille en colère, ça n’est pas beau…)

Oui, il est possible que certaines émotions ne nous aient pas été autorisées lorsque nous étions jeunes. Et que nous ayons appris à les substituer par d’autres. Il sera alors compliqué de revenir à l’émotion de départ…

Je ne sais si j’ai raison de rapprocher ce que je vais dire de ce paragraphe, mais cette idée d’une émotion qui se substitue à une autre me fait grandement penser à ce que disait Thomas Gordon. Que la colère n’était souvent pas le sentiment premier. Lors de ce stage de la grammaire des émotions, j’entends en tout cas que “la colère n’est pas l’émotion la plus importante, mais c’est souvent celle qui ouvre.” Ce qui expliquerait que l’on en passe régulièrement par cette colère pour débloquer d’autres sentiments plus enfouis….

Des émotions qui se cumulent

Parfois, c’est encore plus complexe : notre émotion est en réalité un mélange d’émotions. Un mélange tel que nous n’arrivons plus à les exprimer, car l’une bloque l’autre…

La jalousie par exemple, serait un mélange de colère et de peur. Comment être clair alors dans l’expression de l’émotion ?

Il faudrait d’abord apprendre à s’écouter, et, comme pour le monstre des couleurs, apprendre à démêler tout ça…

Les réactions émotionnelles irrationnelles

Enfin, c’est parfois encore plus complexe que tout cela ! Certaines de nos réactions émotionnelles sont à la fois disproportionnées ET inappropriées.

Je ne maîtrise pas bien ce sujet, mais je vais vous transmettre ce que j’en ai compris.

La contagion

Les émotions sont toutes potentiellement contagieuses. Nous l’avons tous ressenti dans un contexte de joie, ou de peur, même de colère ! Il me semble ressentir cela régulièrement : “attraper” l’émotion de l’autre. Quand mon fils me regardent avec un sourire jusqu’aux oreilles, je ressens sa joie. Quand mon mari s’énerve, je m’énerve à mon tour.

Je voudrais savoir faire preuve d’empathie, et comprendre les émotions des autres. Mais la contagion va au-delà de l’empathie : c’est carrément de la sympathie. On ne se contente pas de comprendre l’émotion de l’autre, on se met à la ressentir également… Mais ce n’est pas vraiment notre émotion !

Les transmissions trans-générationnelles

Bon. Je ne commenterai pas sur ce point, parce que je suis ignorante. Il semblerait qu’il soit possible que certaines émotions traversent les générations (et pourraient même en sauter). La transmission serait génétique.
C’est la répétition et la disproportion de l’émotion qui peuvent indiquer le problème.
Si le thème vous parle, il faudra vous renseigner sur l’analyse transactionnelle.

La phobie

La phobie simple est une réaction émotionnelle (en l’occurence une peur) “simplement” disproportionnée. Nous sommes alors dans le cas précédent, et cette phobie est un élastique. Il faudrait rechercher la source de la peur dans notre passé pour la laisser s’exprimer.

Cependant, il arrive qu’à l’élastique s’ajoute une substitution, ce qui rend notre peur inappropriée en plus de disproportionnée, car elle porte alors sur un autre objet que sur la source de départ. La encore, la répétition et la disproportion sont un indice du problème.

Il faudra alors peut-être procéder à un vrai travail d’analyse pour comprendre où le problème prend sa source et laisser alors la peur s’exprimer, pour que la personne puisse prendre du pouvoir sur sa peur.

La projection

Parce que l’on ne veut (ou ne peut) pas exprimer notre propre émotion, nous projetterons sur l’autre soit l’émotion elle-même, soit la source de cette émotion. Par exemple, c’est l’autre qui fait peur, ou l’autre qui a peur.

Les conséquences de ces réactions irrationnelles

Lorsque de telles réactions irrationnelles sont présentes chez quelqu’un, elles peuvent avoir des “issues dramatiques”, selon le schéma suivant.

Si j’ai trop mal,

  • je deviens fou
  • je fais mal aux autres
  • je me fais mal à moi-même (ou je risque ma vie…)

Une remarque importante pour les parents

Lorsque l’on comprend le nombre de cas où nos réactions émotionnelles peuvent ne pas être alignées à la situation, on imagine combien nos réactions peuvent être décalées face à nos enfants. Particulièrement dans ce contexte éducatif, où notre propre histoire peut avoir tant d’influence !

Alors, une idée à retenir pourrait être celle-ci : si le comportement de notre enfant nous pose problème, le parent peut déjà travailler sur le problème que ça lui pose à lui, et voir ensuite si la situation n’a pas changé avant de chercher à le régler.

Pas facile à accepter, hein ??

Pour “résumer” tous ces sentiments parasites

  • Réaction appropriée et proportionnée = émotion naturelle – Il convient alors de l’accepter, et de la traverser en l’exprimant.
  • Réaction appropriée mais disproportionnée = élastique, ou collection de timbres – Identifier la situation du passé ou l’origine de la collection
  • Réaction proportionnée mais inappropriée = substitution – Retrouver la véritable émotion
  • Réaction inappropriée et disproportionnée = contagion, transmission trans-générationnelle, phobie, ou projection – Mener une analyse…

 

Si ce sujet vous intéresse, et que vous voulez en savoir plus sur toutes ces émotions, je vous suggère la lecture de Que se passe-t-il en moi ? d’Isabelle Filliozat

Voir les besoins derrière toute action

Si nous parvenions à voir les besoins derrière l’action, il y a fort à parier que nous arriverions à réagir différemment. Ce serait alors un cercle vertueux : au lieu d’accuser, de reprocher leurs actions aux autres, nous pourrions les comprendre, et entrer en lien avec eux. Alors, notre échange ne serait plus conflictuel, mais plutôt un apprentissage commun.

“Se connecter avant d’enseigner.” comme le prônent tant la CNV que la Discipline Positive.

Et je vous le concède, c’est loin d’être facile !! Très loin d’être facile. Mais cela ne signifie pas qu’il faille renoncer. Nous avancerons et progresserons pas à pas, petit à petit.

Ainsi, loin de renoncer, je cherche au contraire à développer cette attitude. Or, la lecture de la clef n2 de Parents respectueux, enfant respectueux : voir les besoins derrière toute action y contribue.
Cet article est un résumé du chapitre qui présente cette clef.

Tout comportement est une tentative de satisfaire un besoin

Le livre reprenant les principes de la communication non violente, les prémisses sont les suivantes :

  • Tous les êtres humains ont des besoins
  • Tout comportement est une tentative de satisfaire un besoin

Ainsi, nos enfants (tout comme nous, ou n’importe qui) ont des besoins, et cherchent, par leur comportement, à les satisfaire. S’adresser au comportement seul, sans chercher à comprendre le besoin derrière est donc très limité, et limitatif. Nous aurons bien plus de chances d’avancer en nous intéressant au besoin derrière le comportement.

Nous avions d’ailleurs déjà touché ce thème lorsque nous avions décidé de poser un nouveau regard sur les comportements inappropriés.

Marshall Rosenberg appelait cela “voir ce qui est vivant chez l’autre“. Et en effet, lorsque nous parvenons à voir ce qui motive l’autre, de manière positive, il est plus facile de ne pas réagir avec aigreur ou colère ! Un vrai travail sur nous même…

Ici, les auteurs citent Proust : ” Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.” Et c’est bien de cela qu’il s’agit : avoir de nouveaux yeux…

Différence entre besoin et stratégie

L’un des obstacles principaux au fait de chercher le besoin derrière le comportement réside dans la confusion que nous faisons souvent entre le besoin et la stratégie.

Je m’explique.

Lorsque notre enfant veut continuer à jouer au lieu d’aller prendre le bain, il n’a pas besoin de jouer. Jouer est sa stratégie pour nourrir son besoin d’amusement.
Lorsque notre ado nous répond de nous mêler de nos affaires lorsque nous lui demandons s’il est prêt pour son contrôle du lendemain, il n’a pas besoin de nous envoyer promener. C’est sa stratégie pour répondre à son besoin de confiance.

Si nous parvenons à dé-coreller le besoin et la stratégie, cela peut ouvrir des pistes ! Car, alors, nous pourrons être créatifs et chercher d’autres stratégies pour combler les mêmes besoins. Des stratégies qui répondent si possible aux besoins de tous, c’est à dire au nôtre autant qu’à celui de notre enfant.
Ainsi, si mon ado a besoin de confiance, j’ai, moi, besoin de respect. Et cela peut être discuté !

Comprendre ce qu’est un besoin

Seulement voilà : pour pouvoir en discuter, il faut d’abord être clair sur ce qu’est un besoin.
Or, le langage courant ne nous aide pas à démêler besoin et stratégie.

“J’ai besoin que tu sois au lit.” est, par exemple, un contre-sens. Nous n’avons jamais besoin que l’enfant soit au lit. Nous avons besoin plutôt qu’il soit reposé le matin, ou bien nous avons besoin de solitude le soir, et qu’il aille au lit est un moyen pour répondre à ces besoins.

Sura Hart et Victoria Kindle-Hodson proposent ici de progresser dans notre appréhension des besoins en cherchant régulièrement à les identifier derrière les comportements de notre entourage.

Une autre activité proposée, qui m’inspire : discuter des besoins lors d’une réunion familiale, en cherchant ensemble les besoins universels. Ces besoins qui peuvent motiver une action, et qui sont communs, finalement, à tous les êtres humains !

Le sentiment, indicateur du besoin

Selon la théorie de la communication non violente, nos sentiments sont des indices d’un besoin nourri ou non.

Ainsi, les sentiments positifs nous montrent que nous satisfaisons l’un de nos besoins ; les sentiments négatifs, au contraire, que l’un au moins de nos besoins n’est pas nourri.

Seulement, nous faisons rarement le raisonnement qui nous permettrait de relier la manière dont nous nous sentons avec le besoin présent derrière…

C’est pourtant bien la compétence que nous cherchons ici à développer, en tant que parent. En effet, un enfant qui se sent bien se comporte bien. Donc, si notre enfant se comporte de manière inadéquate, c’est qu’il ne se sent pas bien, et nous chercherons alors à comprendre quel est son besoin non nourri.

(A condition d’être émotionnellement disponible pour cela… Je ne sais pas vous, mais moi, il m’arrive de savoir lire le comportement de mon enfant, et n’avoir aucune envie pour autant de l’aider à nourrir son besoin. Pourquoi ? Probablement parce que ce besoin est trop en compétition avec le mien ! Ah oui, parce que, grande nouvelle : les parents ont également des besoins !)

L’écoute, à la clef de la satisfaction mutuelle des besoins

Si nous parvenons…. Non, laissez-moi reformuler cela. Lorsque nous parvenons – c’est bien mieux, j’ai confiance en nous ! – à écouter notre enfant, à recevoir son sentiment, et le besoin derrière, alors, la connexion se fait.

Les enfants, comme n’importe qui, ont envie d’être entendus. Et lorsqu’ils le sont, ils seront bien plus ouverts à la coopération. Cette coopération, qui est à l’opposé des luttes de pouvoir dans lesquelles tant de parents et enfants tombent !!

Ainsi, si nous acceptons d’écouter pourquoi notre enfant réagit négativement, que nous reflétons son besoin, il sera probablement réceptif lorsqu’ensuite, nous lui parlerons de notre besoin. Et nous pourrons alors, ensemble, trouver un fonctionnement qui réponde aux deux besoins !

Pour terminer, l’exercice proposé…

Comme nous y encouragent les auteurs, je décide, avant de conclure, de me poser la question. Quel est mon sentiment, là, tout de suite ? Et quel besoin se cache derrière ?

…eh bien…

Je me sens joyeuse d’avoir écrit cet article. Un sentiment positif, un besoin assouvi, donc. Et en effet avoir écrit cet article répond à deux besoins, sur des plans différents :

  • le chapitre lui-même, son contenu et l’apprentissage qu’il m’apporte, il nourrit mon besoin d’harmonie car je sais que plus j’arriverai à développer cette compétence, plus mes relations avec les autres seront apaisées
  • le fait d’avoir relu puis rédigé le résumé de ce chapitre me permet de développer encore mon blog, ce qui nourrit mon besoin de partage et de de développement.

J’espère pouvoir garder ce sentiment en moi pendant quelque temps….

Et vous, comment vous sentez-vous ? Et le besoin ?

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Le parent et ses réactions impulsives

Le parent qui s’intéresse à la parentalité positive comprend vite que certaines de nos réactions n’aident pas nos enfants. Le problème réside dans le fait que parfois, ce sont des réactions impulsives.

Ainsi, la mère qui regrette la fessée qu’elle vient de mettre à son fils, le père qui regrette la réflexion humiliante qui vient de fuser.

Qu’est-ce qui se joue dans ces moments-là ? Pourquoi ces réactions qui nous échappent ? C’est un des points soulevés par Isabelle Filliozat dans Il n’y a pas de parent parfait.

Reactions impulsives… la force de l’automatisme

En fait, ces réactions sont en général automatiques. Ce qui ne nous plait pas. Penser que nous sommes le jeu de nos automatismes, que notre raison n’arrive pas à les contrôler, n’est pas agréable. Et pourtant, que nous cherchions à le justifier ou non, il se passe quelque chose en nous qui nous dépasse, et notre réaction ne correspond pas à nos principes.

Car, face à une situation donnée, le cerveau processe l’information et nous amène à réagir avant même que nous ayons vraiment eu le temps de “valider” notre réponse. Et ce qui transforme cette impulsion en acte, bien souvent, c’est l‘urgence. Nous ne prenons pas le temps de prendre le recul nécessaire, et restons dans l’idée de la nécessité de la réponse immédiate.

Alors, nous faisons simplement appel à nos réflexes acquis. Acquis par notre propre éducation, par le modèle que nous avons reçu. voilà comment nous reproduisons les comportements de nos parents !

L’inscription dans le cerveau

Je sors ici du cadre du livre Il n’y a pas de parent parfait, parce que cette idée que nous sommes emportés par nos réflexes me fait penser à ce que j’ai pu lire dans Les lois naturelles de l’enfant, de Céline Alvarez.

Elle y explique en effet que nous naissons avec un cerveau pré-disposé à apprendre. Que dans les premières années de notre vie, nos connexions neuronales se développent à un rythme ahurissant. En effet, chaque expérience est un apprentissage en ceci qu’il génère une connexion dans notre cerveau. Il s’opère ensuite un élagage, au cours duquel sont renforcées les connexions qui correspondent à des expériences répétées, alors que celles qui sont anecdotiques sont effacées.

Cela explique bien pourquoi le modèle parental, vu et revu, est bien mieux imprimé dans notre cerveau qu’un autre. Il apparait alors logique que, lorsque nous réagissons dans l’urgence, ce soit celui-ci qui nous paraisse “naturel” plutôt qu’un autre ! C’est notre cerveau qui dicte…

Comment échapper à ces réactions impulsives ?

Malgré tout, il est possible de ne pas obéir à ces impulsions. Après tout, on peut, dans une dispute, avoir l’impulsion de frapper quelqu’un, et se garder de le faire !

Même si nous n’y arrivons pas toujours, nous en sommes capables. Et pour cela, deux points fondamentaux :

  • la prise de conscience

Pour changer notre réaction, il faut déjà avoir conscience de la nocivité de celle-ci. Il y a tant de choses que je ne savais pas il y a quelques années, que j’ai changé depuis !! Pourquoi remettre en question ce que l’on croit ? Aujourd’hui, je fais partie de diffuseurs de ces idées, justement parce que je crois vraiment qu’un bon nombre de parents ne sont simplement pas informés. Parfois, le simple fait de discuter d’un sujet aide la personne à changer de positionnement. (Nous l’avions déjà évoqué lors des 6 raisons pour ne pas taper son enfant)

  • avoir des alternatives

Ensuite, si nous nous contentons d’être conscients sans développer d’option alternative, nous resterons au stade de la culpabilité. Il s’agit plutôt de chercher à apprendre d’autres méthodes éducatives, qui nous permettront enfin d’adopter d’autres réactions.

De l’impulsion à la compulsion

“Il s’agit d’une impulsion quand le geste violent est isolé. Il s’agit d’une compulsion quand le parent ne peut s’empêcher de frapper l’enfant pour un rien.” écrit Isabelle Filliozat.

Et en effet, dans le cas de la compulsion, le parent “n’arrive pas à contrôler ses gestes et/ou ses paroles”. Car ses réactions ont été inconsciemment mises en places pour lui permettre d’échapper à l’angoisse. L’angoisse de l’impuissance par exemple, auquel cas le parent peut utiliser l’abus de pouvoir pour retrouver une sensation de force. L’origine de la compulsion est à rechercher dans l’enfance. Ce n’est pas une fatalité.

Ce cas sera cependant traité plus loin dans le livre…

 

Avez-vous déjà identifié chez vous des réactions impulsives ?

Les formations de parentalité positive qui jalonnent mon chemin

Lorsque j’explique aux gens que je donne des ateliers et des conférences pour aider les parents, ils me demandent parfois quelles formations de parentalité positive j’ai suivies.

Il est vrai que j’ai, au départ, fait des études d’ingénieur. Rien ne me destinait donc à ce chemin…. Mais la vie, c’est ça aussi. Les chemins tournent, et l’on s’adapte !

J’ai souvent envie de répondre qu’il n’y a pas besoin de formation formelle, si l’on s’est auto-formé et que l’expérience nous prouve que nous sommes en mesure d’aider les gens. Je sais cependant que cette réponse ne correspond pas aux critères francais, car nous aimons les diplômes, et je m’y prépare ! Voici donc un aperçu des étapes qui m’ont aidée à grandir.

Formation guide Montessori 3-6 ans

En 2005, j’ai découvert l’éducation Montessori, et j’ai été conquise ! Elle venait parfaitement prendre la suite de l’éducation que nous cherchions déjà à donner à notre fils, alors âgé de 3 ans.

Dans l’idée de faire tourner une école (ce qui ne s’est finalement pas fait), j’ai suivi une formation spécifique sur le groupe d’âge 3-6 ans, qui m’a énormément apporté.

Si les principes de la pédagogie Montessori vous intéressent, je vous encourage à lire ce très bon article de Floriane, de Parents Naturellement, qui vous en expose les grands principes.

Beaucoup, beaucoup, de lectures

Ma formation initiale est essentiellement autodidacte : j’ai lu, lu, et lu encore. Ce blog était d’ailleurs au départ mon carnet de prises de notes (les premiers articles s’en ressentent, j’en ai peur…)

Le premier ouvrage qui m’a vraiment marquée, c’est Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Faber et Mazlish.

Après avoir lu leurs autres livres et renforcé ma connaissance de leurs conseils, j’ai également lu Jane Nelsen et sa discipline positive, Isabelle Filliozat bien sûr, Thomas Gordon, Catherine Gueguen, Elizabeth Crary, Daniel Siegel, etc…

Dur pour moi de passer devant un rayon éducation sans m’arrêter… et je n’arrive plus à résumer ici autant que je le voudrais ! J’ai toujours le sentiment que chaque nouvelle lecture m’apporte un angle différent qui m’aide à me pénétrer de tous ces principes.

N’hésitez pas à faire un tour par ma bibliothèque

“La grammaire des émotions”, une formation Filliozat

Formation de 3 jours obligatoire à l’EIREM, que l’on veuille ensuite s’inscrire à une formation de coach parental, ou à une formation de psychologue.

C’est une formation pour soi. Elle n’est donc pas en lien direct avec l’éducation, mais s’intéresse aux relations, à l’expression de nos émotions, et comment recevoir celles des autres.
Ce qui m’est fort utile, pour être maman, mais aussi pour écouter les parents !

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article que j’ai écrit sur cette formation.

Positive parenting solutions

Je me suis inscrite à cette formation en ligne (en anglais) alors que je commençais à animer des ateliers.

Je l’ai trouvée très bien faite, reprenant au fur et à mesure les principes fondamentaux d’une vraie parentalité positive. Cela m’a permis d’avancer ou de consolider mes lectures, selon les cas…

Personne ressource pour la discipline positive en classe

J’ai commencé à donner des ateliers sans avoir de certification, et je savais qu’un jour je complèterai ce manque. L”association de discipline positive (créée par Jane Nelsen) était une piste à creuser, car j’adore l’équilibre qu’elle prône entre fermeté et bienveillance.

J’avais donc décidé de me former un jour à l’animation d’ateliers pour parents version discipline positive.
Comme cette formation n’était pas offerte là où je vivais, j’ai commencé par saisir ma chance avec celle qui l’était, et je me suis inscrite à cette formation de discipline positive en classe, et j’ai adoré !!

C’était en fait une formation à destination des enseignants, et je ne pensais pas qu’elle me parlerait autant. Mais elle m’a confortée dans ce rêve d’un monde meilleur !

Inspirée, j’ai réussi à me mettre en contact avec une école qui m’a donné l’opportunité d’intervenir dans leurs classes de CE1. J’ai adoré ça !
Malheureusement, l’ouragan Maria est venu chambouler pas mal de choses, et ces interventions se sont interrompues.

Lors de notre retour en France, j’ai pu relancer mes approches, et j’interviens depuis novembre 2018 dans une classe de CP. J’adore ! Et je vous le raconterai bientôt.

CNV – Modules 1 et 2

Au cours de mon cheminement, j’ai eu l’occasion de découvrir Marshall Rosenberg et la communication non violente. Et je me suis rendue compte à quel point cette approche allait main dans la main avec l’éducation positive. En effet, la CNV s’attache au lien entre les gens, et à l’intention au coeur de nos relations. Or, une parentalité positive vécue en profondeur a également ces critères-là comme préoccupation.

Je considère donc, bien que nous soyons dans une démarche de développement personnel, que cette formation de CNV devrait faire partie des formations de parentalité positive !

J’ai suivi les modules 1 et 2 (2 jours chacun) en 2017, et espère pouvoir aller plus loin un jour prochain.

– article à venir –

Ateliers de discipline positive suivis en tant que maman

Certes, j’ai été inspirée par ma formation de DP en classe, mais je n’ai pas pour autant renoncé à me former en tant qu’animatrice d’ateliers DP.

Pour cela, j’ai choisi de commencer par suivre moi-même les ateliers en question.
Etalés sur 7 semaines (à raison de 3 heures par séance), ces ateliers sensibilisent les mamans qui y assistaient (oui, il n’y avait que des mamans, pas de papa…) au ressenti des enfants face à certaines de nos attitudes parentales, et encouragent également à mieux se comprendre en tant que parent. J’ai trouvé les activités variées et bien conçues.

Je ne sais pas si je pourrai un jour suivre une structure imposée comme ces animatrices l’ont fait (mais ça dépend peut-etre des animatrices), j’aime la flexibilité…
Je me suis quand même inscrite à la formation à l’animation d’ateliers de discipline positive, car j’ai envie de travailler avec cette association, avec laquelle je me sens déjà beaucoup de lien.

Formation à l’animation d’ateliers de Discipline positive

Finalement, j’ai eu l’opportunité de suivre cette formation à l’animation d’ateliers de parents.
Encore une formation très interessante, dans la droite ligne des précédentes.
J’aime l’équilibre que propose la DP, et l’accompagnement des parents au travers d’expériences de prises de consciences et d’outils.

Le nombre d’activités proposées pour animer ces ateliers est ahurissant.
J’aime le format de la discipline positive pour cela : je vois bien que je saurai faire de ces ateliers des moments qui me ressemblent aussi, pour réussir à transmettre aux parents ce qui me semble le plus juste, le plus aligné avec ma manière de vivre l’éducation positive.

Je crois qu’il faut vivre ce que l’on prône, et j’aime le fait que l’association nous fasse confiance pour concevoir nos ateliers à partir de leur matière première, dans le respect de l’esprit de la DP bien sûr, mais sans imposition complète du déroulé.

Icassi : Une semaine de cours de psychologie Adlerienne

Je vous ai déjà parlé des principes adlériens, à la base de la discipline positive.
J’ai voulu cet été approfondir mes connaissances théoriques, et je suis allée suivre une semaine d’université d’été sur le sujet. Chaque année, l’école adlérienne organise ces sessions dans un pays différents. En 2018, c’était en Allemagne, j’y suis allée.
J’y ai rencontré beaucoup de psychologues, de thérapeutes, mais également des personnes simplement intéressées par la psychologie adlérienne pour des raisons variées, et, bien sûr, énormément de personnes impliquées dans l’éducation, dont mes collègues de l’association de discipline positive.

Ca a été une semaine riche et intense. Intense en terme de cours et de conférences, de notions apprises ou revues, de réflexions. Une richesse dans les rencontres, dans les échanges…
Une semaine qui m’a permis, une fois de plus, d’avancer, intérieurement et extérieurement.

J’espère pouvoir y retourner l’année prochaine…

Maman et animatrice d’ateliers !

Je ne pourrais conclure cette présentation de mes formations sans spécifier que ce qui me permet également d’avoir confiance en ce que j’ai appris et en ce que je transmets, c’est mon expérience réelle.

D’abord, je suis maman, de 4 enfants d’âges bien différents (puisque l’ainé et le dernier ont 11 ans de différence), ce qui me permet de mettre plein de choses différentes en action chez moi. Etre maman est un défi au quotidien. Certaines choses nous paraissent faciles en théorie, mais en pratique, beaucoup ne le sont pas. Notre implication émotionnelle nous rend les choses plus complexes, toujours.

C’est seulement en essayant, en nous trompant, en ré-adaptant, en recommençant, que nous arrivons enfin à progresser. Accepter que nous ne sommes pas parfaits, mais chercher à ajouter des cordes à notre arc, sans cesse. Et se rendre compte un jour que, soit, on n’est pas arrivé, mais on a déjà parcouru un bon bout de chemin !

Au cours de mes ateliers, j’ai eu l’occasion déjà d’aider bien des mamans en difficulté. De me rendre compte que ce que j’avais su développer pour notre famille pouvait réellement en aider d’autres.

Les commentaires et recommandations qui suivent mes ateliers ne me permettent plus de douter. Je sais ce que je fais, et je le fais bien. Ce qui tombe bien, parce que j’adore ça !!

La grammaire des émotions – une formation Filliozat

La grammaire des émotions est une formation de l’école Filliozat.

Lorsque j’ai décidé de d’accompagner les parents, je me suis demandé quelles formations existaient, et j’ai découvert l’EIREM, l’Ecole des Intelligences Relationnelle et Emotionnelle, créée par Isabelle Filliozat.

Je ne pouvais envisager de suivre leur formation de coach en vivant à Puerto Rico, mais je me suis d’office inscrite à une formation de 3 jours intitulée “La grammaire des émotions”, que j’ai suivie en juin 2016.
(oui, j’ai mis beaucoup de temps à écrire cet article !)

Cette formation permet de mieux comprendre nos émotions, nos réactions, savoir si nos réactions peuvent être reçues, comment décoder celles des autres, ce que sont les réactions émotionnelles excessives, développer son savoir-faire relationnel.
Nul doute que cela m’aiderait dans mes relations aux autres parents, autant que pour moi-même !!

En préalable de ce stage, nous devions lire Que se passe-t-il en moi ? , et, si le thème vous intéresse, cela peut déjà vous en apprendre pas mal !

A posteriori, et si longtemps après, je peux surtout vous dire que cela m’aide en tant que maman : avant de pouvoir accompagner nos enfants, il faut d’abord se connaitre soi-même, il faut savoir s’écouter, se comprendre, et ce travail est également très difficile.

J’ai eu la chance de croiser Isabelle Filliozat au festival d’Autun en juillet 2017, et de lui en parler. J’avais apporté mon livret de formation de “la grammaire des émotions”, et elle me l’a dédicacé d’un mot qui va dans ce sens, écrivant :

“A Coralie
Pour mieux écouter et surtout entendre nos enfants, nous avons besoin de faire de la place à l’intérieur de nous ! Apprendre à écouter l’enfant que nous étions, redécouvrir l’intensité de nos émotions, mesurer la complexité de nos sentiments d’enfant, tout cela nous permet d’être présent à ces êtres qui nous sont si chers, nos enfants !
Isabelle”

Mes articles ne remplaceront jamais les expériences de la formation, les échanges, la bienveillance du groupe qui nous a permis de vraiment vivre ce qui nous était expliqué à travers de différents exercices, de différentes “expérimentations émotionnelles”… mais il permettra de parcourir certaines des notions vues, et de s’en approcher.

La formation étant longue est riche, je vous partagerai ce que j’en ai retenu par bouts.

Libre à vous d’aller consulter les articles s’y rapportant !

1ère partie : Sensation, sentiment, émotion – quelle différence ?

Il règne souvent une grande confusion entre ces termes, qui désignent pourtant des concepts différents. Les distinguer n’est pas forcément nécessaire, mais je trouve ça intéressant. Et cette formation m’a appris à le faire.

Dans cet article spécifique, vous apprendrez donc à :

  • Faire la différence entre sensation, sentiment, et émotion
  • Identifier le lien entre sentiment et émotion
  • Comprendre les raisons d’être des émotions

Lien vers l’article : sensation, sentiment, émotion – quelle différence ?

 

2ème partie : les réactions émotionnelles parasites

Décoder les émotions n’est pas chose aisée. D’autant moins qu’une bonne partie de ces émotions, exprimées ou entendues, sont en fait des sentiments parasites.

Disproportionnées, ou même inappropriées, ces réactions nous déstabilisent.

Pour apprendre ce que sont ces sentiments parasites, d’où ils viennent, lire l’article s’y rapportant !

Lien vers l’article : les réactions émotionnelles parasites

3ème partie : De la blessure, au trauma, à la réparation

En attente de rédaction…

4ème partie : Dans la relation à l’autre

En attente de rédaction…

Si ce sujet vous intéresse, et que vous voulez en savoir plus sur toutes ces émotions, je vous suggère la lecture de Que se passe-t-il en moi ? d’Isabelle Filliozat

La discipline : une idée controversée

Un positionnement variable sur la question de discipline

La discipline est au coeur du débat, dès que l’on aborde la parentalité. Et les livres sur le thème de l’éducation ne sont pas tous en ligne. Certains prônent une autorité forte du parent, tandis que d’autres parlent de coopération… Comment savoir qui croire ?

Pour beaucoup, face à des comportements difficiles de nos enfants, il faut renforcer la discipline. Sous-entendu : une discipline stricte, autoritaire. Ainsi, si de nombreux pays ont légiféré contre les violences physiques des parents envers leurs enfants, d’autres – dont la France au moment où j’écris – autorisent encore un parent à taper son enfant !!

Et il y a ceux – dont je fais évidemment partie – qui s’y opposent fortement. Ils prônent une plus grande écoute de l’enfant. Un autre type de relation entre l’enfant et l’adulte.
Et dans le fond, beaucoup de parents sont mécontents de la manière dont ils cherchent à imposer de la discipline chez eux. Un sondage de 2002 en Angleterre révèle que 79% des parents qui donnent des fessées à leurs enfants le regrettent ensuite. (Et comment ne pas le regretter quand on se rend compte de l’impact de nos gestes…)

Pourtant, face aux problèmes de mensonges, de violence, d’alcool, de tabagisme, d’abandon des études… la réaction la plus classique reste de chercher à durcir encore l’autorité. On s’entête à employer des méthodes qui, au vu de l’augmentation de ces problèmes, n’ont clairement pas fait leurs preuves !

Difficile alors de savoir sur quel pied danser !! Je m’imagine en fait que la majorité des parents comprend que ces méthodes ne les mèneront pas loin, mais qu’ils ne savent simplement pas comment faire autrement…

Etrange d’ailleurs. En restant toujours sur l’exemple de la violence physique : notre pays a légiféré il y longtemps contre le fait que les enseignants tapent les élèves. Cela nous semblerait aberrant aujourd’hui que notre enfant rentre à la maison en disant que son instituteur l’a tapé ! Nous pensons donc que les enseignants peuvent trouver des alternatives pour faire régner l’ordre dans une classe de 30 élèves ? Pourquoi en ce cas les parents auraient, eux, besoin de la fessée chez eux ??

Afin d’avancer dans le débat, je soulève cette question : comprenons-nous bien ce que le mot discipline signifie ?

Jane Nelsen, par exemple, n’hésite pas à mettre ensemble les mots de discipline positive. Et quand on lit ses livres, cela prend tout son sens.
Il existe donc une autre forme de discipline, qui s’éloigne de la notion d’autoritarisme à laquelle elle est souvent associée.

Comprendre la discipline, c’est ce à quoi s’attache Thomas Gordon dans la première partie de son livre Eduquer sans punir. Car il existe différents types de discipline et d’autorité.

Le nom “discipline” et le verbe “discipliner”

Revenons aux origines…
Un disciple, au départ, c’est simplement un apprenant, un élève.

Et la discipline n’a pas forcément de connotation de contrôle de l’un sur l’autre. La discipline d’une équipe évoque plutôt l’ordre, le respect des règles.

Le problème vient du fait que, comme l’écrit Thomas Gordon : “On présume souvent que la seule façon d’imposer la discipline à la maison et à l’école consiste à discipliner les enfants”.

Or, “discipliner” signifie “soumettre quelqu’un, un groupe, à l’obéissance, à un ensemble de règles qui garantissent l’ordre dans la collectivité où il se trouve. Soumettre donc. Et pour cela, imposer, et punir.

Seulement voilà : si l’on discipline le groupe, on n’atteint pas pour autant la discipline, on ne l’atteint en fait que tant qu’on est là pour la contrôler. Prenons une classe face à un professeur qui discipline fermement. Enlevons le professeur de la classe. La discipline y règne-t-elle toujours ??

Il semblerait en fait que discipliner ne soit pas le meilleur moyen d’inculquer une discipline

Influencer ou dominer

Comme le disaient les auteurs de Parents respectueux, enfants respectueux, il n’y a pas de doute que nous avons une influence sur la vie de nos enfants, ainsi que, d’une manière indirecte, sur ceux qu’ils rencontreront dans leur vie. La question est de savoir quel type d’influence nous choisissons d’avoir.

Thomas Gordon distingue ici “la discipline instructive qui s’efforce d’influencer les enfants, et la discipline restrictive, qui cherche à les dominer.”

Si un enfant fait quelque chose par peur d’être puni, il n’est pas influencé, il est dominé. Exercer une influence est bien plus complexe. Et demande un vrai changement de posture, car plus nous dominerons, moins nous serons en mesure d’influencer comme nous le voudrions !

Pour encourager les enfants à modifier leurs comportements de leur propre initiative, il nous faut donc renoncer aux méthodes restrictives. 

Je sais, pas toujours facile…
L’enseignement de l’auto-discipline, plutôt que de la discipline imposée, est pourtant bien à ce prix-là.

En fait, la question n’est donc pas la discipline, mais bien la manière de l’encourager. Et voila pourquoi le sous-titre du livre Eduquer sans punir est “enseigner l’autodiscipline aux enfants”.
Parce que tout est là : notre objectif est que la motivation pour la discipline dont va faire preuve l’enfant soit interne, non externe.

Les multiples sens du mot “Autorité”

Selon Thomas Gordon, il existe 4 types d’autorité :

1- L’autorité fondée sur l’expérience

On parle alors d’autorité acquise : c’est en effet l’expérience d’une personne, sa compétence qui lui donne autorité sur un sujet. Alors, son entourage va s’adresser à elle, et écouter son opinion.

Cette remarque me fait penser à une discussion que j’ai eue récemment avec mon mari et mon grand fils. Je venais de voir une vidéo incitant à ne pas faire confiance aux autres, mais plutôt de vérifier les informations reçues par nous-mêmes. Or, je ne suis qu’à moitié d’accord : je pense qu’il est effectivement des points à vérifier, mais surtout qu’il s’agit d’apprendre qui nous pouvons croire sur quel sujet. Et s’adresser à la bonne personne !

Il s’agit bien alors de respect de l’autorité fondée sur l’expérience…

Adultes et enfants respectent ceux qui possèdent une compétence particulière, et n’hésitent pas à solliciter leurs conseils. Ce type d’autorité est  inoffensive, et toujours vue positivement.

2- L’autorité fondée sur la position

Cette autorité découle, comme son nom l’indique, de la position de la personne, de ses responsabilités.
Ce type d’autorité est reconnu et accepté par tous : le pilote indique à l’équipage ce qu’il doit faire, le conducteur demande à ses passagers de s’attacher.

Dans une famille, les membres peuvent demander à celui qui fait les courses d’inclure des produits spécifiques dans sa liste. Il y a alors accord sur le partage des responsabilités.

Cette autorité fondée sur la position est généralement bien acceptée, tant par les adultes que par les enfants. Nous respectons les personnes qui l’exercent, et n’hésitons pas à suivre leurs instructions.

3- L’autorité fondée sur des ententes informelles

Dans une famille, nombreuses sont les ententes informelles qui impliquent que l’un soit en charge de certaines choses, et l’autre d’autres. Lorsque nous ne suivons pas ces accords informels, il en découlera des attitudes qui relèvent de notre responsabilité. Ainsi, si mon fils traine après l’école, il me téléphonera pour me prévenir.

Celle-ci est probablement à rapprocher du cas précédent, les rôles étant par essence plus variables. Les instructions seront cependant acceptées sans problème.

4- L’autorité fondée sur le pouvoir

Cette fois, nous parlons du pouvoir positionnel, que nous avions déjà évoqué à la lecture de Arrête d’embêter ton frère, laisse ta soeur tranquille.

Malheureusement, c’est souvent à ce type d’autorité que se réfèrent les parents et éducateurs qui souhaitent le “respect” des enfants, imposant leur pouvoir par le biais de punitions et de récompenses, assortis de tous leurs effets nocifs…

Or, les enfants (comme les adultes) ne respectent pas l’autorité fondée sur le pouvoir. Les adultes usant de ce type d’autorité attendent en général une obéissance aveugle, et encouragent plutôt la résistance.

Faut-il user de notre autorité ?

J’aime bien cette distinction entre les différents types de pouvoir que fait ici Thomas Gordon, parce que cela bouscule un peu les idées reçues.

En effet : la parentalité positive lutte contre l’autorité fondée sur le pouvoir. Comme il s’agit, pour certains, de la seule autorité qui soit, la conclusion qui s’impose est que la parentalité positive encourage à ne plus avoir aucune autorité face à nos enfants. (Notez que j’ai bien écrit “face à” nos enfants, et non “sur” nos enfants. Car j’ai bien basculé d’une relation verticale à une relation horizontale…). Ce n’est pourtant pas le cas. Nous gardons bien une autorité. Seulement pas celle fondée sur le pouvoir. Nous préférons développer auprès de nos enfants une autorité qu’ils respecteront.

Si notre relation est bonne (de l’importance de la connexion), nos enfants chercheront nos conseils et voudront connaitre nos valeurs.

Et nous bouclons ainsi la boucle avec la notion précédente d’influencer plutôt que de dominer…