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Ce n’est pas la première fois que je lis ça, c’était même dans la liste résumé du chapitre 2  de Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, mais je le renote parce que moi qui parle toujours trop, j’ai vraiment du mal à l’appliquer : souvent, un mot suffit !
L’enfant sait déjà de quoi nous parlons. Il n’est nul besoin de rappeler que “Tes chaussures sont toujours dans ma chambre.” (Notons cependant au passage que je suis déjà dans une étape de description, pas mal, j’en profite pour me féliciter de mes compétences…), un simple “tes chaussures” devrait suffire…

Rq : Cette technique simple est celle qui s’est révélée la plus efficace pour les parents de mon premier cycle d’atelier

Nous sommes ici proches du concept de Comment susciter la coopération, vu dans Parler pour que les enfants écoutent…

A la lecture du livre, et de tout ce que certains parents vérifient auprès de leur ado, je note que nous ne vérifions PAS :
Qu’il petit-déjeune bien
Qu’il fasse ses devoirs
Qu’il change ses vêtements
Qu’il n’oublie pas ses affaires pour l’école
Qu’il travaille son piano
A quelle heure il se couche

Mais nous vérifions :
Qu’il ne provoque pas de dispute avec sa soeur
Qu’il ne sorte pas sans nous dire où
Qu’il range ses affaires qui trainent
Qu’il ne passe pas trop de temps sur son ordi

 

Dans ce chapitre, on nous suggère de modifier un peu notre approche :

Plutôt que de vérifier et d’être en mode contrôle, communiquer avec les mêmes techniques que celles présentées dans le chapitre sur la coopération de Parler… complétées de quelques autres qui ne sont pas plus nouvelles, mais qu’il est bon de revoir, et de se mettre enfin à appliquer !

1- Plutôt que de donner des ordres (“Repose cette part de pizza !”), décrire le problème (“C’est une petite pizza, il y a seulement une part par personne.”)
2- Au lieu d’attaquer l’ado (“On ne peut pas compter sur toi !”), décrire ce que l’on ressent (“Je suis déçu, je pensais que tu aurais fait ça avant mon retour..” -noter au passage le message Je, et non “tu me déçois”)
3- Au lieu de blâmer (“Regarde ce que tu as fait avec mon pull !”), donner des informations (“C’est une bonne idée de vérifier l’étiquette avant de mettre du linge à laver.”)
4- Au lieu de menacer, ou de donner des ordres, encore, (“Il n’est pas question que tu portes ça au restaurant ! Si tu ne te changes pas, tu restes à la maison !”), donner le choix (“Nous allons dans un restaurant chic. Tu peux porter une chemise non déchirée, ou cacher celle que tu portes sous un pull.”)
5- Au lieu d’un long discours (“Combien de fois t’ai-je dit de ne pas mettre ton sac sur le plan de travail ?”), le dire en un mot (“Lise, ton sac.”)
6- Au lieu de signaler ce qui ne va pas (“Tu es méchante avec ta sœur, tu n’arrêtes pas de la critiquer .”), exposer nos valeurs et attentes (“Je n’aime pas qu’on dénigre les gens dans notre famille. S’il y a quelque chose qui selon toi peut être utile à ta sœur, alors je m’attends à ce que tu lui en parles d’une manière qui ne soit pas blessante.”)
7- Au lieu de réprimander avec colère, réagir de façon inattendue. (On en revient à l’humour, dont on a parlé dans Parents épanouis…)
8- Au lieu de harceler, le mettre par écrit.

 

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Peu après avoir lu la méthode résolution de problème récurrent, à la fin du chapitre 3 de Parler pour que les enfants écoutent.., j’ai décidé de mettre cette méthode en pratique avec Léon, 3 ans, qui réveillait son petit frère Anatole tous les matins, pour jouer un peu avec lui, puis l’abandonner dans son petit lit, pleurant, de sorte qu’on se réveillait également…

On a d’abord parlé de la situation, des raisons pour lesquelles il réveillait son frère, puis de celles pour lesquelles ça nous embêtait nous, puis on a sorti un papier, pour noter toutes les idées de ce qu’on pourrait faire le matin.

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Aller dans le salon et rester dans le salon
Rester dans la chambre
Préparer des activités calmes le soir
Préparer une petite boîte / un petit sachet de céréales
Ne pas retourner dans la chambre
Jouer avec Anatole doucement
Cahier pour écrire
Faire des rails avec Anatole
Piscine – pas le matin. parc non plus
Sortir de la chambre à pas de loup
Faire des rails tout seul
On ne peut pas aller au parc le matin
On ne peut pas aller dans l’ascenseur tout seul

 

Ensuite, on a repris ces idées, et plein d’autres, et on a rangé ça en 2 catégories :

Ce qu’on a le droit de faire le matin tout seul

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Dessiner
Manger des céréales
Faire des légos
Jouer aux formes
Faire les mots avec les modèles
Allumer la lumière dans le salon
Se reposer sur le canapé
Jouer au train
Faire le ruban serpent
Regarder des livres

 

Ce qu’on ne peut pas faire le matin tout seul !

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Sortir le chocolat
Retourner dans la chambre
Allumer la lumière dans la chambre
Aller sur le balcon
Partir par l’ascenseur
Crier
Se reposer dans la chambre
Aller chercher son doudou
Prendre les pièces de la boîte rouge
Ouvrir la porte de la chambre de papa et maman
Réveiller Oscar, ou Alice, ou Jessi (notre jeune fille au pair)

 

Et en guise de conclusion :

Quand Anatole est réveillé, on le droit

d’aller chercher ses doudous, et ses coussins, resolution-4 et ses 2 draps
d’aller dans sa chambre

Eh bien, ca a été très efficace : dès le lendemain, il a arrêté de le faire, et ce, pour plusieurs semaines !

(Dans ce chapitre, il manque une étape cruciale, qui est le retour sur le problème quelque temps plus tard, pour discuter de l’évolution des choses, savoir s’il y a re-dérive ou non.
Cette étape est spécifiée lors de l’exposé plus en détail de la méthode dans la version pour adolescents.

L’étape que j’ai du mal à suivre, c’est le suivi justement : revenir dessus pour entériner les choses. On a donc traversé des périodes de “rechute”, mais ça y est. Sur ce point en tout cas, le problème est maintenant résolu, Léon ne réveille plus Anatole, et nous dormons mieux le matin !)

(Note : cliquer ici pour voir les autres livres de ma bibliothèque)

parlerVoici le premier livre que je lis de Adèle Faber et Elaine Mazlish. how-to

En version originale : How to talk so kids will listen and listen so kids will talk

Ce n’est pas le premier qu’elles ont écrit, mais le plus célèbre.

Notre dernière année au Mexique (2013/2014), je faisais partie d’un club de lecture de parents, organisé par la psychologue de l’école, qui chaque mois nous conseillait un livre d’éducation.
Nous nous retrouvions ensuite pour en discuter.
C’était très intéressant, à ceci près qu’un livre par mois, c’était trop pour avoir le temps d’intégrer les concepts et les mettre en pratique !

 

De mon côté, j’ai raté la session de janvier, pour cause d’accouchement le 31 décembre…
Bien m’en a pris, parce que la session portait sur le livre qui a le plus plu au groupe !
Réflexion surprenante ? Non : je l’ai quand même acheté, et je savais que j’allais avoir plus de temps pour bien le lire…

Et effectivement, un changement de pays plus loin, début 2015, je me suis mise à lire Cómo hablar…

J’y ai consacré plusieurs mois, et y ai appris plein de choses !!

Mon goût pour les livres sur l’éducation était né avant, mais c’est vraiment à la lecture de celui-ci qu’il s’est affirmé !

Table des matières :
Chapitre 1 : Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments
Chapitre 2 : Susciter la coopération
Chapitre 3 : Remplacer la punition
Chapitre 4 : Encourager l’autonomie
Chapitre 5 : Utiliser les compliments
Chapitre 6 : Aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêchent de s’épanouir (ou comment décoller les étiquettes)
Chapitre 7 : Réunir toutes ces connaissances

(Pas de lien vers le chapitre 7, qui est bref et ne nécessite pas plus de prise de notes.)

Si le livre vous intéresse :

parler