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Une petite anecdote de cet été, qui met en valeur le fait d’enseigner à nos enfants à être en charge d’eux-mêmes.
Nous nous baladions le long d’un canal, dont la rive opposée n’était pas loin, mais pentue.

Oscar (14 ans depuis quelques jours) s’imagine sauter au dessus, se rattraper comme un chef, puis trouver un endroit pour retraverser (alors que plus de place pour prendre son élan…) plus loin, et franchir le canal comme un héros !
Je souris juste.

Il me demande :
“Mais… Tu ne me l’interdis pas ?
– Ben non, c’est à toi de savoir si tu peux le faire ou pas
– Mais… Mince, je suis dégouté !”

Je réalise que c’était confortable pour lui de s’imaginer le faire, sans en prendre le risque, tout en pensant que s’il ne le faisait pas, c’était parce que sa maman le lui interdisait, pas parce qu’il s’y refusait seul…
“Mon grand, un jour, il va falloir que tu prennes le volant, tu dois pouvoir évaluer le risque seul, et savoir prendre la bonne décision, que je sois là ou pas !”
Je le vois qui hésite, qui observe, me regarde plein d’espoir, pèse le pour et le contre… puis saute ! Il arrive tant bien que mal à s’accrocher, sans tomber dans le petit canal (assez peu profond de toute façon, on n’est pas dans un grand risque…) Puis, de l’autre côté, il cherche où retraverser… En vain.
Son père et moi l’observons, Nico commence à lui donner des conseils : “Tu devrais descendre le plus possible.” C’est aussi ce que je pense mais je glisse à Nico : “Laisse-le trouver sa propre solution.”
Et voilà qu’Oscar sort un grand tronc d’arbre, se constitue une sorte de pont, le teste, le consolide avec une autre branche… et traverse, ne mouillant qu’une chaussure !
Sa main est écorchée, mais il a testé et trouvé sa limite !

Chapitre intéressant, où l’auteur raconte une session avec les enfants, enfin, les ados.

Elle a décidé, pour mieux les comprendre, de leur poser des questions ciblées, auxquelles ils devaient répondre par écrit. Des questions sur l’avantage d’avoir leur âge, leurs inquiétudes, l’utilité de ce que font leurs parents pour eux, ou ce qui au contraire ne l’est pas, des conseils à donner à leurs parents, ou à d’autres ados…

Ca m’a bien sûr fait réfléchir à notre cas.

Nous essayons d’avoir une relation ouverte avec notre ado, de pouvoir parler de tout, et surtout qu’il sache qu’il peut nous parler de tout, mais le connaissons-nous suffisamment pour savoir ce qu’il répondrait aux questions soulevées ici ?
Je vais me contenter de recopier la liste de ces questions, à chacun de discuter avec son ado…

Quand les gens font un commentaire du genre “Eh oui, c’est un ado !”, que veulent-ils dire, selon vous ?
Quel est, selon vous, le principal avantage d’avoir votre âge – pour vous ou pour vos amis ?
Nommez quelques-unes des inquiétudes des jeunes de votre âge.
Est-ce que vos parents disent ou font des choses qui vous sont utiles ?
Est-ce que vos parents disent ou font des choses qui ne vous sont pas utiles ?
So vous aviez un conseil à donner aux parents, que leur diriez-vous ?
Si vous aviez un conseil à donner aux autres ados, que leur diriez-vous ?
Que souhaiterais-tu voir changer dans ta vie – à la maison, à l’école, ou avec tes amis ?

 

La fin du livre s’adresse aux ados eux-mêmes, à la façon de communiquer entre eux, avec leurs parents.
Essayer de rester respectueux, éviter les insultes….
Puis le dernier chapitre encourage les parents à saisir les opportunités qui se présentent de parler des sujets délicats, type drogue ou sexualité.. De façon spontanée et décontractée au détour d’une nouvelle entendue par exemple, plutôt qu’en lançant de grandes conversations.

 

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Dans Parler pour que les enfants écoutent…, cette méthode est décrite en fin du chapitre 3 sur les alternatives aux punitions.

Ici, c’est un chapitre à part entière, ce que je trouve bien parce que ça vaut vraiment le coup de s’y attarder. C’est assez logique que ça prenne plus de place dans le livre concernant plus spécifiquement les ados, parce que, si cette méthode peut fonctionner avec les petits, elle devient carrément nécessaire quand on parle d’ado. Pourquoi ? Parce que s’ils ne veulent pas coopérer, ils ne coopéreront pas. Point. La période du “parce que je te le dis” est révolue, et je pense fondamentalement qu’adopter cette attitude face à un ado aura pour seul effet de l’éloigner de nous.

Ainsi, il faut qu’il se sente impliqué, engagé, dans la résolution du problème, quel qu’il soit.

En première approche, on peut penser que ça prend plus de temps, mais à plus long terme, autant faire en sorte que l’ado fasse partie de l’équipe dès le début, sinon la résolution rapide du problème n’en est pas une, et on a bien perdu du temps en le faisant trop vite.

D’où le titre du chapitre : “Trouver une solution, ENSEMBLE”

Il s’agit de faire face à la situation qui pose problème (heure de coucher non respectée, attitude face à son frère, rangement, quoi que ce soit) en plusieurs étapes

1- Ecouter le point de vue de l’ado
Pour participer à la suite, il faut tout d’abord que l’ado se sente écouté, sinon, ce n’est même pas la peine de continuer.

2- Exprimer son point de vue
A l’inverse, il s’agit de lui enseigner à voir la position de l’autre, et comprendre pourquoi la situation constitue un problème pour nous. Ca l’aidera à réfléchir dans la suite du processus.

3- Brainstorming
On réfléchit ENSEMBLE et on note toutes les idées qu’on a, bonnes ou mauvaises, sans jugement.

4- Choix de la solution
On relit la liste, et on choisit ce qui pourrait être mis en application pour répondre au besoin de chacun.

Ensuite, il ne faudra pas oublier la dernière étape en différé :

5- Vérifier que les 2 parties continuent à respecter l’accord conclu.

Parfois, on est tenté d’oublier cette dernière étape, mais je crois qu’elle a son importance. Parce qu’on a tendance à dériver peu à peu de ce qui a été décidé, ou juste parce qu’il est bon de réaliser que ça marche bien, ce qui démontre que l’exercice valait la peine !

 

Depuis que j’ai écrit cet article, j’ai eu l’occasion de me rendre compte à quel point cette méthode d’implication du jeune dans la résolution du problème était puissante, et, si je n’ai pas écrit toutes les occasions où j’ai eu l’occasion de m’en servir, j’ai finalement fait un article sur le cas où je m’en suis servie pour une amie !!

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La punition… Sujet de controverse.
Passer de la punition à la conséquence, pour certains, c’est seulement de la sémantique. Mais quand on approfondit un peu le sujet, on se rend compte que ça ne l’est pas du tout.
Nous avions déjà abordé cette question dans Parler pour que les enfants… au chapitre 3 sur les punitions.

Cette fois, on parle plus spécifiquement de l’ado, mais le principe est le même.

Le message n’est pas “Je détiens tout pouvoir sur toi.” (Message envoyé lorsqu’on punit, surtout un ado), mais bien : “Je suis de ton côté, réhaussons le niveau.”
En communiquant autrement, on donne la responsabilité à l’enfant. Un message plus fort pour éviter la récidive, sans pour autant faire passer le message que c’est une mauvaise personne. Toujours rester respectueux.
C’est plus difficile que de punir l’enfant, mais mieux pour l’obliger à assumer ses responsabilités. Parce qu’en punissant, on lui permet d’ignorer son méfait et de se focaliser sur son ressentiment contre nous. En fait, ça le prive de son travail de prise de responsabilité.
Ainsi, en punissant, on peut mettre fin au comportement, mais on empêche les enfants de s’auto-corriger.

Pourquoi est-il si difficile de changer nos punitions en conséquences ? Parce qu’il est des situations pour lesquelles il n’y a pas de conséquence. Alors, le parent est frustré de ne pouvoir réellement réagir…
Mais est-il besoin de réagir ? Le seul fait de voir le résultat de ses actions est parfois suffisant…
Dans tous les cas, les étapes importantes sont :
Exprimer ses sentiments
Exprimer ses attentes
Indiquer une façon de réparer
Donner un choix
Prendre des mesures

Et si cela ne suffit pas, ou si la situation se répète,  passer à la phase de résolution de problème (déjà abordée dans Parler pour que les enfants…, mais approfondie dans le contexte de l’adolescence dans le chapitre suivant de ce livre.)

 

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Nous sommes ici proches du concept de Comment susciter la coopération, vu dans Parler pour que les enfants écoutent…

A la lecture du livre, et de tout ce que certains parents vérifient auprès de leur ado, je note que nous ne vérifions PAS :
Qu’il petit-déjeune bien
Qu’il fasse ses devoirs
Qu’il change ses vêtements
Qu’il n’oublie pas ses affaires pour l’école
Qu’il travaille son piano
A quelle heure il se couche

Mais nous vérifions :
Qu’il ne provoque pas de dispute avec sa soeur
Qu’il ne sorte pas sans nous dire où
Qu’il range ses affaires qui trainent
Qu’il ne passe pas trop de temps sur son ordi

 

Dans ce chapitre, on nous suggère de modifier un peu notre approche :

Plutôt que de vérifier et d’être en mode contrôle, communiquer avec les mêmes techniques que celles présentées dans le chapitre sur la coopération de Parler… complétées de quelques autres qui ne sont pas plus nouvelles, mais qu’il est bon de revoir, et de se mettre enfin à appliquer !

1- Plutôt que de donner des ordres (“Repose cette part de pizza !”), décrire le problème (“C’est une petite pizza, il y a seulement une part par personne.”)
2- Au lieu d’attaquer l’ado (“On ne peut pas compter sur toi !”), décrire ce que l’on ressent (“Je suis déçu, je pensais que tu aurais fait ça avant mon retour..” -noter au passage le message Je, et non “tu me déçois”)
3- Au lieu de blâmer (“Regarde ce que tu as fait avec mon pull !”), donner des informations (“C’est une bonne idée de vérifier l’étiquette avant de mettre du linge à laver.”)
4- Au lieu de menacer, ou de donner des ordres, encore, (“Il n’est pas question que tu portes ça au restaurant ! Si tu ne te changes pas, tu restes à la maison !”), donner le choix (“Nous allons dans un restaurant chic. Tu peux porter une chemise non déchirée, ou cacher celle que tu portes sous un pull.”)
5- Au lieu d’un long discours (“Combien de fois t’ai-je dit de ne pas mettre ton sac sur le plan de travail ?”), le dire en un mot (“Lise, ton sac.”)
6- Au lieu de signaler ce qui ne va pas (“Tu es méchante avec ta sœur, tu n’arrêtes pas de la critiquer .”), exposer nos valeurs et attentes (“Je n’aime pas qu’on dénigre les gens dans notre famille. S’il y a quelque chose qui selon toi peut être utile à ta sœur, alors je m’attends à ce que tu lui en parles d’une manière qui ne soit pas blessante.”)
7- Au lieu de réprimander avec colère, réagir de façon inattendue. (On en revient à l’humour, dont on a parlé dans Parents épanouis…)
8- Au lieu de harceler, le mettre par écrit.

 

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Le premier chapitre reprend bien ce que disait le livre initial : il est important d’accueillir et de valider les sentiments de l’enfant pour ouvrir la discussion.

Un principe déjà vu donc dans le premier chapitre de Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent.., et dont on a également parlé dans Parents épanouis, enfants épanouis.

Pour rappel, les différentes techniques :

Ecouter avec attention
Décrire les pensées et sentiments
Accueillir les sentiments d’un mot
Concéder dans l’imaginaire

Parfois, particulièrement dans le cas de l’ado, il faudra peut-être accueillir tout en redirigeant le comportement, rappeler les valeurs fondamentales.

Les adolescents vivent une transition difficile, et il peut être naturel de vouloir écarter les sentiments pénibles. C’est pourtant notre écoute qui peut les aider.

Essayons donc de mettre en mots ce que l’on croit que notre ado ressent.

On peut aussi partager nos opinions, mais il y a un temps pour tout, il faut d’abord faire savoir à notre enfant qu’il a été entendu.

Je me contenterai ici d’un exemple du livre, qui, contre toute attente, m’a aidée plus tard dans une situation similaire
Face à son fils qui se rend compte qu’il a devoir à rendre le lendemain, la mère fait des commentaires du type “Ne me dis pas que tu ne l’as pas terminé !  – Voilà ce qui arrive quand on s’y prend trop tard !”, et l’ado se referme complètement… A la place, un autre scénario est envisagé : celui où la mère ne fait qu’accueillir les sentiments d’un mot, et l’ado brode et commente qu’il aurait dû s’y prendre plus tôt…

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(Note : cliquer ici pour voir les autres livres de ma bibliothèque)

parler-ados  Ce livre est une suite logique de Parler aux enfants pour qu’ils écoutent, les écouter pour qu’ils parlentavec pour logique de se focaliser plus sur l’adolescent, logique qui suit ce qui a été demandé à Faber et Mazlish (les auteurs) lors d’ateliers avec des parents d’ados.

 

Ce sont les mêmes compétences de base qui sont proposées (surtout dans les premiers chapitres) mais avec des exemples et des parties plus développées propres à l’adolescence.

J’ai trouvé que c’était une bonne façon d’ouvrir un peu nos horizons et l’application de nos outils aux plus grands.

 

Chapitre 1 : La prise en compte des sentiments

Chapitre 2 : Nous continuons de vérifier (~susciter la cooperation)

Chapitre 3 : Punir ou éviter la punition

Chapitre 4 : Trouver une solution, ensemble

Chapitre 5 : A la rencontre des jeunes

Chapitre 6 : Les sentiments, les amis, et la famille

Chapitre 7 : Parents et ados ensemble

Chapitre 8 : Traiter des drogues et de la sexualité

(Pas d’article fait sur les chapitres 6 à 8)