Lorsque nous avons choisi d’avoir des enfants, nous n’avions pas en tête une vie de famille pleine de disputes et de tension. Nous ne nous projetions pas dans les remontrances, les répétitions incessantes, les disputes… Non, nous rêvions plutôt d’harmonie, d’échanges, de jeux, de rires, d’amour…

Voilà pourquoi, il y a quelques années, lorsque j’ai pris conscience que les cris l’emportaient, j’ai décidé de changer ma manière de faire. Je ne pensais pas, alors, me lancer dans une aventure qui deviendrait la clef de voute de ma vie, tant personnelle que professionnelle !

Mais j’ai découvert, en avançant, que ce que j’apprenais pouvait vraiment changer les choses.

Et au fur et à mesure que l’ambiance de ma famille changeait, j’avais envie de tout partager avec les autres parents qui m’entouraient. Je me disais, « bon sang, mais on peut tous avancer vers plus de sérénité !! C’est tellement dommage de ne pas le faire ! »

J’ai donc commencé à animer des ateliers, des conférences, et à tenir ce blog.

Chaque mois, vous êtes de plus en plus nombreux à le suivre, et à vous en inspirer pour avancer dans votre rôle de parent. Cela me remplit d’allégresse, et j’ai toujours à coeur de vous apporter plus, encore plus.

Pour aller plus loin, j’ai lancé en mai 2018 la formation POINT DE RENCONTRE, une formation conçue pour accompagner les parents vers de meilleurs échanges avec leurs enfants.

Avec cette formation, les parents cheminent, et les retours que je reçois m’encouragent encore à continuer !

Quel bonheur de lire Géraldine, qui m’écrit, en milieu de formation : « Même quand je suis fatiguée, stressée, je ne craque plus comme avant. Mon fils et moi, nous communiquons beaucoup mieux, nous nous comprenons mieux, il y a moins de conflits. »

Quelle joie de lire Marie : « J’ai grandi dans mon rôle de parent grâce à POINT DE RENCONTRE et j’y puise de l ‘énergie au quotidien pour diminuer les conflits et vivre sereinement en famille. »

Cela me confirme que C’EST POSSIBLE ! Oui, il est possible d’apprendre à être le parent que l’on a envie d’être !

Mon rôle, ici, par ce blog, c’est justement de vous y aider.

Et dans mon prochain article, je vous donnerai déjà 3 pistes pour améliorer l’ambiance familiale.

Je rencontre régulièrement des parents qui sont séduits par cette idée, qui me disent « ah ben, on en aurait bien besoin ! », et qui, pourtant, ne changent pas grand chose à leurs façons de faire. Je m’interroge. Je sais qu’il faut être prêt et motivé, pour se mettre à avancer réellement. Ces parents semblent motivés, ils semblent prêts. Est-ce qu’ils ne le sont pas vraiment, ou bien est-ce qu’ils considèrent que personne ne pourra les y aider ?

Si c’est votre cas, je vous encourage à consulter les témoignages de ces parents qui ont suivi POINT DE RENCONTRE ces derniers mois, et à juger par vous-mêmes l’effet que cela a eu sur eux, et sur leur famille…

Cliquez ici pour consulter les témoignages des parents qui ont suivi POINT DE RENCONTRE.

Alors seulement, dites-moi, en commentaire, ou par mail si cela correspond à ce que vous aimeriez pour votre famille. Et surtout, surtout, si vous êtes prêt à faire ce chemin !

(Si votre réponse est positive, surveillez bien le prochain article à venir : 3 pistes pour améliorer l’ambiance familiale)

— Note : cet article est d’abord paru dans le magazine Grandir Autrement – N 73 de nov-dec 2018 —-

Lorsque l’on parle d’éducation bienveillante, impossible de ne pas évoquer la question des émotions. Ces émotions qui sont au coeur de la démarche. Car dans une relation de bienveillance, on trouve d’abord de l’écoute. De la compréhension. Or, il n’y a pas de compréhension ou d’écoute si l’on passe outre les émotions. Tant les nôtres que celles de nos enfants.

Malheureusement, nous avons rarement appris à exprimer nos émotions de façon juste. Comment, dans ce contexte, accompagner nos enfants vers l’expression des leurs ?

La négation des émotions

Notre société n’est pas vraiment à l’aise avec les émotions. Il vaut mieux les refouler, les dissimuler. Comme il n’est pas facile de faire face à celles des autres, on a essaye plutôt de les minimiser : “Il n’y a pas de raison d’avoir peur !”, “Pas besoin de s’énerver pour ça”, “Ne sois pas triste…”. Croit-on vraiment que cet impératif va aider la personne à ne plus être triste ?

A force de se rendre compte que nos émotions gênent, nous nous remettons en question. Car, en effet, ai-je “raison” d’avoir peur ? La clef est là, pourtant : il n’y a pas besoin de raison pour ressentir. Le simple fait que l’émotion soit présente est une raison en soi. Nier ce que je ressens, c’est mettre en doute ce qu’il y a au plus profond, c’est ne pas croire en moi-même.

Ainsi, pour développer la confiance en soi d’un enfant, rien de tel pour commencer que de le laisser être à l’écoute de ses émotions. Donc, surtout, surtout, éviter de les nier !

Voyons donc quelles sont les raisons qui nous poussent à nier les émotions de nos enfants.

Eviter les émotions « négatives »

D’abord, nous n’aimons pas voir nos enfants souffrir. Nous aimerions donc pouvoir leur épargner les émotions négatives. Les en protéger. Seulement voilà, les émotions ont toutes leur raison d’être. Qu’elles soient agréables ou pas. Sans peur, nous irions face au danger, sans colère, nous nous laisserions exploiter… Et puis, dans le fond, sans moments difficiles, nous ne gouterions pas aux moments de bonheur !

Nos enfants vont donc devoir apprendre à faire face à ces émotions désagréables. Notre rôle est donc de les aider à traverser leurs premières difficultés. S’y entrainer près de nous leur permettra de le faire en sécurité. Lorsque la situation les rend tristes, laissons-les expérimenter la tristesse. Aidons-les à identifier alors ce qu’ils ressentent, à le comprendre, puis à s’apercevoir d’eux-mêmes que la tristesse s’estompe, et qu’ils sont encore debout. Alors, ils auront appris à traverser l’émotion. Ils auront appris que les émotions viennent, et passent.

Simplifier la vie quotidienne

Pour être tout à fait honnête, il y a une autre raison à notre tendance à la négation des émotions. Une raison plus personnelle : notre besoin de simplicité. Parce que, franchement, ce serait plus facile que le diner se déroule sans cette tempête émotionnelle parce que la couleur du verre ne convenait pas… En tant que parents, nous nous épuisons parfois à faire face à ces complications quotidiennes. Et avons d’autant plus de mal à les supporter que leurs raisons nous semblent futiles. Ce qui explique que nous dénigrions parfois les sentiments qui s’y rapportent exprimés par nos bambins. C’est pourtant voir les choses de notre perspective. Pour eux, la couleur du verre importe, car elle fait vraiment partie de leur monde actuel. Parce que choisir la couleur, c’est l’opportunité de prendre une décision, ce dont nous leur offrons peu l’occasion.

Afin de sortir de ce blocage, deux attitudes me semblent primordiales. La première : ne pas prendre les choses personnellement. Car, dans la majorité des cas, l’enfant ne cherche pas à nous compliquer la vie. Il cherche à répondre à une force interne qui l’aide, lui, à maitriser son monde. Si nous arrivions à nous défaire de l’agacement de son opposition, nous aurions déjà plus de facilité à l’écouter et l’accepter. La deuxième : considérer ces moments d’émotion forte comme des opportunités. L’opportunité d’accompagner notre enfant. De l’aider à accueillir l’émotion, à l’identifier, puis à la traverser. Ainsi on l’aide à développer une compétence fondamentale dans sa vie présente et future. En sachant qu’au passage, les connexions dans son cerveau se développent, et que la gestion des émotions lui deviendra de plus en plus accessible.

Accompagner nos enfants

Concrètement, comment cela peut-il se passer ? Comment réellement aider nos enfants à traverser ces émotions ? La première étape, vous l’aurez compris, est d’apprendre à ne plus les nier. Ce qui est réellement une étape en soi, tant cette tendance est ancrée dans notre société. Ensuite, nous pouvons aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent : “J’ai l’impression que cela t’a rendu triste.”, “Tu m’as l’air sacrément en colère !”. Le simple fait de se sentir entendu permettra à l’enfant de s’apaiser, tout en identifiant ce qu’il se passe en lui. Parfois, l’enfant aime à parler des émotions de façon plus distante. On peut alors se tourner vers des livres sur le sujet, qui serviront de point de départ à des discussions plus personnelles.

L’étape suivante, lorsque l’enfant commencera à identifier ce qui lui arrive, et qu’il se sentira le droit de l’exprimer, sera de l’aider à canaliser cette expression. Car si les émotions sont toutes valables, les manières de les exprimer ne le sont pas forcément… Chacun devra trouver en lui, et développer, ses facultés de gestion des émotions. Pour cela, nous pouvons leur faire des suggestions. Chercher le contact. Respirer. Attendre. L’idée est de faire en sorte que l’enfant voie qu’il dispose de ressources, et que c’est son choix qui le guidera. Construire avec lui une roue des options est une manière puissante de le lui montrer.

Cependant, et je me sens moi-même concernée par ces mots, l’enfant apprend plus de ce qu’on lui montre que de ce qu’on lui enseigne. La meilleure manière, donc, de lui apprendre à exprimer ses émotions de manière adaptée, c’est de l’apprendre nous-mêmes… de lui en donner le modèle !

POUR ALLER PLUS LOIN

Si ce sujet vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de suivre mon atelier vidéo « Accueillir les émotions de nos enfants ».
Il vous permettra d’ajuster vos réactions et d’aider vos enfants dans cette démarche !

Pour que les relations soient harmonieuses, il faut d’abord que chacun ait un réservoir affectif plein. Nous l’avions évoqué lorsque je vous avais présenté cette notion de réservoir affectif, ou réservoir d’amour. En tant que parents, nous veillons donc à contribuer à remplir les réservoirs de nos enfants, mais aujourd’hui, je voudrais insister sur l’idée de remplir notre propre réservoir !

Ma quête quotidienne

Ma quête quotidienne, c’est d’être la maman que j’ai envie d’être. Il y a d’autres choses dans la vie que d’être maman, et j’ai besoin de me remplir sur plusieurs fronts à la fois, mais pour moi, ce rôle là, il est important, il est fondamental. Ce n’est pas le seul, mais il est fondamental.

Donc, c’est ma quête centrale, être la maman que j’ai envie d’être, j’ai aligné ma vie sur cette valeur-là, en ce moment. Ces dernières années, je me suis formée, développée, j’ai grandi en compétences pour avancer sur le chemin qui ferait de moi la maman que j’avais envie d’être. Est-ce que j’ai réussi ? Pas encore, et probablement jamais, mais je me suis quand même rapprochée de cette maman.

Pourquoi parler de remplir mon réservoir affectif ?

Vous vous interrogez sur le lien entre cette quête et le réservoir, le voici.

Sur ce chemin, j’ai découvert aussi que pour être le parent que l’on a envie d’être, ça demande de l’énergie. Au quotidien. Ca demande de l’énergie pour poursuivre cette quête et se développer et grandir, mais ça demande de l’énergie dans tous les petits instants du quotidien aussi. Pour ne pas retomber dns les anciennes habitudes, pour ne pas craquer dans tous ces petits moments où nos enfants testent notre patience. Sans vouloir la tester, mais où finalement notre patience est testée.

Si je veux être la maman que j’ai envie d’être, il faut que mon réservoir affectif soit plein. Ou du moins qu’il ne soit pas vide. Il faut que je veille à moi.

Je sais que beaucoup de parents qui, comme moi, placent l’accompagnement de leurs enfants dans leurs priorités, se perdent au passage. Ils pensent qu’en prenant soin d’eux-mêmes, ils volent du temps à leurs enfants, ils pensent qu’en prenant soin d’eux-mêmes, ils n’avancent pas vers leur objectif. Et ce que je voudrais leur dire aujourd’hui, c’est justement que, en prenant soin de soi en tant que parent, on est aussi dans la démarche d’avancer vers le parent que l’on voudrait être.

Parce que si mon réservoir est vide, alors nul doute que je vais me mettre à crier sur mon enfant, nul doute que je ne vais pas réagir comme j’en aurais envie. Parce que je serai fatiguée, épuisée, et parce que je n’arriverai plus à me contrôler, je n’arriverai plus à avoir le discernement dont j’ai envie.

Il est donc fondamental de faire attention à mon réservoir affectif avant de pouvoir prendre soin de mes enfants.

Chacun est responsable de son propre réservoir affectif

Autre chose qu’il est important de rajouter : je suis responsable de mon réservoir affectif. Parfois, quand on parle de remplir le réservoir affectif des enfants, on transmet involontairement l’idée que nous sommes responsables de remplir leur réservoir affectif. Et pourtant, nous ne le sommes pas.

Chacun est responsable de son propre réservoir. Nos enfants sont responsables du leur, nous sommes responsables du nôtre. Le fait que nos enfants sont responsables du leur, ça nécessiterait peut-être un article à part entière…

Pourquoi parle-t-on de faire attention à remplir le propre réservoir affectif  de nos enfants ?

Je le vois plus sous l’angle du regard qu’on pose sur eux. Du fait que beaucoup des choses que nous faisons ne vont pas dans le sens de remplir leur réservoir, mais plutôt dans celui de le vider. Alors, si nous y sommes sensibilisés, nous pourrons changer cette dynamique, et plutôt contribuer à le remplir.

Etre sensibilisé au réservoir d’amour de nos enfants, c’est aussi essayer de comprendre pourquoi ils réagissent d’une certaine façon. D’autant qu’ils sont plus jeunes, ils n’ont pas encore développé les aptitudes nécessaires à prendre soin d’eux-mêmes, et ils vont l’apprendre peu à peu. Je prendrai probablement le temps d’en reparler.

Notre propre réservoir

Aujourd’hui, ce sur quoi je voudrais plus insister, c’est le fait que nous sommes responsables de notre propre réservoir. Ca vaut la peine de le rappeler, car, de la même façon, on pourrait attendre de nos enfants, de notre conjoint, d’amis, qu’ils soient en charge de remplir notre réservoir affectif. En fait, nous sommes en charge de remplir notre propre réservoir affectif.

Bien sûr, certaines actions de notre entourage nous y aident. Lorsque l’on rentre à la maison, et que notre enfant se précipite vers nous avec un grand sourire et les bras tendus, cela contribue à remplir notre réservoir. Quand notre conjoint nous soutient, nous partage son admiration pour l’un de nos succès, cela contribue à remplir notre réservoir affectif. Lorsque l’on déjeune avec un ami proche, et que l’on passe tout le déjeuner à rire avec lui, cela contribue à remplir notre réservoir affectif.

Mais quand même. D’une part, pour ces moments-là, il faut s’y être ouvert. Soi-même. C’est nous qui avons prévu ce déjeuner, c’est nous qui rentrons en accueillant notre enfant avec le sourire… D’autre part, s’il n’y a pas ces moments-là, s’il n’y a pas ces circonstances-là, nous avons quand même les ressources en nous, la capacité de remplir notre réservoir nous-mêmes.

C’est plus ou moins facile, selon les circonstances, les contraintes que l’on a dans la vie, mais c’est quand même toujours dans une certaine mesure un choix, un choix de vie, à condition qu’on le mette dans nos priorités.

Aujourd’hui, je voudrais donc vous encourager à réfléchir, pour vous-mêmes à ce qui peut remplir votre réservoir affectif. Et pour l’illustrer, je vais vous parler de mon propre cas, ce qui dans ma vie remplit mon réservoir. Mais avant cela, laissez-moi vous donner une petite marche à suivre.

4 étapes pour remplir notre propre réservoir

La démarche est la suivante.

1- Comprendre que l’on a besoin que notre réservoir soit rempli

A ce stade, j’espère que vous n’avez plus besoin d’en être convaincu.

2- Comprendre que l’on est responsable de remplir son propre réservoir

C’était l’objet du paragraphe précédent.

3- Se poser la question de ce qui remplit notre réservoir

C’est ce que je vous invite à faire, là, maintenant.

Lorsque l’on se pose la question de ce qui nous nourrit, on peut commencer par observer ce qui nous fait du bien. Quels sont les moments dans la journée – posez-vous la question : aujourd’hui, hier, avant-hier.. le week-end, à la maison, au travail… – qui vont ont procuré des émotions positives ? Ce sont ces choses-là qui ont rempli votre réservoir affectif.

4- Décider de ce que l’on peut faire en ce sens

Ensuite, une fois qu’on a identifié ce qui peut remplir notre réservoir, on peut se demander comment créer plus de ces moments-là.

Une remarque intéressante, c’est que cela peut dépendre de la période, de ce qu’il y a dans nos vies. Ca dépend de ce que l’on traverse, de ce à quoi l’on est sensible, de l’environnement.
Les balades sur la plage qui me faisaient tant de bien à Puerto Rico ne sont plus possibles aujourd’hui ! Alors, je réfléchis à la manière de mettre en place des moments en forêt. C’est moins facile, alors ce n’est pas encore fait, mais ça viendra probablement.

Non seulement les choses peuvent dépendre du moment, mais il ne faut hésiter à vérifier également si on est toujours aligné avec les décisions qu’on a prises. Il peut arriver que cela change. Par exemple, faire un certain sport peut remplir notre réservoir à un moment donné, puis on peut se rendre compte que, finalement, ce n’est plus le cas. Parce que le sport nous plait moins que ce que l’on croyait, le nouveau professeur nous plait beaucoup moins que l’ancien, nos priorités sont différentes… pour tout un tas de raisons, il peut arriver que les actions que l’on a mises en place pour remplir notre réservoir ne soient plus alignées avec nos envies.

Ne pas hésiter à se poser cette question de l’alignement, quitte à faire des modifications. Nul besoin de considérer que les choses sont figées.

Ce qui remplit mon réservoir

Comme promis, à titre d’illustration, je vais vous parler de ce qui me nourrit en ce moment, dans ma vie telle qu’elle est aujourd’hui.

Une approche générale

Quand on fait les choses, beaucoup plus souvent que ce que l’on croit, ce sont des choix, et non des obligations. Par exemple, j’ai parfois l’impression de passer un temps fou à la préparation des repas. Je tombe parfois dans le travers de m’en plaindre : « Tous les soirs, ça revient… Je dois préparer les repas pour la famille, je dois couper les légumes… passer du temps à cuisiner.. ». Or, si l’on y réfléchit vraiment, je pourrais très bien acheter des pizzas surgelés pour tous les soirs, ça me prendrait beaucoup moins de temps, et ce serait beaucoup plus efficace. Mais je choisis d’offrir à ma famille des repas variés et équilibrés. Je ne dois pas, je choisis de.

Et lorsque l’on décide de voir les choses comme ça, lorsque l’on décide, sur chaque acte quotidien, de se dire « Je ne dois pas, je choisis de », (Je ne dois pas emmener mes enfants à l’école, je le choisis), notre façon de vivre les choses est différente. Appréhender la vie comme ça, c’est une bonne manière de remplir son réservoir !

Avancer chaque jour

Ce qui me nourrit le plus, ce dont j’ai le plus besoin pour me sentir pleine d’énergie, c’est de savoir que j’apprends, et que j’avance chaque jour. Certains jours, évidemment, sont meilleurs que d’autres. Je ne suis pas un super-héros ! Mais avancer chaque jour, pour moi, c’est continuer d’essayer de mettre en place des attitudes qui ressemblent à mes principes. D’aborder la vie différemment, tout comme dans mon paragraphe précédent. Et je savoure chaque réussite, parce que c’est toujours un pas dans la bonne direction.

Mes lectures

Je mets ce terme au pluriel, parce que j’ai toujours plusieurs lectures en cours. Ne serait-ce que parce que j’alterne entre les lectures d’éducation positive, de développement personnel et les romans. Chaque lecture m’apporte à réfléchir et/ou à rêver. Un moment de lecture, c’est toujours riche pour moi (d’ailleurs, je n’hésite plus à abandonner, ou à parcourir en diagonale un livre qui ne me donne pas envie de m’accrocher. Il y a trop de bons livres pour perdre son temps…).
J’adore lire, et je trouverai toujours un moment pour cela, même si c’est seulement au coucher. Je me débrouille souvent pour être au lit suffisamment tôt pour en profiter.

Les moments partagés

J’aime les gens. Alors, j’adore partager des moments avec ceux que j’aime. Avec la famille, avec les amis. J’adore voir des amis, j’adore quand on rit en famille.

Je nourris mon réservoir lorsque l’on fait des jeux de société. A deux, à quatre.. Avec un petit, avec un grand. Faire un jeu de société, c’est un moment partagé que j’apprécie.

Et pour partager des moments avec ceux qui sont loin, je n’hésite pas à appeler. Cela n’arrive jamais aussi souvent que je le voudrais, parce que, bien sûr, notre vie quotidienne est toujours une course. Mais lorsque je passe une demi-heure avec une amie au bout du monde, je n’ai jamais l’impression d’avoir perdu mon temps.

Une tasse de thé

Oui, ca a l’air idiot… mais boire une tasse de thé remplit mon réservoir. C’est mon moment, j’ai l’impression de prendre un moment pour moi.

Là encore, on rejoint le fait de choisir d’appréhender la vie de manière différente, pas vrai !

Respirer

Je ne le fais pas assez souvent, mais je sais que respirer est une manière de m’assurer du niveau de mon réservoir. Non seulement de le remplir, mais aussi de m’y connecter. D’être à l’écoute de moi-même pour vérifier où j’en suis.

Lorsque j’avais fait mon défi de 8 semaines de méditation quotidienne, je m’étais bien rendue compte que cela me faisait du bien. Peu à peu, j’en ai perdu la pratique. Aujourd’hui, je médite peu souvent. A chaque fois pourtant, j’aime. Et lorsque je prends le temps, ne serait-ce que de respirer, ça me fait toujours du bien.

Accompagner les parents

Ce qui me nourrit le plus, en ce moment, c’est mon métier ! J’adore encourager mon entourage à avancer sur le chemin de la parentalité positive. J’en parle souvent, évidemment, avec les gens qui m’entourent, mais j’ai également des échanges avec vous, les lecteurs. J’adore avoir vos retours.

A chaque fois que je me rends à une formation, à une conférence, je me sens portée et inspirée.

Et l’une de mes plus belles expériences, qui me nourrit beaucoup, c’est de suivre les parents qui se sont inscrits à la formation POINT DE RENCONTRE en mai ! Il y a là une vingtaine de familles, qui avancent au quotidien vers une meilleure ambiance familiale. Avec des hauts et des bas, bien sûr, le chemin est parfois semé d’embûches, mais, là aussi, je savoure chacune de leurs réussites.

Récemment, je leur ai demandé de faire un peu le point, de voir s’ils avaient noté une évolution entre le début de la formation et maintenant, et quand je lis leurs retours, je me sens nourrie !

J’ai reçu par exemple les messages suivants :

« Grâce aux outils donnés par la formation, je vois vraiment comme j’évite les conflits inutiles en utilisant d’autres chemins pour formuler mes demandes et les règles (plutôt que des ordres). Je prends soin du lien avec mon fils tout en lui laissant sa liberté et vois comme il est heureux de faire par lui-même, de contribuer à la famille. »

« Cette formation nous a transformés dans le sens où on se comprend mieux en tant que parents ce qui nous permet par la même occasion de mieux comprendre nos enfants et échanger avec eux, ce n’est pas magique tout ne change pas du jour au lendemain, toutefois on est plus confiant car on a des outils et qu’on se sent entouré. »

Ca nourrit mon réservoir affectif de savoir que j’aide ces parents. Que je les aide à faire une différence chez eux. De savoir que la formation les encourage à prendre du temps pour eux, pour leur famille, et à avancer vers le parent qu’ils voulaient être.

Ca me nourrit tellement que je sais maintenant que je ne m’arrêterai pas. J’aimerais pouvoir offrir ça à tous les parents que je croise ! Je sais que ce n’est pas possible. D’une part, parce qu’il faut que les parents soient motivés. Ce travail, c’est d’abord le leur. Ensuite, parce que si je veux le faire bien, il faut que je le fasse peu à peu, pour pouvoir vraiment accompagner les gens.

Je vais donc finir la formation avec les familles qui la suivent, et j’ouvrirai de nouveau les portes en décembre, pour un nouveau groupe. Un groupe de parents motivés pour améliorer les échanges avec leurs enfants.
Je suis actuellement en préparation pour que tout soit en place à temps, et que je sois disponible pour suivre les parents qui se lanceront alors dans l’aventure.

— Note : cet article a été écrit fin 2018.
Depuis, non seulement il y a effectivement eu un nouveau groupe qui a débuté en décembre 2018, mais encore un autre en juillet 2019, puis un autre en décembre 2019, etc…. et ça n’arrête plus.
Si vous souhaitez vous joindre aux parents qui cheminent avec POINT DE RENCONTRE, c’est par ici ! —

A votre tour : demandez-vous ce qui vous nourrit, ce qui pourrait remplir un peu plus votre réservoir, dès aujourd’hui.
Dites-le moi en commentaire, et voyez quelle différence ça peut faire sur le parent que vous serez.

J’ai reçu cette question qui me semble intéressante : comment écouter un enfant qui ne veut pas parler ? En effet, il arrive que nous abordions notre enfant plein de bonnes intentions d’écoute, et même d’écoute active, et qu’il reste silencieux. Comment réagir à ce silence ? Cela signifie-t-il que notre posture n’est pas bonne ?

Les trois grandes failles de notre ecoute

Il est fréquent (mais non systématique) que notre enfant n’ait pas envie de parler parce qu’il ne croit pas vraiment à notre capacité d’écouter. Probable en effet que celle-ci comporte effectivement des failles ! Cela vaut donc la peine de commencer par voir quelles peuvent être ces failles.

Faille numéro 1 : écouter toujours

L’écoute est une compétence relationnelle fondamentale, que ce soit avec nos enfants ou avec les adultes qui nous entourent. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut y avoir systématiquement recours.

Dans la vie quotidienne, bien des situations ne nécessitent pas une grande attention.

Je ris en m’imaginant ce que serait notre vie si nous cherchions à être en mode “écoute active” à tout instant ! Imaginons par exemple que mon fils me dise “Maman, tu peux me passer le sel ?”, je ne vais pas lui répondre “Ah… Tu voudrais que je te passe le sel ?”

Si nous y avons recours trop souvent, notre écoute manquera de sincérité. Alors, il y a fort à parier que notre enfant parlera moins. Sachons écouter sans abus.

L’écoute vraie, celle qui nous implique sincèrement, est celle que nous emploierons lorsque nous constaterons que notre enfant a besoin de partager. Nous lui servirons alors de miroir pour avancer, si nous parvenons à éviter la faille numéro 2 : celle de juger.

Faille numéro 2 : écouter en jugeant

C’est probablement l’attitude la plus difficile à corriger.
Il nous est en effet souvent impossible de faire taire notre petite voix intérieure qui nourrit nos pensées par rapport à ce que nous raconte notre enfant.

Le problème est le suivant : plus nous exprimerons des jugements (voire des reproches) face à ce que nous raconte notre enfant, plus il se mettra sur la défensive.
Alors, de nouveau, il aura de moins en moins envie de nous parler. Evidemment.

Je sais… je sais que parfois on a complètement “raison” de réagir comme nous le faisons ! Qu’on lui avait déjà dit qu’il ne devait pas faire ci ou ça.. Qu’il est impossible de ne pas lui dire que ce n’était pas une bonne idée… Je sais…
Voyons dans ce cas les choses sous l’angle positif : sachant que cela ne nous plairait pas, il a eu d’autant plus de courage de nous en parler !

Dans ce cas, posons-nous la question suivante : qu’est-ce qui est le plus précieux ? Lui faire la leçon, ou m’assurer que mon enfant continue de me parler au lieu de me mentir ?

Car plus nous ferons la morale, moins nous l’encouragerons à nous parler.

J’ajouterai que de toute facon, plus nous communiquerons notre jugement, moins il le recevra. Donc, même sur le coup, notre message ne passera pas.
Sachons faire confiance à notre enfant : s’il a la liberté de s’exprimer, il saura prendre lui-même le recul nécessaire sur la situation. Il saura conclure qu’il aurait dû agir autrement.

D’ailleurs, souvent, il le sait déjà, il n’a pas besoin de nous pour le lui dire.

Au contraire, il a besoin de notre acceptation pour se rendre compte qu’il est normal de faire des erreurs, que nous sommes dans son équipe, que nous ressentons à son égard un amour inconditionnel, et que, quoi qu’il advienne, nous serons là pour l’aider à apprendre et à grandir.

Alors, il pourra trouver la solution en lui.

Faille numéro 3 : Ecouter avec un objectif

Il y a des situations qui nous posent problème à nous, et pas à notre enfant.
Il y a des situations qui posent problème à notre enfant, et pas à nous.

Je trouve que cette approche, présentée par Thomas Gordon, aide vraiment à ajuster notre posture à la situation. Dans Parents efficaces au quotidien, Thomas Gordon parle de zones d’acceptation, au sujet desquelles je vous ferai un article dédié.

Sans entrer trop dans la théorie ici, comprenons simplement que l’écoute est vitale lorsque notre enfant nous parle d’une situation qui lui pose problème.
Une frustration, une difficulté… Parce que, de nouveau, nous pourrons être là pour l’entourer.

En revanche, si le problème est purement nôtre, ce n’est pas l’écoute simple qui permettra de changer les choses. Si nous écoutons avec cet objectif en tête, nous allons tout droit à l’échec.

Prenons un exemple.

Imaginons un jeune ado qui, chaque jour, rentre de l’école, jette son cartable et ses chaussures dans l’entrée, sort de quoi goûter, et laisse tout en plan ensuite.
Clairement, la situation posera problème au parent. Malheureusement pour nous, pas à l’enfant.

Dans ces conditions, ce sera donc à nous d’exprimer ce qui nous pose problème, plus que de chercher à écouter ce qui se passe pour l’enfant. (Pour cela, c’est probablement le message JE qui sera le plus efficace, et je note que je dois également écrire un article là-dessus !)

Si c’est dans ce contexte que nous cherchons à écouter, il n’est pas surprenant que l’enfant ne parle pas : je dirais presque que cela ne le concerne pas… Je le répète : cette fois, c’est plutôt à nous de parler.

J’apporterai quand même un bémol ici, qui est d’importance, même si cela sort du cadre du thème qui nous intéresse aujourd’hui.
Si notre communication sous forme de message JE n’apporte pas ses fruits, il nous faudra entrer dans une recherche de solution.

Dans ce cas, effectivement, nous passerons par une étape d’écoute de notre enfant. Nous essayerons de comprendre ce qu’il se passe pour lui au moment où il rentre de l’école. Pourquoi les choses restent en plan. Est-ce qu’il est fatigué, est-ce qu’il oublie, est-ce qu’il ne se rend pas compte ? Et là, il faudra pouvoir écouter sans juger… Mais cette fois, l’objectif aura été annoncé : nous nous serons assis avec lui en lui expliquant que nous cherchons à régler la situation.

Ecouter ou se taire

A présent que nous en sommes conscients, nous cherchons à mettre en place une écoute sans faille. Et malgré cela, notre enfant ne s’ouvre toujours pas à nous…

Laisser le temps au temps

Il va falloir faire preuve de patience. Nous changeons, nous en sommes convaincus, mais notre enfant ne l’est pas encore. Il nous a trop entendu avant, il a besoin de se sentir de nouveau en confiance pour avoir envie de partager.

Ne cherchons pas à précipiter les choses. Allons-y doucement.

Etre disponible pour bien écouter

Dans les moments où notre enfant veut nous raconter quelque chose – que ce soit une difficulté ou une joie, il s’agit d’être disponible pour lui donner vraiment toute notre attention.
Or, ce n’est pas toujours le cas.

Si nous sentons que nous ne le sommes pas, il vaut mieux le lui communiquer avec sincérité.
Cela donnera :
“J’ai vraiment envie d’entendre ce que tu as à me dire, et je suis occupée pour le moment. Tu peux attendre quelques minutes ?”
ou bien
“Mince, je voudrais rester et t’écouter, mais je dois préparer le diner… Tu viendrais dans la cuisine avec moi pour me le raconter en même temps ?”
ou bien
“Ecoute, je suis désolée, je dois absolument terminer ce que je fais, et je sais que je ne vais pas pouvoir bien t’écouter en même temps. Tu voudrais bien garder cette histoire pour le diner ?”

Il se peut que cela frustre notre enfant. Et en même temps, ne vaut-il pas mieux le frustrer sur le moment, et être ensuite bien disponible pour lui que d’essayer de faire tout à la fois et de ne pas vraiment l’entendre ?

Plus il prendra l’habitude d’être pleinement écouté lorsqu’il se confiera, et non d’une oreille distraite, plus notre enfant aura envie de nous parler.

Ouvrir le dialogue

Pour encourager l’enfant à commencer à parler, l’écoute n’est pas toujours la meilleure technique.
Parfois, il est plus efficace d’ouvrir simplement le dialogue.
“Tu voudrais me parler de… ?”

En effet, l’écoute facilite la communication, mais elle ne la crée pas. C’est seulement lorsque l’enfant aura commencé à s’exprimer que nos capacités d’écoute se révéleront un réel atout.

Donner l’exemple

Comme toujours, ce que nous faisons a souvent plus d’impact que ce que nous disons. Ainsi, si nous désirons encourager nos enfants à nous parler, le plus simple et souvent de leur parler également.

Racontons ce qui nous est arrivé dans la journée, nos réussites, nos difficultés, nos erreurs. Alors, nous inviterons réellement à l’échange.

Accepter le silence

Malgré tout, il y a des personnes plus enclines à partager que d’autres. Les enfants n’échappent évidemment pas à cette règle. Si ce n’est pas notre cas, il faudra quand même l’accepter chez notre enfant, que nous acceptons tel qu’il est.

Si cela est un problème pour nous, il n’est pas interdit de l’exprimer, mais nous ne pourrons pas le contrôler et le faire changer. L’acceptation, dans ce processus, est clef.

Car c’est de l’acceptation que nait le désir de partage.

Qu’en pensez-vous ?

— Note : cet article est d’abord paru dans le magazine Grandir Autrement – N 72 de sept-oct 2018 —-

Lorsque l’on demande à un groupe de parents de parler de leurs difficultés avec leurs enfants, il n’est pas rare d’entendre parler de devoirs. En effet, cette tâche quotidienne se transforme régulièrement en bataille, et devient sujet sensible, pour les parents comme pour les enfants.

En fait, les parents aimeraient que leurs enfants soient responsables de leurs devoirs, et les enfants aimeraient que les parents les laissent prendre cela en charge. A priori, ces objectifs ne sont pas seulement compatibles, ils sont identiques ! Alors, d’où vient le dérapage ?

Sur ce sujet, les mots de Jean-Michel Blanquer, présentant le projet “devoirs faits” sont assez révélateurs : « Ça signifie que des devoirs, il y en a, mais qu’ils ne sont pas faits pour être faits à la maison mais plutôt dans l’établissement, de façon à créer une forme de tranquillité en famille sur ces sujets, à amenuiser les inégalités qui peuvent exister entre les familles et à avoir du temps heureux en famille.”1
Si l’objectif d’amenuiser les inégalités est clair, on peut s’interroger sur celui de “créer une forme de tranquillité en famille” : cela confirme bien, s’il en était besoin, la tension qui existe autour de ce moment…

Notre objectif ici est de proposer des pistes pour revenir à l’objectif commun initial : encourager notre enfant à être autonome sur la question des devoirs, et l’accompagner dans cette direction sans heurt si ce n’est pas encore le cas.

A quoi servent les devoirs ?

Peut-être faudrait-il déjà commencer par là.

Cette simple question est un débat en soi. Certains n’hésiteront pas à citer la circulaire de 1956 qui bannit théoriquement les devoirs écrits au primaire, jugés inutiles… Mais quelle que soit notre position, si notre enfant rentre à la maison avec des devoirs, il va bien falloir qu’il y fasse face.

Or, lorsqu’un enseignant décide de donner des devoirs à ses élèves, il ne le fait certainement pas dans le but de leur nuire. Au contraire. Comprendre les raisons qui soutiennent cette décision sera donc un premier pas important.

Et les raisons sont multiples. Les bénéfices attendus pour l’enfant seraient ainsi : le fait de s’approprier la leçon, voir s’il a bien compris, et s’entrainer pour mieux maitriser les notions abordées ; apprendre à s’organiser dans son travail personnel, compétence qui lui sera bien utile. Et pour l’enseignant : s’assurer une certaine homogénéité dans le groupe, vérifier que les explications ont bien été comprises, ou déceler au contraire un besoin d’approfondissement.

Prend-on le temps de discuter de ces bénéfices avec l’enfant ?

Malheureusement, l’adulte – que ce soit l’enseignant ou le parent – se positionne souvent dans une relation verticale, dans laquelle il attend que l’enfant obéisse, même s’il ne sait pas pourquoi. Je vous encourage aujourd’hui à vous poser la question suivante : cette posture est-elle compatible avec le fait d’attendre de l’enfant qu’il prenne la responsabilité de ces devoirs ?

Pour qui l’enfant fait-il les devoirs ?

C’est une question clef. Car les neurosciences nous ont montré une activité du cerveau bien plus forte lorsque l’activité est choisie, et non imposée. Donc, pour que l’apprentissage soit efficace, il faut éviter que les devoirs soient une simple obligation.

Pas facile. Cependant, si l’on ne peut contrôler l’autre, on peut se contrôler soi-même. Il sera peut-être difficile de persuader notre enfant qu’il fait bien les devoirs pour lui-même, mais ce sera déjà un bon point de départ de ne pas lui enseigner, par notre comportement, qu’il les fait pour nous.

Le simple fait de lui demander, encore et encore, s’il a bien fait ses devoirs, lui montre bien l’importance que cela revêt pour nous, bien plus que le contenu de ce qu’il apprend, dont on lui parle en général très peu… Plutôt que de nous intéresser au contenu de son apprentissage, nous restons focalisés sur le bulletin, qui doit être bon pour nous plaire. Et voilà comment l’enfant en vient à travailler pour nous, plus que pour lui.2

Rendre à César ce qui est à César

L’année dernière, j’assistais à la réunion parents-profs de ma fille, en équivalent CM23. L’une des mamans cherche à faire annuler les notes d’une évaluation, arguant que les notions au programme n’étaient pas claires sur le site qui permet aux parents de voir tous les devoirs de leurs enfants, et qu’elle n’a donc pas préparé son fils de manière adéquate. Je ne peux m’empêcher de penser que si elle avait laissé son fils prendre lui-même cela en charge, au lieu de regarder elle-même le sujet du contrôle, il aurait sûrement mieux su ce qu’il devait travailler…

Il s’agit pour nous d’un vrai travail de lâcher-prise : pour encourager nos enfants à l’autonomie face à leur travail scolaire, laissons-leur cette autonomie. Arrêtons de les harceler, et laissons-les faire. Si les devoirs ne sont pas faits, ils apprendront.

La difficulté vient de notre inquiétude : si notre enfant ne travaille pas bien à l’école, va-t-il bien s’en sortir dans la vie ? Poussés par cette inquiétude, nous prenons souvent le problème à l’envers. En effet, il vaut mieux le laisser “échouer” lorsque cela a encore peu d’importance, afin de lui laisser le temps de développer des qualités d’organisation, plutôt que d’être derrière lui sans cesse, jusqu’à ce qu’il perde tout intérêt dans la démarche.

Lorsque les devoirs mettent l’enfant en échec

Parfois, la difficulté vient du fait que l’enfant “n’y arrive pas”. Il veut bien faire ses devoirs, mais les trouve trop difficiles. A nous alors d’adopter une posture d’écoute, et d’essayer de comprendre ses difficultés. On peut également échanger avec lui sur ce qui est attendu en fonction du contexte. Car quand on fait quelque chose, on peut être en zone d’apprentissage ou en zone de compétence4. Quand l’enfant répond aux questions d’un contrôle, on attend de lui qu’il soit en zone de compétence. Mais quand il fait ses devoirs, il est, au contraire, en zone d’apprentissage. Il est donc normal de se tromper. C’est même important. Car c’est en essayant, et en se trompant, qu’on ajuste le tir. C’est de l’erreur que vient réellement l’apprentissage.

Notre rôle devient alors d’aider l’enfant à comprendre que les choses ne sont pas définies une fois pour toutes. Que ce n’est pas qu’il n’y arrive pas, mais qu’il n’y arrive pas encore. Et ce “encore” fait toute la différence. C’est ce que les anglo-saxons appellent le “growth mindset”5. Et pour l’accompagner vers cette amélioration, mettons bien en valeur ce qu’il réussit, plutôt que ce qu’il fait “mal”. Montrons-lui qu’il est capable6. Car c’est par la confiance en soi que passe la réussite.

Le rôle du parent dans les devoirs

Notre rôle est uniquement de soutenir. Les devoirs leur appartiennent, et ils peuvent avoir besoin d’aide, à n’importe quel âge, pour apprendre à mettre en place des méthodes. Nous pouvons les encourager à trouver des manières originales d’apprendre leur poésie, à explorer ce qui fonctionne le mieux pour eux. A mettre en place un programme de progression si cela est nécessaire.

Soyons à l’écoute. Prenons les notes pour ce qu’elles sont : un indice utile que quelque chose n’a pas été bien compris. Sans jugement, nous pouvons les aider à réfléchir à ce qu’ils peuvent mettre en place pour y remédier. Les encourager à trouver leur propre solution.

Notre attitude sera alors un vrai message de confiance, qui les aidera à croire en eux-mêmes, et les mettra sur la voie de cette autonomie dont nous rêvons pour eux !

  1. https://www.nouvelobs.com/education/20170529.OBS9976/et-si-cette-fois-c-etait-vraiment-la-fin-des-devoirs-a-la-maison.html
  2. https://les6doigtsdelamain.com/je-suis-fier-de-toi-mais-je-ne-te-le-dis-pas/
  3. En système américain, plus cours d’espagnol.
  4. “How to get better at the things you care about”. Eduardo Briceño. TEDxManhattanBeach, Novembre 2016.
  5. “The power of believing that you can improve”. Carol Dweck. TEDxNorrkoping, Novembre 2014.
  6. “L’éducation positive” Claire Blondel. TEDxLyon, Novembre 2011.

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Développer l’empathie de nos enfants… On en rêve tous, non ? Parce que, finalement, l’empathie, c’est bien la base de tout. Si nous avions appris, dès tout jeunes, à être à l’écoute de l’autre, à comprendre ce qu’il ressent, ce serait bien plus simple d’avoir des relations respectueuses avec chacun… Ce serait plus naturel d’être aimable, et de respecter les limites de l’autre. Du coup, ce serait même plus naturel de poser nos propres limites, tout en comprenant que ce sont les nôtres, et qu’accuser l’autre au passage ne nous aidera pas. Un idéal, carrément.

L’empathie… de quoi parle-t-on ?

Je ne vais pas ici m’avancer sur la définition précise de l’empathie, parce que je lis et j’entends des choses différentes, et ne voudrais surtout pas contribuer au flou artistique qui règne autour de cette notion.

Je vais plutôt vous expliquer ce que cela signifie pour moi.

L’empathie est une notion émotionnelle (vous avez constaté à quel point les émotions sont au coeur de tout ce cheminement ?). C’est ce qui nous permet d’écouter vraiment l’autre, de le comprendre, et de l’appréhender, non seulement sur le plan cognitif, mais également sur le plan émotionnel.

L’empathie nous permet de vraiment comprendre ce qui vit l’autre. De nous projeter. De sorte que cela devient alors naturel de le soutenir, et de faire attention à lui.

On parle également d’auto-empathie, lorsque qu’on est capable d’être ainsi à l’écoute de soi-même, ce qui est d’ailleurs probablement le point de départ pour développer ensuite l’empathie envers les autres…

Développer l’empathie des enfants, est-ce réellement possible ?

J’ai eu l’occasion il y a quelques semaines d’interviewer une maîtresse d’école qui a décidé de mettre l’empathie au coeur de son projet de classe. Et ce qui s’est développé dans sa classe semble magique. Je vous en parlerai bientôt, promis.

En tout cas, nul doute ne subsiste. Oui, il est possible de développer l’empathie. 

Encore faut-il que cela nous soit proposé. Faire attention aux autres, essayer de comprendre ce qu’ils vivent, ce qu’ils ressentent, c’est un exercice quotidien. 

Vous vous êtes sûrement rendu compte déjà que s’ouvrir aux émotions, ce n’est pas évident. Souvent élevés dans un contexte qui ne laissait pas beaucoup de place à celles-ci, nous n’avons pas appris à écouter les nôtres, et avons tendance à nier celles des autres.

Cependant, pour vous qui êtes sur ce blog, l’intérêt de s’ouvrir aux sentiments n’est pas une idée nouvelle. Voilà pourquoi, aujourd’hui, j’ai voulu aller plus loin, et vous parler de s’ouvrir à l’empathie !

Ma méthode pour développer l’empathie : saisir les occasions

Finalement, ce que je vous propose est assez simple. 

Partant du principe que l’empathie correspond au fait de comprendre les émotions de l’autre, j’ai commencé à jouer avec cette idée avec mon fils Anatole, 4 ans.

Je suppose que vous avez, comme moi, entendu vos enfants vous demander, un jour : « Pourquoi il pleure, ce garçon ? », lorsqu’il croisait un enfant en pleurs dans la rue. Avant, je répondais simplement que je ne le savais pas, avant de passer à autre chose.

Maintenant, je saisis l’occasion, et, tout en admettant effectivement que je ne le sais pas, je propose à mon fils d’imaginer les raisons possibles.

Ce que cela donne

Ainsi, la semaine dernière – et c’est ce qui m’a donné envie de vous partager cette idée -, j’étais seule avec Anatole, et nous nous rendions au marché.

Sur le chemin, nous sommes passés à côté d’un garçon qui pleurait. Il avait environ 6 ans, et était accompagné de son papa, de son grand frère, et de son petit frère en poussette. Après la question classique, Anatole et moi avons discuté de raisons possibles pour lesquelles ce petit garçon pouvait bien pleurer. 

“Parce qu’il est avec son papa alors qu’il voudrait être avec sa maman.” me suggère Anatole.
– Au passage, je note le message de mon fils, qui traverse une période d’insécurité dans laquelle il veut sans cesse être avec moi ! –
C’est le point de départ d’une discussion. 

Oui, il est possible que ce garçon veuille être avec sa maman. Et pourquoi sa maman n’est pas là ? Et comment peut se sentir le papa ? (“Triste, parce que lui il veut être avec le garçon…”)
Nous creusons cette piste. Et je laisse Anatole dérouler son scénario.

Puis, j’ouvre les possibilités : “Et est-ce qu’on pourrait imaginer une autre raison pour laquelle ce garçon pleure ?
– oui
– alors… pourquoi il pleure ?
– Peut-être parce que lui et le bébé, ils ne veulent pas aller au marché.
– ah. Et pourquoi est-ce qu’ils ne veulent pas aller au marché ?
– parce que… parce que… parce que le papa leur a dit qu’ils allaient aller en voiture, et eux, ils veulent aller à pied !
– ah, c’est pour ça qu’il pleure ?
– oui
– Et alors qu’est-ce qu’il pourrait faire le papa ?
– il pourrait dire “je suis désolé”, mais le petit garçon, il serait quand même triste.”
Et ça continue !

“Est-ce qu’on a encore une autre idée de pourquoi ce petit garçon était en train de pleurer ?”
Tant que mon fils est ouvert à cette discussion, nous imaginons. Puis, il me dira qu’il ne veut plus discuter de ça et nous pourrons changer de sujet.

L’effet de ce genre d’exercice

Grâce à cette démarche, mon Anatole s’ouvre à l’idée que les raisons pour lesquelles ce petit garçon peut être en train de pleurer sont infinies. 
Et il s’exerce à les deviner. 

Ce n’est pas une démarche évidente, car elle implique la partie de son cerveau qui n’est pas encore mature. Et justement, je crois fermement au fait que plus je l’encourage à créer des connexions dans cette zone-là, plus il lui sera facile d’y faire appel lorsqu’il en aura besoin.

Ainsi, j’espère que cette démarche lui servira lorsqu’il fera face à des camarades de classe en détresse, par exemple. S’interroger devrait lui permettre d’être plus à l’écoute. 

Et c’est grâce à cette empathie, qu’il aura peu à peu développée, qu’il pourra plus facilement trouver des solutions en cas de conflit. Car la compréhension de ce qui est vivant chez l’autre en est un pré-requis !

Et vous, quelles méthodes avez-vous pour développer l’empathie chez vos enfants ?

– Note : cet article “Encourager les enfants à contribuer à la maison” est d’abord paru dans Grandir Autrement, numéro 69 de mars/avril 2018 –

La vie quotidienne d’une famille, nombreuse ou non, n’est pas toujours facile. Dans notre société où le rythme s’accélère sans cesse, nous courons après le temps, et la gestion du foyer semble toujours en prendre trop. 
Attendons-nous de nos enfants qu’ils participent à toutes ces tâches ? Il n’est pas toujours facile d’atteindre cet objectif sans dispute ! 
Pourtant, il y va de l’interêt de tous, et en particulier du leur. 
C’est ce que nous allons voir ici : pourquoi et comment encourager les enfants à contribuer à la maison. 

La participation des enfants à la vie du foyer dépend principalement de ce que nous leur demandons, et de la manière dont nous le leur demandons. 
D’une certaine façon, tout comme la parentalité positive consiste à trouver l’alternative, à la fois à l’autoritarisme et à la permissivité, ou, pour reprendre les termes de la discipline positive, à allier fermeté et bienveillance ; de même l’implication demandée à nos enfants et la manière de procéder pour cela peut refléter une attitude parentale en ligne avec notre projet de parents ou non. 

Dans ce cadre, cet article n’a pas pour ambition de juger ce qu’il faut ou ne faut pas faire, mais plutôt d’encourager la réflexion pour vérifier justement que nous sommes en ligne avec notre projet. 

Scénario 1 : on impose à l’enfant de participer 

Dans les familles dans lesquelles le style d’éducation traditionnel, c’est à dire autoritaire, persiste, il n’est pas question que les enfants ne participent pas. Et s’ils n’en ont pas l’inclinaison naturellement, nous le leur imposons, simplement. 

Cela peut se faire de manière plus ou moins conflictuelle. Il est probable que les conflits surgissent plus avec un enfant qu’avec l’autre, car chacun a son caractère et sa propre résistance à l’autorité. 

La méthode varie également : on peut choisir de laisser un rôle précis à chacun, ou bien que les rôles tournent. 
Cependant le dénominateur commun est le suivant : le système est imposé par le parent, et, si l’enfant ne suit pas les instructions, le parent bascule régulièrement dans les cris, les menaces, les chantages et autres punitions.

Il est fort probable que cela ne soit pas le cas dans votre maison, compte-tenu du contexte de cet article. Cependant, l’alternative à cette manière de fonctionner n’est pas unique. 

Scénario 2 : L’enfant ne participe pas, ou quasiment pas. 

Dans d’autres familles, dans lesquelles le bien-être de l’enfant est (trop) pris en compte, il est possible de tomber dans l’extrême inverse, celui qui nous fait frôler la permissivité. 

Cette fois,  la contribution des enfants est à peine sollicitée, le raisonnement étant le suivant : 
L’enfant est un être plein de joie. Il apprend en jouant, et le laisser jouer aidera à son développement (ce qui est tout à fait exact). Il a encore le temps de découvrir les contraintes que la vie lui imposera, et nous ne voudrions pas les lui imposer trop tôt. 
De plus, c’est notre rôle de parents de l’aider, de lui rendre la vie plus agréable. Il est donc naturel que nous prenions en charge la maison, et que nous leur facilitions la vie le plus possible. 

Je précise ici que malheureusement, ce raisonnement est souvent l’apanage des femmes, qui se retrouvent à gérer seules la maison. L’une d’elle m’a un jour précisé : “J’ai le temps de le faire, pourquoi les mettrais-je à contribution alors que je n’en ai pas vraiment besoin ?”

En effet, pourquoi ? Quels problèmes cela pose-t-il ?
Nous pouvons répondre à cette question selon deux perspectives différentes : la position du parent, et celle de l’enfant.

Le problème pour le parent

Se sacrifier pour son enfant, cela fait partie du rôle du parent, il n’y a pas de doute là-dessus. Sacrifier son sommeil dans les premiers mois, sacrifier une bonne partie de son temps libre ensuite, sacrifier parfois ses soirées en amoureux… Mais tout cela n’est pas considéré comme un sacrifice, parce que c’est amplement compensé par tout le bonheur que nous retirons du temps passé avec nos enfants. 
Ou du moins… est-ce ce dont nous tentons de nous persuader. 

Seulement, il existe un équilibre entre nos besoins et ceux de nos enfants. Les cas de burn-out parental se multiplient, parce que certains parents se sont coupés de leurs besoins, en cherchant tellement à être à l’écoute de leur(s) enfant(s). 

Cependant, mettre un voile sur nos envies et besoins ne les fera pas disparaitre. Ce sacrifice finira par générer du ressentiment à l’égard de nos enfants. Et, malgré toutes nos bonnes intentions, nous risquons de ne plus être capables de nous montrer agréables envers eux, alors même que nous avons choisi un sacrifice qu’ils ne nous ont pas demandé…

Enfin, évoquons un cas particulier mais réel : lorsque le parent néglige ses besoins personnels au point que son rôle de parent devient tout ce qui nous définit. Il entretiendra alors la dépendance de son enfant, de peur que ce rôle ne disparaisse. N’oublions pas de nous recentrer sur notre objectif de parent à long terme : celui d’accompagner nos enfants vers l’indépendance ! 

Le problème pour l’enfant

Depuis son plus jeune âge, l’enfant aime faire, et aime faire seul. “Moi tout seul !”, dit-il très vite. Parce que lorsque l’on fait pour soi-même, on apprend, on se sent capable, et on avance vers l’autonomie et l’indépendance. 

Lorsque nous “rendons le service” de tout faire pour notre enfant, nous risquons de lui faire passer le message qu’il n’est pas capable. 

Or l’enfant, comme tout être humain, a besoin de se sentir capable, et utile. 

Un soir, j’étais chez des amis, qui me recevaient pour plusieurs jours. Je désirais contribuer, ce qui est toujours difficile dans une maison dont on ne connait pas les habitudes. Un soir, je sors le sac poubelle, et demande où je dois le mettre. La grande fille de mes amis me le prend aimablement des mains. “Ne t’inquiète pas, je vais le faire.” Je la remercie, je sais qu’elle le fait dans un élan de générosité, mais je suis mal à l’aise : je me sens inutile. Je veux vraiment contribuer !!

Il en va de même pour nos enfants. En ne les incluant pas dans le fonctionnement de la maison, nous ne leur enseignons pas le bonheur de l’appartenance au groupe, de l’utilité pour ce groupe de les avoir en son sein, alors même que cela pourrait leur apporter tellement de satisfaction.

Scénario 3 : nous impliquons l’enfant – une vraie contribution

Le modèle auquel j’aspire, celui proposé par la parentalité positive, est celui de la coopération.

La coopération, c’est l’exercice d’un pouvoir avec vos enfants. (Sura Hart et Victoria Kindle Hodson, Parents respectueux, enfants respectueux)

L’idée est de prendre en compte les besoins de chacun, et de trouver ensemble un fonctionnement qui convienne à tous. En effet, si les besoins des enfants sont écoutés, et que ceux-ci sont impliqués dans l’organisation, dans les décisions du fonctionnement, ils seront plus disposés à participer. De même, lorsque nous communiquons sur nos besoins en les exprimant, ils seront plus facilement pris en compte. 

Comment faire cela ? 

Pour commencer, on peut tout simplement mettre en place une réunion de travail. 

Ainsi, lorsque j’ai présenté à mes plus grands enfants la liste de tout ce que je faisais à la maison, non en les accusant de ne pas participer, mais en leur disant que j’avais besoin d’aide, chacun a pu choisir dans la liste les tâches qui lui convenaient. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu besoin de le leur rappeler dans les jours – pardon, semaines – qui suivirent, mais il suffisait d’un mot, pas d’une discussion.

On peut également leur proposer quelque chose de particulier (et ne pas insister -au moins dans un premier temps- s’ils le refusent) : “Les enfants, je me rends compte que la logistique des repas au quotidien est lourde pour moi. Est-ce que vous seriez d’accord pour prendre en charge un dîner par semaine chacun ?” (Cette question s’adressait à mes 2 plus grands, âgés à ce moment-là de 14 et 9 ans, pas à leurs petits frères de 5 et 3…).

Ou bien, comme je l’ai fait quelques mois plus tard : “Je pense que vous seriez capables de laver vos propres draps, qu’en pensez-vous ?”. S’en est suivi une consultation entre eux sur le mode de fonctionnement que cela pourrait avoir, sachant que ma fille ne peut atteindre le sèche-linge. Répartition des rôles, le rythme, comment s’en souvenir, etc.  En procédant ainsi, nous leur enseignons également le travail en équipe, la prise de décision… 

Ils sont alors contents de leur implication : ils ont le contrôle de ces moments-là, et sont tellement fiers de se prendre en charge, et de nourrir la famille ! 

Et cette démarche peut commencer dès le plus jeune âge : encourageons-les à participer à la préparation du repas, au nettoyage de la table (même si elle en sort plus salie que lavée), au rangement des courses… Les occasions de les impliquer sont nombreuses, et toujours des opportunités de nourrir leur besoin de contribution.

Le préalable : le lien ! 

Une clef cependant fondamentale :  pour qu’une démarche de coopération puisse être mise en place dans une famille, il faut d’abord avoir tissé un lien entre les membres de la famille. Si nous n’avons pas une vraie connexion avec notre enfant, il sera vain de lui expliquer que nous avons besoin d’aide, car cela le laissera de marbre. 

Ce sera donc toujours la première étape : se connecter avec notre enfant, partager des moments avec lui, l’écouter, le respecter. Et parfois, accepter qu’il refuse, ce qui n’est pas facile. 

Je me souviens d’un exemple donné par Marshall Rosenberg pour illustrer la différence entre une demande et une exigence, touchant justement à la contribution aux tâches de la maison : il s’était rendu compte que, si le refus de son fils à sortir la poubelle le mettait en colère, c’est bien parce qu’il l’exprimait lui-même comme une exigence et non comme une demande. C’est alors un cercle vicieux, car l’enfant réagit mal à l’exigence

L’une des manières les plus efficaces de créer ce lien sera également de les amener vers l’empathie. Et pour cela, il nous faut apprendre à parler de nous. Communiquer nos sentiments et nos besoins, comme nous écoutons les leurs : sans accusation ni jugement. 

Ainsi, reprenant les étapes OSBD (Observation -Sentiment – Besoin – Demande) proposées par la CNV, dire : “Lorsque je rentre à la maison, et que je vois que le petit-déjeuner n’a pas été débarrassé, je me sens frustrée, parce que j’ai besoin de considération. Mon temps a autant de valeur que le vôtre. Seriez-vous d’accord pour laisser une table propre avant l’école ?” sera probablement la meilleure méthode (testée) d’obtenir leur coopération sur ce point !

Et en attendant… ?

Pour terminer, et rester réaliste, si vous avez un besoin urgent que vos enfants participent, qui ne peut attendre que ce travail sur le lien entre vous porte ses fruits, vous pouvez penser à mettre en place, pour certains points, des conséquences (et non des punitions), étroitement liées au comportement à encourager. 

Exemple : “Les enfants, je voudrais vous informer du fait que j’ai décidé de ne plus laver les vêtements qui ne seront pas dans le panier.” ou bien : “Les jouets qui n’ont pas été rangés le soir seront considérés comme des jouets en trop, et seront mis de côté, le temps que l’on trouve la quantité qui rend le rangement possible.”

Cependant, si vous choisissez de commencer par cette dernière option, ne surtout pas oublier de travailler en parallèle sur le lien, l’expression de vos sentiments, l’écoute des leurs, et la prise de décision en commun… et pour tout cela, car Rome ne s’est pas faite en un jour : laissons le temps à l’apprentissage !!

La joie comme intention… ou comment l’ambiance familiale peut changer par un simple changement de priorité !

Il y a quelques semaines, je vous parlais de mon envie de mettre la joie en priorité dans ma famille.

Retour sur cette expérience, qui s’avère particulièrement efficace !

— Pour écouter ce contenu audio, il vous suffit de cliquer sur Play — ou d’aller sur votre plate-forme de podcast —

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Cependant, si vous préférez lire, en voici la retranscription.

Ma réflexion sur la joie

Ici Coralie, du blog 6 doigts de la main, pour avancer ensemble sur le chemin de la parentalité positive.

Lors de mon dernier podcast, je vous parlais de la joie. Et je partageais avec vous le fait que j’avais envie de la mettre plus dans mes priorités au quotidien dans nos relations familiales.

Je m’étais en effet fait la réflexion qu’en avançant sur le chemin de la parentalité positive, j’avais réussi à apprendre comment être beaucoup moins en conflit avec mes enfants, j’avais réussi à leur apprendre également à être moins en conflit entre eux, et que l’ambiance à la maison en avait été changée. Et que malgré tout ça, j’avais envie d’aller plus loin, pour non seulement avoir des relations plus calmes, mais également plus joyeuses.

Et je vous avais promis de faire un retour là-dessus, et de vous dire comment ça s’était passé.
Alors voilà, c’est mon objectif aujourd’hui : quel a été l’impact de cette réflexion ? Ai-je réussi à fixer la joie comme priorité ?

Tout a changé !

En fait, c’est vraiment intéressant de voir à quel point un simple changement d’état d’esprit peut changer les choses. Je ne vais pas vous dire que depuis que j’ai décidé de me focaliser sur la joie, tout a changé.
Je ne vais pas vous dire que, du jour au lendemain, la joie a été omniprésente dans mon foyer. Non, tout n’a pas changé, ceci d’autant moins que je n’ai pas réussi à garder cette joie en tête tous les jours.

Cependant, les jours où elle était effectivement présente dans mon esprit, la dynamique a été différente. Alors, j’y ai réfléchi et j’ai cherché à l’analyser un peu. Comprendre ce que ça avait vraiment changé.

Déjà, noter très clairement la responsabilité qu’on a, nous, en tant que parents, sur l’ambiance familiale.
Bien sûr, les enfants en ont une également ; bien sûr, leur comportement a une influence ; mais notre façon de réagir à ce comportement peut également tout changer. J’en étais déjà persuadée, cependant, je vois que ça peut aller encore un cran plus loin avec cette idée de joie.
Parce que c’est, comme je l’ai dit au début, certains jours mon seul état d’esprit qui décide de se focaliser sur la joie qui fait que mon attitude est différente, et que l’ambiance est différente.
Parce que, oui, j’ai vu des ambiances différentes les jours où j’étais vraiment focalisée dessus.

Comment ça s’est traduit concrètement ?

D’abord,

le premier point,

il est très clair, c’est que j’ai choisi de me remplir de la joie que j’observais. C’est à dire que, au lieu de considérer que lorsque mes plus jeunes enfants exprimaient leur joie, c’était.. on va dire normal, et me comporter moi « comme si de rien n’était », j’ai eu une démarche consciente de me remplir de leur joie, de rire avec eux, d’essayer de comprendre ce qui les enthousiasmait et de m’enthousiasmer avec eux.

Et ça, déjà, c’est fort, parce que ça m’a permis d’entretenir ma propre décision.

C’est à dire que, d’aborder les choses avec joie, et de trouver encore plus de joie en la puisant chez eux. Finalement, c’était eux qui remplissaient mon réservoir.

Ce premier point-là, je pense que tous les parents de jeunes enfants peuvent le vivre.

C’est moins évident chez les enfants plus grands, qui n’ont pas la même manière d’exprimer leur joie, cependant c’est quelque chose à chercher également, se réjouir de ce qu’ils partagent, au lieu de facilement considérer que ça a peu d’intérêt.

Le deuxième point

est plus personnel, et j’imagine qu’il se déclinera différemment, selon les parents et le caractère de chacun. Parce que nous sommes tous des adultes différents, face à des enfants différents. Mais surtout des adultes différents. Et chez moi, il y a un grand besoin de contrôle. C’est d’ailleurs un thème que nous avons déjà abordé, lorsque nous avons parlé de comment notre personnalité influence celle de nos enfants, et que nous avions fait l’analyse de la carte dominante.

Alors, pour choisir la joie au dessus de ce besoin de contrôle, ça m’a demandé du lâcher-prise.
Le lâcher-prise, c’est sûrement plus facile pour certains parents que pour d’autres ! Et, dans la théorie, je sais que le lâcher-prise est important, je l’ai déjà mis en place à de multiples reprise, et j’y repense régulièrement. Mais cette fois, au lieu de choisir le lâcher-prise, j’ai choisi la joie, et le lâcher-prise est venu naturellement.

Etrangement, ça a été, du coup, beaucoup plus facile. Parce que, du coup, ce n’était plus un choix « négatif », c’est à dire un choix de ne pas voir quelque chose, de ne pas prêter attention à un comportement qui m’aurait déplu, de ne pas me battre pour, comme lorsqu’on choisit ses batailles, ce qui est très important ; ca a été au contraire un choix positif.

Je choisis la joie.

Et évidemment, naturellement, ça veut dire que, lorsque mes enfants se sont levés de table pour montrer le dernier enchaînement de danse, avec la chanson qui va avec, qu’ils ont apprise pendant leur cours de sport, je n’ai pas eu besoin de m’imposer de ne pas réagir au lever de table pour ne pas me battre, j’ai savouré le partage de la chanson, le rire des autres, et effectivement, le fait de se lever de table à ce moment-là n’avait aucune importance !

Ca a été un lâcher-prise naturel. Ca ne veut pas dire que les règles ne doivent pas exister, ça ne veut pas dire qu’on ne va pas revenir dessus, mais ça veut dire que l’on choisit ses priorités. Je peux vous dire que chez nous, les diners où je suis arrivée avec une posture d joie ont été réellement différents !

Enfin,

le troisième point,

c’est que j’ai cherché à mon tour à créer de la joie. Et ça, oui, ça me demande encore un effort, parce que ce n’est pas mon caractère naturel forcément, mais il y a eu plusieurs moments où j’ai plus facilement basculé dans une parentalité que l’on qualifie de ludique, pour ceux qui connaissent, dans laquelle on prône le jeu avec l’enfant, non seulement pour se défaire de situations de conflit, ce que je faisais déjà, mais également en dehors de tout contexte, simplement comme moyen de connexion.

Alors, le jeu comme moyen de connexion, c’est quelque chose que, chez nous, on utilise beaucoup, de façon tranquille, encore une fois. C’est à dire que nous faisons beaucoup de jeux de société. Mais, cette fois, j’ai mis en place également du jeu plus vivant. Des jeux de chatouilles, des jeux de semi-bagarre, des moments où l’on danse, des choses qui ne me viennent pas forcément naturellement, mais qui permettent également de changer l’ambiance.

Et c’est drôle de voir à quel point c’est facilement suivi ! On commence avec un enfant, et puis ils s’y mettent tous. Et alors moi qui ai des enfants d’âges différents, puisque l’aîné a 15 ans, et le dernier 4, je peux vous dire que dans ces moments-là, les écarts d’âge s’effacent ! C’est assez magique.

Quelle est la leçon à retenir de tout ça ?

C’est le fait qu’on peut effectivement avoir une influence sur la façon dont les choses se passent par la simple posture dans laquelle on se met.

De nouveau, ce n’est pas une baguette magique, parce qu’il y a des jours où je suis plus stressée que d’autres, où je suis plus fatiguée que d’autres, et où la joie me viendra moins naturellement, mais le fait de l’avoir à l’esprit peut réellement changer les choses.

Et dans cette démarche, une astuce toute simple :

Avant de rentrer chez moi, j’y réfléchis. Je pose mon intention, dans les 2 minutes qui précèdent le moment ù je passe la porte. Je ne cherche pas à enchainer les choses, à être encore sur mon téléphone,etc. Non, pendant ces 2 minutes, je respire,  je souris, et je pose mon intention de joie. La suite en découle naturellement. Même si j’ai encore parfois besoin de m’y reconnecter.

Je ne peux donc que vous conseiller de faire la même chose. De réfléchir à la priorité pour vous, et, si c’est la joie, comme ça l’était pour moi ces dernières semaines, et, j’espère les prochaines semaines également, connectez-vous à cette intention avant de rentrer chez vous, et essayez de la garder présente. Et voyez la différence.

Si vous pensez que dans cette démarche, ce podcast peut aider d’autres parents, n’hésitez pas à le partager.
Et n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour me dire comment la joie a pu être mise en place chez vous.

A bientôt !

Note : cette notion d’intention m’a paru tellement efficace que c’est devenu la première astuce de mes « 39 astuces d’éducation positive« . A vous de découvrir les 38 autres !

Cela fait plusieurs fois maintenant que je vois des parents en difficulté, cherchant de l’aide, et qui se retrouvent face à une figure d’autorité qui nie leurs principes d’éducation bienveillante. Il peut s’agir tout simplement d’un enseignant, ou d’un animateur, mais le cas se présente également avec un pédiatre, ou un psychologue.

C’est alors très difficile pour le parent, qui se met à douter de ses principes. En effet, le parent cherche à être le meilleur parent possible, et se heurte à une difficulté. Le professionnel auquel il s’adresse alors lui fait entendre que sa posture n’est pas la bonne ! Que penser ?

Au mieux, le parent s’énerve contre ce professionnel qui ne comprend rien à ses principes éducatifs ; au pire il doute, voire culpabilise…

Je pencherais probablement pour le 1er scénario si j’étais dans cette situation, mais comme je ne le suis pas, je peux voir la situation de l’extérieur, plus froidement, et cela m’a donné envie d’y réfléchir et de vous proposer mes pistes sur le sujet.

Le flot d’émotions

Ce qui rend la situation très difficile, c’est le flot d’émotions auquel nous faisons immédiatement face. Il nous est quasiment impossible à ce moment-là de considérer les choses avec calme.

Or, tant que nous serons envahis par l’émotion, nous ne serons pas capables de prendre du recul, de chercher à voir ce que nous pouvons retirer malgré tout de cette interaction, ou d’avancer vers une solution. Comme le diraient Daniel Siegel et Tyna Payne Bryson (auteurs du cerveau de votre enfant, que je suis en train de lire, et dont je vous parlerai bientôt), nous réagissons avec la partie droite de notre cerveau, et n’arrivons plus à la reconnecter à la gauche.

Seulement, au moment où nous commençons à parler de nos problèmes avec le professionnel en question, nous sommes déjà dans une position émotionnelle forte, car le sujet dont il s’agit porte déjà une charge en soi, la plupart du temps. Eviter de ne pas se laisser envahir est donc compliqué.

Comme beaucoup de ceux qui s’intéressent aux émotions, je ne peux que conseiller de chercher à observer ces émotions qui nous traversent alors. Prendre un temps pour respirer, et accueillir l’émotion, le sentiment qui nous traverse. Reconnaitre son existence, et le laisser prendre sa place puis disparaitre, en temps et en heure.

Lorsque l’émotion n’est pas trop forte, afin de poursuivre cette démarche de retour à un état émotionnel plus neutre (l’état de l’adulte, si l’on suit l’idée des 3 états du moi), on peut alors chercher à comprendre ce qu’il se passe pour la personne en face de nous.

Pourquoi ce professionnel réagit-il ainsi ?

C’est également un être humain

Oui, la personne qui nous fait face est également un être humain. Ce qui signifie que, malgré son autorité de position découlant de son métier, elle est faillible. Ce n’est pas un super héros. (Tout comme nous !) . Et il subit la résistance au changement qui est si humaine…

En particulier, on peut se souvenir que cette personne a été enfant. Et a eu des parents. Des parents avec certains principes éducatifs.

C’est donc aussi difficile pour lui que pour nous de remettre en cause le modèle d’éducation qu’il connait. Cela lui demanderait de remettre en cause la manière dont il perçoit ses parents. (Je sais, c’est également notre cas, mais c’est plus difficile pour certains que pour d’autres, et c’est peut-être son cas, c’est comme ca !)

De plus, il y a des chances que cette personne ait également des enfants. Ainsi, tout comme dans le cas de nos parents qui ont parfois du mal à comprendre la parentalité positive, remettre ses principes éducatifs en cause reviendrait également à admettre qu’il n’a pas fait avec ses enfants ce qu’il « aurait dû » faire. Ce qui n’est jamais facile à admettre. Surtout dans notre culture française où l’erreur est si mal vue.

Enfin, comme si tout cela ne suffisait pas déjà à freiner bien des adultes, ajoutez dans son cas le fait qu’il a déjà quelques années d’expérience derrière lui, durant lesquelles il a conseillé bien des parents…

Alors… changer de principes, ça veut dire prendre conscience de tous les mauvais conseils dont il faudrait alors prendre la responsabilité !! Avouez que ca va plus loin que pour nous, non ? On peut comprendre que la résistance au changement soit encore plus forte chez ce professionnel que chez d’autres !

La culpabilité que l’on ressent en tant que parent qui découvre de nouveaux principes en avançant sur le chemin, et qu’il nous faut dépasser, serait bien multipliée chez lui !! Donc, c’est naturel, il freine. Inconsciemment, évidemment, mais de manière, finalement, compréhensible, même si l’on en attendrait plus d’un professionnel censé nous aider…

Il a observé d’autres parents perdus

Je n’ai pas besoin de vous dire comme il est difficile de rester sur le chemin de la parentalité positive. Pas besoin de vous rappeler l’énergie que cela demande de chercher les différentes options qui s’offrent à nous pour réussir à respecter nos besoins tout en respectant nos enfants.

En avançant sur ce chemin, et en comprenant mieux les réactions de nos enfants, certains parents se perdent. Je le sais, je l’ai vu. En voulant bien faire, mais ne sachant pas toujours bien comment, certains parents basculent dans la permissivité. Et ces parents-là, notre professionnel en a vus. Forcément. Et cela ne contribue pas à lui faire changer d’avis sur les bienfaits d’une éducation bienveillante.

Ainsi, lorsqu’il réagit en s’opposant à nos principes, il est possible qu’il ne réagisse pas vraiment à ce qu’il voit, mais plutôt à ce qu’il a vu. Il répond à une émotion élastique.

Face à lui, notre force sera donc de réagir comme lorsque nous sommes face à nos enfants : en ne prenant pas les choses personnellement ! Ahah… Je ris moi-même en écrivant cette phrase, parce que je ne sais pas si c’est possible… Car il faut bien compter avec le fait que nous sommes également humains !! Mais enfin, ça vaut quand même la peine d’y penser, non ?

Ce professionnel a ses propres principes éducatifs

Résultat des 2 premiers points déjà soulevés : notre professionnel a ses propres principes éducatifs.

Comment explique-t-il le développement de l’éducation positive auquel nous assistons actuellement ?
Il considère que c’est un effet de mode…

A-t-il raison ? Après tout, bien des points éducatifs ont l’air de répondre à des effets de mode : allonger un bébé sur le ventre ou sur le dos ; allaiter ou nourrir au lait en poudre…

En fait, nous aussi, nous pourrions voir les choses ainsi. Car l’opinion du professionnel sur la question suit également une mode : celle qui avait cours au moment où il s’est formé !

Et c’est ainsi qu’on assiste à des situations absurdes, comme l’infirmière qui désinfecte le sein de la maman à l’alcool, brouillant les pistes olfactives du bébé qui cherche le sein pour téter !!

Il me semble pourtant que nous dépassons ici la notion de mode. Car l’apport des neurosciences a permis d’avancer énormément dans notre analyse des effets de notre posture parentale. Bien plus ces dernières dizaines d’années que le siècle précédent…

Comment pouvons-nous alors réagir ?

Se former pour pouvoir s’affirmer

Pour réussir à réagir en analysant simplement que notre position éducative diverge de celle qui nous est présentée, il faut déjà se sentir solide.

Si nous ne sommes pas sûrs de nous, et de notre posture, nous serons facilement perturbés. Le problème n’est alors pas tant l’attitude du professionnel en question, mais plutôt notre manque de confiance en nous-mêmes.

Afin de regagner confiance, et de rester solide sur notre chemin, rien de tel que de se sentir compétent. Autant, finalement, que ce professionnel qui a fait des études. D’autres études. Des études qui n’incluaient malheureusement pas la parentalité positive. Ainsi, sur ce sujet, nous en connaitrons plus que lui.

Se former, aujourd’hui, n’est pas si compliqué. Car les renseignements sont disponibles. Sur des blogs comme celui-ci. Dans les livres : faites donc un tour par ma bibliothèque, elle regorge de livres inspirants !

En suivant des ateliers, ou des formations. En présentiel, ou en ligne.

J’en ai suivi pas mal moi-même, et elles m’ont toujours aidée.. Faites un tour par les formations des 6 doigts de la main pour trouver celle qui vous convient…

Alors, nous pourrons adopter la posture parentale qui nous convient, qui ne bascule ni dans l’autoritarisme, ni dans la permissivité, et savoir, tout en restant humain, ce vers quoi nous aspirons et ce en quoi nous croyons.

S’entourer d’un soutien bienveillant

Sur les chemins semés d’embuches, rien de tel que d’être soutenu !

Si vous avez l’impression d’être seuls dans votre entourage à pratiquer la parentalité positive, vous aurez d’autant plus de mal à trouver vos marques, à vous sentir confiants. N’hésitez pas alors à chercher du soutien, soit en rencontrant d’autres parents, soit en rejoignant des groupes virtuels dans lesquels vous vous sentirez entendus.

Il existe également des cafés de parents qui peuvent jouer ce role à la perfection. Ou il peut suffire d’un/d’une ami(e) pour avancer.

Se concentrer sur le principal : le respect mutuel

Qu’est-ce qui nous permet de savoir que nous ne nous perdons pas ? Que nous sommes sur le bon chemin, quoi qu’en dise ce professionnel avec lequel nous nous sentons tellement en désaccord ?

Comment savoir si l’on vit bien la parentalité que l’on cherche à vivre ?
Pour moi, la réponse est : en mettant le respect mutuel au coeur de l’analyse.

Si je ne respecte pas mon enfant, je ne suis pas dans la parentalité positive.
Si mon enfant ne me respecte pas (au vrai sens de respect, pas au sens d’obéissance), je ne suis pas dans la parentalité positive.

Mais, si je respecte mon enfant pour ce qu’il est, et que je me sens respectée pour ce que je suis, alors je suis sur le chemin. J’ai confiance, et j’avance.

Alors, quelle solution face à cette divergence de principes éducatifs ?

Eh bien, de deux choses l’une : soit nous avons le choix du professionnel, soit nous ne l’avons pas.

La meilleure option : changer de professionnel !

La vie est déjà suffisamment compliquée pour ne pas y ajouter un pédiatre dont les valeurs divergent des nôtres… Réfléchissons aux autres options qui s’offrent à nous !

Ainsi, lorsque mon amie Gwen, du blog Petit bout par petit bout, cherchait un psychologue, elle a bien compris – et écrit – que « pour qu’un tel accompagnement soit efficace, il fallait déjà que psy et parents ait des convictions éducatives communes ».

Dans ce cas, la réponse est claire : essayer de changer de professionnel, en prenant garde à se renseigner auparavant pour en trouver un qui soit en ligne avec nos valeurs éducatives.

Il existe cependant des cas plus compliqués, en particulier lorsque nous faisons face à des professeurs peu bienveillants.

Tout peut être envisagé dans ce cas, et cela dépend du contexte. Est-ce seulement un professeur, ou toute l’ambiance de l’école ? Existe-t-il d’autres écoles géographiquement et financièrement accessibles qui conviendraient mieux ? C’est probablement très compliqué. Je vous laisse en faire l’analyse au cas par cas.

Lorsque cette option n’est pas disponible

C’est malheureux. Il va pourtant falloir faire face. En sachant que cette épreuve sera également une opportunité, même si nous n’en sommes pas d’office convaincus.

Dans cette épreuve, il sera important de :

  • réussir à prendre le recul nécessaire par rapport aux méthodes du professionnel en question (comme face à la maitresse de mon fils qui utilise ce système de recompense toutes les semaines…)
  • essayer de lui parler de nos différences sans l’attaquer, avec toute l’écoute nécessaire pour espérer la même chose en retour. Et c’est là que la première partie de cet article peut aider !
  • soutenir notre enfant. Il m’aura fallu quelques années, mais j’ai enfin compris que ce principe de ne rien dire contre le professeur était ridicule. Bien sûr, il ne s’agit pas d’encourager notre enfant à être en opposition avec son enseignant. Cependant, on peut exprimer notre désaccord sur certains points spécifiques. Ce sera même une bonne occasion de transmettre nos propres valeurs éducatives à notre enfant.

Avez-vous déjà fait face à une telle situation ? Dites-moi comment cela s’est passé pour vous !

Non, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Et nous faisons tous face à des épreuves, plus ou moins lourdes, plus ou moins difficiles à traverser. Certaines, cependant, peuvent également se voir comme des opportunités.  J’avais soulevé cette idée déjà une semaine après le passage de l’ouragan Maria, qui a « abattu » Puerto Rico.

Alors, quand Caroline, du blog Le colibri imparfait, a choisi ce thème pour son carnaval d’articles (c’est à dire un ensemble d’articles écrits par plusieurs blogueurs autour d’un même thème), j’ai décidé de saisir cette occasion pour revenir dessus.

Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre

Je me rends bien compte qu’il peut sembler facile pour moi, ici, derrière mon ordinateur, d’écrire qu’une épreuve peut se révéler une opportunité. Que certains d’entre vous vivent ou ont vécu des épreuves qui me seront toujours épargnées. Mon propos n’est absolument pas de minimiser ces épreuves, ou de dire qu’il suffit de se secouer pour que l’épreuve devienne une opportunité. Mais je pense que cette idée peut être creusée.

Alors que je réfléchissais à cet article, j’ai d’un coup posé mes lunettes, et discuté avec ma voisine de bureau (Hum.. comprendre ma voisine de café, car mon « bureau » accepte aussi de servir d’autres personnes…). Je la connais pour la voir quotidiennement dans ce café, et je sais qu’elle a traversé une sacrée épreuve.

Elle travaillait aux US dans les services sociaux, récupérant les enfants en situation trop difficile. En situation que nous ne pouvons même imaginer. Elle vivait des scènes du type aller dans un squat de drogués et y trouver un bébé dans une poubelle… Et ce travail s’est révélé de plus en plus difficile, de plus en plus pesant pour elle, et pour sa santé. Jusqu’à ce que sa famille décide de la sortir de là.
Depuis, elle a changé de vie. Sa soeur et elle ont acheté chacune un petit appartement à Puerto Rico, et elle revit, semble-t-il.

Je lui ai donc demandé son point de vue sur la question. Et c’est elle qui m’a répondu : « Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre. », phrase suffisamment explicite pour que je décide de l’utiliser comme titre de cette introduction !

La porte se ferme…

Bien sûr, ce qu’on en voit d’abord, c’est l’épreuve. C’est la porte qui se ferme. Pire. On ne voit même pas encore que la porte se ferme. On se demande seulement « Pourquoi moi ? ». On n’a pas de vision de ce qu’il se passe parce qu’on est incapable de prendre du recul par rapport à la situation. On est sous la vague, et on pense que c’est la fin. Tout simplement.

Seulement, pour reprendre encore une phrase de ma voisine de café : « Tant que l’on est vivant, il n’y a pas de fin. »

Peu à peu, on commence à s’en rendre compte. A voir que la porte s’est fermée.
Et l’on se sent victime. On ne se rend pas compte que l’on a du pouvoir.
S’arrêter là est – indirectement- notre choix. Notre responsabilité.

Cette épreuve n’est pas tout ce dont nous sommes capables.

Encore une fois, je ne cherche ici à heurter personne. Il n’est certainement pas facile de sortir de cette impasse, et quand je dis que cela relève de notre responsabilité, je ne dis pas que cela se fera sans mal. Je ne dis pas qu’ouvrir l’autre porte est chose aisée. Jamais. Mais certaines étapes pourront nous rendre les choses un peu plus simples.

Vivre nos émotions sans culpabilité

L’acceptation

Pour moi, la clef est là.

Lorsque María nous est tombé sur le coin de la tête (Je parle de l’ouragan, pas d’une femme), nous cherchions à relativiser. A nous raccrocher au fait que ce que nous vivions n’était pas si dur que cela, qu’il y avait bien des gens dans tes situations bien pires… Et c’était vrai, bien sûr. Mais savoir qu’il y avait pire ne nous aidait pas tellement. Ca ne nous permettait qu’à arriver à la conclusion que « nous n’avions pas le droit de nous plaindre. »

En fait, nous tombions naturellement dans une démarche de négation des sentiments. Et cela ne nous permettait pas de traverser ce que nous vivions.

Jusqu’à ce qu’un jour, forte de mes compétences parentales, je réalise que ce que je vivais, ce que je ressentais était valide. Par le simple fait que je le ressentais. Une émotion, un sentiment, n’a pas besoin de raison d’être. Sa seule présence suffit à justifier son existence. J’ai donc décidé de m’ouvrir à mes propres sentiments. 

Cela n’exclue pas la compassion pour ceux qui sont dans une situation pire, certainement pas.

Mais le fait que d’autres vivent des événement plus difficiles n’enlève rien à la difficulté de notre propre situation. D’ailleurs, on trouve toujours des gens qui vivent des choses pires dans d’autres endroits du monde ! Je crois que je ne veux même pas commencer à évoquer toutes les épreuves dont nous pourrions parler ici..

Nous pouvons donc séparer les choses, et être conscients que : « oui, certains vivent des choses plus dures. En même temps, ce que je vis est difficile pour moi. J’ai le droit d’être triste, d’être en colère, d’être frustrée, d’avoir du mal à faire face. J’en ai le droit, je n’ai pas besoin de me montrer plus fort pour le principe. Je serai fort en acceptant de partager ce que je vis. »

Le partage

Ensuite, je pense que ce qui peut aider, c’est justement de partager cette situation. De bénéficier d’une réelle écoute de la situation.

Car je peux clairement ici parler d’opportunité ! S’ouvrir aux autres de ce que nous ressentons, c’est bien l’opportunité de :

  • renforcer notre échange et notre connexion avec l’autre
  • donner l’exemple à nos enfants du fait que nos sentiments sont valides, quels qu’ils soient
  • vivre le fait qu’une émotion se traverse
  • se découvrir soi-même dans une période de trouble

Et à notre tour, nous écouterons, ce qui nous permettra de

  • renforcer notre échange et notre connexion avec l’autre (oui, je l’écris de nouveau, et ça en vaut la peine, car c’est réellement puissant !)
  • développer notre empathie

Chez nous

Sur ce plan-là spécifiquement, je peux vous dire que j’ai appris des choses.

Je sais qu’avoir appris avant à manoeuvrer mon bateau parental par temps calme m’a aidée dans cette tempête, même si ce n’a pas toujours été suffisant.
Mais j’ai bien pu communiquer avec mes enfants sur le fait que je n’étais pas un super-héros.
J’ai aussi eu occasion de constater comme ils étaient capables de m’apporter du soutien lorsque j’en avais besoin !

J’ai aussi pu avancer dans la connaissance de moi-même. Car je me suis rendue compte que les moments les plus stressants pour moi étaient ceux où nous devions nous adapter aux changements. Les moments où nous savions d’avance que nous n’aurions pas de générateur pouvaient s’organiser. Mais les jours où le générateur devait s’allumer et tombait en panne ont été bien plus stressants pour moi. J’ai réalisé à quel point j’avais besoin de contrôle dans ma vie.. Et c’est bien ce que nous avions évoqué lorsque nous avions parlé de carte dominante dans notre personnalité !

Vivre le moment présent

Après « vivre nos émotions », je vous parle de « vivre le moment présent ». Décidément, il semble que la pleine-conscience se soit un peu immiscé dans ma vie

En effet, je pense que pour réussir à avancer, il faut avoir admis que nous traversons une tempête.

Comprendre nos difficultés

« Les circonstances sont neutres », dit Clothilde de Change ma vie. (Un podcast que je vous recommande chaleureusement !).

Car, face à des circonstances identiques, nous réagissons les uns et les autres de manière différente. Ce qui fait notre difficulté, c’est notre propre interprétation de la situation, avec notre système de pensées.

Lorsque l’on commence à en être capable, il peut donc valoir la peine de s’attarder un moment sur ce qui nous est le plus difficile à vivre dans l’épreuve à laquelle nous faisons face.

L’anxiété nous aveugle. Elle fait grandir le problème. Cherchons ce qui est le plus problématique, et cela pourra déjà nous aider à circonscrire un peu la question.

Si je reprends l’exemple de l’ouragan ici, comme vous l’avez vu, chez moi, la difficulté majeure était le manque de contrôle. Nous avons donc mis en place tout un système qui permettait d’y faire face. Des repas froids et plus simples, des réserves en conserve, toujours, pour faire face à l’absence d’alternatives. Le moins de choses possibles dans le frigo, qui ne marchait pas pendant 12h ou parfois 24 ou 36. Des bassines d’eau dans les douches…

Cela semble évident ? Oui, sûrement, mais ca me permettait de faire partiellement face au problème. Ou du moins, à mon problème. Car pour d’autres, le problème n’était pas celui-ci. J’ai vu des parents pour lesquels la fermeture de l’école, dans un premier temps, puis leurs horaires réduits, dans un deuxième, constituait une réelle inquiétude. Inquiétude d’un retard scolaire pour leur enfant. Pour moi, ceci n’a jamais été une préoccupation.. Chez eux, la mise en place devra donc être différente !

Un pas après l’autre

Vivre le moment présent, c’est également se focaliser sur celui-ci. Avancer un pas après l’autre. Ne pas encore trop s’inquiéter de la suite mais bien de traverser ce que nous visons à ce moment-là. Se poser la question, jour après jour, de ce qui doit être fait ce jour-là.

Cela permet à la fois d’être concentré, de ne pas se perdre dans des projections incertaines, et d’avancer.

Et c’est à force d’avancer, tout en nous donnant le temps de traverser nos émotions, que nous parviendrons enfin à apercevoir le contour de la porte à ouvrir…

Chercher le positif

Enfin, pour croire en l’existence de cette porte que nous allons bientôt pousser, mieux vaut s’attacher à voir le positif que le négatif de notre situation.

Là encore, je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais je sais aussi que l’on peut bien souvent trouver du positif à notre situation.

Pour illustrer ce point je ne vous parlerai pas de nous cette fois, mais d’Anne-Dauphine Julliand, que j’ai eu la grande joie d’écouter de vive voix au festival des rendez-vous de juillet à Autun en juillet 2017

Si vous ne la connaissez pas, Anne-Dauphine Julliand est, entre autres, l’auteur de Deux petits pas dans le sable mouillé. Dans ce livre, elle raconte la vie et la mort de sa fille, porteuse d’une maladie génétique. Bien sûr, le livre est dur, et triste. Et, en même temps, il est étrangement porteur de joie. La phrase la plus célèbre de ce livre est d’ailleurs : « Ajouter de la vie aux jours quand on ne peut plus ajouter de jours à la vie ». Il est impressionnant de constater comme cette famille a su, dans les moments les plus difficiles, accepter ce qu’ils vivaient, s’entourer de chaleur, et choisir de voir le positif.
(Si l’aventure de ce livre marquant vous tente, en voici le lien Amazon : Deux petits pas sur le sable mouillé )

Un exemple que tout est possible.

… une autre porte s’ouvre

Oui, à un moment donné, lorsque nous sommes prêts, une autre porte va s’ouvrir.

La difficulté vient du fait que cette autre porte ne nous apparait pas immédiatement, évidemment. La porte ne brille pas, ne se montre pas. Il nous faut la chercher. Et c’est pourquoi les étapes précédentes sont si importantes.

Et lorsque l’on commence à l’apercevoir, même si nous ne sommes pas encore prêts à avancer, il s’agit d’avoir confiance. Confiance qu’à un certain moment, nous serons capables de l’emprunter, de passer cette porte.

Et la passer n’est pas égoïste. Ce n’est pas irrespectueux pour l’épreuve, ou les personnes, que nous laissons derrière. Au contraire. C’est les respecter que de décider de continuer. De choisir de ne pas se laisser abattre.

Nous revenons ici à la notion du choix. Un choix que nous avons vu s’affirmer ici, à de multiples reprises, avec la propagation du #PRselevanta : « Puerto Rico se lève ». (L’opportunité -encore – pour moi de me rendre compte à quel point je m’étais attachée à ce pays..)

La situation ne sera plus jamais la même, et nous aurons toujours des regrets. Mais c’st un nouveau début. Un début dans lequel nous sommes capables de choisir de rester positif.

Ensuite…

Quelque temps plus tard, un temps qui dépendra probablement de la difficulté de l’épreuve vécue, on pourra discuter des opportunités que cette épreuve nous a effectivement offertes.

C’est un exercice que j’ai mené hier, avec ma famille.
Alice (11 ans), et Oscar (15 ans) n’ont pas hésité à dire également qu’ils percevaient cette épreuve comme une opportunité. Qu’est-ce que vivre cet ouragan leur a apporté ?

D’abord, le plus évident :

  • Se rendre compte de notre chance d’avoir au quotidien ce qui semble évident : la lumière par exemple !!
  • Prendre conscience de ce que d’autres peuvent vivre plus régulièrement dans d’autres coins du monde…
  • Développer les contacts avec les voisins, se connaitre, se soutenir face aux difficultés, partager nos joies (dois-je préciser que le jour où l’électricité nous est revenue – 53 jours après l’ouragan – nous avons immédiatement organisé un gros apéro festif en bas de l’immeuble ?)

Mais le plus marquant a été pour eux :

  • Apprendre la cohabitation : être tous dans la même chambre, se réveiller avec un petit frère en travers de son lit…
  • Former une équipe : installer ensemble les « tormenteras » avant que l’ouragan n’arrive, essorer l’eau qui s’infiltrait, puis s’aider les uns les autres dans la logistique du quotidien..
  • Partager tant de moments en famille ! En vivant ensemble, vraiment ensemble, entre le salon et notre chambre, nous partagions plus de temps. Quasiment tous les soirs, après avoir couché les plus jeunes, nous faisions un jeu de société à 4, souvent à la bougie…

Est-ce possible que je sente même chez eux une pointe de nostalgie quand nous reparlons de ces quelques semaines si stressantes ? Eh oui…

Nous avons donc conclu la conversation en décidant de nous remettre à jouer plus souvent !

Et si vous souleviez cette conversation chez vous ? Que diraient les membres de votre famille ? Pensent-ils également que les épreuves peuvent se révéler des opportunités ?