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Archive d’étiquettes pour : fratrie

Au fil de l'eau, Podcasts

Entente dans la fratrie

On aimerait que nos enfants s’entendent bien !
Cela demande parfois un temps d’adaptation, surtout pour intégrer un nouveau venu dans la fratrie, alors que les 2 premiers ont déjà trouvé leur fonctionnement.

Voici la question que me pose Marie, maman de 3 garçons de 5 ans et demi, 4 ans, et moins d’un an, à laquelle je réponds dans ce podcast :

“Mes 2 grands sont très proches, comment faciliter l’intégration du petit dernier dans cette dynamique familiale ?”

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Si vous préférez lire, en voici également la retranscription.

Entente dans la fratrie

Bonjour les parents qui cheminent. 
Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’entente dans la fratrie.
Je réponds en fait à une question de Marie qui m’écrit : « Mes deux grands sont très proches. Comment faciliter l’intégration du petit dernier dans cette dynamique familiale ?« 

Mise en contexte : comprendre la situation

Les âges des enfants de Marie

Pour mieux comprendre la situation, il faut savoir que les enfants de Marie ont quatre ans et cinq ans et demi pour les plus grands, et moins d’un an pour le dernier.

La préoccupation est est donc une anticipation, car il est logique que les deux aînés (puisqu’ils ont quatre ans et cinq ans et demi) n’intègrent pas encore complètement leur petit frère dans leurs jeux.
Marie se demande comment s’assurer que les trois enfants puissent développer une bonne ambiance dans la fratrie.

Est-ce que les deux grands vont laisser de la place à leur petit frère ?

Pourquoi se poser la question de l’entente dans la fratrie ?

Avant même de répondre au fond de la question de Marie, j’ai envie de m’arrêter sur le fait qu’elle se pose cette question.
Il est intéressant de comprendre pourquoi elle se la pose.

Cela me semble important et rejoint une démarche à laquelle je suis très attachée, c’est celle de la conscience.
Car, si on parle souvent d’éducation positive, on peut aussi parler d’éducation consciente.
Or, c’est un terme qui me plaît et me parle particulièrement puisque l’idée, c’est de régulièrement faire un pas en arrière et se poser des questions sur ce qu’on est en train de vivre, sur ce qu’on veut développer à long terme et sur les effets de nos attitudes par rapport à nos enfants, pour se positionner un peu différemment.

Donc, l’étape de conscience ici serait de se poser la question suivante :
Pourquoi Marie est-elle attachée au fait que ces enfants se sentent tous bien ?
Pourquoi tient-elle à ce que le plus jeune des enfants arrive à intégrer cette dynamique familiale déjà établie des deux plus grands ?

📌 Ressource pour aller plus loin
Chaque fratrie et chaque enfant a ses spécificités.
Les études ont cependant dégagé des généralités sur l'impact du rang de naissance sur le caractère des enfants.
Pour mieux appréhender cet impact, et comment chacun cherche sa place dans la fratrie,
👉🏻 Visionnez mon atelier "La place dans la fratrie"

Les besoins derrière cette entente entre frères

La réponse peut sembler évidente (qui n’a pas envie que ses enfants s’entendent bien ?), mais elle permet de voir ce vers quoi on se dirige, ce que l’on aime, ce à quoi on aspire, ce vers quoi on veut orienter notre boussole.

Peut-être qu’il y a chez Marie un fort besoin d’harmonie dans la famille.
Peut-être qu’il y a un besoin de collaboration et de coopération…

Selon ce qu’elle recherche exactement, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’elle va chercher à développer entre ses enfants.

Peut-être que c’est un besoin d’empathie ? Ou un besoin de partage ?

Le fait d’être dirigée par ces envies-là, l’envie de nourrir ces besoins-là, va pouvoir lui permettre de créer des choses qui ressemblent à ce qu’elle veut créer, de manière plus fine.

Et à la fois, dans cette « étape de conscience », il existe une autre possibilité : celle d’être dirigée par ses peurs

Être dirigée par ses peurs

Peut-être que Marie craint que le plus jeune ne soit pas inclus dans ce duo que forment les deux plus grands.
Peut-être parce qu’il y a chez Marie une peur du rejet, qui vient de son histoire à elle.

Or, c’est intéressant d’être dirigée plus par ses envies et ses aspirations que par ses peurs.

Voilà pourquoi s’arrêter une seconde pour voir un petit peu ce qui se cache derrière cette question-là a son importance.

Après tout, le fait que le petit ne soit pas encore intégré au jeu des grands, pour l’instant, c’est assez naturel.
Donc, peut-être qu’il n’y aura rien besoin de faire pour que ça se passe tout naturellement et que cette crainte n’a pas vraiment lieu d’être.
Et donc un peu comme le dit ma mère : « le pire n’est pas certain » !

Poser de la conscience

Alors, pourquoi Marie prend-elle le temps de s’interroger en avance de phase là-dessus ?

Peut-être que chez elle, il y a une peur qui fait écho à quelque chose qu’elle aurait vécu.
Je ne suis pas en train de jouer les psychologues et de dire qu’il faut absolument que Marie guérisse de ses propres peurs avant d’aborder son rôle de maman. Je dis juste que c’est intéressant de se poser les questions de l’origine de nos interrogations et de nos envies. 

Par exemple, si on se rend compte qu’il y a effectivement des peurs là-dessous, on peut essayer de décaler la question.

Finalement, toutes les familles ne sont pas pareilles, et toutes les situations ont leurs avantages et leurs inconvénients.
Voyons donc quels seraient les avantages d’une dynamique familiale qui resterait telle qu’elle est ?

Imaginer la possibilité que la fratrie ne s’entende jamais vraiment

Imaginons que les deux grands restent très complices sans forcément inclure le dernier.
Quels seraient les avantages pour ces deux grands et quels seraient les avantages pour le dernier ?

Encore une fois, là aussi, il y aurait des avantages, comme dans toute situation.
En voyez-vous ?
Voici ce qui me vient.

Pour les deux grands

  • consolider leur complicité
  • disposer d’un vrai confident au sein de la fratrie
  • développer un lien fort basé sur le partage

Pour le plus jeune

  • développer son autonomie
  • apprendre à se positionner sans être dépendant des aînés
  • acquérir de la confiance en lui par son indépendance

Qui dit qu’un benjamin qu’on intègre et qu’on couve développera la même confiance en lui ?
Je pousse peut-etre un peu les choses, mais vous voyez l’idée : toute situation a ses avantages et ses inconvénients !

Comment encourager l’intégration du petit dernier dans la fratrie ?

Passons maintenant aux conseils concrets pour voir comment faciliter l’intégration du plus jeune dans la dynamique de ses grands frères.
Une fois qu’on a dit cela et qu’on a pris conscience, on peut quand même se poser la question de comment faciliter l’intégration du petit dernier dans cette dynamique familiale, comme Marie se questionne.

Première approche : développer l’entente quand elle est là

Le premier conseil que j’ai à donner à Marie – et qui s’applique à d’autres choses que cette question de l’entente dans la fratrie, c’est qu’il est toujours plus facile de chercher plus de quelque chose que moins de quelque chose.

Observer les moments où le petit est intégré

donc, au lieu se focaliser sur les moments où il n’est pas inclus, et chercher à les faire disparaitre, il vaut mieux repérer les moments où il l’est, et essayer de les développer.

Oui, c’est toujours plus simple de développer quelque chose qui existe déjà, qu’on veut faire grandir et à quoi on veut donner plus de place, que de partir de quelque chose qu’on veut voir disparaître.

Parce que l’énergie qu’on met face à quelque chose qu’on a envie de voir grandir, est justement dans la construction, dans l’élan, dans le développement, contrairement à cette énergie un peu négative de rejet, de ce qu’on veut supprimer.

Accentuer ces moments d’entente

On peut donc choisir plutôt d’accentuer les moments où les frères passent du bon temps ensemble.
Même si les grands ont une grande complicité, il y en a très probablement.

Le parent peut alors saisir cette opportunité de souligner cette entente, par exemple avec une réflexion du type « J’ai l’impression que vous passez un chouette moment tous ensemble... »

Dans ma remarque ici, je suis uniquement dans la description : j’ai l’impression, mais je n’affirme rien.
Je pose comme hypothèse qu’ils passent un chouette moment tous ensemble…
Eux, ils ont le droit de penser cela ou de penser autrement.

On peut même leur poser la question en fin de journée : « C’était chouette quand vous avez fait ça avec votre petit frère ? »
Et ils ont le droit de répondre comme ils ont envie.
Moi, ce que je fais en décrivante et en interrogeant, c’est que je les aide à ancrer en eux le fait qu’ils passent effectivement de bons moments avec leur petit frère. 

Mais je ne suis ni dans le compliment, ni dans l’évaluation.
L’évaluation, ce serait quelque chose du type : « C’est chouette quand vous passez un moment avec lui. Bravo pour ça les garçons ! » ou « Ah, vous êtes tellement gentils de l’intégrer à votre jeu. »
Le problème de ce compliment, c’est qu’il peut encourager à développer un comportement non pas pour le plaisir ressentir mais pour faire plaisir à l’adulte.
C’est toute la différence entre la motivation interne ou externe.

Ce que l’on cherche ici, c’est aider les enfants à être à l’écoute de leur propre joie quand les moments partagés sont agréables.

Instaurer un rituel de complicité

On peut même accentuer aussi avec une espèce de rituel qui serait la complicité du jour, par exemple.

Ainsi, tous les soirs, on pourrait dire : « Tiens, quel a été le moment complice du jour ?« 
Et, chaque jour, noter ou décrire un moment où il y a eu une complicité avec un autre membre de la fratrie ou un autre membre de la famille.
Cela pourrait être aussi avec maman ou papa.

Forcément, si on fait ça, il y aura des moments où il y aura complicité avec le plus jeune.
Et encore une fois, c’est une façon de le mettre en valeur et donc d’aider l’enfant concerné à être conscient de cette complicité, qui existe déjà même avec l’enfant qui est plus jeune.
Avec ce rituel, ils sont pro-actifs et ce sont eux qui cherchent.

Deuxième approche : créer des opportunités d’intégration

Le deuxième conseil qu’on peut donner et qui va se décliner de différentes manières, est le fait de créer des opportunités pour intégrer le plus jeune dans la dynamique familiale.

Un jeu pour développer l’empathie

Alors déjà, pour intégrer le plus jeune, il y a cette notion de développer l’empathie. 
Plus on a de l’empathie pour quelqu’un, plus on est proche de lui, plus on l’intègre dans nos préoccupations.

Donc, un jeu du type “Se mettre à la place de…” me semble une piste pour pouvoir développer un peu l’empathie envers le plus jeune.
J’imagine quelque chose du type :  « Tiens, on fait un jeu ! On imagine que là t’es ton petit frère. Comment vois-tu les choses depuis son point de vue, quand ça se passe comme ça ?« 

Se mettre à leur place de quelqu’un, c’est voir le monde d’un autre œil : depuis l’œil de l’autre.
Cela peut permettre de développer aussi la complicité indirecte, dans la mesure où l’on comprend mieux ce que vit l’autre et donc on a plus envie d’être avec lui.

Inviter à inspirer

On peut également demander aux plus grands de montrer à leur petit frère comment on fait quelque chose.
Attention : je ne parle pas d’enseignement au sens de “Apprends lui à…”, qui mettrait probablement les grands dans une posture trop directive (comme ils le voient souvent autour d’eux…)

Il s’agit plutôt de leur expliquer que les enfants apprennent beaucoup par le modèle. Ainsi, faire quelque chose devant le plus jeune permet de montrer et d’inspirer.

Un exemple concret :

Imaginons un petit enfant qui joue à un jeu où il faut mettre des formes dans des trous.
(Tout à fait typique d’un enfant d’un an).
On peut très bien imaginer un des grands, qui joue à ce jeu devant lui, juste un moment.
Il joue devant lui parce que lui va savoir mettre les bonnes formes au bon endroit et puis c’est tout.
Ensuite, il laisse le bébé faire.
Il peut l’observer, mais le laisse faire sans commenter, parce que le plus jeune a besoin aussi d’essayer, de se tromper, etc. Mais, le fait d’avoir vu son grand frère faire va l’aider à voir que c’est possible.

Cela peut être une façon de créer de la complicité entre les enfants. 

Faire un petit jeu spécifique

La troisième idée qui me vient, c’est de faire, carrément, un petit jeu spécifique.

Si vraiment Marie a envie de développer cela chez ses enfants, elle peut créer un petit jeu avec ses grands avec des papiers à tirer pour faire une activité minute avec le petit frère. Ce serait de petits défis comme :

  • jouer à coucou avec ton petit frère
  • faire rire ton frère
  • chanter une chanson
  • …

Montrer l’exemple !

Et la dernière idée que j’ai et qui va faire le lien avec cette espèce de parentalité consciente, c’est tout simplement d’inclure soi-même le plus jeune dans certains jeux qu’on fait avec les plus grands. 

Et pourquoi cela ferme la boucle ?
Parce qu’encore une fois, nos enfants n’apprennent jamais mieux que par le modèle.

Et donc si on se pose la question de comment ils peuvent, eux, intégrer le plus jeune dans la dynamique familiale, la meilleure façon de faire, en fait, c’est de le faire nous-mêmes.

J’ai des souvenirs de moments où on faisait des jeux de société avec nos plus grands, et que les plus jeunes étaient à côté de nous : on leur donnait certaines pièces.

Typiquement si on jouait aux échecs, au fur et à mesure que les pièces d’échecs étaient éliminées de l’échiquier, les pièces éliminées pouvaient être mises dans les mains du plus jeune, qui jouait avec ces pièces.
De sorte que, d’un certain côté, il était avec nous dans le jeu, même s’il ne participait pas au jeu, puisqu’il n’en avait évidemment pas la possibilité à ce moment-là.
Mais cela permettait quand même qu’il soit inclus dans l’activité, puisqu’il jouait avec les mêmes choses et à côté de nous.

Le faire nous-mêmes, c’est aussi une façon de montrer à nos enfants comment ils peuvent le faire à leur tour.
À un moment, par exemple, où les deux grands décident de jouer ensemble et d’avoir quand même la possibilité pour le petit frère d’être à côté sans que ce soit dérangeant, en se sentant appartenir au groupe. 

Conclusion : transformer la crainte en moteur positif

Voilà les conseils que j’aurais aujourd’hui pour Marie.
J’espère qu’ils vous ont parlé à vous aussi.

Ces différentes pistes visent à transformer sa crainte en opportunité pour cultiver la complicité et l’autonomie.

En valorisant les moments de complicité existants, en créant des opportunités d’intégration et en montrant l’exemple, nous pouvons aider à renforcer l’entente dans la fratrie.

N’hésitez pas à partager vos idées ou à apporter votre propre expérience sur la façon dont vous avez favorisé l’intégration du plus jeune dans votre famille !

📌 Ressource pour aller plus loin
Bien sûr, l'entente dans la fratrie ne se construit pas en un jour, et malgré nos efforts, des tensions peuvent exister.
Si vous cherchez des outils concrets pour aider vos enfants à mieux gérer leurs conflits et favoriser une relation plus apaisée dans la fratrie
👉🏻 Découvrez ma formation "En finir avec les disputes dans la fratrie" et transformez les tensions en complicité.
7 mars 2023/0 Commentaires
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2023/03/Entente-dans-la-fratrie-scaled.jpg?fit=2048%2C1539&ssl=1 1539 2048 Coralie https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Coralie2023-03-07 10:48:512025-05-02 11:37:03Entente dans la fratrie
Au fil de l'eau, Podcasts

Égalité, cas concret

Dans l’épisode précédent « Égalité, source de rivalité », je vous encourageais à vous éloigner de la recherche d’égalité pour traiter chacun de vos enfants comme s’il était unique.

C’est parfois plus facile à dire qu’à faire…

On se retrouve régulièrement face à des situations où l’égalité semble la seule manière de s’en sortir.

Parlons aujourd’hui de l’une de ces situations, et des choix qui s’offrent alors à nous.

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Si vous préférez lire, en voici également la retranscription.

Égalité, cas concret

Bonjour les parents qui cheminent. 

Dans mon épisode précédent, intitulé “Égalité, source de rivalité”, je vous avais parlé de cette démarche, que l’on a tendance à appliquer en tant que parent : on veut être sûr que chacun de nos enfants ait la même chose. Comme ça, on ne prête pas le flanc à des commentaires du type : “Mais pourquoi lui, il est plus que moi ?”. 

Je vous avais promis de vous expliciter les options possibles, dans un cas très concret d’une maman, qui suit la formation En finir avec les disputes dans la fratrie, qui sort des comparaisons et de la recherche d’égalité entre ses enfants, et qui me dit : “Il y a quand même des cas, où je me retrouve dans des situations, dans lesquelles je me sens un petit peu démunie. Je ne sais pas comment faire autrement.”  Son exemple est le suivant : “Quand je vois qu’il ne reste que peu de céréales pour le lendemain matin, je fais deux pots égaux séparés pour éviter les drames”. C’est-à-dire que le drame, ce serait que son fils arrive en premier et en laisse à peine, voire fini toutes les céréales, avant l’arrivée de sa sœur, par exemple.

Comment fait-on effectivement dans ces cas-là ?

C’est une chose de dire qu’on ne cherche pas l’égalité. Mais on va se retrouver au quotidien face à des situations comme ça, dans lesquelles clairement, il n’y a juste pas assez de céréales pour les deux. Donc, quelle serait la manière “juste” de se comporter dans notre système ? La justice, c’est souvent le partage et donc on va se retrouver à se dire : “Bon bah voilà, je vais prendre la décision tout de suite, au moins il n’y aura pas de drame”. 

Et cela peut être OK, de prendre cette décision-là, parce qu’on fait aussi avec les moyens du bord. Et si on sait que le lendemain matin (parce qu’on a déjà vécu ce genre de situation), cela risque de faire un drame, que l’on n’a pas le temps et que l’on veut éviter les choses, peut-être qu’une option, qui est écologique pour nous à ce moment-là, c’est effectivement de séparer en deux pots pour que chacun ait la même chose et que ce soit plus simple à gérer (cela ne donne pas forcément l’idée que ce sera plus simple à gérer, parce que les enfants peuvent encore s’interroger sur les raisons pour lesquelles il y a deux pots. “Et oui, mais les dernières fois qu’on a fini un paquet,…”). S’ils sont vraiment en rivalité, ils peuvent toujours trouver à redire. Mais effectivement, on a quand même tendance à se dire que ça va simplifier les choses.

Quel problème cela induit-il ?

En réalité, il y en a deux. Le premier, c’est effectivement cette notion d’entretenir nos enfants dans cette recherche d’égalité à tout prix, donc de rester dans la comparaison et d’entretenir la rivalité, comme on en a parlé dans l’épisode précédent. Le deuxième, c’est que finalement, on les prive d’une opportunité d’apprentissage, puisque faire face à cette situation dans laquelle il n’y a pas assez de céréales pour les deux, c’est une opportunité d’apprentissage.
Donc, nous, notre comportement, notre réaction par rapport à cela, va s’adapter à la priorité qu’on a à ce moment-là et les ressources qu’on a pour faire face à la situation.

Ainsi, dans le cas de la maman qui m’écrit, sa priorité, clairement, c’était que la préparation du matin se passe bien, que ce soit plus simple, plus fluide. Et donc, elle n’avait pas forcément en elle les ressources qu’il fallait pour accompagner ses enfants, si jamais cela se transformait en drame. Donc le choix qu’elle a fait, c’est de séparer les pots.

Que faire pour que cela devienne une occasion d’apprentissage ?

Si jamais, c’est effectivement le choix que vous faites : qu’est-ce que vous pouvez faire pour que ce soit quand même une occasion d’apprentissage ?

C’est qu’au moment où vous le faites, vous séparez les pots ce soir-là, parce que ce sera plus simple pour le lendemain matin. Mais, vous pouvez quand même (du fait d’en avoir pris conscience au moment où vous le faites) lancer la conversation et cela pourra vous 

servir pour une occasion suivante, où ce genre de cas se représentera.

Aborder le sujet

Par exemple, le lendemain soir, vous pouvez aborder le sujet en disant par exemple : “Tiens, je voulais vous parler d’un truc. Hier soir, quand vous étiez déjà couchés et que je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas assez de céréales pour vous deux ce matin, j’ai pris la décision, comme vous l’avez vu, de séparer les céréales, qui restaient en deux pots. Et d’ailleurs, je crois que ça s’est bien passé ce matin. Ok, mais finalement, je me suis dit : Est-ce que c’était vraiment une bonne démarche ? Parce que du coup, j’avais présupposé que, dans le cas où il n’y a pas assez de céréales, la meilleure solution était de séparer en deux. Mais est-ce que c’est vraiment la meilleure solution ? Est-ce que si ça se trouve, vous, vous préférez dans ces cas-là (quand il n’y a pas assez pour un bol complet) prendre autre chose que des céréales ? Si ça se trouve, vous auriez pu trouver votre propre solution, en fait. Qu’est-ce que vous en dites ? Qu’est-ce que vous auriez fait si vous étiez descendus et qu’il n’y avait pas eu assez de céréales pour vous deux ? Comment pensez-vous que ça se serait passé ?

Alors là, déjà, il peut y avoir un échange autour de cela. Comment ça se serait passé ? Comment auriez-vous réagi ? Afin qu’eux aussi puissent prendre du recul par rapport à cela. Et puis, si on se rend compte dans la conversation, qu’effectivement, la façon, dont cela se serait passé, aurait réellement été un drame. Genre, il y en a un, qui admet avec toute bonne foi, et d’ailleurs, on peut le remercier de sa bonne foi, que : “Ah ben moi, clairement, si j’étais descendu le premier, j’aurais pris des céréales et puis c’est tout”. “Ah ben moi, je n’aurais pas été contente”, aurait dit l’autre ? par exemple.

On pourrait dire : “OK, et du coup finalement, c’était plutôt une bonne idée pour ce matin, de séparer les deux, parce que ça a rendu les préparatifs plus simples. Mais qu’est-ce qu’on pourrait envisager d’autre ? Qu’est-ce qui aurait été chouette de faire dans ces cas-là ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire la prochaine fois ? Est-ce que vous avez vraiment besoin que je sépare les céréales en deux pots, quand il n’y en a pas assez ?” 

Vous voyez, on peut lancer cette conversation ; On peut discuter et peut-être que les enfants ne vont pas tout de suite trouver une solution qui convienne à tout le monde. Mais, rien que le fait de soulever cette question, d’en discuter, …, cela va les aider à y réfléchir. Cela va planter une graine. Et puis, il y a aussi la possibilité, qui n’est pas à ignorer (on ne peut pas prédire le pire), qu’ils trouvent effectivement une solution d’eux-mêmes, ou voir que dès le départ, ils disent effectivement que : “Non, en fait, moi, je n’aime pas avoir un demi bol, j’aime mieux dans ces cas-là, s’il n’y a pas assez pour tout le monde, prendre carrément autre chose”.
Voilà, donc c’est vraiment une conversation à lancer. Ce qui permet de faire le lien avec l’autre cas dans lequel on ne fait rien par rapport aux céréales, je veux dire, d’accord !

Donc voilà, ce que je veux dire, c’est que si nous, on décide que nos ressources pour le matin, on ne les a pas, et que donc la priorité, c’est que ce soit fluide. Si on pense que c’est la meilleure solution, c’est ok de partager en deux pots temporairement, pour le court terme. Il est important de saisir quand même, d’avoir conscience qu’il y a un point d’apprentissage, et donc saisir ce point d’apprentissage, pour lancer la conversation et faire évoluer la famille et les enfants.

Ne rien faire et observer

Maintenant, l’autre option, c’est de décider de ne pas séparer les céréales en deux pots. Et dans ces cas-là, qu’est-ce qui se passe ? Donc, on ne fait rien sur les céréales et on observe ce qui se passe le matin. Le premier cas, qui n’est pas forcément impossible, c’est qu’il n’y ait pas de drame, D’accord ! Donc, on peut ne rien faire et observer, qu’il n’y ait pas de drame, qu’ils trouvent leur solution et que tout se passe bien. Et dans ces cas-là, on note bien le fait que, franchement, on n’avait pas beaucoup confiance en nos enfants, que c’est quand même chouette de voir que cela peut bien se passer, et qu’on n’est pas obligé d’anticiper toujours le pire. On pourra même le leur dire en disant : “Oh là là les gars, j’ai vu qu’il ne restait pas assez de céréales pour tous et finalement vous avez trouvé votre solution. Et c’est hyper agréable pour moi de voir que, même quand il y a quelque chose qui n’est pas comme d’habitude, dans la routine, ça reste fluide le matin”.
On peut tout à fait s’en saisir et le commenter.

Traverser ce qui se passe

Maintenant, dans le cas peut être plus probable, selon cette maman, en tout cas, où cela se passe en drame, on peut se saisir de cela, comme justement, une opportunité d’apprentissage, déjà du fait de traverser ce qui se passe. C’est-à-dire qu’on peut accueillir (dans l’exemple qu’elle avait donné, où ce serait son fils qui descendrait en premier, qui prendrait toutes les céréales et que la fille serait frustrée), accueillir ce qui se passe pour sa fille et refléter sa frustration : “Ah ben mince, il y a plus de céréales pour toi et du coup, tu es déçue. Et toi, tu penses qu’il aurait dû t’en laisser ? Je comprends”. Voilà, il n’y a pas de jugement là-dedans. Ce n’est pas nous qui allons dire : “Ah oui, effectivement, il aurait dû t’en laisser”, mais on va refléter ce qu’elle pense. 

Et ça, c’est un accompagnement de nos enfants pour qu’ils soient à l’écoute de ce qui se passe et de les interroger : “OK et qu’est-ce que tu vas faire du coup maintenant ?” On peut l’accompagner à cela.

Lancer la discussion là-dessus après

Et dans tous les cas, cela n’empêche pas de faire ce qu’on a dit dans le premier cas, c’est-à-dire qu’ensuite (peut-être pas le matin), en profiter pour lancer la discussion là-dessus : “Tu as vu ce matin que ça ne s’était pas très bien passé, puisque ta sœur était déçue qu’il n’y ait plus de céréales. La prochaine fois qu’il n’y a pas assez de céréales pour tout le monde, que pensez-vous que l’on puisse faire pour que ça se passe bien pour tout le monde ?”

Ne rien faire le soir et anticiper le matin

Ou on peut également ne rien faire le soir et anticiper cela le matin, avant que la crise ne se produise. On peut, mais ça, ça dépend encore une fois de notre disponibilité et de nos ressources. 

Peut être qu’on n’a pas l’espace pour faire ça le matin, mais on peut aussi décider d’anticiper. C’est-à-dire (j’ai conscience que c’est s’ajouter de la charge mentale dans le rythme du matin, et ce n’est peut être pas la bonne option. Je vous donne juste la liste des options qui existent, pour que chacun fasse ses choix en fonction de son contexte) que vous pouvez donc anticiper, c’est-à-dire vous dire le soir : “Tiens, c’est parfait !” (Évidemment, ce n’est pas parfait, mais finalement, cela va être encore une fois une opportunité d’apprentissage). Donc, vous pouvez juste anticiper le lendemain matin.

Ainsi, le lendemain, quand les enfants descendront, on pourra leur dire : “Les enfants, il faut juste que je vous prévienne : il n’y a pas assez de céréales pour vous deux. Donc j’aimerais qu’avant que vous vous serviez, vous décidiez ensemble de “Comment vous allez faire pour que tout le monde soit satisfait?” Je ne sais pas si, du coup, vous avez tous les deux envie de céréales ou pas ce matin. Mais ça vaudrait peut-être le coup d’avoir un échange autour de ça.” 

Et ensuite, on voit comment ça se passe, on les laisse se débrouiller, autant que possible. Si on voit que la conversation ne se passe pas bien, ça veut dire qu’ils ont encore besoin de soutien, dans le développement des compétences de gestion de conflits. 

Et dans ces cas-là, je vous envoie directement sur ma formation En finir avec les disputes dans la fratrie, qui va vous expliquer comment les aider à développer les compétences de gestion de conflits, à savoir :

  • traverser ses émotions,
  • écouter celles des autres,
  • réussir à définir le problème en tenant compte des points de vue de chacun,
  • trouver des alternatives à l’agressivité pour essayer de nourrir son besoin,
  • voir quelles seront les conséquences des différentes alternatives,
  • choisir la bonne entrée en discussion,
  • s’affirmer.

Bref, tout un tas de compétences, qui sont précieuses pour tout de suite, mais aussi à long terme, pour quand ils seront grands.

Voilà, j’espère que cet exemple vous donne des pistes concrètes. Si vous êtes confrontés à des situations similaires, et que du coup, cet épisode vous aide à voir les situations autrement, mettez-les en commentaire, ce sera toujours intéressant. Et si vous pensez que ce podcast peut aider d’autres parents, partagez-le.

Je vous souhaite une bonne fin de journée. À bientôt !

19 janvier 2023/0 Commentaires
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Égalité, source de rivalité

Quand on sent que nos enfants se sentent en rivalité les uns par rapport aux autres, on a tendance à s’assurer que tout soit bien égal entre eux, pour ne pas donner prise à des réflexions du type : “Pourquoi il a ça et pas moi ?”.

Pourtant, cette habitude va plutôt accentuer le phénomène !

Dans cet épisode, je vous parle des raisons pour vous éloigner de cette notion d’égalité…

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Si vous préférez lire, en voici également la retranscription. 

Égalité, source de rivalité ?

Bonjour les parents qui cheminent !

Égalité, source de rivalité ? Oui, on a tendance à vouloir traiter nos enfants de la même manière. Etre sûr qu’il reçoivent la même chose, car comme ça, au moins, il n’y aura pas de rivalité entre eux. Les parents n’auront rien à justifier pour expliquer que : “Oui, mais l’autre, il a plus que moi !”. Et pourtant, plus on cherche l’égalité, plus on entretient cette rivalité ! Voilà ce dont je vais vous parler aujourd’hui.

Mise en contexte

Je sais que c’est un peu contre-intuitif… Remettons d’abord les choses dans leur contexte ! Quand on parle de rivalité, en fait, c’est que l’on réfléchit à comment éviter les disputes entre les enfants. 

Quand on sent une rivalité entre nos enfants, on sent qu’ils ne se sentent pas bien à leur place. Et non seulement, on est malheureux pour eux, qu’ils ne se sentent pas bien à leur place, qu’ils ne trouvent pas leur place dans la famille, mais en plus, cette réalité crée des disputes dans la famille. 

Soyons clairs, ce n’est pas tout à fait le cas dans toutes les familles, même quand il y a des disputes entre enfants. Il y a en fait, 2 grandes catégories de disputes : il y a les disputes qui découlent de cette rivalité et il y a les disputes qui découlent d’un manque de compétence en gestion de conflit. 

Parce que je fais une grande différence entre le mot dispute et le mot conflit. C’est-à-dire que j’ai une formation, qui s’appelle En finir avec les disputes dans la fratrie, dans laquelle j’explique qu’en finir avec les disputes, ce n’est pas en finir avec les conflits. Dans la mesure où il y a toujours des situations de conflit, car il y a des moments où nos besoins sont en “compétition” : on n’a pas besoin des mêmes choses au même moment et parfois nos besoins ne correspondent pas à ce que l’autre voudrait. Par exemple, l’un a besoin de compagnie, lorsque l’autre a besoin de calme. Et forcément, cela vient en compétition, donc il y a conflit ! 

La question est de savoir : comment va-t-on gérer ce conflit ?  Est-ce que l’on va gérer ce conflit avec violence, agressivité,… ? Et cela veut dire transformer cela en dispute ou est-ce que l’on va réussir à gérer ce conflit en discutant, en ouvrant la conversation, en étant plein d’empathie, en écoutant le point de vue de l’autre, en sachant s’affirmer,… Et ça, ce sont des compétences de gestion de conflit !

Gestion des conflits

On voit bien que c’est quelque chose qui peut manquer à nos enfants et même aux adultes, mais cela explique en partie les disputes. D’ailleurs, quand on se dispute, par exemple, avec quelqu’un au téléphone ou bien qu’on se dispute avec quelqu’un dans la rue,… Car ça nous arrive de nous disputer avec quasiment des inconnus. Et ces inconnus là, on n’est pas en rivalité avec eux, en général. On se dispute avec eux, parce qu’on n’a pas dans cette situation suffisamment de compétences de gestion de conflit, pour nous permettre de voir un autre moyen de gérer ce que l’on fait là. Ok, donc ce que l’on cherche à faire, ce n’est pas de nous débarrasser du conflit, puisque le conflit, par essence, il est logique qu’il existe dans certaines situations. Ce que l’on veut en revanche, c’est sortir des disputes et savoir gérer les situations de conflit avec bienveillance. 

Quand les disputes découlent de la rivalité

Maintenant, je voudrais vous parler du cas particulier, où ces disputes découlent en réalité d’une rivalité. Donc on n’est pas seulement dans une question de compétences au niveau de la communication, au niveau relationnel, pour réussir à éviter le quiproquo et la logique classique de notre société, qui est beaucoup dans le rapport de force de “Je vais te démontrer que j’ai raison et que toi, tu as tort”. Mais c’est plutôt aborder une situation, qui est dans une énergie de rivalité, en fait, la personne est en rivalité avec l’autre, elle est dès le départ dans un positionnement un peu de revanche. Elle cherche déjà la rivalité parce qu’elle a du ressentiment par rapport à l’autre. Elle cherche à faire en sorte que l’autre ne se sente pas bien. 

Donc elle n’est pas en train de transformer son conflit en dispute par manque de compétences, elle est en train de transformer son conflit en dispute parce qu’elle a l’impression que c’est ce qui va faire souffrir l’autre. Et c’est son but, vous voyez ce que je veux dire ! 

Dans ces cas-là, il est important de travailler effectivement sur ce sentiment de rivalité, qui existe dans la fratrie. Parce que si ce sentiment est trop fort (ça dépend des fratries, mais quand il y a un vrai grand sentiment de rivalité qui s’est installé entre un frère et une sœur, entre deux frères, entre deux sœurs), on va se retrouver dans une situation dans laquelle l’enseignement des compétences de gestion de conflit se heurte un peu à un mur, puisque dans le fond, l’enfant n’a pas envie d’apprendre ces compétences, puisqu’il ne veut pas sortir de la dispute en réalité. Dans ces familles là, c’est souvent le cas quand les enfants sont très proches. 

En particulier, il peut arriver des situations dans lesquelles l’aîné a du ressentiment envers le suivant, qui est proche, ou alors ça peut être entre l’aîné et le deuxième, ou ça peut être s’il y a un aîné qui a plusieurs années de plus que les 2 suivants. Par exemple, on peut se retrouver avec un aîné effectif, même s’il n’est pas réellement dans la même famille puisque il est aîné par rapport au suivant, vous voyez ce que je veux dire. Toujours est-il que dans ces situations-là, il est classique (pas systématique heureusement), que le plus grand des 2 enfants proches se retrouve un peu “menacé” par le suivant et cherche à prouver son importance à lui, en essayant de montrer sa supériorité. 

En réalité, il est entré dans cette question de rivalité, comme si son propre rôle n’existait que s’il arrivait à montrer à tout le monde, lui y compris, qu’il était supérieur à l’autre, et donc en rabaissant l’autre autant que possible. C’est ça un peu la rivalité entre frères et sœurs, en tout cas, le cas le plus classique.

La résultante à cette rivalité : la course à l’égalité

Or une chose que, nous en tant que parents, on a tendance à faire en réaction à ça, et qui en réalité, entretient cette rivalité, c’est justement de chercher l’égalité. Parce que cette rivalité se traduit parfois par des plaintes de la part d’un ou des deux enfants, sous l’angle de “Oui, mais pourquoi lui, il a droit à ça et pas moi”. On voudrait ne pas donner de point d’accroche à cette plainte là, en se disant qu’on va donner la même chose à chacun. Et ce que je veux vous dire aujourd’hui, c’est que malheureusement, c’est contre-productif !

Egalité = comparaison = ressentiment

Alors pourquoi c’est contre-productif ? Là encore, il faut que je revienne un pas en avant. Avant de parler d’égalité, je vais vous parler de comparaison. La comparaison est une source de tension entre les enfants. Et si je pousse le cas de façon un peu caricaturale, vous allez bien comprendre. C’est-à-dire que vous imaginez bien que si je vais en face de mes enfants et que je dis ouvertement : “Ton frère est beaucoup plus intelligent que toi, il est beaucoup plus gentil, pourquoi est-ce que toi, tu n’arrives pas à faire les choses comme je te le demande ? comme le fait ton frère. Et pourquoi il faut toujours que je te répète 10 fois la même chose ? Alors que ton frère, regarde il est déjà prêt,… 

Quand je compare comme ça, forcément je crée du ressentiment chez l’enfant à qui je le dis. Et en réalité, même chez les deux ! C’est-à-dire que je crée un ressentiment chez l’enfant auquel je dis ça, d’accord puisqu’il se dit : “Non mais ça va, mon frère a toujours raison, il est toujours mieux que moi… Je vais lui montrer, moi, ce que ça fait d’être mieux. Je vais montrer à mes parents qu’il n’est pas toujours mieux”,… Puis je vais me venger, en fait, contre lui.

Mais même l’enfant, que l’on valorise, n’est pas bien. Imaginons qu’il y ait un grand frère et une petite sœur. Et que l’exemple que j’ai donné, soit quelque chose que j’ai dit à la petite sœur. Si je ne dis pas ça à la petite sœur, mais que je dis au grand frère :” Ah qu’est-ce que c’est agréable de voir toute l’aide que tu m’apportes dans la maison ! Ta sœur, c’est pas elle qui aurait fait ça !”

On pourrait imaginer que le fait de ne pas dire ça à la petite sœur ne crée pas de ressentiment. Mais en réalité, on entretient dans ce cas le grand frère dans un positionnement de” Je t’aime parce que tu es mieux que ta sœur, parce que tu vaux mieux que ta sœur”. Ainsi, on l’encourage finalement à continuer d’écraser sa sœur pour garder cette position-là.

La comparaison implicite

Donc tous les exemples que je viens de donner (j’espère que ce sont des choses que vous ne faites déjà pas chez vous !), puisque là je vous ai donné l’exemple d’une comparaison directe, qui assez facilement semble quelque chose qui va heurter la relation entre les frères et sœurs. Vous êtes bien d’accord que si on veut instaurer entre eux une complicité, les encourager à ne pas être l’un contre l’autre de cette façon-là, ça ne risque pas d’aider. 

Le problème, c’est que cette comparaison est parfois plus subtile que ça. C’est-à-dire que parfois la comparaison est un peu implicite. 

Par exemple, je me souviens m’être attrapée moi-même dans une situation comme ça, où je m’adressais à ma fille, il y a plusieurs années : “Alors, on attend plus que toi ! Tout le monde est déjà dans la voiture. Qu’est-ce que tu fais ?” Bon là, clairement, on sous-entend que ses frères (en l’occurrence ses frère puisque je n’ai qu’une fille) ont été plus rapides qu’elle. Et donc, on est également dans la comparaison !

Ou bien quand on fait des comparaisons liées à l’âge, et très souvent le cas : “Oui, mais toi tu es grand”. Cela sous-entend que l’on est en train de le comparer à l’autre. Et donc d’insister sur le fait que le “grand” vaut plus que le petit. Bien sûr que ce n’est pas ce que l’on pense fondamentalement, mais c’est un message que l’on passe. Alors, je pourrais creuser ça, mais je vois que je n’arrive pas encore à ce que je voudrais vous présenter aujourd’hui, donc je vais accélérer un petit peu.

La comparaison, source de rivalité

Pour vous dire que quand je vous parle de comparaison, je crois que vous voyez bien l’idée que cette comparaison va en fait entretenir la rivalité. Puisque la comparaison est une source de compétition. En fait, quand on compare, c’est que l’on est en compétition. Et nous, ce que l’on veut instaurer dans notre famille, ce n’est pas l’esprit de compétition, c’est l’esprit d’équipe justement et de coopération ! On va donc vouloir s’éloigner des comparaisons.

Egalité versus Equité

Si je vais donc un cran plus loin et que je viens vers le principe de l’égalité. En réalité, vous voyez que mathématiquement, c’est la même chose. Parce que pour savoir s’il y a égalité, il va falloir comparer. Donc si on cherche à apporter à chacun de nos deux enfants la même chose, c’est que l’on reste dans une démarche de comparaison, de voir s’ils ont la même chose ou pas. Ainsi, on les entretient eux-mêmes dans cette réflexion, dans cette observation : “Est-ce que j’ai la même chose que l’autre ou pas ?” 

Or en réalité, cette égalité n’est pas atteignable. C’est une utopie de penser qu’on va toujours, à chaque instant de la vie, donner la même chose à chaque enfant. D’abord parce qu’ils n’ont pas la même chose, par définition, depuis qu’ils sont nés. Ils ne sont pas dans la même famille : il y en a un qui est l’aîné, alors que l’autre ne l’est pas déjà. 

Ils ont également des parents qui sont différents, car les parents ont évolué entre le premier enfant et le deuxième. Ils ont des parents qui sont différents, car ils ne sont peut-être pas dans la même situation de vie, peut-être que le lieu d’habitation est différent, peut-être que le travail de l’un ou des 2 est différent. Bref, ce n’est pas la même vie ! Donc, ils n’auront pas la même chose au même moment, et ça c’est une première chose. C’est la réalité ! 

Parce qu’ils n’ont pas le même caractère non plus, d’accord. De plus, non seulement c’est une “réalité” parce qu’on peut pas faire autrement, mais c’est une réalité aussi, parce que c’est souhaitable. Chaque enfant est différent. Là je reviens sur le fait qu’ils n’ont pas le même caractère. Chaque enfant est différent, a des envies différentes, a des besoins différents,… Et donc l’idée, c’est d’apporter à chacun selon ses besoins. 

On n’est pas dans une question d’égalité : tout le monde doit avoir la même chose. Bien évidemment, on grandit dans une société qui nous apporte énormément cette notion. C’est pour ça que l’on a du mal à sortir de ce modèle. C’est vraiment ancré dans notre culture “Liberté, Egalité, Fraternité”. D’ailleurs à l’école, il y a énormément de choses qui sont fondées sur ce principe d’égalité. Bien que dans les programmes, on explique aux enseignants qu’il va falloir faire de la diversification, en fonction du profil de chacun.

On est quand même encore et beaucoup dans cette logique héritée : “Chacun doit avoir la même chose”. Et c’est d’ailleurs assez drôle de continuer à entretenir ça ! Quand les enquêtes prouvent que la France a, malgré ses grands principes d’égalité des chances finalement, un des taux de corrélation les plus forts, entre le niveau social dont l’enfant est extrait et sa réussite scolaire. Finalement, notre principe d’égalité ne fonctionne pas. 

Et pourquoi il ne fonctionne pas ? Parce que l’égalité à la maison, de toute façon, n’a pas lieu. Et donc finalement quelque part ce qu’il faudrait, c’est plutôt, non pas une égalité mais une équité, si on voulait donner l’égalité des chances, vous voyez ce que je veux dire !

Définition de l’équité

Donc la grande différence entre l’égalité et l’équité, c’est que l’égalité est “que tout le monde ait la même chose quel que soit le contexte, quelle que soit la personne qu’il est”. L’équité est “que chacun va avoir ce qui correspond à son besoin”. Et c’est en fait complètement logique.

Il y a plein de cas dans lesquels on ne pose pas la question de l’égalité. On ne s’est jamais dit qu’on allait nourrir notre enfant de 5 ans de la même façon que notre bébé, qui n’a que des biberons, que notre enfant de 15 ans, qui est en pleine croissance, qui est un ado et qui mange beaucoup plus. Dans ces cas-là, on apporte à chacun ce dont il a besoin. 

Sortir de la comparaison, pour se concentrer sur les besoins

Sortir des comparaisons, cela veut aussi dire sortir de l’égalité et penser à l’équité, c’est-à-dire à ce dont chacun va avoir besoin. Typiquement, s’il y en a un qui est plus petit que l’autre, peut-être qu’il aura besoin d’une chaise plus haute tout simplement. 

Voyez, moi j’aime cette image, que vous avez peut-être déjà vu, pour illustrer cette équité : 

3 personnes de taille différente derrière une barrière, qui veulent voir le match qui se passe de l’autre côté. Et en fait, si on donne une petite marche à chacun, il y en a un qui est beaucoup trop grand, parce qu’il pouvait déjà voir au-dessus sans marche du tout. L’autre, qui malgré la petite marche, reste en dessous, de niveau. 

L’équité, ce serait d’avoir une double marche pour le plus petit, une marche petite pour le moyen, et pas de marche du tout pour le grand, pour que chacun soit au même niveau. Cela, ce serait l’équité. L’idée, c’est que chacun puisse avoir les mêmes possibilités, mais pas avec les mêmes moyens. Et nous, en tant que parents, avons fourni les moyens. Donc si on se focalise sur le fait que chacun ait la même petite caisse, parce que comme ça, ils ne vont pas dire “Pourquoi lui, il a ça, et pas moi ?”, on entretient cette comparaison et finalement, en plus, on n’apporte pas à nos enfants ce dont ils ont chacun réellement besoin.

Sortir de l’égalité et se diriger vers l’équité

Alors maintenant, comment fait-on pour réellement sortir de cette égalité ? Ce n’est pas évident, d’accord, mais c’est assez fondamental ! D’ailleurs dans Frères et sœurs sans rivalité de Faber et Mazlish, il y a une phrase que j’aime beaucoup, qui dit “Bien qu’ils semblent vouloir exactement les mêmes choses, ils ne le veulent pas vraiment”. Et pourquoi ne le veulent-ils pas vraiment ? Parce que chacun de nos enfants, comme chaque être humain, a envie d’être reconnu pour ce qu’il est lui, il a envie d’être unique, il a envie d’avoir de l’importance, il n’a pas envie d’être géré comme un autre dans un paquet et que tout le monde soit pareil. Il a envie qu’on le voit lui, d’accord.

Chaque enfant est unique

Donc la clé pour ça, c’est de réussir à traiter notre enfant, comme s’il était unique ! A chaque fois, il faut revenir à lui, et même quand il nous parle de l’autre, on va essayer de revenir à lui. On essaie d’entendre ce qu’il nous dit et de revenir à ce qu’il en a déduit. 

Par exemple, “Mais pourquoi ma sœur a encore un copain, et moi, je n’en ai jamais ! C’est toujours Les copains de ma sœur qui viennent à la maison. Et c’est jamais les miens !”

Là par exemple, c’est lui qui fait la comparaison. Ainsi, nous au lieu d’essayer de nous justifier, en disant : “Mais non, regarde elle a un copain, mais elle n’en avait pas eu depuis 2 mois”, on va plutôt répondre en écoutant ce qu’il nous dit, en répondant à ce qu’il veut lui. C’est-à-dire : “Tu aimerais recevoir plus de copains ? Tu aimerais inviter qui toi ?” En ne parlant plus de sa sœur, le plus possible, vous voyez. On essaie de se recentrer sur lui, sur l’enfant en lui-même. C’est ça qui compte ! Il a besoin d’être entendu, pour lui, par rapport à lui et pas par rapport à sa sœur. 

Je sais que ce n’est pas complètement évident et que ça demande un petit peu de temps et d’entraînement. Mais je vous assure que cela peut réellement changer l’ambiance au sein d’une famille.

De plus, au-delà de l’écoute de nos enfants et de comment on peut réagir à ce qu’ils disent, il y a aussi nos comportements. Nos comportements qui, implicitement, vont vers une recherche d’égalité, tout simplement parce qu’on ne sait pas comment faire autrement. Et on a l’impression que c’est l’égalité qui va éviter la dispute. 

Un exemple concret dans mon prochain Podcast

La fois prochaine, je vous donnerai ma lecture et des options différentes dans un cas très précis : celui d’une maman qui m’a écrit, une maman, qui suit la formation En finir avec les disputes dans la fratrie, qui est donc déjà dans une démarche de sortir des comparaisons, pour baisser un petit peu la rivalité entre ses enfants. 

Elle m’a envoyé cette anecdote concrète : elle est dans une situation où elle se rend compte la veille au soir qu’il n’y aura pas assez de céréales pour les deux enfants le lendemain matin. Donc pour éviter la dispute du matin, elle sépare les céréales en deux pots égaux, comme ça, elle est sûre qu’elle évite les drames. En fait, ce qu’elle dit : “Je sens bien que dans ces cas-là, j’entretiens le principe de l’égalité, mais je ne vois pas comment faire autrement”. Et je comprends très bien qu’elle ne voit pas comment faire autrement, puisque c’est comme ça que l’on nous a appris les choses.

Voilà, ce sera le cas dont on parlera la prochaine fois, dans le prochain épisode. Abonnez-vous, si vous ne voulez pas le rater ! En attendant, j’espère que cette réflexion, autour de la comparaison et de l’égalité, vous aura aidé à comprendre comment baisser la rivalité dans votre famille, si c’est quelque chose auquel vous faites face. 

N’hésitez pas à partager cet épisode avec d’autres parents, si vous pensez que cela pourrait leur être utile. 

A très bientôt!

12 janvier 2023/0 Commentaires
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2023/01/IMG_2164.HEIC-scaled.jpg?fit=2048%2C1536&ssl=1 1536 2048 Nicole https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Nicole2023-01-12 10:42:262026-10-14 09:00:26Égalité, source de rivalité
Au fil de l'eau

5 erreurs communes face aux disputes entre enfants

Quand nos enfants se disputent, en général, on n’a qu’une hâte : celle que ça s’arrête !! Et dans notre hâte, on commet ces erreurs communes face aux disputes entre enfants et aux conflits dans la fratrie.

Malheureusement, ces disputes ne concernent pas que les protagonistes, mais bien tout l’entourage.
Chaque dispute nuit à l’ambiance générale, tout le monde se sent tendu, et toute la suite s’en ressent.

Pourtant, les conflits font partie du développement normal de l’enfant et font partie de la vie. On aimerait bien que nos enfants sachent comment y faire face sans en passer par de l’agressivité et de la violence.

On voudrait que nos enfants expriment différemment leur colère, qu’ils se respectent et qu’ils trouvent des solutions à leurs conflits qui conviennent à tous.

Bien sûr, on est conscient que tout cela demande un apprentissage… mais comment faire pour les y aider ? Pour que ce soit plus rapide ?

Je crois qu’en fait, on s’y prend souvent de manière maladroite, sans même s’en rendre compte.

Aider nos enfants qui se disputent n’est pas évident. Comme d’habitude, on a tendance à reproduire ce qu’on a appris, même quand on constate que ça n’aide pas tellement la situation à moyen terme. Et c’est comme ça que l’on reproduit, encore et encore, des erreurs communes face aux disputes entre enfants, sur lesquelles j’attire votre attention ici.

Parce qu’on ne sait juste pas comment faire autrement.

Ce que disent les enfants des attitudes des adultes face aux disputes

Avant d’écrire cet article, j’en ai parlé à mes enfants.

Je leur ai demandé quelles étaient pour eux les attitudes des adultes face à une dispute entre enfants qui étaient aidantes, et celles qui ne l’étaient pas.

Mon fils Léon (10 ans) m’a simplement répondu :

« Celles qui sont aidantes, c’est tout ce que tu fais toi, et celles qui n’aident pas, ce sont celles des autres adultes. »

Alors au delà de la flatterie… il y avait un point important dans sa réponse !

Parce qu’il ne faut pas croire que je suis magiquement compétente quand il s’agit de réagir à une dispute ! Non, j’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup appliqué, amélioré, affiné, et… en fait j’apprends encore, au quotidien !

S’il a l’impression que mes attitudes sont aidantes, et pas celles des autres, c’est parce que les autres (comme moi il y a quelques années) n’ont pas appris à adopter des attitudes aidantes. Ma manière de réagir aux disputes a complètement changé depuis que je chemine, et j’ai maintenant beaucoup à transmettre sur ce sujet.

C’est pour cela que j’ai créé la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie »… mais je vous en reparlerai plus loin !

Quant à ce que m’a dit Anatole, je vous en parle dans la première des erreurs communes.

Erreur 1 – Négliger les émotions de la dispute

Quand il y a une dispute, c’est qu’il y a des émotions. Et, en général, des émotions fortes.

Evidemment : si personne n’était sous le coup de l’émotion, tout se réglerait dans le calme, voire il n’y aurait même pas conflit, parce que chacun aurait la faculté d’écouter l’autre.

Donc, faire fi des émotions présentes, cela revient à nier la dispute.

Cela se traduit par 2 tendances possibles :

celle, justement de vouloir effacer la dispute, ou bien celle de chercher à « raisonner » un enfant encore sous la vague de son émotion.

En voulant simplement arrêter la dispute

C’est d’ailleurs parfois littéralement ce qu’on leur dit : « Pas la peine de se disputer pour ça ! ».

…

En fait, ce n’est pas comme si les enfants AIMAIENT se disputer…

S’ils se disputent, c’est que, pour eux, à ce moment-là, C’EST important.

Suffisamment important pour que ça crée ces émotions.

On ne peut pas toujours le comprendre, et je dois dire qu’il m’arrive encore de leur renvoyer un peu ça… Par exemple en demandant : « C’est tellement important pour toi que ça vaut le coup de se disputer ? »

Quand je dis ça, je l’avoue, mon ton n’est pas toujours exemplaire.. dans le fond, il reflète probablement que je ne trouve pas ça tellement important… mais j’essaye de rester quand même dans l’accueil et la curiosité, comme je le peux, en encourageant quand même à une certaine prise de recul. De mon mieux. Bref.

Tout ça pour dire qu’aborder la situation sous l’angle : « Arrêtez de vous disputer ».. eh bien, comment dire… ça n’a aucune chance de marcher, en fait !

Selon mon fils Anatole (8 ans), une attitude qui n’aide pas du tout, c’est quand l’adulte dit : « Arrêtez, ou je vais devoir vous punir »

Il m’explique que non seulement ça n’aide pas, mais même ça empire les choses !

« Parce que quand on se dispute, on est déjà énervé contre l’autre, alors si en plus on se fait punir, on considère que c’est de sa faute, et on lui en veut encore plus ! »

Logique, non ?

En voulant raisonner avec un enfant en colère

L’autre piège, quand on oublie de considérer les émotions, c’est de vouloir directement aller vers un raisonnement pour trouver une résolution.

Sauf que, quand on est sous le coup de l’émotion, on n’est pas capable de raisonner !

Donc, d’abord l’écoute et la validation, ensuite seulement les explications.

Ah tiens, tant qu’on parle d’entrer dans le raisonnement… c’est une transition parfaite pour l’erreur commune suivante.

Erreur 2 – Se focaliser sur la partie visible des disputes

Au moment où on peut vraiment parler avec les enfants, sans que des émotions trop présentes empêchent la conversation, on a cette tendance à rester « collé » à l’épisode.

Les enfants qui se disputent le font rarement pour la raison que l’on voit

Comme si, lorsque mon fils Anatole empêche sa copine de tirer dans le ballon, son objectif était vraiment de l’empêcher de tirer dans le ballon !

Si on en reste là, on va entrer dans des considérations du type « toi, quand tu joues au ballon.. », ou « tu peux attendre ton tour ».
Bref, on ne va traiter que la partie émergée de l’iceberg, sans chercher à comprendre tout ce qui se joue derrière, sans voir la VRAIE raison de la dispute.

Ce que cache réélement un conflit entre enfants : le besoin derrière le comportement

A ce moment-là, pourtant, Anatole cherche à vivre quelque chose de fort pour lui. Il se sent seul, triste, déçu, parce que son copain lui a dit qu’il ne voulait plus jouer avec lui, et il cherche de la compagnie, il voudrait recevoir de l’empathie, il veut sentir qu’il a le pouvoir de faire en sorte que les autres se sentent comme lui et le comprennent….
Waouh ! Mais si on n’adresse que le pied devant le ballon, on passe complètement à côté de tout cet aspect sous-jacent qui est en fait fondamental !

Seulement voilà : pour réussir à aborder les choses autrement, il faut pouvoir prendre du recul, et gagner en conscience.

C’est l’objectif de tout le module 1 de la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie ».

Erreur 3 – Devenir l’arbitre du conflit entre enfants

Ça, c’est vraiment une erreur commune face aux disputes entre enfants. C’est une erreur classique, et normale.

Évidemment, on a vu tous les adultes autour de nous faire de même en grandissant.

Comme s’ils savaient mieux que les enfants ce qui était bien et mal, ce qui nous convenait, et ce qu’il fallait décider.

Bien sûr, nous avons un rôle de guide auprès de nos enfants. Nous avons la responsabilité de leur transmettre certaines valeurs, certaines règles de vie, et en particulier le respect de l’autre. Mais imposer le respect n’enseigne pas le respect.

D’autant que quand on joue le rôle de l’arbitre, on se trompe toujours !

Pourquoi ? Parce qu’on applique alors l’une, l’autre, ou un mélange des 2 méthodes suivantes :

Chercher un coupable : un reflexe parental classique

Avant de pouvoir juger, il nous faut comprendre.

Donc, on commence par chercher le « coupable ».

Pourquoi désigner un coupable aggrave le conflit et la rivalité

Rien que dans la démarche, on voit déjà qu’on part mal. Enfin, je dis ça avec le recul… peut-être que vous ne le voyez pas encore, parce que vous n’avez pas encore parcouru le chemin que je parcours depuis plusieurs années, et sur lequel j’avance encore !

Laissez-moi donc expliciter un peu mieux ce que je veux dire.

Quand on cherche un coupable, on reste dans une logique binaire de « bien » et de « mal ».
On entretient implicitement l’idée que l’un des deux a tous les torts.

Ce qui aura un tas de conséquences néfastes sur l’ambiance générale à moyen terme.

Les conséquences sur l’ambiance, et en particulier sur la rivalité dans la fratrie

  • personne ne va vouloir s’excuser, puisque ça voudrait dire prendre TOUS les torts à sa charge. Or, il faut être deux pour se disputer. En général, il y a des torts des 2 côtés, et des raisons des 2 côtés. Quand on apprend nos enfants à demander pardon (et c’est l’objet d’un contenu entier du module 3 de la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie »), on leur apprend en fait à prendre la responsabilité de ce qui les concerne, sans cette notion de « perdre » contre l’autre.
  • celui qui a été déclaré coupable va soit se sentir misérable, et ça ne l’aidera certainement pas à se sentir mieux pour se comporter mieux ; soit il en voudra encore plus à l’autre, et gardera alors un ressentiment qui s’exprimera, sans nulle doute, sous la forme d’une nouvelle dispute dont on vient de semer les graines…
  • celui qui a été déclaré non coupable en ressortira avec un sentiment de supériorité qui confirmera qu’il a raison de se disputer avec son frère / sa soeur, et risque bien de remettre ça en pratique rapidement
  • on encourage un clivage qui crée ou entretient la rivalité

En éducation positive, on ne cherche pas des coupables, on cherche des solutions.

Vouloir être juste : le piège de l’égalité

D’un certain côté, chercher le coupable, c’est chercher à être juste, chercher à voir où sont les torts, ce qu’il faudrait « réparer »…

Ça part d’une bonne intention : celle de la justice.

Mais que veut dire être juste ?

Sait-on RÉELLEMENT ce qu’il s’est passé ?

Oui, on peut recevoir le récit de l’épisode. Couvre-t-il bien tout ?

A-t-on bien pris en compte que le point de départ, c’était en fait un sentiment de jalousie qui datait de la veille quand… ?

Toute cette partie cachée de l’iceberg… la voit-on ?

Comment peut-on prétendre être juste alors qu’on ne sait pas vraiment ce que chacun vit ?

Ah, et d’ailleurs : quand on intervient pour être sûr que chacun ait « la même chose », est-ce qu’on tient compte des besoins de chacun ?

Pour être juste, vaut-il mieux chercher l’égalité, ou l’équité ?

Argh… tant de questions…

Impliquer les enfants qui se disputent dans la recherche de solutions

En fait, je crois que ce sont les enfants qui pourront nous aider à être justes. C’est à eux de savoir ce qu’ils vivent, ce qui leur convient, ce qui fera le plus sens en fonction de où ils en sont, et de ce qu’ils sont prêts à accepter, à donner, à recevoir.

On ne peut jamais être juste si on ne les implique pas dans la rechercher de la solution !

Et donc, forcément, en prenant parti, on crée, là encore, du ressentiment.

Bon.

Alors… facile… il suffit de…

Erreur 4 -Ne plus intervenir dans les disputes

Ah oui, mais non !

Je sais, cet article vous perturbe. Moi aussi, j’ai été perturbée quand j’ai appris tout ça.

Des interventions maladroites dans les disputes

Alors, d’abord, avec ces 3 premières erreurs, on prend conscience de tout ce en quoi on est maladroit quand on intervient dans les disputes.

On s’aperçoit que notre intervention fait plus de mal que de bien.

La conclusion qui s’impose, c’est donc, simplement, d’arrêter d’intervenir ! De les laisser gérer la situation.

Parce que c’est en pratiquant qu’on apprend, donc il s’agit de les laisser pratiquer, expérimenter…

Et vous trouverez effectivement de nombreux articles d’éducation positive qui vous conseilleront ça.
MAIS

Les enfants ont besoin d’un modèle pour apprendre gérer leurs disputes

Pour que leur pratique les fasse avancer dans la bonne direction, encore faut-il qu’ils aient un modèle à suivre, non ?

Nos enfants apprennent à parler seuls parce qu’on leur parle.
Si on prononçait devant, 90% du temps, des mots tordus… eh bien ils parleraient avec des mots tordus, évidemment.

Et c’est ce qui se passe avec la gestion de conflit.

Je souhaitre TRÉS fortement que cela change. Mais aujourd’hui, la réalité, c’est que la plupart des adultes

1- ne savent pas mener une gestion de conflit respectueuse

2- ont tendance à user de leur pouvoir pour imposer leur solution

Donc, si on laisse les enfants qui se disputent se débrouiller seuls, ils vont faire la même chose.

cqfd.

DONC

Accompagner les enfants dans la résolution de leurs conflits

Donc, si on veut réellement amener nos enfants à savoir faire face au conflit autrement qu’en se criant dessus.

Si on veut qu’ils sachent écouter l’autre, qu’ils sachent exprimer leur problème, qu’ils sachent trouver d’autres méthodes que l’agressivité, qu’ils sachent comment chercher des solutions qui pourraient convenir à tous… il va falloir les accompagner.

Seulement, pour ça… il faut savoir le faire. Et on n’a pas appris.

La bonne nouvelle ? On PEUT apprendre !

Et moi, maintenant, je crois vraiment que c’est notre responsabilité.

C’est grâce à cet apprentissage, et cet accompagnement qu’on se retrouve avec un enfant qui a le sentiment que nos attitudes sont aidantes, et que celles des autres adultes ne le sont pas.

Je ne cherche pas à me vanter. Je me suis donné du mal pour apprendre à sortir du modèle reçu. Et aujourd’hui, je rêve que ce soit le cas pour BEAUCOUP beaucoup plus d’adultes. Parce que ça changerait tout pour nos enfants, et pour le monde en général, si on savait vraiment comment enseigner la paix !

Erreur 5 – Manquer l’opportunité offerte par les disputes

Enfin, vous l’aurez peut-être compris à la lecture de tout ce qui précède, l’erreur que nous faisons devant les disputes de nos enfants, c’est de laisser passer l’opportunité que cette dispute représente.

Oui, la dispute est une opportunité.

Nos enfants ont (comme nous d’ailleurs) une foultitude de compétences relationnelles à développer.

Dispute ou conflit

Le conflit sera présent dans leur vie, ça ne fait aucun doute.
Pour que le conflit ne se transforme pas en dispute (c’est à dire la version agressive du conflit, qui, lui, est normal – et même souhaitable parfois, parce qu’il nous encourage à nous remettre en cause), il faut savoir y réagir.

Si on passe d’une dispute à l’autre avec l’attitude du « pompier », en cherchant uniquement, à chaque fois, à éteindre le feu ; sans jamais prendre le temps de leur apprendre à jouer avec les allumettes, alors ils ne développeront jamais ces compétences de vie tellement précieuses !

Ce que les enfants apprennent vraiment des disputes

Un enfant qui se dispute apprend aussi à communiquer et à s’affirmer, à écouter l’autre, à voir les choses sous un autre angle, à chercher des solutions, à collaborer…
Apprendre aux enfants à gérer leurs disputes ne signifie pas empêcher les conflits, mais leur apprendre à les résoudre.

Alors, ne faisons pas cette erreur de juste « effacer » les disputes, ou de chercher maladroitement à les régler à leur place.

Au contraire, saisissons cette dispute comme une opportunité d’enseignement, pour, comme l’écrit Morgane en finissant la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie », « ramener de l’harmonie au sein de la famille grâce à l’écoute de tous, parents comme enfants, pour trouver un nouvel équilibre dans le respect de tous. »

Vous êtes partant ?

Ah… avant de vous quitter, je ne résiste pas à vous partager ce témoignage d’Alice, elle en parle aussi à sa façon !

12 mai 2022/5 Commentaires
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2022/05/5-erreurs-disputes.jpg?fit=1445%2C1927&ssl=1 1927 1445 Coralie https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Coralie2022-05-12 20:38:302026-06-02 09:11:285 erreurs communes face aux disputes entre enfants
Au fil de l'eau, Podcasts

Disputes entre frères et soeurs : comment réagir ?


Comme bien d’autres parents, vous êtes fatigués d’entendre vos enfants se disputer… Les disputes entre frères et soeurs sont souvent un des premiers facteurs d’usure des parents, et peuvent même être sources de tensions entre les parents.

Les cris, les coups, les agressions, et autres chamailleries pèsent sur l’ambiance familiale, et vous ne savez pas toujours comment réagir face à ces conflits dans la fratrie.

Faut-il intervenir dans la dispute ? Faut-il les laisser gérer la situation ?

D’un certain côté, vous savez que ces disputes sont normales, que les conflits font partie de la vie. Vous aussi, vous vous disputiez avec vos frères et soeurs… 

Mais vous avez quand même envie d’en sortir, de voir un peu plus d’harmonie, entre eux, et dans la famille en général. 

Par ici, on parle régulièrement de l’ambiance familiale, alors, bien sûr, j’ai aussi travaillé sur les disputes dans la fratrie. Et je vous assure qu’on peut vraiment faire en sorte que les choses changent !
Que les disputes soient moins fréquentes, et que nos enfants sachent comment aborder les conflits posément.

Si vous voulez écouter cet article sous sa forme audio, en voici les enregistrements.

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Pourquoi les frères et soeurs se disputent

D’abord, j’aime bien comprendre. 

Je trouve que parfois, rien que de prendre conscience, d’avoir un éclairage autre sur l’origine d’une dispute, ça permet de bouger les choses. 

Alors voilà déjà un bon point de départ : comprendre d’où vient la dispute. 

Ça parait évident, mais on en prend rarement le temps quand on n’y est pas sensibilisé…

Alors, à la place d’essayer de comprendre la raison profonde des disputes, on commence en général par passer par les réactions suivantes.

Première réaction : vouloir arrêter la dispute immédiatement

D’abord, on aimerait bien qu’il n’y ait pas de dispute. Tout simplement. 

Ça a l’air idiot, mais c’est tellement ancré en nous qu’on a tendance à vouloir faire disparaitre cette dispute le plus vite possible. 

Voir nos enfants qui de disputent ça heurte notre rêve d’une famille harmonieuse, notre idéal d’enfants qui s’entendent bien.

Voir nos enfants qui se disputent ça va à l’encontre de nos besoins de facilité, et de fluidité…

Alors, on commence souvent par tenter de nier cette réalité dont nous ne voulons pas. 

C’est un peu comme pour les émotions…

On voudrait que notre enfant n’ait pas peur, alors on lui dit “ne t’inquiète pas”, comme si ça pouvait suffire à régler le problème…

Face aux disputes dans la fratrie, on va dire “Arrêtez de vous disputer !” , et c’est tout.

Ça revient un peu à fermer les yeux, et à croiser les doigts bien fort en disant “abracadabra” et en espérant que quand on rouvrira les yeux, la dispute aura disparu !

Quand on fait ça, on ne prend tout simplement pas en compte la réalité de ce qu’ils vivent derrière la dispute.

Deuxième réaction : “Qu’est-ce qui se passe ?” – vouloir comprendre la dispute

Au bout d’un moment, on comprend que la dispute ne peut pas s’envoler si facilement. 

Donc, on passe au traditionnel “Qu’est-ce qui se passe ?”, pour essayer de comprendre, et aider à résoudre le problème. 

Oui, mais… si on en reste à ce qu’il se passe dans cette situation, on reste en fait à la couche superficielle de la dispute. A ce qui se voit. Mais on ne comprend pas ce qui se joue en toile de fond.

Pensez-y… 

Ça vous est déjà arrivé d’intervenir dans une dispute, de demander ce qu’il se passait, de régler le problème, et de retrouver vos enfants en train de se disputer de nouveau pour autre chose ?

Comme s’ils ne cessaient de se chercher ?

C’est parce que vous n’avez pas touché à la VRAIE raison derrière la dispute ! 

Comprendre la vraie raison de la dispute entre frères et soeurs

Soyons clair, au départ, ce n’est pas évident de changer notre approche. 

Il s’agit de faire un pas en arrière, de prendre un peu de recul. 

Mais contre toute attente, ce n’est en fait pas si compliqué. 

Pour voir vraiment ce qui se joue, il suffit d’être un peu guidé. 

La logique est en réalité simple – la voici.

Derrière chaque dispute dans la fratrie se cachent des besoins

Les enfants, comme tout le monde, ont des besoins.

Et, à certains moments, il leur semble que la dispute est la seule stratégie à leur disposition pour nourrir le besoin qui domine. 

C’est aussi simple que ça.

Alors, imaginez : 

si on comprend bien ces besoins – et, bonne nouvelle, ça nous servira dans des tas d’autres situations que celles des disputes dans la fratrie ! – 

puis qu’on fait le lien entre ces besoins et les raisons derrière les disputes, 

alors il est plus simple d’arrêter de nier la réalité, et de chercher ailleurs la porte de sortie, vous ne croyez pas ?

Une fois qu’on voit clairement comment ces besoins peuvent se traduire en disputes, on a enfin d’autres pistes.

Cesser de nier la réalité des conflits

Quand on va comprendre ce qui se joue derrière la dispute, on va naturellement arrêter de nier la réalité. Parce que ça reviendrait à nier également le besoin de l’enfant, ou en tout cas de passer outre ce besoin. 

Et à la place, on va essayer de trouver d’autres stratégies pour nourrir ces besoins, pendant et en dehors de la dispute, aussi ! 

De sorte que l’ambiance générale va peu à peu s’apaiser…

Choisir des réactions aidantes face aux disputes des enfants

Comme je l’écrivais au début du paragraphe précédent, ce n’est pas évident… simplement parce qu’on ne l’a pas appris.

Mais en fait, ce n’est pas très compliqué. 

Il suffit d’être un peu guidé, un peu formé. 

👉🏻 C’est ce que je propose à travers ma formation « En finir avec les disputes dans la fratrie »

Ensuite, enfin, on retrouve une sorte de choix dans nos réactions. 

Au lieu de réagir de manière réflexe, parce qu’on ne sait pas trop quoi faire d’autre, parce qu’on se sent démuni, on retrouve une sorte de choix. 

On peut décider, en conscience, de ce qu’on va faire – y compris dans ces moments où l’on sait que notre réaction n’est pas idéale, mais que c’est le mieux dont on est capable à ce moment-là, nous aussi ! 

Comment faire pour que nos enfants s’entendent malgré les conflits ?

C’est triste de voir un frère et une soeur, deux frères, ou deux soeurs, qui ne s’entendent pas…

J’entends même parfois des mots forts de la part des parents : « Mes garçons se détestent », « mes filles ne se supportent pas »…

Quand on voit nos enfants qui se provoquent, qui s’agressent, qui se tapent, qui crient l’un sur l’autre, ou tout simplement qui s’ignorent… on se sent parfois dépassé.

On en conclut vite à une mésentente insoluble.

Certains parents avec qui j’échange me disent qu’ils craignent que la relation dans la fratrie ne s’améliore jamais.

C’était par exemple le cas d’Isabelle, qui m’écrivait, en mai : « Mon fils (8ans) fait une sorte de jalousie envers ma fille (3ans) ce qui induit les disputes. 
Mon fils refuse de jouer avec sa sœur alors qu’elle réclame pour jouer avec lui et ça la rend triste. »

Lorsqu’Isabelle passe le pas et décide de s’inscrire à la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie », fin août, elle écrit :

« J’ai l’impression que mes enfants ne tissent pas vraiment de liens entre eux. 
Je vois que ma fille est fort affectée et ça me fait mal au coeur. J’ai le sentiment que mon fils aurait préféré rester un enfant unique et que ma fille rame pour que son frère veuille bien jouer avec elle. »

On imagine aisément la tristesse d’Isabelle, constatant cette indifférence de son aîné envers sa soeur…

La relation future entre frères et soeurs dépend-elle du nombre de disputes ?

J’aimerais commencer par vous dire que, selon Thomas Gordon, ce n’est pas au nombre de leurs disputes que se dessine la relation future de nos enfants, mais plutôt au nombre de bons moments partagés.

Donc, plutôt que de vous focaliser sur les tensions, voyez tous les moments où cette complicité est déjà là.

Voyez tout ce que vos enfants partagent, ce qu’ils font ensemble, ce qui les unit, et construit peu à peu cette relation de fratrie qui aura toujours des hauts et des bas !

Ce qui ne veut pas dire que l’on ne doit pas quand même agir pour qu’ils se disputent moins (et/ou mieux !).

Ensuite, si vos enfants partagent peu de moments de complicité (comme dans le cas d’Isabelle ci-dessus), il suffit souvent d’un petit ajustement dans notre manière de faire.

Plus nous chercherons à imposer ces moments, moins cela fonctionnera.

En étant dans l’écoute, dans l’observation de ce qui se trame en toile en fond, dans une réaction mesurée et adaptée aux besoins de chacun, on ouvrira l’espace pour que chacun puisse trouver sa place dans la relation à l’autre.

C’est ainsi qu’après moins d’un mois dans la formation, Isabelle me raconte l’anecdote suivante, quasi-inimaginable un mois avant :

« Je ne vais pas écrire tous les exemples ici mais j’ai pu aussi aider mes enfants à désamorcer une dispute : 
Mon fils voulait jouer au camion mais ma fille à la dinette. 
Je leur ai demandé ce qu’ils pouvaient faire pour concilier les deux jeux et pour que cela fasse plaisir à tout le monde. 
Mon fils a alors proposé de jouer au livreur, ma fille faisait la cuisine, ils mettaient les plats dans des doggy bags et venaient me les livrer à la cuisine (pendant que je préparais le souper). »

Alors, je vous parle de comment agir ?

Deux manières d’agir face aux disputes entre frères et soeurs

Quand on identifie les besoins et les raisons derrière les disputes, on peut alors agir de deux manières : 

  • de manière préventive
  • de manière réactive

Travailler sur l’ambiance pour prévenir les disputes

Parfois, un sentiment de rivalité, ou de jalousie s’est installé entre nos enfants.

Il est alors d’autant plus important de savoir comment réagir à la dispute, car, plus on se placera en arbitre, et plus on aggravera les choses !

Mais avant même de parler de comment gérer les disputes, on peut facilement faire évoluer certaines de nos habitudes pour baisser le ressentiment, les frictions, et faire en sorte que nos enfants s’entendent mieux.

C’est une bonne manière d’enclencher un cercle vertueux :

si les conflits diminuent en nombre, toute la famille, parents et enfants, gardera plus d’énergie pour faire face à ceux qui se présenteront encore. 

Or, en tant que parent, on a vraiment des leviers sur lesquels on peut agir pour baisser la rivalité dans la fratrie, pour aider les enfants à se sentir écoutés… des leviers qui sont malheureusement souvent à l’opposé de ce que l’on a tendance à faire ! 

Car la rivalité vient aussi de certaines de nos réflexions, de nos attitudes, ou même de règles que l’on pose, sans bien réfléchir à leur implication…

Tout le module 3 de la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie » est d’ailleurs dédié à ce que j’appelle l’environnement : tout ce qui vient autour des disputes, et qui va nous permettre de réellement baisser le ressentiment, les tensions latentes qui existent souvent entre nos enfants.

Quand j’ai découvert tout cela, je me suis vraiment demandé pourquoi on ne l’avait pas appris !

Vous voyez de quoi je parle ? Toutes ces prises de conscience qui nous viennent quand on chemine vers la parentalité positive, et pour lesquelles on se dit souvent : “Mais pourquoi personne ne m’a jamais expliqué ça avant ??”

Donc, si vous voulez déjà commencer, là, tout de suite, à modifier certaines de vos habitudes pour alléger l’ambiance, 

👉🏻 Téléchargez le guide “Disputes : 6 habitudes à modifier pour les diminuer”

Mieux réagir quand la dispute a déjà éclaté

Vient le moment de la dispute… et là, il est bon de savoir comment intervenir. De savoir où on veut aller, et comment on va agir (ou pas).

Vous allez voir, dans la suite de cet article, que la manière dont on réagit à la dispute peut vraiment transformer ce moment difficile en une occasion magique !  

Alors, sans plus attendre, je vais vous confier cette approche qui change tout…

Les disputes sont des opportunités d’apprentissage

Oui, j’ai l’intention dans cette partie de vous aider à changer de regard sur les disputes.

Vous allez voir, c’est possible. 

Et rassurez-vous : ça ne veut pas dire qu’il faut garder les disputes dans la fratrie ! Ça va juste bouleverser un peu votre manière de les gérer…

Le problème, ce n’est pas le conflit, c’est le comportement

Dans le fond, vous savez très bien qu’une vie sans conflit, ce n’est pas possible. 

Le conflit fait partie des relations sociales, et on aura toujours des occasions d’être en désaccord, ou en décalage avec l’autre. Des moments où les besoins de l’autre ne correspondent pas aux nôtres. C’est également vrai entre parents et enfants d’ailleurs, et on sait bien nous-même comme c’est parfois difficile à gérer !

Face à ces situations, ce qui nous pose problème, en réalité, ce n’est pas le désaccord, mais bien la manière d’y faire face. 

Ce que l’on voudrait – en tout cas, je me raconte que vous vous dites ça vous aussi – c’est un monde dans lequel on peut gérer le conflit sans manquer de respect à l’autre. 

Voilà bien pourquoi la manière d’aborder les disputes dans la fratrie sont liées à notre style éducatif.

Vous êtes ici sur le chemin de la parentalité positive, et cette notion de respect de l’autre est précieuse pour vous, comme pour moi. 

Le modèle de la gestion des disputes

Le problème, c’est que ce n’est malheureusement pas le modèle que l’on reçoit en général dans notre société.

Donc, si on laisse les enfants avec ce qu’ils observent autour d’eux, ils apprendront à faire face aux conflits exactement comme ils l’observent, c’est à dire sans respect.

En réglant le conflit par la force, en fait. (qu’elle soit physique ou autre)

Je sais, j’exagère un peu…

En réalité, la gestion du conflit est entrée dans le programme scolaire au primaire !

Bonne nouvelle !

Sauf que… sauf que les adultes qui entourent nos enfants ne sont pas formés à ça…

Honnêtement les choses progressent, et les ressources à ce sujet se multiplient, mais il reste qu’ils ont grandi dans un monde dans lequel on ne le leur a pas appris, alors ils font comme ils peuvent, et ils réagissent eux-mêmes aux conflits avec leur approche du plus fort, en décidant à la place des enfants comment ça doit être réglé.

Bref.

Faut-il intervenir dans les disputes entre frères et soeurs ?

Voici une question récurrente, et oh combien importante, que je reçois de la part des parents. 

Et la réponse classique à cette question est NON. Y compris sur des sites d’éducation positive.

C’est là que ce que je vais vous dire diverge. Ça va faire toute la différence.

Car, si je suis ce que je cherche à vous enseigner, ma réponse est oui. Un grand OUI !

MAIS

en fait, je devrais plutôt répondre à la normande : ÇA DÉPEND…

C’est vrai qu’on entend souvent qu’il vaut mieux ne pas intervenir dans les disputes entre frères et soeurs, qu’il vaut mieux laisser les enfants gérer leurs conflits seuls… 

Dans la théorie, je voudrais bien pouvoir dire ça aussi. Parce que je sais que les enfants apprennent par l’exemple. Ils voient, ils reproduisent, il leur suffit de s’entrainer. 

MAIS… si on reprend l’idée du modèle précédent, on s’aperçoit que ça ne peut pas marcher. 

Justement parce que si l’on n’intervient pas, nos enfants vont simplement reproduire le modèle reçu, qui leur montre souvent comment on gère le conflit par la force. 

Donc… il va nous falloir intervenir pour leur montrer une autre manière de faire.

C’est aussi simple que ça.

Intervenir de la bonne manière : sans aggraver les tensions

MAIS… mais si nous ne savons pas non plus faire autrement ? Parce que nous non plus, on ne l’a pas appris ? Serons-nous alors capables d’intervenir de manière constructive ?

Parce que là, je reviens à l’idée de départ : si vous intervenez pour jouer les arbitres… il vaut effectivement mieux se retenir ! (A condition que cela ne devienne pas trop violent, évidemment)

Jouer les arbitres risque plutôt de mettre encore de l’huile sur le feu !

Donc, si c’est possible, il vaut mieux s’éloigner que de venir arbitrer un conflit qui ne vous concerne pas. 

Cependant, dans ce cas, vous êtes sûr que vos enfants n’apprendront pas à régler leurs conflits respectueusement….

Alors, bien sûr, je voudrais vous encourager au contraire, à intervenir… à condition de savoir comment ! 

Or, la gestion du conflit, c’est comme tout, ça s’apprend !! 

Donc, je résume : 

L’idée c’est d’apprendre la gestion du conflit, puis d’intervenir dans les disputes pour montrer aux enfants comment ça marche, et les aider ainsi à développer cette compétence, avant de se retirer et de les laisser gérer !

Et, franchement, cette compétence, elle leur sera utile à vie (et à vous aussi, au passage !).

Ces compétences de vie que les enfants pourraient développer grâce aux disputes

Pensez à toutes ces compétences que l’on voudrait que nos enfants acquièrent…

Il n’y a pas si longtemps, je vous parlais de l’outil des 2 listes, pour penser à notre parentalité à long terme…

J’ai envie de vous faire ici une petite liste des compétences relationnelles que nos enfants peuvent apprendre à développer au détour de leurs disputes : 

  • savoir dire non
  • exprimer ses besoins
  • négocier
  • écouter ses émotions
  • être sensible à celles de l’autre
  • avoir de l’empathie
  • identifier ses limites
  • savoir poser sa limite sans agressivité
  • faire des choix
  • prendre des décisions
  • envisager d’autre possibilités
  • tenir compte de l’autre
  • s’affirmer
  • trouver des solutions ensemble
  • …
  • ah, et puis savoir demander pardon ! 

Et voilà comment les disputes dans la fratrie deviennent de vraies opportunités d’apprentissage !
A condition de savoir comment s’en saisir…

Franchement… Ça ne vous donne pas envie de les voir se disputer maintenant ?

J’ai demandé à Claire, maman de 2 enfants de 3 et 6 ans qui suit la formation “En finir avec les disputes dans la fratrie” quelle était sa plus grande prise de conscience à la fin du premier module, et voici ce qu’elle m’a répondu : 

“Voir les disputes comme des opportunités d’apprentissage. Et donc non seulement pas quelque chose à éviter à tout prix (possibilité de me débarrasser de mon héritage familial dans lequel j’ai appris à me taire plutôt qu’à dire mon désaccord) mais aussi carrément une opportunité de développer un tas de compétences.”

Alors bien sûr… on peut essayer de faire disparaitre les disputes sans passer par cette case “gestion de conflit”, mais qu’est-ce qu’on leur apprendra alors ? 

A refouler leurs opinions, à s’écraser ?

Ce serait quand même dommage de passer à coté de ces opportunités, non ?

Sortir durablement des disputes entre frères et soeurs

Je précise quand même un point qui n’est peut-être pas clair dans mes propos…

Il n’est pas question de conclure que les disputes, c’est génial, et qu’on veut continuer à en avoir dans la maison ! 

Réconcilier les enfants : le conflit pas la dispute

Non, ce que je veux dire c’est qu’au fur et à mesure que nos enfants développeront toutes ces compétences, les conflits se transformeront de moins en moins en disputes. 

C’est ça, l’idée !! 

On va les accompagner à ça.

C’est un vrai cercle vertueux pour sortir des disputes et que nos enfants trouvent leurs propres moyens de se réconcilier et de faire cohabiter leurs points de vue en cas de conflit.

Accompagner les enfants vers l’autonomie dans leur gestion de conflit

Vous l’avez compris, maintenant. 

Notre rôle de parent, c’est de saisir l’opportunité des disputes pour enseigner toutes ces compétences à nos enfants. 

(Du moins quand on en a l’énergie – parce qu’on fait aussi ce qu’on peut)

Donc, oui, on va intervenir. 

Intervenir pour les encourager à s’écouter soi, puis l’un l’autre. 

Pour leur montrer comment exprimer ce qu’ils ressentent.

Pour les aider à choisir comment ils vont réagir à la provocation éventuelle de l’autre. 

Pour qu’ils sachent comment poser leurs limites. 

Pour qu’ils trouvent des solutions, ensemble.

Car ils en sont capables !! 

C’est pour ça que j’ai eu envie de créer la formation « en finir avec les disputes dans la fratrie », justement pour vous montrer comment faire tout ça, facilement, étape par étape.

C’est l’objet du module 2 de la formation.

Le moment où vos enfants vont gérer seuls leurs conflits

Peu à peu, vous verrez que vous n’aurez plus besoin d’intervenir, car vos enfants sauront trouver leur propre solution sans votre aide. 

Le dernier module de la formation “En finir avec les disputes dans la fratrie” s’intitule d’ailleurs “Savoir s’effacer”, pour identifier ce moment où on peut, en toute confiance, laisser nos enfants gérer ! 

Alors, non seulement vous pourrez savourer le calme dans la famille, mais vous pourrez aussi être fier de ce que vous aurez pu transmettre à vos enfants : des compétences pour la vie ! 

A vous : comment réagissez-vous aux disputes entre les enfants ?

23 octobre 2021/1 Commentaire
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2021/10/Disputes-entre-freres-et-soeurs-1.jpg?fit=1445%2C1927&ssl=1 1927 1445 Coralie https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Coralie2021-10-23 10:50:522026-06-02 09:35:50Disputes entre frères et soeurs : comment réagir ?
Au fil de l'eau, Du vécu

J’ai confiance en mon frère, je peux lui prêter mes jouets !

Non, nos enfants ne veulent pas toujours prêter leurs jouets.
Pour un enfant, prêter ses jouets ne relève pas toujours de l’évidence. Il faut d’abord avoir confiance en l’autre.

De notre point de vue, les poupées et les légos devraient toujours être prêtés.
Que ce soit chez nous ou chez la nounou, nous rêvons d’une maison ou d’un environnement dans lesquels les enfants seraient toujours heureux de voir les petits invités ou les frères et soeurs profiter de tous les jouets, et l’harmonie régnerait.

Dans la pratique… hum… disons que ce n’est pas toujours le cas… Comment aider les enfants à développer leur générosité ?

Pourquoi un enfant ne veut-t-il pas prêter ses jouets ?

Je sais que certains parents n’ont même pas envie de se poser la question. Ils partent de l’hypothèse que l’enfant doit prêter, et puis c’est tout.
Que c’est aussi dans ce genre de circonstance que se teste notre autorité parentale.

Cependant, si vous êtes ici, c’est que vous cherchez à prendre du recul, et à mettre de la conscience dans vos techniques et habiletés parentales.
On va donc commencer par se demander pourquoi mon enfant ne veut pas prêter.

Il peut en fait y avoir plusieurs raisons à cela, et si on prend le temps d’y réfléchir, elles sont saines, et compréhensibles !

Et, avant même que nous en arrivions à la liste (forcément non exhaustive) de ces raisons, nous pouvons déjà essayer de nous mettre à leur place.

Une amie arrive, et s’intéresse aux chaussures que j’ai rangées dans l’entrée. Elle se met alors à les essayer les unes après les autres, sans me demander, et sans les remettre en place. Serais-je ravie ? Ou aurais-je plutôt envie de lui signifier, peut-être vertement, que ce sont MES chaussures, en les lui arrachant des mains au besoin ??

Voilà qui remet déjà un peu les choses en perspective, n’est-ce pas ?

Quelques suppositions, donc :

1 – la protection du jouet

Si l’autre s’approche d’un jouet que l’enfant aime particulièrement, il est probable qu’il ait simplement envie de le protéger. D’être certain que le jouet ne sera pas abîmé. C’est une crainte courante quand on doit prêter à un jeune enfant… C’est d’ailleurs vrai pour nous aussi : nous ne prêtons pas forcément les objets que l’on juge fragile à nos enfants, même des enfants âgés !
De plus, cette raison est d’autant plus valable lorsqu’il s’agit d’un jouet neuf.
(Je me souviens quand j’étais en école d’ingénieur : je n’aimais pas prêter mes BD. Car j’en prenais soin, et je ne voulais qu’elles trainent sur le sol des piaules de mes collègues, d’où elles ne ressortiraient probablement pas en aussi bon état. Inavouable ?)

2- la disponibilité du jouet

Soit, l’enfant ne joue pas avec… pour le moment. Mais pendant combien de temps l’autre va-t-il vouloir garder le jouet ? Et si l’envie lui venait (d’autant plus facilement qu’il voit l’autre y jouer) avant que le jouet soit de nouveau disponible ? Ne vaut-il mieux pas le garder en réserve ?
On comprend sa crainte…

Il y a bien un inconvénient à partager : on perd une partie de sa liberté : s’il veut récupérer le jouet, sans l’arracher, il lui faudra alors attendre son tour.
Tous les enfants n’avancent pas au même rythme sur cette compétence ! (Quelques infos sur l’évolution générale de l’aptitude à prêter avec l’âge dans cet article chez Naitre et grandir)
On y trouve également un avantage, dans le lien avec l’autre, dans la contribution. La générosité fait du bien, encore faut-il pouvoir s’y connecter…

3- la vengeance

Il est également possible qu’il y ait un conflit sous-jacent entre les enfants. Parfois, nous ne le savons pas, mais ils se sont disputés, voire, ils ne se sont pas disputés mais l’un a été blessé par l’autre, et n’a pas su l’exprimer, l’a gardé en lui. Peut-être une simple question de rivalité, ou de jalousie.

Alors, quand vient le moment de prêter, il n’en a juste pas envie. C’est sa manière à lui de se venger. De punir l’autre. (Je noterai au passage ici, au risque de toucher là où ça fait mal, que les enfants apprennent beaucoup du modèle qu’ils reçoivent. Ainsi, s’ils sont accoutumés à être punis pour ce qu’ils font, ils apprendront à leur tour que s’ils jugent que ce que l’autre a fait est répréhensible, alors cet autre mérite d’être puni… D’où l’importance pour nous de réfléchir à notre attitude par rapport à la punition.)

Si vous sentez que vos enfants sont souvent dans ce cas de figure, ça vaut la peine de travailler en parallèle sur l’entente dans la fratrie et la place de chacun…
(vous pouvez pour cela commencer par écouter cet exemple concret sur comment réagir à une situation de rivalité)

4- le pouvoir

Ah, qu’il est grisant parfois d’avoir le pouvoir ! De savoir qu’on peut simplement décider si oui ou non, on va accorder à l’autre ce qu’il demande. Qu’on peut avoir une influence sur l’humeur de l’autre !

Cet usage-là du pouvoir est nocif (plus d’infos sur le pouvoir et son usage par ici) ? C’est de l’abus de pouvoir ? C’est bien possible.
A nous d’enseigner à notre enfant à bien utiliser son pouvoir personnel. Cet apprentissage peut prendre du temps.
Mais ce qui est sûr, c’est que plus il aura d’opportunités de l’utiliser au quotidien, plus nous le laisserons faire appel à son libre arbitre, moins il sera tenté de l’utiliser ainsi.
Est-ce que cela signifie que les parents doivent laisser l’enfant décider de tout ? Non, bien sûr.
Ce que je dis ici, c’est que nous avons tous besoin de nous sentir importants. Un besoin qui est directement en lien avec la confiance en soi.
Si les enfants, même de jeunes enfants, se sentent comme des marionnettes contraintes à obéir aux ordres, il est fort probable qu’ils cherchent à récupérer un peu de leur pouvoir par des moyens détournés…
La bonne nouvelle, c’est qu’on peut faciliter les choses en évitant les luttes de pouvoir ! Oui, les parents peuvent aider les jeunes (même les ados, j’en profite pour le glisser au passage…) à faire un bon usage de leur pouvoir personnel.

5- pas de raison !

Restent enfin les cas où il n’y a pas de vraie raison, ou pas de raison objective, mais où l’on n’a pourtant pas envie de prêter. On ressent une gêne.
Est-ce que j’ai toujours envie de prêter mes affaires à mon ado qui a tendance à puiser dans mon placard ? En l’occurrence, ça me gêne peu. Mais ça pourrait ! Sans qu’il n’y ait vraiment d’explication logique…
On pourrait se forcer, mais cela risque d’aggraver notre malaise et il y a fort à parier qu’une dispute s’ensuive peu après, qui nous permettrait de justifier notre réaction première…
Notre enfant a aussi ces moments-là… Qui correspondent peut-être à des phases de développement, peut-être pas…

Voici dans ce cas une idée de jeu autour du fait de prêter qui pourrait développer chez l’enfant un plaisir et une envie autres.

Remarque : je me focalise ici sur l’enfant qui refuse de prêter ses jouets, et ce que je pense que l’on peut faire en tant que parents pour le motiver.
Si je prends une minute au passage pour parler de l’autre enfant (car dans cette situation, on est bien d’accord, il n’y a pas un mais des enfants, et nous avons un rôle parental à jouer auprès de chaque enfant…), je dirais que le mieux à faire est d’accueillir sa frustration. Oui, il se peut qu’il pleure, qu’il crie… et la parentalité, ça consiste aussi à aider les enfants à traverser leurs difficultés.
Dans un environnement Montessori, il n’y a souvent qu’un exemplaire de chaque matériel. Lorsqu’un envie désire un matériel qui est déjà pris, cela lui apprend à attendre. C’est bien aussi !

Comment réagir à ce refus de prêter ?

Notre manière d’aborder les choses peut changer la donne. Cela devra cependant être mené avec délicatesse.

1- Accepter

La première étape sera d’accepter le point de vue de l’enfant. Accepter qu’il n’ait pas envie de prêter et ne pas le faire contre son gré. Car ne pas prêter est également une manière pour lui de poser ses limites.
Il sait que ce jouet lui appartient, et qu’il peut décider. (Surtout si c’est vraiment un jouet qui lui est attaché personnellement, type son doudou…)

Lui laisser cette prérogative est une manière de valider son indépendance, son pouvoir de décision.
J’imagine que pour certains parents, cela pourrait s’apparenter à du laisser-faire, ou à de la surprotection.

Ce n’est pas ainsi que je le vois.
Pour moi, ces moments sont des opportunités d’apprentissage de la sociabilisation. Les enfants mettent des années à grandir, années que les parents peuvent mettre à profit pour enseigner ce genre de compétences !
Respecter sa manière de protéger ses jouets, c’est lui enseigner à respecter également notre instruction de ne pas prendre les ciseaux de la cuisine (que je ne retrouve jamais quand j’en ai besoin !!).

Si nous forçons l’enfant à prêter, il y a peu de chances que cela lui enseigne les bonnes raisons de le faire, et qu’il prête lorsque nous ne sommes pas à son côté… Encore une fois, nous touchons ici à la différence entre le contrôle extérieur et intérieur.

En revanche, s’il ne se sent pas jugé et remis en question, l’enfant sera plus ouvert à la phase suivante.
C’est pour moi la meilleure (et même la seule) manière d’accompagner les enfants vers une envie de prêter.
Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’il n’y a pas besoin d’être fin psychologue pour comprendre qu’on n’enseigne pas la générosité en forçant l’enfant !

Note : il va de soi que je fais la différence entre accepter la décision, et accepter certains comportements liés à cette décision.
C’est ok de ne pas vouloir prêter, ce n’est pas ok de faire mal par exemple. Mon enfant doit apprendre à poser sa limite de manière adéquate.
(A nous, parfois, de lui montrer comment… vous savez que les enfants sont très forts pour imiter !)

2- Chercher la cause

Puisque nous acceptons la position de notre enfant, simplement, nous pouvons en parler avec lui. Essayer de creuser les raisons derrière son refus.
S’il a du mal à les formuler, on peut éventuellement l’aider, mais attention à ne pas l’enfermer dans une réponse qui risque ensuite de ne pas être complète.
Ce n’est pas à nous de lui expliquer ce qui se passe en lui !

Lorsque Léon (6 ans tout juste) a refusé de prêter son nouveau camion Mack (son cadeau d’anniversaire) à son petit frère Anatole (3 ans et demi), nous avons discuté sans reproche.
Le cas était très simple : il avait peur que son frère ne le lui abime. Il n’a pas forcément tort ! Anatole est encore un petit garçon qui n’aura pas les mêmes gestes que Léon pour ouvrir et fermer le camion au moment d’y ranger les voitures…

3- Chercher des solutions avec l’enfant

Une fois la raison, ou l’une d’elles en tout cas, éclaircie, on peut chercher des solutions.

Dans mon cas, je savais qu’Anatole n’abimerait pas le camion, je l’avais déjà vu jouer avec.
Mais je n’ai pas répondu cela à Léon, quelle chance aurais-je eue de le convaincre simplement en le lui disant ?
A la place, je lui ai demandé si cela lui serait plus facile si je m’engageais à surveiller Anatole pendant qu’il jouait avec le camion. Et en effet, cette solution convenait à Léon.

Nous nous sommes donc mis d’accord, et Anatole a joué près de moi.
J’ai même fait exprès de lui demander : « Tu fais bien attention au camion de Léon, Anatole ? », alors que Léon était à côté, afin que chacun ait bien confiance en cette « surveillance ».

Si j’avais noté que les gestes d’Anatole manquaient de douceur, j’aurais probablement pris le temps, avec Léon, de lui montrer comment faire. Là encore, l’implication de Léon l’aurait rendu plus réceptif à la démarche.
La vie de famille est un vrai laboratoire pour développer les compétences relationnelles !!
Et au passage, pour nous, de développer nos compétences parentales…

Dans les jours qui ont suivi, ils ont beaucoup joué ensemble avec ce camion, et, quand ce n’était pas le cas, et que Léon était occupé à autre chose, Anatole m’a régulièrement demandé de venir le surveiller parce qu’il voulait jouer avec « le Mack de Léon ».

Si Léon n’avait pas été d’accord avec cette solution, qu’aurais-je fait ?
Je lui aurais demandé s’il avait une autre idée !

Et si nous n’avions pas trouvé d’idée, je ne l’aurais pas forcé. Ce refus de prêter aurait été une opportunité :

  • opportunité pour Anatole, dont je me serais attachée à recevoir l’émotion, de vivre le refus, et d’apprendre à y faire face, à traverser ce sentiment désagréable.
  • opportunité pour Léon de développer son empathie. Car il serait alors témoin de la tristesse de son frère. Cela l’encouragerait peut-être à trouver une solution la fois suivante. (Il arrive d’ailleurs que cette phase-là soit celle pendant laquelle la solution nait !).

4- Jusqu’à ce qu’un jour…

Et puis, inévitablement, vient le jour où ces méthodes positives portent leurs fruits.
Oui, les enfants peuvent évoluer, à condition qu’on leur en laisse le temps !!

Chez nous, cela a eu lieu il y a 2 semaines, c’est à dire un mois et demi après l’arrivée de ce fameux camion Mack à la maison. Nous étions tous ensemble dans le salon, quand Anatole me demande de le surveiller pour jouer.

Je n’ai pas le temps de répondre, que Léon intervient :
« Anatole, en fait maintenant tu as bien compris et tu fais bien attention. Tu n’as plus besoin d’être surveillé. »

Ça y est, mon fils veut bien prêter !

8 décembre 2017/9 Commentaires
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2017/12/IMG_4272.jpg?fit=640%2C480&ssl=1 480 640 Coralie https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Coralie2017-12-08 16:17:592024-09-13 09:13:22J’ai confiance en mon frère, je peux lui prêter mes jouets !
Du vécu

« Tu sais maman, t’es une super maman »… alors que j’ai craqué !!

Il y a des jours avec et des jours sans… Les jours où l’on est le parent que l’on a envie d’être, et les jours où l’on se transforme en maman qui craque…

Je crois vraiment que l’on progresse en se construisant sur nos succès, et en s’inspirant des succès des autres également. C’est pourquoi je lis tant, et pourquoi je partage tant avec vous.

Il y a peu, je vous racontais comment j’avais réussi à garder la tête froide devant la colère de mon fils.

Mon histoire aujourd’hui est contraire : il n’a pas gardé la tête froide devant ma colère !
Laissez-moi vous raconter…

En ce moment, notre rythme est en phase avec celui du générateur, puisque, depuis le passage de l’ouragan María, c’est lui qui nous donne l’électricité et l’eau (qui ne monte pas dans l’appartement si la pompe ne peut fonctionner).

Ainsi, tous les soirs, à 18h, c’est la course : c’est à la fois l’heure de la douche et de la préparation du repas, puisque j’essaye de faire dîner les petits avant 19h.

Hier, je m’y suis prise tôt, à 17h30, je prévenais déjà Léon et Anatole (6 et 3 ans) que la douche interviendrait une demi-heure plus tard, et qu’il faudrait que le salon soit rangé avant, ce qui ne semblait pas difficile, puisqu’il y avait peu de choses qui trainaient… en théorie, ils étaient bien d’accord. En attendant, ils continuaient à jouer.

A 18h, alors que je pouvais lancer ma cuisson, ils jouaient toujours. Je les avertis que je serai prête pour la douche 10 minutes plus tard. Mais 15 minutes plus tard, rien n’a changé, et je suis usée…. Fatiguée de me battre, je me sens impuissante.

Je décide d’y être indifférente, de ne plus me battre, et annonce simplement que je vais me doucher, et qu’ils pourront se doucher seuls lorsqu’ils auront rangé le salon.

Seulement, mon indifférence ne tient pas devant leurs cris :
« Je voulais me doucher avec toooooooi !!!
– Alors pourquoi n’as-tu pas rangé ? Ca fait presqu’une heure que je vous le dis ! Je suis venue le répéter, une fois, deux fois, trois fois, et vous n’avez rien fait !! (oui, je sais, tout ce qu’il ne faut pas dire !! Je ne me sens pas très fière…) »
La conversation tourne en boucle, et mes velléités de rester calme s’estompent peu à peu…

Oui, je deviens la maman qui craque. Clairement ici mon réservoir est vide. 

Petite parenthèse,  pour faire vivre le réservoir en famille et en faire un levier d’une meilleure communication rien de mieux que notre capsule à ce sujet. Cliquez-ici pour tout savoir! 

Je finis par comprendre que je fais plus de mal que de bien en restant, et je pars enfin prendre ma douche, seule, les laissant pleurer seuls dans le salon.

Lorsqu’ils me rejoignent, ma douche est terminée, personne n’est encore calmé, et je me réfugie dans ma chambre.

Je suis là, en serviette, en train de pleurer, repensant à la manière dont j’ai (mal) géré la situation, m’interrogeant sur ce qu’il aurait fallu faire, triste de ne pas avoir pu partager ce moment avec eux, ne sachant pas non plus comment j’allais faire pour que mon plus petit soit lavé (Léon peut le faire seul, mais va-t-il prendre l’initiative d’aider son frère ?)…

C’est alors qu’Oscar (15 ans) entre, pour me demander je ne sais quoi.
Il me voit abattue et me dit :

« Tu sais maman, t’es une super maman. C’est pour ça que tu te sens mal comme ça.
Il y a beaucoup de familles dans lesquelles des scènes comme ça, il y en a tout le temps, et c’est justement parce que ça arrive peu chez nous que tu te sens si mal. Et si ça arrive peu, c’est grâce à toi. »

Merci, mon grand !!

De l’autre côté de la porte, j’entends mon Alice (10 ans) qui amène Anatole à la douche. Elle aussi a compris que je n’étais plus capable, et que j’avais besoin de soutien à ce moment-là.

Merci ma grande !

Bon sang, ce n’est pas facile tous les jours, mais nous restons une famille unie, et c’est ça qui compte !!

Un peu plus tard, une fois calmée, je me suis assise avec mes deux plus jeunes, et nous avons essayé de chercher comment nous pourrions éviter qu’une telle scène se répète. Nous n’avons pas trouvé, mais j’ai confiance, cela viendra.

👉 Pour accompagner les enfants à développer leur empathie nos cartes sentiments et besoins seront d’une grande aide. 

31 octobre 2017/8 Commentaires
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2017/10/IMG_2861.jpg?fit=883%2C662&ssl=1 662 883 Coralie https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Coralie2017-10-31 14:11:502025-06-27 10:54:23« Tu sais maman, t’es une super maman »… alors que j’ai craqué !!
Du vécu

Nos enfants peuvent trouver leur propre solution !

Récemment, j’ai eu l’occasion, encore une fois, d’accompagner mes plus jeunes dans leur démarche de négociation.

Je faisais face à un problème récurrent :
lorsque j’arrivais à la maison, les 2 couraient vers moi pour se jeter dans mes bras, provoquant régulièrement les pleurs de celui qui arrivait en 2ème !

Un jour enfin, je décidai de m’attaquer à cette question, en les impliquant dans la recherche de solution.

Je suis donc les étapes prescrites, validant d’abord leur point de vue et leurs sentiments, avant de les encourager à chercher une solution.

« Anatole, je vois que lorsque je rentre, tu as envie d’être le premier à me faire un câlin, et que ça te rend triste quand Léon arrive avant toi…
Léon, je vois que toi aussi, tu as envie d’être le premier à me faire un câlin !
Or, ce n’est pas possible qu’Anatole soit le premier, et que Léon soit aussi le premier !
Moi, j’adore vous faire des câlins à tous les deux, mais ça me fait de la peine de voir que chaque fois, l’un de vous est triste..
Comment pourrait-on faire pour régler ce problème ? »

Bien sûr, j’ai envie de leur suggérer d’instaurer des tours, tout simplement, mais j’ai appris déjà : si c’est moi qui apporte la solution, j’ai moins de chance qu’elle leur convienne !!

Et puis, faisons confiance à nos enfants : parfois, ils ont des idées que nous n’aurions pas !

J’attends donc.

Léon (5 ans) a évidemment déjà fait face à ce genre de situation… alors sa solution vient facilement :

« J’ai une idée : on pourrait dire un jour Léon, un jour Anatole, un jour Léon, un jour Anatole. »

Bon, on progresse. « Ca me parait effectivement une solution… »

Je me tourne vers Anatole : « Ca te convient, ça, Anatole ? » (toujours valider avec l’autre, et bien montrer cette étape, parce que c’est également ce qui permet à celui qui suggère de comprendre que sa solution n’en est pas une tant que l’autre ne l’approuve pas…)

Anatole (3 ans) répond : « Non. J’ai une idée : un jour Anatole, un jour Anatole, un jour Anatole… » Je crois que je commence à comprendre… mais non ! la suite me surprend : « un jour Léon, un jour Léon, un jour Léon. »

Tiens ? Il veut faire 3 fois l’un, 3 fois l’autre ! J’imagine que pour lui, changer tous les jours, ce n’est pas suffisant pour « remplir son réservoir » ! Intéressant…

Léon est-il d’accord ?
On a une petite discussion sur le vocabulaire, un échange sur la façon de décrire la solution d’Anatole, mais Léon est d’accord !!

Je demande donc : « Comment va-t-on faire pour suivre ça ?
– on va faire un dessin ! répond Léon  »

Aussitôt dit, aussitôt fait, Léon prend une feuille, écrit « Anatole, Anatole, Anatole, Léon, Léon, Léon », sous la surveillance d’Anatole, et, dans les jours qui suivent, nous consultons cette feuille au quotidien pour rappeler où nous en sommes ! Plus de problème !!

Ces enfants continuent de m’impressionner…

Pour aller plus loin, inscrivez-vous dès maintenant à la formation

En finir avec les disputes dans la fratrie !

1 mai 2017/0 Commentaires
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2017/04/IMG_2569.jpg?fit=640%2C480&ssl=1 480 640 Coralie https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Coralie2017-05-01 15:19:012021-10-19 08:55:33Nos enfants peuvent trouver leur propre solution !
Inspiration, Livres en détails

La discipline positive… l’impact du rang de naissance

Nous abordons le 3è chapitre de La discipline positive.

Nous sommes encore dans une analyse psychologique, et c’est Adler, encore une fois, qui a le premier suggéré des traits de caractère liés au rang de naissance.

Pour être honnête, je ne comprends pas bien comment ce chapitre s’articule avec le reste du livre, qui n’y refait ensuite plus référence. Il est cependant lié au besoin d’appartenance dont nous avons parlé dans les principes adlériens, dans la mesure où la place dans la famille se mesure aussi par rapport à son rang de naissance. J’y ai ainsi trouvé des points de réflexion intéressants, que j’espère pouvoir vous transmettre ici.

Avant tout, en guise de précaution, nous insisterons sur le fait que les remarques qui suivent sont très générales, et toute règle a ses exceptions, surtout quand elles touchent à l’humain !

Pour commencer, Jane Nelsen explique que s’il a des difficultés à répondre à son besoin d’appartenance, l’enfant peut chercher à trouver comment être « vu », individuellement. Et pour cela, il a 4 choix :

  • développer une compétence dans un domaine complètement différent du reste de la fratrie
  • entrer en compétition avec son frère et essayer de faire « mieux »
  • se rebeller ou se venger
  • se désengager (en général avec la conviction de ne pas être à la hauteur)

En parallèle, on peut observer régulièrement des traits de caractères découlant du rang de naissance.

L’aîné :

Les aînés sont souvent responsables, autoritaires, perfectionnistes. Quand un autre bébé arrive, l’aîné s’imagine que pour continuer à compter, il doit être le meilleur. Il est donc facilement dans la compétitivité.
Avec lui, il faudra donc particulièrement s’attacher à s’éloigner des notions de comparaison et de rivalité. (Pour cela, le livre de Faber et Mazlish : Frères et soeurs sans rivalité peut se révéler très utile)

Le cadet – ou les enfants « du milieu » :

On note moins de traits de caractère typique pour ces enfants-là, car les cas sont bien plus variés.

En effet, le 2e peut choisir, pour avoir sa place, de se comporter de manières totalement distinctes :

  • soit il se dit qu’il faut qu’il donne tout pour rattraper l’ainé – et il entre alors dans une forme de compétition, de sur-performance
  • soit il pense qu’il ne pourra jamais être à la hauteur, et va plutôt, au contraire être sous-performant..
  • soit il choisit un domaine vraiment différent de celui de l’ainé dans lequel montrer ses capacités..

En effet, c’est une méthode efficace de trouver sa place en mode de différenciation. Quand c’est le cas, ces cadets sont moins conformistes, et plus larges d’esprit.

Le benjamin :

Les benjamins sont plus chouchoutés. Ils prennent l’habitude qu’on s’occupe d’eux, et n’ont pas besoin d’entrer dans la compétition. Ils aiment s’amuser, et ont plus de mal à devenir autonomes.

Parfois ils développent le sentiment de n’être aimé que lorsqu’on s’occupe d’eux, ce qui limite leur investissement et leur confiance en eux. Ils ne veulent pas apprendre, mais plutôt qu’on les aide.

Il semble que les classes avec une plus forte proportion de derniers-nés soient plus difficiles.
Jane Nelsen raconte que lorsqu’elle était conseillère d’éducation dans le primaire, elle avait régulièrement des derniers-nés qui lui étaient envoyés pour désinvestissement académique. Elle leur demandait toujours : « Qui t’habille le matin ? », et découvrait souvent que quelqu’un d’autre que l’enfant le faisait pour lui… Seulement voilà, si on continue d’aider systématiquement l’enfant à s’habiller au delà de 2-3 ans, on le prive de l’opportunité de construire un sentiment de responsabilité, d’autonomie, de confiance en lui. L’enfant se se sent pas capable. Et ça se ressent sur d’autres aspects de sa vie.

L’enfant unique :

En fonction surtout de l’attitude des parents, l’enfant unique peut développer soit un comportement d’aîné (avec en général une recherche de la perfection un peu moins poussée, car il n’y a pas péril de sa position) soit un comportement de benjamin.

D’autres facteurs d’influence : 

Il est bon de noter qu’en fonction des écarts d’âge (ou des différences de genre), il peut y avoir des « aînés psychologiques » ou des « derniers-nés psychologiques ». En effet, l’enfant qui a occupé une position plus de 4 ans a formé des interprétations dans son rapport qui peuvent perdurer, même quand la structure familiale évolue.

L’atmosphère familiale peut avoir une forte influence sur les « rôles » pris par chaque enfant. Si par exemple, les valeurs familiales sont plus tournées vers la coopération que vers la compétition, il y a fort à parier que les enfants ressentiront moins le besoin de se différencier…

L’interêt de cette analyse :

Vraiment valable ou pas dans votre famille, cette analyse peut aider à comprendre certains comportements et attitudes chez vos enfants.
Essayez donc d’y prêter attention, et de faire preuve d’empathie en entrant dans leur monde si vous les observez.
Soyez attentif à ne pas surprotéger les plus jeunes, à les aider au contraire à se sentir capables et aidez les plus grands à comprendre qu’on peut se sentir bien même quand on a perdu ! Enfin, pour les familles recomposées : attention à l’aspect déroutant que peut constituer le fait de rebattre les cartes dans les positions…

En finir avec les disputes dans la fratrie :

Cette difficulté de positionnement peut créer des rivalités, et des tensions entre les enfants.

Nous, parents, avons un rôle à jouer sur ce point. Nous pouvons :

  • créer un environnement qui atténue les rivalités
  • accompagner nos enfants dans le développement de leurs compétences relationnelles pour gérer les conflits autrement qu’en s’agressant les uns les autres.

Pour aller plus loin sur ce sujet : Inscrivez-vous à ma formation « En finir avec les disputes dans la fratrie »

28 avril 2017/2 Commentaires
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2017/04/IMG_1359.jpg?fit=640%2C480&ssl=1 480 640 Coralie https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Coralie2017-04-28 19:00:132021-10-19 08:52:14La discipline positive… l’impact du rang de naissance
Du vécu

Plus besoin de nous pour négocier !!

Je vous ai pas mal parlé ces derniers temps de mon plaisir de constater que notre éducation apportait vraiment des changements de fond, d’être témoin des compétences que nos petits avaient déjà su développer.

J’ai partagé que cela me confortait sur le fait qu’on était sur le bon chemin.

J’en ai encore eu un exemple récemment.
Léon et Anatole (5 et 3 ans) prennent le bain ensemble. Et ils aiment tous les deux se mettre assis sous l’eau qui coule, toujours plus chaude que celle de la baignoire. Alors, bien sûr, ça crée parfois quelques problèmes…

Ce soir-là, alors qu’ils sont seuls dans le bain, j’entends le ton qui monte… J’ouvre la porte et demande :
« Vous pensez que vous pouvez trouver une solution qui convienne aux deux ?
– On est en train d’en discuter, maman ! » répond Léon.

Je ressors donc, et les laisse « en discuter ». Je ne sais pas comment la conversation a été menée, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y avait ensuite plus de cris !

13 mars 2017/0 Commentaires
https://i0.wp.com/les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2017/02/IMG_2982.jpg?fit=640%2C427&ssl=1 427 640 Coralie https://les6doigtsdelamain.com/wp-content/uploads/2020/07/logo-horizontal-small-300x218.png Coralie2017-03-13 19:56:182021-10-19 09:53:20Plus besoin de nous pour négocier !!
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