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Eduquer sans punir, est-ce possible ?

Eduquer sans punir, en voilà une idée ! Lorsque j’explique que dans notre maison, la punition n’existe pas, cela surprend souvent. Et cela surprend encore plus lorsque l’on s’aperçoit que nos enfants ne sont pas des délinquants… Non seulement ils ne partent pas à la dérive, mais j’affirmerai même qu’ils ont en fait pas mal de limites. Nous ne sommes absolument pas des parents permissifs. Est-il possible, alors, d’éduquer sans punir ? Pourtant, l’idée reçue, c’est que la punition est une méthode éducative efficace et nécessaire. Que l’on punit les enfants “pour leur bien”. Que c’est la meilleure manière d’apprendre. Et surtout, surtout, si l’on ne punit pas, que fait-on ? Existe-t-il des alternatives ?

C’est l’objet de cet article, que j’écris en participant au carnaval d’articles lancé par Ludivine, du blog Graines de bienveillance. Un carnaval, vous le savez peut-être, ce n’est pas la première fois que j’y participe, c’est quand un blogueur lance un thème sur lequel différents blogueurs s’expriment. Le thème lancé par Ludivine aujourd’hui, c’est “Eduquer sans punir, est-ce possible ?”, et comme je trouve ce thème particulièrement intéressant, je suis ravie d’y participer ! Voici le lien vers l’article récapitulatif de Ludivine, si vous êtes curieux des différentes approches des participants… .

Ceci étant dit, revenons à nos moutons, euh… à nos punitions.

— Si vous voulez écouter cet article dans sa version audio, c’est possible ! Il suffit de cliquer sur play ci-dessous, ou sur télécharger juste en dessous —

Se faire à l’idée d’éduquer sans punir

Je comprends que cette idée d’éduquer sans punir puisse surprendre. Bien sûr que je le comprends ! Je mentirais en disant que je n’utilisais pas les punitions au début… Et la première fois que j’ai lu ce que les punitions pouvaient avoir de néfastes, je n’ai pas été immédiatement convaincue.

Un héritage à remettre en cause

Pour la grande majorité d’entre nous, nous avons grandi dans un contexte dans lequel il était normal et même bien de punir. La punition comme méthode éducative est donc bien une idée “reçue” : reçue de nos parents, de notre entourage lorsque nous étions enfants.

Or, nos parents nous aimaient. S’ils nous punissaient, nul doute qu’ils le faisaient pour notre bien. Comment remettre la punition en cause sans remettre nos parents en cause.

Notre cerveau sait nous protéger de ce qui nous dérange trop. Penser que nos parents nous ont causé du tort, c’est dérangeant. Autant rester sur l’idée simple que leurs méthodes avaient du bon, et les répéter.

D’ailleurs, l’enfant battu bat ses enfants, c’est connu. C’est un moyen de protection émotionnelle, d’une certaine façon. Pour ne pas remettre en cause ce que nous avons reçu.

De mon côté, je suis assez sereine sur ce point. Les parents ont toujours fait ce qu’ils croyaient être le mieux (avec leur propre héritage, de surcroit). Il n’y a pas de doute là-dessus. Remettre en question la méthode ne signifie pas remettre en question l’intention. L’ignorance justifie la méthode. Aujourd’hui, cependant, nous ne sommes plus ignorants, nous savons que la punition fait du mal à l’enfant.

Alors, sans nous attarder sur le passé, concentrons-nous sur le présent, et même sur le futur, en offrant à nos enfants ce que, à notre tour, nous pouvons faire de mieux !

Nager à contre-courant

Autre problème : même lorsque nous réussissons à remettre en cause l’éducation que nous avons reçue, nous évoluons en général dans un environnement qui n’a pas encore changé ses méthodes. Je dis “pas encore” parce que j’ai confiance que cela changera. Ca bouge déjà, doucement.

En attendant, il est certain que ceux d’entre nous qui ont banni les punitions nagent à contre-courant. Nous évoluons dans un monde qui cherche encore à éduquer par les punitions. Dans le collège de ma fille, comme dans beaucoup d’autres, si l’élève fait une erreur (il n’a pas fait un devoir, il a oublié son matériel, il bavarde en classe…), le prof lui met une croix sur son carnet. Au bout de 3 croix, une heure de colle. C’est comme ça.

Alors bien sûr, lorsque ces méthodes sont si communes, elles deviennent “normales”, au sens littéral, c’est à dire que c’est la norme. Et lorsque l’on sort de la norme, c’est toujours un peu plus difficile. Il est, là encore, plus confortable de suivre le groupe, de ne pas se sentir différent…

S’ouvrir à la possibilité

Et pourtant, malgré notre héritage, malgré notre environnement, j’ai envie de vous demander de vous ouvrir à la possibilité d’éduquer sans punir.

Pour ceux pour lesquels cette idée est nouvelle, je sais qu’il faut y aller doucement. Bien sûr. Pour toutes les raisons listées plus haut.

On m’a raconté d’ailleurs l’anecdote suivante. Un jour, Catherine Gueguen donnait une conférence à une assemblée d’enseignants. Elle leur parle, comme à son habitude, du fonctionnement du cerveau, de l’effet sur celui-ci d’une relation empathique, etc… Les enseignants sont intéressés. Jusqu’au moment où elle leur déclare que les punitions ne devraient pas être. Elle est allée trop loin trop vite, et une partie de son assemblée se ferme. Car ils ne sont pas prêts. D’une part, remettre en cause prend du temps, d’autre part, ces enseignants se heurtent au quotidien à la réalité de leurs classes, et n’ont pas encore d’alternative. On ne peut donc leur demander du jour au lendemain de supprimer les punitions de leurs méthodes éducatives.

Je ne serai donc pas ici définitive en vous demandant de supprimer toute punition de votre maison dès demain. En revanche, je vous demande de me prêter attention, pour vous ouvrir à cette possibilité d’éduquer sans punir. Ce sera déjà un bon premier pas.

Pourquoi éviter la punition ?

Avant de parler des alternatives à la punition, il me semble intéressant de faire un détour par les raisons pour lesquelles nous voudrions éviter la punition.

L’impact des punitions sur le cerveau

Plus possible de se mettre des oeillères. Les résultats des recherches en neurosciences affectives sont aujourd’hui claires : les punitions et autres “violences éducatives ordinaires” ont un effet néfaste sur le cerveau. Celui-ci se développe moins, et les aptitudes de l’enfant s’en trouvent diminuées.

Je vous conseille à ce sujet la lecture d’un article de Graines de bienveillance, justement : L’éducation bienveillante validée par les neurosciences.

Développer la motivation interne

Eduquer un enfant à coups de punitions, c’est lui donner, de manière répétée, des raisons externes de faire ou ne pas faire certaines choses. On développe ainsi sa motivation externe. Et ce, dès le plus jeune âge. Il suffit d’entendre mon fils de 6 ans m’expliquer que la raison pour laquelle il ne faut pas frapper son camarade de classe, c’est que sinon la maîtresse va le mettre dans le rouge. Voilà. Ce n’est pas parce que cela fera mal à l’autre, parce qu’il a de l’empathie, parce qu’il existe d’autres manières de régler les choses… Non, c’est parce qu’il y a punition derrière.

Cela signifie que l’on s’éloigne complètement des explications pour entrer dans un rapport de force. Moi, l’adulte, je vais t’apprendre à ne pas te comporter ainsi parce que tu vas avoir peur de ma réaction. J’attends donc une obéissance aveugle de ta part, et je te jugerai pour tes comportements, ce sont les principes des méthodes traditionnelles.

Cela marche à court terme. Mais qu’advient-il lorsque l’adulte n’est plus là pour vérifier ? L’enfant n’ayant jamais développé sa motivation interne, il y a bien des chances qu’il profite de l’absence de l’adulte pour adopter le comportement qu’on cherchait justement à éliminer…

A long terme, il est donc bien plus judicieux d’accompagner notre enfant à développer son contrôle interne, plutôt que de rester dans une position de contrôle externe.

L’apprentissage

Une approche de la question que j’aime également, c’est de réfléchir en termes d’apprentissage.

Lorsque, par exemple, l’élève a une croix dans son cahier parce qu’il bavarde, est-ce que cela lui enseigne vraiment à ne pas bavarder ? Ah oui, d’un certain côté, “ça va lui apprendre” ! Mais je parle plutôt en terme d’enseignement de compétences. Comment fait-on pour résister à l’envie de discuter ? Quel intérêt cela a-t-il pour lui ? Comment réussir à s’auto-contrôler, justement ?

Et pourtant, si l’on donne l’opportunité à l’enfant d’y réfléchir, d’analyser la situation, de trouver sa solution, il y a toutes les chances qu’il y parvienne. (Comme je l’avais d’ailleurs fait avec une amie de ma fille). Et là, on l’aura aidé à développer des compétences.

Ca, pour moi, c’est le rôle du parent.

Les alternatives

Je vous remercie de vous être ouvert à la possibilité d’une éducation sans punition. Maintenant, la question qui brûle les lèvres des parents qui m’ont entendue jusque là est en général : “Mais alors, comment fait-on ?”

Comme je sais que l’évolution doit se faire en douceur, je vais répondre à cette question en vous présentant mes outils en ordre croissant de bienveillance !

Les conséquences

La première étape, la plus facile, c’est souvent de passer des punitions aux conséquences. Cela ne veut pas dire que nous changeons le vocabulaire ! La conséquence a ceci de différent de la punition qu’elle a vraiment une intention d’enseignement. Elle a un rapport direct avec le comportement.

Je vous invite sur ce point à lire mon article sur la différence entre une punition et une conséquence.

La recherche de solution

Au fur et à mesure que vous changerez votre manière d’aborder les situations, vous vous rendrez compte qu’il est plus efficace d’inclure vraiment votre enfant dans la réflexion.

Pour cela, rien de mieux que la recherche de solution. Passer de la conséquence à la recherche de solution, c’est évoluer dans notre posture parentale. L’accompagner, l’aider à grandir, en répondant à ses nécessités de base : appartenir et avoir de l’importance.

Parfois, les blogs d’éducation positive donnent l’impression que lorsque l’on adopte ces principes, tout va alors toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je vous rassure, ce n’est pas le cas.

Ce n’est pas parce que nous suivons les principes d’une éducation bienveillante que les conflits disparaissent. Non, ils existent encore. Cependant, notre manière de les aborder a drastiquement changé. Aujourd’hui, nous sommes clairs sur le fait qu’il existe différentes manières de régler les conflits, et que la force n’est pas le meilleur exemple à donner à nos enfants. La recherche de solution ensemble est donc devenue notre meilleure amie.

Eduquer sans punir, c’est avoir confiance

Au delà des techniques et méthodes, je crois que pour éduquer sans punir, il faut surtout avoir confiance. Confiance dans le fait que notre enfant va apprendre. Comme nous n’avons jamais douté du fait qu’il allait savoir marcher un jour, nous ne doutons pas qu’il va grandir et savoir dire bonjour et merci. Qu’il saura ne pas taper ses camarades. Qu’il saura respecter son entourage, être responsable, se prendre en charge.

Bien sûr, cela lui prend du temps (à lui aussi !), mais ce regard de confiance change notre réaction devant les erreurs de parcours, ce qui a pour effet de changer sa réaction également.

Ainsi, ensemble, on grandit. L’énorme différence, c’est qu’au lieu d’être contre lui, on est avec lui.

L’importance de la connexion

Cette dernière phrase fait parfaitement la transition avec ce dernier paragraphe, qui me tiendra lieu de conclusion. En effet, avant de terminer, je dois vous parler de connexion.

Parce que vous expliquer la recherche de solution est une chose. Mais cela ne fonctionnera que s’il y a déjà une bonne connexion entre vous. On ne peut changer de style éducatif du jour au lendemain, et penser que tout va magiquement suivre. Votre enfant a appris à réagir en fonction de votre posture.

L’un des principes fondamentaux de la discipline positive, selon Jane Nelsen, c’est : “Connecter avant d’enseigner.”. Ainsi, pour espérer créer une autre dynamique dans nos foyers, il s’agit de d’abord s’éloigner de ce qui nuit à la coopération, puis de peu à peu apprendre à connecter avec nos enfants.

Alors, le reste suivra. Et fonctionnera. Ayez confiance !

 

Et pour ceux d’entre vous qui voudraient creuser encore cette question, je vous encourage à jeter un oeil sur ce que je propose dans mon livret “Tout ce qu’il faut savoir sur les punitions et les récompenses pour s’en débarrasser.”

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Plus de joie dans notre quotidien…

Développer ses compétences de parent positif permet de bien mieux gérer les moments difficiles. Mais j’aimerais aller plus loin, et susciter également plus de moments positifs dans notre famille ! Une vraie décision ?

Dans ce podcast, je vous partage mes interrogations à ce sujet, mon désir de progresser…

 

Cependant, si vous préférez lire, en voici la retranscription.

Bonjour les parents positifs !

Ici Coralie, du blog Les 6 doigts de la main, pour avancer ensemble sur le chemin de la parentalité positive.

Aujourd’hui, je voudrais parler de la joie dans l’éducation, dans la famille. Plus que des conseils, je crois que c’est une interrogation que je partage ici.
Une interrogation qui fait suite à des réflexions que je me suis faites dans notre propre famille. Je me suis rendue compte que nous avons développé chez nous énormément de techniques, de compétences, et puis, évidemment, de façons de penser, plus profondes, qui nous permettent d’avoir un mode d’éducation bien différent de ce qu’il était il y a plusieurs années.

Un mode d’éducation qui nous permet plus de connexion avec nos enfants. Nous sommes persuadés que la connexion est à la source de l’enseignement, que nous ne pouvons pas espérer la collaboration, la coopération de nos enfants sans être connectés avec eux, et nous dépensons pas mal d’énergie pour s’attacher à se défaire de nos réflexes de jugements, de critiques. Et plutôt s’attacher à mieux comprendre nos enfants, ainsi que je le partage régulièrement sur le blog.

C’est tout un travail sur nous-mêmes, qui nous a aidés à moins nous énerver ; la compréhension de l’enfant nous permet de développer notre tolérance, et si j’ai commencé ce chemin avec l’idée de moins crier, il est clair que cet objectif-là est atteint !

Pourtant, j’ai encore le sentiment que ce n’est pas assez. Mieux nous entendre, et moins crier, c’est déjà énorme, je le sais. Je sais également que j’ai appris à aider mes enfants à développer des compétences à long terme.

Je leur apprends à faire de leurs erreurs des opportunités. Je leur apprends comment trouver des solutions, entre nous, et dans leurs conflits. Je développe leur confiance en eux. Et je suis ravie de tout cela !

Cependant, parfois, j’ai l’impression qu’il me manque encore quelque chose… Il me manque la joie !

Bien sûr, il y a les moment dans lesquels nous avons du mal, malgré toutes nos compétences, malgré toutes nos bonnes intentions, parce que nous sommes nous-mêmes fatigués, irrités. Nous avons peu de patience.  Ces moments-là seraient évidemment les plus difficiles, ce sont les moments où l’on a le plus de mal à recevoir leurs émotions, ou du moins leurs émotions négatives. Ce sont les moments où l’on perd la perspective de leur âge.

On a beau avoir appris que leur cerveau n’est pas encore complètement mûr, qu’il est normal qu’ils ne sachent pas gérer leurs émotions, quand on fait face aux colères des enfants, aux frustrations des enfants, on a parfois du mal à garder notre patience. L’un de nos enfants est particulièrement sensible, et, lorsqu’il est lui-même dans une journée difficile, que les pleurs s’enchainent, c’est parfois épuisant !

Cependant, je me faisais récemment la réflexion que l’intensité avec laquelle ils sont parfois capables d’exprimer leur colère, leur tristesse, est également présente pour les émotions positives. C’est incroyable de voir de quelle manière ils expriment leur joie, leur gaité, pour des toutes petites choses !

Voir comme le rire peut éclater pour une bêtise.. comme trainer le papier en faisant semblant que c’est une voiture peut les mettre en joie, les voir courir vers nous quand on rentre à la maison pour se jeter dans nos bras ! Oui, le jeune enfant est extrême dans ses réactions, tant dans le positif que dans le négatif.

Et, parfois, j’aimerais pouvoir encore puiser en moi pour m’attacher à ces réactions positives. Pour m’y recharger suffisamment pour, à mon tour, pouvoir l’exprimer lorsque tout va bien.

Pas seulement développer ma capacité de faire mieux face aux moments négatifs. Mais également profiter, savourer plus les moments positifs. Et je vais encore plus loin : créer des moments positifs, mettre de la joie dans des moments qui sont plutôt neutres.

Je crois que ça, c’est un réel défi. C’est vraiment aller un cran plus loin. Ne pas s’arrêter seulement au fait de mieux gérer les conflits, mais également de rendre la vie plus heureuse. D’être plus joyeux au quotidien.

Ca passe également par des compétences. Ca peut vouloir dire par exemple de développer sa capacité à lâcher-prise. A ne pas se bloquer sur des attitudes du quotidien qui nous agacent, clairement, mais qui finalement ne gâchent que notre propre humeur.

Et si, parfois, on se détachait un petit peu de ces moments-là, de ces agacements-là, pour plutôt s’attacher au plaisir d’être ensemble ? Si on arrivait à mieux développer la joie de la famille…

Encore une fois, ce partage aujourd’hui est plus de l’ordre de l’interrogation que du conseil. Parce que je cherche des pistes. Parce que moi-même je sens que j’en ai besoin. Parce que je trouve encore que je ne profite pas assez des moments partagés, que je ne les savoure pas assez.

Oh oui, bien sûr nous avons des moments de joie, et de rire, et de partage, et de jeux !
Mais je suis persuadée que nous avons en nous la capacité de faire en sorte que ces moments soient plus fréquents encore. Et je suis persuadée que c’est un cercle vertueux. Que plus nous savourerons ces joies, plus nous insufflerons de la joie dans notre quotidien, moins nous aurons besoin de compétences pour mieux gérer les conflits, parce que moins il y aura de conflits.
Entre nous et eux, et entre eux également.

Alors, je me propose d’essayer ça. Dans les jours qui viennent, je vais m’attacher à la joie. La poser comme priorité familiale. Si vous avez des idées, n’hésitez pas à me les partager. Et la semaine prochaine, j’essayerai de prendre un moment pour vous raconter ce que ça a pu changer chez nous.

A bientôt !

Ajout un peu plus tard : l’article qui raconte comment j’ai vécu cette envie de joie dans les semaines qui ont suivi.

Remplir le réservoir d’amour, une priorité !

Remplir le “réservoir d’amour“… Connaissez-vous ce concept de réservoir d’amour ? Parfois qualifié de réservoir affectif, il désigne en quelque sorte le niveau de notre bien-être affectif. De l’interêt de l’avoir au plus haut !

Mais… “réservoir d’amour”… en voilà une expression naïve !
Dois-je vraiment utiliser ces mots ridicules ? Se demandent certains, à qui l’idée que tout ce qui est fleur bleue est ridicule a été inculquée depuis le plus jeune âge…

Ma foi, c’est comme vous voulez. Cependant, lisez avant de décider.

J’ai quand même deux arguments :

  1. Je n’ai pas vraiment trouvé d’expression plus claire (et surtout c’est celle qui est communément admise dans la littérature, alors c’est quand même plus simple pour se comprendre quand on parle tous le même langage ! )
  2. Quitte à ne pas utiliser les mots, il n’est pas interdit de se familiariser avec le concept !

Chez nous, même mon mari – un des plus anti-fleur-bleue que je connaisse – s’y est mis. Parce que finalement, ça reflète bien une réalité !

Qu’est-ce que ce réservoir d’amour ??

Le réservoir d’amour, c’est une métaphore, bien sûr.

Cela permet de mettre des mots sur le fait que nous avons tous besoin d’amour pour avancer.

Ainsi, l’idée est la suivante : imaginons que nous ayons tous un réservoir. Pour nous sentir bien, le réservoir doit être plein. Ou en tout cas pas vide.

Or, beaucoup des interactions que nous aurons au long de la journée peuvent avoir une influence sur le niveau de ce réservoir.

Lorsque nous passons du temps avec un ami, le niveau augmente.
Lorsque notre amoureux nous prend la main, le niveau augmente.
Lorsque le voisin nous agresse, le niveau baisse.
Lorsque nous avons honte, le niveau baisse.
Lorsque notre enfant nous sourit, il monte.

Je pense que vous avez compris le principe, n’est-ce pas ?

Pourquoi avons-nous besoin que ce réservoir d’amour soit plein ?

Cela rejoint une phrase du Dr Ginott, que je vous ai déjà citée plusieurs fois, et à laquelle il est bon de revenir régulièrement :

Pour se comporter bien, il faut se sentir bien.

Et oui, quand on le voit ainsi, ça semble évident. Nous sommes tous familiers avec cette idée. Nous avons tous expérimenté le fait que les jours où nous sommes stressés, fatigués, les jours où nous sommes contrariés, où les choses ne se passent pas comme prévu, nous sommes moins agréables avec notre entourage !

Lorsque nous nous sommes disputés avec le voisin (visiblement, j’ai quelque chose contre ce voisin… ne le lui dites pas ! Ou plutôt si, ça lui ferait peut-être du bien de l’entendre ! Bref.) Lorsque nous nous sommes disputés avec le voisin, donc, disais-je, nous sommes moins patients avec les enfants, pas vrai ?
Et bien, figurez-vous que c’est pareil pour tout le monde, y compris les enfants !!

Alors, face à un comportement désagréable de notre enfant, la manière la plus efficace de réagir, c’est de… remplir son réservoir d’amour !!

Vous pensez que cette idée n’est que théorique ?

Je vais vous raconter ce qui m’a inspiré cet article, et vous laisser juge…

Cette semaine, je n’étais pas chez moi, mais en déplacement. C’est donc mon mari qui s’est occupé seul d’eux le soir. Et, même en essayant de rentrer plus tôt que d’habitude, il ne rentre pas souvent plus tôt que ce que je fais quand je suis présente.

Un soir, je reçois le message suivant :
“Soirée difficile, mais tout bien terminé. Léon, après plusieurs épisodes en partant fâché et pleurant dans sa chambre m’a dit, avec des larmes : “mon réservoir d’amour est vraiment vide, et ça me fait mal !”. Alors, après, on a rempli les réservoirs des deux petits, puis lu des histoires et ça allait beaucoup mieux !”

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A quelle fréquence doit-on remplir ce réservoir ?

Il est impossible de donner une règle générale. Impossible. Parce que cela dépend de beaucoup de facteurs !

  • La confiance en soi, par exemple, influe beaucoup : plus on se sent bien dans ses propres baskets, moins les contrariétés auront un impact sur notre réservoir.
  • La fatigue influe aussi : comme elle joue sur notre humeur, elle nous rendra plus sensibles aux difficultés.
  • L’entourage, évidemment !! Plus nous évoluons dans un environnement bienveillant, plus il nous est facile de maintenir le niveau de notre réservoir ! En un sens, il est re-rempli en permanence…

Dans tous les cas, le point important à retenir, c’est que les enfants ont un réservoir plus petit que les adultes. Donc, il faudra le re-remplir plus régulièrement. Car les enfants ont une plus grande sensibilité que les adultes. Ils se font plus facilement envahir par les émotions (positives autant que négatives, même si nous nous focalisons souvent plus sur les négatives). Cela est lié au fait que leur cerveau n’a pas fini sa maturité…

Note : Vous pouvez voir cette petite bande dessinée pour garder en tête cette image du réservoir des petits qui est plus petit.

Un pré-requis fondamental

Et je reviens cette fois sur une idée importante. Pour pouvoir prendre soin des autres, il faut d’abord prendre soin de soi-même.

J’ai vu en effet trop de mères conscientes de ce qu’il manquait à leur enfant, mais incapables de le leur offrir. Et, comme elles, je me retrouve également dans cette situation parfois. (Vous vous rappelez que j’avais expliqué à mon fils que je n’étais pas un super-héros ?)

Alors, cela vaut la peine de le répéter : prendre soin de soi n’est pas égoïste ! C’est plutôt la meilleure chance d’offrir à notre famille une mère (ou un père !) capable de faire face aux difficultés qui se présenteront inévitablement.

Effet secondaire : le développement de l’empathie !

Une fois que la notion du réservoir est passée chez nos enfants, ils sont prompts à la comprendre. Et à comprendre qu’elle s’applique également aux autres.

Et c’est une bonne manière d’être sensible à l’autre, de l’écouter, de le comprendre. En somme, de développer cette empathie qui change tout à notre manière d’avancer dans la vie !

Encore une illustration ? Pas de problème, je l’ai dans ma besace.

Un soir, Léon (6 ans) estime que je suis trop difficile avec lui. (A tort ou à raison ? On est rarement bon juge de soi-même… J’essayais de bien faire, mais il est vrai que j’étais fatiguée) Il pleure, et pleure encore.
Au bout d’un moment, je lui dis, alors qu’il pleure sur le canapé : “Je n’ai plus l’energie de ca. Moi aussi, j’ai besoin qu’on remplisse mon réservoir d’amour…
– Ah, ben il fallait le dire !” me répond-il, en s’arrêtant de pleurer ! Et il vient immédiatement me faire un gros câlin…

Ca a eu l’effet désiré : nous nous sommes tous les deux sentis mieux !

Et dans la pratique, comment fait-on pour remplir ce réservoir ?

Bonne nouvelle : j’ai des idées à vous proposer !

Remplir le réservoir est un travail permanent. Car la meilleure méthode pour le remplir, c’est de ne pas le laisser se vider !

Voici donc les idées que l’on qualifiera de préventives

  • Passer des “moments particuliers” avec notre enfant ! Sans doute le plus efficace de tout ce que je pourrais vous lister ici…
  • Ecouter notre enfant. Ce qui signifie écouter ce qu’il a à dire, sans essayer de le convaincre que le problème qu’il a n’est pas, sans le juger, sans chercher à lui offrir des solutions toutes faites, juste l’écouter.
  • Le laisser exprimer ses sentiments. Parce que c’est ainsi qu’il se sentira compris, et respecté.
  • Les jeux de société. Cela dépend probablement des goûts de chaque famille. Chez nous, les jeux de société sont très présents, et je sais qu’ils nous aident au quotidien. Parce qu’à travers eux, nous passons des moments agréables. Des moments de partage qui ne sont pas teintés d’obligations (type prendre le bain…)
  • Faire attention aux messages qui nous lui transmettons : insister, lorsqu’il fait une erreur, sur le fait que l’on a confiance en lui pour apprendre. Et éliminer les punitions !!

Sans oublier les idées réactives

Au moment où l’on sent que l’enfant a du mal à faire face, on peut encore infléchir les choses.

  • Le moment particulier est encore un bon outil ! Lorsque nos deux plus jeunes se disputent à répétition, nous en prenons un chacun, et nous isolons pour un moment particulier impromptu ! En général, ça fonctionne bien.
  • Dans tous les cas, il faut (encore une fois) recevoir l’émotion. Mettre les mots dessus aidera l’enfant à se connecter à nous, à se sentir entendu, et le soulagera immanquablement.
  • (En fait, tout ce qui est listé ci-dessus peut également servir dans le feu de l’action !)
  • La tendresse bien sûr ! Les câlins sont chez nous la meilleure manière de remplir le réservoir lorsqu’il est vide. Passer le message d’amour dans les moments difficiles est le meilleur moyen d’atteindre l’autre. C’est pourquoi d’ailleurs le câlin est le choix favori d’Anatole sur notre roue des options. Et parfois, un simple geste suffit à se reconnecter, et ouvrir la communication.
  • Le rire… Ce n’est pas toujours évident de trouver en nous l’énergie de réagir différemment. (et je re-soulèverais bien le fait de prendre soin de nous-mêmes… mais vous l’avez compris, je crois !). Pourtant, si l’on décide de changer l’humeur, de surprendre, la dynamique peut changer du tout au tout !
  • Dans la continuité du point précédent, la parentalité ludique apporte bien des options autres. (Je n’ai malheureusement pas encore pris le temps d’écrire à ce sujet, mais vous trouverez des inspiration chez mon amie Gwen via ses petits bouts du livre de Lawrence Cohen…). Chez nous, ce ne sont pas les chatouilles qui l’emportent, mais je n’hésite pas à entrer dans l’univers de mon fils et de ses voitures, les emmenant se laver les dents, par exemple !
  • Lire une histoire. Pour les plus jeunes, comme les moins jeunes, se poser pour une histoire est une bonne idée : cela mélange le temps partagé, le temps calme, et la proximité physique. Si l’enfant est un peu âgé pour un câlin, lire un chapitre l’un à côté de l’autre est une bonne alternative !! C’est l’une des activités favorites de ma fille de 11 ans, et partie intégrante de nos moments particuliers

 

Voilà, je suis persuadée que ces listes non exhaustives vous auront donné des pistes intéressantes…

J’ai hâte de savoir ce que cet article va changer chez vous, et quelles sont les idées que vous pouvez me proposer pour enrichir cette liste !

Première semaine de mon défi : 6 minutes quotidiennes avec ma fille

La semaine dernière, le lendemain des 11 ans de ma fille Alice, je me suis lancée un défi, celui de passer un moment particulier avec elle, tous les jours.

Retour sur la notion de 6 minutes

Lorsque j’ai partagé ce défi sur le blog, certains d’entre vous ont été surpris, voire choqués de ces “6 minutes”. Comment peut-on envisager ne passer que 6 minutes avec son enfant ??

Comment passer si peu de temps avec elle peut-il constituer un défi ?
Je comprends. Et je désire revenir sur cette notion.

Bien sûr que je vois ma fille plus de 6 minutes par jour.
Et nous parlons. Mais pas toujours, ou du moins pas toujours bien.

Les diners sont interrompus par tous. Les horaires de chacun ne se correspondent pas.
Alors, j’admets bien volontiers que je ne lui consacre pas quotidiennement un moment en tête à tête.

Je sais, c’est triste. Mais c’est un fait. J’accepte ce qui est. Je ne suis pas parfaite, loin de là. Je ne fais pas tout ce que je voudrais faire, loin de là. Mais j’avance. Je persiste et progresse. Et c’est cela qui compte.

Je peux basculer dans les explications. Parler de la difficulté d’avoir 4 enfants d’âges si différents. Et ce ne serait pas faux. Mais ce serait quand même une excuse, n’est-ce pas ? Parce qu’après tout, tout dépend des priorités que nous nous fixons !

Alors voilà. Partant de notre situation, ce défi correspond justement à une priorité.
6 minutes exclusives. Sans autre enfant, sans interruption, sans téléphone. 6 minutes au minimum que je tacherai de libérer même les jours où je crois ne pas les avoir.

Parce qu’à travers ces 6 minutes, je dis à ma fille qu’elle fait partie de mes priorités.

Et que, même lorsque la gestion du quotidien me happera, et qu’entre le bain et le diner, arrivera l’heure du coucher sans que je m’en sois rendue compte, je me débrouillerai pour séparer un moment pour elle. Tous les jours.

Comment cela s’est-il passé, au quotidien ?

Jours 1 et 2

Le jour 1, donc, comme je l’avais noté, je me suis contentée d’écouter Alice. Elle m’a parlé de l’école, de ses profs. J’étais contente de l’écouter.

Le jour 2 a été très similaire. Elle avais eu un moment de mauvaise humeur et me l’a raconté. Et, encore une fois, je me suis contentée d’écouter. Sans apporter de solution, juste écouter.

Je sais que sans ces quelques minutes, elle aurait gardé sa mauvaise humeur passée pour elle-même. Et j’étais contente d’avoir eu l’opportunité de l’entendre.

Ces 2 premiers jours, j’ai eu la curiosité de regarder combien de temps avait duré notre échange. 9 minutes. Les 2 fois.

Jour 3

Nous décidons cette fois d’utiliser notre temps partagé pour terminer le projet que nous avions commencé pendant le week-end : la remise en état de son pouf berlingot !

L’année dernière, nous avons cousu un pouf berlingot ensemble, et cette année, il nécessitait réparation et re-remplissage. C’est donc ce que nous terminons ce soir. Alice est toute contente que ce projet n’ait pas traine (pour une fois, pense sa mère qui se sent à moitié coupable de cette tendance…)

Jour 4

Alice choisit cette fois de prendre le livre que nous lisons ensemble. Nous avons en effet régulièrement un livre en cours, que nous lisons ensemble (enfin… que je lui lis !) de manière très irrégulière. Au départ, c’était réservé à la fin de nos cours de français. Et puis, c’est devenu autre chose.
Petit moment de lecture tranquille dans sa chambre, donc.

Jour 5

Pas d’hésitation aujourd’hui : nous reprenons le livre dans l’après-midi ! Et comme nous sommes toutes les deux bien happées par l’histoire, et que les garçons jouent tranquillement, nous passons en fait une demi-heure à lire !

Jour 6

Pas de jour 6 : Alice rentre de chez sa copine, chez qui elle a passé la journée, juste quand  son père et moi sommes prêts à sortir…
“Pas grave, me dit-elle, on a passé un long moment ensemble hier !”

D’habitude, elle n’aime pas qu’on sorte.
Est-ce que ces moments partagés, qui lui assurent une attention exclusive, même limitée, rendent le reste plus facile ?

Jours 7 et 8

De nouveau, Alice choisit de lire.
C’est que nous sommes vraiment prises par notre histoire !

Ces séances lecture durent environ un quart d’heure.
Le lundi soir, la lecture se fait blotties l’une contre l’autre dans mon lit.

C’est que je m’envole le mardi, pour 9 jours.
Le matin, j’avais discuté avec elle et son père, et ce dernier s’est porté volontaire pour prendre le relai en mon absence et passer quotidiennement 6 minutes avec elle.
J’espère qu’ils apprécieront leurs moments partagés !

Ce que j’ai pensé de cette première semaine

Finalement, ces 6 minutes étaient effectivement sous-évaluées, puisque nous avons chaque soir passé plus de temps ensemble.
Qu’importe. J’aime l’assurance que ces minutes me donne.
J’aime que ma fille sache qu’elle aura ce moment.
Et cela a été beaucoup plus simple que je ne l’envisageais.

J’ai hâte de savoir comment ma semaine d’absence se sera déroulée, et je me réjouis de reprendre mon défi lorsque je rentrerai !

Et chez vous, comment ça se passe ?

Mon défi : 6 minutes quotidiennes avec ma fille !

Mettre en place un moment particulier avec ma fille, tous les jours. Voici un défi qui vaut la peine d’être lancé ! J’y réfléchis depuis un moment déjà, et je me décide enfin. La période des bonnes résolution m’y pousse peut-être. Je ne sais. En tout cas, c’est parti.

Qu’est-ce que le moment particulier ?

Le moment particulier, c’est à la fois du pain béni et un gros nuage gris !

Du pain béni, pour l’effet que cela peut avoir sur le comportement des enfants. Car nos enfants ont surtout besoin de se sentir bien, de voir qu’on prête attention à eux, qu’on les aime, qu’on leur consacre du temps, qu’ils existent vraiment à nos yeux.
Le moment particulier répond à tout cela parce qu’il suppose de passer un moment un tête à tête avec un enfant, sans interruption, pour faire ce dont il a envie, et rien d’autre. Cela permet de remplir son “réservoir d’amour”, ce qui ensuite l’aidera à faire face à tout le reste…

Un gros nuage gris parce que savoir que c’est tellement important, et ne pas réussir à le mettre en place dans notre quotidien nous renvoie à notre culpabilité. Nous nous plaignons parfois du comportement de nos enfants, à qui nous ne consacrons pas de temps. Faut-il en être surpris ?
Et, sachant que nous détenons une piste pour améliorer notre relation, nous choisissons encore de ne pas le mettre en priorité… Sommes-nous de bons parents ??
Ma foi, nous faisons de notre mieux, et c’est déjà pas mal ! Cependant, le nuage reste là, car je repense régulièrement à tous ces moments que je ne mets pas en place…

Avons-nous mis en place les moments particuliers chez nous ?

Partiellement. Oui, j’ai précédemment un peu noirci le tableau. Le concept du moment particulier n’est pas complètement resté à la porte de notre maison.

Cependant, la recommandation veut que ce moment soit planifié, et régulier. Ce qui n’est absolument pas le cas chez nous ! Alors, comment cela se décline-t-il dans notre famille ?

D’abord en saisissant les opportunités

A chaque fois que je me retrouve seule avec l’un de mes enfants, je le mets en valeur.
“C’est chouette, ca nous donne l’occasion de faire un petit moment particulier !”
Et cela ne rate jamais : ca donne toujours le sourire à l’enfant auquel je le dis.
Après, je reviens dessus. “C’était bien ce moment particulier, merci de l’avoir partagé avec moi !”

Pour notre aîné, les moments particuliers découlent des contraintes logistiques : les trajets sont l’occasion de partager, et d’échanger, en dehors du tumulte familial.

Ensuite, quand le besoin s’en fait sentir !

Parfois, nous notons que l’un de nos enfants se montre de mauvaise humeur, un peu agressif avec les autres… alors nous décidons que c’est l’heure d’un moment particulier !

Le plus souvent, cela se produit lorsque nos deux plus jeunes se disputent plusieurs fois de suite. Nous comprenons alors que cela leur ferait du bien de faire une pause, et en prenons chacun un, pour des moments particuliers chacun de son côté !

Même si je n’affirmerai pas que le résultat est systématiquement spectaculaire, en général, ça aide, et ils se retrouvent ensuite plus facilement.

Pourquoi avec ma fille ?

Parce qu’Alice (tout juste 11 ans) est celle qui a le plus de difficulté à trouver sa place dans cette fratrie.
Avec un grand frère bien avancé dans son adolescence (15 ans), qui prend de la place et de l’énergie, et deux petits frères (6 et 4 ans) qui ont encore bien besoin de notre présence, elle est souvent la plus “négligée”. Alice grandit apparemment facilement, sans demander plus que ce qu’on lui donne.
Mais je sais que cela ne signifie pas qu’elle aurait besoin de plus.

C’était déjà avec cette notion en tête que j’avais choisi à l’époque de lui consacrer mon premier moment particulier.
Depuis, j’ai eu l’occasion de parler avec elle de la difficulté de prendre sa place, et ses pleurs silencieux m’ont bien montré que j’avais touché juste…

Nous avions donc soulevé, son père et moi, l’idée de lui consacrer un moment au quotidien ; et en avions réellement pris la décision, en septembre. Seulement, l’ouragan est arrivé, et a changé notre quotidien pendant un bon moment…
Tout a été plus compliqué, et il a fallu reprendre ses marques, et son souffle.

Ca y est, nous sommes prêts, enfin, à ré-envisager d’ajouter cela à notre quotidien !

Et les autres ?

Oui, la question est légitime… Les autres ? Ma foi, encore une fois, nous faisons ce que nous pouvons ! Je sais que pour qu’une bonne résolution soit appliquée, il faut qu’elle reste raisonnable, atteignable. (Et je me mets un rappel pour ne pas oublier !)

Et puis, comme je l’ai expliqué ci-dessus, cela ne signifie pas que les autres n’en ont jamais ! Seulement que, en tant que parents, nous devons également répondre aux priorités qui se présentent.

Pourquoi maintenant ?

Parce qu’Alice vient de fêter ses 11 ans. C’est vraiment l’entrée dans l’adolescence.
Une entrée dont je n’ai pas bien eu conscience jusque là.

Evidemment, tout dépend du référentiel, n’est-ce pas ? Alors, faisant face également à son grand frère de 15 ans, nous ne la considérons pas vraiment comme une ado, je dois l’admettre.

Récemment pourtant, j’ai beaucoup discuté avec une amie que j’ai connue par Alice, justement : les filles étaient en classe ensemble lorsque nous vivions au Mexique. A la différence près que sa fille est son ainée, et qu’elle découvre, avec elle, les spécifiés de l’adolescence.

L’occasion pour moi de prendre conscience que ma fille grandit. Si je continue à repousser le moment d’échanger réellement avec elle, j’aurai du mal à le faire plus tard.

Le moment n’est pas forcément idéal : dans une semaine, je pars pour une semaine ! Mais peu importe. J’ai décidé d’arrêter de trouver de -mauvaises- raisons de ne pas faire.

Qu’est-ce que j’attends de ce défi ?

D’abord, j’en attends une plus grande proximité, une plus grande complicité avec ma fille.

Je veux lui montrer que je suis là pour elle, malgré le manque de temps pour chacun dans une grande fratrie. Je veux qu’elle sache qu’elle peut compter sur moi, sur nous. (Car le moment particulier peut être pris en charge par son père).

J’ai également l’espoir que cela l’aide à se sentir mieux. Mieux dans ses chaussures, mieux dans sa fratrie. Je ne dirais pas que cela se passe mal, mais je note bien qu’elle reste parfois dans la comparaison. Qu’elle trouve que nous nous intéressons plus à ses petits frères… Et je pense que cela peut expliquer l’agressivité que je remarque certains jours envers Léon en particulier.

Ainsi, je pense que cela peut améliorer l’ambiance de la famille dans son ensemble. Parce que tout est lié, évidemment.

Annonce à ma fille et début du défi !

Hier soir, donc, j’ai pris ma décision, et l’ai annoncée à Alice.
Plus moyen de revenir en arrière.
Je lui ai partagé également le fait que pour moi, c’était un engagement difficile, et que j’espérais vraiment en être capable !

6 minutes…

Oui, 6 minutes ! C’est étrange, je sais ! C’est pour répondre à la double contrainte suivante : que ce soit plus que 5 minutes, mais que ca ne prenne pas trop de temps non plus, pour que ce soit faisable !
Ca l’a fait rire, et nous nous sommes accordés sur l’énoncé de la résolution : “Passer au moins 6 minutes par jour en moment particulier. Soit avec moi, soit avec ton père.”

Notre premier moment

11 ans et 1 jour

L’idée lui plaisait, elle me l’a rappelée, et elle était prête ! Elle savait déjà de quoi elle voulait me parler, et j’ai simplement écouté. Des petites choses de son quotidien, de ses maitresses… Des choses non essentielles dont nous n’avons jamais le temps de parler…

J’avais justement une alarme en place pour autre chose, et le moment a donc duré… 9 minutes !

Lorsque mon alarme a sonné, elle était surprise. “Ca fait déjà 6 minutes ?”

Eh oui, ma princesse.. mais pas de problème : nous continuerons cette conversation demain !

Et en effet, le fait de savoir que je serai encore là pour elle le lendemain a permis de terminer ce moment tout en douceur, sans inquiétude, et sans regret !

Je vous raconterai en fin de semaine comment cela ce sera passé !

Note – si vous lisez cet article plus tard, voici où j’en suis :
Première semaine de moments partagés
Premier mois de moments partagés