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Parler pour que les enfants écoutent… chapitre 3 : Remplacer la punition

Alors là, on touche à un sujet sensible, un sujet sur lequel Nico et moi ne sommes pas encore bien en ligne.

A force de lire des choses, j’ai évolué. Je comprends beaucoup mieux aujourd’hui ce que me disait mon amie Patricia, quand elle faisait la différence entre une punition et une conséquence.
Une conséquence, ça a rapport avec l’agissement qu’on cherche à corriger. La punition non.
Exemples :
“Tu ne peux pas toucher à mon ordi parce que tu n’es pas rentré à l’heure”, c’est une punition.
“Tu ne peux pas toucher à mon ordi parce que la dernière fois tu ne l’as pas éteint, alors que tu sais qu’il y a ici des sautes de courant”, c’est une conséquence.
Le problème, évidemment, c’est qu’il n’y a pas toujours des conséquences pour chaque situation. C’est pour ça qu’on est facilement tenté d’évoluer vers la punition.
Mais je n’y crois plus, moi, à la punition.

Le livre spécifique sur les adolescents explique vraiment bien les raisons pour éviter les punitions, et c’est donc l’article que j’écrirai sur ce livre-là qu’il faudra lire pour bien le comprendre, quand je l’aurai écrit… (Note plus tard : l’article en question est écrit, il est ici).

 

Alors, comment éviter la punition ?
D’abord, c’est évident, il faut anticiper les problèmes.
C’est à dire, essayer de faire en sorte que les problèmes ne se posent pas, de sorte qu’on n’ait pas à se poser la question d’une punition ou pas. Aah… facile à dire ?
C’est vrai, mais c’est bien toute l’idée de la mise en place de nouveaux modes de fonctionnement et de communication. Les méthodes proposées dans le chapitre précedent sur la coopération sont déjà un très bon point de départ.

Malgré ça, on peut toujours arriver à un point de blocage. Alors dans ce cas là, comment peut-on réagir autrement qu’en punissant?

Voilà ce qui est proposé ici :

1. Exprimer fortement sa désapprobation
(mais en se retenant de l’usage d’une quelconque étiquette générale…)
“Je ne supporte pas de voir un enfant en taper un autre !”

2. Indiquer ce qu’on attend de l’enfant
“Quand je te prête mes outils, j’attends de toi que tu les remettes dans ma trousse à outils.”

3. Lui montrer comment bien faire

4. Donner un choix
“Tu peux jouer au ballon dehors, ou jouer à autre chose à l’intérieur.”

5. Passer à l’action
en le laissant subir les conséquences de ses actes
“Je vois que tu as choisi de rester à l’intérieur” – en enlevant le ballon


Ainsi, on a eu un problème avec Oscar, qui laissait trainer son ordi par terre.
Voilà un exemple où le changement de présentation dans la communication est assez clair :
Au lieu de dire “Si tu laisses encore ton ordi par terre, je le supprime”, on peut dire: “Tu as le choix : soit tu prends soin de ton ordinateur, en particulier en ne le laissant pas par terre, soit tu décides de ne pas t’en servir.”
C’est exactement la même démarche, mais le message est clair sur le fait que c’est lui qui est acteur, il ne fait pas que subir…

Malgrè tout cela, on peut encore se retrouver dans une situation où un problème se répète. Alors, on peut ouvrir la discussion pour passer à une vraie méthode de résolution du problème en étapes :
1- parler d’abord des sentiments et besoins de l’enfant
2- parler ensute des sentiments de l’adulte
3- chercher ensemble des solutions, en notant toutes les idées, sans jugement
4- relire et décider ensemble des solutions à retenir
5- passer à l’action
Ces étapes sont particulièrement adaptées à des enfants plus grands (voir chapitre 4 de Parler aux ados…), mais fonctionnent également avec des petits, comme en témoigne cet exemple-là.
Effet secondaire de cette méthode de résolution de problèmes : une fois que l’enfant est habitué à cette méthode, c’est une démarche qui fait sens pour lui, également dans ses relations avec les autres (ses frères et soeurs par exemple).

Pour retrouver l’article du livre