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Les réactions émotionnelles parasites, ou sentiments parasites

Nos émotions sont parfois difficiles à comprendre.. Celles de l’autre difficiles à recevoir, ou à décoder. En fait, cela vient du fait que beaucoup d’entre elles sont ce que l’on peut appeler “réactions émotionnelles parasites”, ou “sentiments parasites”. Ces sentiments parasites ne sont pas vraiment des émotions. Ils sont beaucoup plus complexes. Et c’est ce qui les rend difficiles à décoder.

Que sont donc ces sentiments parasites ? Et d’où viennent-ils ?

Note : cet article est le deuxième de ma série sur “la grammaire des émotions“, une formation de l’EIREM, l’école de formation d’Isabelle Filliozat.

La différence entre une émotion, et une réaction émotionnelle parasite

Une émotion, comme nous l’avons expliqué quand nous l’avons différenciée du sentiment, est une décharge brève liée à un stimulus extérieur.

L’émotion est naturelle, et nécessaire. C’est un signal d’alarme, qui permet l’évacuation de la tension (positive ou négative) face à une situation particulière. On peut alors considérer la réaction appropriée. (ou adaptée, d’une certaine façon, à la situation).

Malheureusement, la vie nous place régulièrement dans des circonstances dans lesquelles nous négligeons notre détresse émotionnelle. C’est particulièrement le cas lorsque nous sommes fatigués

L’émotion n’est alors pas exprimée, le besoin reste non assouvi. Ces émotions refoulées conduisent plus tard à des réactions émotionnelles parasites.

Ces réactions parasites (ou sentiments parasites) sont donc liées à notre histoire, et seront, de ce fait, souvent incompréhensibles par notre entourage… Ce qui aura pour conséquence d’irriter l’autre ! De la même manière, lorsque nous nous sentons irrités par la réaction émotionnel de l’autre, il y a fort à parier qu’il exprime en fait un sentiment parasite. D’où l’intérêt de mieux comprendre ce que c’est.

Nous classerons ces réactions émotionnelles parasites en deux, ou trois, catégories, selon la façon de considérer les choses :

  • les réactions disproportionnées
  • les réactions inappropriées
  • les réactions irrationnelles, qui sont simultanément disproportionnées et inappropriées !

Les réactions émotionnelles disproportionnées

Ici, l’émotion exprimée est bien celle qui correspond à la situation, mais elle s’exprime de manière disproportionnée. Deux cas de figure peuvent expliquer cela.

Les élastiques

La situation nous renvoie à une autre situation passée. Une situation dans laquelle notre émotion n’a probablement pas pu être exprimée, et que nous n’avons donc pas réglée. Cette histoire nous pèse, parfois sans même que nous en ayons réellement conscience.
Nous réagissons alors à la situation actuelle avec un ressenti lié à la situation passée…

Dans ce cas, l’expression de l’émotion est en fait inutile. Il s’agirait plutôt de revenir sur la situation du passé pour l’exprimer en la rapprochant réellement du contexte qui s’y rapporte.

En écrivant cela, je pense à des cas dans lesquels ces élastiques peuvent être très lourds, et les situations du passé bien difficiles à débloquer. (J’imagine des enfants battus par exemple).
Cependant, c’est parfois beaucoup plus simple que cela.

Je repense en effet à une anecdote vécue l’été dernier. Lors de notre semaine de vacances en commun, j’ai partagé avec mon frère et ma belle-soeur mes préoccupations de plus en plus importantes sur la sur-consommation. La manière dont j’essayais de moins consommer, et ce genre de choses, dont il n’est pas question ici ! Et je sentais que ce discours agaçait mon frère, qui pourtant n’est pas du tout le genre à être bloqué sur ces questions… J’ai donc fini par lui poser directement la question, essayant simplement de comprendre ce qui l’embêtait dans mes réflexions à ce sujet. En fait, il s’avère qu’il avait passé un week-end quelques semaines auparavant avec des amis, et que l’une des personnes présentes revenait sur ce thème avec tant de régularité et de véhémence que cela lui avait déplu. De sorte que lorsque j’abordais ce sujet, cela le renvoyait à ce week-end, et qu’il se refermait. Situation assez simple en fait, et, une fois que nous l’avons éclaircie, nous nous sommes beaucoup mieux compris, au lieu de continuer à nous agacer mutuellement à ce sujet ! (Pas trop, heureusement…)

Les “collections de timbres”

Voici un cas que nous avons, je crois, tous vécus. Une situation qui déclenche chez nous une émotion, que nous n’exprimons pas parce qu’elle n’est pas si forte, parce que ce n’est pas grave, ou bien parce que cela ne se fait pas. (Et c’est vrai parfois, cela ne se fait pas). Ou bien que nous ne voulons pas gâcher le moment… Les raisons ne manquent pas !

Seulement, ces émotions s’accumulent, s’empilent, puis une goutte d’eau… et le vase déborde ! Alors, notre réaction est effectivement disproportionnée, et l’autre ne peut pas être en mesure de la comprendre et de la recevoir !

J’imagine que vous connaissez ça… Suggestion pour y faire face : la méditation !

Les réactions émotionnelles inappropriées

Cette fois, nous sommes dans un cas où l’émotion exprimée n’est pas disproportionnée en intensité, mais elle est inappropriée. Inappropriée dans le sens où nous exprimons une émotion qui n’est pas celle qui “conviendrait” dans cette situation. Nous avons en fait remplacé notre émotion appropriée par un sentiment de substitution.

Il peut y avoir différentes raisons à cela.

Une émotion non autorisée

Un cas classique : “Un homme n’a pas peur !” .. et le petit garçon apprend à refouler sa peur, pour la remplacer par… de la colère probablement, beaucoup mieux reçue dans sa famille comme un sentiment bien masculin ! (Là où, à l’inverse, des petites filles apprendront à substituer la tristesse à la colère, parce qu’une fille en colère, ça n’est pas beau…)

Oui, il est possible que certaines émotions ne nous aient pas été autorisées lorsque nous étions jeunes. Et que nous ayons appris à les substituer par d’autres. Il sera alors compliqué de revenir à l’émotion de départ…

Je ne sais si j’ai raison de rapprocher ce que je vais dire de ce paragraphe, mais cette idée d’une émotion qui se substitue à une autre me fait grandement penser à ce que disait Thomas Gordon. Que la colère n’était souvent pas le sentiment premier. Lors de ce stage de la grammaire des émotions, j’entends en tout cas que “la colère n’est pas l’émotion la plus importante, mais c’est souvent celle qui ouvre.” Ce qui expliquerait que l’on en passe régulièrement par cette colère pour débloquer d’autres sentiments plus enfouis….

Des émotions qui se cumulent

Parfois, c’est encore plus complexe : notre émotion est en réalité un mélange d’émotions. Un mélange tel que nous n’arrivons plus à les exprimer, car l’une bloque l’autre…

La jalousie par exemple, serait un mélange de colère et de peur. Comment être clair alors dans l’expression de l’émotion ?

Il faudrait d’abord apprendre à s’écouter, et, comme pour le monstre des couleurs, apprendre à démêler tout ça…

Les réactions émotionnelles irrationnelles

Enfin, c’est parfois encore plus complexe que tout cela ! Certaines de nos réactions émotionnelles sont à la fois disproportionnées ET inappropriées.

Je ne maîtrise pas bien ce sujet, mais je vais vous transmettre ce que j’en ai compris.

La contagion

Les émotions sont toutes potentiellement contagieuses. Nous l’avons tous ressenti dans un contexte de joie, ou de peur, même de colère ! Il me semble ressentir cela régulièrement : “attraper” l’émotion de l’autre. Quand mon fils me regardent avec un sourire jusqu’aux oreilles, je ressens sa joie. Quand mon mari s’énerve, je m’énerve à mon tour.

Je voudrais savoir faire preuve d’empathie, et comprendre les émotions des autres. Mais la contagion va au-delà de l’empathie : c’est carrément de la sympathie. On ne se contente pas de comprendre l’émotion de l’autre, on se met à la ressentir également… Mais ce n’est pas vraiment notre émotion !

Les transmissions trans-générationnelles

Bon. Je ne commenterai pas sur ce point, parce que je suis ignorante. Il semblerait qu’il soit possible que certaines émotions traversent les générations (et pourraient même en sauter). La transmission serait génétique.
C’est la répétition et la disproportion de l’émotion qui peuvent indiquer le problème.
Si le thème vous parle, il faudra vous renseigner sur l’analyse transactionnelle.

La phobie

La phobie simple est une réaction émotionnelle (en l’occurence une peur) “simplement” disproportionnée. Nous sommes alors dans le cas précédent, et cette phobie est un élastique. Il faudrait rechercher la source de la peur dans notre passé pour la laisser s’exprimer.

Cependant, il arrive qu’à l’élastique s’ajoute une substitution, ce qui rend notre peur inappropriée en plus de disproportionnée, car elle porte alors sur un autre objet que sur la source de départ. La encore, la répétition et la disproportion sont un indice du problème.

Il faudra alors peut-être procéder à un vrai travail d’analyse pour comprendre où le problème prend sa source et laisser alors la peur s’exprimer, pour que la personne puisse prendre du pouvoir sur sa peur.

La projection

Parce que l’on ne veut (ou ne peut) pas exprimer notre propre émotion, nous projetterons sur l’autre soit l’émotion elle-même, soit la source de cette émotion. Par exemple, c’est l’autre qui fait peur, ou l’autre qui a peur.

Les conséquences de ces réactions irrationnelles

Lorsque de telles réactions irrationnelles sont présentes chez quelqu’un, elles peuvent avoir des “issues dramatiques”, selon le schéma suivant.

Si j’ai trop mal,

  • je deviens fou
  • je fais mal aux autres
  • je me fais mal à moi-même (ou je risque ma vie…)

Une remarque importante pour les parents

Lorsque l’on comprend le nombre de cas où nos réactions émotionnelles peuvent ne pas être alignées à la situation, on imagine combien nos réactions peuvent être décalées face à nos enfants. Particulièrement dans ce contexte éducatif, où notre propre histoire peut avoir tant d’influence !

Alors, une idée à retenir pourrait être celle-ci : si le comportement de notre enfant nous pose problème, le parent peut déjà travailler sur le problème que ça lui pose à lui, et voir ensuite si la situation n’a pas changé avant de chercher à le régler.

Pas facile à accepter, hein ??

Pour “résumer” tous ces sentiments parasites

  • Réaction appropriée et proportionnée = émotion naturelle – Il convient alors de l’accepter, et de la traverser en l’exprimant.
  • Réaction appropriée mais disproportionnée = élastique, ou collection de timbres – Identifier la situation du passé ou l’origine de la collection
  • Réaction proportionnée mais inappropriée = substitution – Retrouver la véritable émotion
  • Réaction inappropriée et disproportionnée = contagion, transmission trans-générationnelle, phobie, ou projection – Mener une analyse…

 

Si ce sujet vous intéresse, et que vous voulez en savoir plus sur toutes ces émotions, je vous suggère la lecture de Que se passe-t-il en moi ? d’Isabelle Filliozat

Les formations de parentalité positive qui jalonnent mon chemin

Lorsque j’explique aux gens que je donne des ateliers et des conférences pour aider les parents, ils me demandent parfois quelles formations de parentalité positive j’ai suivies.

Il est vrai que j’ai, au départ, fait des études d’ingénieur. Rien ne me destinait donc à ce chemin…. Mais la vie, c’est ça aussi. Les chemins tournent, et l’on s’adapte !

J’ai souvent envie de répondre qu’il n’y a pas besoin de formation formelle, si l’on s’est auto-formé et que l’expérience nous prouve que nous sommes en mesure d’aider les gens. Je sais cependant que cette réponse ne correspond pas aux critères francais, car nous aimons les diplômes, et je m’y prépare ! Voici donc un aperçu des étapes qui m’ont aidée à grandir.

Formation guide Montessori 3-6 ans

En 2005, j’ai découvert l’éducation Montessori, et j’ai été conquise ! Elle venait parfaitement prendre la suite de l’éducation que nous cherchions déjà à donner à notre fils, alors âgé de 3 ans.

Dans l’idée de faire tourner une école (ce qui ne s’est finalement pas fait), j’ai suivi une formation spécifique sur le groupe d’âge 3-6 ans, qui m’a énormément apporté.

Si les principes de la pédagogie Montessori vous intéressent, je vous encourage à lire ce très bon article de Floriane, de Parents Naturellement, qui vous en expose les grands principes.

Beaucoup, beaucoup, de lectures

Ma formation initiale est essentiellement autodidacte : j’ai lu, lu, et lu encore. Ce blog était d’ailleurs au départ mon carnet de prises de notes (les premiers articles s’en ressentent, j’en ai peur…)

Le premier ouvrage qui m’a vraiment marquée, c’est Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, de Faber et Mazlish.

Après avoir lu leurs autres livres et renforcé ma connaissance de leurs conseils, j’ai également lu Jane Nelsen et sa discipline positive, Isabelle Filliozat bien sûr, Thomas Gordon, Catherine Gueguen, Elizabeth Crary, Daniel Siegel, etc…

Dur pour moi de passer devant un rayon éducation sans m’arrêter… et je n’arrive plus à résumer ici autant que je le voudrais ! J’ai toujours le sentiment que chaque nouvelle lecture m’apporte un angle différent qui m’aide à me pénétrer de tous ces principes.

N’hésitez pas à faire un tour par ma bibliothèque

“La grammaire des émotions”, une formation Filliozat

Formation de 3 jours obligatoire à l’EIREM, que l’on veuille ensuite s’inscrire à une formation de coach parental, ou à une formation de psychologue.

C’est une formation pour soi. Elle n’est donc pas en lien direct avec l’éducation, mais s’intéresse aux relations, à l’expression de nos émotions, et comment recevoir celles des autres.
Ce qui m’est fort utile, pour être maman, mais aussi pour écouter les parents !

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article que j’ai écrit sur cette formation.

Positive parenting solutions

Je me suis inscrite à cette formation en ligne (en anglais) alors que je commençais à animer des ateliers.

Je l’ai trouvée très bien faite, reprenant au fur et à mesure les principes fondamentaux d’une vraie parentalité positive. Cela m’a permis d’avancer ou de consolider mes lectures, selon les cas…

Personne ressource pour la discipline positive en classe

J’ai commencé à donner des ateliers sans avoir de certification, et je savais qu’un jour je complèterai ce manque. L”association de discipline positive (créée par Jane Nelsen) était une piste à creuser, car j’adore l’équilibre qu’elle prône entre fermeté et bienveillance.

J’avais donc décidé de me former un jour à l’animation d’ateliers pour parents version discipline positive.
Comme cette formation n’était pas offerte là où je vivais, j’ai commencé par saisir ma chance avec celle qui l’était, et je me suis inscrite à cette formation de discipline positive en classe, et j’ai adoré !!

C’était en fait une formation à destination des enseignants, et je ne pensais pas qu’elle me parlerait autant. Mais elle m’a confortée dans ce rêve d’un monde meilleur !

Inspirée, j’ai réussi à me mettre en contact avec une école qui m’a donné l’opportunité d’intervenir dans leurs classes de CE1. J’ai adoré ça !
Malheureusement, l’ouragan Maria est venu chambouler pas mal de choses, et ces interventions se sont interrompues.

Lors de notre retour en France, j’ai pu relancer mes approches, et j’interviens depuis novembre 2018 dans une classe de CP. J’adore ! Et je vous le raconterai bientôt.

CNV – Modules 1 et 2

Au cours de mon cheminement, j’ai eu l’occasion de découvrir Marshall Rosenberg et la communication non violente. Et je me suis rendue compte à quel point cette approche allait main dans la main avec l’éducation positive. En effet, la CNV s’attache au lien entre les gens, et à l’intention au coeur de nos relations. Or, une parentalité positive vécue en profondeur a également ces critères-là comme préoccupation.

Je considère donc, bien que nous soyons dans une démarche de développement personnel, que cette formation de CNV devrait faire partie des formations de parentalité positive !

J’ai suivi les modules 1 et 2 (2 jours chacun) en 2017, et espère pouvoir aller plus loin un jour prochain.

– article à venir –

Ateliers de discipline positive suivis en tant que maman

Certes, j’ai été inspirée par ma formation de DP en classe, mais je n’ai pas pour autant renoncé à me former en tant qu’animatrice d’ateliers DP.

Pour cela, j’ai choisi de commencer par suivre moi-même les ateliers en question.
Etalés sur 7 semaines (à raison de 3 heures par séance), ces ateliers sensibilisent les mamans qui y assistaient (oui, il n’y avait que des mamans, pas de papa…) au ressenti des enfants face à certaines de nos attitudes parentales, et encouragent également à mieux se comprendre en tant que parent. J’ai trouvé les activités variées et bien conçues.

Je ne sais pas si je pourrai un jour suivre une structure imposée comme ces animatrices l’ont fait (mais ça dépend peut-etre des animatrices), j’aime la flexibilité…
Je me suis quand même inscrite à la formation à l’animation d’ateliers de discipline positive, car j’ai envie de travailler avec cette association, avec laquelle je me sens déjà beaucoup de lien.

Formation à l’animation d’ateliers de Discipline positive

Finalement, j’ai eu l’opportunité de suivre cette formation à l’animation d’ateliers de parents.
Encore une formation très interessante, dans la droite ligne des précédentes.
J’aime l’équilibre que propose la DP, et l’accompagnement des parents au travers d’expériences de prises de consciences et d’outils.

Le nombre d’activités proposées pour animer ces ateliers est ahurissant.
J’aime le format de la discipline positive pour cela : je vois bien que je saurai faire de ces ateliers des moments qui me ressemblent aussi, pour réussir à transmettre aux parents ce qui me semble le plus juste, le plus aligné avec ma manière de vivre l’éducation positive.

Je crois qu’il faut vivre ce que l’on prône, et j’aime le fait que l’association nous fasse confiance pour concevoir nos ateliers à partir de leur matière première, dans le respect de l’esprit de la DP bien sûr, mais sans imposition complète du déroulé.

Icassi : Une semaine de cours de psychologie Adlerienne

Je vous ai déjà parlé des principes adlériens, à la base de la discipline positive.
J’ai voulu cet été approfondir mes connaissances théoriques, et je suis allée suivre une semaine d’université d’été sur le sujet. Chaque année, l’école adlérienne organise ces sessions dans un pays différents. En 2018, c’était en Allemagne, j’y suis allée.
J’y ai rencontré beaucoup de psychologues, de thérapeutes, mais également des personnes simplement intéressées par la psychologie adlérienne pour des raisons variées, et, bien sûr, énormément de personnes impliquées dans l’éducation, dont mes collègues de l’association de discipline positive.

Ca a été une semaine riche et intense. Intense en terme de cours et de conférences, de notions apprises ou revues, de réflexions. Une richesse dans les rencontres, dans les échanges…
Une semaine qui m’a permis, une fois de plus, d’avancer, intérieurement et extérieurement.

J’espère pouvoir y retourner l’année prochaine…

Maman et animatrice d’ateliers !

Je ne pourrais conclure cette présentation de mes formations sans spécifier que ce qui me permet également d’avoir confiance en ce que j’ai appris et en ce que je transmets, c’est mon expérience réelle.

D’abord, je suis maman, de 4 enfants d’âges bien différents (puisque l’ainé et le dernier ont 11 ans de différence), ce qui me permet de mettre plein de choses différentes en action chez moi. Etre maman est un défi au quotidien. Certaines choses nous paraissent faciles en théorie, mais en pratique, beaucoup ne le sont pas. Notre implication émotionnelle nous rend les choses plus complexes, toujours.

C’est seulement en essayant, en nous trompant, en ré-adaptant, en recommençant, que nous arrivons enfin à progresser. Accepter que nous ne sommes pas parfaits, mais chercher à ajouter des cordes à notre arc, sans cesse. Et se rendre compte un jour que, soit, on n’est pas arrivé, mais on a déjà parcouru un bon bout de chemin !

Au cours de mes ateliers, j’ai eu l’occasion déjà d’aider bien des mamans en difficulté. De me rendre compte que ce que j’avais su développer pour notre famille pouvait réellement en aider d’autres.

Les commentaires et recommandations qui suivent mes ateliers ne me permettent plus de douter. Je sais ce que je fais, et je le fais bien. Ce qui tombe bien, parce que j’adore ça !!

La grammaire des émotions – une formation Filliozat

La grammaire des émotions est une formation de l’école Filliozat.

Lorsque j’ai décidé de d’accompagner les parents, je me suis demandé quelles formations existaient, et j’ai découvert l’EIREM, l’Ecole des Intelligences Relationnelle et Emotionnelle, créée par Isabelle Filliozat.

Je ne pouvais envisager de suivre leur formation de coach en vivant à Puerto Rico, mais je me suis d’office inscrite à une formation de 3 jours intitulée “La grammaire des émotions”, que j’ai suivie en juin 2016.
(oui, j’ai mis beaucoup de temps à écrire cet article !)

Cette formation permet de mieux comprendre nos émotions, nos réactions, savoir si nos réactions peuvent être reçues, comment décoder celles des autres, ce que sont les réactions émotionnelles excessives, développer son savoir-faire relationnel.
Nul doute que cela m’aiderait dans mes relations aux autres parents, autant que pour moi-même !!

En préalable de ce stage, nous devions lire Que se passe-t-il en moi ? , et, si le thème vous intéresse, cela peut déjà vous en apprendre pas mal !

A posteriori, et si longtemps après, je peux surtout vous dire que cela m’aide en tant que maman : avant de pouvoir accompagner nos enfants, il faut d’abord se connaitre soi-même, il faut savoir s’écouter, se comprendre, et ce travail est également très difficile.

J’ai eu la chance de croiser Isabelle Filliozat au festival d’Autun en juillet 2017, et de lui en parler. J’avais apporté mon livret de formation de “la grammaire des émotions”, et elle me l’a dédicacé d’un mot qui va dans ce sens, écrivant :

“A Coralie
Pour mieux écouter et surtout entendre nos enfants, nous avons besoin de faire de la place à l’intérieur de nous ! Apprendre à écouter l’enfant que nous étions, redécouvrir l’intensité de nos émotions, mesurer la complexité de nos sentiments d’enfant, tout cela nous permet d’être présent à ces êtres qui nous sont si chers, nos enfants !
Isabelle”

Mes articles ne remplaceront jamais les expériences de la formation, les échanges, la bienveillance du groupe qui nous a permis de vraiment vivre ce qui nous était expliqué à travers de différents exercices, de différentes “expérimentations émotionnelles”… mais il permettra de parcourir certaines des notions vues, et de s’en approcher.

La formation étant longue est riche, je vous partagerai ce que j’en ai retenu par bouts.

Libre à vous d’aller consulter les articles s’y rapportant !

1ère partie : Sensation, sentiment, émotion – quelle différence ?

Il règne souvent une grande confusion entre ces termes, qui désignent pourtant des concepts différents. Les distinguer n’est pas forcément nécessaire, mais je trouve ça intéressant. Et cette formation m’a appris à le faire.

Dans cet article spécifique, vous apprendrez donc à :

  • Faire la différence entre sensation, sentiment, et émotion
  • Identifier le lien entre sentiment et émotion
  • Comprendre les raisons d’être des émotions

Lien vers l’article : sensation, sentiment, émotion – quelle différence ?

 

2ème partie : les réactions émotionnelles parasites

Décoder les émotions n’est pas chose aisée. D’autant moins qu’une bonne partie de ces émotions, exprimées ou entendues, sont en fait des sentiments parasites.

Disproportionnées, ou même inappropriées, ces réactions nous déstabilisent.

Pour apprendre ce que sont ces sentiments parasites, d’où ils viennent, lire l’article s’y rapportant !

Lien vers l’article : les réactions émotionnelles parasites

3ème partie : De la blessure, au trauma, à la réparation

En attente de rédaction…

4ème partie : Dans la relation à l’autre

En attente de rédaction…

Si ce sujet vous intéresse, et que vous voulez en savoir plus sur toutes ces émotions, je vous suggère la lecture de Que se passe-t-il en moi ? d’Isabelle Filliozat

La discipline positive en classe

Dans une classe, les questions de discipline surgissent régulièrement. En tant que parent face à nos enfants, déjà, nous nous sentons régulièrement débordés. Alors, qu’advient-il aux instits et aux profs qui se retrouvent face à 30 élèves d’un coup ? Peut-on aborder avec eux la question de discipline positive en classe ?

Pourquoi me suis-je penchée sur cette question ?

Lorsque je me suis lancée sur le chemin de la parentalité positive, c’était un cheminement tout personnel. Un nouveau mode de fonctionnement qui transformait ma famille, au fur et à mesure qu’il me changeait moi-même, en profondeur. 

Mes lectures m’ont enrichie, et ont fait évoluer ma famille. La première illumination est venue de Faber et Mazlish, mes premières idoles, puis j’ai découvert Jane Nelsen et sa discipline positive, dont je suis tombée amoureuse.

Alors, lorsque j’ai appris qu’un atelier de formation à la discipline positive avait lieu près de chez moi, je n’ai pas hésité, je me suis inscrite ! Qu’importe s’il s’agissait d’une formation de “Discipline Positive en classe”… C’est à dire conçu pour les professeurs, et autres professionnels en contact avec les enfants… J’allais de toute façon apprendre des choses intéressante, sans aucun doute.

Et je n’ai pas été déçue !! Je suis sortie de mon week-end de formation intensive très inspirée !! Emplie de nouveau de cette envie de changer le monde !

Quelle est l’idée de la discipline positive en classe ?

Pour qu’un enseignement soit réussi, il est nécessaire qu’il soit double : le contenu académique ne peut aller sans un contenu qu’on pourrait qualifier d’humain.

La discipline positive s’attache à cet enseignement humain : celui des relations, du respect de l’autre, de l’empathie, de l’auto-contrôle, de l’échange, de la réparation, etc…

Tout comme dans la famille, nous sortons de la dynamique de relation verticale où le prof impose, pour entrer dans une relation dans laquelle l’objectif est d’amener les enfants à coopérer.

Le meilleur moyen d’atteindre cet objectif sera de tenir régulièrement des réunions de classe, dans lesquelles les situations pourront être discutées. Cependant, pour que ces réunions soient productives, il s’agit d’avoir au préalable développé chez les élèves des compétences d’écoute et de respect qui seront les fondations des réunions réussies. (Exactement comme les réunions familiales finalement)

Pour atteindre cet objectif, la discipline positive propose un format dans lequel les activités sont pensées pour aider les enfants à développer les qualités nécessaires à une vie en société harmonieuse, celle-là même qui pourront permettre un apprentissage serein. (On est ici en ligne avec les idées de Céline Alvarez)

Quels sont les compétences de fondation proposées par la discipline positive en classe ?

Ces compétences sont pensées comme des briques qui serviront effectivement de fondation à la maison que nous construisons, dans laquelle se tiendront les réunions de classe.

  1. Les accords et règles de classe – à décider ensemble
  2. Les routines – à définir et à pratiquer
  3. Les rôles : pour un travail qui ait un sens
  4. L’auto-régulation
  5. Les compétences en communication
  6. Le respect mutuel
  7. Générer la coopération
  8. Les erreurs et comment les corriger
  9. L’encouragement
  10. Respecter les différences
  11. Obtenir un consensus pour les réunions de classe

Une fois tous ces thème couverts, nous pourrons commencer à mettre en place des réunions de classe.
Celles-ci, dans un premier temps, serviront principalement à couvrir les habiletés essentielles à des résolutions de conflits réussies :

  1. Former un cercle
  2. Pratiquer les compliments et remerciements
  3. Respecter les différences
  4. Communiquer respectueusement
  5. Se concentrer sur les solutions
  6. Brainstorming et Jeux de rôles
  7. Utiliser l’agenda et le format des réunions
  8. Utiliser et comprendre les objectifs mirages

En effet, ce n’est que lorsque les enfants pourront s’écouter respectueusement et qu’ils pourront se concentrer sur les solutions, tout en sachant lancer des idées et faire des jeux de rôles que les réunions de classe pourront prendre leur forme définitive.

Et cette forme, enfin, participera à faire de la classe un lieu d’harmonie !

Un travail de longue haleine

Certes, lorsque je liste toutes ces étapes, cela semble long… Cependant, tout comme nous l’observons en tant que parent, cette démarche est un processus continu. Chacune de ces étapes fait progresser les choses. L’ambiance de la classe change au fur et à mesure de ce cheminement, même avant les réunions de classe !

Ainsi, lorsque les élèves travaillent les routines, ces dites routines sont apaisées, et le nombre de conflits décroit. Lorsque les élèves apprennent l’auto-régulation, les maitresses ont moins besoin de “faire la police”, et cela laisse plus de temps à l’apprentissage. Et ainsi de suite.

Et pour moi ??

Cette formation de discipline positive en classe, non prévue, m’a tellement inspirée que j’ai voulu la mettre en pratique. (Ce qui ne m’empêche pas de poursuivre en parallèle celle qui me permettra d’aider encore plus les parents également).
Je me suis rapprochée de l’école de mes enfants, et après plusieurs réunions, j’ai eu le feu vert !

Cela fait donc quelques semaines que j’ai commencé mes interventions en classe, au niveau CE1, à titre de pilote. J’adore ce que je fais, tout en étant très frustrée du peu de temps que l’on peut m’accorder. J’espère que ce peu de temps sera suffisant pour avoir un effet. Je sais cependant que cela dépendra aussi de l’attitude des maitresses. Il va donc falloir que je passe également plus de temps avec elles, pour les aider à évoluer dans la relation à l’élève. Comme vous, je le sais d’expérience, ce n’est pas facile de rompre les schémas reçus…

Mais je suis pleine d’enthousiasme et d’énergie, heureuse de contribuer à rendre ce monde meilleur !

(Et puis, en attendant, j’ai déjà mis des choses en pratique chez moi – comme la roue des options – , alors j’ai de toute façon tout à y gagner !)