Articles

,

Eduquer sans punir, est-ce possible ?

Eduquer sans punir, en voilà une idée ! Lorsque j’explique que dans notre maison, la punition n’existe pas, cela surprend souvent. Et cela surprend encore plus lorsque l’on s’aperçoit que nos enfants ne sont pas des délinquants… Non seulement ils ne partent pas à la dérive, mais j’affirmerai même qu’ils ont en fait pas mal de limites. Nous ne sommes absolument pas des parents permissifs. Est-il possible, alors, d’éduquer sans punir ? Pourtant, l’idée reçue, c’est que la punition est une méthode éducative efficace et nécessaire. Que l’on punit les enfants “pour leur bien”. Que c’est la meilleure manière d’apprendre. Et surtout, surtout, si l’on ne punit pas, que fait-on ? Existe-t-il des alternatives ?

C’est l’objet de cet article, que j’écris en participant au carnaval d’articles lancé par Ludivine, du blog Graines de bienveillance. Un carnaval, vous le savez peut-être, ce n’est pas la première fois que j’y participe, c’est quand un blogueur lance un thème sur lequel différents blogueurs s’expriment. Le thème lancé par Ludivine aujourd’hui, c’est “Eduquer sans punir, est-ce possible ?”, et comme je trouve ce thème particulièrement intéressant, je suis ravie d’y participer ! Voici le lien vers l’article récapitulatif de Ludivine, si vous êtes curieux des différentes approches des participants… .

Ceci étant dit, revenons à nos moutons, euh… à nos punitions.

— Si vous voulez écouter cet article dans sa version audio, c’est possible ! Il suffit de cliquer sur play ci-dessous, ou sur télécharger juste en dessous —

Se faire à l’idée d’éduquer sans punir

Je comprends que cette idée d’éduquer sans punir puisse surprendre. Bien sûr que je le comprends ! Je mentirais en disant que je n’utilisais pas les punitions au début… Et la première fois que j’ai lu ce que les punitions pouvaient avoir de néfastes, je n’ai pas été immédiatement convaincue.

Un héritage à remettre en cause

Pour la grande majorité d’entre nous, nous avons grandi dans un contexte dans lequel il était normal et même bien de punir. La punition comme méthode éducative est donc bien une idée “reçue” : reçue de nos parents, de notre entourage lorsque nous étions enfants.

Or, nos parents nous aimaient. S’ils nous punissaient, nul doute qu’ils le faisaient pour notre bien. Comment remettre la punition en cause sans remettre nos parents en cause.

Notre cerveau sait nous protéger de ce qui nous dérange trop. Penser que nos parents nous ont causé du tort, c’est dérangeant. Autant rester sur l’idée simple que leurs méthodes avaient du bon, et les répéter.

D’ailleurs, l’enfant battu bat ses enfants, c’est connu. C’est un moyen de protection émotionnelle, d’une certaine façon. Pour ne pas remettre en cause ce que nous avons reçu.

De mon côté, je suis assez sereine sur ce point. Les parents ont toujours fait ce qu’ils croyaient être le mieux (avec leur propre héritage, de surcroit). Il n’y a pas de doute là-dessus. Remettre en question la méthode ne signifie pas remettre en question l’intention. L’ignorance justifie la méthode. Aujourd’hui, cependant, nous ne sommes plus ignorants, nous savons que la punition fait du mal à l’enfant.

Alors, sans nous attarder sur le passé, concentrons-nous sur le présent, et même sur le futur, en offrant à nos enfants ce que, à notre tour, nous pouvons faire de mieux !

Nager à contre-courant

Autre problème : même lorsque nous réussissons à remettre en cause l’éducation que nous avons reçue, nous évoluons en général dans un environnement qui n’a pas encore changé ses méthodes. Je dis “pas encore” parce que j’ai confiance que cela changera. Ca bouge déjà, doucement.

En attendant, il est certain que ceux d’entre nous qui ont banni les punitions nagent à contre-courant. Nous évoluons dans un monde qui cherche encore à éduquer par les punitions. Dans le collège de ma fille, comme dans beaucoup d’autres, si l’élève fait une erreur (il n’a pas fait un devoir, il a oublié son matériel, il bavarde en classe…), le prof lui met une croix sur son carnet. Au bout de 3 croix, une heure de colle. C’est comme ça.

Alors bien sûr, lorsque ces méthodes sont si communes, elles deviennent “normales”, au sens littéral, c’est à dire que c’est la norme. Et lorsque l’on sort de la norme, c’est toujours un peu plus difficile. Il est, là encore, plus confortable de suivre le groupe, de ne pas se sentir différent…

S’ouvrir à la possibilité

Et pourtant, malgré notre héritage, malgré notre environnement, j’ai envie de vous demander de vous ouvrir à la possibilité d’éduquer sans punir.

Pour ceux pour lesquels cette idée est nouvelle, je sais qu’il faut y aller doucement. Bien sûr. Pour toutes les raisons listées plus haut.

On m’a raconté d’ailleurs l’anecdote suivante. Un jour, Catherine Gueguen donnait une conférence à une assemblée d’enseignants. Elle leur parle, comme à son habitude, du fonctionnement du cerveau, de l’effet sur celui-ci d’une relation empathique, etc… Les enseignants sont intéressés. Jusqu’au moment où elle leur déclare que les punitions ne devraient pas être. Elle est allée trop loin trop vite, et une partie de son assemblée se ferme. Car ils ne sont pas prêts. D’une part, remettre en cause prend du temps, d’autre part, ces enseignants se heurtent au quotidien à la réalité de leurs classes, et n’ont pas encore d’alternative. On ne peut donc leur demander du jour au lendemain de supprimer les punitions de leurs méthodes éducatives.

Je ne serai donc pas ici définitive en vous demandant de supprimer toute punition de votre maison dès demain. En revanche, je vous demande de me prêter attention, pour vous ouvrir à cette possibilité d’éduquer sans punir. Ce sera déjà un bon premier pas.

Pourquoi éviter la punition ?

Avant de parler des alternatives à la punition, il me semble intéressant de faire un détour par les raisons pour lesquelles nous voudrions éviter la punition.

L’impact des punitions sur le cerveau

Plus possible de se mettre des oeillères. Les résultats des recherches en neurosciences affectives sont aujourd’hui claires : les punitions et autres “violences éducatives ordinaires” ont un effet néfaste sur le cerveau. Celui-ci se développe moins, et les aptitudes de l’enfant s’en trouvent diminuées.

Je vous conseille à ce sujet la lecture d’un article de Graines de bienveillance, justement : L’éducation bienveillante validée par les neurosciences.

Développer la motivation interne

Eduquer un enfant à coups de punitions, c’est lui donner, de manière répétée, des raisons externes de faire ou ne pas faire certaines choses. On développe ainsi sa motivation externe. Et ce, dès le plus jeune âge. Il suffit d’entendre mon fils de 6 ans m’expliquer que la raison pour laquelle il ne faut pas frapper son camarade de classe, c’est que sinon la maîtresse va le mettre dans le rouge. Voilà. Ce n’est pas parce que cela fera mal à l’autre, parce qu’il a de l’empathie, parce qu’il existe d’autres manières de régler les choses… Non, c’est parce qu’il y a punition derrière.

Cela signifie que l’on s’éloigne complètement des explications pour entrer dans un rapport de force. Moi, l’adulte, je vais t’apprendre à ne pas te comporter ainsi parce que tu vas avoir peur de ma réaction. J’attends donc une obéissance aveugle de ta part, et je te jugerai pour tes comportements, ce sont les principes des méthodes traditionnelles.

Cela marche à court terme. Mais qu’advient-il lorsque l’adulte n’est plus là pour vérifier ? L’enfant n’ayant jamais développé sa motivation interne, il y a bien des chances qu’il profite de l’absence de l’adulte pour adopter le comportement qu’on cherchait justement à éliminer…

A long terme, il est donc bien plus judicieux d’accompagner notre enfant à développer son contrôle interne, plutôt que de rester dans une position de contrôle externe.

L’apprentissage

Une approche de la question que j’aime également, c’est de réfléchir en termes d’apprentissage.

Lorsque, par exemple, l’élève a une croix dans son cahier parce qu’il bavarde, est-ce que cela lui enseigne vraiment à ne pas bavarder ? Ah oui, d’un certain côté, “ça va lui apprendre” ! Mais je parle plutôt en terme d’enseignement de compétences. Comment fait-on pour résister à l’envie de discuter ? Quel intérêt cela a-t-il pour lui ? Comment réussir à s’auto-contrôler, justement ?

Et pourtant, si l’on donne l’opportunité à l’enfant d’y réfléchir, d’analyser la situation, de trouver sa solution, il y a toutes les chances qu’il y parvienne. (Comme je l’avais d’ailleurs fait avec une amie de ma fille). Et là, on l’aura aidé à développer des compétences.

Ca, pour moi, c’est le rôle du parent.

Les alternatives

Je vous remercie de vous être ouvert à la possibilité d’une éducation sans punition. Maintenant, la question qui brûle les lèvres des parents qui m’ont entendue jusque là est en général : “Mais alors, comment fait-on ?”

Comme je sais que l’évolution doit se faire en douceur, je vais répondre à cette question en vous présentant mes outils en ordre croissant de bienveillance !

Les conséquences

La première étape, la plus facile, c’est souvent de passer des punitions aux conséquences. Cela ne veut pas dire que nous changeons le vocabulaire ! La conséquence a ceci de différent de la punition qu’elle a vraiment une intention d’enseignement. Elle a un rapport direct avec le comportement.

Je vous invite sur ce point à lire mon article sur la différence entre une punition et une conséquence.

La recherche de solution

Au fur et à mesure que vous changerez votre manière d’aborder les situations, vous vous rendrez compte qu’il est plus efficace d’inclure vraiment votre enfant dans la réflexion.

Pour cela, rien de mieux que la recherche de solution. Passer de la conséquence à la recherche de solution, c’est évoluer dans notre posture parentale. L’accompagner, l’aider à grandir, en répondant à ses nécessités de base : appartenir et avoir de l’importance.

Parfois, les blogs d’éducation positive donnent l’impression que lorsque l’on adopte ces principes, tout va alors toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je vous rassure, ce n’est pas le cas.

Ce n’est pas parce que nous suivons les principes d’une éducation bienveillante que les conflits disparaissent. Non, ils existent encore. Cependant, notre manière de les aborder a drastiquement changé. Aujourd’hui, nous sommes clairs sur le fait qu’il existe différentes manières de régler les conflits, et que la force n’est pas le meilleur exemple à donner à nos enfants. La recherche de solution ensemble est donc devenue notre meilleure amie.

Eduquer sans punir, c’est avoir confiance

Au delà des techniques et méthodes, je crois que pour éduquer sans punir, il faut surtout avoir confiance. Confiance dans le fait que notre enfant va apprendre. Comme nous n’avons jamais douté du fait qu’il allait savoir marcher un jour, nous ne doutons pas qu’il va grandir et savoir dire bonjour et merci. Qu’il saura ne pas taper ses camarades. Qu’il saura respecter son entourage, être responsable, se prendre en charge.

Bien sûr, cela lui prend du temps (à lui aussi !), mais ce regard de confiance change notre réaction devant les erreurs de parcours, ce qui a pour effet de changer sa réaction également.

Ainsi, ensemble, on grandit. L’énorme différence, c’est qu’au lieu d’être contre lui, on est avec lui.

L’importance de la connexion

Cette dernière phrase fait parfaitement la transition avec ce dernier paragraphe, qui me tiendra lieu de conclusion. En effet, avant de terminer, je dois vous parler de connexion.

Parce que vous expliquer la recherche de solution est une chose. Mais cela ne fonctionnera que s’il y a déjà une bonne connexion entre vous. On ne peut changer de style éducatif du jour au lendemain, et penser que tout va magiquement suivre. Votre enfant a appris à réagir en fonction de votre posture.

L’un des principes fondamentaux de la discipline positive, selon Jane Nelsen, c’est : “Connecter avant d’enseigner.”. Ainsi, pour espérer créer une autre dynamique dans nos foyers, il s’agit de d’abord s’éloigner de ce qui nuit à la coopération, puis de peu à peu apprendre à connecter avec nos enfants.

Alors, le reste suivra. Et fonctionnera. Ayez confiance !

 

Et pour ceux d’entre vous qui voudraient creuser encore cette question, je vous encourage à jeter un oeil sur ce que je propose dans mon livret “Tout ce qu’il faut savoir sur les punitions et les récompenses pour s’en débarrasser.”

La méthode traditionnelle : récompenses et punitions

Les adeptes de la parentalité positive, dont je fais partie, sont persuadés que la méthode traditionnelle d’éducation ne fonctionne pas. La “méthode traditionnelle”, cela veut dire le système de récompenses et punitions. Nous en avons déjà parlé ici, et cette idée n’est pas nouvelle pour vous.

L’objectif de cet article est de vous transmettre le point de vue de Thomas Gordon sur la question. Et pour cela, je m’inspirerai du deuxième chapitre de Eduquer sans punir. Une lecture qui vous encouragera à réfléchir de nouveau à cette méthode traditionnelle, pour vous aider à vous faire votre propre opinion.

Sur quels principes repose cette méthode traditionnelle d’éducation ?

Tous les parents qui appliquent cette méthode traditionnelle n’ont pas forcément réfléchi aux principes qu’elle véhicule. (C’est bien toute l’idée de l’avancée sur ce chemin, d’ailleurs ! Prendre conscience de tout ce qui se joue de manière inconsciente chez nous, ne serait-ce que parce que c’est le modèle que nous avons reçu !)  Deux d’entre eux sont cependant fondamentaux pour croire à cette méthode.

L’obéissance

Bien sûr, ce que cherche le parent qui use de la récompense et de la punition, c’est l’obéissance de son enfant ! Le parent maintient dans ce cas une relation purement verticale avec son enfant : lui est au dessus, et l’enfant, en dessous, doit obéir.

 

Il est difficile de penser autrement la relation adulte-enfant, puisqu’elle nous a été enseignée ainsi. De mon côté, je vous en ai déjà parlé, je ne cherche pas à avoir des enfants obéissants. Je préfère que mes enfants gardent un sens critique, qu’ils puissent décider d’obéir ou non en fonction d’une certaine fidélité à leurs valeurs. Ce qui ne m’empêche pas de leur demander de la coopération ! Mais j’essaye de faire en sorte que ce soit bien des demandes, et non  des exigences (merci M Rosenberg), même si j’admets volontiers que c’est parfois frustrant !!

 

Ce principe d’obéissance est pourtant souvent pensé pour le bien de l’enfant. Car, après tout, c’est un modèle auquel il faudra bien qu’il se plie dans le monde extérieur ! La relation parent-enfant n’est pas la seule relation d’obéissance à laquelle nous sommes exposés dans notre vie. On peut encore évoquer la relation au professeur ou autre personnel de l’école (qui peut parfois être effrayante), l’obéissance à son supérieur dans l’entreprise, au dirigeant d’un pays, à son mari lorsqu’on est une femme…. Ah.. Certains de ces modèles évoluent quand même !

J’ai donc confiance en l’évolution de la société, vers des relations plus respectueuses, pas seulement entre femme et époux, mais également entre adultes et enfants ! Mais je m’égare et dépasse ici les propos de Thomas Gordon. Revenons à nos moutons.

 

Le jugement

Dans la mesure où l’adulte va agir pour modifier le comportement de l’enfant, c’est qu’il considère que son jugement sur le comportement de l’enfant est le bon. Nous sommes toujours dans un modèle de relation verticale, dans laquelle l’adulte est considéré supérieur à l’enfant, et en particulier plus compétent, et meilleur juge.

Quoi qu’il en soit, il faut donc que l’adulte, que l’on peut également qualifier ici de “contrôleur” juge le comportement de l’enfant afin de décider comment le corriger.

 

On peut s’interroger -je prends de nouveau des licences- sur l’objectivité de ce jugement. Puisqu’un jugement sur l’autre dépend de notre propre jeu de valeurs. Est-on en droit de l’imposer à l’autre ? Ce qui est sûr, c’est qu’on touche de nouveau bien à la différence entre l’obéissance et la morale, la première correspondant au fait de faire ce que l’on nous demande, que cela soit bon ou non, la deuxième à faire ce qui est bon, que cela soit ce que l’on nous demande ou non…

Gordon soulève en tout cas l’idée que ce jugement est fréquemment fait par rapport à nos propres intérêts. Il cite l’exemple parlant d’un professeur qui exclue un élève de la classe parce qu’il perturbe celle-ci. Et en effet, cela gène en particulier le professeur qui aimerait ne pas être interrompu.

 

Cet exemple fait d’ailleurs écho chez moi à une anecdote vécue, lorsque j’ai commencé à appliquer chez moi les principes de ma formation de  discipline positive en classe. Lorsque nous cherchions avec ma fille et son camarade des méthodes pour faire en sorte que nos cours de français soient moins interrompus par leurs histoires, le camarade propose de donner une récompense à celui qui interrompra le moins. Ainsi, quand un professeur (en l’occurence moi) lui demande quelques chose, il ne s’y trompe pas : il considère que c’est dans le seul interêt du professeur qui est donc responsable de trouver une autre motivation pour ses élèves. Ma réponse l’a pris par surprise. Je lui ai en effet expliqué ma perspective. Que j’aimerais que sa raison pour ne pas interrompre ne soit pas une récompense, mais bien de participer à un cours plus agréable pour tous. Et c’est effectivement ce qui s’est finalement passé ! Comme quoi, cela vaut la peine d’avoir confiance

 

Est-ce plus facile ?

Avertissement : ce paragraphe est une réflexion toute personnelle, et non une retranscription de ce que dit Gordon.

D’une certaine manière, je comprends bien que tout est plus facile lorsque l’enfant obéit ! Ou, du moins, que cela serait plus facile si l’enfant obéissait tout le temps. Parce qu’alors, il nous suffirait de lui indiquer ce qu’il a à faire, et nous n’aurions pas à nous battre pour que cela se fasse ! Etre parent est un travail épuisant, et nous aimerions bien que nos enfants nous le simplifient parfois… Finalement, notre jugement sur cette nécessité d’obéissance correspond bien à un jugement par rapport à nos propres intérêts. Bien vu.

Seulement, j’y vois deux problèmes majeurs.

  1. De toute façon, nos enfants n’obéissent pas systématiquement. Jamais. Ce n’est donc pas plus facile. Et je crois même plus difficile de se raccrocher à ce modèle qui voudrait qu’ils obéissent. Car nous ne cessons alors de nous heurter à des situations ressenties comme des échecs, et pour nous, et pour eux.
  2. Au passage, nous ne développons absolument pas les qualités que nous aimerions voir plus tard chez nos enfants. Ni l’autonomie, ni la prise de décision, ni le sens critique, ni la confiance en eux… Si tout ceci ne vous apparait pas clairement, je vous encourage à passer un moment à concevoir votre plan de route parental !

Que faut-il pour que cette méthode fonctionne ?

Le pouvoir du contrôleur

La base de tout ce système, c’est le pouvoir du contrôleur. Dans ce chapitre, le pouvoir est au coeur du discours. En effet, pour que le contrôleur puisse mettre en place la carotte et le bâton, ces motivations externes à adopter un certain comportement, encore faut-il qu’il ait un pouvoir sur l’enfant.

Et ce pouvoir découle du fait qu’il ait les moyens de satisfaire ou d’empêcher les besoin s de l’enfant.

Nous sommes dans une logique de contrôle externe pur, ne laissant pas de place au contrôle interne. Et ce contrôle externe n’est rendu possible que par la position de l’adulte. C’est lui qui a effectivement à sa disposition les moyens physiques de satisfaire l’enfant, ou non.

L’impact sur la relation

Ainsi, l’interêt du contrôleur est de garder l’enfant dans une position qui permet à l’adulte de garder les rênes. (Tiens, nous filons la métaphore de la carotte et du bâton !)
Ce qui aura pour résultat “une relation de dépendance et de crainte”. L’enfant attend en effet au quotidien le jugement et le bon vouloir de l’adulte…

Je pense que l’on peut rapprocher ce commentaire de ce que dit Jane Nelsen de la punition. Dans La discipline positive en effet, Jane Nelsen présente ce qu’elle nomme les “4 R de la punition” : Rancoeur, Revanche, Rébellion, Retrait.

Dans tous les cas, on se retrouve dans une relation qui est loin de répondre à ce besoin de connexion que nous avons déjà évoqué. Fondamentale dans une relation harmonieuse, la connexion est ce qui nous permettra d’espérer la coopération de notre enfant.

Les méthodes traditionnelles de récompenses et punitions sont donc de nouveau un frein à cette coopération

 

Grosse surprise quand l’enfant grandit…

Autre problème de ces méthodes : l’écart entre les moyens de l’adulte et ceux de l’enfant se résorbe au fur et à mesure que celui-ci grandit. Ainsi, l’adulte perd peu à peu son pouvoir sur les besoins de son enfant, et, par effet immédiat, il perd le contrôle !

Et nous voilà avec des parents qui ne comprennent plus leur adolescent…
Quand il était petit, il était si mignon… et maintenant, il n’écoute plus rien !!!

Je reprendrai ici simplement les mots de Gordon : “Comme ils ne peuvent plus contrôler leur enfant, comme ils n’ont jamais appris à l’influencer, ils se sentent impuissants.”

Un mot sur les conséquences

Je noterai sobrement le fait que Gordon écarte ici également toute forme de conséquence, qu’il considère être souvent assimilable à une punition. J’ai besoin de réfléchir et formuler encore les arguments qu’il formule ici. Car je suis convaincue qu’il y a une vraie différence entre la punition et la conséquence.

Mais je sais aussi que c’est une compétence qu’il est difficile de maîtriser. Nous avons d’ailleurs déjà soulevé la nécessité de chercher à avancer vers la recherche de solutions plutôt que vers les conséquences.

Je crois qu’une grande part de la différence tient également à notre posture, notre communication, notre intention en fait. Et cette intention n’est pas toujours évidente à identifier. Je trouve ainsi régulièrement des exemples de situations identiques qui pourraient tout aussi bien être interprétées comme une punition, ou comme une conséquence, selon la manière dont la communication est menée.

Je reviendrai donc sur ce thème.

Comment changer notre posture ?

Rome ne s’est pas faite en un jour, et nous aurons besoin d’abord de faire preuve de bienveillance envers nous-mêmes tandis que nous cherchons à avancer sur ce chemin de parentalité positive.

Pour commencer cependant, je vous propose les étapes suivantes, au rythme de questions à vous poser à vous-mêmes.

Pour prendre de la distance par rapport au jugement du contrôleur

  • Suis-je en train de juger l’autre ?
  • Quelqu’un d’autre que moi poserait-il le même regard ?
  • Puis-je trouver la raison positive qu’a la personne que je juge pour agir ainsi ?

Par rapport à notre schéma de pensée

  • Quelles sont, selon-vous, les raisons qui poussent les parents à rester dans ce schéma traditionnel ?
  • Quels en sont les avantages et les inconvénients  ?

Enfin, pour conclure, et malgré la longueur de cet article que je pensais au départ plus court, il me reste à vous indiquer que les chapitres suivants du livre reviendront en détail sur chacune de ces méthodes. Gordon y expliquera pourquoi, selon lui, les récompenses sont inefficaces, puis pourquoi les punitions sont inefficaces.

N’oubliez pas, avant de partir, de laisser en commentaire vos réponses aux questions ci-dessus !

 

Ce qui nuit à la coopération avec les enfants

Nous aspirons à créer un foyer dans lequel le mot-clef serait la coopération.
Il semble pourtant que nos enfants ne soient pas toujours dans cette dynamique !
Le sommes-nous nous-mêmes toujours ? L’exemple donné à nos enfants est fondamental, et, si nous cherchons à inclure cette idée de coopération dans notre plan de route parental, il est important de se demander d’abord si nos comportements sont bien en accord.

Car, nous en avons parlé précédemment, nous avons notre responsabilité dans le comportement de nos enfants !

Cet article reprend donc un chapitre du livre Parents respectueux, enfants respectueux, présentant ce qui, dans notre maison, peut alimenter les conflits et nuire à la coopération.

Le manque de temps pour entrer en lien avec les autres

La société va de plus en plus vite, et notre rythme familial s’en ressent également.
Ce n’est pas la première fois que je me le dis : la parentalité positive est également une question de rythme. Je n’affirmerai pas que lenteur rime toujours avec bonheur, mais calmer un peu le jeu pour passer du temps ensemble, en famille, est clairement une pratique qui aidera à développer la coopération au sein de celle-ci.

Car, pour une relation harmonieuse, nous avons besoin d’être en lien. Souvent, nous passons du temps avec nos enfants, mais du temps que nous pourrions qualifier de “gestion” : préparation pour l’école, les bains, les repas. Prenons-nous le temps également de nous asseoir, de jouer, de discuter ?

Sans même parler des moments particuliers, qui sont la meilleure manière de nourrir le besoin d’attention d’un enfant, des moments de partage en famille seront déjà un sacré bon début !!
(Note : au moment où j’écris cet article, nous sommes fin novembre, et ces phrases me font penser aux idées lancées par Gwen de Petit bout par petit bout pour construire en calendrier de l’avent en mode “reconnexion” !)

Les auteurs évoquent ici également les réunions familiales, qui sont toujours des moments privilégiés d’échange et de coopération. Chez nous en effet, cela marche vraiment bien (et il faut vraiment que je prenne le temps de faire un article à ce sujet…). C’est non seulement une occasion de discuter des problèmes qui se posent pour y trouver des solutions qui conviennent à tous, mais également de prévoir d’autres moments partagés.
C’est d’ailleurs suite à une réunion familiale que nous avons enfin planifié, pour le surlendemain une sortie au restaurant à 4 avec nos plus grands, qu’ils nous réclamaient pourtant depuis un moment déjà !

Et à l’adolescence ?

Cette notion de manque de temps pour créer le lien fait également écho chez moi à une conférence de Catherine Dumontheil-Kremer (auteur de Poser des limites à son enfant) écoutée il y a peu, dans laquelle elle parlait spécifiquement de l’adolescence.

Tout comme moi, elle ne pense pas forcément nécessaire la “crise d’ado” tant crainte par les parents, la reliant plutôt à un mode d’éducation. Dans le contexte de son éducation bienveillante, tout comme chez nous avec notre grand de 15 ans, elle fait bien sûr face à des conflits, comme avec les plus jeunes, mais pas à des crises !

Elle soulignait en revanche, et j’ai trouvé cela très juste, que la difficulté de cette période de l’adolescence résidait probablement dans l’entretien du lien, justement. En effet, si le jeune enfant nous sollicite beaucoup, l’ado ne le fait plus, et nous avons de ce fait moins d’opportunités de nourrir le lien ! Elle conseille donc fortement d’accepter de faire le taxi, pour le seul bénéfice de passer du temps en tête à tête avec son ado. Et je confirme que ces trajets sont toujours l’occasion de bonnes discussions !
(Chez nous, une chose persiste également : les jeux de société ! Qui fonctionnent mieux encore que ces trajets !)

Etiquettes, comparaisons, et critiques

Nous avons déjà évoqué le piège des étiquettes, une des premières notions que j’ai découvertes lorsque j’ai commencé à cheminer, en lisant Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Faber et Mazlish.

L’étiquette posée sur l’autre (“Il est paresseux !”, “Elle est têtue”) ne peut décrire la nature changeante de l’enfant !
Les étiquettes présentent également un risque majeur : “En plus d’être inexactes et blessantes, ces étiquettes peuvent influencer ceux qui les reçoivent à un point tel qu’ils finissent par y correspondre.”
Il serait plus juste de s’attacher à des observations précises, sans étiquette ni jugement, qui laisseraient la place à l’enfant d’évoluer, de corriger, de progresser…

Pour ce qui est des comparaisons, on peut dire qu’elles vont complètement à l’encontre de la coopération puisqu’elles nourrissent plutôt un sentiment de rivalité, de jalousie.
(Pour savoir comment éviter cette rivalité, n’hésitez pas à télécharger gratuitement mon bonus sur les habitudes à modifier pour atténuer les disputes dans la fratrie, en fin d’article)

Ainsi, lorsque nous voulons encourager un enfant à changer de comportement, nous aurons toujours plus de chances d’obtenir sa coopération en l’accompagnant, en l’aidant à réfléchir à des solutions, plutôt qu’en basculant dans les étiquettes et les critiques.

Les récompenses et les punitions

Les récompenses et les punitions sont indispensables “lorsque les parents veulent amener les enfants à faire quelque chose contre leur gré”.
La méthode de la carotte et du bâton : un contrôle purement extérieur, là où nous voudrions plutôt développer la motivation intrinsèque de l’enfant.

En fait, user de punitions et de récompenses signifie rester dans un schéma (par ailleurs classique) de relation purement verticale entre l’adulte et l’enfant. Nous exerçons alors un pouvoir sur eux, pas avec eux. (Et si cette notion de pouvoir positionnel vous intéresse, je vous encourage à lire cet article spécifique sur le thème du pouvoir).

Lorsque nous commençons à nous interroger, non seulement sur ce que nous voudrions que notre enfant fasse, mais également sur les raisons que nous voudrions qu’il ait pour faire cela (la peur d’être puni, ou l’envie de contribuer ?), nous nous éloignons plus facilement de cette méthode…
Car il est certain qui ni la punition (qui créera plutôt un désir de vengeance), ni la récompense (qui entrainera une accoutumance, et du marchandage) ne l’amèneront à la coopération spontanée !

Chez nous, non seulement ces méthodes n’existent plus, mais nous saisissons régulièrement l’opportunité d’en discuter lorsque nous en sommes témoins à l’extérieur.
C’est probablement la meilleure méthode pour amener nos enfants à appréhender la bienveillance dans la maison, et son bénéfice.

 

Nos habitudes de pensée et de communication

Malgré toutes nos bonnes intentions, malgré tout ce que nous avons déjà appris en avançant sur le chemin de la parentalité positive, il n’est pas rare que nos habitudes de pensées et de communication ressurgissent, et que celles-ci constituent un frein à notre relation.

Ici, les auteurs parlent particulièrement des mots “mais”, et “devoir”, qui ont, selon elles, une grande influence sur la réaction de l’enfant.
Lorsque nous validons le sentiment de l’enfant, et que nous enchainons avec un “mais”, c’est comme si nous annulions ce que nous venons de dire…
Lorsque nous indiquons à l’enfant qu’il “doit”, ou “devrait”, nous lui communiquons que nous savons mieux que lui ce qui lui convient.”

A la relecture de ce chapitre, je me promets d’y faire plus attention. Je ne crois pas utiliser le verbe “devoir”, ai-je raison ? Je sais en revanche que ce “mais” fait encore régulièrement son apparition, même s’il est moins fréquent qu’avant !

Ce ne sont cependant pas les seuls pièges, apprendre ce nouveau mode de communication, c’est apprendre une nouvelle langue, et je me rends compte régulièrement comme certaines habitudes peuvent être tenaces ! Cela nécessitera, en fait, un article à part entière !

 

Pour acheter Parents respectueux, enfants respectueux en format poche (il existe également au format broché, mais j’aime mieux les formats faciles à emporter !)

Pour ou contre la punition ?

Je remonte enfin mes manches pour aborder vraiment la question de la punition. Se faire son avis sur ce point n’est pas toujours évident. Et pourtant, je vais le formuler simplement : êtes-vous pour ou contre la punition ?

La première fois que j’ai écrit ici sur le sujet, c’était il y a près de 2 ans, en résumant le chapitre sur la punition de Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent.

C’est drôle pour moi de relire cet article, parce que j’y notais que mon mari et moi n’étions pas encore bien en ligne, et que je ne croyais plus à la punition.

Depuis, ma croyance s’est affirmée, et mon mari est devenu également convaincu ! Nous avons avancé ensemble sur ce chemin. Je vous invite ici à mieux comprendre pourquoi.

 

Tout d’abord, nous pourrions commencer par nous poser la question suivante :

Pourquoi punissons-nous ?

C’est vrai, ça, pourquoi ? C’est étrange quand on y pense : lorsque nous abordions les raisons pour lesquelles nous nions les sentiments des enfants, nous avons parlé de notre tendance à vouloir leur éviter les expériences négatives,  à les protéger de leurs moments de détresse… et pourtant, nous n’hésitons pas à les faire se sentir mal pour les encourager à se comporter bien… bizarre…

Enfin, cette remarque mise de côté, je vous encourage surtout à vous retourner sur les cas dans lesquels vous êtes tentés par cette solution. Quels sont les moments où vous avez recours à la punition ?

Ayant déjà posé cette question à de nombreux parents, je sais que la réponse la plus fréquente est : “quand je ne trouve plus d’autre solution”.

Voilà, tout est là. En fait, punir un enfant, c’est avouer qu’à ce moment-là, on est incompétent ! On ne sait pas quoi faire d’autre, on est désemparé !!

Bon.

Mais arrivons alors à la question suivante : la punition fonctionne-t-elle ?

Après tout, on pourrait dire que si la punition atteignait son but, même si elle n’est pas agréable, elle est nécessaire, et c’est une méthode à employer. Cependant, est-ce le cas ? La punition d’un comportement inadéquat permet-elle de corriger ce comportement ?

Oui. Souvent, l’enfant cesse. La punition fonctionne. A court terme.

Oui, c’est bien ce que j’ai écrit : à court terme. Parce que finalement, dans la majeure partie des cas, le comportement en question revient. Ou bien, pour que ça continue à marcher, il faut punir plus fort. Et on entre dans un cercle vicieux…

Ce n’est pas tout à fait vrai, il est également possible que ça fonctionne à plus long terme si on réagit de façon vraiment forte. Si l’enfant a vraiment peur de nous, et que nos réactions lui font passer le message qu’il ne vaut rien. Du coup, il n’essaye plus, il entre en mode de soumission complète, avec une confiance en lui complètement anéantie. Hum. Je ne peux même pas m’attarder sur ce cas qui me brise le coeur.

Revenons donc au cas plus courant de la punition à court terme.

Question suivante :

Que ressent un enfant qui est puni ?

D’abord, évidemment, il est en colère contre le parent qui lui a posé la punition ! Ca lui donne de la rancoeur, ça encourage son désir de vengeance…

Je fais ici appel à votre imagination : vous êtes au travail, et vous avez oublié de rendre le document que votre responsable attendait de vous. Il vous en fait le reproche, puis décide que puisque c’est comme ça, vous resterez 1h de plus tous les soirs de la semaine suivante. Comment vous sentez-vous ?
Ca vous parait logique, juste ? Ca vous donne envie de mieux collaborer avec lui la prochaine fois ?
D’un certain côté, un peu, parce que vous avez peur que ça vous arrive de nouveau, mais le ferez-vous de gaieté de coeur ? Essayerez-vous de rendre le meilleur travail possible ? Ou serez-vous tellement rancunier qu’à la première occasion, vous essayerez de lui mettre des bâtons dans les roues ? Mais attention : sans vous faire prendre !
Donc, en plus de la rancoeur et du désir de vengeance, ça encourage aussi un désir de dissimulation !!

La prochaine erreur ne sera pas assumée, elle sera cachée, simplement.
Nous pouvons abandonner nos espoir d’enseignement du sens des responsabilités…

Toute connexion est donc brisée, et toute démarche de coopération tuée dans l’oeuf…

Car, comme le dit Jane Nelsen, il est nécessaire de connecter avant d’enseigner. (Au passage, quelques pistes pour connecter dans cet article)

Arrivé à ce stade de la réflexion, normalement, on commence à comprendre que la punition n’est pas seulement inefficace, mais carrément contre-productive. 

Mais ce n’est pas fini. Car le raisonnement peut aller plus loin.

Marshall Rosenberg (le créateur de la CNV – Communication Non Violente) suggère de se poser 2 questions quand on fait face à un comportement inadéquat de l’enfant :
“Que voulez-vous que votre enfant fasse différemment ?”
“Quelle motivation souhaitez-vous que votre enfant ait pour faire ce que vous lui demandez ?”

Et c’est cette deuxième question clef qui change tout : si la réponse est “la peur de la punition”, alors on peut continuer à punir. Toute autre réponse nous aide à remettre la punition en cause, parce qu'”elle l’empêche d’agir pour les raisons que nous aimerions qu’il ait.”

Oui, elle l’empêche. Car, comme le disait le Dr Ginott (le mentor de Faber&Mazlish), en le punissant, nous offrons à l’enfant une distraction : au lieu de réfléchir à ce qu’il a fait, il rumine sa colère contre nous !

En fait, la punition est simplement une forme de contrôle extérieur. Nous ne développons pas en punissant la motivation interne mais l’obéissance à la personne qui a le pouvoir.

Mais j’ai des raisons de ne pas vouloir d’enfant obéissant, et je ne veux pas leur donner ce modèle de l’usage du pouvoir positionnel.

Voilà pourquoi la punition n’existe plus chez nous.

Si vous voulez qu’il en soit de même chez vous, je vous recommande la lecture de mon livret punitions et récompenses.

 

 

Ce qui nous amène donc à la dernière question de cet article, celle que vous attendiez avec impatience :

Sans punition, comment faire ?

D’abord, commençons par discuter du problème. Car parler vaut mieux qu’une punition !

Cherchons à comprendre ce qu’il s’est passé, en leur accordant le bénéfice du doute. Nous aiderons ainsi nos enfants à avancer, en leur enseignant la valeur de l’erreur, opportunité d’apprentissage (comme nous l’avions évoqué quand nous avons exposé les principes adlériens, fondateurs de la discipline positive).

Ensuite, si la situation se répète, nous entrerons avec lui dans une démarche de recherche de solution.

Vous en trouverez la description dans le chapitre 4 de Parler aux ados pour qu’ils écoutent, les écouter pour qu’ils parlent, et son application ne se limite absolument pas aux ados.
(Voici d’ailleurs des exemples qui vous inspireront peut-être :
avec Léon, 3 ans, qui nous réveillait le matin
avec Léon et Anatole, 5 et 3 ans, pour savoir qui aurait le premier câlin
avec les enfants de mon amie, 11 et 5 ans, qui sautaient sur le trampoline)

Enfin, si la recherche de solution ne donne rien, ne fonctionne pas (ou pas encore), on pourra penser à mettre les enfants face à leurs responsabilités en imposant des conséquences.
Pas des punitions, des conséquences.

Ainsi, nous éloignant enfin de cette VEO (Violence Educative Ordinaire) qu’est la punition, nous entrerons enfin dans une relation plus respectueuse avec notre enfant, (le respect ne sera plus une notion toute relative), et nous lui passerons le message que nous sommes dans son équipe. Que nous sommes son guide pour l’aider à grandir, et à se développer, comme une personne responsable, et capable de trouver sa propre motivation. Ayons confiance.

, ,

Quelle est la différence entre une punition et une conséquence ?

La parentalité positive parle de se débarrasser complètement des punitions ?
Alors, comme ça, les enfants peuvent faire n’importe quoi sans que ça prête à conséquence ??
Non, ils ne le peuvent pas.
On a dit qu’on s’affranchissait des punitions. Pas des conséquences.
Les conséquences peuvent être, au contraire des punitions, une bonne manière de faire en sorte que les enfants assument leurs responsabilités.

Mais pour cela, encore faut-il connaître la différence !

Je vais vous l’expliquer en reprenant les termes de Jane Nelsen, auteur de La Discipline Positive.

Une conséquence est :

  • en Relation avec l’acte
  • Respectueuse
  • Raisonnable
  • Révélée en avance

Ce sont les 4 R de la conséquence.

La conséquence est en Relation avec l’acte : probablement le point le plus important, celui qui donne la logique de la démarche :
Priver son fils d’ipad parce qu’il a mal parlé à sa soeur, c’est une punition.
Le priver d’ipad parce qu’il le laisse trainer après utilisation, ça peut être une conséquence.

La conséquence est Respectueuse : il ne s’agit pas d’humilier l’enfant, de se moquer de lui. (Lui faire lécher le sol pour nettoyer ce qu’il a renversé n’est pas une conséquence, c’est une punition, parce que c’est humiliant. C’est carrément une violence en fait !!)

La conséquence est Raisonnable : elle sera adaptée en particulier à l’âge de l’enfant. Faire payer le nouveau pull à son fils de 12 ans parce qu’il en a perdu 5 peut être raisonnable, lui faire payer tous ses pulls à vie ne l’est pas…

La conséquence est Révélée en avance : ce point-là peut sembler difficile, mais c’est celui qui fait tenir le tout. Parce qu’on a prévenu l’enfant, il peut assumer la responsabilité de ses actes. Il connaissait la conséquence. Il savait que s’il perdait encore un pull, il devrait le repayer, il savait donc qu’il était de sa responsabilité d’y faire plus attention. (et pour cela, nous allons le voir, on peut essayer de l’aider avant, pour essayer de l’aider à réussir ! Car nous sommes dans son équipe !)

 

Vous noterez au passage que si la conséquence doit être révélée en avance, c’est donc que ce n’est pas une décision hâtive, suite à un problème soudain. La conséquence n’est mise en place que pour des situations qui se répètent, et que nous avons donc anticipées !

Parce qu’on a aussi tous le droit à l’erreur, nos enfants y compris. Si votre fils arrache les fleurs du voisin, il ne sera pas puni, et la conséquence n’aura pas été prévue (car vous ne l’aviez pas anticipé, à moins qu’il ne fasse ça toutes les semaines…). Non, dans ce cas c’est une erreur et donc, comme nous l’avions vu dans les principes adlériens, une opportunité d’apprentissage.  Il s’agira alors plutôt de mettre en place avec lui une démarche de réparation (article à venir).

Maintenant, allons un peu plus loin dans la connaissance de la conséquence.
Il existe deux types de conséquences : les conséquences naturelles, et les conséquences logiques.
Dans les 2 cas, ce ne sont des conséquences que si elles répondent aux 4 R sus-mentionnés.

La conséquence naturelle, c’est ce qui arrive si nous décidons de ne pas intervenir.

Prenons l’exemple de l’enfant qui oublie régulièrement de noter ses devoirs. Si la maman (comme ça arrive beaucoup ici à Puerto Rico, où je vis) a la démarche systématique de se renseigner auprès d’autres mamans pour obtenir l’information, il y a peu de chances que l’enfant apprenne à noter ses devoirs.

En ayant cette démarche, nous ne l’aidons pas à grandir, à développer son autonomie, à avoir confiance en lui sur le fait qu’il peut se débrouiller sans sa maman. Nous ne l’armons pas pour son futur, en fait, en voulant l’aider, n’ayons pas peur des mots, nous nuisons à son développement.

Il vaudrait mieux lui donner l’opportunité d’expérimenter les conséquences naturelles de sa négligence.

Il ne s’agit cependant pas de lui tendre un piège. Nous n’allons pas changer d’attitude du jour au lendemain sans l’avoir prévenu. Au contraire, nous préparerons la démarche.

Nous nous asseyons donc avec l’enfant, et lui disons calmement :
“Je me suis rendu(e) compte que tu oubliais régulièrement de noter tes devoirs. Je ne pense pas que le fait de les chercher pour toi soit une aide. Je pense que tu es tout à fait capable de noter tes devoirs convenablement, et que tu n’as pas besoin de m’impliquer dans cette démarche. J’ai donc décidé de t’en rendre la responsabilité, et de ne plus me renseigner sur les devoirs du jour si tu oubliais de nouveau de les noter.”
Nous pouvons même aller plus loin en accompagnant l’enfant dans sa préparation vers la réussite :
“Maintenant que tu en as la responsabilité, que penses-tu mettre en place pour ne plus oublier de noter tes devoirs ?” On peut l’aider à trouver des idées, mais ce n’est pas à nous de lui imposer la méthode. Laissons-le essayer de trouver la sienne. A long terme, il vaut mieux que les devoirs ne soient pas faits quelques fois, mais qu’il trouve comment s’y prendre pour mettre cette démarche en place que le contraire !

Ensuite, le jour où il revient sans ses devoirs, ce qui risque fortement de se produire, résistons à la double tentation : 1) de revenir sur ce que nous avons dit en allant chercher les devoirs, 2) de lui commenter que “Je t’avais bien dit que … Encore, tu as oublié ??”, et de remuer ainsi le couteau dans la plaie.

Contentons-nous plutôt de recevoir sobrement le sentiment, et transmettons-lui notre confiance en lui pour le futur : “Aie, tu as oublié de noter tes devoirs ? Non, je ne vais pas appeler la maman de X. Je comprends que tu sois embêté, je suppose que la prochaine fois, tu n’oublieras pas.”

Et voilà. S’il continue à se plaindre, ne pas se laisser entraîner, s’éloigner. Il a le droit d’avoir un sentiment négatif, nous le laissons l’expérimenter et grandir !

La conséquence logique est celle que nous mettons nous-mêmes en place.

Parfois, le problème se répète, et on n’a pas le choix, il y a une conséquence à mettre en place.

Ca peut aller de très simple à plus complexe.

Par exemple, après avoir expliqué plusieurs fois à Anatole (3 ans) que les feutres qui restaient ouverts séchaient, lui avoir rappelé de les fermer quand il les utilisait, lui avoir expliqué que ça ne me plaisait pas.. j’ai fini (après le lui avoir annoncé avant) par simplement enlever les feutres. Il se contente à présent de crayons et de crayolas.

Parfois c’est plus sérieux. Comme quand après avoir eu plusieurs conflits avec Oscar (14 ans) sur le temps passé à l’attendre quand on venait le chercher à ses tournois, alors que ça nous coutait déjà de faire la route, on a décidé qu’il devrait trouver son propre moyen d’y aller… Cet épisode, délicat, mérite d’ailleurs un article en soi, que je ne manquerai pas d’écrirebientôt.

Dans tous les cas, ça participe à l’enseignement, tant que c’est fait de manière respectueuse.

Parfois, on ne trouve pas de conséquence. Pas besoin d’insister. C’est que la conséquence n’est pas le bon outil. Elle ne devrait d’ailleurs pas être utilisée trop souvent. A-t-on bien creusé les autres pistes ?

Car, avant de mettre en place une conséquence, il vaut mieux prendre le temps de réfléchir à la résolution du problème directement avec l’enfant. Lui laisser une chance que ça marche autrement. Parce que le problème de la conséquence, c’est qu’elle prive de l’opportunité d’apprentissage.

Alors, si vous êtes vous-même en apprentissage, remplacez déjà les punitions par des conséquences.  Puis, peu à peu, allez un cran plus loin, et impliquez vos enfants dans les recherches de solution. Comme cette maman d’un de mes ateliers, dont le fils jetait des jouets par le balcon, et avec qui nous avons pu travailler, au delà de la conséquence de fermer la porte du balcon, sur une recherche de solution.

Vous verrez, vous en sortirez tous gagnants !

Rq : on avait aussi déjà abordé cette question lors de la lecture de Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, lorsque les auteurs nous conseillaient, dans le chapitre sur les alternatives à la punition, de laisser l’enfant subir les conséquences de ses actes, après lui avoir donné un choix.

 

 

 

 

Parler vaut mieux qu’une punition !

Vendredi dernier, j’avais invité une copine d’Alice (10 ans) à la maison après l’école.

Mais voilà qu’une heure avant la sortie, je reçois un message de la maman, m’expliquant qu’elle vient de recevoir un message du prof d’espagnol, lui expliquant que sa fille s’est mal comportée en cours (oui, ici, on peut recevoir des mails des profs, et être au courant avant la sortie…) Du coup, elle ne veut plus la laisser aller chez moi, elle aurait l’air de la récompenser de son mauvais comportement…

Bon, je l’appelle. Un résumé de ma conversation avec elle :

“Attends, ne me fais pas ce coup-là ! Les filles avaient tellement envie de jouer ensemble, ça fait un bon moment qu’on n’avait pas réussi à organiser qu’elles se voient ! Qu’est-ce qu’il se passe avec la prof d’espagnol ?
– Coralie, je suis furieuse, me dit-elle, tu te rends compte ? Un mot de la prof d’espagnol ! Je ne peux pas le croire, jamais je n’ai reçu un mot d’un prof !! Apparemment, ça fait 2 cours de suite qu’elle se comporte mal, qu’elle discute et dérange les autres… Je ne peux pas l’amener chez toi, pas juste après ça !
– Bon, ok, il y a un problème avec le cours d’espagnol, et il faut le régler, mais ça n’a rien à voir !!   (Note : on est en plein dans la différence entre la punition et la conséquence, et ça tombe bien, je connais mon sujet !) Parlons donc du cours d’espagnol. C’est la première fois que tu reçois un mot d’un prof. Bon, c’est une bonne nouvelle. On le voir aussi de l’autre côté : au cours de toutes ces années, et de toutes ces matières, c’est la première fois que tu reçois un mot d’un prof ! Dis donc, elle se comporte sacrément bien, ta fille ! Allons bon, cette fois, elle a fait un faux pas. Ma foi, ça arrive, il est naturel de dévier parfois… Mais comme on sait que d’habitude, elle se comporte bien, et comme en plus c’est 2 fois de suite dans le même cours, on peut essayer d’en parler avec elle… On a confiance en elle, on veut savoir ce qu’il se passe. Attendons son point de vue avant de juger. ”

Heureusement, la maman est vraiment ouverte dans la conversation. Après quelques minutes, elle semble acquise à ma cause, ou plutôt à la cause de sa fille. C’est alors qu’elle me demande : “Bon, ok, elle va chez toi cet après-midi, mais alors… tu voudras bien parler avec elle ?” Ah ah, bien sûr, je veux bien parler avec elle ! Je remercie la maman de m’avoir écoutée !!

 

L’après-midi donc, lorsque je retrouve ma fille et sa copine, je demande si je peux lui parler. Ca donne quelque chose comme :

“Dis donc, j’ai entendu dire que tu avais eu des problèmes en cours d’espagnol, qu’est-ce qui s’est passé ?
– eh ben… Je n’arrêtais pas de parler, alors la prof s’est fâchée parce que je dérangeais les autres.
– ah mince… et comment tu te sens par rapport à ça ?
– mal… parce que je sais qu’elle a raison, que je ne devrais pas déranger les autres !
(bien vu, donc la conséquence est déjà là, la fille se rend compte de son comportement, en prend la responsabilité, et en a déjà tiré leçon, on n’a effectivement pas besoin de punition !)
– Mais d’habitude, dans les autres cours, tu n’as pas de problème de comportement. Ca se passe toujours bien, tu sais très bien te retenir de bavarder (renforcement du rôle positif), alors qu’est-ce qui se passe en cours d’espagnol ? Qu’y a-t-il de différent pour que tu te retrouves à bavarder dans ce cours-là et pas les autres ?
– C’est que la manière dont la prof fait le cours est différente, et les tables aussi. On travaille sur des tables rondes, et on est censé avancer tout seul, pas en écoutant quelque chose que dirait la prof, alors je peux discuter en travaillant (elle a effectivement de très bonnes notes dans ce cours, elle est en bien capable, ce sont ses camarades qui ne le sont pas), ce qui n’est pas le cas dans les autres cours, où la plupart du temps on doit écouter ce que dit la prof… Alors, comme il m’était arrivé quelque chose de cool le matin, je voulais le raconter aux copains…
– Eh oui, je comprends… (Maintenant que j’ai bien écouté, je vais entrer dans la phase “implication de l’enfant dans la résolution du problème”) Alors, à ton avis, que pourrais-tu faire pour éviter cette tentation ? Parce que c’est ça la difficulté… Moi par exemple, je sais bien que je ne devrais pas manger du gâteau au chocolat tout l’après midi, mais quand il y a du gateau au chocolat dans la cuisine, et que je passe devant, je suis trop tentée, alors j’en mange… Pour éviter ça, je mets le gâteau dans le frigo, comme ça, je ne le vois pas. Qu’est-ce que tu penses que tu pourrais faire pour éviter la tentation de parler à tes copains en cours ?
– je pourrais… je pourrais demander à la prof de me changer de table pour ne plus être avec mes amis !
– tiens, c’est une super idée, ça, attends, je vais la noter ! Quoi d’autre ?”

C’est l’étape de brainstorming, tout le monde y va de son idée, et je note tout :

mettre mes amis au frigo
avoir un petit écriteau devant moi qui dit “Ne pas parler” de mon côté, et “Ne pas déranger” de l’autre côté
faire en sorte qu’il ne m’arrive rien de cool à raconter
attendre la fin du cours pour raconter

On a vraiment passé un moment sympa à chercher des solutions, et la copine était contente de cette conversation !

Quand sa mère est arrivée en fin de journée, on lui a lu la liste de nos idées, expliquant qu’il leur restait à choisir ensemble la solution à retenir. J’étais vraiment heureuse de voir que sa connection avec sa fille n’avait pas été rompue pour cette histoire de mauvais comportement. Elle a visiblement été convaincue par le fait qu’il y avait d’autres manières d’aborder les choses, et m’en a remerciée.

Un pas de plus pour la parentalité positive !

 

,

Parler aux ados Chapitre 3 : punir ou éviter la punition

La punition… Sujet de controverse.
Passer de la punition à la conséquence, pour certains, c’est seulement de la sémantique. Mais quand on approfondit un peu le sujet, on se rend compte que ça ne l’est pas du tout.
Nous avions déjà abordé cette question dans Parler pour que les enfants… au chapitre 3 sur les punitions.

Cette fois, on parle plus spécifiquement de l’ado, mais le principe est le même.

Le message n’est pas “Je détiens tout pouvoir sur toi.” (Message envoyé lorsqu’on punit, surtout un ado), mais bien : “Je suis de ton côté, réhaussons le niveau.”
En communiquant autrement, on donne la responsabilité à l’enfant. Un message plus fort pour éviter la récidive, sans pour autant faire passer le message que c’est une mauvaise personne. Toujours rester respectueux.
C’est plus difficile que de punir l’enfant, mais mieux pour l’obliger à assumer ses responsabilités. Parce qu’en punissant, on lui permet d’ignorer son méfait et de se focaliser sur son ressentiment contre nous. En fait, ça le prive de son travail de prise de responsabilité.
Ainsi, en punissant, on peut mettre fin au comportement, mais on empêche les enfants de s’auto-corriger.

Pourquoi est-il si difficile de changer nos punitions en conséquences ? Parce qu’il est des situations pour lesquelles il n’y a pas de conséquence. Alors, le parent est frustré de ne pouvoir réellement réagir…
Mais est-il besoin de réagir ? Le seul fait de voir le résultat de ses actions est parfois suffisant…
Dans tous les cas, les étapes importantes sont :
Exprimer ses sentiments
Exprimer ses attentes
Indiquer une façon de réparer
Donner un choix
Prendre des mesures

Et si cela ne suffit pas, ou si la situation se répète,  passer à la phase de résolution de problème (déjà abordée dans Parler pour que les enfants…, mais approfondie dans le contexte de l’adolescence dans le chapitre suivant de ce livre.)

Note :
Un article pour aller plus loin sur la différence entre punition et conséquence (avertissement : il est en anglais) :
https://www.responsiveclassroom.org/punishment-vs-logical-consequences/

 

Retour à l’article du livre

,

Parents épanouis, enfants épanouis – Faber et Mazlish

(Note : cliquer ici pour voir les autres livres de ma bibliothèque)

parents-epanouis
C’est le 2ème livre que je lis de Adèle Faber et Elaine Mazlish, en fait le 1er qu’elles ont écrit, reprenant les principes de la personne qui les a formées : le Dr Ginott.
Titre original : Liberated parents, liberated children – your guide to a happier family

C’est très interessant comme lecture complémentaire à Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent.

Là où ce dernier était très structuré, avec des listes de points à retenir par chapitre, celui-ci a plus la forme d’un récit. Le récit de l’apprentissage des auteurs, celui qui les a fait devenir ce qu’elles sont.

Avant d’écrire des livres et d’animer des ateliers, elles ont elles-même suivi des ateliers, lutté pour être de meilleures mères, réfléchi sur les conseils qu’elles recevaient.
C’est pour moi une autre méthode d’apprentissage également : il n’est pas aussi aisé de faire des résumés chapitre par chapitre, l’ambiance générale du livre fait passer des messages, qui pénètrent peu à peu…

(Note : pour un comparatif de ces deux livres et plus de détails sur les raisons de commencer par l’un plutôt que par l’autre, je vous encourage à aller en lire le comparatif chez mon amie Gwen de Petit bout par petit bout)

Je vais quand même essayer de faire de mon mieux.

Note : Il y a évidemment certains chapitres dont les principes reviennent dans Parler pour que les enfants écoutent…, de sorte que même s’il y a plus d’exemples donnés dans ce livre, je me sers parfois de renvois directs à des chapitres déjà détaillés lors de mes notes précédentes.

Table des matières :
1- Au commencement étaient les mots

LES ENFANTS SONT DES PERSONNES

2- Leurs sentiments sont bien réels

3- Les variations dans l’écoute des sentiments

4- Quand un enfant se fait confiance

5- Lâcher prise : dialogue sur l’autonomie

6- “Bien”, ce n’est pas assez bien : une nouvelle façon de complimenter

7- Les rôles qu’on leur fait jouer

8- N’essayez pas de les faire changer d’idée : changez l’humeur

LES PARENTS SONT DES PERSONNES

9- Nos sentiments sont bien réels

10- Une protection pour moi, pour eux, pour chacun d’entre nous

11- La culpabilité et la souffrance

12- La colère

13- Un nouveau portrait pour un père et une mère

,

Parler pour que les enfants écoutent… chapitre 3 : Remplacer la punition

Alors là, on touche à un sujet sensible, un sujet sur lequel Nico et moi ne sommes pas encore bien en ligne.

A force de lire des choses, j’ai évolué. Je comprends beaucoup mieux aujourd’hui ce que me disait mon amie Patricia, quand elle faisait la différence entre une punition et une conséquence.
Une conséquence, ça a rapport avec l’agissement qu’on cherche à corriger. La punition non.
Exemples :
“Tu ne peux pas toucher à mon ordi parce que tu n’es pas rentré à l’heure”, c’est une punition.
“Tu ne peux pas toucher à mon ordi parce que la dernière fois tu ne l’as pas éteint, alors que tu sais qu’il y a ici des sautes de courant”, c’est une conséquence.
Le problème, évidemment, c’est qu’il n’y a pas toujours des conséquences pour chaque situation. C’est pour ça qu’on est facilement tenté d’évoluer vers la punition.
Mais je n’y crois plus, moi, à la punition.

Le livre spécifique sur les adolescents explique vraiment bien les raisons pour éviter les punitions, et c’est donc l’article que j’écrirai sur ce livre-là qu’il faudra lire pour bien le comprendre, quand je l’aurai écrit… (Note plus tard : l’article en question est écrit, il est ici).

 

Alors, comment éviter la punition ?
D’abord, c’est évident, il faut anticiper les problèmes.
C’est à dire, essayer de faire en sorte que les problèmes ne se posent pas, de sorte qu’on n’ait pas à se poser la question d’une punition ou pas. Aah… facile à dire ?
C’est vrai, mais c’est bien toute l’idée de la mise en place de nouveaux modes de fonctionnement et de communication. Les méthodes proposées dans le chapitre précedent sur la coopération sont déjà un très bon point de départ.

Malgré ça, on peut toujours arriver à un point de blocage. Alors dans ce cas là, comment peut-on réagir autrement qu’en punissant?

Voilà ce qui est proposé ici :

1. Exprimer fortement sa désapprobation
(mais en se retenant de l’usage d’une quelconque étiquette générale…)
“Je ne supporte pas de voir un enfant en taper un autre !”

2. Indiquer ce qu’on attend de l’enfant
“Quand je te prête mes outils, j’attends de toi que tu les remettes dans ma trousse à outils.”

3. Lui montrer comment bien faire

4. Donner un choix
“Tu peux jouer au ballon dehors, ou jouer à autre chose à l’intérieur.”

5. Passer à l’action
en le laissant subir les conséquences de ses actes
“Je vois que tu as choisi de rester à l’intérieur” – en enlevant le ballon


Ainsi, on a eu un problème avec Oscar, qui laissait trainer son ordi par terre.
Voilà un exemple où le changement de présentation dans la communication est assez clair :
Au lieu de dire “Si tu laisses encore ton ordi par terre, je le supprime”, on peut dire: “Tu as le choix : soit tu prends soin de ton ordinateur, en particulier en ne le laissant pas par terre, soit tu décides de ne pas t’en servir.”
C’est exactement la même démarche, mais le message est clair sur le fait que c’est lui qui est acteur, il ne fait pas que subir…

Malgrè tout cela, on peut encore se retrouver dans une situation où un problème se répète. Alors, on peut ouvrir la discussion pour passer à une vraie méthode de résolution du problème en étapes :
1- parler d’abord des sentiments et besoins de l’enfant
2- parler ensute des sentiments de l’adulte
3- chercher ensemble des solutions, en notant toutes les idées, sans jugement
4- relire et décider ensemble des solutions à retenir
5- passer à l’action
Ces étapes sont particulièrement adaptées à des enfants plus grands (voir chapitre 4 de Parler aux ados…), mais fonctionnent également avec des petits, comme en témoigne cet exemple-là.
Effet secondaire de cette méthode de résolution de problèmes : une fois que l’enfant est habitué à cette méthode, c’est une démarche qui fait sens pour lui, également dans ses relations avec les autres (ses frères et soeurs par exemple).

Pour retrouver l’article du livre

parler

,

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent

(Note : cliquer ici pour voir les autres livres de ma bibliothèque)

parlerVoici le premier livre que je lis de Adèle Faber et Elaine Mazlish.how-to

En version originale : How to talk so kids will listen and listen so kids will talk

Ce n’est pas le premier qu’elles ont écrit, mais le plus célèbre.

Notre dernière année au Mexique (2013/2014), je faisais partie d’un club de lecture de parents, organisé par la psychologue de l’école, qui chaque mois nous conseillait un livre d’éducation.
Nous nous retrouvions ensuite pour en discuter.
C’était très intéressant, à ceci près qu’un livre par mois, c’était trop pour avoir le temps d’intégrer les concepts et les mettre en pratique !

 

De mon côté, j’ai raté la session de janvier, pour cause d’accouchement le 31 décembre…
Bien m’en a pris, parce que la session portait sur le livre qui a le plus plu au groupe !
Réflexion surprenante ? Non : je l’ai quand même acheté, et je savais que j’allais avoir plus de temps pour bien le lire…

Et effectivement, un changement de pays plus loin, début 2015, je me suis mise à lire Cómo hablar…

J’y ai consacré plusieurs mois, et y ai appris plein de choses !!

Mon goût pour les livres sur l’éducation était né avant, mais c’est vraiment à la lecture de celui-ci qu’il s’est affirmé !

Table des matières :
Chapitre 1 : Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments
Chapitre 2 : Susciter la coopération
Chapitre 3 : Remplacer la punition
Chapitre 4 : Encourager l’autonomie
Chapitre 5 : Utiliser les compliments
Chapitre 6 : Aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêchent de s’épanouir (ou comment décoller les étiquettes)
Chapitre 7 : Réunir toutes ces connaissances

(Pas de lien vers le chapitre 7, qui est bref et ne nécessite pas plus de prise de notes.)

Si le livre vous intéresse :

parler