6 bonnes raisons de ne pas taper son enfant

L’éducation traditionnelle a encore du mal à s’éloigner des VEO (ou Violences Educatives Ordinaires), et le débat soulevé lorsqu’il a été question de mettre en place en France une loi “anti-fessée” montre bien l’intensité de la polémique sur le sujet.

Réponse classique : “J’ai pris des fessées quand j’étais petit, je n’en suis pas mort…”
Mon ambition pour mon enfant va au-delà de sa survie, mais je comprends que ce que veut dire celui qui dit cela, c’est : “Je ne m’en porte pas plus mal.”
Oui… sauf qu’il est devenu quelqu’un qui considère qu’il est normal de taper un enfant…
Je me perds, je m’enflamme, et vais donc de suite m’interrompre pour me recentrer sur l’objet de cet article !

6 bonnes raisons de ne pas taper son enfant :

 1. Parce que ça lui fait mal

Rien que ceci devrait être une raison suffisante ! Il est rare qu’un parent ait vraiment envie de faire mal à son enfant. Nous aurions même plutôt l’élan de nier leurs moments douloureux, d’où notre tendance à nier leurs sentiments difficiles.

Ecoutons-nous, et épargnons-leur une douleur venue directement du parent.

 2. Parce que ça lui montre que frapper est un acte autorisé

L’éducation passe majoritairement par l’exemple. Nos enfants reçoivent bien moins ce que nous leur disons que ce que nous faisons.

Si nous frappons l’enfant qui se comporte “mal”, il n’y a pas lieu d’être surpris du fait qu’il se mette lui-même à frapper son camarade qui ne se comporte pas comme il le voudrait.

C’est ce que nous lui avons enseigné.

 3. Parce que ça rompt notre relation avec lui

Lorsque nous tapons l’enfant, nous rompons le lien affectif. Il se met automatiquement en position de repli, de rancoeur, de colère. Il aura évidemment encore moins envie de coopérer.

On se comporte mieux quand on se sent bien. Si nous ne cultivons pas le lien avec notre enfant, on voit nos chances de coopération s’amenuiser fortement…

4. Parce que ça ne lui enseigne rien

Taper l’enfant pour corriger un comportement, c’est axer l’enseignement sur un réflexe pavlovien : “quand je fais ça, ça me fait mal, donc je ne vais plus le faire.” Ca marche peut-être sur les chiens (encore que, d’après ce que j’ai entendu dire, cette méthode de dressage de animaux soit également en train d’évoluer…), mais dans la démarche, notre enfant ne comprend pas pourquoi le comportement en question est inapproprié. Il pourra d’autant moins le comprendre que nous éliminons par nos gestes toute possibilité d’y réfléchir : notre tape lui aura donné une distraction mentale. Il ne pensera plus qu’à cela.

J’en veux pour preuve cet épisode qui nous a permis de constater à quel point une “simple” tape de son grand-père est encore présente, même émotionnellement, dans l’esprit de notre fils de 3 ans, un an après les faits… La raison de la tape a, elle, disparu !

 5. Parce que ça l’encourage au mensonge

Si l’enfant n’a pas compris pourquoi son comportement nécessitait correction (!), il comprend au moins que ce n’est pas à notre goût. Donc, s’il n’est pas prêt à y renoncer, il s’attachera en revanche à faire en sorte que nous ne soyons pas au courant, afin d’éviter nos gestes brutaux.

 6. Parce que ça détruit son estime de lui-même

Un jeune enfant a une grande confiance en ses parents. Il cherchera souvent à justifier leur comportement. Donc, une partie de lui-même est en colère, et vengeur, et, en même temps, une autre internalise que si le parent frappe, c’est qu’il le méritait. Il a donc vraiment mal agi, il est mauvais.

 

Mon frère, qui faisait partie du groupe “J’ai pris des fessées, je n’en suis pas mort !”, me dit qu’il ne lui a pas fallu plus d’un quart d’heure pour changer d’avis, en ayant pris le temps d’y réfléchir avec de tels arguments.

Et vous ? Cela vous parle-t-il ?

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6 réponses
  1. vivreemotions
    vivreemotions dit :

    Bonjour,

    si tous les parents pouvaient t’écouter et comprendre.

    Le fameux “J’ai pris des fessées quand j’étais petit, je n’en suis pas mort” montre que la réflexion est pauvre. Dès qu’on réfléchit, on se rend compte que c’est absurde (cf ce qu’en a pensé ton frère).

    De plus en plus de parents s’intéressent à l’éducation positive et bienveillante, mais il y a un gros problème de prise de conscience au sujet de l’éducation je trouve.

    Je t’encourage à continuer de porter le message en tout cas !

    Merci pour ton article.

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    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci de ton commentaire ! Je crois que la prise de conscience est forcément un peu lente, et c’est pourquoi je cherche à y contribuer ! J’ai confiance… peu à peu, ça changera !

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    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci Emma. J’ai déjà vu plusieurs vidéos de Catherine Gueguen. Il est effectivement intéressant de voir que les neurosciences soutiennent ce côté nocif des violences éducatives.

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  2. Cathy
    Cathy dit :

    Bonjour et merci pour votre article très intéressant !
    J’aimerais juste vous signifier que votre phrase de comparaison avec l’éducation des chiens est malvenue… parce que justement, comme pour les enfants, on n’éduque passe un chien en le frappant ! Il ne comprend pas non plus ! Ca ne fonctionne pas non plus ! Comme pour l’enfant, le chien a besoin d’amour et de “positive attitude”, il ne suffit pas de taper pour que cela rentre 😉
    Mais je sais que vous ne sous-entendiez pas cela et que cela n’était qu’une comparaison de “passage”.
    Bien cordialement.

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    • Coralie
      Coralie dit :

      Merci Cathy de ce commentaire ! Je dois dire que je ne connais absolument rien à l’éducation des chiens, et, c’est marrant, j’ai justement eu une conversation il y a 2 semaines avec quelqu’un qui me disait que sur ce plan aussi, les choses évoluaient beaucoup !
      Je vais modifier mon article pour en tenir compte.

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