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Au coeur… La peur

J’aborde ici le chapitre IV de Au coeur des émotions de l’enfant, et c’est le premier chapitre entièrement consacré à une émotion : la peur.

Nombreuses sont les peurs auxquelles peuvent faire face les enfants.
Pour les dépasser, ils vont avoir besoin d’être accompagnés. Il nous faut accepter le fait qu’affronter sa peur peut prendre du temps, ne les forçons pas.
Ce n’est pas en les jetant dans le grand bain qu’on va leur apprendre à surmonter leur peur de l’eau…

 

Doit-t-on écouter ses peurs ?

La peur, comme toute émotion, est un signal. Elle nous aide à identifier les dangers.
Nous pouvons aider l’enfant à avoir confiance en ses émotions, ce qui, nous l’avons vu (par exemple dans Parents épanouis, enfants épanouis) est fondamental.

Être courageux ne veut pas dire ne pas avoir peur, ça veut dire réussir à surmonter sa peur. Selon Isabelle filliozat, “Une peur a une raison d’être, même si cette dernière est obscure pour l’adulte”. Bien sûr, il est certaines peurs qui sont démesurés, déplacées. Ce sera à nous d’écouter l’enfant pour l’aider à les comprendre et les surmonter.

 

Les peurs les plus fréquentes

On parle entre autres des bruits forts, des contes de fées, du premier contact avec les gens, du professeur. Tant de choses importantes que j’ai décidé d’y consacrer des articles différents.

 

Les enfants aiment-ils avoir peur ?

On peut se le demander, quand on voit comme certaines sources de peurs peuvent fasciner les enfants ! Ainsi, ils reviennent fréquemment à la page du livre sur laquelle est dessiné le monstre… En fait, c’est probablement une manière de faire face à sa peur. L’enfant essaye de comprendre ce qui se passe. 

Si la peur s’installe dans la durée, on peut l’aider à l’extérioriser, en en parlant bien sûr (c’est ce que nous avons fait quand Léon avait peur du manati) ou, comme pour la colère, en l’encourageant à dessiner sa peur.
On peut aussi basculer dans l’imaginaire, (encore, je sais !) en interagissant avec l’objet de la peur : on peut danser avec le monstre, on peut s’attaquer au dragon. Ici, Isabelle Filliozat raconte que quand son fils avait peur du dragon, et qu’elle lui a demandé ce qu’il ferait s’il en rencontrait un, il a répondu : “Je le tuerais, je lui couperais le ventre, je lui donnerais un cadeau, je vais l’apprivoiser.” Je suis marquée par l’évolution dans le discours quand l’enfant se met à s’imaginer dans la situation…

 

Comment aider l’enfant à traverser ses peurs ?

Parfois mon esprit cartésien d’ingénieur se trouve un peu débordé par les écrits d’Isabelle Filliozat, que je ne juge pas toujours bien structurés. Cette fois cependant, elle propose un cheminement en étapes pour aider l’enfant à traverser sa peur.

1- Respecter l’émotion
On rejoint ce qu’on a déjà lu avant, par exemple dans Parents épanouis, enfants épanouis, l’émotion est valable par le simple fait qu’elle est. Nous ne comprenons peut-être pas la peur de l’enfant, elle peut nous sembler ridicule, mais elle a forcément une raison d’être. Respectons-la ou l’enfant ne nous fera pas confiance.

2- Écouter
Ici, on va aider l’enfant à découvrir les raisons de sa peur en l’encourageant à les préciser.
« Qu’est-ce qui te fait le plus peur ? », permettra de ne pas rester dans le vague. La peur du chien est vague, celle qu’il aboie, ou qu’il lèche est plus précise !

3- Accepter et comprendre
C’est l’étape de validation de l’émotion. Celle dont on a déjà souvent parlé. On se contente d’accepter, on fait preuve d’empathie.

4- Moi aussi/dédramatiser
On a bien reçu le vécu de l’enfant, on peut à présent parler de nos propres émotions, passées ou présentes. Partager une de nos peurs avec lui, une vraie, et si possible, une qu’il ne ressent pas, pour lui donner une image forte de lui-même, cela l’aidera pour la suite !

5- Chercher ses ressources, intérieures et extérieures
L’idée est ici de lui permettre de se remémorer un moment où il a su surmonter une peur. « Tu te rappelles une peur que tu avais et que tu n’as plus ? » On peut l’aider à s’en souvenir : « Tu te souviens quand tu as été invité à dormir pour la première fois ? »

On lui laisse le temps de se rappeler, d’évoquer ses sensations. Puis on lui rappelle ce qu’il s’est passé ensuite, comment il a dépassé sa peur. « Est-ce que tu vois comment tu pourrais utiliser cette expérience pour la peur que tu as de ce chien ? »

6- L’aider à libérer son énergie
Les émotions sont liées à des sensations physiques. Chacune à celles qui lui correspondent. (Ce que j’expliquerai dans mon article sur ma formation de la grammaire des émotions que je ne cesse de dire que j’écrirai un jour…)
Quand on a peur, écrit Isabelle Filliozat, on a le diaphragme contracté. Mais ça marche aussi dans l’autre sens : si on le détend, ça aide à évacuer la crainte ! Donc : crier, chanter, respirer profondément !

Une autre méthode consiste à s’imaginer être quelqu’un d’autre, quelqu’un qui n’aurait pas la même peur dans la même situation.
C’est marrant, c’est exactement ce que m’a raconté ma copine Julieta. Quand elle est sortie faire du roller avec sa fille Sol (8 ans), Sol faisait bien les mouvements tant qu’elle tenait la main de sa mère, mais perdait tous les moyens lorsqu’elle ne tenait plus. La peur la bloquer. Alors, Julieta lui a parlé de mon fils, Oscar : « Tu vois comment Oscar avance, sans hésitation, imagine que tu es lui ! » Sol s’est libérée, et s’est mise à rouler…

7 – Satisfaire le besoin d’information
Maintenant que l’enfant n’est plus immobilisé par sa peur, il lui faut des informations pour savoir s’il y a danger ou non. Bien sûr, c’est ce qui lui permettra de ne plus avoir peur, mais si l’explication vient trop tôt (avant la réception de l’émotion), elle ne sera pas entendue…

8 – Faire élaborer différentes réponses possibles face à la peur
On peut enfin l’aider à formuler plusieurs options, et les évaluer. “Si tu fais ça, que se passera-t-il ?”…

Ce qu’il faut garder en tête : pour faire face à la peur, il faut que ce soit l’envie qui l’emporte : l’envie de se baigner aidera à surmonter sa peur de l’eau… Alors : qu’est-ce qui va transformer la peur en envie ? C’est un désir qui doit venir de l’envie. Quand le désir naitra, la peur disparaitra. A l’inverse, si c’est notre désir qui le guide, il agira sous la contrainte. Or, “la contrainte engendre la peur !”

 

Pour terminer ce sujet de la peur, Isabelle Filliozat étudie encore 2 cas de figure :
celui du trac, et comment l’utiliser
et celui de l’enfant chez qui la peur est installée… le “peureux”. (Article encore en cours d’écriture).

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