L’enfant a besoin de sécurité émotionnelle pour grandir

L’enfant arrive comme un cadeau, et nous est confié par la vie, pendant un moment. En tant que parent, qu’aimerions-nous lui offrir pour la suite ? L’indépendance, nécessairement, la confiance, probablement. Tout ce que nous aimerions lui offrir passe en tout cas par un fondamental : la sécurité émotionnelle. 

Sans cette sécurité-là, impossible de s’écouter, impossible de croire en soi. Alors qu’à l’inverse, quand les besoins d’acceptation et d’amour inconditionnel sont comblés pendant la petite enfance, cela jette les bases de l’acceptation de soi : “Je suis accepté par les autres, donc je peux m’accepter moi-même.”

C’est le point de vue que nous proposent Sara Hart et Vitoria Kindle-Hodson dans Parents respectueux, enfants respectueux, au chapitre sur la clé 3 : Créer sécurité, confiance, et sentiment d’appartenance.
Et ce point de vue résonne chez moi. 

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que nous soulevons ces thèmes, qui ont déjà trouvé beaucoup d’écho chez moi. 
L’appartenance, en particulier, c’est un des piliers de la discipline positive, qui le présente comme l’une des deux nécessités de base de tout être humain. 

La sécurité émotionnelle a un impact physique sur l’enfant

Aujourd’hui, les neurosciences permettent d’observer réellement l’impact sur un enfant d’un stress éducatif par rapport à un environnement dans lequel il se sent en sécurité. 

Cela a aidé bien des éducateurs à prendre conscience de l’impact de ce besoin de sécurité émotionnelle. (A ce sujet, cette présentation de Catherine Gueguen est riche d’enseignement)

Car si l’enfant ne se sent pas en sécurité, mais sous stress – le paragraphe suivant discutera de ces formes de stress – son cerveau produit des hormones qui désactivent les zones de la pensée, de l’apprentissage, du raisonnement. Son développement cérébral se ralentit. Et son aptitude à rentrer en relation avec les autres est gravement altérée. Ce qui crée finalement un cercle vicieux… 

Nos actions influent sur la sécurité émotionnelle de l’enfant

C’est évident. Notre comportement face à notre enfant influe sur son sentiment de sécurité. 

Si nous adoptons une éducation pleine de menaces, qui le contrôle par la peur de la punition, de l’humiliation, du jugement, des cris (voire des coups..), l’enfant vit sous stress. 
Pas évident en tant que parent de nous débarrasser de toutes ces méthodes dont nous avons hérité.. Et ce sujet est heureusement de plus en plus soulevé, les parents de plus en plus soutenus et aidés, lorsqu’ils le veulent. Il s’agit tout d’abord d’expliquer, de sensibiliser, de diffuser la conscience dans notre société de l’effet de ces VEO (Violences Educatives Ordinaires)

Ainsi, dans les foyers où les VEO sont fréquentes, l’enfant sous stress se met à douter de lui-même. Il préférera alors rester le plus possible dans les schémas qu’il connait, ne pas prendre de risque, et se fermer aux découvertes et aux possibilités d’apprentissage. Son désir d’exploration baisse.  
On imagine alors à quel point, de nouveau, son développement risque d’être freiné ! 

Le livre nous propose même d’aller plus loin, en soulevant l’idée que ce ne sont pas seulement nos actions qui ont une influence, mais également notre “état d’esprit et de coeur” pendant ces actions. C’est un point de vue dont je me sens moi-même convaincue, ayant observé à maintes reprises comment des situations presque similaires peuvent renforcer ou affaiblir la connexion entre parent et enfant, en fonction simplement du ton employé pour présenter les choses…

La dernière phrase du paragraphe qui présente cette idée me renvoie à ma recherche de joie : 
“Quoi que vous fassiez, vos enfants se rappelleront surtout l’état dans lequel vous êtes, la vie que vous anime, la joie que vous dégagez – ou pas.”

Voyez les choses du point de vue de votre enfant

Afin d’apporter à notre enfant la sécurité émotionnelle, la confiance dont il a tant besoin, l’une des attitudes qu’il nous faut développer est celle de réussir à voir les choses du point de vue de notre enfant. 

Nous cherchons alors à partager avec lui ses difficultés, à célébrer ses succès, en somme, pour reprendre les termes de Jane Nelsen, nous sommes dans son équipe ! 
Rien de plus puissant pour leur montrer qu’ils sont importants pour nous, et renforcer cette sécurité émotionnelle. 

Pour cela, il s’agit également de bien garder en tête le stade de développement de son enfant. 
Par exemple, il est bien normal qu’un tout jeune enfant, centré sur lui-même et sur la découverte du monde, ne soit pas encore capable de tenir compte de l’autre, et ne veuille pas lui prêter ses jouets, ou dire pardon. 
Le forcer ne va pas l’aider à développer sa confiance. Il conviendra plutôt de laisser le temps à l’apprentissage…

Pour l’adolescence, c’est parfois encore plus délicat (et, en tant que mère d’ado, je le confirme !). Nos grands sont bien grands, et pourtant, il semble qu’ils manquent parfois de discernement… Ce chapitre nous rappelle qu’ils sont également encore en train de mûrir, et qu’ils ont leurs propres défis à relever. 
En fait, je vous citerai ici directement le livre, parce qu’il me semble que cela vaut la peine de se le répéter tel quel : “Les adolescents ont besoin de deux choses : de la pratique et la patience de leurs parents lorsqu’ils commettent des faux pas.”

De plus, et c’est là encore délicat, je le sais, il faut tenir compte de la personnalité et du style d’apprentissage de chacun. Nos enfants sont tous différents, et différents de nous également… Etre parent, c’est développer des trésors de tolérance pour la différence ! 

Cherchez la connexion – toujours

Pour terminer, le principal. 
On aura beau chercher les méthodes et les recettes, ce qui reste la base de toute cette éducation, c’est la connexion. 

Cette connexion qu’il est si difficile de trouver, de chercher au quotidien, au milieu des moments de stress. Connexion parfois difficile d’entretenir, et surtout, de mettre en priorité. 

Quelles méthodes pour y parvenir ? 

D’abord, l’écoute. L’écoute de l’enfant, l’écoute de ses sentiments, de ses besoins, l’écoute sans jugement pour essayer de le comprendre, pour essayer de nouveau de faire équipe avec lui. Il est différent, il a le droit de l’être. Sommes-nous curieux de savoir qui il est, plus que de lui imposer qui il doit être ?

Ensuite, se libérer du ressentiment. 
Je ne sais pas pour vous, mais ça, pour moi, c’est très compliqué. 
Au cours de ces dernières années, et de mon avancée sur le chemin de la parentalité positive, les choses se sont réellement améliorées, profondément, et nos relations sont bonnes. 
Mais nous ne sommes pas des super-héros, et parfois, ça dérape encore. Dans ces cas-là, j’ai énormément de mal à laisser filer mon ressentiment ! 

Nos enfants, eux, y arrivent beaucoup mieux, l’avez-vous remarqué ? Leur humeur revient généralement bien plus rapidement au beau fixe, ce qui, en général, m’agace encore plus. 
Parce que nous, les adultes, avons appris la rancune. 
Pourtant, ici – heureusement que je continue de lire pour m’inspirer -, les auteurs nous suggèrent de nous en inspirer plutôt. Parce que si nos enfants rétablissent si vite la connexion, c’est un modèle pour nous. C’est un cadeau de confiance : ils nous disent que nous n’avons pas besoin d’être parfait pour être aimé ! 
Et nous sommes capables de leur offrir la même chose en retour. 

Une dernière réflexion

Enfin, pour ceux d’entre nous qui ont encore du mal à lâcher le contrôle face à leurs enfants, le terminerai sur l’idée suivante, également piochée de ce chapitre. 

S’ils ressentent une acceptation inconditionnelle à la maison, les enfants seront plus à même de se laisser guider par les parents, plutôt que d’essayer de remplir leur besoin d’acceptation à l’extérieur.

A méditer…

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