Comment arrêter de se battre contre ses propres enfants ?

Dans mon dernier article, je partageais avec vous comment l’ambiance avait changé dans notre famille, et comment elle pouvait changer dans la vôtre également. Pour avancer dans cette direction, je voudrais vous parler des combats que nous livrons au quotidien. Parce que nous avons parfois l’impression de vivre dans l’urgence, la tête dans le guidon, nous n’arrivons pas toujours à prendre le recul nécessaire pour éviter d’entrer dans ces combats.

Je voudrais pourtant insister sur ce point : l’éducation n’a pas besoin d’être une lutte !
C’est également notre choix que de considérer que nos enfants doivent “perdre” face à nous, faute de quoi c’est nous qui “perdons” face à eux. Et si nous considérions les choses autrement ? Si nous décidions d’entrer dans une relation gagnant/gagnant ?
Facile à dire… mais comment y parvenir ?

Première étape : Ne pas prendre les choses personnellement.

Je sais, je l’ai déjà dit, mais je le répète.
Lorsque quelqu’un, a fortiori notre enfant, refuse de “coopérer”, nous avons tendance à conclure intérieurement qu’il cherche à s’opposer à nous.

En fait, ce n’est pas forcément le cas.
J’ai une question à vous poser, d’ailleurs : cela vous arrive-t-il de mal répondre à quelqu’un (votre conjoint par exemple), tout en sachant que ce n’est pas lui qui vous énerve, mais que vous êtes énervé par quelque chose d’autre et que vous avez juste besoin d’être un peu tranquille ?
Et bien, cela arrive également à nos enfants. Parfois, ils s’opposent à nous parce qu’ils ne sont juste pas d’humeur à suivre les instructions.

Dans ces cas-là, je vous suggère de respirer, d’observer, et de passer à la deuxième étape !

Deuxième étape : Changer notre formulation

Notre meilleure chance de ne pas susciter ce genre de réaction chez nos enfants, c’est d’éviter la formulation sous forme d’ordre. Parce que l’ordre engendre la résistance. Nous aurons bien plus de chances de voir nos enfants coopérer si nous changeons notre mode de dialogue, en nous éloignant des exigences.

Quelques astuces pour cela

Imaginons que mon fils Oscar ait – encore une fois – laissé son sac dans le couloir.
Au lieu du classique : “Bon sang, Oscar, tu ne peux pas arrêter de laisser trainer ton sac dans le couloir ?? Ca fait 100 fois que je te le dis, et tu es incapable de le faire !”, j’ai d’autres cordes à mon arc.

La description : “Oscar, ton sac est au milieu du couloir.”
(Attention : c’est une description neutre, inutile d’y ajouter le temps qui sous-entend “Ca fait 150 fois que je te le dis, et je suis en train de craquer.”, parce que même si c’est vrai, cela n’aide pas. Et si c’est ce message que nous voulons faire passer, voir ci-dessous : mes sentiments)

La règle : “Oscar, ton sac va dans ta chambre.”
(Notez bien que ma règle est tournée positivement. Cette formulation est plus efficace que : “Le sac ne se range pas dans le couloir.”, parce qu’elle se focalise sur ce que l’on veut, et non ce que l’on ne veut pas.)

La question : “Oscar, qu’est-ce que tu peux faire pour t’assurer de poser ton sac dans ta chambre quand tu rentres ?”

Mes sentiments : “Oscar, je suis agacée de voir encore ton sac dans le couloir. J’aime avoir un espace commun en ordre.”

Juste un mot : “Oscar, ton sac.”

Le choix : “Oscar, tu préfères ranger ton sac dans ta chambre, ou que je le jette par la fenêtre ?”
Oups, pardon.. mes mots ont dépassé ma pensée ! Je voulais écrire :
“Oscar, tu préfères ranger ton sac dans ta chambre, ou derrière ce meuble-là ?”
(Mais il n’est pas interdit, et même plutôt suggéré, d’y introduire de l’humour ! Ma première version fonctionnera donc aussi bien avec Oscar, parce qu’il est assez grand pour comprendre cette histoire de choix !)


Le message de confiance : “Oscar, je suis persuadée que tu peux faire en sorte que ton sac soit toujours dans ta chambre.”


Autant de façons de faire qui communiquent un message bien différent de notre première formulation, n’est-ce pas ?
Et d’ailleurs, ça fait maintenant longtemps que ce problème du sac dans le couloir ne se présente plus chez nous !

Troisième étape : il faut être deux pour se battre !

Oui, ça semble évident, mais on l’oublie souvent… On a facilement tendance, et c’est normal, à considérer qu’on se bat “à cause de l’autre”. Bien sûr, il y a toujours différents points de vue sur la situation, et chacun considère que c’est de la faute de l’autre, sinon, on ne se battrait pas.
Il n’en reste pas moins qu’il faut être deux pour se battre.

Donc, si nous luttons contre notre enfant, c’est que nous choisissons d’entrer dans cette lutte.
Je sais ce que vous allez me dire : il y a certaines choses auxquelles je ne peux pas renoncer !!

C’est certain. Mais laissez-moi vous raconter une histoire.

Il y a quelques jours, je discutais avec une maman autour du thème “faire manger ses légumes à son enfant avant le dessert”.
Ceci était également une question récurrente pour moi, auparavant. Mais aujourd’hui, je ne me bats plus. Pas parce que j’ai renoncé, mais parce que mes enfants mangent leurs légumes.
J’expliquais donc à mon amie que j’avais l’impression que mes enfants avaient bien compris que leur alimentation devait comporter des légumes, et que la question ne se posait plus vraiment.
Ce n’est pas venu tout seul. Je sais qu’il y a eu un moment où j’ai fait un réel effort pour lâcher-prise. Pour que ce ne soit pas un sujet d’opposition. Pour accepter de laisser couler un peu, en ayant confiance que cette habitude se prendrait. Je me souviens encore de ce débat interne.

Le soir-même de cette conversation, cependant, mon fils Anatole, 4 ans, me demande, alors qu’il a encore plein de salade dans son assiette : “Maman, j’ai mangé mon maïs, est-ce que je peux avoir le dessert ?”
Cela m’a fait sourire intérieurement. Moi qui croyais ne plus avoir ce genre de questions… Mais ça a été l’occasion de m’observer. D’observer comment mes réactions avaient changé, et pourquoi je ne me battais plus à ce sujet.
Je lui ai tranquillement répondu :
“Qu’est-ce que tu voudrais comme dessert ?
du yaourt avec du sucre brun
Hum… Ca va être bon, ça ! Tu seras content d’avoir le yaourt quand tu auras fini ta salade !
Oui
Ok, alors je vais aller le chercher pendant que tu la manges.
D’accord.”
Et Anatole a tranquillement mangé sa salade, tandis que j’’allais préparer son bol de yaourt.
Cela n’a pas été une lutte, parce que je ne suis pas entrée dans la conversation avec cette attitude. Je n’ai pas répondu “Non, tu dois d’abord manger ta salade !”. J’ai intégré l’idée que des mots comme “non”, et “tu dois” sont des déclencheurs de conflit, et je m’en éloigne naturellement, sans plus avoir à y penser. (La plupart du temps… Je vous rassure, je dérape encore régulièrement, je ne suis pas un super-héros !)

Ainsi, je ne renonce pas à ce qui compte à mes yeux. En l’occurence, le fait qu’il mange les légumes. Mais ma communication est différente. Et ça change tout.


Est-ce que cette attitude prend du temps à apprendre ?

Oui, cela prend du temps. On ne change pas une ambiance du jour au lendemain. Mais, si vous êtes motivé, je peux vous guider pour arriver à avoir, vous aussi, de meilleurs échanges avec vos enfants.
Le cheminement que j’ai prévu pour vous dure un peu plus de six mois. Six mois, pour changer une famille.
La vie est trop courte, leurs jeunes années sont trop précieuses, pour qu’on les gâche en disputes !!

Alors, avant de vous quitter, je voudrais vous poser la question suivante :
Si vous ne changez rien pendant ces 6 mois, comment changeront vos relations avec vos enfants ?

J’ai hâte d’avoir votre réponse à cette question cruciale.

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