Mettre en place un moment particulier avec ma fille, tous les jours. Voici un défi qui vaut la peine d’être lancé ! J’y réfléchis depuis un moment déjà, et je me décide enfin. La période des bonnes résolution m’y pousse peut-être. Je ne sais. En tout cas, c’est parti.

Qu’est-ce que le moment particulier ?

Le moment particulier, c’est à la fois du pain béni et un gros nuage gris !

Du pain béni, pour l’effet que cela peut avoir sur le comportement des enfants. Car nos enfants ont surtout besoin de se sentir bien, de voir qu’on prête attention à eux, qu’on les aime, qu’on leur consacre du temps, qu’ils existent vraiment à nos yeux.
Le moment particulier répond à tout cela parce qu’il suppose de passer un moment un tête à tête avec un enfant, sans interruption, pour faire ce dont il a envie, et rien d’autre. Cela permet de remplir son “réservoir d’amour”, ce qui ensuite l’aidera à faire face à tout le reste…

Un gros nuage gris parce que savoir que c’est tellement important, et ne pas réussir à le mettre en place dans notre quotidien nous renvoie à notre culpabilité. Nous nous plaignons parfois du comportement de nos enfants, à qui nous ne consacrons pas de temps. Faut-il en être surpris ?
Et, sachant que nous détenons une piste pour améliorer notre relation, nous choisissons encore de ne pas le mettre en priorité… Sommes-nous de bons parents ??
Ma foi, nous faisons de notre mieux, et c’est déjà pas mal ! Cependant, le nuage reste là, car je repense régulièrement à tous ces moments que je ne mets pas en place…

Avons-nous mis en place les moments particuliers chez nous ?

Partiellement. Oui, j’ai précédemment un peu noirci le tableau. Le concept du moment particulier n’est pas complètement resté à la porte de notre maison.

Cependant, la recommandation veut que ce moment soit planifié, et régulier. Ce qui n’est absolument pas le cas chez nous ! Alors, comment cela se décline-t-il dans notre famille ?

D’abord en saisissant les opportunités

A chaque fois que je me retrouve seule avec l’un de mes enfants, je le mets en valeur.
“C’est chouette, ca nous donne l’occasion de faire un petit moment particulier !”
Et cela ne rate jamais : ca donne toujours le sourire à l’enfant auquel je le dis.
Après, je reviens dessus. “C’était bien ce moment particulier, merci de l’avoir partagé avec moi !”

Pour notre aîné, les moments particuliers découlent des contraintes logistiques : les trajets sont l’occasion de partager, et d’échanger, en dehors du tumulte familial.

Ensuite, quand le besoin s’en fait sentir !

Parfois, nous notons que l’un de nos enfants se montre de mauvaise humeur, un peu agressif avec les autres… alors nous décidons que c’est l’heure d’un moment particulier !

Le plus souvent, cela se produit lorsque nos deux plus jeunes se disputent plusieurs fois de suite. Nous comprenons alors que cela leur ferait du bien de faire une pause, et en prenons chacun un, pour des moments particuliers chacun de son côté !

Même si je n’affirmerai pas que le résultat est systématiquement spectaculaire, en général, ça aide, et ils se retrouvent ensuite plus facilement.

Pourquoi avec ma fille ?

Parce qu’Alice (tout juste 11 ans) est celle qui a le plus de difficulté à trouver sa place dans cette fratrie.
Avec un grand frère bien avancé dans son adolescence (15 ans), qui prend de la place et de l’énergie, et deux petits frères (6 et 4 ans) qui ont encore bien besoin de notre présence, elle est souvent la plus “négligée”. Alice grandit apparemment facilement, sans demander plus que ce qu’on lui donne.
Mais je sais que cela ne signifie pas qu’elle aurait besoin de plus.

C’était déjà avec cette notion en tête que j’avais choisi à l’époque de lui consacrer mon premier moment particulier.
Depuis, j’ai eu l’occasion de parler avec elle de la difficulté de prendre sa place, et ses pleurs silencieux m’ont bien montré que j’avais touché juste…

Nous avions donc soulevé, son père et moi, l’idée de lui consacrer un moment au quotidien ; et en avions réellement pris la décision, en septembre. Seulement, l’ouragan est arrivé, et a changé notre quotidien pendant un bon moment…
Tout a été plus compliqué, et il a fallu reprendre ses marques, et son souffle.

Ca y est, nous sommes prêts, enfin, à ré-envisager d’ajouter cela à notre quotidien !

Et les autres ?

Oui, la question est légitime… Les autres ? Ma foi, encore une fois, nous faisons ce que nous pouvons ! Je sais que pour qu’une bonne résolution soit appliquée, il faut qu’elle reste raisonnable, atteignable. (Et je me mets un rappel pour ne pas oublier !)

Et puis, comme je l’ai expliqué ci-dessus, cela ne signifie pas que les autres n’en ont jamais ! Seulement que, en tant que parents, nous devons également répondre aux priorités qui se présentent.

Pourquoi maintenant ?

Parce qu’Alice vient de fêter ses 11 ans. C’est vraiment l’entrée dans l’adolescence.
Une entrée dont je n’ai pas bien eu conscience jusque là.

Evidemment, tout dépend du référentiel, n’est-ce pas ? Alors, faisant face également à son grand frère de 15 ans, nous ne la considérons pas vraiment comme une ado, je dois l’admettre.

Récemment pourtant, j’ai beaucoup discuté avec une amie que j’ai connue par Alice, justement : les filles étaient en classe ensemble lorsque nous vivions au Mexique. A la différence près que sa fille est son ainée, et qu’elle découvre, avec elle, les spécifiés de l’adolescence.

L’occasion pour moi de prendre conscience que ma fille grandit. Si je continue à repousser le moment d’échanger réellement avec elle, j’aurai du mal à le faire plus tard.

Le moment n’est pas forcément idéal : dans une semaine, je pars pour une semaine ! Mais peu importe. J’ai décidé d’arrêter de trouver de -mauvaises- raisons de ne pas faire.

Qu’est-ce que j’attends de ce défi ?

D’abord, j’en attends une plus grande proximité, une plus grande complicité avec ma fille.

Je veux lui montrer que je suis là pour elle, malgré le manque de temps pour chacun dans une grande fratrie. Je veux qu’elle sache qu’elle peut compter sur moi, sur nous. (Car le moment particulier peut être pris en charge par son père).

J’ai également l’espoir que cela l’aide à se sentir mieux. Mieux dans ses chaussures, mieux dans sa fratrie. Je ne dirais pas que cela se passe mal, mais je note bien qu’elle reste parfois dans la comparaison. Qu’elle trouve que nous nous intéressons plus à ses petits frères… Et je pense que cela peut expliquer l’agressivité que je remarque certains jours envers Léon en particulier.

Ainsi, je pense que cela peut améliorer l’ambiance de la famille dans son ensemble. Parce que tout est lié, évidemment.

Annonce à ma fille et début du défi !

Hier soir, donc, j’ai pris ma décision, et l’ai annoncée à Alice.
Plus moyen de revenir en arrière.
Je lui ai partagé également le fait que pour moi, c’était un engagement difficile, et que j’espérais vraiment en être capable !

6 minutes…

Oui, 6 minutes ! C’est étrange, je sais ! C’est pour répondre à la double contrainte suivante : que ce soit plus que 5 minutes, mais que ca ne prenne pas trop de temps non plus, pour que ce soit faisable !
Ca l’a fait rire, et nous nous sommes accordés sur l’énoncé de la résolution : “Passer au moins 6 minutes par jour en moment particulier. Soit avec moi, soit avec ton père.”

Notre premier moment

11 ans et 1 jour

L’idée lui plaisait, elle me l’a rappelée, et elle était prête ! Elle savait déjà de quoi elle voulait me parler, et j’ai simplement écouté. Des petites choses de son quotidien, de ses maitresses… Des choses non essentielles dont nous n’avons jamais le temps de parler…

J’avais justement une alarme en place pour autre chose, et le moment a donc duré… 9 minutes !

Lorsque mon alarme a sonné, elle était surprise. “Ca fait déjà 6 minutes ?”

Eh oui, ma princesse.. mais pas de problème : nous continuerons cette conversation demain !

Et en effet, le fait de savoir que je serai encore là pour elle le lendemain a permis de terminer ce moment tout en douceur, sans inquiétude, et sans regret !

Je vous raconterai en fin de semaine comment cela ce sera passé !

Note – si vous lisez cet article plus tard, voici où j’en suis :
Première semaine de moments partagés
Premier mois de moments partagés

 

 

Au cours de mon cheminement, j’ai beaucoup entendu parler de pleine conscience…

Je pense même en avoir entendu parler avant d’avoir entendu les termes de “parentalité positive”, même si j’avançais déjà sur ce chemin auquel je n’avais pas donné de nom.
Et, depuis que j’en ai entendu parler, j’ai envie de creuser.

Le concept d’abord m’a intéressée : apprendre à vivre le moment présent, à être “ici et maintenant”.
La pleine conscience est un type de méditation qui s’ancre dans le moment.
Pourquoi en parle-t-on tant ces derniers temps ?
Parce que nous vivons dans un monde de fous ! Parce que le stress de notre vie quotidienne nous submerge, et que nous voudrions apprendre à calmer notre rythme, notre cerveau, notre corps, notre coeur. Apprendre à se recentrer, à se re-concentrer.

Vous pensez que ce thème n’est pas en lien avec la parentalité ? Détrompez-vous.
Ces notions d’écoute interne sont très imbriquées : la parentalité “bienveillante”, la méditation en plein conscience (ou mindfulness), la communication non violente (CNV). Tout cela tend vers le même objectif : mieux se connaître, mieux s’écouter, pour mieux s’entendre, et mieux se relier à l’autre.

Ai-je déjà cherché à apprendre la pleine conscience ?
Oui et non.
Oui, parce que j’en ai parlé à ceux qui connaissaient. Je me suis enrichie de certains ouvrages de références :
Méditer jour après jour, de Christophe André
L’art de la méditation, de Matthieu Ricard
Comment la méditation a changé ma vie… et pourrait bien changer la vôtre, de Jeanne Siaud-Facchin
J’ai pratiqué avec le CD de Christophe André, j’ai donc touché du doigt ce que signifiait méditer en pleine conscience.
J’ai suivi une petite formation de 4 séances sur 4 semaines, et pratiqué encore un peu.

Non, car le constat est toujours le même, et il est évident : on n’apprend pas plus la médiation que le piano en se contentant de théorie, il faut pratiquer. Et je n’ai jamais mené cette étape avec assez de constance.
Il y a quelques mois déjà, j’ai essayé de pratiquer avec plus de régularité.
Et j’aime ça. Chaque méditation est un moment que j’apprécie.
Pour des raisons bien différentes.
Cela a pu m’aider à me poser ; j’ai goûté à la joie simple d’avoir pu m’offrir un temps personnel ; j’ai aussi accueilli l’occasion de prendre conscience de sentiments non résolus, avec plus ou moins de facilité !

Et puis… et puis la vie quotidienne a repris le dessus, comme pour beaucoup d’autres essais infructueux que nous faisons dans notre vie, et je n’ai plus du tout médité.

Ce n’est pas grave, je ne m’en veux pas.
Ce n’est pas l’idée de la pleine conscience. Je fais ce que je peux, et j’en suis contente.

Mais l’envie d’aller plus loin ne m’a pas quittée.

Elle est même devenue plus forte, car j’ai mieux compris que mon chemin de parentalité s’accompagnait nécessairement d’un développement personnel plus centré sur l’écoute de mes propres ressentis.
Notre monde intérieur a un impact fort sur le stress familial, et la bienveillance commence par soi-même.

Cette année, j’ai la chance de passer quelques jours en compagnie d’une amie qui pratique quotidiennement.
Je lui ai donc demandé l’autorisation de partager son temps de méditation.
L’endroit est idéal.
C’est un trou de verdure, où chante… non pas une rivière mais les oiseaux, et le vent…
Quel meilleur point de départ ?

Hier matin donc, je l’ai accompagnée, pour une première méditation autour de l’amour et de la bienveillance.
Une méditation forte d’emblée, au cours de laquelle j’ai senti, sans m’y être attendue, les larmes couler.
Et une pensée m’a traversée. Celle que je ne voulais pas laisser s’échapper cette opportunité.
Or, je sais que pour entrer en pleine conscience, il est nécessaire de pratiquer.
J’y aspire.

Je me lance donc aujourd’hui un défi à moi-même : celui de méditer quotidiennement, pour les 8 semaines à venir.

Nous sommes aujourd’hui le 17 juillet, cela devrait donc m’amener au 12 septembre.
Ensuite, nous verrons bien.

D’ici là, je viendrai chaque jour, non pas vous rendre compte, mais vous conter mon expérience.
En effet, il n’est pas question de rendre des comptes, ma motivation est interne. Les termes d’échec et de réussite sont étrangers à la pleine conscience, qui reçoit simplement ce qui est. Ces moments deviendront donc des récits d’expérience, tout simplement.

Je sais que ce sera difficile. Qu’il y aura des jours où le rythme ne me laissera pas trouver le moment parfait pour m’isoler. C’est bien là qu’est le défi.

J’espère que l’envie de me développer, l’envie d’avancer m’aidera à trouver cette régularité dont mon corps a besoin. Que le chemin m’entraînera…

A demain !

Pour suivre l’avancement du défi :

Semaine 1 – jour 1
Semaine 1 – jour 2
Semaine 1 – jour 3
Semaine 1 – jour 4
Semaine 1 – jour 5
Semaine 1 – jour 6
Semaine 1 jour 7
Semaine 2 jour 1
Semaine 2
Semaine 3
Semaine 4
Semaine 5
Semaine 6