,

“C’était juste une petite tape !” ou l’impact de nos gestes sur un enfant…

Juste avant l’été, nous avons été surpris par l’épisode suivant, qui nous a permis de toucher du doigt l’impact de nos gestes sur un enfant.

Nous étions au téléphone avec le père de mon mari. Nous allons bientôt les voir et loger chez eux quelques jours, et nous en discutons.

Anatole (3 ans) demande à parler à son papy.
A ce moment-là, il est très tranquille, et rien ne laisse présager ce qui va suivre.
Il lui dit “Papy ? Bonjour ! Ca va ?”
Puis demande : “Papy, tu te souviens quand j’étais chez toi et que tu m’as tapé sur la main ?”
Nicolas et moi nous regardons… nous n’avons aucune connaissance de cet épisode.
Je suis sidérée qu’Anatole puisse s’en souvenir, alors qu’on n’a pas vu ses grands-parents depuis près d’un an, il avait donc 2 ans 1/2…
Le-dit papy répond qu’il ne s’en souvient pas non plus, ce que je n’ai aucun mal à croire.
Anatole complète : “Quand je va venir chez toi, est-ce que tu vas encore me taper la main ?”
Avant même que son papy ne réponde, je vois les coins de sa bouche qui s’affaissent…
En reparler l’a projeté dans l’émotion de ce moment-là… Il me regarde, et se met carrément à pleurer !!
Il a franchement peur que ça se produise de nouveau !!!

J’ai trouvé cet épisode très fort, et riche d’enseignement.
Car je n’ai aucun doute que la tape donnée par son grand-père l’a été sans méchanceté, seulement parce que cela fait partie des méthodes éducatives classiques, reçues et apprises.

J’ai tendance à vouloir accorder le bénéfice du doute à ceux qui utilisent encore des méthodes de violence éducative ordinaire (ou VEO), parce que je sais que dans la plupart des cas, ce n’est qu’une question d’ignorance.
Dans cette catégorie de VEO, on range aussi bien les violences physiques, que les humiliations, insultes, punitions… (Si le sujet vous intéresse, le site OVEO vous en dira plus.)
Mais comment remettre en cause tout ce qu’on nous a appris ?

C’est vrai, certaines personnes affirment depuis longtemps déjà qu’on n’aide pas les enfants à grandir en ayant confiance en eux avec de telles méthodes.
Mais ce n’est que récemment que les neurosciences ont démontré à quel point ces violences pouvaient avoir un effet néfaste sur le développement du cerveau…

Pour se comporter bien, un enfant doit se sentir bien.
Et nous l’avons bien constaté lors de cette conversation : une “petite tape” peut être beaucoup plus conséquente que ce que nous croyons. Au point qu’un an plus tard, Anatole l’a tant intégrée, qu’elle lui provoque encore de la détresse, et de la peur à l’idée de revoir son grand-père !

Et voilà entre autres pourquoi nous cherchons d’autres méthodes éducatives…

Avez-vous déjà vécu un épisode similaire ?

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
Mots-clés :
6 réponses
  1. seb
    seb dit :

    bonjour
    EJE depuis plus de 15ans je me pose une question:
    – si cet enfant avait revu son grand-père régulièrement au cours de l’année, se rappellerait il de cette tape? Je veux dire que finalement cete tape est le dernier événement marquant pour lui qu’il a vécu avec son grand-père et s’il l’avait revu il aurait construit d’autres souvenirs qui auraient alors enfouis cette tape au fin fond de la mémoire traumatique et cette tape unique ne serait alors qu’une vague image noyée dans les souvenirs.

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      bonjour Seb, et merci de ton commentaire.
      Oui, ta remarque est très juste. Sa relation avec son grand-père aurait pris une autre teinte avec d’autres expériences. Il reste cependant intéressant de noter que c’est ce qui ressort en premier quand il lui parle, et surtout, qu’il le ressente encore de façon si vivante !

      Répondre
  2. Bois
    Bois dit :

    Bonjour

    Parent d un garçon de 6 ans je confirme que mon fils se souviens de TOUTES les veo …. puis elles s effacent.

    J ai eu peine à le croire mon fils vers 4 ans m a un jour dit Maman tu te souviens quand tu m avais laissé chez Mamie ?
    J ai cru que jamais tu reviendrai me chercher.
    Nous vivons loin les uns des autres et les fois où mon fils était resté chez mamie se compte sur les doigts de la main et pour cause il me parlait de l unique fois où j avais du confié mon fils à ma mère de 17 à 21 h environ …
    Il avait à peine 1 an !

    J ai compris ce jour là que je ne l avais pas suffisement préparé. Que je ne lui avais pas suffisement parlé.

    C est à 4 ans que nous avons pu revenir sur ce qu il gardait de cet épisode et de cette peur qu il avait eu de ne jamais me revoir.

    Quand je parle de cet épisode. On m oppose souvent que c est impossible. Que je n ai que mal interprété ce qu il me disait.

    Non la conversation qui s en est suivi avec mon fils de 4 ans était riche de cohérence.

    Sans doute parce qu entre temps j avais déjà bien évolué dans mon positionnement non veo.
    Je trébuche encore et mon fils est le meilleur formateur que je puisse avoir.

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci de ce partage, c’est parfois inconcevable, mais il est clair que nos enfants peuvent vraiment être marqués par certains de nos comportements.
      Je pense que te démarche est cependant la bonne. On ne fera jamais tout parfaitement, il ne s’agit pas de rester dans un sentiment de culpabilité, mais plutôt de s’expliquer et privilégier d’autres aspects de la relation !

      Répondre
  3. Nouch
    Nouch dit :

    Je pense voir exactement ce que vous avez pu ressentir et le petit Anatole aussi. Il nous est arrivés à mon fils et à moi la même situation il y a quelques temps avec une copine. Nous étions chez elle et étions prêt à partir. Je debarrassais un peu la table et mon bibi prenait du plaisir et étaler les miettes que je tentais de rassembler, sur la table et à les mettre par terre. Je lui explique que non, qu’après cela fait plus de travail pour maman (il avait 18mois) etc…A la 2eme fois ma copine lui hurle dessus en disant que “maman a dit non plusieurs fois” deja!” et j’ai entendu le bruit d’une (bonne) claque sur son bras. Mon petit s’est mis à pleurer de suite et je l’ai réconforté sans relever ce que ma copine avait fait (j’ai repris avec lui juste apres dans la voiture en lui disant que je n’étais pas d’accord avec cette façon de faire etc. .). Elle, de son côté, n’a eu que cette réflexion ” ah je paris qu’il n’a jamais pris de claque”(elle le sait puisse nous en avions discuté éducation etc) et ne s’est jamais excusée ou sentie mal de cette situation. Ce fait a été d’autant plus violent que la journée s’était très bien passée et que mon fils et ma copine avaient bien rigolé ensemble, s’étaient beaucoup amusés et avaient partagés plein de bons moments.
    On a beau ne pas avoir la même éducation je trouve que passer à l’acte et frapper ou taper un petit (qui n’est pas le sien en plus) n’est pas tolérable et totalement inadapté.

    Répondre
    • Coralie
      Coralie dit :

      Oui, j’imagine comme tu as dû en vouloir à ta copine…
      Dans mon cas, je n’en veux pas du tout au papy, parce que je sais qu’il vient d’un autre schéma, et qu’il n’allait pas à l’encontre de mon comportement. Je n’étais pas là, il a fait comme il a cru. simplement.

      Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire