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« La paix ça s’apprend » dit Thomas d’Ansembourg

Je crois très fort au fait que la paix, ça s’apprend. Pour plusieurs raisons. D’abord parce que si je ne crois pas ça, alors je perds l’espoir, qui est source de toute piste de progrès ! Mais surtout parce que je le vis au quotidien.
Depuis des années maintenant que j’avance sur le chemin de la parentalité positive, je vis et je vois une évolution chez moi, chez mes enfants, vers une écoute de l’autre et une gestion des conflits qui n’a rien à voir avec celle qu’elle était.

Cette semaine, j’ai encore une fois eu l’occasion de vivre un épisode qui m’a confirmé cette croyance aidante. Je vous raconte…

Une dispute qui dégénère


Vendredi dernier, j’ai vu deux petits garçons se disputer. Ils avaient seulement 6 ans.
La situation avait tellement dégénéré que ces garçons en étaient à se jeter des cailloux à la tête !

Mais bon sang… que se passe-t-il dans notre monde pour que ça puisse se passer comme ça ??

Mon intervention

Quand j’ai vu ça, j’ai immédiatement interrompu les choses d’un « STOP ! » sonore.
Un garçon a fui. L’autre, que je connaissais, s’est éloigné de moi. Tandis que je le suivais, il cherchait à m’échapper. Visiblement, il avait peur que je lui fasse des reproches, bien conscient que lancer des cailloux n’était pas vu d’un bon oeil.
Mais je me suis approchée doucement, et lui ai dit calmement : « Attends, je ne vais pas te gronder. » Il m’a donc laissée m’approcher.

Je me suis mise à sa hauteur, et lui ai dit :
« Dis donc, tu devais être sacrément énervé pour en venir à lancer des cailloux !
– ouuiii,
me répond-il, les larmes aux yeux
– il s’est passé quelque chose ?
– ouuuii
– tu veux m’en parler ?
– il m’a jeté des cailloux !! J’en ai reçu un, là !! »

J’ai pu l’écouter, entendre comme c’était désagréable, et, on a ensuite pu échanger sur le fait que lancer des cailloux en retour ne ferait probablement qu’aggraver la situation.
Cet enfant m’a écoutée parce que j’ai fait le premier pas.

S’il s’est comporté ainsi face à l’autre garçon, c’est parce que, sur le coup, aucune autre alternative ne lui est apparue.
Ensemble, on a pu y réfléchir, et en trouver.

Ma réflexion

Je ne peux pas dire comment il réagira si une telle situation se reproduit, mais je sais que la probabilité est plus forte qu’il évite de jeter des cailloux maintenant qu’on a discuté d’autres stratégies que si je m’étais contentée de lui reprocher son comportement.

Cependant, son attitude, lorsque j’ai voulu lui parler, démontre bien une chose : c’est qu’il s’attendait à la leçon de morale. (et qu’il n’en avait pas besoin !).
Ce qui prouve que c’est la réaction classique des adultes qui l’entourent.
Je ne suis pas surprise… ça aurait aussi été la mienne il y a quelques années.

Parce que, tous autant que nous sommes, nous reproduisons ce que nous connaissons.
Nous n’avons pas appris à faire autrement.

Pourtant…

Il est possible de changer les choses

Oui, il est possible d’enseigner à nos enfants à

  • entendre et laisser passer la vague de l’émotion
  • chercher différentes idées pour faire face à une situation qui leur déplait
  • choisir celle qui convient le mieux

Je vous montre exactement comment dans la formation « En finir avec les disputes dans la fratrie ».

Est-ce facile ? Pas toujours…
Cela demande-t-il du temps, de l’énergie ? Oui, un peu, comme tout apprentissage !
Cela en vaut-il la peine ? Franchement… ai-je besoin de répondre à cette question ?

La paix, ça s’apprend

En fait, soyons clair : La paix, ça s’apprend. Comme les maths ou le foot.
Et là, ce n’est pas moi qui le dis : c’est Thomas d’Ansembourg.
(Une célébrité dans le monde de la communication non violente francophone, dont je suis complètement fan !)

Il soulève même cette réflexion – et je dois dire que j’ai la même :

« Qu’est-ce qui fait que pour des choses très agréables -comme conduire une voiture, parler une autre langue, pratiquer un sport- mais pas fondamentales pour bien vivre, nous sommes prêts à faire des apprentissages rigoureux, déterminés, engagés, avec des efforts, en acceptant que ça ne tombe pas du ciel… et pour la paix, la paix avec soi, toutes les parties de soi, la paix avec l’autre, toutes les parties de l’autre, la paix avec la vie ; on attend que ça tombe du ciel, sans faire le moindre effort… c’est surprenant, non ? »

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