Il jette les jouets par le balcon !!

Lors d’un de mes ateliers, nous avons travaillé sur les difficultés qu’une maman avait avec son fils de 2 ans et demi, qui jetait ses jouets en bois par le balcon, du haut du 9ème étage…

Je trouve utile de rapporter ici cet exemple, parce qu’il montre bien comment les conséquences, bien que n’ayant rien à voir avec les punitions, peuvent priver de l’opportunité d’apprentissage, et comment on peut aller plus loin vers la recherche de solution.

En effet, la conséquence dans ce cas précis est assez simple à trouver : il suffit de fermer le balcon !

Ce serait bien une solution au problème, mais ça ne permet pas d’aider ce garçon à être en situation de maîtrise, comme le dit Jane Nelsen dans la discipline positive

Parfois, il n’y a pas le choix, parce que l’enfant n’est pas prêt. La conséquence supprime donc la cause, jusqu’au moment où il le sera. Mais il est clair que la conséquence s’intéresse au passé, là où la recherche de solution se focalise le futur.

Ainsi, nous mettons au point les étapes de recherche de solution de cette maman avec son garçon.

Au préalable, il s’agit de choisir son moment. Que le parent et l’enfant soient bien disponibles pour la conversation. “Je voudrais te parler de quelque chose, es-tu disponible maintenant ?”

Puis suivre les étapes :

D’abord, se connecter :

  • commencer par reconnaître les sentiments et besoins de l’enfant : “Je vois que tu aimes jeter des jouets par le balcon, parce que tu aimes les voir tomber, tu aimes en observer le mouvement.”
  • puis parler de ses propres sentiments et besoins : “De mon côté, ça me fait peur de te voir jeter les jouets par le balcon, parce que j’ai peur que quelqu’un passe en bas au même moment, et ça pourrait le blesser très fort ! Ou bien abîmer une voiture…”

Ensuite enseigner en entrant dans la recherche de solution elle-même :

  • “Est-ce qu’on pourrait trouver une solution qui nous convienne à tous les deux ?” : c’est le moment de lister (par écrit, pour donner de l’importance à la démarche, et pour pouvoir relire la liste) toutes les idées suggérées, bonnes ou mauvaises.
  • Revoir ensuite les solutions ensemble, commenter sur chacune, voir si elle convient aux deux parties… et choisir ce qui va être mis en place.

Dans ce cas précis, la maman trouve avec son fils des choses qui pourraient effectivement être jetées par le balcon, et les dessine sur un papier qu’elle affiche sur le balcon pour que ce soit clair : des petites boules de papier, des morceaux de papier, des feuilles d’arbre, pas de pierre !

Puis, elle prend quand même ses précautions, expliquant à son fils l’éventuelle conséquence de ne pas suivre les décisions prises : “Si je te vois de nouveau jeter un jouet par le balcon, je devrai fermer la porte, et tu ne pourras pas y retourner de la journée.”

Pendant 3 jours, tout se passe bien. Le garçon jette des petits bouts de papier.
Puis, il tente de nouveau de jeter un jouet.
Sa mère ferme donc le balcon, et, bien sûr,  le garçon pleure.

Comme nous en parlions dans l’article sur les conséquences, ce n’est pas la peine alors d’insister sur : “Je t’avais dit que tu ne devais pas ! Et tu l’as fait quand même !”. Bien sûr,  on est énervé, mais culpabiliser l’enfant ne l’aidera pas à croire en sa capacité de faire des meilleurs choix.

Suivant ce qu’on avait anticipé, sa maman a donc d’abord reçu son sentiment : “Je sais que tu es triste, que tu aimerais bien pouvoir être encore sur le balcon.” Puis, tout en reprenant le cadre, elle lui exprime sa confiance pour la fois suivante : “Demain, lorsque je rouvrirai le balcon, je suppose que tu jetteras seulement ce sur quoi nous sommes tombés d’accord.”

Je ne vais pas vous dire que le garçon se calme alors instantanément, parce que l’expérience reste négative, mais il a alors l’opportunité d’apprendre, de grandir, de prendre ses responsabilités tout en sachant que sa mère croit toujours en lui.

Le lendemain, le balcon est rouvert, et il n’y aura plus jamais de jouet volant.

Depuis ce jour, cette maman apporte régulièrement un petit seau au parc, pour pouvoir rapporter des feuilles d’arbres pour avoir des réserves, ça leur donne même une activité de parc ! Et puis, ils ont aussi décidé de pouvoir “jeter” des gouttes d’eau à l’aide d’un spray…

Quelques semaines plus tard, l’affiche a disparu, parce qu’elle ne servait plus.

Avant de conclure, je voudrais préciser que, parfois, la solution trouvée ne fonctionne pas.

Ce n’est pas une raison pour abandonner : laissez du temps pour tester la solution, puis revenez dessus, disons une semaine plus tard, en fonction de ce dont il s’agit.

Alors, on peut discuter de nouveau : “Alors, que penses-tu de la façon dont ça s’est passé cette semaine ?”, avec éventuellement un commentaire du type “Je dois dire que je ne suis pas ravie de la façon dont ça s’est déroulé cette semaine..” si c’est le cas ! Puis décidez ensemble s’il vaut la peine de laisser plus de temps à la solution préalablement choisie, ou s’il vaut mieux la modifier. Toute mise en place demande du temps, l’important, c’est d’avancer ensemble, en mettant l’enfant en position de maîtrise. L’encourager à prendre ses propres décisions, comme nous l’avons fait avec notre ado

Avez-vous réussi à mettre cette démarche en place avec votre enfant ? Racontez-le ci-dessous !

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2 réponses
  1. Juliette
    Juliette dit :

    Du vécu! J’avoue je commençais à désespérer quand N., 2 años, jette ses petites voitures par la fenêtre. J’ai suivi un cheminement relativement proche de celui que tu proposes mais moins structuré (expliquer au début / fermer le balcon quand il a recommencé). Bref merci pour cet article, j’ai des idees pour la prochaine fois.

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