Dans “Il me cherche !”Isabelle Filliozat fait une remarque par rapport à nos échanges avec nos enfants : Parfois, nous cherchons à les faire parler d’eux, sans vraiment y parvenir.
“Comment ça s’est passé ?” reçoit la réponse “bien”.  C’est laconique pour le moins !
Il existe bien des manières d’ouvrir autrement la conversation pour un meilleur résultat, mais ce qui m’interesse ici, c’est l’idee qu’on encourage mieux son enfant en partageant ce qu’on a soi-même vécu. On peut prendre l’initiative de créer l’intimité !

Je l’ai constaté de première main :
Hier soir, nous sommes allés au restaurant avec nos 2 grands (14 et 9 ans), et Nicolas a dit avec un grand sourire (et sans même avoir lu ce livre) “Aujourd’hui, on a enfin envoyé une première version du budget au siège !” Ça ne leur parlait pas, ils ne savaient pas qu’il était question d’envoyer un budget, mais ils étaient contents de voir leur père content, et ont tout de suite enchaîné avec des anecdotes de leur journée !

Une expérience intéressante racontée par Isabelle Filliozat dans “Il me cherche !”.
On fait faire à des fillettes de 7 à 12 ans des exercices de maths devant des adultes inconnus.
Effet immédiat : sécrétion de cortisone, hormone du stress.
Après ça, elles sont divisées en 3 groupes :
Les filles du premier retrouvent les mamans, qui les rassurent en les prenant dans leurs bras.
Celles du 2e parlent avec leur maman au téléphone.
Celles du 3e vont voir un film très tranquille.
Résultat : les filles des 2 premiers groupes ont eu une réponse hormonale de production d’ocytocine, dont la durée s’est étendue sur plusieurs jours. Chez les filles du dernier groupe, en revanche, nulle trace d’ocytocine n’a été décelée…
Ainsi, un contact avec sa mère, même par téléphone, permet à l’enfant de se sentir mieux. Une idée à garder en tête quand on est séparé pour quelques jours et qu’on s’interroge sur le fait de téléphoner ou non !

Question numéro 6 des 7 questions à se poser dans Au coeur des émotions de l’enfant.

Ah… La notion de perspective…
Quand les enfants font des… Peut-on encore dire bêtises ? Je me souviens que Pamela Druckerman (je conseille la lecture de Bébé made in France) aimait bien ce mot-là ! Enfin, quand ils font quelque chose qui pourrait facilement nous mettre en rogne (casser la lampe, faire pipi à côté des toilettes, que sais-je ?), une bonne question à se poser est :

Qu’est-ce qui est le plus précieux pour moi ?

Parce que la réponse à cette question sera probablement : ma relation avec mon enfant, l’assurance de mon amour pour lui/elle.
Et nous éviterons alors de réagir trop agressivement !
Il n’est pas question de ne pas leur dire que l’on n’est pas content, mais de rester dans une relation de respect. Bon sang… Ce que c’est dur.. Tellement à l’encontre de ce qu’on nous a appris…
Je trouve cette question particulièrement appropriée dans le cas où on se sent honteux du comportement de notre enfant devant les autres (La honte… Difficile de l’exprimer ! Ça, ça nous renvoie à la grammaire des émotions !).

Quand on ressent de la honte, il est difficile de ne pas se comporter différemment – et par différemment je veux dire plus sévèrement – en sentant le regard des autres, mais recentrons-nous sur le principal, le plus précieux : la relation avec notre enfant, en ligne avec les choix éducatifs que nous avons faits.

 

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Ce n’est pas la première fois que je lis ça, c’était même dans la liste résumé du chapitre 2  de Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, mais je le renote parce que moi qui parle toujours trop, j’ai vraiment du mal à l’appliquer : souvent, un mot suffit !
L’enfant sait déjà de quoi nous parlons. Il n’est nul besoin de rappeler que “Tes chaussures sont toujours dans ma chambre.” (Notons cependant au passage que je suis déjà dans une étape de description, pas mal, j’en profite pour me féliciter de mes compétences…), un simple “tes chaussures” devrait suffire…

Rq : Cette technique simple est celle qui s’est révélée la plus efficace pour les parents de mon premier cycle d’atelier

On a déjà parlé, dans ce même livre “J’ai tout essayé !”, du piège de la négation.
Et nous sommes encore dans une thématique proche : le message qui donne le cadre des autorisations est toujours plus efficace que celui qui interdit.
Ainsi, on choisira “Ici, on parle doucement” plutôt que “Ici, on ne crie pas”
(Tiens, il faudrait que je trouve une autre formulation que “on ne tape pas” pour Anatole…)
Ou bien, dans le cas de la photo, où je suis bien obligée d lui expliquer qu’on ne doit pas toucher, je focalise quand même sur le positive, ce qu’on faire : “on peut montrer avec le doigt sans toucher”
C’est fou comme la positivité peut se glisser partout… Dans des détails… Des subtilités de langage qui changent tout, et j’ai eu l’occasion de le constater, même avec les enfants des autres

Et j’ai noté que cette démarche correspondait bien à une évolution générale la dernière fois que j’étais à l’aéroport !

 

Question numéro 5 des 7 questions à se poser dans Au coeur des émotions de l’enfant.

Dans tous ces livres, on parle beaucoup de l’acception des sentiments de l’enfant, on parle de comprendre les motivations de leurs comportements, on parle d’observation des symptômes, de remplir leur réservoir d’amour…
De belles idées, mais, comme je l’écrivais déjà dans quel est son vécu ?, arrive le moment où on a aussi envie que nos propres besoins soient entendus !!

C’est pour ça que j’ai l’impression que ce chapitre-là est écrit pour moi…
Les enfants ont des comportements d’enfant… “Être Parent, écrit Isabelle Filliozat, c’est accepter  de mettre de côté pour un temps nos besoins propres pour satisfaire ceux de ces êtres vulnérables. Mais ce n’est ni simple ni facile.”

Etre Parent est une occupation à plein temps

L’auteure écrit même : “C’est reposant d’aller au bureau, on y est reconnu, considéré, … On peut souffler un peu. […] Les mères au foyer n’ont pas cet espace pour s’évader et se ressourcer.”
Je ne suis pas tout à fait dans ce cas, puisque je ne suis pas à temps plein avec les enfants, qui sont à l’école jusqu’à 14h45,  mais il est certain que je manque de reconnaissance…
“Si nous ne reconnaissons pas nos besoins, […] il est probable que nous aurons du mal à donner à nos enfants ce dont ils ont besoin. C’est donc un devoir parental que d’écouter et de reconnaître ses propres besoins.
Bien dit.
On arrive alors à la clef de tout.
Dans le cas de conflit de besoins, Isabelle Filliozat affirme que la compétition n’est pas notre seule option, et nous suggère la coopération, toujours plus efficace à long terme.

Exemple : “Je désire boire mon thé en paix, comment peux-tu faire pour protéger mon temps de petit-déjeuner ?”
Est-ce que ça marcherait déjà avec Anatole (2 ans et demi) ??

En tout cas, je retiens cette phrase :
Écouter ses propres besoins n’est pas se comporter en égoïste.
Cela rejoint d’ailleurs ce que j’ai lu dans Parents respectueux, enfants respectueux sur les besoins des parents.

Et en parallèle quand même : reconnaissons les besoins de l’enfant, et apprenons à supporter davantage.
J’ai encore du chemin à faire. Je progresse, je commence à savoir reconnaître mes besoins. Mais je ne sais pas toujours bien fixer les limites. (Cela dit, depuis que j’accepte de prendre du temps pour moi, ça m’aide !)

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Dans la partie “Quel message ai-je envie de lui transmettre ?” des 7 questions à se poser pour faire face à presque toutes les situations, l’auteure tombe en plein dans un cas très similaire à celui auquel nous avons fait face la semaine dernière.

Elle raconte l’histoire d’un petit garçon qui dessine un terrain de foot sur sa belle moquette verte toute neuve.
Deux types de réponse possibles :
“Tu es créatif, tu as des idées originales, il serait intéressant pour toi de trouver un matériau adéquat pour leur donner libre cours.”
Ou
“Tu es fou ! Tu n’as aucune conscience ! Ce que tu fais est sale !”

Évidemment, en suivant notre réaction naturelle, quand Léon, la semaine dernière, a coupé les filets du lit pliant pour faire une porte et une fenêtre, nous sommes plutôt tombés, pas avec les mêmes mots, mais quand même, dans le deuxième type de message… Et pourtant, entre nous (et avec les parents de la petite fille qu’il avait attirée dans le coup), nous avons bien jugé que c’était créatif… Mais cette partie-là du message est complètement passée à la trappe face à lui. Pourquoi ?

Comme quoi, on oublie vite ce qu’on lit, parce que j’avais déjà lu ce chapitre auparavant…
Alors, j’essayerai d’y penser la prochaine fois : quel message ai-je envie de lui transmettre ?

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Je relis le début de Au coeur des émotions de l’enfant, et je trouve intéressant de me noter la construction d’une des premières idées :

7 questions à garder en mémoire
qui permettent de faire face à bien des situations…
Certaines de ces questions méritent qu’on s’y attarde plus (j’avais d’ailleurs déjà écrit un article sur la première), il suffit dans ce cas de suivre le lien…

Quel est son vécu ?
Que dit-il ?
Quel message ai-je envie de lui transmettre ?
Pourquoi je dis cela ?
Mes besoins sont-ils en compétition avec ceux de mes enfants ?
Qu’est-ce qui est le plus précieux pour moi ?
Quel est mon objectif ?

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A la relecture de “Il me cherche !”, je note que la majeure partie des premières situations tournent autour du réservoir d’amour de l’enfant.

De façon simple, l’enfant, comme tout le monde, a besoin de se sentir bien.
Quand il vit une situation de stress, il l’exprime comme il le peut, souvent mal :
en criant, en râlant, en s’énervant…
et il a besoin qu’on lui montre notre amour.
Un contact physique produit de l’ocytocine, qui aide à mieux se sentir.
Un regard, une écoute, du temps partagé…
L’enfant qui ne reçoit pas ce dont il a besoin peut trouver une solution de retrait pour se protéger :
refuser le contact physique, s’isoler dans sa chambre…

Donc, donnons de l’amour à nos enfants, montrons-leur qu’on les aime. Ce n’est malheureusement pas suffisant, mais quand même, ça aide !

Il est rare que l’on exprime clairement ce qu’on ressent.
Parfois, c’est pour ne pas blesser l’autre, parfois, c’est une norme sociale.
L’enfant nous regarde et comprend qu’il ne faut pas.
Il ne faut pas avoir envie que disparaisse ce petit frère qui prend tant de temps à sa maman, il ne faut pas avoir envie de taper le copain qui lui a pris son jouet…

Pourtant, tous ces sentiments sont valables. Il est bien sûr fondamental en revanche de faire la différence entre l’envie et la réalisation de cette envie.
Les sentiments sont valides rien que parce qu’ils sont, comme on l’a déjà dit dans Parents épanouis, enfants épanouis. (chapitre 2 : leurs sentiments sont bien réels)
Dans Au cœur des émotions de l’enfant, Isabelle Filliozat revient sur ce point. Empêcher l’enfant de ressentir, c’est brimer sa confiance en soi, son estime : il a tort de ressentir ce qu’il ressent, il doit le réprimer, il est mauvais…
Non, expliquons-lui au contraire qu’il est normal de ressentir : “Tu dois être triste qu’elle te dise ça  !”, on peut même lui montrer qu’on l’accepte avec ses sentiments : “Je comprends que tu sois en colère et je t’aime tout pareil.” (Citation Isabelle Filliozat)

 

Ce matin justement, on en parlait avec Léon (4 ans). Nous traversons une période où son petit frère (2 ans) ne cesse de le taper. Je sais que ça passera, mais en attendant… Pfff… Disons que j’ai hâte que ça passe !
En tout cas, je parlais avec Léon, lui commentant justement qu’on avait hâte qu’Anatole apprenne à ne plus taper, et il m’a fait cette réflexion si juste : “Moi aussi parfois j’ai envie de le taper. Mais je ne le fais pas.” Je suis ravie de constater que cette différence est claire pour lui !
Quant à l’expression de ses sentiments, parfois il dit aussi : “J’ai envie de jeter Anatole dans un volcan !” Le message est clair…