Conférence d’Eline Snel – Calme et attentif comme une grenouille

Dans le programme de conférences du festival d’Autun, dans le cadre du thème “Révolutions dans l’éducation”, figurait le nom d’Eline Snel.
(Ainsi que ceux de Céline Alvarez, et d’Isabelle Filliozat )

Pourquoi cette hollandaise, auteur de Calme et attentif comme une grenouille était-elle invitée à donner une conférence sur ce thème ?
Parce que la pleine conscience est en plein développement dans nos écoles, avec des résultats trés positifs !

La conférence se déroulait en 2 temps, Eline Snel parlant en anglais, et Catherine Meyer, éditrice aux éditions Les Arènes, traduisant. Est-ce la raison pour laquelle cette conférence manquait de dynamisme ? Je ne crois pas, mais j’ai pourtant senti que ce n’était pas très clair pour les novices.

C’est pourquoi je voudrais compléter ce compte-rendu d’un entretien avec une amie, qui a suivi la formation d’Eline Snel il y a 2 ans et anime depuis des ateliers de pleine conscience dans les écoles. J’ajouterai un lien dans cet article dès que cet entretien sera fait !

La rapidité avec laquelle cette pratique s’est répandue est assez extraordinaire.
Eline Snel, mère de 4 enfants (et de 9 petits-enfants) pratique la pleine conscience depuis plus de 30 ans.
Il y a 12 ans, des professeurs lui ont demandé une formation pour les enfants. Il n’existait rien encore. Elle avait donc une totale liberté pour aborder son sujet. Cela lui a pris plusieurs années. Elle s’est rendue dans les écoles pour apprendre des enfants. Pour savoir comment leur enseigner.
Elle a observé comment les professeurs leur demandaient de se concentrer, sans pour autant leur montrer comment se concentrer ; comment ils leur demandaient de se calmer, sans leur montrer comment se calmer !

Pour faire passer les notions de la pleine conscience aux enfants, Eline Snel avait besoin d’une métaphore. Et elle l’a cherchée quelques mois, jusqu’à trouver l’image de la grenouille.

La grenouille sait être immobile et ne bouger que lorsque c’est nécessaire.
Le mouvement du ventre de la grenouille permet d’observer sa respiration.
La transformation du têtard peut servir de métaphore pour l’ado…

Et, d’abord :

La grenouille peut faire de grands bonds, comme notre cerveau.

Notre cerveau a une pensée toutes les 2 secondes, donc des milliers dans une journée.

Dans notre cerveau, il n’est pas difficile d’être ailleurs, d’être hier…
La première étape de la méditation, c’est d’apprendre à etre conscient du fait d’être présent ou non. D’être “ici et maintenant”.
Ce n’est pas évident. Comme un instrument, ça se travaille. La pleine conscience permet de travailler le “muscle de l’attention.” D’après eline Snel, après seulement “ ou 4 semaines de méditation, à raison de 5 à 10 minutes par jour, on voit déjà une différence.
(Cette conférence n’est pas étrangère à mon envie de me poser ce défi de méditation quotidienne cet été, et je ne sais pas si je peux dire que je vois une différence, mais il m’arrive régulièrement de penser consciemment à être présente !)

D’après Eline Snel, c’est toute la différence entre l’enseignement de la pleine conscience et l’enseignement traditionnel : à l’école, l’information passe souvent de l’extérieur vers l’intérieur. Avec la méditation, on attend que l’attention veinne de l’intérieur, ou plutôt, la méditation donne la possibilité à ce qui est déjà à l’intérieur de sortir au moment opportun, à son rythme.

Pourquoi les enfants sont-ils stressés ?

On attend des enfants qu’ils soient de petits savants : la plupart des compétences qu’on leur enseigne sont cognitives. On ne leur ensiegne rien sur leur monde intérieur. Pourtant, ils savent tous qu’ils ont un monde intérieur, et ils sentent quand ils ne sont pas fiers de ce qu’ils ont fait, par exemple. Mais comme personne ne valide leur monde intérieur, ils ne lui font pas confiance.
(Tiens, ça me fait bigrement penser à la validation des sentiments, ça !)
Il s’agit donc de donner aux enfants l’opportunité de se connecter à leur richesse intérieure.

Le programme de la grenouille dans les écoles

Le programme qu’Eline Snel a finalement créé est conçu pour se dérouler sur 8 semaines (8 séances plus celles confiées à l’instituteur) et correspond à 3 parties :
– observer le mondre intérieur, les émotions ; comment entrainer le muscle de l’attention
– comment répondons-nous à notre monde interne, une fois qu’on en est conscient
– comment entrainer le muscle de la compassion
et ce programme est en train de se répandre comme une trainée de poudre.
La pleine conscience est présente partout, répondant à un véritable besoin de changer nos méthodes éducatives.
La révolution dans l’éducation a donc déjà commencé !

Devant ce programme, chacun apprend à son rythme, et voit ce qui résonne en lui.
Les enfants se sentent libres de sentir leurs émotions au lieu de les rejeter.
Cela commence dans le “cours” de méditation, parce que c’est un environnement où l’enfant est en sécurité. Normalement, on parle peu d’émotions à l’école.
Eline Snel raconte l’histoire d’une petite fille qui après le premier cours sur les émotions, s’était mise à pleurer, pleurer, et auquel un petit garçon avait dit : “Je suis content que tu pleures.”
En acceptant ses émotions et celles de l’autre, l’enfant apprend l’empathie.
Sans pour autant cherhcer de solution à l’émotion.

Dans un deuxième temps, les enfants apprennent que les pensées ne sont pas faits.
Une pensée peut être une idée, ou une image, ou un bruit. Dans tous les cas, on peut imaginer un bonhomme à l’intérieur, qui raconterait des histoires…
On ne peut pas arrêter de pender, mais on peut arrêter de considérer que toutes ces pensées sont vraies.

Enfin, les enfants apprendront que la compassion commence par nous-mêmes.

Et je reste sur cette pensée : je crois que nous aussi, nous devrions bien nous mettre à apprendre cela, non ?

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