Cessez de chercher à être une « bonne mère » / un « bon père »
On ne le dit pas assez, mais devenir parent s’accompagne d’une pression silencieuse : être une “bonne mère”, un “bon père”, un parent irréprochable.
On veut bien faire, on veut même trop bien faire. Et c’est là que s’installe le stress : cette sensation de ne jamais faire assez, de ne jamais être assez.
Le problème, ce n’est pas vous.
Le problème, c’est le mythe.
Le mythe de la “bonne mère ”, le mythe du parent parfait, toujours disponible, toujours calme, toujours patient.e, qui cuisine bio, joue par terre, organise l’anniversaire le plus extraordinaire, pose des limites idéales et ne faillit jamais.
Ce parent qui coche toutes les cases, il n’existe pas.
Pourtant, on se compare, on se juge, on s’épuise, on s’énerve et on finit par perdre ce qui compte le plus : la qualité du lien avec ses enfants.
Note : cet article a été écrit par Emilie
Le poids des injonctions parentales
Vouloir être une “bonne maman” , « un super papa » peut vite devenir un piège.
Aujourd’hui, être un “bon parent” ressemble à une performance inatteignable :
On nous demande d’être :
- attentif.ve et pas trop anxieux.se
- doux.ce et ferme
- disponible et parfaitement organisé.e (repas équilibré, activités variées, inspirantes, extraordinaires …)
- ceinture noire de gestion des émotions
- épanoui.e au travail, dans son couple et présent.e pour les enfants
- créatif.ve, calme, bienveillant.e, informé.e, connecté.e mais pas trop
Bref largement de quoi se sentir « jamais assez bien » ! Vous l’entendez vous aussi cette petite voix intérieure qui répète qu’on aurait dû faire mieux, parler autrement, être plus patient.e, manger autre chose que ce surgelé , jouer plus longtemps…
Cette pression et ce stress ne sortent pas de nulle part.
Les réseaux sociaux, les articles bien intentionnés mais culpabilisants, les attentes familiales, les comparaisons permanentes… tout cela nourrit ce que beaucoup de chercheurs appellent aujourd’hui le perfectionnisme parental, un facteur de risque identifié du burnout parental.
Redéfinir ce que signifie être une « bonne mère »/ « un bon père »
Et si on changeait de perpective ?
Un enfant n’a pas besoin d’un parent qui réussit tout, qui performe.
Il a besoin d’un parent conscient, présent, authentique.
Un « bon parent », c’est un adulte qui :
- avance et apprend
- écoute
- se trompe et répare
- accueille ses propres émotions
- prend soin de lui pour être disponible
Ce n’est pas une posture fixe.
C’est un chemin, une danse.
C’est unique dans chaque famille.
Et c’est ce parent-là qui aide l’enfant à développer sécurité intérieure et confiance en lui.
5 clés concrètes pour s’affranchir du mythe de la « bonne mère »/ du « bon père »
Clé 1 — Cesser de se comparer
Il n’existe pas UNE bonne façon d’être parent.
Il existe votre façon, adaptée à vos enfants, votre énergie, votre histoire.
Astuce concrète :
Notez chaque soir une situation que vous avez gérée avec vos moyens du jour — même si c’était imparfait. Ça entraîne le cerveau à sortir du “jamais assez”.
Clé 2 — Voir les doutes comme un signe d’amour
Douter ne veut pas dire que l’on est un mauvais parent. Bien au contraire ! C’est un signe que l’on veut bien faire, que l’on se soucie.
Reformulation utile :
Remplacez “Je ne suis pas à la hauteur” / « je n’y arriverai jamais »… par “Je suis un parent qui apprend.”
Ce simple changement de pensée apaise la pression interne.
Clé 3 — Prendre soin de son énérgie
Un parent épuisé finit toujours par s’énerver plus vite.
Un parent rechargé est plus disponible.
Micropas réalistes (à choisir) :
- au moins 10 minutes par jour sans enfant ni obligation
- un “non” par semaine à quelque chose qui épuise
- un repas simple mais serein plutôt qu’un repas « Instagram »
- une activité qui vous ressource pour mieux vous connecter aux enfants après
Ce sont ces petites habitudes qui changent la dynamique familiale.
Nous avons besoin d’énergie pour offrir de la présence, de la patience, de la sécurité.
Prendre soin de soi n’enlève rien aux enfants : au contraire ça leur profite.
Clé 4 — Miser sur la qualité de présence plutôt que sur la quantité
Les enfants n’ont pas besoin d’un parent toujours disponible
Ils ont besoin de moments courts mais vraiment présents. Gardez à l’esprit que souvent 10 minutes de pleine présence ( sans téléphone ni aucune autre distraction ) créent plus de connexion qu’1h de présence distraite.
Idées de mini-rituels :
- 10 minutes de “je t’écoute” au moment du retour de l’école
- “3 choses de la journée” juste avant de dormir
- un câlin de transition matin / soir
- Une histoire partagée ou un petit jeu de société
Ces petits gestes disent “Je te vois. Je t’entends. Je suis avec toi. Je valide ce que tu vis. «
Clé 5 — S’appuyer sur des repères simples et réalistes
De petits rituels simples peuvent aider à sortir du stress de « jamais assez bien » :
- une phrase ancrage du matin : “Je fais de mon mieux avec l’énergie que j’ai.”
- une pause respiration avant de réagir
- une routine simple qui donne du cadre
- l’acceptation que certaines journées soient juste simples, pas incroyables.
Ces repères aident à retrouver du calme, du sens, de la stabilité et à apprécier le moment présent.
Vous êtes déjà une « bonne mère »/ un « bon père »
Derrière votre envie d’être “une bonne mère” ou “un bon père”, il y a… de l’amour.
Cet amour, cette conscience, cette volonté d’accompagner suffisent déjà.
Les enfants ont besoin de vous, telle que vous êtes : sincère, présent.e, imparfait.e, parfois vulnérable.
Si vous vous posez la question, vous êtes déjà en train d’ inventer votre propre manière d’être un bon parent … et c’est exactement ça qui compte !
”.








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