Le parent qui s’intéresse à la parentalité positive comprend vite que certaines de nos réactions n’aident pas nos enfants. Le problème réside dans le fait que parfois, ce sont des réactions impulsives.

Ainsi, la mère qui regrette la fessée qu’elle vient de mettre à son fils, le père qui regrette la réflexion humiliante qui vient de fuser.

Qu’est-ce qui se joue dans ces moments-là ? Pourquoi ces réactions qui nous échappent ? C’est un des points soulevés par Isabelle Filliozat dans Il n’y a pas de parent parfait.

Reactions impulsives… la force de l’automatisme

En fait, ces réactions sont en général automatiques. Ce qui ne nous plait pas. Penser que nous sommes le jeu de nos automatismes, que notre raison n’arrive pas à les contrôler, n’est pas agréable. Et pourtant, que nous cherchions à le justifier ou non, il se passe quelque chose en nous qui nous dépasse, et notre réaction ne correspond pas à nos principes.

Car, face à une situation donnée, le cerveau processe l’information et nous amène à réagir avant même que nous ayons vraiment eu le temps de “valider” notre réponse. Et ce qui transforme cette impulsion en acte, bien souvent, c’est l‘urgence. Nous ne prenons pas le temps de prendre le recul nécessaire, et restons dans l’idée de la nécessité de la réponse immédiate.

Alors, nous faisons simplement appel à nos réflexes acquis. Acquis par notre propre éducation, par le modèle que nous avons reçu. voilà comment nous reproduisons les comportements de nos parents !

L’inscription dans le cerveau

Je sors ici du cadre du livre Il n’y a pas de parent parfait, parce que cette idée que nous sommes emportés par nos réflexes me fait penser à ce que j’ai pu lire dans Les lois naturelles de l’enfant, de Céline Alvarez.

Elle y explique en effet que nous naissons avec un cerveau pré-disposé à apprendre. Que dans les premières années de notre vie, nos connexions neuronales se développent à un rythme ahurissant. En effet, chaque expérience est un apprentissage en ceci qu’il génère une connexion dans notre cerveau. Il s’opère ensuite un élagage, au cours duquel sont renforcées les connexions qui correspondent à des expériences répétées, alors que celles qui sont anecdotiques sont effacées.

Cela explique bien pourquoi le modèle parental, vu et revu, est bien mieux imprimé dans notre cerveau qu’un autre. Il apparait alors logique que, lorsque nous réagissons dans l’urgence, ce soit celui-ci qui nous paraisse “naturel” plutôt qu’un autre ! C’est notre cerveau qui dicte…

Comment échapper à ces réactions impulsives ?

Malgré tout, il est possible de ne pas obéir à ces impulsions. Après tout, on peut, dans une dispute, avoir l’impulsion de frapper quelqu’un, et se garder de le faire !

Même si nous n’y arrivons pas toujours, nous en sommes capables. Et pour cela, deux points fondamentaux :

  • la prise de conscience

Pour changer notre réaction, il faut déjà avoir conscience de la nocivité de celle-ci. Il y a tant de choses que je ne savais pas il y a quelques années, que j’ai changé depuis !! Pourquoi remettre en question ce que l’on croit ? Aujourd’hui, je fais partie de diffuseurs de ces idées, justement parce que je crois vraiment qu’un bon nombre de parents ne sont simplement pas informés. Parfois, le simple fait de discuter d’un sujet aide la personne à changer de positionnement. (Nous l’avions déjà évoqué lors des 6 raisons pour ne pas taper son enfant)

  • avoir des alternatives

Ensuite, si nous nous contentons d’être conscients sans développer d’option alternative, nous resterons au stade de la culpabilité. Il s’agit plutôt de chercher à apprendre d’autres méthodes éducatives, qui nous permettront enfin d’adopter d’autres réactions.

De l’impulsion à la compulsion

“Il s’agit d’une impulsion quand le geste violent est isolé. Il s’agit d’une compulsion quand le parent ne peut s’empêcher de frapper l’enfant pour un rien.” écrit Isabelle Filliozat.

Et en effet, dans le cas de la compulsion, le parent “n’arrive pas à contrôler ses gestes et/ou ses paroles”. Car ses réactions ont été inconsciemment mises en places pour lui permettre d’échapper à l’angoisse. L’angoisse de l’impuissance par exemple, auquel cas le parent peut utiliser l’abus de pouvoir pour retrouver une sensation de force. L’origine de la compulsion est à rechercher dans l’enfance. Ce n’est pas une fatalité.

Ce cas sera cependant traité plus loin dans le livre…

 

Avez-vous déjà identifié chez vous des réactions impulsives ?

Un positionnement variable sur la question de discipline

La discipline est au coeur du débat, dès que l’on aborde la parentalité. Et les livres sur le thème de l’éducation ne sont pas tous en ligne. Certains prônent une autorité forte du parent, tandis que d’autres parlent de coopération… Comment savoir qui croire ?

Pour beaucoup, face à des comportements difficiles de nos enfants, il faut renforcer la discipline. Sous-entendu : une discipline stricte, autoritaire. Ainsi, si de nombreux pays ont légiféré contre les violences physiques des parents envers leurs enfants, d’autres – dont la France au moment où j’écris – autorisent encore un parent à taper son enfant !!

Et il y a ceux – dont je fais évidemment partie – qui s’y opposent fortement. Ils prônent une plus grande écoute de l’enfant. Un autre type de relation entre l’enfant et l’adulte.
Et dans le fond, beaucoup de parents sont mécontents de la manière dont ils cherchent à imposer de la discipline chez eux. Un sondage de 2002 en Angleterre révèle que 79% des parents qui donnent des fessées à leurs enfants le regrettent ensuite. (Et comment ne pas le regretter quand on se rend compte de l’impact de nos gestes…)

Pourtant, face aux problèmes de mensonges, de violence, d’alcool, de tabagisme, d’abandon des études… la réaction la plus classique reste de chercher à durcir encore l’autorité. On s’entête à employer des méthodes qui, au vu de l’augmentation de ces problèmes, n’ont clairement pas fait leurs preuves !

Difficile alors de savoir sur quel pied danser !! Je m’imagine en fait que la majorité des parents comprend que ces méthodes ne les mèneront pas loin, mais qu’ils ne savent simplement pas comment faire autrement…

Etrange d’ailleurs. En restant toujours sur l’exemple de la violence physique : notre pays a légiféré il y longtemps contre le fait que les enseignants tapent les élèves. Cela nous semblerait aberrant aujourd’hui que notre enfant rentre à la maison en disant que son instituteur l’a tapé ! Nous pensons donc que les enseignants peuvent trouver des alternatives pour faire régner l’ordre dans une classe de 30 élèves ? Pourquoi en ce cas les parents auraient, eux, besoin de la fessée chez eux ??

Afin d’avancer dans le débat, je soulève cette question : comprenons-nous bien ce que le mot discipline signifie ?

Jane Nelsen, par exemple, n’hésite pas à mettre ensemble les mots de discipline positive. Et quand on lit ses livres, cela prend tout son sens.
Il existe donc une autre forme de discipline, qui s’éloigne de la notion d’autoritarisme à laquelle elle est souvent associée.

Comprendre la discipline, c’est ce à quoi s’attache Thomas Gordon dans la première partie de son livre Eduquer sans punir. Car il existe différents types de discipline et d’autorité.

Le nom “discipline” et le verbe “discipliner”

Revenons aux origines…
Un disciple, au départ, c’est simplement un apprenant, un élève.

Et la discipline n’a pas forcément de connotation de contrôle de l’un sur l’autre. La discipline d’une équipe évoque plutôt l’ordre, le respect des règles.

Le problème vient du fait que, comme l’écrit Thomas Gordon : “On présume souvent que la seule façon d’imposer la discipline à la maison et à l’école consiste à discipliner les enfants”.

Or, “discipliner” signifie “soumettre quelqu’un, un groupe, à l’obéissance, à un ensemble de règles qui garantissent l’ordre dans la collectivité où il se trouve. Soumettre donc. Et pour cela, imposer, et punir.

Seulement voilà : si l’on discipline le groupe, on n’atteint pas pour autant la discipline, on ne l’atteint en fait que tant qu’on est là pour la contrôler. Prenons une classe face à un professeur qui discipline fermement. Enlevons le professeur de la classe. La discipline y règne-t-elle toujours ??

Il semblerait en fait que discipliner ne soit pas le meilleur moyen d’inculquer une discipline

Influencer ou dominer

Comme le disaient les auteurs de Parents respectueux, enfants respectueux, il n’y a pas de doute que nous avons une influence sur la vie de nos enfants, ainsi que, d’une manière indirecte, sur ceux qu’ils rencontreront dans leur vie. La question est de savoir quel type d’influence nous choisissons d’avoir.

Thomas Gordon distingue ici “la discipline instructive qui s’efforce d’influencer les enfants, et la discipline restrictive, qui cherche à les dominer.”

Si un enfant fait quelque chose par peur d’être puni, il n’est pas influencé, il est dominé. Exercer une influence est bien plus complexe. Et demande un vrai changement de posture, car plus nous dominerons, moins nous serons en mesure d’influencer comme nous le voudrions !

Pour encourager les enfants à modifier leurs comportements de leur propre initiative, il nous faut donc renoncer aux méthodes restrictives. 

Je sais, pas toujours facile…
L’enseignement de l’auto-discipline, plutôt que de la discipline imposée, est pourtant bien à ce prix-là.

En fait, la question n’est donc pas la discipline, mais bien la manière de l’encourager. Et voila pourquoi le sous-titre du livre Eduquer sans punir est “enseigner l’autodiscipline aux enfants”.
Parce que tout est là : notre objectif est que la motivation pour la discipline dont va faire preuve l’enfant soit interne, non externe.

Les multiples sens du mot “Autorité”

Selon Thomas Gordon, il existe 4 types d’autorité :

1- L’autorité fondée sur l’expérience

On parle alors d’autorité acquise : c’est en effet l’expérience d’une personne, sa compétence qui lui donne autorité sur un sujet. Alors, son entourage va s’adresser à elle, et écouter son opinion.

Cette remarque me fait penser à une discussion que j’ai eue récemment avec mon mari et mon grand fils. Je venais de voir une vidéo incitant à ne pas faire confiance aux autres, mais plutôt de vérifier les informations reçues par nous-mêmes. Or, je ne suis qu’à moitié d’accord : je pense qu’il est effectivement des points à vérifier, mais surtout qu’il s’agit d’apprendre qui nous pouvons croire sur quel sujet. Et s’adresser à la bonne personne !

Il s’agit bien alors de respect de l’autorité fondée sur l’expérience…

Adultes et enfants respectent ceux qui possèdent une compétence particulière, et n’hésitent pas à solliciter leurs conseils. Ce type d’autorité est  inoffensive, et toujours vue positivement.

2- L’autorité fondée sur la position

Cette autorité découle, comme son nom l’indique, de la position de la personne, de ses responsabilités.
Ce type d’autorité est reconnu et accepté par tous : le pilote indique à l’équipage ce qu’il doit faire, le conducteur demande à ses passagers de s’attacher.

Dans une famille, les membres peuvent demander à celui qui fait les courses d’inclure des produits spécifiques dans sa liste. Il y a alors accord sur le partage des responsabilités.

Cette autorité fondée sur la position est généralement bien acceptée, tant par les adultes que par les enfants. Nous respectons les personnes qui l’exercent, et n’hésitons pas à suivre leurs instructions.

3- L’autorité fondée sur des ententes informelles

Dans une famille, nombreuses sont les ententes informelles qui impliquent que l’un soit en charge de certaines choses, et l’autre d’autres. Lorsque nous ne suivons pas ces accords informels, il en découlera des attitudes qui relèvent de notre responsabilité. Ainsi, si mon fils traine après l’école, il me téléphonera pour me prévenir.

Celle-ci est probablement à rapprocher du cas précédent, les rôles étant par essence plus variables. Les instructions seront cependant acceptées sans problème.

4- L’autorité fondée sur le pouvoir

Cette fois, nous parlons du pouvoir positionnel, que nous avions déjà évoqué à la lecture de Arrête d’embêter ton frère, laisse ta soeur tranquille.

Malheureusement, c’est souvent à ce type d’autorité que se réfèrent les parents et éducateurs qui souhaitent le “respect” des enfants, imposant leur pouvoir par le biais de punitions et de récompenses, assortis de tous leurs effets nocifs…

Or, les enfants (comme les adultes) ne respectent pas l’autorité fondée sur le pouvoir. Les adultes usant de ce type d’autorité attendent en général une obéissance aveugle, et encouragent plutôt la résistance.

Faut-il user de notre autorité ?

J’aime bien cette distinction entre les différents types de pouvoir que fait ici Thomas Gordon, parce que cela bouscule un peu les idées reçues.

En effet : la parentalité positive lutte contre l’autorité fondée sur le pouvoir. Comme il s’agit, pour certains, de la seule autorité qui soit, la conclusion qui s’impose est que la parentalité positive encourage à ne plus avoir aucune autorité face à nos enfants. (Notez que j’ai bien écrit “face à” nos enfants, et non “sur” nos enfants. Car j’ai bien basculé d’une relation verticale à une relation horizontale…). Ce n’est pourtant pas le cas. Nous gardons bien une autorité. Seulement pas celle fondée sur le pouvoir. Nous préférons développer auprès de nos enfants une autorité qu’ils respecteront.

Si notre relation est bonne (de l’importance de la connexion), nos enfants chercheront nos conseils et voudront connaitre nos valeurs.

Et nous bouclons ainsi la boucle avec la notion précédente d’influencer plutôt que de dominer…

Nos enfants doivent parfois assumer les conséquences de leurs décisions. Cependant, cela reste parfois frustrant, et nous aimerions pouvoir plus souvent parler solutions plutôt que conséquences logiques…
Seulement, comment opérer ce changement ? C’est l’objectif de cet article.

Pourquoi s’éloigner des conséquences ?

Tout d’abord, soyons clairs sur les conséquences. Nous avons déjà abordé la question de l’utilisation, dans le cadre d’une éducation positive, de conséquences plutôt que de punitions. Ce n’est sûrement pas la première fois que vous lisez cela, mais ce cheminement peut prendre du temps, tant il va à l’encontre des modèles reçus.
Ainsi, si cela n’est pas clair pour vous, n’hésitez pas à d’abord prendre le temps de lire la différence entre une punition et une conséquence, voire, pour commencer, pourquoi les punitions sont nocives (pour l’enfant comme pour nous).

 

Lorsque l’on a réussi à opérer ce changement, les choses sont déjà différentes. Chez nous, par exemple, il n’y a plus de punition, et c’est un sujet dont nous discutons régulièrement, lorsque mes enfants rapportent que leurs camarades ont été punis. Ce qui ne signifie pas qu’ils n’ont pas à subir les conséquences de certains de leurs comportements. Les limites existent, et sont claires pour tous.

Cependant, l’utilisation de la conséquence, qui met l’enfant face à ses responsabilités, devient parfois tellement facile que celle-ci devient un recours éducatif bien plus courant que ce qu’il devrait être. Or, la conséquence ne devrait être ni la seule ni la première technique éducative à laquelle nous devrions avoir recours.

L’objectif premier, en effet, est d’aider l’enfant à améliorer son comportement, et ceci avant de le laisser assumer les conséquences d’un comportement non corrigé ! Et voilà pourquoi nous choisirons de ne faire appel aux conséquences qu’après avoir essayé d’autres méthodes, qui pourraient bien porter leurs fruits ! Parfois, les deux seront nécessaires en parallèle, comme c’est le cas dans l’exemple de ce petit garçon qui jetait ses jouets par le balcon

Que signifie parler solutions plutôt que conséquences logiques ?

Pour que la différence soit bien claire, je vous propose de partir des caractéristiques de ces techniques, telles que listées par Jane Nelsen dans La discipline positive :

Pour rappel, les 4 R de la conséquence – La conséquence est : 

  • Reliée – à l’acte de l’enfant
  • Respectueuse
  • Raisonnable
  • Révélée à l’avance

La solution  est : 

  • Reliée – à l’acte de l’enfant
  • Respectueuse
  • Raisonnable
  • Aidante

Ainsi, c’est ce dernier point qui fait toute la différence entre les deux….
Mais que veut dire ce “aidante” dont on qualifie la solution ? Comment cela se traduit-il dans la réalité ?

L’idée est en fait de faire équipe avec notre enfant. Nous allons donc chercher avec lui ce qu’il pourrait mettre en place pour réussir à corriger son comportement. Ainsi, contrairement à la conséquence qui se contente de développer le sens des responsabilités (ce qui est déjà pas mal), l’idée, cette fois, est d’aider l’enfant à faire face à cette responsabilité en l’aidant à trouver une solution “utile et qui enseigne”.

Cette attitude est assez magique, parce que c’est elle qui permet de considérer que tout comportement à corriger est une opportunité d’apprentissage !

Un exemple concret

Prenons un exemple concret. Chez nous en ce moment, l’un des points que je devrais adresser (mais il faut que je prenne le temps de le faire, toujours le même problème, pas vrai ??), c’est le vidage de l’égouttoir…

En effet, Alice (10 ans) est en charge de vider l’égouttoir quand la vaisselle est sèche. C’est une action du quotidien qu’elle a choisie lors d’une “réunion de travail” en famille. Seulement voilà, il est encore fréquent qu’elle parte pour l’école sans avoir vidé l’égouttoir, ce qui me gêne les jours où je cuisine.

En mode conséquence logique, on pourrait décider que si elle ne vide pas l’égouttoir avant de partir, elle devra faire elle-même la vaisselle que je n’ai pas pu faire faute de place pour la faire sécher. Cela serait annoncé à l’avance, évidemment, et elle saurait donc à quoi s’en tenir. Cependant, cela ne l’aide pas forcément pour la prochaine fois qu’elle fera face à une situation similaire !

En mode solution, nous chercherions plutôt à être constructifs, en trouvant une méthode pour qu’elle n’oublie pas, simplement. Là, comme ça, je pense par exemple à une affichette sur la porte de sortie… Mais je me garderai de suggérer cela avant de voir ce qu’elle-même peut proposer ! Car je cherche aussi à encourager mes enfants à penser par et pour eux-mêmes. Pas facile d’être parents…

Voilà, je vous encourage à présent à vous dépasser, en parlant solutions plutôt que conséquences avec vos enfants ! Beaucoup plus de confiance transmise dans cette posture-là, non ?

De mon côté, encore une fois, écrire cet article m’encourage : je m’engage à essayer de chercher une solution avec Alice dans la semaine, et de revenir vous en faire un compte-rendu !
Edit : article sur ma recherche de solution

 

Nous aspirons à créer un foyer dans lequel le mot-clef serait la coopération.
Il semble pourtant que nos enfants ne soient pas toujours dans cette dynamique !
Le sommes-nous nous-mêmes toujours ? L’exemple donné à nos enfants est fondamental, et, si nous cherchons à inclure cette idée de coopération dans notre plan de route parental, il est important de se demander d’abord si nos comportements sont bien en accord.

Car, nous en avons parlé précédemment, nous avons notre responsabilité dans le comportement de nos enfants !

Cet article reprend donc un chapitre du livre Parents respectueux, enfants respectueux, présentant ce qui, dans notre maison, peut alimenter les conflits et nuire à la coopération.

Le manque de temps pour entrer en lien avec les autres

La société va de plus en plus vite, et notre rythme familial s’en ressent également.
Ce n’est pas la première fois que je me le dis : la parentalité positive est également une question de rythme. Je n’affirmerai pas que lenteur rime toujours avec bonheur, mais calmer un peu le jeu pour passer du temps ensemble, en famille, est clairement une pratique qui aidera à développer la coopération au sein de celle-ci.

Car, pour une relation harmonieuse, nous avons besoin d’être en lien. Souvent, nous passons du temps avec nos enfants, mais du temps que nous pourrions qualifier de “gestion” : préparation pour l’école, les bains, les repas. Prenons-nous le temps également de nous asseoir, de jouer, de discuter ?

Sans même parler des moments particuliers, qui sont la meilleure manière de nourrir le besoin d’attention d’un enfant, des moments de partage en famille seront déjà un sacré bon début !!
(Note : au moment où j’écris cet article, nous sommes fin novembre, et ces phrases me font penser aux idées lancées par Gwen de Petit bout par petit bout pour construire en calendrier de l’avent en mode “reconnexion” !)

Les auteurs évoquent ici également les réunions familiales, qui sont toujours des moments privilégiés d’échange et de coopération. Chez nous en effet, cela marche vraiment bien (et il faut vraiment que je prenne le temps de faire un article à ce sujet…). C’est non seulement une occasion de discuter des problèmes qui se posent pour y trouver des solutions qui conviennent à tous, mais également de prévoir d’autres moments partagés.
C’est d’ailleurs suite à une réunion familiale que nous avons enfin planifié, pour le surlendemain une sortie au restaurant à 4 avec nos plus grands, qu’ils nous réclamaient pourtant depuis un moment déjà !

Et à l’adolescence ?

Cette notion de manque de temps pour créer le lien fait également écho chez moi à une conférence de Catherine Dumontheil-Kremer (auteur de Poser des limites à son enfant) écoutée il y a peu, dans laquelle elle parlait spécifiquement de l’adolescence.

Tout comme moi, elle ne pense pas forcément nécessaire la “crise d’ado” tant crainte par les parents, la reliant plutôt à un mode d’éducation. Dans le contexte de son éducation bienveillante, tout comme chez nous avec notre grand de 15 ans, elle fait bien sûr face à des conflits, comme avec les plus jeunes, mais pas à des crises !

Elle soulignait en revanche, et j’ai trouvé cela très juste, que la difficulté de cette période de l’adolescence résidait probablement dans l’entretien du lien, justement. En effet, si le jeune enfant nous sollicite beaucoup, l’ado ne le fait plus, et nous avons de ce fait moins d’opportunités de nourrir le lien ! Elle conseille donc fortement d’accepter de faire le taxi, pour le seul bénéfice de passer du temps en tête à tête avec son ado. Et je confirme que ces trajets sont toujours l’occasion de bonnes discussions !
(Chez nous, une chose persiste également : les jeux de société ! Qui fonctionnent mieux encore que ces trajets !)

Etiquettes, comparaisons, et critiques

Nous avons déjà évoqué le piège des étiquettes, une des premières notions que j’ai découvertes lorsque j’ai commencé à cheminer, en lisant Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Faber et Mazlish.

L’étiquette posée sur l’autre (“Il est paresseux !”, “Elle est têtue”) ne peut décrire la nature changeante de l’enfant !
Les étiquettes présentent également un risque majeur : “En plus d’être inexactes et blessantes, ces étiquettes peuvent influencer ceux qui les reçoivent à un point tel qu’ils finissent par y correspondre.”
Il serait plus juste de s’attacher à des observations précises, sans étiquette ni jugement, qui laisseraient la place à l’enfant d’évoluer, de corriger, de progresser…

Pour ce qui est des comparaisons, on peut dire qu’elles vont complètement à l’encontre de la coopération puisqu’elles nourrissent plutôt un sentiment de rivalité, de jalousie.
(Pour savoir comment éviter cette rivalité, n’hésitez pas à télécharger gratuitement mon bonus sur les habitudes à modifier pour atténuer les disputes dans la fratrie, en fin d’article)

Ainsi, lorsque nous voulons encourager un enfant à changer de comportement, nous aurons toujours plus de chances d’obtenir sa coopération en l’accompagnant, en l’aidant à réfléchir à des solutions, plutôt qu’en basculant dans les étiquettes et les critiques.

Les récompenses et les punitions

Les récompenses et les punitions sont indispensables “lorsque les parents veulent amener les enfants à faire quelque chose contre leur gré”.
La méthode de la carotte et du bâton : un contrôle purement extérieur, là où nous voudrions plutôt développer la motivation intrinsèque de l’enfant.

En fait, user de punitions et de récompenses signifie rester dans un schéma (par ailleurs classique) de relation purement verticale entre l’adulte et l’enfant. Nous exerçons alors un pouvoir sur eux, pas avec eux. (Et si cette notion de pouvoir positionnel vous intéresse, je vous encourage à lire cet article spécifique sur le thème du pouvoir).

Lorsque nous commençons à nous interroger, non seulement sur ce que nous voudrions que notre enfant fasse, mais également sur les raisons que nous voudrions qu’il ait pour faire cela (la peur d’être puni, ou l’envie de contribuer ?), nous nous éloignons plus facilement de cette méthode…
Car il est certain qui ni la punition (qui créera plutôt un désir de vengeance), ni la récompense (qui entrainera une accoutumance, et du marchandage) ne l’amèneront à la coopération spontanée !

Chez nous, non seulement ces méthodes n’existent plus, mais nous saisissons régulièrement l’opportunité d’en discuter lorsque nous en sommes témoins à l’extérieur.
C’est probablement la meilleure méthode pour amener nos enfants à appréhender la bienveillance dans la maison, et son bénéfice.

 

Nos habitudes de pensée et de communication

Malgré toutes nos bonnes intentions, malgré tout ce que nous avons déjà appris en avançant sur le chemin de la parentalité positive, il n’est pas rare que nos habitudes de pensées et de communication ressurgissent, et que celles-ci constituent un frein à notre relation.

Ici, les auteurs parlent particulièrement des mots “mais”, et “devoir”, qui ont, selon elles, une grande influence sur la réaction de l’enfant.
Lorsque nous validons le sentiment de l’enfant, et que nous enchainons avec un “mais”, c’est comme si nous annulions ce que nous venons de dire…
Lorsque nous indiquons à l’enfant qu’il “doit”, ou “devrait”, nous lui communiquons que nous savons mieux que lui ce qui lui convient.”

A la relecture de ce chapitre, je me promets d’y faire plus attention. Je ne crois pas utiliser le verbe “devoir”, ai-je raison ? Je sais en revanche que ce “mais” fait encore régulièrement son apparition, même s’il est moins fréquent qu’avant !

Ce ne sont cependant pas les seuls pièges, apprendre ce nouveau mode de communication, c’est apprendre une nouvelle langue, et je me rends compte régulièrement comme certaines habitudes peuvent être tenaces ! Cela nécessitera, en fait, un article à part entière !

 

Pour acheter Parents respectueux, enfants respectueux en format poche (il existe également au format broché, mais j’aime mieux les formats faciles à emporter !)

Ce titre n’est pas de moi, mais d’Isabelle Filliozat, dans Il n’y a pas de parent parfait.
Et elle enchaine en écrivant : “En fait, elles seraient de meilleures mères si elles ne cherchaient tant à être bonnes.”
Ah, la pression que nous nous mettons pour être des parents parfaits !

Seulement voilà, il semble que nous ne le répéterons jamais assez : la perfection n’existe pas.

Un jour, une prof de yoga, nous encourageant à nous détacher de la recherche de la perfection, nous faisait remarquer que nous ne cherchions la perfection que chez les humains, pas dans la nature.
Voyant un arbre qui était tout penché, elle notait que cet arbre, loin d’être parfait, était unique, et intéressant.
En ce sens, nous sommes tous uniques et intéressants !

Alors, qu’advient-il à la mère qui cherche à être parfaite ?

Toujours d’après Isabelle Filliozat : “La peur de passer pour une mauvaise mère, un mauvais père, mène à nombre de sacrifices qui ne font qu’engendrer une rancoeur pus ou moins inconsciente envers les enfants.”

En effet, notre image de ce que nous voulons être est assez claire. Dans notre esprit, nous sommes clames et patients, et nos enfants sont heureux d’être avec nous. Nous nous imaginons… une activité tranquille, avec un verre d’orangeade, puis un rangement de l’activité dans l’allégresse ! Seulement, dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça.

Entre cette image idyllique de nous-mêmes en tant que parents, et ce que nous arrivons effectivement à faire, la différence est telle qu’il n’existe que deux possibilités :

Donc, si nous cherchons trop la perfection, nous n’aurons d’autre choix que le second, et penser que nos enfants nous empêchent de l’atteindre, cette perfection. Ce qui signifie que, consciemment ou non, nous développerons une rancoeur à leur égard !

Notre expression de cette rancoeur risque alors de passer par la culpabilisation de l’enfant : “Je t’avais bien dit que… Tu vois bien…”, culpabilisation qui a pour but inavoué d’éviter de nous culpabiliser nous-mêmes.

Finalement, la mère qui ne peut s’ouvrir à l’imperfection peut tomber dans le piège de justifier ces écarts de conduite en les qualifiant d’éducatifs, afin d’éviter de faire face à ses propres failles.

Avouer notre incompétence

Si l’on veut progresser, nous en avions déjà parlé la première fois que nous avions évoqué la notion de culpabilité, il faut d’abord être conscient de ce que l’on ne sait pas.

Ainsi, avouer notre incompétence est le premier pas. Celui qui peut nous permettre de faire les autres.

C’est lorsque nous accepterons notre imperfection que nous pourrons nous mettre en position d’apprentissage. Que nous pourrons développer des compétences parentales autres que celles que nous avons héritées.

Après tout, pourquoi tant de mères se préparent-elles à l’accouchement, et non à l’éducation ?

Etre parent est difficile. Ce n’est pas honteux de l’admettre, de se faire aider.

Ecouter notre fatigue, qui nous empêche physiquement de faire au mieux.

Prendre soin de nos besoins, pour mieux prendre soin de nos enfants.

Notre société n’encourage pas aux aveux de faiblesse, aux échanges. Si vous le pouvez, le mieux serait de vous trouver un compagnon d’empathie, un avec lequel vous pouvez partager vos difficultés, réfléchir à des solutions, à des méthodes éducatives plus conscientes. En regardant vers le futur, sans s’appesantir sur les ratés, sans culpabilité.

Se montrer plus tolérant envers soi-même ?

Le coeur de la difficulté est là : la culpabilité ! 

Nous culpabilisons lorsque nous dérapons. Beaucoup. Et cela ne nous aide pas, au contraire.
Faudrait-il donc être plus tolérants envers nos écarts de conduite ?

Isabelle Filliozat écrit : “Je préfère militer pour remplacer la tolérance par un vrai respect de soi. C’est-à-dire, sans tolérance aucune, regarder ses comportements excessifs comme tels, mais sans jugement sur sa personne.
Sommes-nous capables de cela ? Sans jugement.

La CNV nous enseigne que nous avons tous des raisons d’agir de telle ou telle manière. Ce que nous ressentons est un indice d’un besoin. Ce que nous acceptons également.

Et si nous sortions du jugement pour essayer de mieux nous écouter. Nous observer et chercher à avancer, en pleine conscience de nos choix, sans ni tolérer ou excuser nos comportements excessifs, mais sans rester bloqués par notre sentiment de culpabilité pour autant. C’est à ce prix que nous parviendrons peut-être à identifier les raisons de nos comportements, et que nous pourrons alors nous en libérer pour mieux choisir nos comportements futurs.

Et vous, tombez-vous facilement dans la culpabilité ?

La difficulté d’être parents est double. Parce que dans le rôle du parent, on trouve :

  • la difficulté de la gestion du quotidien
  • la difficulté de la vision à long terme

Souvent, nos vies trépidantes ne nous permettent pas d’évoluer du 1er au 2e point.

Nous nous oonfrontons à la gestion du quotidien, et c’est déjà bien assez !

Prendre le recul pour réfléchir à ce que nous cherchons à développer chez nos enfants à long terme est un luxe que nous ne pouvons pas toujours nous permettre.

Or, pour basculer dans la parentalité positive, le meilleur moyen est probablement de prendre le temps de réfléchir à l’impact à plus long terme de nos choix éducatifs…. C’est la prise en compte de cet impact qui nous donnera l’énergie qu’il faut pour apprendre une autre manière d’éduquer, et de communiquer.

Cela en vaut la peine, car j’ai une également une bonne nouvelle pour vous : la parentalité positive rend également la gestion du quotidien plus facile !!
(Enfin… parfois non… parfois, on voudrait tout jeter en l’air et juste hurler “parce que je te le dis, et puis c’est tout !!!”, vu que nous ne sommes pas des super-héros, il nous arrive de craquer… Et dans ces moments-là, si nous voulons avoir la force de revenir sur le chemin, il sera bon d’avoir eu la réflexion que je vous propose ici…)

Pour nous guider dans cette démarche, je propose de suivre ce que nous proposent les auteurs de Parents respectueux, enfants respectueux, dans leur clé 1 de la coopération : être au clair avec son objectif en tant que parent.

De l’importance d’avoir un objectif

Pris par le quotidien, on a tendance à oublier que nous faisons des choix en permanence sur nos façons d’agir et de réagir.

Nous vivons dans un monde dans lequel le rythme est tel que c’est comme si nous vivions en mode “crise” en permanence. Seulement la crise et le stress ne nous permettent pas de considérer nos choix et nos options. Victimes des circonstances, nous cherchons simplement à arriver au bout de la journée.

Et dans cette démarche inconsciente, nous persistons à faire appel à un mode d’écoute et de fonctionnement qui exacerbe les conflits.

Définir notre but de parents peut nous permettre de sortir enfin de ce cercle vicieux, de devenir conscients, d’accéder à plus de clarté pour nos choix quotidiens.

Ce sera notre plan de route, notre boussole, pour tenir le cap dans le beau temps comme dans la tempête.

Clarifier son objectif

Dans cette démarche, selon les auteurs du livre, les trois questions essentielles à se poser seront :

  • Qu’est-ce qui est important pour moi ?
  • Avec quel objectif est-ce que j’élève mes enfants ?
  • Quelle est mon intention quand j’interagis avec mes enfants ?

Et, afin de savoir ce qui est important, nous pouvons commencer par nous interroger sur les qualités que nous aimerions voir chez nos enfants lorsqu’ils seront adultes. 
(C’est d’ailleurs avec, entre autres, cette question-là, que les choses sont abordées en ateliers de discipline positive)

Et pourtant, cette seule question n’est déjà pas évidente. Enfin… je parle pour moi, peut-être en est-il différemment chez vous…

Voyons voir… quelles sont les qualités que je cherche le plus à encourager chez mes enfants ?

L’autonomie
Le respect de l’autre
La confiance en soi
L’empathie
La coopération
L’entraide

Voilà ce qui me vient en premier.

On pourrait commenter qu’entre autonomie et entraide, il y a contradiction, je ne le crois pas, et je sais que cela sera plus clair dans la suite de l’exercice.  Est-ce que la coopération et l’entraide sont la même chose ? Pas forcément.La coopération nous encourage à tenir compte de l’autre, avec l’entraide, on sort de son espace pour faire quelque chose pour lui. Voyons donc la suite de l’exercice…

Ensuite, le livre propose d’appliquer ces qualités à soi-même, et de les traduire en termes de déclarations d’intention.
Ainsi :
J’attache de l’importance à l’autonomie, je veux mener à bout les tâches que je me fixe sans faire intervenir les autres.
J’attache de l’importance au respect de l’autre, je veux faire attention à ne pas déranger les gens que je côtoie, à prendre en compte la communauté dans laquelle nous évoluons.
J’attache de l’importance à la confiance en soi, je veux célébrer mes victoires.
J’attache de l’importance à l’empathie, je veux écouter ce que l’autre ressent.
J’attache de l’importance à la coopération, je veux écouter les besoins de l’autre et chercher des solutions qui pourraient convenir à tous.
J’attache de l’importance à l’entraide, je veux donner de mon temps pour aider mes amis lorsqu’ils en ont besoin.

C’est fou comme, rien qu’en écrivant ces quelques lignes, je me rends compte comme les valeurs qui comptent le plus pour moi ressortent dans celles-ci (entre autres, l’amitié !)

Ensuite, il convient de transformer ces déclarations d’intention en actions concrètes. Des actions précises que je peux réaliser qui correspondront à chacune des volontés que j’ai exprimées.
Hum…

Autonomie : j’ai pris la décision de vider un peu nos placards, et vais procéder à ce tri sans impliquer ceux qui ne veulent pas l’être.
Respect de l’autre : je ne donne pas les affaires de mes enfants sans leur demander leur accord.
Confiance en soi : je partage mes succès, j’explique comme je suis fière de moi !
Empathie : je valide les sentiments de mes enfants, je les écoute.
Coopération : je n’impose pas, mais demande. Par exemple à Oscar : “Si tu pouvais choisir, à quelle heure souhaiterais-tu qu’on vienne te chercher ?” Ainsi, je peux essayer de m’adapter au mieux à ses envies.
Entraide : je propose à la personne nouvellement arrivée de lui montrer où sont les magasins où je vais, et de lui prêter ce qui lui manque en attendant.

Cette démarche est intéressante, car il est certain que nos enfants apprennent beaucoup de notre modèle. Il est donc nécessaire de vérifier que le modèle que nous leur donnons est en accord avec ce que nous voudrions les voir développer à long terme.

Enfin, avant de nous désespérer suite à la liste que nous venons d’établir de tout ce que nous devrions faire pour être en accord avec nos valeurs, passons encore un moment à réfléchir à ce que nous faisons déjà et qui fonctionne.

Focalisés sur le négatif, nous oublions souvent de nous arrêter sur ce qui est bien en accord avec nos intentions. Pourtant, il y a fort à parier que nous faisons déjà bien des choses qui le sont, et qui fonctionnent. Lesquelles ?

De mon côté, je peux parler de coopération dans la famille : prendre en compte les besoins et envies des enfants a clairement un effet sur leur désir de coopérer également.

Je peux également parler de répartition des tâches, de la confiance que je leur accorde, et qui les conduit à être particulièrement autonomes.

De manière générale, j’ai appris à m’arrêter sur mes succès, parce que je sais que ceux-ci nous aident à progresser dans le bon sens, nous aidant à croire en nous-mêmes, et c’est bien la démarche de la section “du vécu” de ce blog !

 

Maintenant que nous cernons mieux notre objectif, nous allons faire la démarche consciente d’opter pour

  • un mode de pensée
  • une manière d’agir
  • un mode d’expression et d’écoute

en lien avec cet objectif.

Un mode de pensée en lien avec notre objectif

On pourrait penser que nous ne sommes pas maîtres de nos pensées, et qu’il est donc vain de penser changer notre mode de pensées.

En fait, nos pensées viennent, et c’est à nous de décider auxquelles nous allons prêter attention ou non. Nous pouvons apprendre à les orienter pour qu’elles soient en ligne avec nos intentions.

Si nous cherchons à décider qui a raison ou tort, à blâmer et accuser, nous inviterons le conflit.
Si nous restons dans l’idée que les autres agissent contre nous, nous nous sentirons énervés, irrités.
“Ce que vous pensez de vos enfants détermine la manière dont vous les voyez et dont vous les traitez.”

Nous pouvons donc faire le choix de penser aux besoins que notre enfant cherche à nourrir par son comportement, pour entrer plus facilement en connexion avec lui, et inviter chez lui une attitude coopérative.

Si nous considérons nos enfants comme indignes de notre confiance, nous ne leur donnerons pas l’occasion de nous prouver le contraire. Si nous les estimons capables de faire face à la vie, nous les traiterons probablement avec plus de respect, et leur donnerons naturellement plus d’occasions de prendre leurs propres décisions.

L’encouragement des auteurs est donc :
“Imaginez le meilleur pour vos enfants ; faites-leur cadeau de votre confiance.”

Une manière d’agir en lien avec notre objectif

Pour cela, nous pouvons déjà partir des listes faites dans l’exercice auquel nous nous sommes prêtés plus haut.

Convaincus que notre exemple est la meilleure manière pour nos enfants de recevoir nos messages et nos valeurs, nous ferons attention d’agir en accord avec celles-ci.

Une autre action qui va main dans la main avec cette démarche est celle de prioriser le temps familial.

Le rythme de vie actuel nous laisse peu de loisir, de temps calme. Pris par nos obligations et nos contraintes, auxquels s’ajoutent les activités des enfants, nous oublions souvent de laisser du temps au simple temps familial.

Pourquoi ne pas y réfléchir au moment de prendre des engagements ? Se poser la question : cet engagement contribue-t-il à notre objectif ? De quelle activité pourrions-nous nous passer ?

 

Un mode d’expression et d’écoute en lien avec notre objectif

Nous sommes ici peut-être au coeur de notre démarche.

J’insiste de nouveau, tant j’en suis convaincue maintenant (grâce à ce genre de lectures, dans lequel on peut inclure les livres de Jane Nelsen, et ceux de Marshall Rosenberg), sur l’importance de la connexion.

C’est la qualité de notre relation avec notre enfant, de notre lien avec lui, qui fera la succès de notre enseignement. Car nous adoptons, en parentalité positive, une posture de guide plutôt que de contrôleur. Notre rôle n’est pas d’imposer mais de guider. Comment guider sans lien ?

Et pour établir ce lien, la première étape sera celle de l’écoute.

Notre manière d’écouter détermine la qualité de la relation. 

Cela correspond parfois à un vrai changement de posture : au lieu d’écouter en cherchant les failles et les fautes, écoutons en cherchant à comprendre le point de vue de l’autre. Garder en l’écoutant une sorte de “curiosité ravie”, (pour reprendre les mots de mon formateur de CNV), pour écouter ce qui est vivant chez lui, reprenant cette fois les mots de Marshall Rosenberg.

Evitons donc ce qui nuit à la coopération (étiquettes, jugements, reproches, exigences), et mettons l’accent sur les sentiments et les besoins.

Ce point-là sera creusé de manière plus avancée plus tard dans le livre, dans la clé 5. Je rajouterai donc un lien vers celle-ci lorsque j’aurai écrit l’article s’y rapportant.

Une remarque importante : il est possible que nous ne soyons pas capables, en tant que parent, de faire preuve d’une telle ouverture, d’une telle écoute. Lorsque cela arrive, c’est souvent le signe que nous avons nous-mêmes besoin d’empathie. Parce que nous sommes fatigués, ou parce que nous débordons d’émotions. Nous ne pouvons écouter l’autre si nous n’avons pas écouté d’abord nos propres besoins.

Dans ce cas, cherchons quelqu’un qui puisse nous apporter de l’empathie, ou cultivons notre auto-empathie. Encore un thème que nous creuserons bientôt…

 

Finalement, forts de ce lien que nous chérirons, forts également de notre plan de route, nous pourrons garder notre boussole en main, et reprendre le chemin, celui qui aura le plus de chances de nous mener là où nous cherchons à aller, et pas ailleurs, ou du moins, pas trop loin !

Alors, à vous : quelles qualités voudriez-vous que vos enfants aient développées lorsqu’ils seront adultes ?

 

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Quand nous devenons parents, nous sommes à l’écoute de nos enfants. C’est bien naturel : ceux-ci ont des besoins, et nous sommes là pour y répondre. Ils sont petits et dépendant de nous.
Puis les enfants grandissent, et ont toujours des besoins, auxquels, en général, nous continuons à répondre. C’est notre responsabilité de parents, et c’est également un plaisir ; parce que nous sommes heureux de remplir notre rôle, de leur apporter du bien-être.

Seulement voilà, à force de vouloir être à l’écoute de nos enfants, nous oublions parfois d’être à l’écoute de nous même. Et c’est là qu’intervient le problème.

Pourquoi est-il important d’écouter nos besoins ?

Pour pouvoir prendre soin de quelqu’un, il faut d’abord être en état de le faire.
L’image la plus claire pour illustrer ce point est celle du masque à oxygène en avion. L’image est classique, mais très parlante. Il s’agit d’enfiler son propre masque à oxygène d’abord, avant d’être capable d’enfiler le sien à l’enfant.

En CNV, le principe est le même : nous ne pouvons offrir d’empathie à personne si nous n’avons pas d’abord pris soin de nous-mêmes, via l’auto-empathie. Ainsi, pour être de meilleurs parents, et dans l’intérêt de nos enfants, prenons d’abord soin de nous-mêmes.

Comment savoir ce dont nous avons besoin ?

L’une des difficultés de cette démarche cependant, est qu’il nous est parfois difficile de savoir quels sont nos besoins. En effet, savoir s’écouter est une compétence que nous n’avons pas apprise. Nous avons majoritairement été élevés hors des principes d’éducation positive que nous apprenons ici, et n’avons pas appris à écouter ce que nous ressentions. Ainsi, si nous essayons aujourd’hui d’apprendre à nous comporter différemment face à nos enfants, il faudrait également apprendre à nous comporter différemment face à nous-mêmes. Peu à peu, cherchons en nous ce que nous ressentons, écoutons notre agacement comme un indice sur nos besoins, et apprenons à les identifier pour y répondre.

Le coût de l’insatisfaction de nos besoins

Si nous persistons dans l’idée que les besoins de nos enfants doivent systématiquement passer d’abord, avant les nôtres, nous risquons d’en payer ensuite les conséquences. Mettre un voile sur nos propres envies, sur nos propres besoins ne va pas les faire disparaître.

Notre patience va s’user, et nous réagirons de moins en moins bien face aux enfants. Impossible de montrer de l’enthousiasme lorsque nous sommes sous le coup de la fatigue, et la tension va monter.

Ensuite, et c’est probablement le plus grave, si nous continuons à négliger nos besoins, nous finirons par nourrir du ressentiment à l’égard de nos enfants. Nous leur en voudrons de notre sacrifice, même s’ils ne le demandaient pas vraiment, et nous nous montrerons d’autant plus désagréables avec eux, malgré toutes nos bonnes intentions.

“Si je veux juste entendre ce qui est vivant chez l’autre, sans prendre en compte ce qui est vivant chez moi, je me fais violence et donc il va y avoir de la violence, il va y avoir cette colère.” Isabelle Padovani

Prendre soin de nous

Ainsi, il est important de prendre soin de nous. Mais voilà… comment faire ?
Comment sortir de cette habitude de déni de soi, pour apprendre à écouter les signes qui nous montrent que nous avons besoin d’une pause ? Comment s’arrêter pour analyser quels sont nos besoins non nourris ?

Dans Parents respectueux, enfants respectueux, les auteurs suggèrent aux parents qui n’en ont pas l’habitude de commencer par s’accorder 10 minutes par jour.
Juste 10 minutes. 10 minutes pour soi qui peuvent être consacrées à ce que nous voulons.
L’annoncer aux enfants. Leur expliquer que c’est un besoin pour mieux s’occuper d’eux ensuite.
Ils sont capables de le comprendre. Probablement pas dès le premier jour, mais petit à petit.

Essayons ensuite d’identifier quels sont nos besoins non nourris. Nous n’avons pas tous les mêmes. Pour certains, il s’agira plus de repos, pour d’autres d’amitié, ou de soutien, de créativité, d’exercice…

Quels que soient les besoins identifiés, n’hésitons pas, à prendre du temps pour nous, ou, comme cela avait été discuté dans “Grandir Autrement”, à écouter  la nécessité de s’accorder des pauses.

Ainsi, nos enfants apprendront à respecter cet espace qui sera le nôtre, qui nous permettra de respirer.
Et cet espace aura d’autant plus de portée qu’il sera aussi un modèle pour eux. Nous leur enseignons comment il est possible de prendre soin de soi-même. Nous leur montrons qu’il est possible de ne pas oublier de se respecter soi-même quand on prend soin des autres.

Et nous leur offrirons des parents plus ouverts, loin du ressentiment de celui qui a besoin de temps seul comme d’un masque à oxygène !!

Si cela vous semble toujours difficile, écoutez au moins cette idée des auteurs de Parents respectueux, enfants respectueux : “Nous espérons aussi que vous prendrez l’habitude de vous accorder chaque jour quelques instants de réflexion pour vous rappeler avec quelles intentions vous voulez élever vos enfants.”

Car c’est sûr, souvent, on se perd en route, mieux avoir un plan

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S’il n’existe pas un seul style d’éducation, ce n’est pas seulement parce qu’il n’existe pas de recette magique, mais également parce que nous avons tous des manières de fonctionner différentes. Les enfants sont tous différents, les parents également.

Connaître notre personnalité peut nous aider à mieux analyser notre comportement, et les réactions qu’il peut susciter chez nos enfants.

4 styles de fonctionnement

Depuis l’enfance, nous avons interprété notre environnement, et construit peu à peu un style de fonctionnement qui nous est propre.

On pourrait classer ces “styles de fonctionnement” en 4 groupes, en fonction de la priorité poursuivie par l’adulte :

  • le confort
  • le contrôle
  • la volonté de faire plaisir
  • le sentiment d’importance / supériorité

(Ces priorités ont été définies par Nira Kefir, psychologue adlérienne, et reprises dans la théorie de la Discipline Positive.)

Ces styles de fonctionnement ne sont ni bons ni mauvais, et l’objectif de cette analyse n’est pas de nous poser une étiquette, mais bien de mieux comprendre notre fonctionnement, qui, quelqu’il soit, invitera à développer certaines compétences plutôt que d’autres chez les enfants.

La carte dominante et… la 2è carte

En effet, l’exercice qui est en général mené dans un atelier de Discipline Positive est le suivant :
Vous avez 4 cadeaux empoisonnés devant votre porte :
La critique et l’humiliation / Le rejet et l’abandon / L’inutilité et l’insignifiance / Le stress et la souffrance émotionnelle
Vous devrez en accepter trois. Lequel sera celui que vous déciderez de rendre ? Celui dont vraiment vous ne voulez pas ? Dont vous ne supportez pas l’idée ?

Ce que vous cherchez à tout prix à éviter détermine votre carte dominante :

Si vous voulez éviter la critique et l’humiliation, votre carte dominante est le contrôle
Si vous voulez éviter l’inutilité et l’insignifiance, votre carte dominante est la supériorité
Si vous voulez éviter le stress et la souffrance émotionnelle, votre carte dominante est le confort
Si vous voulez éviter le rejet et l’abandon, votre carte dominante est faire plaisir

Le deuxième cadeau que vous choisirez de rejeter sera votre 2è carte.

Ce qui fait la différence entre les deux cartes est bien souvent l’intensité de ressenti attaché à ce qu’on tente d’éviter.

Car nous avons tous envie de rejeter tous ces cadeaux, évidemment ! Mais la force de notre ressenti face à eux est réellement dépendant de chacun. Faites l’exercice avec un ami, avec votre conjoint(e), vous vous en rendrez compte !

Que signifient alors ces notions de carte dominante et de 2è carte ?

La carte dominante est celle que nous aurons tendance à jouer dans un contexte de crise, d’urgence. Je sors ma carte dominante quand je me sens menacé….

Ma deuxième carte est probablement celle qui correspond à mon style de fonctionnement du quotidien. Celle à laquelle j’ai tendance à faire appel dans un fonctionnement “normal”.

 

La réaction possible des enfants face à notre carte dominante

  • le contrôle

Le but de l’adulte qui joue sa carte “contrôle” est en général de maîtriser la situation et de garder le contrôle de ses émotions. Cependant, l’enfant l’interprète comme une tentative d’emprise, et cela suscite l’opposition !

  • la supériorité

L’adulte est persuadé qu’il ne sera à la hauteur qu’à condition d’exceller. Cela suscite malheureusement chez l’enfant le sentiment de ne pas être capable. Il y a donc risque de désengagement, ou à l’inverse de tout investir pour exceller (pensant que c’est la seule manière d’être aimé)

  • le confort

L’adulte joue la carte “confort” lorsqu’il cherche à éliminer les sources de stress et de conflits. Il imposera donc peu, et risque d’inviter l’enfant à se montrer exigeant, à ne pas prendre en charge la satisfaction de ses besoins. Difficile dans ce cadre d’enseigner la responsabilité sociale.

  • faire plaisir

L’adulte, voulant plaire, a tendance à aller à l’avant des désirs de l’enfant, sans forcément l’couter, puis trouvera ensuite qu’il reçoit peu de gratitude. L’enfant risque de développer l’idée suivante : “Je n’appartiens que lorsque les autres s’occupent de moi.”

Ces styles de fonctionnement sont également des forces

Avant que, vous reconnaissant peut-être dans l’un de ces styles de fonctionnement, vous vous sentiez complètement déprimé et coupable, laissez-moi vous parler des forces de ces styles. Chaque attitude a évidemment ses avantages et ses inconvénients, il ne s’agit pas de se limiter au revers de la médaille !

Repassons donc chacune des cartes pour parler également de leurs aspects positifs.

  • le contrôle

La carte “contrôle” offre en modèle aux enfants des ressources telles que le sens de l’organisation, la planification, le respect de l’ordre, la détermination.

  • la supériorité

L’adulte qui utilise la carte “supériorité” peut encourager les enfants à se dépasser, à développer leurs capacités !

  • le confort

Devant la carte “confort”, les enfants apprennent à rendre le quotidien prévisible et confortable, à éviter les situations de stress, et prendre le temps de respirer.

  • faire plaisir

Cette fois, l’adulte fera probablement passer à l’enfant des notions de considération, d’empathie, de réconciliation sans agressivité. (Ah, je vois bien que ce n’est pas ma carte dominante… Ces qualités-là me demandent souvent plus de travail !)

Comment utiliser cette analyse ?

Je crois toujours que, plus nous sommes conscients de notre mode de fonctionnement, plus nous serons à même de l’accepter et d’avancer avec, pour l’utiliser pour sa force plus que pour sa faiblesse.

Comme nous venons de le voir, chacun de ces styles peut aider à développer des qualités chez nos enfants. Pour ne pas tomber dans le piège, à l’inverse, d’inviter chez l’autre ce que l’on redoute chez soi, en devenir conscients nous aidera.

Le livre de la discipline positive encourage d’ailleurs à mener l’exercice suivant, une fois ses cartes identifiées :
réfléchir aux atouts de se carte dominante
réfléchir aux travers de sa carte dominante
ce que cette priorité peut inviter chez les enfants (positif et négatif)
améliorations possibles

Ce travail est également intéressant à mener avec le partenaire, car il est probable qu’il ait une carte différente de la nôtre. Lorsque nous l’aurons compris, nous serons également plus à même de mieux supporter les faiblesses de celle-ci, en s’attachant également à ses atouts, qui seront également à développer, et apporteront à nos enfants ce que nous ne sommes nous-mêmes peut-être pas en mesure de leur apporter !

Dans La discipline positive, Jane Nelsen donne des exemples de comment cette analyse a pu aider certains parents.

De mon côté, j’ai mené cette analyse, et ai identifié que ma carte dominante était le contrôle, et ma deuxième carte la supériorité. Je suis consciente qu’en fonction de nos cartes, nous ne faisons pas face aux mêmes défis parentaux, et que le chemin à suivre pour avancer sera à adapter !

En attendant, un jour, je prendrai le temps de vous partager comment cette prise de conscience a pu m’aider personnellement ; et je suis preneuse de témoignages !

 

“A la différence de beaucoup d’autres sentiments, la colère est presque toujours dirigée contre une autre personne. “Je suis fâché” signifie ordinairement “Je suis fâché contre toi.””
écrit Thomas Gordon dans Parents efficaces.

Il est important de le comprendre, parce que cela modifie grandement le “message Je” !

En effet, Thomas Gordon conseille de s’exprimer auprès des enfants en “message Je”, c’est à dire en parlant de nous, plutôt que d’accuser l’autre en utilisant un “message Tu” (ce qui n’est pas sans rappeler les conseils de Faber et Mazlish dans Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, qui suggéraient, dans le chapitre sur la coopération de décrire ce que l’on ressent.).

C’est logique, et cela rejoint également les mots de Marshall Rosenberg : en accusant et reprochant, “nous limitons sérieusement nos chances d’obtenir ce que nous voulons.”

Le problème ici, selon Thomas Gordon, c’est que, même en message Je, le message de colère prend rapidement un ton d’accusation…

Ce qu’il préconise est donc de réfléchir au sentiment premier. Oui, au sentiment premier.

“Je suis maintenant convaincu, écrit-il, que le parent produit lui-même la colère après avoir éprouvé un premier sentiment.”

A la lecture de cette phrase, je m’interroge.
Je vois bien des situations dans lesquelles il est clair que notre colère cache un autre sentiment.
L’exemple typique, et le premier qui vient en tête, est le moment où l’on perd temporairement un enfant.
Quand on le retrouve, il arrive souvent, au lieu qu’on le prenne dans nos bras pour lui dire à quel point on est content de le revoir, qu’on commence par lui reprocher de s’être égaré !! On est colère parce qu’on a eu peur, c’est clair.

D’autres exemples peuvent venir : ici, Gordon parle du parent en colère parce qu’il est en fait déçu que son fils ait oublié son anniversaire…

Cependant, est-ce vraiment toujours le cas ?
La colère est également un sentiment en soi, non ? On peut aussi être en colère, avec pour sentiment premier… la colère, pas vrai ?

Je ne suis pas sûre d’avoir trouvé la réponse à cette question, mais ce que je peux raconter, c’est ce qui m’est arrivé le jour où je me suis vraiment posé cette question.

J’étais seule, et j’ai réfléchi à la dernière occasion où je m’étais sentie en colère.
Le matin même, en fait. Pourquoi ? Parce qu’Oscar (14 ans) n’avait pas pris le temps de vider le lave-vaisselle avant de partir à l’école. Bon. Analysons. J’étais donc en colère. Un autre sentiment ? Un sentiment “premier” ?

Oui, en fait.
J’étais blessée. Aïe, Rosenberg parlerait là de “sentiment mêlé”. Je devrais probablement chercher un autre terme. Mais ça me permet déjà de mieux creuser le besoin derrière ce sentiment : je m’écoute, ce qui ne m’arrive pas si souvent, et je réalise que ma colère face au fait qu’il n’ait pas vidé le lave-vaisselle découle d’un besoin de considération.

Si le lave-vaisselle n’est pas vidé, c’est parce que tout le monde sait que je suis à la maison, et peux donc le vider moi-même, une fois qu’ils sont partis. Seulement voilà, cela sous-entend que mon temps a moins de valeur que celui des autres. Que ce que j’ai d’autre à faire est moins important.

C’est étrange, parce que ça semble évident a posteriori, mais avoir pu faire ce raisonnement m’aide beaucoup. C’est tellement plus clair quand on met les bons mots sur le besoin !

Le soir même, je partage ce raisonnement avec ma famille, et avec Oscar en particulier. Je ne suis plus énervée, j’explique simplement ce que ça suscite chez moi. Mon message centré sur ce besoin de considération est beaucoup mieux reçu que celui du matin  qui tournait plus ou moins autour de “Je veux pas le savoir, c’est ton job”, soit dans la gamme du reproche… Et le lendemain, le lave-vaisselle est vidé !

Merci Thomas Gordon pour cet encouragement à l’introspection. J’aimerais garder cela à l’esprit pour m’interroger ainsi régulièrement sur mon sentiment premier derrière la colère…

Et vous ? Etes-vous prêt à faire cette analyse ?

Ce n’est pas la première fois qu’en avançant sur ce chemin de la parentalité positive, j’y trouve ces mots de pouvoir, de respect, de coopération.

C’est cependant la première fois qu’ils sont présentés de manière si explicite, dans la première partie de parents respectueux, enfants respectueux.

Pourtant, cela fait un moment que ces notions dansent en moi.
Nous avons déjà réfléchi à la notion parfois toute relative du respect, et nous avons également parlé du pouvoir, et du modèle que nous donnons à nos enfants en l’utilisant de manière autoritaire.

Ici, les auteurs creusent cette idée qui fait partie des fondements de la parentalité positive, de l’exercice d’un pouvoir avec nos enfants. Nous entrons alors dans la coopération.
“La coopération est une voie à double sens.”
Et oui, comme nous le disions à propos du respect, il arrive que ces mots soient utilisés plutôt à sens unique : certains adultes attendent que les enfants “coopèrent” en agissant selon les instructions données par l’adulte, sans se plaindre, tandis que les parents n’ont, eux, pas besoin de coopérer.
Dans la coopération, il y a l’idée d’écouter les besoins de chacun pour trouver une solution qui convient à tous.
C’est ce que nous cherchons à leur enseigner pour régler leurs disputes, alors la première étape devrait bien être de chercher à leur en donner l’exemple !

Je ne dis pas que c’est facile, non. Parce qu’entre nos désirs profonds et les situtations de vie réelles, il y a toujours un écart…

Dans cet article, je vous propose donc de voir ensemble comment avancer vers plus de coopération ?

1 – En réfléchissant à la notion de respect

Oui, si, suite au lien ci-dessus, vous n’avez pas été relire  l’article sur le respect, je vous encourage à le faire, comme je l’ai fait en écrivant celui-ci, car c’est toujours important de se reposer ces questions. Et nous pouvons même échanger sur ce thème avec les enfants, s’ils sont en âge de le faire.
Que signifie le respect ?
Qu’attend quelqu’un qui demande du respect ?
Est-ce toujours mutuel ?
Faites vous bien la différence entre le respect pour la personne et le respect de l’instruction, c’est à dire l’obéissance ? (On dit d’ailleurs “respect des consignes”, mais ce n’est pas du tout le même respect !!)
Le respect des valeurs, comment le vivre ?

Dans cette partie du livre, il est dit que dans l’étymologie du mot respect, il y a l’idée de regarder. Ainsi, pour les auteurs du livre, “respecter l’autre, c’est regarder ce qu’il vit, en particulier ses sentiments et besoins dans le moment présent.”
J’aime bien cette définition. On devient observateur, on cherche à prendre l’autre en compte, pas à le changer…

2 – En arrêtant de se braquer sur les mauvais comportements

Oui, nous avons cette tendance. Nous ne passons pas facilement leurs erreurs à nos enfants, nous voudrions que tout fonctionne toujours bien.
N’oublions pas cependant que tout apprentissage demande du temps, et que montrer ce qui est réussi fonctionnera toujours mieux que d’insister sur ce qui ne l’est pas. Parce que ça changera l’image que l’enfant aura de lui-même.

Ainsi, je suis déçue les matins où, après avoir accompagné les petits à l’école, je m’aperçois que les grands n’ont pas vidé le lave-vaisselle et nettoyé le plan de travail ; mais je savoure les jours où c’est le contraire, et je mettrai ces jours-là plus en valeur, jusqu’à ce qu’ils soient plus fréquents.

3- En se concentrant sur les besoins

Ceux de nos enfants, et les nôtres.
Nous avons une fâcheuse tendance à ne voir les choses que de notre point de vue. Mais, soyons clairs : lorsque notre enfant fait quelque chose qui nous déplait, il est rare que ce soit pour nous déplaire. En général, il le fait plutôt pour répondre à son propre besoin, et c’est à ce besoin qu’il faudrait s’attacher plutôt que de se sentir visé.
(Là encore, je sais, plus facile à dire qu’à faire…)
Pour mieux comprendre leurs comportements, et savoir s’ils répondent à un besoin d’attention ou autre, la perspective exposée par la discipline positive sur les comportements inappropriés peut aider. Car, si l’on en croit les principes d’Adler, un enfant qui se comporte mal est un enfant découragé.

Quant à nos besoins, savoir les écouter, c’est également faire preuve de respect : respect de soi dans ce cas, et en donner le modèle aux enfants. Ce point-là mérite bien d’être creusé, et cela sera fait dans un article spécifique : Les parents aussi ont des besoins.

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