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Arrête d’embêter ton frère : compétence 2 – Les limites

Nous abordons ici la 2è compétence clef présentée comme fondamentale par Elizabeth Crary dans Arrête d’embêter ton frère, laisse ta soeur tranquille.
(Je conseille aux lecteurs – dont mon mari – de commencer par lire l’article du livre, en lien ci-dessus, avant de s’attaquer à cet article ci.)

Compétence relationnelle n 2 : Explorer limites et frontières

L’apprentissage des limites n’est pas facile, parce qu’elles sont nombreuses et qu’elles changent…
Nous parlons des limites corporelles, des objets, des frontières, des pensées, du temps…

Pour les objets en particulier, qui sont souvent sources de conflits entre frères et soeurs, il s’agit de faire la différence entre ce qui est à moi, ce qui n’est pas à moi, ce qui est en partie à moi… Les possessions qui sont partagés avec certains et pas avec d’autres… C’est pas clair tout ça…

Ce chapitre est vraiment intéressant, parce qu’on s’aperçoit vite que le concept de limites est omniprésent, pas toujours bien explicité.

Alors, quelles sont les compétences à utiliser pour maintenir ses limites ?

  • Clarifier la limite : “Ne me frappe pas, ça fait mal.” ou “Je n’ai pas fini de jouer avec…”
  • Se déplacer ou déplacer ses affaires
  • Essayer de résoudre le problème, quand la limite a été clarifiée et n’est toujours pas respectée. Ex : “Je t’ai demandé d’arrêter de me taper et tu continues, qu’est-ce que tu veux ?”
  • Obtenir de l’aide. Une fois les étapes précédentes franchies, il est possible que l’enfant soit toujours désemparé. Ce sera alors le moment pour lui d’obtenir de l’aide, en général d’un des parents, en expliquant le problème, comment il a clarifié sa limite, comment il a essayé de résoudre le problème, et le fait que celui-ci persiste.

Le rôle des parents

Comme d’habitude, les parents sont un modèle de référence, il est donc important de montrer que nous respectons les limites de chacun.

  • En premier lieu, on peut parler de limite physique : ne pas faire un câlin ou un bisou à un enfant qui n’en veut pas ! Pourquoi ne pas suggérer à la personne qui veut le lui faire contre son gré de lui envoyer un bisou volant ?
  • Donner l’exemple de limites clairement posées : “Ce sont mes lunettes.”, en les posant à un endroit inaccessible
  • Créer et renforcer les règles familiales sur les limites : “On s’arrête quand quelqu’un dit STOP.”, “On n’entre pas dans la chambre de quelqu’un sans toquer.” Chez nous, ceci se traduit par “On respecte l’espace de l’autre.” (Parce que Léon a parfois tendance à se mettre à 2 centimètres du visage de son frère, qui, quand il en a assez réagit par une simple baffe !)
  • Clarifier ce qui appartient à l’enfant et ce qui est à toute la famille. Ne pas donner des affaires d’un aîné à un plus jeune sans son aval !

Utiliser le parentage STAR
(Pour savoir ce qu’est le parentage STAR, voir cet article)

Comme pour la première compétence (l’appartenance), l’auteur applique la méthode STAR à des exemples, en gardant bien en tête la compétence à développer, et l’étape de développement de l’enfant.

Je vais développer ici, pour plus de clarté, le 1er exemple :  Rosa, 3 ans, pose son jouet. Sa petite soeur, 2 ans, s’en empare. La grande hurle.

S : Stop et mise au point
Ces filles sont encore petites. La notion de limite est encore en apprentissage. L’objectif en terme d’éducation est de s’assurer que la petite comprenne qu’il faut demander la permission avant de prendre un objet qui n’est pas elle; et que la grande prête au moins de temps en temps ses affaires.

T : Trouver des idées
Eviter le conflit : donner un autre jouet similaire à la petite
Réduire la tension : m’occuper de moi pour être plus patiente et détendue tant que les compétences ne sont pas acquises
Avancer doucement : dans un premier temps, on veut que la petite demande. L’aider à attendre viendra ensuite.
Remarquer les comportements positifs : “J’ai vu que tu avais demandé à Rosa…”; “Rosa, je crois que ta soeur est contente que tu lui aies prêté ton jouet.”
Reconnaître les sentiments : “C’est frustrant de ne pas pouvoir jouer avec la poupée de Rosa !”
Rappeler la règle : “On demande la permission avant de prendre le jouet de quelqu’un d’autre.”
Donner un choix : “Cette poupée est à Rosa. Tu peux soit attendre qu’elle ait fini de jouer avec, soit venir jouer avec moi.”
Enseigner à échanger : “Rosa, quand ta soeur attrape ta poupée, tu peux essayer de trouver autre chose qui lui plairait en échange.”
Lui donner l’exemple : “Rosa, ceci est mon stylo. Je vais aller t’en chercher un autre.”

Encore une fois, à la lecture de toutes ces idées, on voit qu’on navigue partiellement en terrain connu, avec la validation des sentiments, le choix, les règles… Mais j’aime voir tous ces exemples, parce que ça donne une perspective bien concrète de ce à quoi on peut arriver quand on prend le temps d’y réfléchir. Comme quoi, encore une fois, c’est bien ça le secret : prendre le temps d’y réfléchir !

A : Agir concrètement
Pendant un certain temps, je vais m’assurer de faire de cet enseignement une priorité. Il s’agira donc de rappeler régulièrement la règle qui veut qu’on demande la permission avant de prendre quelque chose, et de remarquer les moments où l’une d’elles le fera.

R : Revoir et corriger
Attention dans ce cas-là : l’apprentissage des limites prend du temps. Si les résultats ne sont pas probants au bout d’une semaine, varier les méthodes, mais continuer. En plus des actions précédentes, chercher les opportunités de donner l’exemple, de proposer des choix.

– Je rajoute cette phrase des mois plus tard pour confirmer que l’apprentissage des limites prend du temps, mais qu’il vaut la peine d’insister. Je peux maintenant vous confirmer que nous commençons à voir de vrais résultats : compétences en négociation !

Ce chapitre présente encore 2 autres exemples, dans lesquels la méthode est similaire.
On tourne autour des règles familiales, des sentiments, et du fait de remarquer les améliorations.

Je note une remarque supplémentaire (dans le cas d’une petite fille qui casse la construction de son frère) :
Etablir les conséquences : “Si on abîme quelque chose, on répare du mieux que l’on peut.”

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