Ce week-end, je me suis rendue à la 7ème édition du congrès Innovation en Education, qui avait lieu à Nimes. L’idée de ce congrès, organisé par Julien Peron, c’est de réunir des acteurs du monde éducatif (et en particulier beaucoup d’enseignants) autour de conférences sur le sujet. 

C’est toujours l’occasion d’une part de s’enrichir d’idées et de connaissances, d’autre part d’échanger avec des personnes qui vont dans le même sens que nous, et d’entendre des retours d’expériences qui, là encore, ouvrent le champ des possibles ! 

Pourquoi se rendre à ce congrès ?

Je connais les évènements de Julien depuis 2018 (avant ça, je vivais trop loin de la France). 

La première fois, j’étais bénévole au Festival de l’École de la Vie. Un festival qui n’a plus lieu maintenant, mais qui permettait, encore plus qu’au congrès, de se sentir moins seul…

Car je le dis tout de suite, même si ce n’est pas le 1er argument pour d’autres : l’un des intérêts de ces congrès, c’est de sentir qu’on est nombreux à bouger, ou à vouloir bouger !

A Nimes ce week-end, 800 personnes dans l’amphi. 

Quand on vit son quotidien, comme moi, inspirée mais un peu seule derrière son ordi, ça fait du bien de voir l’élan de toutes ces personnes qui croient sincèrement en un autre modèle. Des personnes qui veulent révolutionner l’école, et les rapports adultes-enfants en général. 

Pour le dire clairement : ça nourrit cet espérance dont on a tant besoin pour continuer à avoir de l’énergie pour avancer. 

Et en écrivant ça, j’ai presque les larmes aux yeux… parce que parfois, cette énergie, elle est vraiment loin.

Parfois, au contraire, on a envie de baisser les bras, on se désespère de voir un jour les choses changer. 

Parfois, clairement, c’est trop dur. 

Voilà pourquoi, au delà du contenu lui-même, j’aime me rendre au congrès Innovation en Education, et refaire le plein d’espérance.

Donc, j’ai fait le trajet depuis Londres, c’était long, mais c’était chouette, d’autant qu’au passage, à Paris, j’ai retrouvé mon amie Sophie de Graphiqueasy, et que partager ce week-end avec elle, ça valait le coup en soi !
(Quand elle les aura publiées, je vous partagerai aussi un lien vers ses notes illustrées…)

Les conférences

Ceci étant dit, évidemment, le congrès tourne autour des conférences.

Le week-end était dense : il y avait 1 table ronde et 5 conférences le samedi, puis 4 conférences le dimanche.

Voici le détail du programme : 

Je ne vais pas vous faire un retour/résumé détaillé de chacune de ces conférences, mais j’aimerais quand même vous transmettre certaines de mes pépites…

Je précise avant de commencer que mon retour, évidemment, ne parle que de moi.

Nous ne sonnes pas tous intéressés par les mêmes choses, et ce pour des tas de raisons. 

D’abord parce qu’on écoute ces contenus avec un angle différent (un.e enseignant.e et moi, par exemple, ne cherchons pas la même chose).

Ensuite parce que nous n’avons pas les mêmes centres d’interêts. Même si nous cherchons tous à faire progresser les méthodes d’éducation dans un sens globalement commun, on l’aborde chacun sous des angles ou avec des focus un peu distincts.

Enfin, parce que nous n’avons pas tous parcouru le même chemin. 

Donc, certains points semblent évidents, d’autres des découvertes, et ce ne sont pas les mêmes points que le voisin.

Ça semble évident quand je l’écris, mais ça reste parfois surprenant à constater. 

Par exemple, ma voisine a pris des tas de notes dans son carnet pendant la 1è table ronde, alors que j’étais plutôt détachée ; puis elle a colorié sa couverture distraitement tandis que je notais frénétiquement ce que partageait Catherine Gueguen. Rigolo, quand même ! 

Donc, je vous fais MON retour, piochez-y ce qui vous correspond ! 

(Je saute volontairement quelques points de ce programme qui m’ont moins intéressée, et je vous partage cet article avant qu’il soit complet, sinon, je me connais, il ne paraitra jamais !!)

Catherine Gueguen : Neurosciences affectives et sociales dans l’éducation

Catherine Gueguen au congres innovation en éducation

Bien sûr, je connais depuis longtemps le travail de Catherine Gueguen, par ses livres d’abord, et par des vidéos ou podcasts. (J’avais même partagé l’une de ses conférences sur ce blog il y a 9 ans…)

Cela fait cependant un moment qu’elle ne donne plus beaucoup de conférences (à ma connaissance en tout cas), et j’étais contente de la voir ! 

Pour ceux d’entre vous qui la connaissent, vous savez que Catherine Gueguen a approche très scientifique : elle part toujours d’études, et elle cite ses sources.

Ça m’a donné envie d’aller creuser certaines de ces sources, et j’espère pourvoir en prendre le temps dans les mois qui viennent, donc je vous en reparlerai peut-être. 

Globalement, elle est revenue sur des principes que nous connaissons bien, apportés par les neurosciences affectives et sociales.

Rappelons le contexte : les neurosciences affectives et sociales datent seulement de la fin du 20ème siècle, et révolutionnent l’éducation. 

Avant cela, les recherches en neurosciences n’étaient que cognitives : le fonctionnement du cerveau au niveau du stockage et de l’apprentissage. 

Avec les neurosciences affectives et sociales, on étudie le cerveau sur un plan émotionnel et relationnel. 

On découvre alors que : 

  • Le cerveau de l’enfant est beaucoup plus immature que ce que l’on imaginait
  • L’être humain nait avec la capacité d’être empathique et altruiste
  • Les humiliations verbales et physiques engendrent des troubles du comportement
  • La qualité de la relation avec l’enfant (empathie, soutien, encouragement…) sont essentiels pour le développement de son cerveau

Le bilan de tout cela, c’est ce pour quoi je me bats au quotidien, c’est le message que je cherche à transmettre encore et encore, et qu’elle résume ainsi : 

“On ne peut plus élever les enfants comme autrefois car on SAIT.” Catherine Gueguen

Il y avait déjà une convention internationale des droits de l’enfant, adoptée par l’ONU en 1989.

Depuis, les spécialistes encouragent à évoluer. 

Ce n’est pas pour rien que la France a enfin fait passer une loi en 2019 pour faire évoluer l’autorité parentale, qui doit maintenant s’exercer “sans violences physiques ou psychologiques.”

Je sais. Ce n’est pas simple de changer de mode éducatif. 

Qu’on veuille et qu’on n’y arrive pas, je le comprends… (et je participe comme je le peux à votre démarche d’apprentissage de l’éducation positive).

Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on ne le veuille pas. 

Qu’il y ait encore des gens qui jugent qu’on n’est pas assez dur avec les enfants. 

Que l’éducation dite positive crée des délinquants.

Vous êtes allés voir dans les prisons ? Vous avez vu dans quel contexte ont grandi les délinquants ??

Non, ce que dit Catherine Gueguen, et qui résonne vraiment en moi : 

“La violence dite éducative est l’une des racines de la violence dans la société.” Catherine Gueguen

On pourrait le dire dans l’autre sens aussi d’ailleurs : 

La violence dans la société est l’une des racines de la violence dite éducative ! 

Ce qui est sûr, c’est que la violence est systémique. 

Et l’un de ses symptômes, c’est le harcèlement scolaire… 

Voilà pourquoi je réunis chaque année des experts dans le sommet du harcèlement scolaire pour faire avancer ce sujet de société.

En tout cas, et je conclurai mes notes sur cette intervention avec cette remarque de Catherine Gueguen : 

En 2026, l’éducation devrait respecter les droits des enfants.

Juste ça.

Emmanuelle Piquet : Votre enfant face aux autres

Emmanuelle Piquet au congrès innovation en éducation

Je ne vous présente plus Emmanuelle Piquet, que vous avez vue à plusieurs reprises sur mes réseaux, qui est intervenue dans les 2 premières éditions du sommet du harcèlement scolaire, et dont j’admire et l’approche et le bagout !

Si vous ne connaissez pas encore son approche, je vous encourage à aller écouter sa présentation de la méthode à 180° qu’elle propose, et que je ne vais pas ré-expliquer ici.

Je l’ai croisée avant sa conférence, et elle m’a dit : “Mais tu vas t’ennuyer, tu connais déjà tout par coeur !”

Oui, je connais, mais je ne m’ennuie jamais en écoutant Emmanuelle. 

Et puis certaines histoires touchent au coeur, même quand on les connait. 

Prenons celle de Jean-Paul par exemple, un classique. 

Oui, je la connais. Presque par coeur. 

N’empêche… Quand j’entends Emmanuelle dire : 

“Alors cassos’ ? Toujours tout seul ? Toujours pas d’amis ? En même temps t’as vu ta gueule ? Tu vas crever quand Jean-Paul ?”

Bon sang, j’ai le coeur qui se serre. A chaque fois.

Essayez pour voir ! Voici l’histoire de Jean-Paul

Donc, j’écoute encore Emmanuelle, qui sait faire passer ses messages avec humour, et ça renforce chaque fois un nouveau point, parce qu’on n’écoute jamais exactement de la même manière. 

Cette fois, par exemple, je ressors en particulier avec la difficulté d’IDENTIFIER les cas de harcèlement, ou même globalement les cas de souffrance relationnelle.

“La plupart des cas de souffrance relationnelle (au sens global du terme) passe sous le radar des adultes.” Emmanuelle Piquet

Il faut dire que ces dernières années, il y a eu de plus en plus d’actions pour agir contre le harcèlement scolaire. 

Ce qui, bien sûr est une bonne chose ! 

Mais cela signifie que les harceleurs, ou les agresseurs selon les cas, ont appris à être plus subtils, moins visibles. 

Et c’est ainsi que s’est développée une nouvelle tendance : celle de l’exclusion, de l’invisibilisation.

Selon Emmanuelle, 40% des cas de harcèlement scolaire aujourd’hui correspondant à cette catégorie.

Et ça, c’est hyper dur à voir pour les adultes de l’établissement !

C’est ce que me confirme Sandra Baudin, qui est assise à côté de moi dans l’amphi. 

Ancienne CPE, formée avec Chagrin Scolaire à l’approche de Palo Alto, elle constate aussi et la difficulté de capter ces situations, et l’augmentation de ces cas, de manière complètement empirique. 

Echanger avec elle après la conférence m’enrichit encore. 

Ah.. parce que s’il y en a une qui connait par coeur ce que raconte Emmanuelle, c’est bien elle ! 

A certains moments, elle complète la phrase avant qu’elle soit dite !! Ah ah !
Ça m’a fait penser à moi devant les conférences de Thomas d’Ansembourg…

On peut dire que j’ai trouvé une partenaire idéale pour préparer la formation Harcèlement scolaire : apaiser les relations à l’école – la boite à outils pour les pros !

En tout cas, une remarque m’est venue en fin de conférence. 

Emmanuelle a dit : “Les harceleurs, vous ne les voyez pas. Ceux que vous voyez sont des agresseurs.”

Et moi, j’ai pensé à la différence entre la violence du tigre, évidente, bruyante ; et celle de l’araignée, discrète et insidieuse.

C’est normal que j’aie pensé à ça, puisque je suis justement dans la lecture de “Le tigre et l’araignée, les deux visages de violence” d’Olivier Clerc.
Evidemment, ce qu’on entend résonne toujours avec ce qu’on est en train de découvrir. 
Enfin.. pour moi en tout cas ! 

J’ai donc hâte de vous faire découvrir ces deux types de violence (j’ai rdv avec Olivier Clerc pour parler de sa participation à la 3è édition du sommet…).

Et en attendant, essayons comme on peut d’ouvrir les yeux et d’être à l’écoute !!

Delphine Py : Mieux comprendre la santé mentale des jeunes

Delphine Py au congrès innovation en éducation

J’ai beaucoup apprécié cette intervention de Delphine Py.

En relisant mes notes, je me dis que je n’y ai pas découvert grand chose de nouveau pour moi ; mais j’ai vraiment aimé la structure du déroulé et les idées concrètes que Delphine Py nous a proposées. 

J’ai beaucoup apprécié cette intervention de Delphine Py.

Pour commencer, on a pu revoir certains des signes classiques de la période d’adolescence (je me refuse à la qualifier de “crise”, car ce n’en est pas une pour moi). 

Car l’adolescence est une période sensible, bien sûr. 

Or, selon l’exercice que nous a fait faire Delphine Py, quand on liste les symptômes de cette période, et qu’on la met en face des symptômes de mal-être, il y a des recoupements… (irritablité, isolement, énergie variable…)

Ce qui rend la question de la santé mentale des jeunes d’autant plus difficile à appréhender.

Qu’est-ce qui relève “juste” de l’adolescence, et qu’est-ce qui relève du mal-être ?

N’empêche, on peut se poser la question de ce sur quoi on peut agir. 

Après avoir rappelé que l’un des éléments importants de la santé mentale (et pas seulement pour les jeunes), c’est LE SOMMEIL, Delphine Py nous encourage à appréhender la question sous 3 angles.

1- Le stress

Le stress est une réponse physique, mentale, émotionnelle, sociale, à une contrainte. 

Or, dans la société actuelle :

“Nos ados grandissent avec un système d’alerte sollicité en permanence.” Delphine Py

Evidemment, cela se ressent dans le corps. 

Petit rappel au passage : oui les émotions sont liées à des réactions corporelles.
On en parle d’ailleurs dans cet article qui traite des sensations, sentiments et émotions.

En particulier, quand le stress monte, notre corps se prépare à une éventuelle fuite : le rythme cardiaque s’accélère pour envoyer pus d’oxygène à nos muscles.

La respiration se raccourcit. 

L’idée de respirer profondément, d’adopter un rythme plus doux est donc une bonne idée pour faire baisser le rythme cardiaque et sortir de cet état de stress.

MAIS, cette réaction physique préparait un mouvement qui n’a pas eu lieu. 

On peut donc également choisir, à la place ou en plus de rester, de BOUGER. 

Je crois que c’est la première pépite que j’ai retenue de cette intervention : la tension dans mes épaules viendrait peut-être d’un manque de mouvement ?

Delphine propose donc, pour évacuer le stress, de marcher, faire des génuflexions, danser…

Ou de respirer bien sûr, mais là, je ne vous apprends rien.

2- Les émotions

Ici, Delphine ne va pas se contenter de parler des émotions. 

Elle fait le lien avec les pensées qui génèrent ces émotions

Si vous lisez les 6 doigts de la main depuis un moment, vous connaissez déjà cette notion.

Allez, pour la peine, je vous insère ici un dessin d’Art-mella (en vous encourageant à aller lire l’extrait complet ici)

Une autre manière de le présenter, c’est ce que Clotilde Dusoulier (Change ma vie) appelle le modèle de Brooke, et dont je vous avais parlé dans ma pépite du cercle sur le modèle de Brooke

J’ai constaté cependant que cette notion était nouvelle pour certaines personnes dans l’assemblée.

L’idée que les pensées puissent exister avant les émotions est perturbante au départ…

La boucle des émotions selon Delphine Py - congres innovation en education

Voici la manière dont Delphine Py nous l’a dessiné, avec une idée supplémentaire : celle de la boucle qui continue !

La question est donc : d’où viennent les pensées des ados, et en ont-ils conscience ?

Là, Delphine nous parle des biais d’interprétation de l’adolescence (accrochez-vous, ça ne nous encourage pas à poser un regard trés positif sur nos ados…) :

  • Hostile
  • Anxieux
  • Égocentrisme

L’encouragement est donc de challenger nos ados sur leurs pensées (euh… c’est valable pour nous aussi, hein !)

0- en s’en distanciant : s’imaginer que la pensée est à l’extérieur

1- en les challengeant : d’où vient cette pensée ? Est-elle toujours vraie ?…

2- en la diffusant : c’est un fait ou une pensée ?

3- en la restructurant au niveau cognitif : Y a-t-il une autre explication possible ?

3- La boussole

Enfin, c’est le point qui me plait le plus je crois : reconnectons nos ados à ce qui donne du sens à leur vie !

J’aime bien cet angle, parce qu’il permet de se relier à ce qui est enthousiasmant dans cette période de vie qu’est l’adolescence.

Cette boussole, ce qui donne du sens à notre vie, est liée à nos valeurs.

On peut donc encourager nos ados à creuser leurs valeurs, via des questions larges : 

  • Cite-moi 3 personnes que tu admires – Pourquoi ?
  • Si ton petit frère te prenait en modèle, que voudrais-tu qu’il copie ?

Et surtout, aller à leur rencontre quand leur vie “s’agite” (le terme est de moi) : 

“Si cette situation te fait autant réagir, c’est que c’est important. Tu veux bien m’expliquer ?”

Enfin, on pourra les aider à relier valeurs et micro-actions..

Remarque : on avait déjà parlé des valeurs sur lesquelles échanger avec nos ados lors de la 1ère édition du sommet du harcèlement scolaire pendant l’intervention de Fany Ea intitulée : « Ce qui nous rend unique nous rend plus fort »
Elle avait même ajouté des cartes valeur dans le coffret du sommet !

Nadège Pétrel : La haute sensibilité chez l’enfant

– contenu à venir –

Marie-Jeanne Trouchaud : Le détachement sécure

– contenu à venir –

Christel Petitcollin : Comment accompagner l’enfant atypique ?

– contenu à venir –

Damien Sithivoravong (prof Sithi) : Oser l’innovation pédagogique

– contenu à venir –

Que faites-vous de vos enfants quand ils sont en vacances ? Vous arrive-t-il de les envoyer en colonie de vacances ?
J’ai moi-même été en colo quand j’étais enfant, et j’en ai plutôt de bons souvenirs (pas toujours, je dois avouer, mais majoritairement !) J’ai aussi été en camps scouts, et ça, je n’en ai que de chouettes souvenirs !

Tout ça pour dire qu’envoyer mes enfants en colo, ça m’a toujours paru une bonne idée.

Mais ce n’est pas forcément un chemin facile, en fonction des enfants que l’on a, et de leurs sensibilités…
Dans cette article, je vous partage donc l’expérience de la colo vécue par Léon (et par nous, en ricochet !)

Peu de colos pour nos ainés

Nous avons beaucoup vécu loin de la France.

La question de la colonie s’est donc peu posée pour nos ainés : pendant les petites vacances, on faisait plutôt du tourisme autour de notre lieu de résidence, et l’été, on privilégiait le temps en famille étendue.

Chaque été, Oscar et Alice (maintenant 23 et 18 ans…) prenaient l’avion seuls (à partir de 5 ans) pour passer du temps avec leurs grands-parents avant que nous les rejoignions.

Les premières colos de nos plus jeunes

Ils ont commencé très jeunes

Nous sommes rentrés en France quand Léon et Anatole avaient 6 et 4 ans.

Je crois qu’ils ont vécu leur première colonie de vacances l’année suivante.

Nous n’avons jamais eu d’inquiétude à laisser partir nos enfants, à les envoyer dormir ailleurs, etc… Ce n’est pas une peur qu’ils ont connue. Ou peu disons. (toujours un peu d’appréhension la première fois quand même, peut-être…)

Au début, on avait choisi une colo courte, avec un chouette thème type « cabanes », et où ils allaient ensemble.

Pendant les 2 ans que nous avons passés près de Paris, je crois qu’ils en ont vécu trois.

Il faut dire que, nos parents vieillissant, il n’était plus question de les confier à Papi-Mamie…

Pour Anatole, ça a toujours été plutôt chouette.
Mais pour Léon… toujours un peu compliqué.

« Je ne veux plus aller en colonie. »

Jusqu’à ce retour d’une colo de ski, où il a annoncé qu’il ne voulait plus aller en colo. Fini.

Pourtant, quand on parlait de ce qu’ils y avaient fait, il racontait avec enthousiasme les jeux, les activités, les chansons…

« J’avoue que je ne comprends pas – lui ai-je dit à un moment : tu as l’air de dire que tout ce que vous avez fait était chouette, pourquoi tu ne veux plus aller en colo ?

– oui, toutes les activités sont chouettes, mais les animateurs nous crient dessus tout le temps ! »

Soyons clairs : je sais que ce n’est pas vrai, dit comme ça.

Je suis absolument persuadée que les animateurs ne crient pas tout le temps sur les enfants, quelle que soit la colo.

Mais… je sais que Léon est particulièrement sensible.

De plus, le fait que nous ayons créé, à la maison, une atmosphère de coopération a également déplacé son référentiel par rapport à ce que peut être un adulte « qui crie sur les enfants ».

En tout cas, ce que j’ai compris, c’est que l’ambiance autoritaire qu’il subissait en colo gâchait pour lui l’ambiance générale, malgré des activités chouettes.

Ok. On ne les a plus envoyés en colo.

Reprise des colos en Angleterre

Puis… nous sommes partis vivre en Angleterre.

Et là, après un voyage de classe dans un centre multi-activités, Léon a été d’accord pour tester de nouveau.

Il faut préciser que le style éducatif en Angleterre n’est vraiment pas le même que le français…

Donc, Léon et Anatole (11 et 9 ans à l’époque) sont partis pour une semaine, et sont revenus ravis !

On avait trouvé le bon endroit !

L’année suivante, on a organisé la même semaine, au même endroit, et ils sont encore revenus enchantés.

Donc, quand l’été 2025 est arrivé, on n’a pas hésité, et on a encore une fois réservé une semaine multi-activités sur le même centre.

Cette fois, Léon, 13 ans, passait dans le groupe des ados, et on n’a pas pensé que ça poserait problème.

Erreur…

La colo interrompue

Je vais être honnête : je me réjouissais de cette semaine entre nous !
Léon, cette fois, avait déjà l’air moins enthousiaste avant même de partir… mais je tenais à cette semaine de break en amoureux !

D’abord, le week-end, puisqu’on les posait le samedi et que le lundi était férié… mais aussi la semaine, même si c’était une semaine de boulot…

Vous devez connaitre ça : un sentiment de liberté de ne plus avoir besoin de réfléchir aux repas en avance, de suivre un autre rythme… et puis les moments à deux, sans interruption. Bref liberté et complicité !

Mais, le lundi… alors que nous étions en train de revenir de notre week-end vélo en amoureux sur l’île de Wight, Léon nous appelle en pleurs de la colo !

Trop difficile pour lui de tenir le rythme… les garçons de sa chambre se couchent trop tard, et lui manque de sommeil.

Je connais mon fils.. quand il n’a pas assez dormi, il est très vite de très mauvaise humeur.

Les gars de sa chambre sont sympas, ils lui prêtent un casque anti-bruit et tout ! Mais… ce sont des ados qui ont envie de mettre le vrac le soir, et lui ne s’en sort pas.

« S’il vous plait… est-ce que ce serait possible de venir me chercher demain ?… »

Nicolas me regarde. (C’est mon mari). Nous venons de passer le lieu de la colo, qui est à 2h de chez nous….
« Ok, on va venir maintenant. On sera là dans 30 minutes. »

Je vous dis pas le soulagement de notre fils !!

Le message de Nicolas, qui me semble plein de bon sens : « Je ne veux pas qu’une mauvaise expérience dans laquelle il reste coincé l’empêche de vouloir essayer d’autres choses. Je veux lui montrer au contraire qu’il peut toujours tenter, et que nous serons là pour lui si c’est trop dur. »

Bien sûr. Au diable notre semaine, la priorité, c’est d’être là pour Léon. Il a raison.

Et franchement, Léon a été adorable pendant cette semaine, préparant même le déjeuner pour que je puisse bosser tranquillement…

Ah… Anatole, lui, qu’on a croisé en récupérant son frère, était très content de rester sur le centre !

Une expérience réussie : la colo Revelo !

Vous allez trouver ça bizarre, mais deux mois plus tard, les garçons repartaient en colonie de vacances !

D’abord, il se trouve que j’avais déjà réserver cette colo pour le mois d’octobre, avant le fiasco de fin août…

Mais surtout, cette nouvelle colo était vraiment vraiment bien choisie…

Mais surtout, cette nouvelle colo était vraiment vraiment bien choisie…

L’organisme Revelo

J’ai d’abord entendu parler de Revelo par Emmanuelle Piquet.
Oui… Emmanuelle Piquet. Vous la connaissez si vous me suivez depuis un moment :
Emmanuelle est thérapeute, et aide les enfants victimes de harcèlement scolaire grâce à une méthode à 180 degrés suivant les principes de l’école de Palo Alto.
Ses centres « Chagrin Scolaire » sont maintenant présents dans plusieurs grandes villes, en France et autour.

Or, l’organisme Revelo a été monté par 4 jeunes, dont deux thérapeutes Chagrin Scolaire. (Le logo de Chagrin Scolaire appairait d’ailleurs sur leur site).

Rien que ça, ça me donnait envie d’en savoir plus. 

(Et depuis, Amélie, l’une de ces jeunes, m’a expliqué depuis que tous les encadrants étaient formés au fil des années.
👉🏻 voir mon interview d’Amélie pour plus de détails)

Le projet pédagogique

Je suis donc allée lire le projet éducatif de Révélo.

Déjà, ça n’a l’air de rien, mais toutes les colos ne mettent pas forcément en avant un projet éducatif.
Mais surtout… surtout… quel projet !

Cela commence par le « vivre ensemble » – ok, logique. Bonne nouvelle, quand même, mais classique.

Le 2è point ? Attention accrochez-vous : Les adultes.
Avec le principe, je cite : « La position de l’adulte ne doit pas être supérieure à celle de l’enfant. »

What ?? Ça existe, les colos comme ça ?? Quel bonheur de découvrir ça !

Et on continue… avec par exemple l’accueil des émotions, l’autonomie…
Et des phrases comme : « Toute difficulté est un moment d’apprentissage. »

Je découvre donc un projet qui est complètement en lien avec mon approche éducative, et j’ai clairement envie de tester !!

Le thème de la colo

Donc, je vais voir plus précisement ce qu’ils proposent.
Bon sang… leur colo de Toussaint porte sur les jeux de rôles !
On ne pouvait pas tomber mieux avec mon Léon qui est FAN de Donjons et Dragons (auquel il joue dans un club toutes les semaines, en plus d’y avoir engagé ses copains au collège pendant les pauses déjeuner…)

Donc, Léon est Anatole étaient partants, et même enthousiastes.

Je précise que si ce n’est pas toujours exactement ce thème, les animateurs de Revelo sont attachés au jeu et à la créativité. Les jeunes sont donc toujours entourés d’un peu de merveilleux, semble-t-il.

Le dépôt des enfants

Donc, comme prévu, en octobre… je dépose Léon et Anatole à la gare, à Lyon.
(Je ne vous partage pas notre organisation logistique, inintéressante pour vous…)

Déjà, c’est l’occasion d’y rencontrer Amélie – qui a un autre nom pour les enfants –  en tenue de magicienne/sorcière.

Quel accueil ! Hyper sympa et souriante.

Nous parlons de la difficulté de Léon avec le sommeil.
Elle nous explique le fonctionnement : sur le centre, ils considèrent que les ados prennent leurs décisions. (autonomie, n’est-ce pas ?)
Ils peuvent donc se coucher à l’heure qu’ils veulent. MAIS ils doivent respecter le sommeil de ceux qui dorment. (oui, là, on est dans le vivre ensemble !)

Donc… ils peuvent trainer dans la salle des jeux de société tant qu’ils veulent, là où ils ne dérangent personne – puis quand ils vont dormir, ils le font silencieusement. C’est tout simple.
Ah… et puis, ils écrivent aussi à quelle heure ils veulent être réveillés, décidant de sauter le petit dej et même la 1è activité s’ils le veulent. 

Léon se sent soulagé, et je laisse mes loulous le coeur léger.

La semaine de colo

Je ne vais pas vous raconter tout ce qui s’est passé pendant cette semaine, parce que je n’y étais pas !

Mais clairement, ça avait l’air fun, plein d’échanges, de co-création, d’ouverture, de jeux bien sûr, d’autonomie, de partage…

Ils ont prévu le planning ensemble, ils ont choisi plein d’activités ET ils ont participé à la vie en collectivité (mettant le couvert, par exemple)

Léon et Anatole sont rentrés complètement ravis, avec l’intention claire d’y retourner !!

Ce que je retiens de cette expérience de colo

J’en retiens la même chose que pour le choix de l’école en fait…

Ce qui fait la réussite d’une colo, c’est surtout l’ambiance, l’approche.

C’est comme dans la famille ! Si on aide les enfants à trouver leur place, en leur faisant confiance, on se retrouve avec des jeunes épanouis et coopérants.

(Léon était tellement bien en revenant que c’est lui qui demandait à participer, qui venait voir comment il pouvait aider.)

Je rêve d’un monde où ce genre d’ambiance serait la norme.

Mais en attendant, je me félicite de ne pas avoir complètement renoncé, et d’avoir eu la chance de trouver cet organisme, pour permettre à mes enfants di vivre cela, de leur montrer que ça existe.
(et puis d’avoir du temps pour moi pendant ce temps !! Ce qui n’est pas négligeable…)

Merci Amélie and co !

Ah, et puis, si vous êtes aussi dans le questionnement, vous pouvez pousser la réflexion en allant lire notre article sur comment bien choisir la colonie de vacances.

C’est presque prêt ! Oui, je suis toute émue de vous dire que vous aurez bientôt accès à cette formation POINT DE RENCONTRE, qui vous permettra, comme vous le souhaitez, d’avancer vers une meilleure harmonie familiale.

Dans cet objectif, j’ai conçu un avancement en étapes, qui vous permettra peu à peu de voir l’ambiance changer.

Afin d’être sûre que cet avancement, qui sera le vôtre, vous convienne, j’aimerais vous demander votre opinion.

Que pensez-vous des étapes suivantes ? Y ajouteriez-vous quelque chose qui m’aurait échappé ?
Avez-vous des questions particulières à son sujet ?

Laissez-moi un commentaire sous cet article, ou bien répondez-moi par mail, dans tous les cas, je reste à votre écoute.

Etape 1 : Garder le cap

Observer le paysage
Contempler l’horizon
Rester sur le chemin
— vidéo de fin d’étape —

Etape 2 : Un compagnon de route

Une priorité : la connexion
Un regard bienveillant sur mon enfant
Une écoute pour comprendre mon enfant
— vidéo de fin d’étape —

Etape 3 : Le brouillard se lève

La relation verticale dans ma famille
Mon style parental
Les besoins de mes enfants
Le réservoir affectif
— vidéo de fin d’étape —

Etape 4 : Mon enfant est capable d’avancer seul

Comprendre les états du moi et leur impact sur nos relations aux autres
Lâcher un peu les rênes pour dire adieu aux luttes de pouvoir
Mettre en place une démarche de recherche de solution
— vidéo de fin d’étape —

Etape 5 : A la rencontre de l’autre

Les obstacles à la communication
Evoluer vers une communication positive
Transmettre un message de confiance
— vidéo de fin d’étape —

Etape 6 : Traverser l’orage

Etre moins souvent en colère, est-ce possible ?
Respecter mes besoins de parent
Quad la colère est là : la traverser sans causer de dommages
— vidéo de fin d’étape —

Etape 7 : Tous dans le même bateau

Mener une réunion familiale : pourquoi, comment ?
La résolution de conflit dans le temps
— vidéo de fin d’étape —

Etape 8 : Voyager solo

Avoir confiance en ma famille…